14 août 2009

La crise est finie, rendormez-vous.


La crise est finie en Sarkofrance. Nicolas Sarkozy a réussi. Il bronze toujours au Cap Nègre, mais la crise est finie. Les 4 millions de chômeurs qui pointent au pôle emploi en sont ravis. Les salariés de Molaix, NewFabris, Renault, ou Sanofi-Aventis aussi.
"L'UMP note avec une grande satisfaction la croissance retrouvée du PIB au deuxième trimestre de cette année dans notre pays.Ce résultat dû très largement aux effets de la politique gouvernementale de soutien à l'économie, à travers notamment le plan de relance, démontre la justesse des choix réalisés par la majorité présidentielle"
Communiqué de l'UMP, jeudi 13 août 2009.
Au second trimestre, le produit intérieur brut français a cru de +0,3%. Grâce à qui ? Sarkozy, pardi ! le pauvre Patrick Devedjian, éphémère ministre de la relance, ne sait plus quoi dire. Jeudi 13 août sur France Info, il expliquait que l'essentiel du "plan de relance" allait être dépensé ... au second semestre. Au 26 milliards d'euros de grands travaux se sont ajoutés 28 milliards de dépenses supplémentaires des collectivités locales. 54 milliards à dépenser d'ici décembre. C'est trop tard mon gars ! La crise est finie !
"C'est un chiffre évidemment très positif qui nous surprend et qui nous réjouit"
Christine Lagarde, jeudi 13 août 2009.
Plus sérieusement, la France résiste, encore et toujours, grâce au modèle que notre Monarque voulait détruire: la consommation des ménages s'en tire toujours relativement bien (+0,3%), et tire la croissance. Près de la moitié des revenus des Français n'ont pas été affectés par la récession, grâce à tous ces filets sociaux avec lesquels Nicolas 1er voulait rompre : retraites par répartition, indemnités chômage, fonction publique, assurance maladie, allocations familiales, etc. Les ménages ont délaissé l'investissement (pour preuve, la chute du marché immobilier), et largement profiter de la baisse de l'inflation, quasi-réduite à zéro depuis des mois. Dans une interview au Figaro le 14 août, Christine Lagarde se fécilite de ce "regain" de pouvoir d'achat pour lequel son gouvernement n'est pour rien: "C'est l'un des effets positifs du ralentissement de l'inflation en début d'année, qui a conforté leur pouvoir d'achat."
La seconde raison à cette reprise trimestrielle est à trouver du côté des exportations, modestement tirées par l'égale reprise de nos voisins allemands (+1,0%). L'investissement ("nos emplois de demain") a reculé encore de 1%, exception faite de l'investissement public (un timide +0,1% grâce à 'l'énorme' plan de relance sarkozyen). Enfin, personne n'oubliera que les seules mesures sociales de Nicolas Sarkozy depuis le début de la crise "officielle" en septembre dernier ont été réalisées sous la contrainte: en janvier dernier, la forte mobilisation sociale avait conduit Sarkozy à lâcher 2,6 milliards d'euros de soutien à la demande (comme la suppression d'un deuxième tiers de l'impôt sur le revenu pour la première tranche de ménages imposables, qui aurait, d'après Christine Lagarde, permis "d'injecter 1 milliard d'euros directement dans la consommation")

Eclair de lucidité aoûtienne : jeudi, Patrick Devedjian ne prévoyait aucune amélioration de l'emploi avant ... 2011.

4 commentaires:

  1. Comme quoi une relance par la consommation aurait été efficace... Et comme pour l'annonce des chiffres du chômage de Juin, on parle de bonne nouvelle, de sortie de crise, alors que les prévisions pour la fin de l'année ne sont pas bonnes. En fait, dès que l'occasion se présente de tirer la couverture à soi, ce gouvernement ne la loupe pas.

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  2. Au total 74.100 postes ont été détruits dans les secteurs marchands après 168.400 au premier trimestre.

    "L'atténuation de la baisse est surtout imputable à la stabilisation de l'emploi intérimaire", précise l'Insee dans un communiqué.

    Sur un an, le nombre de destructions d'emplois atteint 401.400, soit un recul de - 2,5 % de l'emploi salarié avec 15.647.000 personnes occupées.

    Dans l'industrie, la contraction de l'emploi s'est accentuée de nouveau (- 1,6 %, après - 1,3 % au premier trimestre), indique l'Insee.

    Au deuxième trimestre, l'emploi industriel a baissé de 55.300 postes, et de 149 000 postes sur un an.

    http://www.lesechos.fr/info/france/reuters_00174659-france-la-baisse-de-l-emploi-salarie-marchand-s-attenue-au-2e-trimestre.htm

    Quant aux mois de septembre et octobre 2009, la France va connaître un bordel généralisé.

    L'état de désorganisation de la France sera inédit : les écoliers, les collégiens, les lycéens resteront chez eux.

    La seule chose que le gouvernement ne nous a pas expliquée : qui gardera les écoliers ?

    Qui gardera les collégiens ?

    "Si nous étions amenés à prendre la décision de fermer les écoles, le but ce n’est pas de recréer des lieux de garderie pour les enfants où on les exposerait de nouveau au virus", a répondu Luc Chatel, mercredi sur Europe 1. Pour le ministre de l’Education, la solution est à trouver dans la "solidarité familiale", l’espace de "quelques semaines".

    http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Sante/Grippe-A-fermer-les-ecoles-une-fausse-bonne-idee/(gid)/236735

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  3. Le souci est que cette crise économique est venue notamment des Etats Unis et du secteur bancaire qui prêtait de façon plutôt immorale en sachant très bien que beaucoup ne pourraient pas rembourser.
    Cet aspect là est-il vraiment réglé ?

    Les sociétés vivent pour la plupart sur de l'argent virtuel.
    Est-ce que ça va pouvoir durer encore longtemps ainsi ?

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  4. La confiance du consommateur a plombé Wall Street.
    Wall Street a terminé en baisse vendredi 14 août, plombée par une mauvaise statistique de confiance du consommateur américain.
    L'indice de confiance du consommateur Reuters/Université du Michigan est ressorti à 63,2 en première lecture en août contre 66,0 en juillet et 68,5 attendu.
    "On nourrit de sérieux doutes sur la solidité d'une reprise qui se ferait sans le consommateur", commente Stephen Massocca (Wedbush Morgan).
    "L'une des raisons pour lesquelles la donnée de la confiance du consommateur a glissé est peut-être que la statistique s'est focalisée davantage sur l'emploi et les salaires, des éléments qui retiennent le consommateur dans la conjoncture actuelle", constate Michael Sheldon (RDM Financial).
    "La statistique du sentiment renvoie aux ventes au détail d'hier, qui étaient décevantes ; elles-mêmes renvoient aux chiffres du chômage. La confiance du consommateur ne s'améliorera pas tant que le chômage ne baissera pas", dit Chad Morganlander (Stifel Nicolaus).
    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=83eaf7cf53fef27737d7e06de2fff175


    Comme d'habitude, il y a un gouffre entre :

    - la propagande des dirigeants politiques, des banquiers, des économistes, des prévisionnistes

    - et l'économie réelle.


    A partir du moment où les fondamentaux de l'économie réelle sont désastreux (faillites, licenciements, chômage, ...) comment voulez-vous que l'indice de confiance des consommateurs augmente ?

    Les prévisionnistes qui prévoyaient une hausse de confiance du consommateur américain viennent encore une fois de se ridiculiser.

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