31 juillet 2009

Sondages occultes: Opinion Way répond... à côté.

Il y a 15 jours, la Cour des Comptes révélait dans un rapport sur les dépenses de l'Elysée qu'un cabinet de conseil (depuis identifié comme étant Publifact, créé et géré par Patrick Buisson), avait déboursé pour le compte de la Présidence de la République 392 000 euros au titre des baromètres mensuels "Politoscope" réalisés par OpinionWay.

Les dirigeants d'OpinionWay ont cru bon de se défendre dans une tribune publiée par ... Le Monde. Pourquoi donc Le Monde, et non pas le Figaro, leur client habituel ? Curieuse manière de répondre dans un autre journal que celui habituellement friand et client des sondages de l'institut. Les lecteurs du Figaro ne méritent-ils pas d'informés ?

Qu'écrivent donc Hugues Cazenave et Denis Pingaud, respectivement président et vice-président d’Opinion Way ? Ils menacent les critiques de procès en diffamation. Ils expliquent également que (1) l'Elysée ne représente que 3% du chiffre d'affaires de leur entreprise, (2) leurs sondages ne sont pas trafiqués, (3) ils font des jaloux dans la profession comme tout nouvel entrant qui bouscule le marché.

Bref, Opinion Way répond... à côté.

1. L'Elysée finance des sondages de manière occulte.
Ces sondages sont achetés et publiés par le Figaro, sans qu'il soit fait mention du financement élyséen. La somme déboursée par le Figaro est ridiculement faible par rapport au financement de l'Elysée, 50 000 euros pour 30 sondages en 2008. Ce qui fait dire à certains que la Présidence de la République est le commanditaire principal de ces sondages. N'aurait-il pas été plus transparent et "moral" d'afficher clairement ce financement présidentiel ?

2. En période électorale, ce financement occulte est illégal.
Quand un sondage a un lien direct ou indirect avec une élection, la loi impose de publier tous ses commanditaires. Or certains baromètres du "Politoscope", mentionnés par la Cour des Comptes, publiés avant les élections (municipales ou européennes) tombent sous le coup de cette obligation légale de transparence. Les deux dirigeants ne répondent pas sur ce problème.

3. Grâce à la publication de sondages qu'elle finance, l'Elysée manipule le débat public.
On aurait aimé connaître l'avis de ces deux experts sur la profusion de sondages publics ainsi financés par l'Elysée. Il ne se passe pas une semaine sans qu'un sondage déboule dans les colonnes d'un journal ou les ondes d'une radio. Tout est sondé, et tout le temps. Par leurs questions/réponses, les sondages orientent le débat politique. Quand on apprend, grâce à la Cour des Comptes, que l'Elysée en finance une soixantaine par an, on mesure combien l'entreprise de manipulation est importante. Si les sondages d'OpinionWay ne sont pas trafiqués, le débat politique en sarkofrance l'est assurément.

4. OpinionWay confirme que Publifact émarge à 50%
Les deux dirigeants démentent avoir perçu l'intégralité des 392 000 euros facturés par Buisson à l'Elysée au titre de leurs propres sondages: "OpinionWay a facturé, en 2008, au cabinet-conseil moins de la moitié de la somme évoqué par la Cour - 392 000 euros - comme étant la facturation de ce même cabinet à l'Elysée." Publifact émarge donc à 50% sur une prestation de service d'une simplicité troublante.

5. Opinion Way n'exagère-t-il pas son travail spécifique pour l'Elysée ?
Les deux dirigeants expliquent leur prestation élyséenne recouvrait en fait "trois prestations distinctes : un baromètre d'image du président de la République ; des études confidentielles ad hoc sur des sujets d'actualité ; les analyses détaillées, enfin, du fameux Politoscope, c'est-à-dire les tris par catégories de population - ce qui représente des centaines de pages de compte rendu". Visiblement, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée et plus proche collaborateur du Président, ne voit pas vraiment la différence avec ce que le Figaro publie, lorsqu'il déclare il y a 15 jours au micro d'Europe1: "On commande des sondages, si des journaux veulent acheter les mêmes, nous on n'y peut rien."

6. OpinionWay menace.
L'article se clot sur une menace de procès. Pourtant, Hugues Cazenave et Denis Pingaud accusent leurs confrères de financement passé par les fonds secrets de la Présidence de la République. Diffamation contre diffamation ?

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Statut de la Poste: et le référendum ?

Mercredi, Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, a présenté le projet d'ouverture du capital de la Poste. Le projet gouvernemental prévoit l'abandon, au 1er janvier 2010, de son statut d'établissement public pour celui de société anonyme à capitaux publics, ainsi qu'une augmentation de capital à hauteur de 2,7 milliards d'euros, souscrite par l'Etat et la Caisse des dépôts. Présenté en conseil des ministres le 29 juillet, le projet de loi sera examiné au Parlement début octobre.

Le gouvernement ne répond pas aux critiques
Le gouvernement se défend très mollement de vouloir privatiser la Poste. "On assure ce fonctionnement-là en garantissant que c'est La Poste qui fournira ce service universel pendant les quinze prochaines années. On n'est pas en train de liquider", a expliqué" Christine Lagarde le 29 juillet. De son côté, Christian Estrosi a déclaré: "Le gouvernement (...) veut garantir à 100% la poursuite du caractère public de La Poste, avec la confirmation que le capital de la Poste ne sera détenu que par des acteurs publics, que les quatre missions de service public de La Poste -le service universel du courrier, l'aménagement du territoire, l'accessibilité bancaire et la distribution de la presse- seront confortés par la loi et dotés d'un financement pérenne".

