19 juillet 2009

Sarkofrance 2.0: cyber-paresseux ou réels communicants


20minutes s'est amusé à répertorier ces membres du gouvernement actifs sur le Web. Blogs semi-perso, fan-clubs sur Facebook, confessions express sur Twitter, les dirigeants de Sarkofrance se pensent modernes en existant sur le Web 2.0. Pourtant, le web 2.0 est un danger pour les grands qui nous gouvernent, un espace où le moindre écart est buzzé sans contrôle. A lire les confidences naïves de Laurent Wauquiez, on mesure plus facilement la distance qui existe entre lui et la réalité. Sur le Web, les dirigeants apparaissent nus.

L'explication va de soi: les réseaux sociaux exigent un minimum de sincérité personnelle, une démarche inaccessible pour qui veut contrôler son image. Résultat : nos hommes et femmes politiques se servent de ces outils comme d'une usine à dépêches, une façon de publiciser le moindre de leurs déplacements.

Nicolas Sarkozy a enjoint l'UMP de s'investir encore davantage sur le Web 2.0. La réussite de la campagne présidentielle de Barack Obama l'inspire. Sur le Web, Nicolas Sarkozy n'a aucune chance. Au mieux, il fournira davantage d'arguments à ses opposants. Grâce à sa Web TV élyséenne, aucun bon mot, aucun dérapage, aucune tartufferie ne nous échappent. Mon estimé confrère Kropotkine, qui anime La Rage Au Ventre, y trouve sa matière quotidienne.

A surfer sur les comptes de nos gouvernants, on mesure la vacuité de l'exercice. Rares sont ceux qui s'essayent à la confrontation. Twitter, Facebook ou les blogs sont pour eux des vitrines de magasins devant lesquelles les citoyens sont censés circuler sans s'exprimer trop durement. A quoi bon ?

Nathalie Kociusko-Morizet
Fonction oblige, la secrétaire d'Etat au numérique est présente sur Twitter, sur Facebook, et sur le blog de sa mairie. Elle veut la jouer sincère, provoquer les réponses à ses billets, s'afficher interactive. Samedi 11 juillet, la secrétaire d'Etat était au concert de U2, ce qui nous a valu un étonnant: "La scène du concert U2 au stade de France est juste incroyable. C est une pieuvre geante vert anis!", ou encore : "Au concert de U2 ce soir au stade de France. Any twitterer in the place?". Saur Facebook, ele a révélé sa grossesse. A-t-elle à dire quelquechose sur la précarisation du pays, toute secrétaire d'Etat à la Prospective qu'elle est ?

Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement dispose d'une page perso (il aime la plongée sous-marine, a-t-il écrit), et d'un compte sur Twitter. Il n'a pas parlé de son logement personnel HLM qu'il a rendu l'an dernier. On peut même douter qu'il alimente lui-même le plus personnel des réseaux sociaux, Twitter. A moins qu'il ne parle de lui à la troisième personne, comme le 3 juillet dernier : "Benoist APPARU est l'invité du 19/20 Champagne-Ardenne ce vendredi 3 juillet à 19 heures. : - Revue de Presse .. http://tinyurl.com/lxrlaf". Benoist Apparu ne suit personne sur Twitter. Une incohérence ?

Rama Yade
, secrétaire d'Etat aux Sports avait rapidement ouvert une page personnelle sur Facebook. Son blog est plus intéressant, l'un des rares où cette icône de la diversité au gouvernement Sarkozy s'exprime de temps à autre avec franchise dans les commentaires. La page de présentation est écrasée par une citation de ... Charles de Gaulle. Quand elle publie son discours d'entrée au secrétariat aux Sports, la sincérité tombe à l'eau: "J’ai également eu le grand plaisir, grâce à eux (NDR: Sarkozy et Fillon), de porter, à travers la promotion des droits de l’homme dans le monde, la voix de la France. C’est-à-dire le meilleur de nous-mêmes, le meilleur de notre chère France, les valeurs humanistes qui font la France éternelle, ce qui fait notre identité profonde, ce qui fait que la France ne serait pas la France sans cela." Pas un mot sur Khadafi, la poursuite de la Françafrique, les JO de Pékin ou les embrassades avec Poutine.

