26 juin 2009

Gouvernement : premier(s) conseil(s), premiers couacs

La nomination d'un nouveau gouvernement est toujours l'occasion de nombreux commentaires; on s'amuse des petites phrases, on s'interroge sur certains départs, on découvre les nouveaux entrants, on nous dévoile les coulisses des tractations secrètes. Après son premier conseil des ministres, Sarkozy a filé aux Antilles. manque de chance, la rumeur du décès de Michaël Jackson est en passe d'éclipser le déplacement.

Petites vacheries
Michèle Alliot-Marie s'est accrochée jusqu'au bout à son ministère de l'Intérieur. Darcos a découvert, comme d'autres, sa nouvelle affectation très tardivement. Il a gentiment lâché sa bombe, 16 000 suppressions de postes supplémentaires à l'Education Nationale en 2010. Son successeur Luc Chatel ets content. On appelle cela la solidarité gouvernementale.
Les recalés du remaniement ne furent même pas prévenus oralement de leur éviction du gouvernement avant l'annonce officielle mardi soir... Frédéric Lefebvre a donc des raisons d'être inquiet : il a appris également très tardivement qu'il risquait de perdre, par ricochet, son mandat de député : André Santini a 30 jours, donc jusqu'au 23 juillet, pour décider s'il souhaite récupérer son mandat à l'Assemblée Nationale. S'il passe son tour, Frédéric Lefebvre devra alors se présenter devant les électeurs. Le Conseil Constitutionnel avait en effet censuré une disposition proposée par le gouvernement dans sa réforme constitutionnelle de juillet 2008 n'imposant pas une élection législative partielle en cas de renoncement à son mandat de député par un ancien ministre ou secrétaire d'Etat. Damned ! Même le Figaro s'inquiète pour le député suppléant Lefebvre ! Sur son blog, point de billet ni commentaire... Tout juste a-t-il commenté: "j'ai 30 jours pour prendre un certain nombre de décisions, je verrai tranquillement André Santini".

Autre recalé, Bernard Laporte a interloqué son auditoire lors de sa passation de pouvoirs avec Rama Yade: «J'ai toujours eu beaucoup de rapports avec toi... Ha non, non, ne recommençons pas»...




Premier(s) Conseil(s)
Mercredi 24 juin, le nouveau gouvernement a assisté à son premier conseil des ministres. Sarkozy a prodigué ses conseils aux nouveaux arrivants, des conseils qu'il suit peu lui-même : parlez peu, restez discrets, travaillez beaucoup ! Imperturbable, Michèle Alliot-Marie a dévoilé le nouveau texte contre le piratage des œuvres sur le Net, après la censure du Conseil Constitutionnel. Il envisagerait de sanctionner le piratage par une amende de 1.500 euros à 3.000 euros. L'après midi, la même ministre défend le projet de loi contre les "bandes", qu'elle avait présenté la veille ... en tant que ministre de l'Intérieur. Mercredi matin, Nicolas Sarkozy a demandé de "audace réformatrice". Les ministres seront "évalués sur leur capacité à réformer notre pays" a expliqué Luc Chatel. Rachida Dati, André Santini, Roger Karoutchi ou Christine Boutin, contraints au départ, apprécieront.

Premières questions
Le Premier Ministre a bel et bien disparu, enterré à Versailles après 26 mois de convalescence. Alors que le remaniement fut bien plus large qu'attendu, Fillon n'engagera pas la responsabilité de son gouvernement. "Ces changements de personnes ne signifient pas un changement de politique. Il n'est pas question d'ailleurs de changer de politique au milieu d'une crise aussi grave que celle que nous rencontrons" a-t-il expliqué mercredi après midi à l'Assemblée. Il a raison. A quoi bon faire une déclaration de politique générale après le discours du monarque à Versailles. Le ridicule a ses limites...

Lors de sa première conférence de presse post-remaniement de Luc Chatel, les questions ont fusé sur le sens à donner à certains départs ... et certains maintiens : on croyait que les députés européens nouvellement élus devaient quitter leurs fonctions ministérielles, or le gouvernement Fillon IV conserve ou récupère 3 députés (Hortefeux, Berra, Apparu)... Qu'en est-il donc ?



Sarkozy file à l'anglaise
L'affaire Karachi commençait un buzz médiatique qui ne durera pas. Nicolas Sarkozy a filé aux Antilles, un voyage annoncé depuis plusieurs semaines. Sur place, premier discours :
Encore une fois, après le couac de Mitterrand, puis l'affaire Karachi, la séquence de la semaine présidentielle n'est pas respectée : la rumeur de la mort de Michaël Jackson affole la toile et les médias quelques heures à peine après son arrivée outre-mer. A sa sortie d'avion, il a expliqué: «le statu quo n'est pas possible». «Il faut absolument trouver une solution, apaiser les choses, et apporter une réponse à la fois à la demande d'égalité et d'identité. Je vais m'y consacrer pendant ces deux journées». Deux jours pour tout régler... bravo !

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