30 septembre 2009

Plan jeunes : Sarkozy rate son bac

Ces derniers jours, Martin Hirsch ne cachait pas sa satisfaction de voir Nicolas Sarkozy reprendre à son compte nombre de ses propositions en faveur des « jeunes ». La mesure phare est l’extension du RSA aux jeunes « travailleurs » de 18 à 25 ans. En juillet dernier, Martin Hirsch avait publié son Livre vert, un recueil de 57 propositions issues de 4 de débats au sein d’une commission «d’experts» (une de plus !). Certains journaux ont relayé l’histoire officielle : celle d’un « homme de gauche » qui a convaincu Nicolas Sarkozy d’agir enfin, quitte à froisser sa propre majorité. Depuis plusieurs mois, l'équipe présidentielle préparait le terrain. Il y a quelques jours, Raymond Sopubie confiait que Sarkozy allait s'inspirer de Jaurès, et ne pensait plus qu'aux jeunes.

A y regarder de plus près, les mesures annoncées évitent la question centrale de l’autonomie des jeunes. Le ton se veut décomplexé et ouvert : "Mon projet pour la jeunesse, c'est l'autonomie", « Au fonds, nous vous faisons confiance » « On va récompenser et aider celui qui prend la main qu’on lui donne »

Ce mardi 29 septembre, à Avignon, Sarkozy misait beaucoup : l’électorat de 18 à 25 ans lui est majoritairement hostile (à peine 42% des suffrages lors de l'élection présidentielle de 2007), et sa mandature a été largement occupée et brouillée par ses multiples mesures répressives (décret anti-cagoule, peines planchers, abaissement à 16 ans de la majorité pénale, loi « anti-bandes », etc). Sarkozy a divorcé depuis longtemps, et de son plein gré, avec la jeunesse. Il la craint également. En décembre dernier, il avait prudemment sur la réforme du lycée.

Seul sur l’estrade « obligatoire », des drapeaux français et européen sur sa droite, face caméra, Nicolas Sarkozy annonce son plan pour la Jeunesse. Il démarre son discours par un constat erroné, mais largement relayé : «Depuis plusieurs décennies, la France est l'un des pays d'Europe dont le plus grand nombre de jeune sont au chômage

Parler orientation et intégration plutôt qu’autonomie
L’importance du volume de mesures annoncées était sans doute censé masquer leur valeur réelle. Sarkozy a ainsi davantage insisté sur l’orientation scolaire et l’intégration professionnelle, plutôt que sur l’autonomie financière.

  • Les stages hors cursus deviendront « hors-la-loi ».
  • Les entreprises seront autorisées à pré-recruter des jeunes sous réserves d’en financer la formation.
  • La durée des cours universitaires sera allongée: «Je propose que dans toutes les filières que les universités portent à 10 mois la durée annuelle de formation.»
  • Un service public de l’orientation scolaire sera créé, avec un «livret de compétence» expérimenté "pour valoriser les activités extra-scolaires".
  • Sarkozy a enfin annoncé favoriser la «mobilité européenne» : « Moi, je veux un ERASMUS des apprentis»

  • Sarkozy ne veut pas non plus de jeunes « désoeuvrés » :
  • Une formation obligatoire pour les « décrocheurs », ces jeunes qui quittent avant 16 ans le système éducatif. En particulier, des plates-formes régionales d'orientation seront créées. Tous ces « décrocheurs » entre 16 et 18 ans seront répertoriés et suivis ; ils se verront proposer un emploi ou une formation.

  • La création d’un service civique, pour 10 000 jeunes dès 2010. A terme, Sarkozy vise 10% d’une classe d’âge, soit environ 70 000 personnes. Ce dernier serait réalisé dans une association, une ONG, dans l’aide aux personnes âgées. Sarkozy reste flou sur ses conditions « On va se débrouiller pour le valoriser » assure-t-il : « Franchement, notre système a bien besoin de mixité sociale. »

  • Le renforcement du CIVIS (contrat d'insertion dans la vie sociale) et de l’apprentissage, notamment dans la fonction publique : «Moins de 6.000 apprentis travaillent dans la fonction publique» , «C'est un scandale.» Mais qui dirige donc la France depuis 2002 ?

    La question oubliée
    Mesure centrale, Sarkozy confirme l’extension du Revenu de Solidarité Active aux moins de 25 ans : «Qui peut comprendre que le travailleur de 25 ans d'une entreprise a le droit au RSA et que le même travailleur de 24 ans dans la même entreprise depuis six mois n'y aurait pas le droit?». Cette seule mesure devrait concerner 120 000 jeunes, et coûter 250 millions d’euros par an.

    La question de l’indemnisation des jeunes inactifs n’est finalement pas traitée. C’est pourtant là que le bas blesse. La proposition sarkozyenne restreint l’attribution du RSA (environ 450 euros par mois) aux seuls jeunes justifiant ayant travaillé à temps plein pendant deux ans (ou à deux tiers de temps pendant trois ans) et qui se retrouveront au chômage ou réduiront leur activité auront droit au revenu de solidarité active (RSA). Faites le calcul : comment un jeune de 18 ans peut-il justifier de 3 200 heures de travail sur 3 ans (soit 2 années de travail sur 3) ? Combien d’entre eux seront éligibles au RSA nouvelle formule ? Comme le rappelle Hervé Nathan dans Marianne2, la mesure aurait été véritablement pertinente si le seuil avait été abaissé aux mi-temps, voire aux tiers-temps, des niveaux cohérents avec les pratiques d’un nombre croissant d’étudiants.

    On estime à 40% la proportion des 2,6 millions d’étudiants contraints de travailler à temps partiel pour financer leurs études et leur train de vie. La proposition de Nicolas Sarkozy ne concerne qu’une fraction ultra-minoritaire des jeunes. D’après le CEREQ, après trois années de vie « active », 77% des jeunes d’une classe d’âge travaillent, dont 33% en CDD et 13% à temps partiel. 50% de ces travailleurs gagnent moins de 1 300 euros par mois, un niveau proche du salaire médian national.

    Côté ressources, Sarkozy saupoudre quelques aides, évidemment bienvenues, mais largement insuffisantes, comme le versement d'un dixième mois de bourse sous conditions de ressources et d’assiduité en cours («Nous sommes prêts à renforcer les contrôles pour que ceux qui ont des études gratuites respectent l'assiduité»), le doublement à 200 euros par mois de l'aide versée aux jeunes pour bénéficier d'une assurance complémentaire santé, voire une expérimentation va être faite sur 8 000 jeunes en leur allouant une dotation d'autonomie de 3 000 euros par an sur deux ans.

    Nicolas Sarkozy cherche à éviter à tout prix d’être accusé de favoriser « l’assistanat », formule honnie à droite : "Le grand totem à droite, c'est le RMI qu'on donne au jeune à 18 ans sans jamais avoir travaillé. Là, je suis rassuré", a commenté Jean-François Copé, l’auteur de cette récente proposition de taxer les indemnités journalières versées aux accidentés du travail.

    Sans ressources, le jeune doit précipiter l’arrêt de ses études ou la recherche de boulots précaires.
  • Une main d’œuvre malléable et recherchée par les entreprises ?

    Globalement, le plan annoncé coûterait 460 millions d’euros : avec 250 millions d’euros par an pour l’extension du RSA, 80 millions d’euros pour l’augmentation du CIVIS, 150 millions d’euros pour le dixième mois de bourse universitaire, et 30 millions d’euros pour le doublement de l’aide à l’obtention d’une complémentaire santé. Les « jeunes » seront contents de savoir l’effort fiscal en leur faveur « pèse » pour 25% de celui accordé aux restaurateurs en juillet dernier avec la diminution du taux de TVA de 19,6% à 5,5%.

    C’est donc un micro-plan pour un maxi-problème.

    Quand Dati vient au secours de Sarkozy

    ... et bien c'est tout simplement lunaire...

    29 septembre 2009

    Assurance maladie : finissons-en avec les contre-vérités d’Eric Woerth

    Dans une tribune publiée par Le Monde lundi 28 septembre, le ministre du budget explique la position du gouvernement en matière de financement et de remboursement de l’assurance-maladie. Il entendait répondre aux soit-disantes "contre-vérités" véhiculées par les opposants aux récents déremboursements annoncés, comme la hausse du forfait hospitalier.

