13 août 2009

Les ministres de Sarkozy s'agacent

Nicolas Sarkozy est toujours à la plage. Ses ministres s'agacent de la réalité. Hortefeux s'écharpe avec sa propre administration. Et Luc Chatel prévoit le pire dans les écoles quand viendra la Grippe A.

Bronzez tranquille.

Police, le contingent insuffisant
Il est un secret en Sarkofrance: celui des effectifs de police. On a beau le répéter, la presse relaye rarement que les effectifs de police diminueront sous la mandature de Nicolas Sarkozy. Un comble pour le chantre du "tout sécuritaire" ! D'autant plus que l'insécurité contre les personnes progresse régulièrement depuis 2002. Les récentes échauffourées en Seine Saint Denis le rappellent. En Sarkofrance, la lutte contre l'insécurité est un échec. Mercredi 12 août, Brice Hortefeux s'est énervé contre sa propre administration. Cette denrière avait gelé le recrutement des gardiens de la paix pour l'année 2009. Le ministère de l'intérieur avait justifié qu'il a trop de policiers, pour deux raisons: l'âge du départ à la retraite a été allongé à 65 ans dès 2010 et le remplacement d'un fonctionnaire sur deux frappe aussi la police. Le Figaro a soulevé le problème, par la petite porte: "Faute de budget, 1 050 cadets de la République ne rentreront pas à l'école de police en septembre." La réponse du ministre fut cinglante:
"Cette annonce relève d'une initiative purement administrative et comptable. Je ne la reprends pas à mon compte et la désavoue totalement. Les cadets de la République ont été imaginés et concrétisés par Nicolas Sarkozy alors qu'il était ministre de l'Intérieur. Leur création répond à un double besoin : un effort d'intégration de jeunes issus majoritairement de milieux défavorisés et un recrutement diversifié de la police."
Hortefeux a dû également avouer l'inavouable : "Il y a une réalité observée sur ces derniers mois : c'est une stabilisation voire une très légère hausse de la délinquance." Et oui, cher ministre ! Jusqu'ici, la communication sarkozyenne se cachait derrière la baisse des atteintes aux biens pour négliger un simple fait: les violences aux personnes augmentent en Sarkofrance.

Grippe A, la catastrophe de l'année prochaine
Petit à petit, la grippe A fait son chemin dans nos esprits. Ce virus est une grippe bénine, sauf pour les plus fragiles. Mais il frappe tôt (la grippe classique ne survit pas à des températures supérieures à 19 degrés Celsius), et vite (la contagion est ici excessive). On a reproché au gouvernement d'en faire trop. C'est sans doute une accusation injuste. Mardi 11 août, Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale, a prévenu : «En cas de pandémie totale, si les circonstances l'exigent, nous nous tiendrons prêts à fermer les établissements.». Deux médecins spécialistes du virus confirment que la crise sera autrement plus grave. La France est bien et mal préparée. Bien préparée car le gouvernement a commandé des vaccins et des masques, mis à jour ses procédures, multiplié les alertes. Mal préparée, car les hôpitaux, et en particulier les services d'urgence, sont déjà surchargés en temps normal; et le traitement du virus est mal maîtrisé. Des médecins britanniques viennent de critiquer l'administration du Tamiflu aux enfants.
"Je crois que les gens n'ont pas bien compris l'ampleur de la situation. Deux cas de figures s'imposent. Soit le virus mute, – et il a des chances de muter –, il devient virulent cet hiver, et nous allons droit vers une catastrophe. Ce scénario annoncerait une mortalité assez forte, les décès se compteraient en centaine de milliers en France. Soit le virus ne mute pas, mais sa contagiosité est telle qu'il infectera des millions de personnes. Dans les deux cas, l'hiver prochain s'annonce chaotique, car le pic de l'épidémie est une évidence. Si 1% des malades se présente dans les hôpitaux, ces derniers seront saturés par la surpopulation de patients." Alain Fisch chef de service au CHU de Villeneuve-Saint-Georges, et président de l'Institut des études épidémiologiques et prophylactiques.
Bonus, cette réalité qui dérange.
Eric Woerth s'est réveillé. Le ministre du Budget a enfin réagi à l'annonce des faramineux bonus de BNP Paribas. Pour le responsable des cordons de la Bourse, et notamment des milliards d'euros prêtés aux principales banques françaises, dont la BNP en décembre dernier, cette annonce fait tâche. Le ministre est donc intervenu sur TF1, mercredi 12 août: il "ne laissera pas faire". Et que compte-t-il faire dans l'immédiat ? Rien : "la réponse est internationale", mais "la France continuera à un jouer un rôle très très actif"; Pas de problème ! On attendra... Concernant les comptes publics, ils sont désastreux, mais "conformes à nos prévisions." Le 30 juin dernier, il avait certes prévenu les députés que le déficit de l'Etat atteindrait 125 à 130 milliards cette année. En a-t-il parlé avec Daniel Bouton, l'ancien patron de la Société Générale, débarqué au début de l'année, qui a retrouvé Florence Woerth, l'épouse du ministre, à Chamonix, fin juillet pour une partie de golf ?

Ami Sarkozyste, reste en vacances !

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