20 juin 2009

ça Karachi en Sarkofrance

Vendredi 19 juin, Nicolas Sarkozy a très mal pris les accusations relatives au financement de la campagne présidentielle d'Eouard Balludur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le supporteur et le ministre du Budget: "Qui peut croire à cette fable ?"

En 2002, un attentat, longtemps attribué à Al-Qaïda, a tué 14 personnes dont 11 Français (11 ingénieurs français travaillant pour la DCN ou ses sous-traitants) à Karachi (Pakistan). Jeudi, Me Olivier Morice, l'avocat de certaines parties civiles a expliqué que les juges antiterroristes étudiaient une autre piste, la thèse que cet attentat était en fait une vengeance du Pakistan contre la France: «C’est une piste cruellement logique», ont affirmé les magistrats en charge de l’instruction, Marc Trévidic et Yves Jannier, aux familles des victimes. A l'époque, la France avait vendu des sous-marins (nucléaires ?) au Pakistan, qui n'a reçu, en contrepartie, toutes les commissions, promises par le gouvernement d'Edouard Balladur. Or, selon l'avocat, des «rétrocommissions étaient versées», pour soit-disant servir au financement de la campagne électorale de 1995 d’Edouard Balladur. Jacques Chirac une fois élu aurait cesser les versements, d'où l'attentat:

«La piste cruellement la plus crédible, c’est que l’attentat a eu lieu car la France n’avait pas versé les commissions sur lesquelles elle s’était engagée, dans le cadre de la vente de sous-marins. C'est un choc pour les parties civiles, qui sont scandalisées qu'on leur ait caché cela aussi longtemps. Mais pendant des années, on a voulu éviter un scandale d'Etat, puisque la France n'avait pas tenu sa parole».

Interrogé sur le sujet lors d'une conférence de presse à Bruxelles, à l'occasion du Conseil Européen, Nicolas Sarkozy a évidemment moyennement apprécié l'accusation. Sur i-télé, Me Olivier Morice a rétorqué que le président français évitait de recevoir les familles depuis que l'enquête des juges suivait cette nouvelle piste.
Question du journaliste: "Selon les informations qui ont été rapportées hier à la suite d'une réunion entre les parties civiles dans l'attentat de Karachi et les juges d'instruction, il semblerait que l'origine de l'attentat ne soit pas due à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l'Etat pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient pu alimenter la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Est-ce que en tant que ministre du Budget, vous avez été au courant de tels accords ?"
Réponse de Nicolas Sarkozy :"C'était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement. Enfin écoutez c'est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c'est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez. Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements). C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. Alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n'auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S'il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils enquêtent. Mais enfin franchement qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d'Etat n'existe plus. 14 ans après vous venez me poser la question: 'est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur'. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir). Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd'hui, j'y étais… (rires dans le public) c'est incontestable."

Le site Mediapart ajoute quelques précisions : la DGCSE aurait ciblé des militaires pakistanais, en représailles.
"L'opération a été le fait du service «Action» de la Direction générale des services extérieurs (DGSE). Cette information a été confirmée le 14 mai devant un juge antiterroriste par l'ancien agent de la DST, Claude Thévenet. Ce dernier a reconnu être l'auteur du fameux rapport «Nautilus»: il révèle que l'attentat aurait été causé par le non-versement de commissions dues par l'Etat français, sur fond de règlement de comptes entre chiraquiens et balladuriens. C'est aujourd'hui la thèse privilégiée par les juges."

5 commentaires:

  1. La peine des familles, tout ça quoi !
    :-))

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  2. Vu la réponse, il n'a pas très à l'aise le Nicolas...

    J'espère que les journalistes vont creuser un peu : un beau feuilleton de l'été en perspective !

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  3. ce que je retiens : "le secret d'etat n'existe plus" ...Tout est donc transparent...

    K.

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  4. très bon article sur le sujet :
    http://dossierssignales.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/06/19/comment-sarko-exerce-ses-pressions-sur-la-justice.html

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