    La tribune d’Eric Woerth
    « L’assurance-maladie doit concentrer son intervention sur les dépenses les plus indispensables et les plus efficaces ». La formule est belle. Qui voudrait exiger de la solidarité nationale qu’elle épuise ses ressources pour des soins futiles et inefficaces ? Le ministre évite de questionner cette solidarité nationale. Car là est le problème. L’assurance-maladie est marginalement couverte par les des prélèvements sur les revenus du capital. Nous y reviendrons.

    Premier constat du ministre : la France figure dans les premières places mondiales en matière de qualité et de dépenses de soin par habitant : 9% du PIB y sont consacrés. Chaque Français reçoit en moyenne 1 920 euros par de la Sécurité Sociale. Quelques 4,2 millions de personnes sont couvertes par une couverture complémentaire gratuite ; Le système des « affections longue durée » assure la gratuité des soins à 9,7 millions de personnes. Second constat, les déficits menace le système. Il attribue à la crise la chute des recettes qui grève lourdement le budget de la Sécu en 2009 et 2010, après 3 années de redressement (4 milliards de déficit en moyenne).

    Les recommandations du ministre sont simples et connues : il faudrait « accepter de moins rembourser les médicaments dont la communauté médicale a reconnu qu’ils rendaient un service médical faible ». Eric Woerth recommande ainsi à la Sécurité Sociale de se concentrer sur les soins procurant le service aux patients "le plus élevé".

    Qui définit l’importance du service rendu ? Par exemple, anti-douleur qui soulage une souffrance chronique est-il « dispensable » ? Que dire des quelques 94 millions de vaccins produits à la hâte pour une épidémie grippale certes virulante mais somme toute bénine (0,5 décès pour 1000 malades, contre 3 à 4 pour 1000 pour les grippes saisonières) ?

    Eric Woerth défend ensuite l’idée de réserver le bénéfice de la Sécurité Sociale aux « médicaments les plus coûteux » (qui des frais dentaires et d’optique, dont la prise en charge est historiquement ridicule ?), à la « motivation des équipes hospitalières », à la rénovation des bâtiments hospitaliers, et à l’accès aux "meilleurs équipements".

    Au final, le ministre conclut que la hausse du forfait hospitalier est légitime. Cette fraction du coût de l’hébergement en hôpital restant à la charge des patients ne concerne que le coût de la chambre et des repas, et non pas les soins.

    Les oublis du ministre
    Sont soumis à prélèvements, pour financer l’assurance maladie, la quasi-totalité des revenus perçus par les ménage, à savoir leurs revenus d’activité salariée, les pensions de retraite, d'invalidité et et les allocations de préretraite, mais aussi les revenus du patrimoine (revenus et plus-values tirés du capital immobilier et financier tels les revenus fonciers, rentes viagères à titre onéreux, revenus de capitaux mobiliers, plus-values immobilières, plus-values sur valeurs mobilières, gains provenant des options de souscription ou d'achat d'actions, etc) et, enfin, les revenus de placements (revenus et plus-values tirés du capital immobilier et financier). L’Etat compense par ailleurs les exonérations diverses qu’il attribue. Aini, le gouvernement a dû rembourser à la Sécu quelques 3 milliards d’euros d’exonération de cotisation sur les heures supplémentaires en application de la loi TEPA d’août 2007.

    Comme le rappelait la Cour des Comptes encore récemment, le régime général de la Sécurité Sociale repose sur 17 millions de cotisants. En 2008, les produits de l’assurance maladie se sont ainsi élevés à 140 milliards d’euros, dont 48% émanant des cotisations sociales (68 milliards), 37% de la CSG (soit 52 milliards), et 11% de l’ITAF (impôts et taxes affectés). En d'autres termes, plus de la moitié du financement provient des seuls revenus salariés !

    C'est le premier vrai constat à faire: les revenus du capital contribuent très peu au financement de la Sécurité Sociale. L’exemple le plus flagrant, et le plus scandaleux, est le traitement réservé aux stock options : les plus-values dégagées sur l’exercice des options puis la revente des actions « optionnées » ne sont soumises qu’à la CSG (pour ce qui concerne la Sécurité Sociale). Elles sont considérées comme des revenus de placement, alors même qu’elles sont clairement une rémunération d’une activité salariée. Au total, les les revenus des activités professionnelles demeurent soumis à des prélèvements sociaux environ 3 à 4 fois plus lourds que les revenus du capital.

    Second constat (lié au premier), les entreprises contribuent de moins en moins au financement des frais de santé (complémentaires incluses), aux détriments des ménages : ces derniers représentaient 55% des financements en 2006, contre 43% quinze ans plus tôt. A l’inverse, la part des entreprises a baissé de 45% à 37% sur la même période.

    Et si l’assurance maladie souffraient d’un financement inéquitable ?

    Le G20, un "formidable succès"...

    28 septembre 2009

    Budget 2010: l'équation impossible


    François Fillon existe, il le fait savoir. Dans une interview au Journal du Dimanche le 27 septembre, il a précisé les grands axes du projet de budget de l'Etat pour 2010 que le gouvernement présente au Parlement.

    Fillon qualifie son budget 2010 de "volontariste et vert".
    L'exercice 2009 a été plombé par un déficit très lourd, pour cause de relance. Fillon noircit le tableau plus fortement qu'Eric Woerth il y a quelques jours : 140 milliards d'euros de déficit budgétaire cette année ! Le pilotage du budget est toujours politique. Le gouvernement "charge la barque" en 2009, en prenant l'excuse de la récession.

    Le premier ministre promet un renforcement de l'indemnisation du chômage partiel (en portant à 1000 heures le contingent annuel d'heures autorisées), une dotation de 1,4 milliard au "Fonds d’investissement social", une autre de 1,3 milliards d'euros pour l'alternance, l'extenion des contrats de transition professionnelle, et, enfin, la mise en œuvre du plan "Jeunes" concocté par Martin Hirsch. Fillon refuse d'en préciser le financement.

    Côté écologie, le premier ministre prévoit de bonifier les déductions fiscales en faveur des logements propres. Ainsi, "le taux de déduction des intérêts d’emprunt pour l’acquisition de résidence principale (25 %) sera réservé à des logements bénéficiant de certification « verte » ; pour les autres, la déduction sera limitée à 20 %. De même pour le dispositif « Sellier » – l’achat de logement destinés à la location – qui va être réorienté vers les logements à bilan carbone positif."

    Fillon promet également de "toiletter" certaines niches fiscales: "Aucun revenu – du travail, du capital ou de remplacement – ne doit échapper à l’impôt, ni aux contributions sociales. " Il ainsi promet de soumettre les plus-values de ventes de titres mobiliers aux cotisations sociales. En revanche, pas un mot sur le bouclier fiscal. Comment gérer la contradiction entre les promesses présidentielles de défiscalisation, et la gestion d'un déficit budgétaire abyssal ? Fillon doit faire passer a pilule au plus grand nombre qu'il va devoir payer, sans toucher pour autant aux défiscalisations successives accordées à quelques-uns.

    Un plan de rigueur... pluri-annuel
    Ces derniers jours, Eric Woerth a failli laissé entendre qu'un plan de rigueur de quelques 15 milliards d'euros serait nécessaire. Le ministre du budget expliquait dimanche dernier que l'amélioration de la croissance génèrerait 2 à 3 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires. Et, dans le même temps, il prévoyait une réduction du déficit budgétaire de l'ordre de 17 à 20 milliards... Faites le calcul. Il cherche donc 15 milliards d'économies l'an prochain.
    Fillon reste discret sur les pistes d'économies. Il n'en mentionne qu'une, toujours la même : la réduction de 33 000 postes de fonctionnaires. A mots couverts, il promet un plan de rigueur pluri-annuel: "En 2010, nous ferons voter une loi pluriannuelle qui planifiera une baisse de la dépense publique sur plusieurs années." Dimanche soir, Eric Woerth voulait rattraper le coup, et jurait qu'il n'y aurait pas de "grand soir de la dépense" publique. Irresponsable, le ministre du budget a estimé possible de réduire le déficit budgétaire d'un point par an, sans appliquer une politique de rigueur, avec une croissance de 2,5%: "Vous remontez un peu votre impôt sur les sociétés car les entreprises vont mieux et vous augmentez votre TVA parce que l'économie va mieux". Ben voyons...

    Dès 2010, de nouvelles taxes frapperont donc ménages et entreprises. Fillon promet la suppression de la taxe professionnelle, mais confirme la taxe carbone. Le déremboursement des frais de santé se poursuivra (avec la hausse du forfait hospitalier, annoncé la veille d'une pandémie grippale inédite !): "Il faut continuer les économies sur les dépenses de santé. Nous ne pouvons accepter que la santé des Français d’aujourd’hui soit financée par les Français de demain." Fillon se trompe, volontairement. En réduisant les remboursements, il ne réduit pas les dépenses de santé. Il transfère simplement davantage de coût sur le budget des malades et de leurs familles.

