4 août 2009

Pierre Giacometti, l'autre conseiller occulte de Nicolas Sarkozy


Dans l'affaire des sondages manipulés par l'Elysée, un autre sondeur et "spin-doctor" a fait surface. Pierre Giacometti émarge sur le budget du premier ministre. Mais il travaille en fait pour l'Elysée, comme l'expliquait Philippe Cohen dans Marianne le 25 juillet dernier.

Pierre Giacometti a travaillé pour l'institut BVA puis IPSOS avant de fonder son propre cabinet. Il a également assisté Nicolas Sarkozy avant son élection à la Présidence de la République. Le 6 mai 2007, il travaillait encore pour IPSOS, mais il était invité à la soirée du Fouquet's, par son "client privilégié".

A l'instar de Patrick Buisson, le fondateur de Publifact et heureux bénéficiaire d'un contrat annuel de 1,5 millions d'euros auprès de la Présidence - et d'une aide de 270 000 euros du gouvernement pour la chaîne thématique qu'il dirige en 2008 et 2009 - Pierre Giacometti s'est vu confier une mission auprès du Président une fois élu. Les amis, ça compte en Sarkofrance !

« C'est une relation qui dure depuis de longues années, mais ce n'est pas quelque chose dont je parle beaucoup, dont je pense qu'il faille se vanter… Ce n'est pas mon tempérament de répondre à tout ce que je peux lire ou entendre.

Se connaître dans la vie n'empêche pas d'avoir des relations professionnelles. Mieux, cela permet de travailler en confiance, et c'est vrai qu'un lien de confiance nous unit. De la confiance, mais aussi quelque compétences. »

Pierre Giacometti, cité par Rue89.

Le contrat conclu entre Giacometti et l'Elysée n'a pas été dévoilé. Il est connu depuis longtemps. Dès la création de sa propre agence, Giacometti a émargé auprès de Sarkozy, à compter de mars 2008. Cette prestation de Pierre Giacometti pour l'Elysée a été obtenue sans appel d'offre. Elle n'est pas mentionnée par la Cour des Comptes dans son rapport de la mi-juillet.
« Bien sûr qu'il y a un contrat », confie Pierre Giacometti à Rue89. « Il s'agit d'un contrat de gré à gré [contrat librement négocié entre les parties, ndlr], passé sans appel d'offre, comme il est de coutume à l'Elysée, bien avant 2007. » Pour la durée ou le coût, il faudra cependant repasser : « Là, seul le client peut vous renseigner. »

« Il s'agit de conseil en stratégie fondé sur l'intelligence d'opinion, c'est-à-dire sur toutes les ressources documentaires disponibles, que ce soit par les médias, par les études qualitatives… »
Tout juste a-t-on appris qu'il avait également gagné un appel d'offre auprès du Premier Ministre. La prestation est redondante avec les missions du Service d'Information du Gouvernement. Thierry Saussez, qui dirige ce dernier, n'était pas au courant. D'après Rue89 les services du Premier ministre rémunère ainsi Pierre Giacometti, quelques 358 000 euros par an:
« La mission sera constituée continûment et simultanément de deux unités d'oeuvre» :
  • « La première consistera en l'élaboration et la présentation de diagnostics hebdomadaires synthétiques basés sur les différents matériaux d'information relatifs au Gouvernement, et sur la veille média. »
  • « La seconde consistera notamment en l'accompagnement des investissements du Cabinet du Premier ministre en matière d'achat d'études.»
    Quand il intervient dans les médias, Pierre Giacometti ne mentionne pas, à destination du grand public, qu'il travaille en fait pour l'Elysée. On ne mentionne que son titre, jamais son commanditaire. Le 22 juin dernier, peu avant l'intervention de Sarkozy au Congrès à Versailles, le "fondateur du cabinet Giacometti Péron & Associés" expliquait ainsi sur BFM qu' "il y finalement deux éléments majeurs dans l’intervention du président de la République qui seront probablement au cœur des débats qui suivront immédiatement et dans les jours qui viennent." Ou encore : "On a fait une réforme des institutions qui a entraîné un rééquilibrage des pouvoirs en faveur du Parlement et la fin d’une forme de relation équivoque entre le Parlement et le président de la République, qui est une vieille histoire de la République en France."

    Le 22 mai dernier, Giacometti était invité par le fiston Jean Sarkozy à une réunion de l'UMP locale. Sans commentaire.

    4 commentaires:

    1. 1789 - 2009.