1. Préparer l'ouverture du capital à des investisseurs tiers ?
Le passage au statut de société anonyme sert avant tout à rendre possible l'ouverture du capital, comme, par exemple, à des partenaires étrangers pour la création de joint-ventures ou dans le cadre de rachat d'activités, ou à des actionnaires en Bourse, en cas d'appel public à l'épargne. Les exemples passés le prouvent (France Télécom, GDF). La communication du ministre de l'Industrie, mercredi 29 juillet au conseil des ministres, est très claire sur le sujet: "le statut actuel d’établissement public industriel et commercial (EPIC) de La Poste, qui est aujourd’hui une exception en Europe, ne lui permet pas de trouver les financements complémentaires nécessaires." Mais le gouvernement promet en même temps que la Poste restera 100% publique : "la Poste restera une entreprise 100 % publique, à l’exception de la part du capital qui pourra éventuellement être détenue au titre de l’actionnariat des personnels."

2. Augmenter les fonds propres de l'entreprise ?
Principal argument, le changement de statut permettrait une augmentation de capital immédiate, de 2,7 milliards d'euros, souscrite conjointement par l'Etat et la Caisse des Dépôts. La raison est valable, même si on aurait pu imaginer d'autres solutions pour renforcer les moyens de l'établissement public. Les futurs statuts de la Poste en société anonyme prévoiront-ils des critères particuliers concernant ses actionnaires (établissements publics, etc) ? Effectivement, le projet de loi prévoit que «son capital est détenu par l'Etat ou d'autres personnes morales appartenant au secteur public, à l'exception de la part du capital pouvant être détenue au titre de l'actionnariat des personnels.

3. Une obligation européenne ?
Second argument, Christian Estrosi a défendu que ce changement de statut est imposée par l'Europe. Il s'est abrité derrière l'acceptation en 1997 par le gouvernement socialiste de l'époque de l'ouverture du marché postal à la concurrence à compter de 2011. Le changement de statut n'a rien à voir avec cette ouverture, sauf à penser qu'une Poste française concurrencé par des acteurs étrangers aura besoin de nouer des alliances, notamment capitalistiques, pour se défendre ; «la directive européenne prévoit la mise en concurrence, elle ne prévoit absolument pas le fait que l'on doive privatiser la Poste». a rappelé le Parti Socialiste.

4. L'affaiblissement du service postal public ?
L'ouverture du secteur à la concurrence existe déjà. Le courrier physique est malmené par les échanges électroniques. Et la concurrence existe sur le courrier express (DHL, etc). Le gouvernement a inscrit dans son projet de loi que la Poste sera le prestataire de service universel pour une durée de quinze ans, et qu' "il est garanti à tous les usagers (de) disposer de manière permanente et sur tout l'ensemble du territoire national des services postaux répondant à des normes de qualité". On retrouve un schéma (durement) éprouvé avec France Télécom : on change de statut, on ouvre parallèlement le marché à la concurrence. Les nouveaux entrants taclent l'opérateur historique sur les segments de marché les plus lucratifs (comme le service aux entreprises). L'une des spécificités de la Poste est son rôle dans l'aménagement du territoire. Qu'en sera-t-il demain ? Entre 2005 et 2008, quelques 2 400 bureaux de poste ont été fermés, mais 2 300 agences-relais ont été créées.

Et le référendum ?
La réforme constitutionnelle de juillet 2008 comportait une bonne mesure : l'extension de l'initiative du référendum : "Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d'une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l'abrogation d'une disposition législative promulguée depuis moins d'un an. " (article 11 modifié de la Constitution).
Comme par hasard, c'est l'une des rares mesures que le gouvernement ne s'est pas empressé de traduire dans une loi organique.

Concernant la Poste, le sujet est nettement plus simple à appréhender dans un référendum qu'un Traité constitutionnel. Pourtant, le gouvernement Sarkozy évite soigneusement cette démarche.

Surpris ?

Sarkozy s'est-il préoccupé de Salah Hamouri ?

Salah Hamouri est Franco-Palestinien. Sympathisant du FPLP et installé en Cisjordanie, il a étéjugé par un tribunal militaire israëlien, et emprisonné depuis 4 ans en Israël. A l'instar de la défense du soldat franco-israëlien Gilad Shalit capturé au Liban, le président français aurait pu se saisir de son cas. Il ne l'a pas fait jusqu'à présent. Dimanche, sa demande remise en liberté a été refusée.



Sarkozy se préoccupe-t-il de Salah Hamouri
envoyé par politistution. - L'info internationale vidéo.


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30 juillet 2009

Comment enterrer la taxe carbone ?

A n'en pas douter, Nicolas Sarkozy instaurera la taxe carbone en France. C'est une promesse de la campagne de 2007, et le président français a trop besoin d'une partie de l'électorat écologiste pour les prochains scrutins. La vraie question est ailleurs : quand et comment installera-t-il cette taxe jugée "révolutionnaire" par Daniel Cohn-Bendit ?

Michel Rocard a remis son rapport sur la "contribution énergie-climat", issu des travaux de la conférence d'experts que présidait Michel Rocard. Ce dernier préconise la mise en place d'une taxe carbone de 32 euros par tonne de CO2 émise dès 2010. Elle ne s'appliquerait qu'aux énergies fossiles (charbon, pétrole, etc) mais aucune recommandation ne porte sur l'à l'électricité. Toujours selon le rapport, elle serait augmentée de 5% par an pour atteindre 100 euros par tonne à compter de 2030.

La fausse unanimité
La taxe carbone a un objectif : réduire la pollution générée par la consommation d'énergies fossiles. Nicolas Sarkozy et son gouvernement se félicitent de ces conclusions. Jean-Louis Borloo applaudit des deux mains. A gauche, comme droite, l'urgence écologique est proclamée !
Mais à droite, certains se préparent déjà à vider de son sens cette proposition inédite. On critique son niveau, on évite la question sociale, on laisse les lobbies industriels s'indigner.
Selon Daniel Cohn-Bendit , cette taxe est inévitable, mais son produit doit être reversé aux ménages modestes, en tenant compte du quotient familial. C'est l'un des clivages, encore mal exprimés, du débat.

Les questions qui fâchent
Le débat sera court, de quelques semaines à peine, si le gouvernement veut tenir son planning de l'instaurer dès le 1er janvier 2010, juste à temps pour les élections régionales où l'UMP draguera avec force l'électorat écologiste.