    Imposer les indemnités journalières d'accidents de travail est également une option qui ne sera pas écartée ("pourquoi des indemnités de maternité seraient fiscalisées et pas des indemnités d’accident du travail ?"). Habilement, Fillon rappelle que cette proposition émane de Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale et grand rival de Nicolas Sarkozy. Le président français a de toutes façons entériné la mesure mercredi dernier.

    Les promesses non tenues

    Jeudi soir, François Fillon se félicitait, devant les parlementaires de son camp : «Nous avons mis en œuvre 80 % des engagements que nous avions pris lors des présidentielles». Le premier ministre joue sur les mots. Il a raison, c'est de bonne guerre. Sarkozy et son gouvernement ont effectivement mis en oeuvre, très tôt, les mesures fondamentales de son programme présidentiel. Et, très tôt, elles ont toutes échoué:
    • La défiscalisation des heures supplémentaires a accéléré la dégradation du marché du travail; le paquet fiscal a plombé (moins que prévu) les comptes de l'Etat, privant ce dernier de marge de manœuvre pour lutter contre la précarité croissante au moment de la crise.
    • Le bouclier fiscal n'a pas fait revenir de grosses fortunes en France.
    • Les peines planchers n'ont pas réduit l'insécurité violente (bien au contraire, cette dernière n'a cessé de progresser), mais la surpopulation carcérale a atteint un niveau inquiétant (+ 15000 prisonniers en 2 ans).
    • La réduction du nombre de fonctionnaires apparaît inutile et inefficace dans nombre de secteurs: les policiers ne comprennent pas qu'on réduise leurs troupes quand les violences aux personnes ne cessent d'augmenter depuis 2002. Les enseignants ne comprennent pas qu'on réduise leur nombre quand les classes d'âge issues du mini-baby boom des années 1998-2002 arrivent en classe.
    2010 est sans doute le premier budget où l'écart entre promesse et réalité sera le plus flagrant. Certes, Sarkozy s'accrochera à quelques symboles (le travail le dimanche, la réduction du nombre de fonctionnaires, et le bouclier fiscal). Mais sur le fonds, il a renoncé à tout, sous la pression sociale et économique. Une étude de Terra Nova, soulignée par Olivier Bonnet, sur la politique fiscale française depuis 2002 rappelait récemment un constat simple : "La politique fiscale est marquée par une forte baisse des impôts au profit des ménages les plus aisés. Les deux-tiers des baisses d’impôts de la période, soit 20 milliards d’euros par an sur un total de 30, ont été fléchés vers les plus riches." Loin de soutenir le travail, Sarkozy a continué de défiscalisé les revenus du patrimoine.

    Sarkozy ne réforme plus, il gère les avantages acquis d'une poignée de contribuables.

    Flagrant délit de mensonge

    27 septembre 2009

    Pittsburgh: le sommet du G20 n'a pas déçu


    Les dirigeants des Etats membres du G20 se sont quittés vendredi soir, après quelques négociations de communiqués de presse et photographies de sourire. Le sommet n'a pas déçu. On en attendait pas grand chose.

    La croissance économique doit être "équilibrée"
    Dans leur communiqué officiel de vendredi, les dirigeants du G20 s'engagent sur une "croissance équilibrée", et une coordination de leurs politiques budgétaires, monétaires, de change, commerciales et structurelles. Ils affichent surtout de belles intentions : "Nous devons passer de sources publiques à des sources privées de la demande, instaurer un modèle de croissance plus durable et plus équilibrée dans tous les pays et réduire les déséquilibres de développement". La régulation passera aussi, selon eux, par un renforcement du rôle du Fonds Monétaire International.
    "Nous demandons au FMI d'aider nos ministres des finances et gouverneurs de banques centrales dans ce processus d'évaluation mutuelle (...).. Nos ministres des finances et gouverneurs de banques centrales définiront ce processus plus précisément lors de leur réunion de novembre et nous dresserons un bilan des résultats de cette première évaluation mutuelle lors de notre prochain sommet.
    "Nous avons pris l'engagement d'un transfert de quotes-parts au profit des pays émergents et en développement dynamiques d'au moins 5% depuis les pays sur-répresentés vers les pays sous-répresentés en utilisant la formule actuelle des quotes-parts comme la base de notre travail.
    La régulation financière sera timide
    "Nous nous sommes engagés à agir ensemble pour élever les normes en matière de capitaux, pour mettre en œuvre des normes internationales strictes en matière de rémunérations afin de mettre un terme aux pratiques qui entraînent une prise de risques excessive, pour améliorer le marché de gré à gré des produits dérivés et pour créer des instruments plus puissants pour assurer que les grandes sociétés multinationales assument la responsabilité des risques qu'elles prennent".
    En matière de bonus, le G20 a repris à son compte les recommandations de la FSA britannique, à savoir du 9 août dernier : les bonus ne pourraient plus être garantis au-delà d'un an (quelles sanctions ?). Entre 40% et 60% de ces primes devront être étalées sur trois ans au moins. Et au moins 50% de la part variable du salaire doit être versée sous forme d'actions. Aucun plafonnement, ni en pourcentage des revenus de l'établissement, ni individuels n'est proposé ni recommandé. En matière prudentielle, les dirigeants du G20 restent prudents. S'ils souhaitent que de nouvelles exigences en capitaux propres pour les banques soient introduites, elles le seront progressivement, "afin de ne pas contrecarrer les efforts de reprise" (dixit Le Figaro).

    Les pays pauvres et le climat ont été les "oubliés du sommet".
    "Les dirigeants du G20 se sont concentrés sur des sujets comme les bonus et la rémunération, et non sur les besoins de 1,4 milliard de gens qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour dont la vie même est menacée par la crise économique"
    , a regretté le représentant d'un ONG. Côté climat, le bilan est maigre. On attendait des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et, surtout, des engagements financiers pour les tenir, comme par exemple une aide aux pays pauvres. La rencontre internationale mardi à l'ONU avait déjà été un échec. Celle de Pittsburgh le fut aussi.

    Sans surprise, des manifestants anti-G20 se sont faits tirés dessus à coups de balles de plastique.

    On a retrouvé Frédéric Lefebvre !

    26 septembre 2009

    125ème semaine de Sarkofrance: une semaine américaine ratée

    C'était pourtant une opération de communication maîtrisée. Pour cette 125ème semaine de Sarkofrance, les équipes élyséennes avaient tout préparé: un sommet sur le climat, deux discours à l'ONU, une intervention à la télévision française mercredi, un Conseil de Sécurité jeudi, puis une conférence de presse à Pittsburgh. Sarkozy prenait de la hauteur. Mais voilà, ces vacarmes n'ont pas fait recette. A New York comme à Pittsburgh, le président français est apparu isolé. Et même là-bas, il a été rattrapé par des polémiques franco-françaises qui l'agacent. Un voyage raté.

    Un agenda vide
    C'était la plus longue absence présidentielle du territoire national: cinq longs jours hors de métropole. Même Laurence Ferrari, mercredi sur TF1, n'en revenait pas. A y regarder de plus près, Sarkozy n'avait pas grand chose à faire aux Etats Unis. Son agenda était désespéremment vide. A l'ONU, règlement oblige, ses deux interventions furent limitées à 15 minutes, comme pour n'importe quel des 140 autres chefs d'Etat qui se sont succédés à la tribune onusienne. L'intervention française a été à peine commentée par la presse étrangère, plus attirée par les provocations verbales du Colonel Kadhafi et du président iranien. Mardi soir, la belle fête organisée par l'ambassade de France pour Nicolas Sarkozy a fait jaser: 400 000 euros aux frais du contribuables pour quelques 4 000 invités. La rigueur n'est pas pour tout le monde. Sarkozy a profité de son temps libre pour voir son fils Louis, et son ex-épouse Cécilia, en compagnie de Carla.

