21 juillet 2009

Hirsch s'impatiente, Besson fait patienter

Dans les colonnes du Journal du Dimanche du 19 juillet 2009, Martin Hirsch s'énerve ... contre le gouvernement ! Il est furieux. "Je ne fais jamais de chantage à la démission, ni par voie de presse ni en privé. Ce n'est pas mon style, mais je ne suis pas là pour regarder les choses ne pas se faire."

Hirsch a peur d'être oublié.
Le coup de semonce est venu de l'Assemblée.
Martin Hirsch voulait interdire les stages hors cursus scolaire. Mais le gouvernement n'a pas voulu intégrer cette interdiction dans la loi sur la formation professionnelle. Un amendement socialiste a été rejeté sur le même sujet. Hirsch fulmine: "le gouvernement auquel j'appartiens a refusé à ce stade de traduire cette disposition dans une loi! Ce n'est pas très respectueux des partenaires sociaux qui ont pris des risques."

Plus globalement, Hirsch ne comprend pas le silence gouvernemental sur les propositions de sa commission.
Pourquoi cette inquiétude si vous vous sentez en phase avec le Président?
Inquiet, non, mais je me méfie du silence. Je serai plus serein quand le président de la République et le Premier ministre salueront l'attitude des partenaires sociaux et des associations qui ont réussi à converger vers des propositions communes et affirmeront qu'ils ont entre les mains les fondements d'une nouvelle politique de la jeunesse.


Nicolas Sarkozy ou François Fillon vous ont-ils clairement dit de renoncer à certains de vos coûteux projets?
Ils ne m'en ont pas parlé depuis que la commission a remis ses travaux. Mais on me laisse entendre que le Président ne serait plus favorable au principe d'une dotation comme levier de l'autonomie alors qu'il y a deux mois lors d'une réunion de travail, il me semblait qu'il l'encourageait...
Le Haut Commissaire à la Jeunesse a raison d'être méfiant. Fadela Amara, sa collègue à la Ville, a fait l'amère expérience d'être un gadget d'ouverture. Son Plan Espoirs Banlieue, annoncé en février 2008, s'est révélé décevant, et oublié. Valérie Pécresse, son autre collègue à l'Enseignement supérieur, a découvert ce lundi les accusations de l'UNEF sur les frais d'inscription universitaire : 29 universités sur 80 les auraient augmenté d'un montant supérieur à celui défini par le ministère. Si ce fait est confirmé, la ministre est bien ignorante. Elle a annoncé qu'elle attaquerait en justice les contrevenants. La jeunesse est-elle à ce point sortie des préoccupations gouvernementales ?

Eric Besson fait patienter
Le nouveau Besson est arrivé. Le 13 juillet dernier, le ministre a déclaré qu'il saisissait la justice contre la SNCF dans l'affaire des vigiles sans-papier de la société Vigimark. En novembre dernier, Libération avait publié une enquête révélant que des dizaines de maîtres chiens et vigiles travaillant à la surveillance des gares parisiennes sont en fait des sans-papier. L'occasion est trop belle. Le ministre veut faire un exemple. Il ey a des soupçons de filières d'immigration clandestine. Il a confirmé aux syndicats SUD RAIL qu'il ferait régulariser "certains" des sans-papiers concernés. On s'étonnera qu'il ait fallu plus de 8 mois de mobilisation collective pour en arriver là. Besson lui-même n'aurait été informé de la situation ... que le 24 juin dernier, interpellé par des représentants de SUD Rail.

Vendredi dernier, le ministre se montrait à nouveau son un joli jour. Tout sourire, Eric Besson a reçu 24 associations d'aide aux sans-papiers, pour la première des réunions de concertation que le ministre veut tenir avec ces organisations. Il a commencé par nier, une nouvelle fois, l'existence d'un "délit de solidarité": "A la demande de plusieurs des associations qui participent à cette première réunion, l’ordre du jour sera consacré à la question du prétendu « délit de solidarité »"

Eric Besson leur a fait trois propositions :
1. ajouter les «travailleurs sociaux et médico-sociaux» à la liste des personnes exemptes de toute poursuite telle que définie dans l'article L622-4 du code de séjour des étrangers. Les bénévoles des associations humanitaires ne sont pas concernés par cette avancée. Pour mémoire, cet article précise que sont exemptés de poursuites les membres de la famille du sans-papier ou toute personne aidant un sans papier en situation de danger "imminent".
2. "préparer une circulaire qui encadrera les conditions d'intervention des forces de l'ordre", afin de protéger de toute intervention policière "les lieux où sont soignés, alimentés, hébergés les personnes en situation de détresse"... "en dehors bien entendu des opérations ordonnées par la Justice". Bien entendu. Il faudra attendre la rentrée de septembre pour que la rédaction de cette circulaire soit entamée... Encore quelques mois de patience...
3. "lancer l’élaboration d’un guide à destination des bénévoles et des salariés des associations humanitaires, leur permettant de mieux identifier les risques qui s’attachent aux filières d’’immigration clandestine." Une mesure d'affichage a priori inutile pour des bénévoles d'associations.

L'attitude conciliante du ministre n'est pas nouvelle: quelques concessions et clémence symbolique ne change pas une politique d'ensemble. De surcroît, ces mesures sont surtout de l'affichage : les citoyens bénévoles ne sont pas plus protégés qu'avant; on va écrire d'ici "quelques mois" une circulaire pour préciser aux policiers de l'Identité Nationale d'éviter certains lieux sensibles; ainsi qu'un "guide" pour ceux des bénévoles qui n'auraient pas compris la loi.

Alors, heureux ?

RESF nous rappelle que Rodriguez-Aysama, père de 4 enfants scolarisés, est menacé d'expulsion vendredi 24 juillet et que Juan Ronel San Louis, père de deux enfants nés en France, est détenu en Centre de Rétention depuis le 2 juillet.

Le Gisti tient à jour sa liste des aidants poursuivis pour délit de solidarité.

Lire aussi:

2 commentaires:

  1. L'hebdomadaire Auto Plus dénonce, dans son édition du mardi 21 juillet, "des manies dispendieuses" de l'Etat à propos des "dépenses publiques concernant l'automobile au sens large".

    Dans son article "Malgré la crise, l'Etat flambe encore", le magazine affirme que "l'argent est souvent dilapidé" et que "nombreux sont les cas de gaspillage ou d'abus manifestes". Il cite l'exemple du nouveau ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux qui, dès son arrivée place Beauveau, a commandé deux Citroën C6 toutes options pour quelque 100.000 euros, alors que deux modèles identiques étaient déjà à disposition du ministère mais dont le cuir des sièges était usé...

    "On lève le pied sur les dépenses, un peu partout. Sauf du côté de l'administration", critique Auto Plus.

    Par ailleurs, l'hebdomadaire affirme que "dans la plupart des grandes administrations", notamment le Sénat et l'Assemblée nationale, les chauffeurs font le plein "dans les stations-services les plus chères de la capitale", celles du centre de Paris.

    Le magazine dénonce encore une "absence de concurrence" dans les marchés d'essence qui "fait grimper la note" pour des mairies, collectivités locales et organismes publics.

    Enfin, un journaliste d’Auto Plus a surpris un ballet de berlines officielles à la station de lavage. Les chauffeurs font laver des voitures déjà impeccables pour acquérir des points cadeaux.

    "La crise... Quelle crise ?" conclut le journal, rappelant au passage les prévisions de la Cour des Comptes sur les dépenses publiques.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090721.OBS4879/letat_dilapide_largent_public_pour_ses_voitures.html

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