1. A quel niveau faut-il taxer ? Le rapport Rocard suggère une taxe de 32 euros par tonne de CO2. La moyenne européenne est de 14 euros la tonne, mais ce niveau ne signifie pas grand chose tant les pratiques de taxation écologique sont encore rares en Europe (cf. graphique, d'après OCDE/France Info) Christine Lagarde à dénoncé, mercredi 29 juillet, le niveau trop élevé de la recommandation: "Je ne suis pas sûr que ce soit 32 euros, parce que (...) c'est très fort comme signal et ça me paraît très élevé."

2. Cette taxe sera-t-elle progressive en fonction des revenus des ménages ? Rocard suggère que oui. Le gouvernement n'ose pas se prononcer. Borloo a promis que la taxe carbone sera « entièrement compensée pour les ménages les plus modestes ». Mercredi 29 juillet sur France Inter, Christine Lagarde a refusé d'entériner cette proposition, malgré l'insistance du journaliste Pierre Weil. Elle s'est contenté de dire que le niveau des prélèvements obligatoires en France ne sera pas augmenté, ce qui est bien différent. La Taxe carbone est un outil complexe : elle vise à décourager des comportements individuels mais peut se transformer en "TVA verte".

3. Faut-il taxer l'électricité ?
Les écologistes y sont favorables. Le rapport Rocard ne se prononce pas. Le gouvernement y est hostile. Sarkozy aime défendre l'idée que l'énergie nucléaire est l'avenir de l'homme-consommateur. Mais pour Daniel Cohn-Bendit, il faut également prévoir une imposition de l'électricité: primo, chaque surconsommation d'électricité conduit EDF à puiser dans ses centrales à charbon pour faire face à la demande. Deuxio, l'énergie nucléaire est sous-tarifée en France : "il faut se mettre dans la tête que le recours à l'énergie nucléaire ne pas durer indéfiniment. Son prix n'a aucun lien avec le marché réel: il ne tient compte ni de la construction des centrales, ni des coûts de stockage et de démantèlement, ni de l'assurance contre les risques écologiques."

4. Cette taxe est bio-dégradable ? En insistant, sans plus de précision, sur la stabilité du niveau de prélèvements obligatoires, Christine Lagarde cherche-t-elle à affaiblir le projet de taxe carbonne ? En effet, par construction, l'objectif de la taxe carbone, c'est-à-dire réduire la consommation d'énergies fossiles, est de disparaître ou, à défaut, de diminuer. Comment remplacer le manque à gagner prévisible de recettes fiscales ?

Sarkozy, du malaise au martyr.

La communication élyséenne a rattrapé le coup. Il semble assez probable que le "coup de chaud" présidentiel dimanche dernier était plus plus sérieux que ce que l'on a voulu nous en dire. Transport en hélicoptère, analyses médicales pendant 24 heures, annulations de tous les rendez-vous et déplacements lundi et mardi, jusqu'au conseil des ministres... tout président qu'il est, la réponse médicale semble excéder largement les besoins d'un malaise "lipothymique". Nicolas Sarkozy devait simplement trouver comment positiver la réalité de son âge, et l'abandon du mythe du président "jeune", "sportif".

La réponse des communicants de l'Elysée fut simple et d'ampleur : notre monarque a été éprouvé"par son travail. Il a sacrifié sa santé pour le bien des Français. Vite ! Allumez des cierges dans toutes les Eglises de France.

Du malaise au martyr, il n'y a qu'un pas, aisément franchi.

Mercredi 29 juillet, le Monarque n'a pas manqué de s'adresser brièvement aux journalistes qui guettait la sortie du dernier conseil des ministres: "Je voulais dire aux Français que ma santé était bonne, que j'avais eu un coup de fatigue". "Simplement, il faut que je me repose". Sarkozy est allé jusqu'à la méthaphore automobile, évoquant une "panne d'essence".

Le bolide n'est pas vieux, il manquait simplement de carburant.



Nicolas Sarkozy s'exprime sur son état de santé
envoyé par LepointTV.

On oubliera, quelques instants, la nouvelle affaire qui se profile: l'Elysée vient de faire appel contre un récent jugement du Tribunal de Grande Instance de Nanterre. Ce dernier a refusé de statuer contre les présumés pirates du compte bancaire de Nicolas Sarkozy, une plainte déposée en septembre dernier. La magistrate responsable du jugement a explicitement détaillé dans son jugement que toute autre décision aurait été inéquitable à cause de (1) l'immunité présidentielle dont jouit Sarkozy depuis sa réforme constitutionnelle (les accusés ne pourraient donc attaquer le plaignant présidentiel en retour), et (2) la présidence statutaire du CSM, qui décide ainsi des carrières de magistrats, par Nicolas Sarkozy, ce qui pose la question de l'indépendance de la justice dans le cas présent. Ce jugement est un mauvais précédent. L'Elysée craint, selon Linération, que Dominique de Villepin ne puisse s'en servir pour évoquer l'inéquité du procès Clearstream en septembre prochain...

29 juillet 2009

Mascarades électorales en cascade en Françafrique

Le 13 juillet dernier, France 5 diffusait un portrait complaisant de l'action du président français. Henri Guaino, le conseiller "spécial" du Monarque y était notamment interrogé à propos de la "real-politik" étrangère menée par Sarkozy: "il n'y a rien de pire que la politique de la bonne conscience". Tout est dit. Et effectivement, "la Françafrique survivra" à la mort d'Omar Bongo. Les appuis français sont trop importants.