    Clearstream ou série noire
    Tandis que Nicolas Sarkozy s'envolait pour New York, le procès de l’affaire Clearstream débutait enfin, ce lundi 21 septembre. Dominique de Villepin, qui n’a rien à perdre, s’est servi du hall du tribunal correctionnel de Paris pour fustiger l’acharnement de Nicolas Sarkozy à son encontre. Il attaque fort, et agace les supporters du président. Mardi, un autre témoignage, celui du beau-frère de Dominique de Villepin, est intervenu mercredi. Il nous apprend qu’Imad Lahoud, accompagné de la fille d’un agent proche de Sarkozy a tenté au printemps 2004 de subtiliser son carnet d’adresse électronique sur son ordinateur professionnel. On découvre aussi, grâce à un rapport de police, qu'Ihmad Lahoud a fréquenté des proches de Sarkozy, tels François Pérol (l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée devenu patrons des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne), Nathalie Kosciusko-Morizet, actuelle secrétaire d'Etat à l'économie numérique, et Eric Woerth, le ministre du budget. Plus l’affaire se dévoile, plus on est tenté par une nouvelle hypothèse : depuis le premier jour des « révélations » sur ces comptes truqués, Sarkozy a choisi d’instrumentaliser l’affaire Clearstream à son profit. La "présumée victime" n'aurait-elle pas tenue un rôle plus important ?

    Quarante-huit heures plus tard, un Sarkozy décomplexé par sa haine pour l’ancien premier ministre a confirmé l’accusation de Villepin en commettant un faux lapsus : « Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel ». Tollé en France. Mêmes les parlementaires de l'UMP qui tenaient leurs "Journées" au Touquet n'ont pas caché leur trouble. Gérard Longuet, habitué des procès, a rappelé que "chacun est présumé innocent tant qu'il n'est pas définitivement condamné." Du pain béni pour la défense de Villepin. L'ancien premier ministre explique sur son blog que Sarkozy a eu tort, qu'il portera plainte, et que la Présidence fait pression sur des témoins. Les accusations sont graves. C'est aussi un coup porté à l'image d'un Sarkozy présidentiel. Vendredi soir, le monarque ne cache pas son agacement devant quelques journalistes qui l'interrogent sur cette polémique : "Honnêtement, j'ai été bien occupé ici par des dossiers extrêmement lourds. Je n'ai pas pu suivre toutes les péripéties de toute cette actualité qui, je suis sûr, sont passionnants".

    Nausées françaises
    A peine Sarkozy était il parti que Jean-François Copé lâche sa petite bombe : il a convaincu le gouvernement de soumettre les indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale aux victimes d’accidents du travail à l’impôt sur le revenu. Et François Fillon, comme Eric Woerth, acceptent bien volontiers. Mercredi, le ministre du budget explique qu'"il est assez naturel de fiscaliser de la même manière que les revenus du travail le revenu qui remplace le revenu".. Copé avait fournit la même explication… inique : "Lorsque vous êtes malade, en arrêt maladie, lorsque vous êtes au chômage vous payez des impôts et lorsque vous avez un accident du travail vous ne payez pas d'impôt. Il y a une injustice d'une situation par rapport à l'autre". Mercredi à la télévision, Sarkozy ne peut acquiescer. Le mal est fait.

    La veille, Eric Besson avait théâtralisé l'inutile destruction des campements sauvages de sans-papiers en bordure de Calais. "La 'jungle' de Calais a été évacuée, mais l'afflux de désespérés ne fait que commencer" note The Daily Telegraph. Le ministre de l’identité nationale, s'efforce, sur toutes les ondes radiophoniques, de défendre cette intervention. La destruction s’est faite sans heurts et avec "délicatesse". Selon lui, elle ne visait à décourager les passeurs et non pas à interpeler des sans-papiers. Le lendemain, des migrants revenaient déjà sur les lieux, les doigts brûlés pour éviter d'être identifiés. la presse anglaise note que le durcissement des conditions d'asile en Europe , et notamment en France, en Italie et en Grèce, vise à décourager les clandestins de poser une demande.

    Les bonus de Sarkozy
    A New York, Nicolas Sarkozy avait réservé quelques minutes de son agenda pourtant vide à une interview televisée et enregistrée avec David Pujadas et Laurence Ferrari. la mine grave, le président s'est livré à son exercice favori, une succession de petites phrases et autres bons mots destinés à frapper les opinions et taire les critiques, sans contradiction ni relance de la part des deux journalistes. Depuis un an, le président français a tenté de divertir l'attention populaire. Parler bonus et paradis fiscaux plutôt que chômage, bouclier fiscal et relance. Mais cette fois-ci, le vacarme ne fait plus recette. Sarkozy s'empêtre dans ses mensonges : contrairement à ses dires, il n’a pas convaincu l’Europe d’imposer un plafonnement des bonus bancaires ; et ni les paradis fiscaux ni le secret bancaire n’ont été supprimés. La liste des « paradis » n’était pas exhaustive ; aucune sanction sérieuse n’a été définie ni validée contre les Etats récalcitrants ; et la compétition fiscale que se livrent les Etats existent bel et bien. Le malentendu est triple : Sarkozy veut faire croire qu’il agit, alors qu’il déclame. Et il déclame d’autant plus fort qu’il sait pertinemment qu’il ne pourra rien changer. Prenez un exemple national. Il est un sujet sur lequel il peut facilement agir : imposer aux banques françaises de cesser de recourir aux paradis fiscaux. Il pourrait ainsi demander à son ami et ancien conseiller économique François Pérol de lui fournir la liste des comptes « offshore » de la seconde banque française que ce dernier préside depuis la fusion des Caisses d’Epargne avec les Banques Populaires. L’avez-vous entendu réclamer des comptes ? Non, bien sûr.

    Certains libéraux soulignent que l'absence de régulation financière a sans doute permis le redressement des marchés financiers. Les paradis fiscaux ou les bonus des traders sont des sujets marginaux dans la crise économique mondiale. Et même sur ces sujets symboliques, le monarque français surévalue ses résultats et sa détermination. Le décalage entre le fonds et la forme fut frappant. Les mesures "sans précédent" que la France s'est promise d'adopter contre les bonus ne sont qu'une pâle adaptation des recommandations de la FSA britannique de début août.

    Sarkozy mal en point
    Mercredi, Nicolas Sarkozy a bafouillé son ignorance devant 12 millions de Français, lors de son interview enregistrée et diffusée sur France 2 et TF1. Il attribue par erreur aux normes prudentielles une vertu régulatrice inexistante des bonus bancaires. Il se trompe sur les effets du CO2 sur la couche d'ozone. Jeudi, le président français est arrivé en retard, "pour cause de jogging" (dixit Kouchner), à la réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies, présidée par Barack Obama. Il a raté sa poignée de mains devant les photographes avec son homologue américain. Et Barack Obama en a profité pour imposer sa vision: plutôt que de fustiger l'Iran, il a dressé une nouvelle perspective. Le nucléaire militaire ne doit pas proliférer. Pour réduire les arsenaux nucléaires, Obama a solennellement demandé la conclusion d'un "traité de désarmement général et complet sous strict contrôle international" qui devra notamment prévoir l'interdiction de toute production de matériaux fissiles. Sarkozy est dépassé, marginalisé, écarté.

    A Pittsburgh, Nicolas Sarkozy semblait mal en point, incapable de convaincre ses interlocuteurs sur le micro-sujet des bonus de traders. La régulation financière est d'ailleurs un sujet sont trop technique pour lui. Obama était préoccupé par ses propres enjeux nationaux. Et les dirigeants du G20 pensaient surtout à la croissance mondiale. Sarkozy est seul à s'acharner, sans réelle proposition, sur le cas de quelques bonus quand les autres pensaient relance économique.

    Du sommet du G20 à Pittsburgh, Sarkozy reviendra avec un maigre trophée: l'un des G20 de 2011 sera déroulera en France... à quelques mois de l'élection présidentielle. Vendredi, il a tenté de faire bonne figure: "Un ordre nouveau apparaît".

    En France, la réalité rattrape la fiction.
    La consommation des ménages a baissé cet été. Christine Lagarde s’était réjoui d’un rebond en juin, confondant effet des soldes estivales et reprise économique. Sur un an, la chute est de 1,3% (dont 1,2% en juillet puis 1,0% en août pour les produits manufacturés). Jeudi, les chiffres du chômage sont tombés. Ils sont mauvais: 32 000 sans-emplois de plus. Jeudi encore, deux Rafales s'abiment en mer. Sarkozy avait annoncé trop vite qu'il en avait vendu 36 au Brésil il y a 15 jours. En fait, le constructeur Dassault espérait une réponse favorable de l'armée brésilienne courant octobre. Et vendredi, Dexia, la banque franco-belge sauvée de la faillite il y a à peine un an, annonce qu'elle va supprimer quelques 600 emplois supplémentaires. Dure réalité...