      La nuit du 4 au 5 août 1789 constitue la scène inaugurale majeure de l'histoire de la France moderne et du récit national. Trois semaines après la révolte parisienne et la prise de la Bastille, l'Assemblée constituante met à bas l'édifice multiséculaire de l'Ancien Régime. En quelques heures de transe collective, ce sont tous les privilèges de l'aristocratie, de l'Eglise et des provinces qui sont abolis. Et remplacés par le principe - révolutionnaire, au sens strict du terme - de l'égalité de tous devant la loi.

      Certes, il faudra de longues décennies et quelques autres révolutions, violentes ou pacifiques, pour que ce principe s'inscrive, peu ou prou, dans la réalité sociale du pays. La nuit du 4 août, pourtant, continue à imprégner en profondeur l'imaginaire du pays. Pour une raison bien simple : plus de deux siècles après ce "grand soir" égalitaire, la France paraît tout aussi corsetée, fractionnée et sclérosée par l'existence de privilèges. Autrement dit, pour s'en tenir à une définition qui évitera les anachronismes, d'avantages échappant à la loi commune accordés à des catégories de citoyens.

      Des exemples ? Ils sont nombreux et touchent à l'essentiel.

      Le principe fondamental de l'égalité devant l'impôt a volé en éclats depuis belle lurette, sous l'effet conjugué des exemptions, "niches" et "optimisations" fiscales. Sans parler du "bouclier fiscal", voté à l'été 2007, et qui a permis aux mille plus gros contribuables français de recevoir de l'administration, cette année, un chèque moyen égal à trente années de smic (350 000 euros).

      Tout aussi essentiel, le principe d'égalité devant l'école, établi par la République un siècle après le 4 août 1789, n'a pas davantage résisté aux logiques implacables de l'élitisme scolaire et social, au détriment de la méritocratie affichée. Chacun le sait, et chaque famille s'y emploie : les diplômes les plus prestigieux et valorisés sont trustés par les enfants des milieux les plus favorisés, ajoutant le privilège du patrimoine culturel à celui du patrimoine financier.

      Quant à l'entreprise, les polémiques sur les bonus, primes et "parachutes" divers, dont bénéficient certains dirigeants, ont démontré, de façon choquante, que la notion même de privilège n'y est pas un vain mot. Là, comme ailleurs, les avantages exorbitants réservés à tel ou tel ne peuvent être vécus par les autres que comme de profondes injustices.

      Comme dans le reste de la société, comme le 4 août 1789, c'est l'un des principes mêmes de la démocratie qui est en jeu. Et qui est à réinventer.

      http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/08/03/1789-2009_1225220_3232.html

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    2. Forte hausse du nombre des ruptures conventionnelles de CDI en juin : + 34 % par rapport au mois de mai.

      Quelque 17.173 ruptures conventionnelles (par consentement mutuel) de contrats de travail à durée indéterminée ont été homologuées en juin par les directions du travail, une forte hausse par rapport au mois de mai (12.875), a-t-on appris mardi 4 août auprès du ministère du Travail.

      http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=1eff0bbfc7194d295c4fc5352362e8a5

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    3. La Tribune, mercredi 15 avril 2009, page 3 :

      En France, l’Etat a versé 10,5 milliards d’euros aux banques françaises pour les recapitaliser :

      - 3 milliards d’euros au Crédit Agricole
      - 2,55 milliards d’euros à BNP Paribas
      - 1,7 milliard d’euros à la Société Générale
      - 1,2 milliard d’euros au Crédit Mutuel
      - 1,1 milliard d’euros à la Caisse d’Epargne
      - 0,95 milliard d’euros à la Banque Populaire.

      Vous avez bien lu ? Nos impôts ont servi à recapitaliser la BNP de 2,55 milliards d’euros.

      Et ce soir, nous apprenons que la BNP va distribuer 1 milliard d’euros à ses traders.

      Les contribuables français donnent 2,55 milliards d’euros à la BNP pour la sauver de la faillite, et ensuite la BNP va distribuer 1 milliard d’euros à ses traders.

      Conclusion : si nous étions encore un grand peuple, nous serions déjà en train de pendre les traders de la BNP à la lanterne.

      Si nous étions encore un grand peuple, nous serions déjà en train de guillotiner les dirigeants de la BNP.

      Mais, malheureusement, nous sommes devenus un peuple d’esclaves.

      http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2009/08/un-milliard-deuros-provisionn%C3%A9-pour-les-traders-de-bnp-paribas.html

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    4. A quand la vrai révolution, pacifique évidemment.
      Henri

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