23 juin 2009

Remaniement : le gouvernement des grognards du Président

Mardi soir, Nicolas Sarkozy a dû changer ses plans: un Mitterrand a gâché sa surprise de Sarkozy ! Frédéric Mitterrand a en effet confirmé mardi sa prochaine nomination à la tête du ministère de la Culture, en remplacement de Christine Albanel, sans attendre la déclaration officielle prévue pour mercredi. Un non-évènement qui commence par un couac!... Frédéric Mitterrand avait appelé à voter Jacques Chirac en 1995 et Nicolas Sarkozy en 2007. Sarkozy ferait-il donc l'ouverture... à droite ? Jack Lang, sollicité pour le même poste, a décliné.

Le spectacle a donc été vite recalé à 20 heures, pour coïncider avec le début des journaux télévisés. A 20H15, Claude Guéant apparaît sur le perron de l'Elysée, et commence son allocution par un ironique "Sur proposition du premier ministre". On croyait que François Fillon avait été enterré la veille à Versailles...

Les chaises musicales et les autres...

Pour le reste, les chaises musicales sont plus importantes que prévus: on conserve les mêmes, et certains changent de poste.
  • Jean Louis Borloo élargit son périmètre. et Eric Woerth confirme le sien, en récupérant la Fonction Publique. André Santini est évincé.
  • Xavier Darcos devient ministre du Travail, des Relations Sociales et hérite aussi de la Solidarité (initialement chez Valérie Létard).
  • Brice Hortefeux, quitte les Affaires Sociales pour l'Intérieur. Un rêve de jeunesse pour cet "ami de 30 ans" du Président.
  • Michèle Alliot-Marie, file à la Justice. Elle sera coachée par l'obscur Patrick Ouart, conseiller Justice de Sarkozy.
  • Luc Chatel, devient ministre de l'Education Nationale mais reste porte-parole du gouvernement.
  • Bruno Le Maire récupère l'Agriculture et l'Alimentation (attention aux OGM !).
  • Michel Mercier est chipé au Modem, pour s'occuper de "l'Espace Rural et de l'Aménagement du territoire."
  • Henri de Raincourt, président du groupe UMP au Sénat est propulsé ministre, en charge des Relations avec le Parlement.

Overdose de nouveaux secrétaires d'Etat
Du côté des secrétaires d'Etat, les nominations concernent :
  • Jean-Marie Bockel secondera Alliot-Marie, sans affectation particulière. Une descente de plus ?
  • Christian Estrosi, en charge de l'Industrie, abandonnera une nouvelle fois la ville de Nice...
  • Valérie Letard doublonnera Chantal Jouanno à l'Ecologie, avec un poste de secrétaire d'Etat sans affectation spécifique auprès de Borloo. L'écologie, ça compte désormais en Sarkofrance ! Il faut deux secrétaires d'Etat pour s'en charger...
  • Rama Yade passe aux Sports...
  • Hubert Falco reprend les Anciens Combattants à Bockel...
  • Pierre Lellouche, devient secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes.
  • Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée des Aînés, une dénomination politiquement correcte en vue de la réforme des retraites de 2010...
  • Benoist Apparu, à peine élu député européen, devient secrétaire d'Etat au Logement.
  • Marie-Luce Panchard chipe l'Outre-Mer à Yves Jego. Elle s'occupait du sujet à l'UMP.
  • Christian Blanc est confirmé au "développement de la région capitale auprès du Premier ministre"
Bernard Kouchner, Christine Lagarde, Valérie Pécresse, Patrick Devedjian, Hervé Morin, Roselyne Bachelot, Eric Besson, Laurent Wauquiez, Nathalie Kosciusko-Morizet, Dominique Bussereau, Fadela Amara, Alain Marleix, Anne-Marie Idrac, Alain Joyandet, Chantal Jouanno, Martin Hirsch conservent leurs fonctions. Au total, huit ministres sont remplacés, mais le nombre de secrétaires d'Etat explose...  Pour faire écolo, Sarko a renforcé Borloo d'une secrétaire d'Etat supplémentaire, et ajouté "l'alimentation" au périmètre de l'Agriculture. Côté ouverture, il a chipé un Modemiste. Pour le reste, le gouvernement regroupe des fidèles (exception faite de la diversion chiraquo-médiatique de Frédéric Mitterrand)...

Les victimes du remaniement
Il était prévu, annoncé, commenté que Rachida Dati et Michel Barnier quittent le gouvernement après leur élection européenne. Ce n'est pas vraiment une règle puisque Sarkozy a fait venir ou conserve des fidèles récemment élus : Estrosi (à la mairie de Nice depuis un an), Hortefeux, Berra, et Apparu, tous juste députés européens.
Les vraies victimes sont ailleurs: les fidèles mais inefficaces Roger Karoutchi et Yves Jego s'en vont. La fantasque catholique Christine Boutin aussi. Christine Albanel lâche la Culture. Le plus cocasse... Frédéric Lefebvre va quitter l'Assemblée Nationale. Le porte-parole tonitruant de l'UMP n'était que député-suppléant. André Santini, qui quitte son secrétariat d'Etat à la Fonction Publique, reprend son poste de député. Merci la réforme constitutionnelle ! 
Un secrétariat d'Etat disparaît, les Droits de l'Homme. Il est vrai qu'il n'a pas brillé par son utilité, de la venue triomphante du colonel Khadafi à Paris en décembre 2007 aux obsèques d'Omar Bongo il y a 10 jours. 

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

3 commentaires:

  1. - De 1993 à 1995, Patrick Ouart est membre du clan Balladur-Sarkozy. Patrick Ouart est conseiller pour la Justice du premier ministre Edouard Balladur. Patrick Ouart connaît l’affaire des frégates de Taiwan, l’affaire des sous-marins vendus au Pakistan, le système des commissions versées aux dirigeants pakistanais, et des rétro-commissions occultes qui revenaient dans les coffres du clan Balladur-Sarkozy.

    - De 2007 à aujourd’hui, Patrick Ouart est le conseiller pour la Justice de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy lui a demandé d’empêcher les juges d’instruction de boucler leurs enquêtes sur l’affaire des frégates de Taiwan, et aussi sur l’affaire des sous-marins vendus au Pakistan. Patrick Ouart propose alors une réforme scandaleuse : supprimer les juges d’instruction.

    Lisez cet article :

    « Discret avec les médias mais efficace, Patrick Ouart s’occupe de tous les dossiers ayant trait à la justice quitte à marcher sur les plates-bandes de la garde des Sceaux, Rachida Dati, qu’il ne peut supporter, pointant son incompétence.

    Parce qu’il est beaucoup plus puissant et écouté que la ministre de la Justice, il met en place de nombreuses réformes. C’est lui, et non le cabinet de la garde des Sceaux, qui rédige le discours sur la disparition des juges d’instruction en janvier 2009 qui provoque de nombreuses polémiques : cette réforme priverait les magistrats de leur indépendance. »

    http://www.politique.net/2009031204-portrait-patrick-ouart.htm

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  2. Bonjour Juan,

    J'ai repris ton article pour "La lettre de Jaurès" http://lalettredejaures.over-blog.com/

    Aussi j'ai inséré un lien vers ton site Sarkofrance.

    Avec mes remerciement

    Amitiés Socialistes

    Jean-Luc
    pour La lettre de Jaurès

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