29 avril 2009

Santé, travail le dimanche, les débats de dupes

Lundi, le microcosme médiatique s'est saisi du travail le dimanche. Mardi, ce fut au tour de la réforme Bachelot. Deux débats de dupes ?

Travail le dimanche: promesse non tenue
Dimanche 26 avril, Brice Hortefeux, ministre des affaires sociales, a annoncé vouloir proposer un
L'opposition politique, comme les syndicats, se sont empressés pour dénoncer l'initiative. le débat semble être faussé dès le début.

1. La proposition de Brice Hortefeux est très restreinte : comme nous le rappelions en décembre dernier, la promesse de Nicolas Sarkozy ne sera pas tenue. Ce dernier, qui travaille rarement le dimanche lui-même, a usé et abusé du fameux exemple des ouvertures de magasins sur les Champs Elysées à Paris. Le projet de loi envisagé ne vise finalement qu'à sécuriser les dérogations existantes: François Fillon l'a rappelé lundi 27 avril: il vise à "répondre à des questions très spécifiques concernant en particulier les zones touristiques".

2. L'opposition tacle un mythe, et rate l'essentiel : parti socialiste comme syndicats laissent entendre que le gouvernement veut généraliser le travail le dimanche: "C'est de la provocation pure et simple, au nom d'un dogmatisme politique" a fustigé Bernard Thibault (CGT). Le député socialiste Christian Eckert s'est exclamé: "les députés socialistes resteront mobilisés, disponibles et prêts à débattre d'une vision différente de la société. Plus que jamais, Yes, week-end!" Même François Hollande s'est joint au concert des approximations. Force Ouvrière, comme le Parti Communiste ont dénoncé cette "extension du travail le dimanche". C'est faux, même si c'est déjà trop. Le gouvernement envisage de fournir un cadre législatif aux fraudeurs d'aujourd'hui. Il eusse mieux fallu de dénoncer cette "régularisation" d'une fraude à la législation : pourquoi le gouvernement de Sarkofrance montre-t-il les dents contre les fraudes qui l'arrange ? En faisant croire que Nicolas Sarkozy s'apprête à généraliser le travail le dimanche, l'opposition laisse entendre qu'il a rempli sa promesse de campagne...

A peu de frais, Nicolas Sarkozy vient de s'offrir une probable victoire !



Réforme Bachelot: dialogue de sourds
Mardi 28 avril, une mobilisation "historique" des professions de santé n'a pas fait réagir le gouvernement. Quelques 8 à 18 000 "Mandarins", simples praticiens, infirmières, aides soignantes et personnels administratifs ont manifesté autour de slogans tels: "Pour la qualité et l'égalité d'accès aux soins. Défendons l'hôpital public. Contre la suppression des emplois. Contre l'hôpital-entreprise".  La grève a ainsi frappé 50% des personnels de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Vendredi dernier, Roselyne Bachelot avait déjà été mal accueillie dans le Tarn, où 300 manifestants l'attendaient.
Les critiques contre sa loi, actuellement à l'examen au Sénat après son adoption en première lecture à l'Aseemblée, sont connues :
  • La transformation de l'hopital en "entreprise", avec son patron unique, et ses objectifs de rentabilité : "le directeur pourra gérer ses équipes et ses moyens comme il l’entend. Il sera évalué sur ses résultats en matière de qualité de soins". La santé est-elle un service marchand ?
  • Le poids de l'Etat, malgré l'hostilité du Conseil de l'Ordre: les directeurs des futures agences régionales de santé (ARS), comme les directeurs de CHU seront nommés en Conseil des Ministres; les conseils de surveillance des ARS seront présidés par les préfets de région.
Le 9 février dernier, nous écrivions :  "Selon la ministre, les patients sont donc des "consommateurs de soins". On peut imaginer, assez facilement, qu'un directeur d'hôpital privilégiera les soins, et les spécialités médicales qui rapportent le plus. On peut aussi imaginer que les hôpitaux pourront se disputer les médecins de spécialités rares."

Le dialogue de sourds est complet :  la ministre Roselyne Bachelot était tout sourire au sortir de sa réunion avec les sénateurs à Matignon: contrairement aux craintes du début de journée, aucun amendement majeur à son projet de loi n'a été adopté. La seule concession concerne les médecins. Pour casser le front des opposants, les sénateurs et le gouvernement sont convenus d'augmenter l'influence des médecins lors du choix des chefs de pôle dans les hôpitaux publics.

Les patients, futures victimes d'un système qui jugera d'abord si leur maladie est rentable ou non avant de les soigner, seront heureux de l'apprendre.

1 commentaire:

  1. Face à la menace d'une épidémie de grippe porcine, le professeur Didier Raoult, chef du laboratoire de virologie de l'hôpital de la Timone à Marseille, tire la sonnette d'alarme. Dans une interview à La Provence, il affirme que le risque est bien réel et que, surtout, la France n'y est pas préparée.

    « Les conditions d'une vaste propagation sont réunies. La grippe est survenue dans une mégapole, avec un aéroport qui dessert de très nombreuses destinations. Or, au bout de 4 heures de vol, 70 % des passagers sont contaminés par les virus respiratoires, souligne Didier Raoult. Tout en ayant un vaccin à disposition, on ne sait déjà pas gérer la grippe saisonnière en France ! Il y a, chaque année, plus de 2 millions de cas de grippe et 5.000 morts dans notre pays, alors, imaginez ce qui peut se passer avec un nouveau variant et sans vaccin. On court à la catastrophe ».

    http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-04-28/un-virologue-on-court-a-la-catastrophe/924/0/338587

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