Christian Estrosi
, ministre de l'industrie, a sa web-TV, à l'instar de Nicolas Sarkozy. Et comment s'appelle-t-elle ? Estrosi-TV, disponible sur son site. Sur Facebook, ou sur son site, on se croirait chez Ceaucescu, un exercice impeccable de communication .

François Fillon
, premier ministre, tient depuis longtemps son blog et sur Facebook. Il a avoué être un vrai "nerd" fan de nouvelles technologies. Son blog est un exercice maîtrisé.

Laurent Wauquiez
, secrétaire d'Etat à l'Emploi, twitte beaucoup, et on s'amuse.
Sur Twitter, et sur Facebook, il a un profil personnel. Sur Twitter, Laurent Wauquiez nous livre des perles: "départ pour Beauvais pour mobiliser les chefs d'entreprise sur les mesures jeunes", ou encore: "je réunis les directeurs régionaux de Pôle emploi pour préparer la rentrée". Pour lui, Twitter est un déversoir à banalités gouvernementales.

Luc Chatel,
porte-parole du gouvernement et ministre de l'Education Nationale, a un compte ouvert sur Facebook et, évidemment, une web-TV. Son compte Twitter serait un Fake.

Eric Besson, ministre de l'identité nationale, a rapidement créé sa Web-TV, dès son arrivée au ministère de l'immigration en janvier dernier. Le soufflet est vite retombé. Depuis la fin janvier, le site n'est plus mis à jour.

Le nouveau ministre de la Culture et de la Communication n'a pas encore d'identité numérique. A l'inauguration des Francopholies de la Rochelle, vendredi 10 juillet, il a pris cette lacune avec humour: à la question "Twittez-vous ?", il a répondu qu'il savait envoyer des SMS avec son téléphone...

7 commentaires:

  1. Que veut dire " Son compte Twitter est un "Fake" " ?

    Merci

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  2. * Un fake, Sur les forums ou les chats de discussion, une personne qui prend l'identité d'une autre personne (nom, adresse, image etc.) souvent par sentiment d'infériorité ou pour se valoriser auprès des tchateurs environnants. Ou encore qui poste de fausses informations.
    * Un fake désigne une information fabriquée, comme la sortie de quelque chose, ou l'invention pur et simple.

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  3. merci à Ombr2oo1 d'avoir répondu aussi promptement !

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  4. Un article hilarant ! A pleurer de rire ! Lisez cet article :

    « Regardez Carla Bruni-Sarkozy, belle de scène.

    Vidéo : à New-York, la première dame était dans l’angoisse et dans le vent.

    Happy Birthday, Mister Mandela… Carla Bruni-Sarkozy a exceptionnellement quitté samedi son habit de First Lady pour revêtir sa panoplie de rock star lors d’un concert caritatif en plein cœur de Manhattan.

    Oublié l’épouse top-model en retrait, la parfaite hôtesse de l’Elysée, c’est la chanteuse traqueuse qu’on a vu faire son show aux Etats-Unis. Contre toute attente, et devant de centaines de milliers de personnes, notre belle «ambassadrice mondiale pour la protection des mères et des enfants contre le Sida» a pu gratter sa guitare.

    Récit de sa première prestation en public depuis que Carla l’artiste a épousé Nicolas Sarkozy.

    No Promises. Carla Bruni-Sarkozy avait annoncé après son union au chef de l'Etat, en février 2008, renoncer aux tournées. «Je pourrai faire des télévisions», mais pas «de scène parce que je ne peux pas me permettre d'entraîner une infrastructure de sécurité qui, dans mon esprit, est choquante», confiait-elle à Libération.

    «Je recommencerai à faire des concerts lorsque mon mari ne sera plus président de la République», assurait la belle Méditerranéenne. Nicolas est toujours là, et Carla s’est produite le 18 juillet devant un parterre de stars, dont son cher époux, à l’occasion du Mandela Day.

