30 août 2009

Sale dimanche en Sarkofrance

Mauvais dimanche en Sarkofrance. Un sondage a pourri les quelques jours de vacances prolongées de Nicolas Sarkozy: en 2012, il pourrait être battu, d'après une enquête réalisée par l'institut CSA paru samedi dans Le Parisien.

Retournement politique?
On ne s'attardera pas davantage que cela sur la valeur de ce sondage. Nous avons pris la détestable habitude de critiquer cette boulimie sondagière aggravée en Sarkofrance. Mais ce sondage-là pourrait faire date.
"Selon l'étude réalisée sur un échantillon représentatif de 1006 personnes âgées de plus de 18 ans, 50% des Français pensent qu'un candidat de l'opposition pourrait l'emporter face à Nicolas Sarkozy si ce dernier se représentait à la prochaine élection présidentielle en 2012.
A l'inverse, seuls 36% des sondés imaginent l'actuel Chef de l'Etat enchaîner sur un deuxième mandat.
" (source)
Dans le détail, les sondés proches de la gauche, du Modem et des Verts semblent particulièrement requinqués. De quoi inquiéter Sarko, si habile à manipuler le débat politique.

Il est également trop tôt pour dire si l'espoir s'est véritablement levé parmi les opposants à la politique du gouvernement. Néanmoins, le spectacle donné par l'opposition ces deux dernières semaines avait quelque chose de réjouissant. Il était facile de critiquer les bisbilles personnelles des socialistes, les difficultés du Modem. Le succès d'Europe Ecologie aux élections européennes a été un premier signe. Cet été, la perspective de primaires, élargies ou pas, a fait taire les rivalités au PS.

Le président se rassurera en lisant les colonnes du Journal du Dimanche. Son ministre du Budget monte au front.

Eric Woerth s'agace
Le ministre du Budget a cru bon de réagir dans la presse. Les petites mesures de régulation annoncées par Sarkozy contre les bonus bancaires n'ont pas eu l'effet escompté. Et il se murmure depuis des semaines que le guichet d'accueil mis en place pour les évadés fiscaux n'a pas le succès escompté: à peine 200 dossiers étudiés et 20 régularisations au bout de 4 mois de travail... Dans la lutte contre les excès de la finance mondiale, il faut des signes d'avancement ! Eric Woerth, donc, a demandé aux fraudeurs... de se dénoncer volontairement. Il explique qu'il a obtenu une liste de quelques 3000 noms, pour 3 milliards d'actifs, de la part des banques suisses. Combien d'anciens clients de l'avocat Sarkozy ? On se rappellera également que l'épouse du ministre est ... gestionnaire de fortunes privées.
"Nous avons récupéré les noms de 3000 contribuables détenteurs de comptes dans les banques suisses dont une partie correspond très probablement à de l'évasion fiscale. Ces comptes sont ouverts dans trois banques et représentent des avoirs à hauteur de 3 milliards d'euros."
Contrairement aux affirmations passées du ministre, la collaboration avec la Suisse est difficile. l'Etat helvétique compte 327 établissements bancaires. La menace du jour d'Eric Woerth n'en concerne que 3, dont deux ont "spontanément" fourni "un certain nombre de noms de leurs clients qui ont ouvert des comptes (en Suisse) sans que l'administration fiscale en soit informée", a précisé Woerth. Et la Suisse a depuis confirmé qu'il n'y avait aucun lien entre cette liste et la signature jeudi de l'accord avec la France. Ce dernier n'entrera en vigueur qu'au 1er janvier 2010, et seulement s'il est validé par le parlement helvétique.

Le ministre du budget voulait faire croire à une victoire de la nouvelle régulation. Son coup de gueule feutré ressemble surtout à une manifestation d'agacement mal maitrisé.

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