24 mars 2009

Combien coûte Nicolas Sarkozy ?



Nicolas Sarkozy et son gouvernement désignent depuis plusieurs mois les patrons, et leurs rémunérations jugées excessives dans certains cas, comme bouc-émissaires de la crise. Le président, relayé par son premier collaborateur Fillon, a rappelé qu'il était prêt à légiférer sur le partage de la valeur. Jeudi dernier, François Fillon a exigé des patrons une modération de leurs rémunérations variables.

Mais, au fait, combien coûte notre cher Président aux contribuables français ? Quelle est sa rémunération ? S'est-il lui aussi modéré depuis la crise ?

La rémunération
On se rappelle tous la belle augmentation de salaire que le président s'est accordé quelques mois après son accession à l'Elysée. Il touche désormais « 250 302 euros bruts par an, soit 20 858 euros bruts par mois », comme le rappelait le député René Dosière. De l'argent de poche, puisqu'il est nourri, logé, blanchi, "voyagé" aux frais de l'Etat (ce qui est normal)... et même invité gratuitement dans certaines destinations.
Globalement, les frais de réception et de déplacements de l'Elysée ont subi une envolée extraordinaire depuis que Nicolas Sarkozy est président : +100% pour les réceptions (2009 versus 2008), +30% pour les déplacements en 2009 (versus 2008). Ces derniers ont triplé par rapport à la présidence Chirac.

Les cadeaux
Par définition, ils ne coûtent rien au budget de l'Etat (même s'ils posent d'autres soucis éthiques). On pourrait qualifier de "cadeaux d'affaires" les multiples invitations privées dont bénéficie régulièrement Nicolas Sarkozy. Ainsi au Mexique le 5 mars dernier, un groupe d'industriels lui a offert 2 jours et demi de villégiature de luxe, pour un coût estimé à 50 000 euros environ. A Mégève en février dernier, le couple présidentiel s'est fait prêté quelques 4X4 Nissan pour un week-end en amoureux dans la station de ski.
Dans certaines grandes entreprises, les cadeaux d'affaires sont très strictement encadrés, voire interdits. Pas en Sarkofrance.

Les déplacements pharaoniques
Chaque préfet conserve en mémoire le triste sort de leur collègue de la Manche, muté en quelques heures à cause de manifestants bruyants lors des vœux à l'Education Nationale le 12 janvier dernier à Saint Lô. Désormais, chaque déplacement présidentiel en province ressemble à une opération "ville morte" tant le déploiement des forces de l'ordre est massif.
Ainsi le 3 mars dernier, Sarkozy venait dans la Drôme de 11h à 14h, pour visiter l'école de Chatuzange-le-Goubet et discourir dans la salle polyvalente d’Alixan: 1265 gendarmes déployés, garde 24h sur 24 de la gare et de l'aérodrome de Chabeuil, acheminement par convoi exceptionnel depuis Lyon d'un escalier pour la descente d'Airbus (Sarkozy est venu en Airbus, plutôt que d'utiliser l'un des Falcon de la République), 60 voitures normalement garées à la gare envoyées à la fourrière, mise à disposition de deux hélicoptères pour le président sur place, vin d'honneur avec 3 000 personnes.

Le 5 mars dernier, lors de son voyage au Mexique, l'avion présidentiel a mis 19 heures pour rallier sa destination quand un avion de ligne met environ 12 heures. Quand il a emmené Carla Bruni en déplacement pré-nuptial en Egypte, pendant les vacances de Noël 2007, 3 avions ont accompagné le couple présidentiel.

Les avions

Nicolas Sarkozy aime effectivement voyager en avion. C'est coûteux, mais rapide. Au budget de l'Elysée pour 2009, les déplacements en avion auraient été chiffrés à 10 millions d'euros. Même pour un déplacement en province, il part en flotte ou en Airbus: Dijon (décembre 2007; 2 avions), Pau (janvier 2008, 3 avions); Drôme (mars 2009; un Airbus). Quand il voyage à l'étranger, Nicolas Sarkozy prend désormais son nouvel Airbus. L'été dernier, du 21 juillet au 29 août, le président est resté quelques 5 semaines en vacances, interrompues par des allers et retour avec la résidence du Cap Nègre. Le mensuel Terra Eco avait publié, en octobre dernier, le bilan carbone du président français. Un bilan meilleur que ses collègues allemand et anglais grâce à son avion de l'époque (un A319).
Depuis, il s'est équipé d'un A330, plus gourmand, et même doté d'une cafetière à 25 000 euros. Pour les mêmes déplacements que ceux effectués en 2007/2008, le bilan carbone de Nicolas Sarkozy aurait excédé ses partenaires européens s'il avait utilisé un tel avion:

"Un minimum de 7061 tonnes équivalent CO2 : voici la quantité de gaz à effet de serre rejetée dans l’atmosphère par Nicolas Sarkozy au cours de ses déplacements officiels des onze derniers mois. C’est-à-dire depuis la signature du « Grenelle de l’environnement », le 26 octobre 2007, en présence du prix Nobel de la paix Al Gore. Précision : le renouvellement en cours de la flotte élyséenne, et le changement pour un avion long courrier plus lourd que l’avion présidentiel actuel, devrait avoir un impact à la hausse sur ces chiffres. Selon nos estimations, si Nicolas Sarkozy maintient le rythme de ses déplacements pour l’année à venir, ses émissions de gaz à effet de serre passeraient de 7061 tonnes équivalent CO2 à 13956 tonnes."
L'essentiel de ses voyages sont professionnels. Mais les destinations les plus prestigieuses s'accompagnent régulièrement de jours de repos privés: ce fut le cas des voyages officiels en Egypte en décembre 2007, en Jordanie en janvier 2008, en Afrique de Sud en février 2008, à New York en septembre 2009, à Rio de Janeiro en décembre 2008, à Mégève en février 2009, ou au Mexique en mars 2009.

On résume : 250 000 euros, environ 5 voyages internationaux privés à 50 000 euros le bout. Fichtre ! Si l'on ajoute les billets d'avions et la blanchisserie élyséenne, le train de vie présidentiel dépasse les 500 000 euros par an !

L'Elysée est une "petite entreprise qui ne connaît pas la crise."

15 commentaires:

  1. Comment une cafetière peut-elle coûter 25.000 euros ? Je vais bien entendu cliquer sur le lien, trop curieuse de découvir cette petite perle qui réjouira nombre d'entre nous quant à l'usage de nos impôts...

    Un grand merci en tous cas pour ce précieux renseignement.J'en ferai mes choux gras !

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  2. sans compter que si le démentèlement de Heulliez est le prix à payer à Bolloré pour la petite croisière sur son yacht, ça fera en plus des chomeurs à indemniser, des pertes importantes pour l'industrie française et j'en oublie certainement. peut-être découvrirons nous plus tard d'autres factures de ce style ??

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  3. Pourquoi les journalistes n'en parlent-ils pas??

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  4. 25000 euros la cafetière, gloups !! Et le PQ ce sont des billets de 500 ?

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  5. bonjour, et Bravo pour vos articles toujours si détaillés!
    je me permets de placer un message, sachant que vous avez de nombreux lecteurs...
    vous devez connaitre le site de Contreinfo qui nous livre de remarquables articles en particulier sur la Crise et sur le Pb du réchauffement climatique..ce site d'infos libres est en danger c'est pourquoi je me permets de mettre le lien de son appel au Don..
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2607

    Merci!

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  6. Si on prend en compte toutes les mesures mises en oeuvre depuis neuf ans pour alléger la fiscalité des plus riches, le montant perdu chaque année par les finances publiques s’élève à 30,2 milliards d’euros.

    Une fois le gros de la crise passé, si on veut rétablir l’équilibre des finances publiques, il ne faudra pas seulement en effet revenir sur ce bouclier fiscal et sur les autres exonérations de la loi Tepa, mais aussi sur les multiples réformes menées depuis le début des années 2000 afin d’alléger la fiscalité sur les revenus et les patrimoines des plus riches.

    C’était, on ne s’en souvient guère, le gouvernement de gauche de Lionel Jospin qui avait lancé ce mouvement. Laurent Fabius, alors ministre des Finances, avait en effet publié une tribune mémorable intitulée « Baisser les impôts pour préparer l’avenir » dans Le Monde du 28 août 2001.

    Quant à l’ancien Premier ministre Dominique De Villepin, devenu entre temps un des plus farouches détracteurs du « paquet fiscal », il avait fait adopter une réforme du barème de l’impôt sur le revenu qui avait, à elle seule, entraîné plus de 10 milliards d’euros de pertes fiscales par an. Davantage donc que le paquet fiscal de Nicolas Sarkozy.

    Combien cela rapporterait-il aux finances publiques de ramener simplement les impôts au niveau où ils étaient en 2000, avant ces multiples réformes successives ? 30,2 milliards d’euros par an, soit plus de la moitié du déficit public constaté en 2008.

