16 mars 2009

Comment mater des grévistes

Le gouvernement ne parvient pas à maîtriser la grogne sociale qui frappe l'éducation nationale. Ces derniers temps, Valérie Pécresse est à la peine pour déminer les protestations des enseignants-chercheurs. Vendredi 13 mars, Xavier Darcos et la secrétaire d'Etat avaient annoncé une batterie de mesures, qu'ils jugeaient conciliantes à l'égard du mouvement enseignant, sur la réforme du recrutement et la formation des enseignants :

1. La réforme sera appliquée "de manière transitoire" pour la session 2010.
2. "Les dispositions définitives de cette réforme pour la session 2011 feront l’objet d’une concertation avec les organisations représentatives et les acteurs concernés". Une commission de concertation et de suivi sera ainsi mise en place afin de formuler des recommandations au gouvernement "sur l’articulation entre les masters et les concours, sur la question de l’adossement à la recherche des masters, sur les éventuelles adaptations que pourront connaître les épreuves et l’organisation des concours et sur les ajustements pour certaines disciplines professionnelles de l’enseignement professionnel." En particulier, si les épreuves d'aggrégation ne seront pas modifiées, les concours de juin 2010 seront "provisoirement ajustés".
3. Dès septembre 2009, des stages qualifiants (de 108 heures par an) seront proposés aux élèves de Master 1 et de Master 2 qui se destinent à l'enseignement.
4. Un dispositif d'aide sociale complémentaire sera créé pour ces futurs enseignants (12 000 bourses, aide de 1449 euros par an pour les plus défavorisés, etc).
5. La formation continue des jeunes enseignants serait
6. Les rémunérations pour les jeunes enseignants seraient revalorisées dès 2010, sans préciser de combien.

Mais le même jour, le syndicat de l'enseignement supérieur Snesup-FSU, et la fédération Unsa Education ont critiqué ces derniers reculs gouvernementaux : "Rien n'est réglé", du "bricolage", "tout simplement sans queue ni tête". Les mots sont durs. Dès le lendemain, on apprenait des services du ministère que Valérie Pécresse allait rappelé dès lundi, dans une circulaire aux présidents d'université, que leurs grévistes devaient se déclarer, afin d'appliquer des retenues de salaires.
La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, va rappeler en début de semaine, aux présidents d'université l'obligation légale des grévistes de se déclarer comme tout fonctionnaire, de sorte que puissent être opérées les retenues de salaire normales, a-t-on appris samedi 14 mars auprès du ministère.
"Il s'agit d'un simple rappel écrit de la loi", selon la source, ajoutant : "les enseignants-chercheurs sont des fonctionnaires d'Etat, ils sont d'ailleurs très attachés à leurs statut, ils doivent donc se conformer aux obligations qui incombent à tout fonctionnaire" (source).
Il est normal et usuel que les périodes de grève ne soient pas rémunérées.

Le rappel de la ministre est toutefois symbolique. Il s'agit de faire pression sur une contestation qui n'a que trop durer pour le gouvernement.

Le gouvernement résistera-t-il à la radicalisation des conflits ?

7 commentaires:

  1. Pour jeudi, un copain de SUD Rail me disait qu'il y avait des risques de débordement tellement les gens en ont "ras le bol". Pourquoi les journalistes ne disent pas que la tension est terrible ???

    Le gouvernement en voulant limiter les manifs se privent d'une sauvegarde. Les manifs servent aussi de défouloir...

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  2. Mais qu'elle est cette légende urbaine qui consiste à croire qu'un gréviste fonctionnaire est payé !!!je perd à chaque fois 80 euros par jour de grève, il faudrait donc arrêter de penser que l'on manifeste par plaisir. En 13 ans je n'ai fait grève que 2 fois, ces 12 derniers mois j'en suis à 7; moi même je n'aurais jamais pensé faire gréve autant de fois en si peu de temps. Ce gouvernement est en train de tuer l'école publique au détriment du privé. Sympa pour les pauvres et les bas revenus !

