12 juillet 2009

C'est dimanche, Sarkozy et les députés UMP ne travaillent pas

La belle affaire ! Vendredi 10 juillet, les députés ont cessé de débattre sur le projet de loi relatif à l'extension du travail dominical. Et ils ne se reverront que mercredi 15 juillet pour la séance de question au gouvernement... à 15H. Un joli pont de 4 jours en perspective. Pour Nicolas Sarkozy, le timing fut parfait : début juillet, la mobilisation sociale risquait d'être inexistante. Elle le fut. De surcroît, le nouveau règlement de l'Assemblée Nationale qui plafonne le temps du débat a permis au gouvernement d'étouffer toute contestation naissante: ce "temps législatif programmé" n'a laissé aux députés de l'opposition que 19 heures et 50 minutes de parole. Difficile, dans ces conditions, d'alerter une opinion distraite par les vacances scolaires et les soldes.

Vendredi, les députés ont donc adopté le texte, qui se résume à quatre articles. Deux catégories de zones pourront être ouvertes au travail le dimanche :

Pour les communes touristiques, où le travail le dimanche peut être "de droit", aucune contrepartie (repos compensateur, majoration de salaires) n'est obligatoire:
"Dans les branches couvrant des commerces ou services de détail et dans les commerces ou services de détail, où des dérogations administratives au repos dominical sont applicables, les organisations professionnelles ou l’employeur, d’une part, et les organisations syndicales représentatives, d’autre part, engagent des négociations en vue de la signature d’un accord relatif aux contreparties accordées aux salariés privés de repos dominical lorsque la branche ou l’entreprise n’est pas déjà couverte par un accord."
(...)
"les établissements de vente au détail situés dans les communes d’intérêt touristique ou thermales et dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle ou d’animation culturelle permanente peuvent, de droit, donner le repos hebdomadaire par roulement pour tout ou partie du personnel."
(source).
Pour les "périmètres d'usage de consommation exceptionnelle" (ou PUCE), le travail dominical devra faire l'objet de compensation obligatoire.

Nicolas Sarkozy ne travaillera pas non plus dimanche 12 juillet. Il travaille d'ailleurs rarement le dimanche. Mais cette fois-ci, il ne fait pas le pont. Il a convoqué son gouvernement lundi 13, pour un conseil des ministres à 10H. Et le 14, c'est défilé, garden party et concert "gratuit" de Johnny Halliday à Paris. A propos, ce concert n'est pas gratuit pour tout le monde. Johnny Halliday, l'ami du Président, serait rémunéré à hauteur de 500 000 euros pour cette prestation "exceptionnelle", et le budget total de l'opération est annoncé à environ un million d'euros. Comme l'écrivait l'hebdomadaire Marianne la semaine dernière, il est quelque peu curieux de voir l'argent du contribuable rémunérer un chanteur, fusse-t-il populaire, réfugié fiscal en Suisse...

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2 commentaires:

  1. Et oui, par ce qu'en suisse , Jaunie pour garder son rang de vampire fiscal, ne doit pas travailler et se faire rémunérer. Un drame pour lui!

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