    Comment arrive-t-on à un tel montant ?

    En 2000, les impôts sur le revenu et le patrimoine des ménages avaient rapporté à l’Etat 13,8 % de ce qu’on appelle leur Revenu disponible brut (RDB) selon les chiffres de l’Insee.

    En 2007, suite aux différentes réformes fiscales, ce taux n’était plus que de 12 %. Si on était resté à 13,8 %, l’Etat aurait eu, cette année là, 22,6 milliards d’euros en plus à sa disposition.
    Auxquels il faut donc ajouter les 7,7 milliards d’euros perdus en 2008 du fait du « paquet fiscal ».

    Pas étonnant en tout cas, avec de telles politiques, que les déficits publics se soient creusés et que la dette se soit envolée, avant même la crise actuelle...

    Guillaume Duval.

    Voir le graphique à cette adresse :

    http://www.alternatives-economiques.fr/index.php?ogn=MODNL_83&prov=&cat=&lg=fr&id_article=42332

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  7. Ce serait un bon sujet pour Jean-Pierre Pernaut (çà doit bien encore exister cette émission Combien Ca Coûte)

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  8. Et combien il rapporte ????

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  9. Plutôt que de se scandaliser inutilement, pourquoi ne pas réclamer pour les prochaines présidentielles l'engagement du candidat :
    1. à diminuer son salaire (à lui/elle d'évaluer le mérite de son salaire mais publié avant le verdict populaire)
    2. diminuer le train de vie de l'actuel : revendre l'Airbus, la machine à café et tutti quanti
    3. s'engager concrétement sur le budget élyséen. L'argent étant le nerf de la guerre, une limite budgétaire de l'Elysée est aussi limite de son inutile et néfaste omniprésence via pléthore conseillers non élus donc irresponsables.

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  10. le député socialiste de l'Aisne René Dosière a estimé mercredi que le déplacement de Nicolas Sarkozy mardi soir à Saint-Quentin avait coûté à l'Etat environ 400.000 euros

    http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/politique/20090325.FAP2595/un_depute_ps_estime_a_400.000_euros_le_cout_du_deplacem.html

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  11. Sarkozy et son épouse ont été hébergés par un banquier mexicain, Roberto Hernandez Ramirez, pendant deux jours, en visite privée. Rue89 a rencontré Al Giordano, de passage au Mexique. Al Giordano est un des deux journalistes qui a gagné un procès contre le banquier Roberto Hernandez Ramirez, suite à des enquêtes qui révèlaient les activités pour le moins suspectes du banquier.

    Rue 89 : Le porte-parole de l'UMP, en France, estime que vos enquêtes sur les liens entre Roberto Hernandez Ramirez et le narcotrafic sont des « rumeurs » remontant aux « années 80 ». Il a déclaré sur un plateau de télévision que Roberto Hernandez Ramirez n'avait jamais été inquiété...

    Al Giordano : Ces rumeurs ne datent pas des années 80, mais elles ont été confirmées par la Cour suprême de New York en 2001. Monsieur le porte-parole, pourquoi parlez-vous de rumeurs quand il s'agit de faits avérés, confirmés par la justice ? Qui cherchez-vous à protéger dans cette histoire ?
    C'est une habitude de dénigrer ainsi en parlant de rumeurs, mais cette fois, pas de chance, la justice nous donne raison.

    Rue 89 : Comment avez-vous connu Roberto Hernandez Ramirez ?

    Al Giordano : Nous sommes en février 1999, je suis journaliste pour le Boston Phoenix et je viens au Mexique, dans la péninsule de Yucatan, pour couvrir un sommet sur le thème de la drogue entre le président mexicain Ernesto Zedillo et Bill Clinton. Je lis tous les journaux locaux, et l'un d'entre eux, Por esto !, m'interpelle particulièrement.
    Sur sa couverture, ce journal affirmait que Roberto Hernandez Ramirez, l'homme qui a prêté une hacienda pour la réunion de nos deux présidents, était en fait un narcotrafiquant.
    Il faut savoir que Roberto Hernandez Ramirez possède plus de soixante kilomètres de côtes dans la péninsule de Yucatan, que les locaux appellent le triangle de la cocaïne. Ces mêmes pêcheurs vont aller dénoncer au journal leur éviction, qu'ils pensent liée au trafic de drogue.
    Ils vont beaucoup aider les photographes de Por esto ! à étayer les faits. Au même moment, il existait déjà des preuves de l'implication de sa banque, Banamex, dans des activités de blanchiment d'argent, suite à une enquête de trois ans des autorités américaines et de la DEA (l'agence antidrogue américaine) dénommée « l'opération Casablanca ».
    Ceci n'était pas nouveau, presque toutes les banques mexicaines et américaines sont impliquées dans le blanchiment d'argent à différents niveaux.
    Ce qui était nouveau, en revanche, c'est qu'un banquier, dont les activités illicites étaient bien connues dans le Yucatan, pouvait ainsi être l'hôte d'un sommet contre la drogue entre deux présidents, et ainsi prouver au monde qu'il était un homme respectable.
    Je rentre donc aux Etats-Unis et je publie dans le Boston Phoenix cette enquête. Pour Banamex, il était compliqué d'attaquer un grand journal comme le Boston Phoenix : ils ne feront aucun procès.