Mauritanie: la France aime les putchistes
Le 18 juillet dernier, un "serial-putchiste" a remporté l'élection présidentielle mauritanienne dès le premier tour, avec un score de 52,58 % des suffrages. Lisez donc ce commentaire d'un journaliste sénégalais: "le nouveau président mauritanien est un putschiste impénitent. Déjà en 2005, il avait aidé son cousin Ely Ould Vall, candidat malheureux à l’élection présidentielle, à renverser le régime autoritaire du colonel Maaouiya Ould Taya dont le règne avait été marqué par de sanglants pogroms à l’endroit de la communauté négro-africaine, longtemps ostracisée en Mauritanie. En 2008, Abdel Aziz, alors patron de la garde présidentielle, avait mis une deuxième fois le pays entier en émoi, en renversant Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu en Mauritanie." En mars dernier, Nicolas Sarkozy avait surpris tout le monde, en affichant une grande clémence à l'égard des putchistes. Depuis, son secrétaire général, Claude Guéant, a rapidement fait taire les critiques françaises et découragé les soutiens aux opposants. Le chef des putchistes est reçu à l'Elysée. Contrairement aux Etats Unis, la France a profité de sa présidence européenne pour empêcher l'Union Européenne de promulguer des sanctions à l’encontre des putschistes et de leurs soutiens en août dernier. Le 23 juillet, la réaction française officielle est bien tendre à l'égard de l'élection mauritanienne: "Le scrutin s'est déroulé dans le calme. Il était suivi par quelque 320 observateurs internationaux appartenant à l'Union Africaine, à l'Organisation internationale de la francophonie, à la Ligue arabe, à l'Organisation de la conférence islamique, à l'Union du Maghreb arabe et à la Communauté des Etats sahélo-sahariens. Ces missions d'observateurs se sont exprimées et ont souligné le climat de sérénité et de responsabilité qui a prévalu lors de cette élection. Elles ont fait état d'un déroulement globalement satisfaisant des opérations électorales, du bon fonctionnement des bureaux de vote et d'un dépouillement rigoureux et transparent. "

Congo: la curieuse délégation française
Au Congo, la situation n'est pas meilleure. Les opposants au président Sassou Ngesso avaient boycotté le dernier scrutin présidentiel. La (Sarko)France "cautionne régulièrement les mascarades électorales organisées par Sassou Nguesso, qui gère le Congo comme sa propriété personnelle". Dernier exemple en date, en mars dernier, AREVA avait signé un accord portant sur la recherche et l'exploitation de futures mines d'uranium sur tout le territoire. Une ONG a encore dénoncé les conditions d'exploitation de ces mines, comme celle de Shinkolobwe au Katanga (sud-est), illégalement exploitée depuis 2004. Aucune trace de commentaire français officiel sur le sujet.

L'Elysée a envoyé une délégation "observer" le déroulement de l'élection présidentielle congolaise. Sa composition laisse peu d'espoir aux opposants: le chiraquien Jacques Toubon est accompagné d'un ancien directeur de cabinet de Charles Pasqua, Patrick Gaubert, de Jean-François Mancel et Jean-Michel Fourgous, deux députés UMP notoirement supporteurs du président congolais. Patrick Gaubert a été soupçonné par la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) d'avoir fait pression sur les familles de victimes dans une affaire de disparitions d'opposants politiques au Président Denis Sassou en 1999. Cette petite troupe a donc qualifié de "libres" les élections congolaises. Tout va bien...

Gabon: sauver l'héritage de Bongo
Au Gabon, la mort d'Omar Bongo a déclenché la tenue d'une élection présidentielle. Le fils et ministre de la Défense du président défunt est soutenu par la France et donné favori. Un éditorialiste africain ne se faisait aucune illusion : "La solide implantation de la France au Gabon par le biais de sa base militaire et l’exploitation de son pétrole par Elf puis par Total est une preuve supplémentaire de la solide amitié entre l’Elysée et celui qui était le doyen des chefs d’Etat africains." Un blogueur de Mediapart détaille les l'implication de la famille de l'ancien président est très présente aux conseils d'administration des filiales locales d'entreprises françaises.

En Côte d'Ivoire, la France énerve
En Côte d'Ivoire également, les prises de positions françaises sont publiquement dénoncées par des proches du président sortant Laurent Gbagbo. Ces journaux fustigent les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'enlèvement et la disparition du journaliste Philippe Kieffer. Pour le coup, notre président semble tenir rôle. Lors de sa visite à Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, il aurait déclaré Laurent Gbagbo n'est "pas digne de confiance". "La France continue de se couvrir de ridicule" pouvait-on lire dans le quotidien Notre Voie. Le 22 juillet dernier, le témoignage d'un officier ivoirien a impliqué l'entourage de la femme de Laurent Gbagbo. Les journaux proches du pouvoir se sont depuis déchaîné contre le témoin.

2010, année de la Françafrique
En juin dernier, Jacques Toubon a été missionné pour préparer un curieux anniversaire: en 2010, la France veut célébrer l'Afrique, une année qui coïncide avec le cinquantième anniversaire de l'accession à l'indépendance de quatorze pays d'Afrique francophone. Sarkozy cherche à faire oublier son discours de Dakar comme sa politique d'immigration. Avec l'Afrique, le malaise est grandissant depuis mai 2007.

Outre 'la célébration de notre histoire commune, en particulier la contribution de l'Afrique à la libération de la France et la marche vers les indépendances', Toubon devait réfléchir à 'l'achèvement de la réforme des principaux instruments de notre relation tant sur le plan économique que politique, déjà amorcée par la renégociation des accords de défense' mais aussi 'la valorisation de la dimension humaine de cette histoire commune à travers la place de l'Afrique en France et le rôle des Français d'origine africaine dans la République'.

Tout un programme !

Chômage, pauvreté, surveillance, comment garder le moral en Sarkofrance ?

Mardi, on a failli croire à l’exception française face à la crise : le chômage aurait baissé en juin. Fausse alerte ! Le nombre réel de demandeurs d’emploi augmente bien, quoiqu’en dise certains commentateurs. L’INSEE a également publié sa dernière évaluation du taux de pauvreté en France… et l’on remarque que le bilan de la droite au pouvoir depuis 2002 est tout simplement mauvais.

Il est un terrain où la France comble son retard vers « l’Etat Moderne » : les écoutes judiciaires ou secrètes de nos échanges téléphoniques ont explosé en 7 ans. L’insécurité progresse, mais les polices de France sont à l’écoute !