    Notre First Lady avait renoncé au public «pour des raisons évidentes de logistiques». Mais lorsque son ami, Dave Stewart, ancien membre du groupe Eurythmics, l’a sollicitée pour un duo lors de la Journée Mandela, c’est son cœur de rockeuse, et pas sa raison de «femme de», qui a parlé. Carla l’inspirée s’est (re)prise à rêver de fantaisie en sous-sol, de nuits blanches à composer, et de bœufs entre potes…

    Hier, une heure après le début du concert dans la mythique salle art déco du Radio City Music Hall, ouvert par un retentissant I Will Survive interprété par Gloria Gaynor, c'était au tour de Carla Bruni et de son comparse Dave Stewart de monter sur scène. Le duo, annoncé par l'acteur Forest Whitaker, qui a introduit « la première dame de France», a été applaudi chaleureusement par une salle comble.

    Pantalon, débardeur et veste cintrée noirs, très sobre, l'ancien mannequin a interprété le succès qui l’a révélée, « Quelqu'un M'a Dit ». S'exprimant à merveille en anglais, notre crooneuse de charme a présenté sa ballade comme «une petite chanson française, très bien pour danser, et très bien pour rêver».

    Carla Bruni-Sarkozy a ensuite entonné un classique de Bob Dylan : « Blowin in the Wind ». Et je peux vous dire, mes amis, qu’avec son timbre plus grave et rauque qu’à l’habitude, la ravissante First Lady essayait de cacher son trac et les trémolos de sa voix.

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  5. Suite de cet article culte :

    Son compagnon de scène, Dave Stewart, avait d’ailleurs affirmé la veille au Telegraph que Carla était très «excitée» et «nerveuse». «Elle pense que cela va être formidable et il lui tarde d’y être», avait ajouté l’ex-moitié d’Annie Lennox, pour se rattraper.

    Ses cheveux dans le vent, Carla n’en menait pas large. Mais ses mélodies interprétées avec humilité et émotion ont conquis la salle, surtout un certain Nicolas Sarkozy, installait dans les premiers rangs. Le Président était en admiration devant son épouse. Il a suivi sa prestation avec une joie non dissimulées et l’a applaudie à tout rompre.

    Evidemment, Carlita avait dû convaincre son petit mari... Mais Nicolas Sarkozy n’a pas résisté longtemps aux velléités humanitaires de sa dulcinée. Quel bonheur pour notre showgirl retirée de faire se rencontrer son éternelle passion pour la musique et son nouvel engagement socio-politique.

    Plus qu’un concert, c’était un hommage et une œuvre en faveur de la mémoire collective auxquels il s’agissait de participer. 46664 fut le numéro d'immatriculation du prisonnier Nelson Mandela (incarcéré 27 ans pour s’être opposé au régime ségrégationniste) et c’est aujourd'hui une œuvre de charité mise sur pied pour lutter contre le SIDA, le cheval de bataille de Carla.

    Le temps d’une soirée, notre belle engagée a côtoyé des personnalités comme Susan Sarandon et Matt Damon, partagé l’affiche avec une kyrielle de vedettes américaines et africaines comme Aretha Franklin, Queen Latifah, Cyndi Lauper (grande fan de notre rockeuse de l’Elysée), Jesse McCartney, Josh Groban et Wyclef Jean, Alicia Keys ou encore Will.i.am des Black Eyed Peas. Elle a rejoint Stevie Wonder, pour le Happy Birthday repris en chœur.

    Carla la militante a retrouvé la joie des répét’, la chaleur des backstages et le son des basses qui la faisait vibrer… Et si son élégance et sa distinction force la comparaison avec Jackie Kennedy, c’est à Madonna et à Angelina Jolie, qu’on a pensé, cette fois ci.

    http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/regardez_carla_bruni-sarkozy_belle_de_scene_183998#

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  6. La phrase que je préfère dans cet article culte :

    " Evidemment, Carlita avait dû convaincre son petit mari... "

    Je pleure de rire !

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