27 mai 2009

Rachida Dati se casse mais réécrit l'histoire

Le scrutin approche. Sauf miracle, Rachida Dati devrait être élue députée "dépitée" européenne le 7 juin. Avant de remettre les clés de son ministère, elle s'est permise d'écrire un bilan de son action à la Justice depuis mai 2007. Trente réformes, selon elle, ont été lancées et adoptées sous sa courte mandature. Trente ? Le Figaro n'en retient que 3 : "les peines planchers ont été mises en place, la réforme de la carte judiciaire votée, la rétention de sûreté a fait son entrée dans le droit français."

Les échecs de la ministre sont légions : son autoritarisme a fait volé en éclat plus d'une fois l'unité de son propre cabinet. La quasi-totalité de son équipe a valsé durant les 6 premiers mois de son ministère. La réforme de la carte judiciaire, présentée comme un succès, a été le fruit de tractations à l'ombre des couloirs de l'Assemblée, ignorant les fragilités de la justice de proximité. Les peines planchers ont aggravées la surpopulation carcérale, sans  résoudre la flambée de la délinquance violente que Nicolas Sarkozy n'a su combattre depuis 2002. Grande ambition présidentielle, la réforme de la justice des mineurs s'est enlisée. Rachida Dati s'est faite taclée par François Fillon sur l'abaissement à 12 ans de l'âge légal de responsabilité pénale. Le projet de code des mineurslui-même reste à être présentée. La grande réforme carcérale attendue fut un soufflet qui retomba bien vite avec si peu de moyens supplémentaires, et l'abandon du principe d'encellulement individuel. Un mois avant que la ministre ne rende son tablier, le personnel pénitentiaire a manifesté sa grogne, en bloquant l'accès aux prisons ou l'extraction de détenus.

Quant aux peines planchers elles-mêmes, elles ne sont finalement prononcées qu'une fois sur deux: "Dans seulement près de 20 % des cas, la peine plancher prononcée est entièrement «ferme»." rapporte Le Figaro. L'électorat "sécuritaire" de Nicolas Sarkozy doit être bien déçu...


Effectivement, la Garde des Sceaux n'insiste pas trop sur le soulagement général provoqué par son départ prochain au sein de l'ensemble de la filière judiciaire. Nous avons ici qualifié la ministre de "Loana du Loft Sarkozyste", icône rapidement brûlée du féminisme et de la diversité sarkozyenne, Rachida Dati a été nommée pour ce qu'elle est et non ce qu'elle sait, ou sait faire. A l'instar de CeeCee, nous nous interrogeons sur les attaques en règle que la ministre a subi pendant son activité au gouvernement. A-t-elle été plus attaquée car femme ?  Sans doute pas. Son incompétence, son goût pour les lustres "Bling Bling" et son autoritarisme auront suffi à dégrader son autorité et son image plus vite que n'importe quel procès médiatique.

2 commentaires:

  1. Et qu'en est il de cette polémique autour du financement opaque de sa campagne europeenne ??

    Tout le monde a deja enterré l'affaire ?

    Pourtant Dati et Barnier sont fortement soupçonnés de piocher dans les caisses de l'Etat pour financer leur campagne...

    http://www.pour-une-europe-econome-efficace.com/elections-europeennes-polemique-autour-de-rachida-dati-et-michel-barnier/

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  2. bonne question... je vais chercher

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