28 mai 2009

Ecole, Web : Sarkozy maître des armes.

Ce jeudi, Nicolas Sarkozy reçoit "les principaux acteurs de la Sécurité, de la chaîne pénale et de l’Education nationale". Un rendez-vous bien à propos pour maintenir l'insécurité sur le devant de la scène à quelques jours du scrutin européen.

Les élections en ligne de mire.
Personne n'est dupe. En replaçant l'insécurité depuis quelques mois sur le devant de la scène, Nicolas Sarkozy cherche à remobiliser son électorat. «Il faut donner un petit coup de pouce», expliquerait-on dans l'entourage de l'Élysée. Le chef de l'Etat ne s'einterdit pas d'intervenir à nouveau publiquement. Tout est fait pour ne laisser aucun espace à droite, et maintenir l'UMP dominante au soir du 7 juin. Qu'importe si ce thème n'a rien à voir avec le scrutin européen...

La violence à l'école
Christian Estrosi avait les honneurs d'une visite présidentielle dans sa ville de Nice en avril dernier. Il a été chargé de réfléchir au projet de loi contre les "bandes", suite aux annonces de Nicolas Sarkozy il y a maintenant un mois. Le maire de Nice avait déjà proposé d'installer des portiques dans les collèges de sa ville. Il y a dix jours, à la faveur d'une attaque à la Kalakchnikov à la Courneuve puis de nouvelles agressions violentes dans des établissements scolaires, Sarkozy met la pression sur ses ministres. Il paraît que le gouvernement s'inquiète (enfin ?) de l'apparition d'armes en milieu scolaire. Le lendemain, le ministre de l'Education Nationale croit bien faire. Il suggère d'autoriser les fouilles d'élèves par le personnel administratif dans les écoles («Les personnels doivent avoir le droit de faire ouvrir le cartable ou de fouiller l’élève qu’ils suspectent de vouloir introduire des armes.»). Xavier Darcos a été désavoué par Michèle Alliot-Marie 48 heures plus tard. Cette dernière a affirmé son hostilité à une telle proposition. Le même jour, Manuel Valls tombait dans le piège tendu par l'UMP et son porte-parole Frédéric Lefebvre. Ce dernier exigeait une réponse du parti Socialiste sur la prochaine proposition de loi de Christian Estrosi. La socialiste Delphine Batho avait pourtant rétorqué que l'UMP devait assumer son propre échec en matière de lutte contre les violences (+46% de faits violents en france depuis ... 2002). En déplacement "surprise", mais filmé, dans un lycée Parc de Vilgenis à Massy (Essonne), le 20 mai dernier, Nicolas Sarkozy s'est surpris à demander à une élève témoignant de violences en classe: "Qu'attendez-vous de nous ?".

Tout est en place pour la nouvelle loi sur les bandes !

Darcos, maître d'école ou maître des armes
Mercredi 27 mai, le ministre de l'Education Nationale a précisé son plan, conforté par un sondage OpinionWay publié ... la veille.
- Mise en place de portiques de détection d'armes «dans les établissements où les diagnostics de sécurité auront fait apparaître une difficulté récurrente à empêcher leur introduction»;
- Aurorisation des fouilles d'élèves par les chefs d'établissements et conseillers principaux d'éducation (CPE), «au moyen d’une habilitation spécifique qui leur serait donnée par la loi»;
- Création d'une «une force mobile d’agents assermentés, recrutés et formés» qui, placée auprès des recteurs, pourrait «intervenir dans les établissements, sous l’autorité des chefs d’établissement, dans le cadre de missions de prévention et de dissuasion.»

- Instauration  «de sanctions financières concrètes, rapides et proportionnées» contre les parents d'élèves violents («qui ont définitivement démissionné»).
Coïncidence, le sondeur OpinionWay n'a interrogé son panel que sur ces 4 mesures annoncées par Xavier Darcos.

Pirater les voyous

S'il est un domaine où le président excelle, ce n'est pas la sécurité, mais bien plutôt la surveillance. Hier, mercredi 27 mai, Michèle Alliot-Marie a présenté comme convenu son projet "LOPPSI 2", une loi destiné à doter l'Etat des moyens modernes de cyber-surveillance contre les suspects 2.0. Le quotidien de Sarkofrance récemment expliquait que le gouvernement allait "pouvoir pirater les ordinateurs des voyous." On imagine déjà Etienne Mougeotte, le patron des rédactions du Figaro, derrière cette belle trouvaille. Son journal a donc expliqué les belles motivations de cette loi : "aussi surprenant que cela puisse paraître, la justice, qui peut placer des caméras et des micros partout, n'avait aucun droit d'accès aux ordinateurs, sanctuarisés par un vide juridique." Aussi, la nouvelle loi va permettre de répondre à cette lacune  :
"Concrètement, la police judiciaire pénétrera chez le suspect aidée d'un serrurier, de jour comme de nuit. Elle posera sur sa machine une clé de connexion, sorte de clé USB qui s'enfiche à l'arrière ou, mieux, à l'intérieur, sur l'un des ports disponibles. Et le mouchard renverra les données vers les ordinateurs des autorités. Rien n'empêchera désormais la police d'installer à distance des logiciels pirates, sortes de chevaux de Troie, qui la renseigneront en temps réel sur tout ce qui entre et sort d'un PC ou d'un Mac.
Ce superpouvoir, que s'arrogent les services secrets, sera bien sûr accordé à la PJ uniquement dans les affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger), dès lors que les faits sont commis en bande."
Bien sûr.

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1 commentaire:

  1. Depuis que l’Education Nationale ne fait plus la police, les forces de l’ordre font la leçon.
    Quand la rue, l’école et la crise jouent un vaudeville, personne n’est trompé, tout le monde est débiteur.
    Entre les parents démissionnaires et le corps enseignant sclérosé, il reste la bavure policière.
    Quand les exceptions construisent les exemples, le législateur transforme l’épiphénomène en cas d’école.
    La suite ici :
    http://souklaye.wordpress.com/2009/05/21/post-it-police-scolaire/

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