Le chômage augmente
Mardi, le ministre de l’Emploi a publié les derniers chiffres du chômage : le nombre total de demandeurs d’emploi, toutes catégories confondus, a encore progressé, pour atteindre 3.634.800 personnes (+18,7% sur un an, et + 9000 personnes par rapport à mai 2009). Et l’on peut douter que les 33 000 chômeurs qui ne se sont pas réinscrits à pôle emploi ont tous recouvré une activité.

La seule catégorie A, celles des chômeurs sans aucune activité, a reculé de 18.600 personnes par rapport au mois précédent, à 2.524.500 au 30 juin 2009. Sur un an, elle a augmenté de 25,7%.

Même Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, reste prudente : "Même une reprise graduelle de l'activité ne devrait pas se traduire par un repli immédiat du chômage. La situation du marché du travail devrait donc rester difficile au cours des prochains mois."



La pauvreté augmente
La nouvelle est plus grave. Elle devrait gâcher les vacances de Martin Hirsch, le Haut Commissaire aux Solidarités Actives qui a fait de la lutte contre le pauvreté son cheval de bataille. En France, plus de la moitié de la population vit avec 1500 euros par mois, et on dénombre 8 millions de pauvres, soit 13% des ménages français. Entre 2004 et 2007, plus de 500 000 personnes sont tombés sous le seuil de pauvreté. C'est l’un des bilans de la droite classique au pouvoir depuis 2002. La courbe est saisissante (cf. graphique). Bizarrement, Nicolas Sarkozy a reporté sine die son grand chantier sur le partage des richesses. En septembre dernier, il avait lancé l'attaque contre les patrons-voyous et la finance irresponsable. Il avait même ressorti sa fumeuse proposition du partage en trois tiers (capital, travail, investissement). Avec Hirsch, il espère que le Revenu de Solidarité Active, mis en place début juillet, aidera 700 000 personnes à sortir de la pauvreté.

Les écoutes téléphoniques explosent
L’information vient du Figaro. Les écoutes téléphoniques ordonnées par des magistrats ont largement progressé en France ces dernières années : +440% en 7 ans. Elles sont passées de 5 845 en 2001 à 26 000 en 2008, et réalisées par quelques 200 centres de police ou de gendarmerie disséminés sur le territoire . S’ajoutent les 5096 « interceptions de sécurité » réalisés sans ordonnance judiciaire par les services de renseignement. Une enseignante-chercheuse a publié une étude sur le sujet. Elle note que la France n’est pas dans la pire situation des pays européens. On y écoute quinze fois moins qu’en Italie douze fois moins que les Pays-Bas et trois fois moins qu'en Allemagne. On y apprend également qu’une écoute est facturé 497 euros sur une ligne fixe, et 88 euros sur une ligne mobile. Chaque année, la police récupère aussi quelques 40 000 SMS « à titre préventif ».

Le dispositif de surveillance a été complété par la mise en orbite de deux satellites en 1995 et 1999, baptisés « Cerise » et « Clémentine », puis par le dispositif « essaim » composé de 4 satellites et pilotés par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et la Direction du renseignement militaire (DRM). «Censé servir à collecter des informations pour la Défense nationale, afin de prévenir les conflits, lutter contre le terrorisme et la prolifération des armes nucléaires, ce réseau est soupçonné d'espionnage économique» et constitue également «menace pour la vie privée». peut-on lire dans le rapport.

Nicolas Sarkozy se repose, ses amis aussi
Le bulletin de santé de l’ex-sportif présidentiel se veut rassurant : Nicolas Sarkozy se repose à la Lanterne, cette résidence publique à la disposition de l’Elysée et du premier ministre à Versailles. Ce mercredi, Sarkozy tiendra son dernier conseil des ministres de la saison, avant 4 semaines de vacances « méritées ». Sur Facebook, le monarque a fait poster un message "personnel".
Je vais très bien après le petit incident de dimanche, qui m’incite à prendre du repos cet été. Merci pour vos encouragements et témoignages, qui me touchent beaucoup. Parmi tous les messages que j’ai pu recevoir – de tous mes collègues chefs d’Etat et de gouvernement étrangers notamment – les vôtres me tiennent particulièrement à cœur.
Votre sympathie et votre spontanéité sur Facebook font vivre un lien précieux entre nous.

Je vous souhaite à tous un très bon été.

Nicolas Sarkozy
En revanche, l'Elysée n'a pas pris la peine, mardi soir, de réagir aux nouvelles révélations concernant Patrick Buisson : ce dernier, conseiller d'opinion et commanditaire de sondages officieux, est également directeur de la chaîne Histoire. Le PDG de la chaîne est Laurent Solly, ex-directeur de campagne adjoint du candidat Sarkozy: en 2008 et 2009, la chaîne a touché 270 000 euros de subventions du Ministère de la Culture, une aide exceptionnelle en soi pour un chaîne de télévision... La première tranche de cette aide fructueuse, soit 65 000 euros, a été versée suite à un appel d'offres pour acquérir les droits de diffusion d'une émission valorisant le "patrimoine", publié et attribué (sans concurrence) en 4 jours par le Ministère de la Culture en 2008. Ensuite, le ministère choisit de parrainer l'émission, à deux reprises (pour 35 000 puis 150 000 euros) et sans appels d'offre (non requis dans le cadre de parrainage). L'audience de la chaîne Histoire, exclusivement diffusée sur le câble et le satellite, est totalement marginale: à la dernière mesure d'audience par MEDIAMETRIE, sa part de marché atteignait 0,2%.

Ami sarkozyste, es-tu déjà parti en vacances ?

La faute de MAM

En succédant à Rachida Dati au ministère de la Justice le 23 juin dernier, Michèle Alliot-Marie jouissait d'une relative bonne image : elle ne venait pas du sérail des proches de Nicolas Sarkozy, et elle bénéficiait d'une estime plus grande que Mme Dati. Pourtant, MAM a déçu en quelques jours.

Lourd héritage
Sur le fonds, elle hérite d'une situation complexe, tant l'institution judiciaire s'est braquée contre les réformes de Rachida Dati. La précédente Garde des Sceaux avait rapidement mis en oeuvre les peines planchers et la rétention de sûreté, mais la refonte de la carte judiciaire s'est réalisée sans concertation, et la situation carcérale a été complètement négligée.