    Ami sarkozyste, où es-tu ?

    Quand les jeunes Sarkozystes défendent Hortefeux...

    Après le site "poubelle", faute de filtre, voici un exercice de sauvetage du ministre de la l'intérieur par le responsable des "Jeunes Pops". Accrochez vous.

    25 septembre 2009

    Pittsburgh : le vacarme sur les bonus ne fait plus recette


    Les dirigeants des Etats membres du G20 se sont donc retrouvés pour le sommet à Pittsburgh jeudi 24 septembre. Depuis un an, Nicolas Sarkozy a placé la régulation des paradis fiscaux puis des bonus au-dessus de tous les autres sujets. Une stratégie inefficace, partielle et aujourd'hui obsolète.

    Le lapin Duracel de la finance
    «Il y a eu la crise parce que le capitalisme était devenu fou» a-t-il encore rappelé, à tort, mercredi à la télévision française. depuis un an, Sarkozy résiste à à l’idée d’infléchir sa politique nationale, (cadeaux fiscaux, petite relance, etc). Pour ce, il a tenté de présenter la finance mondiale comme le nouveau bouc-émissaire des malheurs du monde. Il s'est focalisé sur quelques sujets politiquement symboliques mais économiquement marginaux. Depuis cet été, Nicolas Sarkozy a voulu remettre le couvert, et faire de la régulation des bonus un enjeu de communication personnelle. Un vacarme habile pour éviter de parler déficits et chômage. En août, BNP-Paribas avait semé le trouble en annonçant une provision de un milliard d’euros pour les bonus à verser en 2009 à ses collaborateurs, une somme ramenée à 500 millions après le coup de colère présidentiel le 25 août. A l’époque, Nicolas Sarkozy avait aussi expliqué aux Français que la France adopterait des mesures « sans précédent », avec ou sans accord international, pour limiter les bonus. En fait, le président français ne faisait que reprendre à son compte des propositions que la FSA, l’autorité de régulation financière britannique, avait édicté 15 jours plus tôt. En lieu et place d’un plafonnement, voire d’une interdiction ou d'une surfiscalisation des bonus versés aux traders, le gouvernement suggérait timidement d'étaler leur versement sur trois ans. La belle affaire !

    Arnaques, confusion et révisionisme
    Depuis, Nicolas Sarkozy a orchestré une mise en scène parfaite avec, en ligne de mire, le sommet du G20 à Pittsburgh : il demande d'abord l’impossible pour mieux se dégager de toute responsabilité en cas d’échec. Avant sa rencontre de jeudi, il avoue son impuissance, devant la résistance américaine : "Le président Obama est en avance par rapport à son pays" a-t-il justifié mercredi.

    Ensuite, il accompagne ces exigences d’une cascade d’ultimatums confus. Il laisse ainsi Claude Guéant, il y a 10 jours, menacer de quitter la rencontre du G20 si la négociation échoue. Mercredi, Sarkozy annonçait à la télévision française qu’il souhaitait parvenir à un plafonnement des bonus, par exemple en pourcentage du chiffre d’affaires, une idée qu’il avait suggérée mais écartée en août dernier. Cette proposition, nouvelle, n'empêchera aucun des excès individuels qui choquent les opinions publiques.

    Quand il déclare : « A quoi sert il - et je le dis à nos compatriotes – de faire des règles dans notre pays si les grandes banques, dans notre pays ou ailleurs, peuvent avoir des filiales dans les paradis fiscaux qui s’exonèrent des règles prudentielles qu’on essaye de faire respecter chez nous ? », il mélange les concepts : il confond ainsi la régulation prudentielle (quels niveaux de fonds propres faut-il exiger des banques en contrepartie des risques de placements financiers qu’elles prennent sur les marchés ? Comment harmoniser les normes comptables afin que les comptes des banques soient évaluables et comparables ?) avec le scandale moral (plus que technique) de rémunérations hors normes attribuées aux traders ou de la fraude (i.e. cacher ses revenus à l’étranger pour éviter l’impôt national).

    Enfin, il réécrit l’histoire. Mercredi, il a ainsi encore crié victoire contre les paradis fiscaux et le secret bancaire ("Les paradis fiscaux, le secret bancaire c'est terminé"), alors que la réalité est toute autre : "La lutte contre les paradis fiscaux ne fait que commencer et 90% du chemin reste encore à parcourir. Dire aujourd'hui le contraire, c'est vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué" a critiqué l'ONG Oxfam France - Agir Ici. La liste des paradis fiscaux retenu par le G20 n’est pas exhaustive ; le secret bancaire est encore effectif; les sanctions sont inexistantes. Même les banques françaises, pourtant aidées par l’Etat à l’automne dernier, n’ont pas communiqué ni fermé leurs comptes offshore. «Je ne suis pas un homme qui ment» s’est-il écrié mercredi sur TF1 et France 2. Ah bon ?

    Personne n'attend le G20
    A Pittsburgh, Nicolas Sarkozy est mal en point. Les débats sont trop techniques pour lui, Obama ne répond pas, trop soucieux d’enjeux nationaux tout aussi important. Et les dirigeants du G20 pensent surtout à la croissance mondiale. Sarkozy est seul à s'acharner, sans réelle proposition, sur le cas de quelques bonus quand les autres pensent chômage, investissements et déficits. Combien de temps encore laisserons-nous la France si ridicule à l'extérieur de nos frontières ? Au G20, les dirigeants négocient surtout le contenu des communiqués de presse. Les négociations ont eu lieu avant, dans les coulisses, entre hommes de main, lobbyistes et techniciens. Ainsi, sur les bonus, certains mumurent que le principe de leur plafonnement serait acquis: les G-20tites seraient d'accord pour "limiter les bonus à un pourcentage du produit net bancaire quand ils menacent un niveau de saine capitalisation".

    Rares sont ceux qui attendent grand chose du sommet de Pittsburgh. Les vraies réformes seront pour plus tard, ou jamais.

    Mercredi, après l’enregistrement de son intervention télévisée, Sarkozy a lâché ses nerfs contre Arlette Chabot, la directrice de l’information de France 2. L'attaque fut injustifiée (il regrette l'absence d'émissions politiques), mais révélatrice du malaise présidentiel.

    Au fait, les chiffres "officiels" du chômage sont tombés: 32 000 sans-emplois de plus.

    Ami Sarkozyste, où donc es-tu ?

    Christine Lagarde: il y a des limite à la bonne volonté des Français ?

    Voici l'argument central de Christine Lagarde contre l'organisation d'un référendum sur le changement de statut de la Poste... Sans commentaire...

    24 septembre 2009

    Avec Sarkozy, Besson, ou Copé, c'est la nausée médiatique assurée



    De la destruction ultra-médiatisée de la "Jungle" à Calais à la mise en scène du voyage présidentiel à New York, la nausée médiatique n'est pas loin. En France, François Fillon et Jean-François Copé ont pollué le spectacle en proposant de taxer les indemnités journalières versées aux victimes d'accidents de travail. Accident de parcours ? Pas vraiment.

    Nausée humanitaire
    Moins de 24 heures après la destruction médiatisée et aux bulldozers de la « jungle » de Calais, les migrants sont de retour sur place. L’AFP rapporte que des dizaines d’entre eux sont revenus.
    « Des associations d'aide aux migrants rapportent que des dizaines d'entre eux, interpellés mardi ou partis dans les semaines qui ont précédé l'opération, cherchaient mercredi de nouveaux lieux où passer leurs nuits. Certains ont trouvé refuge dans d'autres petits camps de fortune ou dans des tentes plantées dans les dunes. Plusieurs dizaines sont venus à midi à la distribution de repas, organisée par l'association La belle étoile. »
    Depuis mardi, Eric Besson, le ministre de l’identité nationale, s'efforce, sur toutes les ondes radiophoniques, de défendre cette intervention. La destruction s’est faite sans heurts (ah bon ?), et elle visait à décourager les passeurs et non pas à interpeler des sans-papiers. La veille, il s’était mis en scène, sur place à Calais : «Ça s'est bien passé, non ? Nous avons restauré l'état de droit sans violence. Nous avons cassé l'outil de travail des passeurs» a-t-il déclaré. Les faits sont pourtant têtus. La « Jungle » se reconstituera, ailleurs et dans la douleur. Un coup d’épée dans l’eau ? Devant les journalistes, Eric Besson ose tout : "Je veux remercier les CRS qui ont preuve de délicatesse".