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  3. Sympa pour nous tous - car notre pays s'est construit autour de son école. Quand on la démolit petit bout par petit bout, on attaque aussi la nation.
    C'est tout le monde qui va payer - nos enfants dans l'immédiat, et chacun d'entre nous d'ici 5 ans.
    Comme disait Kennedy "si tu trouves que l'éducation coute cher, essaie l'ignorance".
    Là, tout bonnement, à force de racler et couper, on attaque l'os.
    L'an prochain, dans les établissements que fréquenteront mes enfants: 29 en 6e, 36 en seconde. La semaine de 4 jours, qui était déjà une catastrophe, continue de destabiliser la majorité des enfants - et, alors que tous les médecins s'accordent pour dire que la semaine doit être de 5 jours d'environ 5 heures, nous allons à contre courant avec des petits de 7 ans (dont on sait qu'ils peuvent au maximum "assimiler" 4 à 5h00 par jour, selon leur préparation familiale) qui peuvent faire jusqu'à 7h00 par jour, comme des adultes....
    Sans compter la maternelle transformée en agerderies communales, les fameuses évaluations sur des sujets pas encore vus en classe et où 1 faute sur 10 questions= zéro, et le collège laissé à l'abandon alors qu'il ne correspond plus à rien, étant structuré sur le modèle de ce qu'était le lycée il y a 35 ans (réforme Haby)...
    S'il y a bien un jour où il faut faire grève ENSEMBLE, c'est jeudi.

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  4. Ah oui, j'ai oublié: la formation des enseignants. Alors qu'en France la formation professionnelle est réduite à peau de chagrin et que TOUS les pays qui nous dépassent dans les classements internationaux offrent des études solides et ancrées dans la réalité, genre Ecole Normale modernisée, souvent en 4 ou 5 ans menant à l'enseignement.... voilà que notre ministre, lui, veut la supprimer!

    Vous imaginez un chirurgien qui découvre un patient et un scalpel le jour de sa 1e opération? Ah oui, le ministre proposera à un tiers des étudiants la possibilité d'observer. Je répète: les 2/3 sans scalpel, 1/3 a regardé des opérations, et zou on les envoie opérer direct sur votre gamin.
    Vous résisteriez pas un peu au projet, vous?

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  5. Evidemment qu'on résisterait. D'ailleurs, on résiste à TOUS les faux projets qui nous sont imposés par cette bande d'incapables. Ils ne sont bons qu'à se dorer la pilule, à se faire "offrir" des fringues et des bijoux et à bien montrer tout le clinquant dont ils sont seuls, désormai, à pouvoir s'offrir le luxe.
    La France a mal mais le gouvernement français s'en fout. Il va encore s'en prendre plein la gueule ce jeudi.
    Pour exemple : en discutant hier avec un ami que je sais pourtant sarkozyste jusqu'au bout des ongles (personne n'est parfait et ça n'en reste pas moins un ami), il m'a avoué qu'il en avait marre de ce débile et de sa bande de tarés, qui nous ont tous baisé jusqu'à l'os. Ce sont les mots de cet ami, pas les miens. Mots avec lesquels, évidemment, je suis totalement d'accord.
    C'est curieux que de plus en plus de gens qui étaient fiers de s'afficher comme ses supporters, sont en train de lui tourner le dos.

    Il n'y a qu'une seule solution : il faut qu'il se casse ! Et je n'utiliserai pas le qualificatif qu'il a employé à l'encontre d'un agriculteur lors de l'avant dernier salon de l'agriculture. Pourtant ce n'est pas l'envie qui me manque !

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  6. Ah oui, j'ai oublié: la formation des enseignants. Alors qu'en France la formation professionnelle est réduite à peau de chagrin et que TOUS les pays qui nous dépassent dans les classements internationaux offrent des études solides et ancrées dans la réalité. Les IUFM, solides et ancrés dans la réalité, ces machins qui vous apprennent qu'un ballon n'est pas un ballon mais un référentiel bondissant, c'est ça la réalité? Quel foutage de gueule ! Les Iufm, ca coute des millions et ca sert à rien, et il faut les conserver. C'est ça qui plombe notre pays depuis 50 ans, tous ceux qui s'arc bouttent contre les réformes indispensables et qui proposent que dalle en contrepartie

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  7. L'école publique, tu parles. 20% d'élèves en 6ème qui ne savent pas lire, 200 000 bacheliers sur 400 000 qui quittent la fac sans le moindre diplôme, c'est ca l'école publique ? 600 à 800 000 postes non pourvus par manque de personnel qualifié. Et il faudrait rien changer à un système d'éducation le plus cher et le plus inefficace du monde. Y'a un moment ou il faut arrêter de se foutre du monde !

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