Un récent rapport de l'Inspection générale des services judiciaires a révélé que 82.000 peines d'emprisonnement ferme restent en attente d'exécution. "Cette situation n'est pas acceptable" a commenté la ministre, le 20 juillet dernier. En prenant ses fonctions, MAM faisait de la situation carcérale l'une de ses priorités.

Fofana
L'affaire Fofana est une autre histoire, plus décevante de la part d'une Garde des Sceaux supposée un tant soit peu indépendante: on rapporte que Nicolas Sarkozy a été "ému" par les conditions du décès d'Ilan Halimi en 2006. Qui ne le serait pas ? Qu'un jeune homme puisse être kidnappé, séquestré, torturé puis tué par une bande irresponsable est un crime, une douleur, une incompréhension. Seulement voilà, le procès a eu lieu, et des peines ont été prononcées, peu ou prou similaire aux réquisitions de l'avocat général. La famille de la victime a protesté. Le chef de l'Etat s'est à nouveau ému et a demandé que le ministère public fasse appel. MAM a obtempéré. Pour justifier sa décision, elle invoqué le souci de "la paix publique"... Sans rire.
"Après trois jours de délibéré, la cour d'assises des mineurs de Paris a condamné vendredi soir le chef du "gang des barbares", Youssouf Fofana, 28 ans, à la peine maximale -la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de 22 ans- pour avoir enlevé, séquestré et torturé à mort en février 2006 Ilan Halimi, un jeune homme de confession juive. Ses deux lieutenants ont écopé de 15 et 18 ans, tandis que la jeune fille ayant servi d'appât a été condamnée à neuf ans, alors que 10 à 12 ans avaient été requis. Ces peines ont été jugées insuffisantes par la famille d'Ilan Halimi et les associations de lutte contre l'antisémitisme." (source)
L'affaire a depuis dérapé : non seulement le ministère public a-t-il fait appel de ce jugement, mais il a été rejoint par Youssouf Fofana lui-même. Et une enquête serait en cours contre l'avocat de la famille Halimi, Me Szpiner. Ce dernier a qualifié l'avocat général au procès, Philippe Bilger, de "traître génétique" dans les colonnes du Nouvel Observateur le 23 juillet.

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28 juillet 2009

Sarkozy fatigué, agenda bousculé, presse emballée

La presse était partagée, lundi matin, entre le malaise présidentiel et les résultats du Tour de France. Les médias se sont emballés, quelques heures durant, sur le sort du Monarque. Au point d'occulter les déclarations de Dominique de Villepin et... une nouvelle affaire fait surface.

Coup de mou présidentiel
Les chaînes d'information étaient mobilisées, avec duplex et envoyés spéciaux en prime. Lundi en fin de journée, plus d'un milliers d'articles et dépêches avaient été publiés sur le sujet. Pourtant, que sait-on ? Tout et son contraire. Philippe Cohen, sur Marianne2, a expliqué combien, loin d'être transparente, la communication élyséenne avait finalement occulté l'essentiel pendant plus heures: de quoi ce malaise de joggueur était-il le nom ? Frédéric Lefebvre, qui vient de perdre son poste de député UMP au profit d'André Santini, était-il lui aussi fatigué au point de commettre un funeste lapsus ? Lundi, il a qualifié d''accident cardiaque" le malaise dominical de son chef: "si personne ne considère qu'un accident cardiaque est une alerte, qu'est-ce qui peut être une alerte ?"
Finalement, lundi en fin de matinée, le Monarque est sorti "à pied" de l'hôpital du Val de Grâce où des médecins lui ont fait subir toutes sortes d'analyses. L'agenda a été ajusté en conséquence : le déplacement au Mont Saint Michel prévu ce mardi est repoussé sine die. Dagrouik, sur Intox2007, explique très justement que ce malaise ne ressemble pas à ce que l'on nous en raconte. En l'espace d'une journée, les médias français se sont tous inquiétés de la charge de travail présidentielle depuis deux ans, oubliant de rappeler combien l'agenda de Sarkozy s'était prodigieusement allégé depuis près d'un an. Qu'importe ! En Sarkofrance, l'image compte davantage que les faits. Mais cette fois-ci, quels que soient les efforts, l'image sportive et jeune du Monarque en a pris un coup.


Sarkozy hospitalisé : l'annonce faite aux JT
par LePostfr

Les polémiques n'attendent pas
Nicolas, de "Partageons mon avis", revient sur les propos de Dominique de Villepin. On avait failli les oublier. L'ancien premier ministre se positionne clairement en opposant de droite à Nicolas Sarkozy dans la perspective des élections de 2012. Dimanche 26 juillet, il a été très critique sur la politique du moment: "Encore faut-il que ces réformes aboutissent. Or, soit parce qu’elles sont faites à contretemps (heures supplémentaires), ou qu’il s’agit de demi-réformes (travail le dimanche, formation professionnelle, ANPE-Unedic), ou encore de réformes à un coût exorbitant (régimes spéciaux), les résultats ne sont pas au rendez-vous." Dominique de Villepin prend date, isolé mais tenace.

Autre information, autre inquiétude: vous souvenez-vous de cet homme d'affaires qui avait accueilli Nicolas Sarkozy à peine élu pour ses vacances à Wolfeboro, dans le Massachussets en août 2007 ? Robert F. Agostinelli - c'est son nom - est soupçonné d'avoir d'avoir bénéficié d'une relative clémence de la justice française. Dimanche soir, le site Mediapart lâchait l'info. Peu de retombées. La médiasphère est ailleurs. Agostinelli aurait pourtant menacé de mort un étudiant, condamné à 15 mois de prison ferme après une violente altercation avec un collaborateur d'Agostelli. Depuis, des tests ADN avaient disculpé ce dernier. Mediapart a publié sur son site un message laissé par Agostinelli sur le répondeur de l'étudiant. Les avocats du banquier crient au montage:
« Mon cher ami John, je veux que tu te souviennes de mon nom parce que tu vas t'en souvenir toute ta vie. C'est Robert Agostinelli. Et juste pour ton information, je ne lâche jamais, jamais. Comme le font les coureurs du Mississippi, sache que les chiens de chasse sont derrière toi, et ils sont très en colère, et ils sont infatigables, et ils vont transformer ta vie en une bouffée de fumée. Réfléchis à ce message parce que l'horloge fait “tic-tac”, elle fait “tic-tac” sur toi. » (source Mediapart)
Robert Agostinelli faisait partie des invités du Fouquet's, le soir du 6 mai 2007, pour fêter l'élection de Nicolas Sarkozy. Interrogé par la justice française, Agostinelli n'est pas poursuivi.