    En Angleterre, la destruction du site de Calais est présentée comme l’illustration de l’échec de la politique européenne de lutte contre l’immigration clandestine. "La 'jungle' de Calais a été évacuée, mais l'afflux de désespérés ne fait que commencer" titre The Daily Telegraph. D'autres soulignent également que le durcissement, général, des procédures d’asiles, en Grèce, en Italie ou en France, n'a fait qu’aggraver le problème : "Les Français, par exemple, qui font face à 35 000 demandes d'asile par an, ont beaucoup compliqué les procédures pour empêcher les clandestins de Calais de déposer une demande. La situation est encore plus désespérée aux frontières de l'Union européenne. La Grèce, le pays de transit de beaucoup de ceux qui parviennent à Calais, a accepté l'an dernier moins de 1 % des demandes d'asile qui lui étaient faites. L'Italie a suscité l'inquiétude lorsqu'elle a entrepris d'intercepter en pleine mer les bateaux de migrants pour les forcer à retourner vers la Libye, sans même examiner les demandes d'asile de leurs passagers." (The Guardian)

    En juillet 2008, Brice Hortefeux, alors ministre de l’immigration, s’était félicité de la conclusion d’un pacte européen d’immigration. Ce dernier comprenait un volet sur les sans-papiers. Un an plus tard, on mesure mieux combien tout ceci n’était que façade et opération de communication. Malgré tous ces efforts, le gouvernement Sarkozy peine à tenir ses promesses en matière d’immigration. Nous n’avons que la honte, sans l’efficacité. Malgré une mobilisation de toutes les polices de France, les services de l’identité Nationale trouvent péniblement une dizaine de milliers de véritables sans-papiers à expulser chaque année, et au prix de contorsions morales incroyables (rafles aux sorties d’école, harcèlement des aidants, etc). La politique du chiffre est coûteuse, et les résultats gonflés d’une quinzaine de milliers de clandestins comoriens échoués à Mayotte, et de Roumains et Bulgares, « nouveaux » Européens aussitôt revenus.

    Eric Besson n'était pas seul, cette semaine, à faire son one-man show. Son patron de président, depuis New York, s'affiche en maître.



    Nausée médiatique
    Mercredi 23 septembre, Nicolas Sarkozy est intervenu depuis New York dans les journaux télévisés de TF1 et France 2. L'interview était enregistrée. Non pas que l'agenda du président soit excessivement chargé (il est même étonnamment vide), mais l'enregistrement enlève le stress du direct. A New York, Sarkozy est surtout en famille, avec son épouse Carla et son fils Louis (cf photo). A l'ONU, Sarkozy est intervenu mardi à la tribune pour une déclaration de quinze petites minutes (comme tout le monde), noyée au milieu de celles de 120 autres chefs d'Etat. La presse américaine a à peine relevé les propos du Monarque français. L'attention était ailleurs, vers le Colonel Khadafi, le président iranien "réélu" Amahdinejad, ou Barack Obama. Pour Sarkozy, son intervention à la télévision française était plus que jamais l'occasion de scénariser une importance qu'il n'a pas. L'occasion aussi de livrer ses positions sur tous les sujets, sans relance ni question trop précise de la part des deux journalistes. On le sait depuis longtemps, les interviews de Nicolas Sarkozy sont une succession de petites phrases et autres bons mots destinés à frapper les opinions et taire les critiques.
    Clearstream, Hortefeux, l'Iran, les bonus et même sa future candidature à l'élection présidentielle de 2012, tous les sujets furent donc survolés. Sarkozy avait la mine de circonstance, donc grave, le regard déterminé, le ton tranchant, la parole sans hésitation. Tout est possible pour se donner de la stature. A propos de la polémique affectant son ministre de l'Intérieur, le président défend son "ami" : "L'idée même du racisme, ou même de la blague à connotation raciste, lui est totalement étranger." C'est un "homme profondément humain." "Il y avait beaucoup de transe dans les reproches qui lui ont été fait." A propos des accusations de Dominique de Villepin à son encontre dans l'affaire Clearstream, Sarkozy parle "probité" et "honneur". Il commet un effroyable lapsus: "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel". Villepin est ainsi proclamé coupable. Jamais un chef d'Etat n'a été ainsi accusé de manipuler la justice à son profit, en s'acharnant sur un rival potentiel. Sarkozy n'en a cure. La rupture, c'est aussi cela.
    David Pujadas ne résista pas à l'envie de lui demander s'il pensait, "le matin en se rasant" à sa réélection. Sans surprise, et sans conviction, le Monarque répond que non, il n'y pense pas. Hypocrite ou sincère ? Hypocrite. A propos de Clotilde Reiss, Sarkozy affirme qu'il n'y aura pas d'échange de détenus iraniens pour obtenir sa libération. On peut le croire... On se souvient qu'il avait fait libérer les infirmières bulgares grâce à de généreuses donations des Emirats Arabes Unis.
    Sur les bonus bancaires, Sarkozy met la barre artificiellement plus haut que ses précédentes déclarations: "Nous voulons clairement que le montant des bonus soit plafonné en fonction, par exemple, d'un pourcentage du chiffre d'affaires, d'un montant de fonds propres". Il suggère que la France et l'Allemagne sont précurseurs: "L'Europe s'est mis d'accord sur la position de la France et de l'Allemagne". C'est faux. L'Europe a simplement promis d'en étudier la faisabilité! Et la France, soit-disante avant-gardiste, n'a pris aucune décision de plafonnement des bonus bancaires, y compris pour les banques qu'elle a aidées. En Sarkofrance, il n'y a que les impôts des plus riches qui sont plafonnés... grâce au bouclier fiscal.

    Malheureusement pour Nicolas Sarkozy, le débat s'est déplacé loin des sujets internationaux qu'il nous servait cette semaine. Même à New York, il a dû réagir à la polémique du jour, servie sur un plateau par Jean-François Copé: la taxation des indemnités versées par la Sécu aux accidentés du travail. Pour Sarkozy, c'est une question de ... justice sociale.

    « Nausée fiscale »
    Les finances du pays vont donc si mal que certains sont prêts à tout. Jean-François Copé, chef de file des députés UMP de l’Assemblée Nationale, s’est ainsi réjoui d’avoir convaincu le gouvernement de soumettre les indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale aux victimes d’accidents du travail à l’impôt sur le revenu. Sauf contre-ordre, le projet de budget 2010 intègrera ainsi de nouvelles recettes budgétaires avec l'imposition de ces indemnités, estimées entre 150 et 250 millions d’euros par an. Le groupe PS a facilement dénoncé la « nausée fiscale » créée par cette « triple peine » infligée aux malades : "Aux traumatismes liés à l'accident, à la diminution des revenus (les accidentés sont indemnisés à 80% du salaire journalier de base), s'ajoute maintenant l'imposition dès 2010".

    C’est une mesure « logique» a commenté Eric Woerth, le ministre de Budget : "Il est assez naturel de fiscaliser de la même manière que les revenus du travail le revenu qui remplace le revenu".. Copé avait fournit la même explication… inique : "Lorsque vous êtes malade, en arrêt maladie, lorsque vous êtes au chômage vous payez des impôts et lorsque vous avez un accident du travail vous ne payez pas d'impôt. Il y a une injustice d'une situation par rapport à l'autre".

    La simple suppression de bouclier fiscal rapporterait quelques 800 millions d'euros par an. Mais en Sarkofrance, il vaut mieux taxer les accidentés du travail...

    Qui n'a pas la nausée ?

    Ami Sarkozyste, où es-tu ?

    Bachelot chahutée à Orléans...

    23 septembre 2009

    Climat, Poste ou rigueur: les renoncements de Sarkozy


    Mardi, la réalité était difficilement masquée par Nicolas Sarkozy et ses ministres. A Paris, les annonces gouvernementales sur les comptes publics laissent deviner un plan de rigueur. A New York, le président français s'est retrouvé pris au piège du vacarme diplomatique qu'il avait lui-même déclenché: les discussions sur le climat ont déçu.

    Un plan de rigueur à 15 milliards ?
    Le déficit budgétaire de la France s'établira à 130 milliards d'euros en 2009. Selon Eric Woerth, le ministre du Budget, il sera encore de 110 à 115 milliards d'euros l'an prochain. L'information n'est pas nouvelle. Elle est surprenante. François Fillon avait prévenu en début d'année de la dégradation des comptes publics, pour deux raisons : un manque à gagner fiscal de l'ordre de 20 milliards d'euros à cause de la récession, et le "plan de relance" pour une trentaine d'autres milliards. Miracle de la comptabilité publique ou nouvelle tartufferie gouvernementale ? Cette hausse est plutôt inexplicable pour qui se souvient que le gouvernement Sarkozy n'a pas misé sur un plan de relance de la consommation. "On pari sur l'investissement" nous rabâchait-on du coôté de l'Elysée comme de Matignon. Fillon et consorts suivent leur Monarque élyséen depuis près d'un an pour convaincre les Français qu'ils investissent dans l'avenir.