    Rue 89 : Comment en arrive-t-on alors à la justice new-yorkaise ?

    Al Giordano : En 2000, je fonde le site d'information The Narco News Bulletin : je voulais publier mes enquêtes sur le narcotrafic au Mexique, qui ne trouvaient pas d'écho dans les journaux classiques. Je les publie donc sur Internet et je traduis aussi en anglais le travail de Mario Mendez.
    Et c'est là que, quelques mois plus tard, Banamex décide de nous attaquer devant la Cour suprême de justice de New York pour diffamation, arguant qu'ils n'étaient pas des narcotrafiquants, et que nos enquêtes ternissaient leur réputation.
    En juillet 2001, le procès commence et la même semaine, Banamex est rachetée par Citigroup, la plus grande institution financière de la planète, où Roberto Hernandez Ramirez obtient un siège au conseil d'administration. Nous nous retrouvons donc face aux géants de la finance.
    Le jugement est rendu en décembre 2001 : la Cour suprême estime que Banamex n'a pas réussi à prouver que les faits incriminés étaient faux, ni que Narco News avait fait preuve de mauvaise foi.
    Le jugement est capital : c'est la première fois qu'un tribunal américain estime que les Lois qui encadrent les grands médias, sont les mêmes pour les médias sur Internet.

    Rue 89 : Pourquoi ce jugement est si peu connu au Mexique ?

    Al Giordano : Essentiellement parce que Banamex est la banque qui prend le plus de publicités dans les médias mexicains, et que Roberto Hernandez Ramirez fait partie du conseil d'administration du groupe Televisa, la plus grande chaîne de télévision du pays.
    Notre banquier est également l'ami de tous les présidents mexicains depuis vingt ans, autant dire qu'il est intouchable et que les autorités mexicaines n'ont jamais enquêté sur ces activités. Même si notre procès est traité par la presse américaine, le New York Times et le Washington Post par exemple n'en ont jamais parlé.
    C'est pourquoi j'ai été si agréablement surpris de voir le courage de la presse française, pour parler de ces enquêtes, en disant qui est réellement Roberto Hernandez Ramirez.

    Rue 89 : Pourquoi pensez-vous que Nicolas Sarkozy est allé séjourner chez cet homme ?

    Al Giordano : Je n'en sais rien. Je suppose que Felipe Calderon a quelque chose à voir là-dedans, comme Zedillo avait quelque chose à voir dans le séjour de Clinton chez ce même Roberto Hernandez Ramirez. Le plus incroyable c'est que l'initiative Mérida, le plan d'aide américain pour le Mexique et l'Amérique centrale, est également née dans une de ses haciendas, ce qui en dit long sur la corruption.
    Pour Roberto Hernandez Ramirez, une manière de laver sa réputation est justement d'inviter chez lui des chefs d'Etats. Ce qui est sûr c'est que le gouvernement français ne pouvait ignorer qui est ce monsieur, d'autant plus qu'il est l'heureux propriétaire d'un superbe château dans votre pays.

    http://www.rue89.com/2009/03/25/sarkozy-et-le-banquier-mexicain-le-journaliste-qui-accuse

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  12. Regardez cette vidéo, Air Force One fait quand même très classe.et l'A330 à une grenouille qui se veut aussi grosse que le boeuf
    http://www.youtube.com/watch?v=U50-vo2keps

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  13. c honteur d un president comme sa on devrier lui diviser son salaire pas 10 sa serai plus resonable pour un persident

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  14. mais la c'est la crise ,sinon c'est combien,
    il pense à tout sauf à la France est encore moins aux Français.
    il faut virer cette racaille dimanche.

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