Après le Karachigate, les sondages manipulés, voici une nouvelle casserole, la troisième en quelques semaines.

27 juillet 2009

Sarkozy à bout de souffle: l'été commence mal

L'été commence mal en Sarkofrance: un président à bout de souffle, des restaurateurs qui abusent, des plans sociaux qui se poursuivent. Nicolas Sarkozy va partir en vacances pollué par l'image d'un malaise après un jogging "intense". L'échec de la baisse de la TVA sur la restauration fait jaser. Christine Lagarde appelle à la patience. Les plans sociaux de l'été font hurler. Christian Estrosi les "comprend". L'été commence mal.

Un président à bout de souffle
Dimanche, la communication présidentielle avait dû réagir. L'Elysée a été contraint de communiquer. Quelques journalistes, notamment étrangers, avaient croisé Sarkozy courant péniblement dans les bois à Versailles, près du pavillon de la Lanterne. La presse étrangère laissait fuiter l'information. Un peu après 15h, un premier communiqué, très sobre, était publié. Quelques heures plus tard, un second communiqué était à peine plus précis : «Aujourd’hui en fin de matinée, alors qu’il effectuait un jogging dans le parc du Château de Versailles, le président de la République a été pris d’un malaise. Ce malaise, qui est survenu après 45 minutes d’exercice physique intense, ne s’est pas accompagné d’une perte de connaissance. Il a conduit le Président à interrompre son effort et à s’allonger avec l’aide d’un proche. Le médecin de l’Élysée qui était à proximité a apporté les premiers soins et a prévenu les secours. Le Président a été transporté en hélicoptère à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce où des examens de contrôle sont réalisés depuis 13h45
Lundi, on apprenait que Nicolas Sarkozy a passé "une bonne nuit", après une foule d'examens médicaux. On ne sait toujours pas de quoi ce malaise était-il le nom. Les Français découvrent surtout que leur chef "jeune et sportif" est à bout de souffle. Rares sont ceux qui ont noté que Nicolas Sarkozy était pourtant souvent en vacances, congés ou week-end prolongé. Voudrait-on nous décrire un monarque hyper-actif qui en fait trop pour son pays ?

L'arnaque fiscale de la restauration
L'été, les restaurants font salle pleine. Effective depuis le 1er juillet, la baisse de 19,6% à 5,5% du taux de TVA sur la restauration devait s'accompagner de trois contre-parties : une baisse des prix, des embauches et une augmentation des salaires du secteur. Sur ces deux derniers points, il est évidemment trop tôt pour mesurer les effets de la mesure, d'autant que la période estivale est habituellement synonyme de forte activité dans les bars et restaurants en France. En revanche, le prix des plats n'a que peu évolué, certains établissements se contentant même de signaler les quelques mets bénéficiant d'une baisse. Et le reste de la carte ?

Le coût de cette mesure est de 2,5 milliards d'euros pour le budget de l'Etat. C'est quatre fois supérieur au coût des nouvelles franchises médicales... La semaine dernière, la ministre de l'économie affichait sa patience...



Christian Estrosi, girouette industrielle

Autre super-actif de Sarkofrance, le ministre de l'Industrie veut être présent sur le terrain. Il avait vendu à ses électeurs niçois en mars 2008 qu'il serait un maire à temps plein. Manque de chance pour Nice (?), il a changé d'avis à peine un an plus tard. En rejoignant le gouvernement, à nouveau, en juin dernier, il se veut aussi "ministre à temps plein." Du coup, on le voit sur le "terrain" à peu près tous les jours. Le 9 juillet dernier, il était à 4 heures du matin au centre de tri postal de Wissous (Essonne). Les 26 et 27 juillet, il se rend à l'usine d'Alstom de Charente Maritimes. En septembre, il a prévu de partir en Ecosse sur une plate-forme pétrolière de Total.

Vendredi matin, Alcatel-Lucent annonce son troisième plan social en 8 mois. . Entre 2000 et 2005, l'entreprise a perdu la moitié de ses effectifs mondiaux (soit près de 60 000 postes). En 2006, elle fusionne avec Lucent, et près de 16 500 postes sont à nouveau supprimés dans la nouvelle entité. Début 2009, le nouveau management annonce 1000 suppressions de postes de cadres et l'externalisation de plusieurs services. En France, les salariés ont accepté la suppression de leur 13ème mois. Vendredi, donc, Estrosi ne comprend pas et joue la girouette : le matin, il s'inquiète du plan de suppression de 850 emplois d'Alcatel-Lucent. Quelques heures plus tard, il publie un communiqué laconique: "Satisfait de la franchise de l'échange et des solides assurances qu'il a reçues, le ministre propose qu'une réunion se tienne sous son égide à Bercy avec les représentants des salariés afin d'évoquer plus précisément leur situation". Qu'en est-il vraiment ? Estrosi critiquait les annonces de délocalisation, alors que l'entreprise bénéficie d'aides publiques. Il a été rassuré : aucune délocalisation n'est prévue.

L'été commence mal.

Sarkozy est mort sur Twitter

Quand la nouvelle est tombée que Nicolas Sarkozy avait fait un malaise après un exercice sportif, les commentaires sont allés bon train, sur Twitter.

Exemples, à prendre avec humour.