    Le réalisme gouvernemental a été de courte durée. Lundi, Eric Woerth a donc confirmé que le déficit budgétaire serait abyssal en 2009 (130 milliards d’euros), mais qu’il se réduirait à 110 ou 115 milliards d’euros en 2010. Par quel miracle ? Le ministre du budget explique, confusément, que la croissance « retrouvée » sera le facteur déterminant de ce redressement :

    "La prévision est inférieure en 2010: elle sera autour de 110 ou 115 milliards. On fera mieux l'an prochain pour deux raisons: la première, c'est que nous continuons la relance mais moins, on aide plutôt la sortie de crise, des dépenses s'arrêteront, et puis l'économie ira mieux, donc les recettes fiscales iront mieux"

    "Quand on rectifie la prévision de 0,5 à 0,75%, c'est deux à trois milliards de recettes fiscales supplémentaires, donc le déficit de l'Etat sera amélioré l'année prochaine"

    Que comprenez-vous ? Woerth prévoit donc de réduire de 15 à 20 milliards d’euros le déficit budgétaire l’an prochain. La prévision de croissance du PIB en 2010 a effectivement été relevée de +0,5 à +0,75% par le gouvernement. Si l’on en croit le ministre, cet ajustement ne compte donc que pour 2 à 3 milliards, dixit le ministre. Conclusion, les dépenses de l’Etat seront réduites de quelques 13 à 17 milliards l’an prochain.

    Qui a parlé de rigueur ?

    Poste, ou le référendum interdit
    La contestation contre le changement de statut de la Poste a repris, un temps mise entre parenthèse lors des vacances estivales. Le gouvernement n’a pas permi d’ouvrir la possibilité de référendum d’initiative populaire et parlementaire rendue théoriquement possible par la réforme constitutionnelle de juillet 2008. Aussi des opposants à cette réforme ont-ils décidé d’organiser leur propre consultation nationale, le 3 octobre prochain, dans tous les bureaux de postes du territoire.

    Interrogée sur le sujet mardi 22 septembre, Christine Lagarde a réfuté toute accusation de privatisation de la Poste. Elle argumente que l’Etat va investir 2,7 milliards d’euros supplémentaires dans l’établissement. « Il faut lui donner les moyens d’investir » a-t-elle justifié sur CANAL+. En fait, l'enjeu est plus simple. L'Etat veut éviter de financer directement ce service public, afin de limiter son endettement.

    Mardi, la Poste était en grève. La direction annonçait 20% de grévistes, quand les syndicats parlent de 40% de participants.

    Climat, l'échec ?
    Nicolas Sarkozy joue à plein sa carte médiatique à New York. Il « multiplie » les interventions sur des sujets aussi divers que les négociations Israël/Palestine, la protection du climat ou la régulation financière. Mardi, il s’est ainsi déclaré, avec sa « diplomatie » habituelle, en faveur d’une rencontre internationale des « grandes économies » avant le sommet de Copenhague. « Personne n'aura à choisir entre le chômage et l'environnement » a-t-il expliqué à la tribune de l’ONU.

    Un vacarme de plus ? Sans doute. L’explication sarkozyenne sur l’urgence à tenir un sommet est quelque peu forcée : à l’Onu, Sarkozy a invoqué « la complexité de la situation. » De quoi parle-t-il ? L’Europe s’est engagée sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en décembre 2008, mais elle n’a pas concrétisé de budget adéquat pour y parvenir quelques mois plus tard. Lors du sommet du G8 de l’Aquila, en juin dernier, les chefs d’Etat présents avaient affiché une belle unanimité pour réduire d'au moins 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050 par rapport à leur niveau de 1990. Encore une fois, aucune mesure concrète, comme par exemple des sanctions, n’avait été décidée. Et le représentant russe avait rapidement critiqué la faisabilité de ces engagements. Retour à la case départ.
    En fait, Sarkozy a du mal à masquer l’échec de ces discussions onusiennes à sa propre opinion publique. La Chine, premier pollueur mondial, a pris de timides engagements. Les Etats-Unis sont paralysés par l’agenda national tendu de Barack Obama, où le camp républicain fusille le projet de réforme de santé du président élu. Et l’Europe est mal en point : ses dirigeants ne sont pas mis d’accord sur un point crucial, leur contribution collective au financement des coûts de réduction des gaz à effet de serre produits par les pays en voie de développement. Le 10 septembre dernier, la Commission Européenne leur a transmis un plan sur le sujet, prévoyant un effort annuel oscillant entre 2 et … 15 milliards d’euros.

    La "jungle" d'Eric Besson
    Autre mise en scène, la destruction des campements de fortune de sans-papiers dans la région de Calais a été organisée avec soin. A 7h30 du matin, quelques dizaines de journalistes de tous médias avaient convié. Dès les premiers heurts, ils furent rapidement « expulsés » à leur tour, et tenus à l’écart de la zone. « Beaucoup de migrants ont été choqués », a rapporté l’une des journalistes présentes sur place. Le ministère a expliqué avoir arrêté 278 migrants. La maire de Calais s’est dite « soulagée ». D'aucuns ont rappelé que cette fermeture brutale ne changerait rien, et qu'elle était une cruelle répétition de la fermeture de Sangatte, en 2002, par le ministre de l'Intérieur de l'époque... Nicolas Sarkozy.

    Besson: "J'ai rejoint Sarkozy pour être en photo avec Guaino"

    22 septembre 2009

    International: pourquoi Sarkozy a toujours un vol de retard

    Sarkozy s’est envolé pour les Etats-Unis, pour une semaine de rencontres internationales. Mercredi, il s’exprimera à l’ONU, un exercice qu’il affectionne fort. La veille, l’ambassade de France organise une somptueuse fête pour le Monarque. Vendredi, le sommet de Pittsburgh rassemble les chefs d’Etats membres du G20.

    L’actualité étrangère est riche
    : les bonus bancaires, la préparation du sommet de Copenhague et l’Afghanistan occupent les esprits. Sur ces trois sujets, le président français parle beaucoup, menace souvent, mais convainc peu : sur la régulation du système financier, il suffit de lire les propositions concrètes du « formidable » accord européen pour mesurer combien elles sont modestes. Sur le sommet écolo de Copenhague en décembre prochain, on attend toujours autre chose que des déclarations d’intention. La Sarkofrance se gargarise de sa nouvelle taxe carbone, alors qu’elle reste à la traîne des pays occidentaux, avec les Etats-Unis. Reste l’Afghanistan, un nouveau bourbier (31 soldats français morts depuis 2001, dont la moitié depuis 2007). Nicolas Sarkozy s’était félicité de son alignement sur les positions américaines. Voici qu’il est pris de court par la lucidité de l’administration Obama.

    Sarkozy aurait-il toujours un vol de retard ?
    La déclaration de Barack Obama, dimanche 20 septembre, à propos de l'élection afghane fut peu commentée par les ministres de Sarkofrance: «Des fraudes ont été signalées, cela ne fait pas de doute et cela semble plutôt grave à première vue». Obama prend ses distances. Lui qui avait fait de la pacification de l’Afghanistan sa priorité, au profit d’un désengagement en Irak, est coincé par l’absence de soutien politique au Congrès américain. A l’exception des « faucons républicains », rares sont ceux qui approuvent le renforcement de l’engagement militaire américain en Afghanistan. Un sénateur démocrate affirmait il y a une semaine que “le peuple américain et moi ne pouvons plus tolérer l’envoi de troupes supplémentaires sans un véritable engagement au sujet de la fin de l’occupation”. Un éditorialiste conservateur a renchéri dans le Washington Post : "Dégager, contrôler, reconstruire, voilà la stratégie américaine. Dégager le terrain ? Les talibans peuvent disparaître et revenir ensuite, confiants dans le fait que les forces américaines seront toujours trop peu nombreuses pour conserver ce qu’elles ont acquis. La reconstruction nationale ne sera donc jamais possible, même si nous savions comment procéder” (source: Courrier International).

