20 mai 2009

La langue de bois écolo de Sarkozy

Mardi 19 mai, Nicolas Sarkozy s'exprimait sur le "développement de la filière bois". Beau sujet, il nous donne l'occasion de rappeler quelques mensonges écologiques du président élu. "La croissance, demain, sera durable ou ne sera pas" a lancé le président.

Le Grenelle de l'Environnement à l'épreuve des faits.
Rappelez-vous. A peine élu, il lance son Grenelle de l'environnement. Un ensemble d'ateliers de discussions, organisés en thèmes, où s'affrontent les "pour" et les "contre", pour aboutir à un beau discours en octobre 2007. Ces réunions ont le mérite de poser les enjeux environnementaux sur la place publique. Mais les "trahisons" sont rapides. Le gouvernement tarde à prononcer un moratoire sur la culture d'un maïs transgénique; en décembre 2007, Fillon annonce la construction d'une nouvelle autoroute (pour 2015,’A 45 entre Saint-Etienne et Lyon); début 2008, le gouvernement lance un malus-bonus écolo pour les voitures. Gros succès. Après des mois d'hésitation, en avril 2008, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie se trouve humiliée par son propre camp, au Parlement. La loi finalement a garanti la liberté de produire OGM, c'est à dire la fin de la culture sans OGM, et introduit un délit de fauchage... En octobre, une belle loi rassemble de nobles objectifs. A l'exception de quelques élus de gauche (dont les Verts), elle est adopté à la quasi-unanimité par l'Assemblée Nationale. On attend évidemment toujours la seconde loi, celle sur les moyens que l'État se donne pour atteindre ces fameux objectifs. Lors du dernier Conseil Européen de la présidence française, en décembre dernier, Nicolas Sarkozy, est parvenu à un compromis minable sur l'engagement européen à l'horizon 2020: à peine 4% de réduction des émissions carbone sur son territoire. Pire, en mars 2009, les chefs d'Etat refusent d'y consacrer les moyens nécessaires, financiers ou coercitifs nécessaires. Et rien sur la fameuse taxe carbone promise par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale. Le président n'a pas profité de sa présidence de l'Union pour la mettre à l'ordre du jour, et se rabat depuis sur le sommet international de Copenhaague en décembre 2009. Pire, il ne promet plus rien si ce n'est de se battre pour l'obtenir. On est passé de: "je souhaite la mise en place d’une taxe sur le carbone importé applicable aux produits issus de pays ne respectant pas le protocole de Kyoto"; à : ""la France se battra pour l'instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe"...
Plus récemment, le gouvernement français a demandé aux députés européens français de voter contre le principe d'une traçabilité des produits bois, des forêts de productions aux consommateurs finaux, dans le cadre d'un projet de loi étudiée au Parlement européen sur la filière bois. Une belle introduction au sujet du jour. Le Parlement souhaitait lutter contre les traffics en tous genres, facilités par la faible traçabilité des sources.

La filière bois, oubliée en Europe
Mardi 19 mai en Alsace, le président  français s'est donc exprimé sur la filière bois, éprouvée par les tempêtes de la saison passée. Le déplacement était, comme d'ahbitude, très encadré: sept escadrons de gardes mobiles, renforcés de gendarmes, étaient présents. Une petite centaine de personnes s'étaient tout de même rassemblées pour huer Nicolas Sarkozy à son arrivée à à Urmatt (Bas-Rhin), aux cris de "Dehors l'imposteur, Sarko au zoo, Libérez les animaux" ou "Gens d'Urmatt, réveille-toi, Bling-Bling se fout de toi".

173 000 salariés français travaillent dans la filière bois. Le président a promis la création d'un fonds stratégique, doté de 20 millions d'euros, financé majoritairement par les industriels concernés et des financiers institutionnels, et marginalement par l’Etat, la Caisse des Dépôts et Consignations, l’Ademe, l’ONF. Le fonctionnement de ce fonds reste flou: "Nous allons créer un fonds de restructuration de la filière pour aider à rassembler les différents intervenants pour que vous ne soyez pas, chacun dans votre coin, trop petits".  Nicolas Sarkozy veut aussi multiplier par 10 l'utilisation du bois. Mesure phare proposée : "Nous allons faire en sorte que tout propriétaire, qui déciderait pour isoler sa maison ou son immeuble de le recouvrir de bois, n'ait pas besoin de déposer un permis de construire pour que cela aille plus vite". Autre idée, doubler le prix d'achat de l'électricité produite à partir du bois, ou encore transférer la gestion des forêts non exploitées par les propriétaires privés à l'ONF.

Qui se rappelle des promesses présidentielles sur la filière bois ? En avril 2007, la candidat expliquait ses ambitions : "La France a un rôle fort à jouer dans la promotion de la filière bois. Le développement de la maison en bois pourrait être le signal de celle ambition. À cette fin, je crois que nous devons nous doter d’un plan d'ensemble, élaboré dans le cadre d'une grande concertation, qui permettra de valoriser la filière bois dans la création d’un puits de carbone et de soutenir cette activité." Plus de deux ans plus tard, aucune concertation de la filière n'a été lancée, et il a fallu des tempêtes pour que le président se penche sur le sujet.

Effet d'annonce ?

1 commentaire:

  1. Pour aller dans ton sens, je viens de recevoir ce matin un mail de Robin des Toits, association qui lutte pour réclamer une législation sur les ondes plus rigoureuse en France (cf d'autres pays européens) : d'après eux, le Grenelle des ondes (auquel les médecins n'étaient pas invités ! ) est lui aussi une mascarade ( à lire ici http://twurl.nl/qdiezg)

    Sarko-pipo .. toujours .. :(

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