Juan
Sarkofrance : #SarkoDead: Jean Sarkozy revient précipitamment des Seychelles où il avait organisé un séminaire de l'UMP Hauts de Seine
Dagrouik
dagrouikRT @ump_news Jean-François Copé est arrivé en helicoptère de Meaux

Vogelsong
Vogelsong : STP meurt pas, on va s'emmerder...
jon
blogiboulga : RT @Sarkofrance: Sarko Dead, Carla devient régente. Guaino est Mazarin. (via @marcvasseur)
Rubin Sfadj
RubinLiked "Comment expliquer le succès français de Friendfeed ? - Rubin Sfadj" http://ff.im/-5HeKL
Juan
Sarkofrance#SarkoDead: les ventes de Barbelivien explosent sur iTunes. Bercy est réservé pour un enterrement-concert "La France d'Après"
Juan
Sarkofrance #SarkoDead: mon ami sarkozyste écoute Barbelivien à fonds.

Dagrouik
dagrouikRT @villepin haha et le crochet de boucher , tu le sens hein ?
Juan
Sarkofrance: #SarkoDead: les blogs Sarkofrance s'arrêtent, dimanche 26 juillet 2009, à 15h55. Merci à tous, et surtout à Lui.
marcvasseur
marcvasseur@Vogelsong ben moi ça ne dérangerait pas qu"il devienne une icone si ça peut stopper la casse du pays...
emachedé
blogcpoliticRT @IMtheRookie: RT @voilavoila: Nicolas Sarkozy est trop jeune pour mourir, mais trop court pour courir.

Leonardo di MorissetDrMorissetIcon_lockrappelle que si sarkozy décède, c'est jean-pierre raffarin le nouveau président de la france
Agnès MaillardMonolecteIcon_lockRT @StevenJambot Flash spécial par Marie Drucker sur France 2 : "il serait revenu à son état normal" looool | Là, c'est vraiment affreux!

flashpolitiqueUn hélicoptère militaire a été vu dimanche circulant au-dessus de Versailles


Valerio MottavaleriomottaMalaise à Versailles, hospitalisation probable au Val de Grace.
DagrouikdagrouikLa vidéo officielle est déjà prète ! http://sn.im/nzo5d [www_dailymotion_com]
JuanSarkofranceSarko Dead, premières réactions sur Twitter. Aïe, c'est du lourd. http://bit.ly/yO4ok
fabienthomasFlash special sarko malade sur france 2

François GombertFrancoisGIcon_lockSarkoco va t'il faire planter Twitter ?
Thierry CrouzetcrouzetSakozy dans les pommes ! Est-ce que les blogueurs à la con ont commencé à se jeter sur cette info déjà diffusée par l'AFP !
DagrouikdagrouikRT @senat_alert Le president du Sénat se rend au conseil constitutionnel

emachedéblogcpoliticL'express.fr annonce "Grand sportif, le chef de l'Etat pratique notamment la course à pied et le vélo." Est ce compatible avec ses bourlets?

Nicolas VoisinnicolasvoisinMichael Jackson très ému par la mort de Nicolas Sarkozy / l'Elysée demande à Twitter de reporter une mise à jour [désolé - bis]
Luc MandretLucMandreton annonce que Jean Sarkozy s'apprêterait à reprendre le flambeau.

flashpolitiqueSelon une source gouvernementale, Nicolas Sarkozy se trouvait dans sa résidence de la Lanterne à Versailles lors de son malaise.

MonolecteIcon_lockRT @nicolasvoisin OFFICIEL : Nicolas Sarkozy est mort sur Twitter, dimanche 26 juillet 2009 à 15h11 http://bit.ly/kzo04 | Mouhahahahahahahah

marcvasseurEst ce que Sarkozy testait la gourde de Armstrong ? quand on n'est pas habitué ça doit faire un chose

Leonardo di Morisset
DrMorissetIcon_locknicolas sarkozy aurait eu un malaise aux toilettes, tout bêtement. mais on veut un président "sportif" en france...
Alex Hervaud
AlexHervaudJackson est mort pendant que je matais Duel au Couteau, de Mario Bava.. Sarko trépassera-t-il pendant Harry Potter? Réponse dans 3h.
Nicolas Voisin
nicolasvoisinOFFICIEL : Nicolas Sarkozy est mort sur Twitter, dimanche 26 juillet 2009 à 15h11 http://bit.ly/kzo04 [désolé]
Alexandra Giroux
olenkaIcon_lockNicolas Sarkozy tuera-t-il Twitter comme Michael Jackson ou bien un simple malaise ne suffira-t-il pas ?
Valerio Motta
valeriomottaHum. Si ça tournait mal, mal, serions nous prêts ?
Richard Ying
RichardYingIcon_lockLe couple Bruni-Sarkozy attend un enfant ? RT @LucMandret: Sarkozy a fait un malaise : http://bit.ly/UhR5a
Martin Vidberg
VidbergNicolas Sarkozy vicitime d'un malaise alors qu'il faisait son sport matinal. (Le sport, c'est mal, je le savais)
Camille Jourdain
camj59Le malaise de Sarkozy est plutôt surprenant, non ?
Flash-Politique
flashpolitiqueFlash Spécial dans quelques instants sur France 2 avec Marie Drucker.

Juan
Sarkofrance#Sarkozy : Sarko, malaise, sobre: http://bit.ly/yO4ok
Agnès Maillard
MonolecteIcon_lock@marcvasseur Attends, rien ne dit qu'il va s'en sortir [mode charognard on]
Rubin Sfadj
RubinLiked "Sarkozy a fait un malaise : http://bit.ly/UhR5a" http://ff.im/-5JOvw
marcvasseur
marcvasseurmerde on a failli avoir une icone avec sarkozy mort

26 juillet 2009

Sarkozy victime d'un malaise


Il est 15 heures 04, l'Elysée publie un communiqué très sobre:

"Alors qu’il faisait du sport, le Président de la République a eu aujourd’hui un malaise. Il a été immédiatement pris en charge par son médecin. Il subit actuellement des examens complémentaires.

D’autres informations seront communiquées ultérieurement."


Réaction sur Twitter, immédiate et sans contrôle.