    Le président Karzaï s’est voulu conciliant. Il a peur. L’allié américain le lâche. "S'il y a eu des fraudes, elles doivent faire l'objet d'une enquête, mais il faut que ces investigations se fassent équitablement et sans ingérence" a-t-il déclaré mi-septembre. Un éditorialiste du Daily Times critique : « Karzaï est un problème, pas la solution » ; « c’est dans les régions pachtounes, au sud et à l’est du pays, que l’influence talibane se fait le plus ­sentir. C’est également dans ces zones que la participation a été la plus faible et que les partisans du président sortant ont procédé au bourrage des urnes. Si tous les votes douteux devaient être annulés, il est probable que seul un faible pourcentage des votes, peut-être 10 à 15 %, serait finalement considéré comme valide. Cette situation remettrait en cause l’élection dans son ensemble. »

    La France dépassée
    Les déclarations d’Hervé Morin en Afghanistan, la semaine dernière, paraissent pour le coup totalement obsolètes : selon le ministre, "le processus démocratique se poursuit. Il n’y pas de crise politique". Il encourage même à la prudence quant à l’organisation d’un second tour, pointant vers les difficultés d’organisation d’un nouveau scrutin : "l’essentiel est que l’ensemble du processus démocratique s’exerce donc que les commissions électorales indépendantes puissent jouer leur rôle. Si à la proclamation des résultats, il faut un second tour, il y aura un second tour. Il est évident que ce second tour ne sera pas simple à organiser puisque nous arrivons aux portes de l’hiver et que ce second tour ne pourrait avoir lieu qu’à la sortie de l’hiver (…). Je ne sais pas si l’Afghanistan peut se payer le luxe d’avoir sept à huit mois encore de campagne électorale et d’instabilité démocratique".

    Difficile pour le gouvernement Sarkozy, d'avouer l'échec de sa diplomatie atlantiste. Depuis 2007, Sarkozy a tout misé sur un rapprochement avec les Etats-Unis, tout en préservant infine des relations européennes dont il avait voulu un temps se passer. Au printemps 2008, il a rompu sa promesse de campagne en décidant seul un renforcement du contingent militaire français en Afghanistan. Concomitamment, il avait réintégré la France au sein du commandement militaire de l'OTAN. Ainsi, promettait-il, la France sera mieux écoutée et pourra infléchir la stratégie de l'alliance atlantique. Sarkozy fut l'un des rares dirigeants de l'alliance à féliciter le président afghan, le 19 août dernier, pour la qualité de l'organisation du scrutin présidentiel. Et aujourd'hui, la France reste l'un des rares pays, avec l'Italie berlusconienne, à n'émettre ni doute ni interrogation sur la suite à donner à ces opérations militaires. Depuis 2007, la Sarkofrance maintient au contraire ses arguments guerriers telle "la lutte contre la barbarie"). En décembre 2007, Sarkozy déclarait déjà, lors d'une visite surprise à Kaboul: "Il se joue ici une guerre, une guerre contre le terrorisme, contre le fanatisme que nous ne pouvons pas et ne devons pas perdre." Elle se transforme surtout en nouveeau bouc-émissaire pour les terroristes islamistes du monde entier.

    Manque de chance, la lucidité américaine le prend de court.

    Lire aussi:

    Cleastream: nouvelle révélation...

    Le procès Clearstream s'est donc ouvert lundi 21 septembre. Même absent du territoire national pour cause de voyage aux Etats Unis, Nicolas Sarkozy est dit attentif à son déroulement. Deux camps s'opposent: celui du président français soupçonne Dominique de Villepin (et par ricochet Jacques Chirac) d'avoir, au mieux, instrumentaliser des listings truqués. Celui de l'ancien premier ministre défend la thèse d'une machination sarkozyenne visant à le disqualifier politiquement.

    Lundi, le site Mediapart a dévoilé un nouveau témoignage, qui a de quoi plonger certains observateurs attentifs de ces tourments dans la plus grande perplexité. Le témoignage est étonnant et troublant. Le beau-frère de Domminique de Villepin explique calmement, face caméra, plusieurs éléments troublants:
    - entre 2002 et 2004, il a connu et fréquenté Imhad Lahoud, cet informaticien qui a reconnu avoir trafiqué les listings Clearstream
    - sur les conseils de Lahoud, il a embauché comme stagiaire la fille de François Casanova, un agent des RG proche de Bernard Squarcini. Ce dernier a été nommé directeur de la DCRI par Nicolas Sarkozy en juillet 2008.
    - Quelques jours après le début du stage de la jeune fille, il l'a surprise dans son bureau en compagnie d'Imhad Lahoud en train de pirater son ordinateur professionnel.

    21 septembre 2009

    Jeunessarkozystes.fr, la poubelle UMP du Net ?

    Les jeunes Sarkozystes ne sont pas tous à l'image du premier d'entre eux, Jean, fils de Nicolas: vigilant à l'égard des "travers" du Web. En l'occurence, un site, récemment ouvert à (quasiment) tous, entend fédérer leurs énergies autour de groupes, blogs et partages en tous genres pour le moins curieux. Sur le site, on peut lire que le Mouvement National des Jeunes Sarkozystes s'autoproclame "plus grande structure « Sarkozyste » de France, puisqu’elle compte plus de 1080 adhérents". 1080 adhérents, fichtre ! La menace est réelle. On devrait les appeler un à un... Mais ce n'est pas le plus grave.

    Un site sans contrôle ?
    Il fallait aller constater de soi-même. Le site jeunessarkozystes est plein d'humour. Guy Birenbaum en a parlé ce midi sur Europe1. L'inscription est aisée. On y découvre des "groupes" sobrement intitulés "Karcher" ("Groupe qui a pour vocation de rassembler tous les jeunes sarkozystes préoccupés par les problèmes de délinquance"), "Prince Jean", ("qui a pour vocation de rassembler tous les jeunes sarkozystes qui soutiennent Jean Sarkozy, futur président de la République, successeur de notre bon Président"), "Jean-Marie Bigard", ("Groupe qui a pour vocation de rassembler tous les jeunes sarkozystes du plus grand humoriste français, Jean-Marie Bigard"), "Aimer la France ou la quitter" ("qui a pour vocation de rassembler tous les jeunes sarkozystes approuvant cette célèbre phrase de notre bon Président : ”La France, tu l’aimes ou tu la quitte”).

    A lire ces "vocations", on reste perplexe. L'UMP veut "investir le Net", paraît-il. Elle l'investit effectivement, mais sans contrôle ni modération. Une vraie poubelle ? Place à Guy Birenbaum qui, comme moi, est allé s'inscrire, pour constater de lui-même l'ampleur de la mobilisation 2.0 des jeunes adorateurs de Nicolas 1er.





    ... nettoyé au Kärcher dès lundi
    L'absence de recul, le premier degré de certaines déclarations d'intentions, paraît lunaire, absurde, grotesque et dépasse souvent la frontière de l'insulte. Sur jeunessarkozystes.fr, pas de place à la distance. Une droite décomplexée qui assume de rire du "trop plein d'immigrés" ou d'insulter celles et ceux qui critiquent l'action du Monarque de l'Elysée. Les administrateurs du site , qui ont donc laissé passer ces dérapages, corrigent le tir dès lundi, et suppriment tous les groupes incriminés. Un militant UMP s'insurge de cette "censure". L'un de ces amis, auteur de ces groupes, a été exclu du site. Le militant confie sa déception :

    "Mon ami Alain Grosnon était inscrit depuis pratiquement 1 mois sur le site des jeunes sarkozystes. Dès lors, il s’est révélé comme l’un des principaux animateur du site, avec un blog décalé (à droite toute !) qui jouissait d’un certain succès, ainsi que la création de nombreux groupes sympathiques qui rassemblaient un grand nombre de membres : Kärcher, Prince Jean, Aimer la France ou la quitter, Rolex, Doc Gynéco, etc…
    Malheureusemnt, sans AUCUN AVERTISSEMENT, Alain n’a pu se connecté ce soir. Son comptes est visiblement fermé ; ses groupes dissous. J’appelle ceci de la pure CENSURE et cela en dit long sur les procédés dont on semble capable sur ce site. Je suis très déçu et nous attendons des explications de la part des webmasters.
    Si vous aussi, vous êtes choqué par cette censure brutale ou si vous souhaitez manifester votre soutien pour Alain Grosnon, n’hésitez pas à donner de la voix par votre commentaire.
    Pour Alain Grosnon, Jean-Michel Leger"

    Sur la page d'inscription de Guy Birenbaum (cf copie d'écran), on peut retrouver trace de ces groupes supprimés.



    Bravo Guy !