13 octobre 2009

"Jean Sarkozy Partout" : le sort du Prince Jean en débat

Nicolas aurait conseillé à son fils Jean de rester coi. La coupe du népotisme de la "France d'Après" est-elle pleine ? Le fiston présidentiel fut d'abord placé dans une circonscription aisée (Neuilly-sur-Seine), puis à la tête du groupe UMP à son conseil général. Le voici parti pour chapeauter le conseil d'administration du plus lucratif établissement public d'aménagement du pays. Mardi, Jean Sarkozy s'exprime, dans les colonnes du Parisien. Une défense a minima qui ne répond pas sur le fonds.

"Depuis que je me suis lancé en politique, j'ai toujours fait l'objet de critiques. Quand on fait ce métier, il faut s'y attendre, s'y préparer. Mais je suis très déterminé, très motivé et j'observe que c'est surtout la gauche qui tire sur moi. Ce sont des attaques très partiales. On oublie vite, ou on fait mine d'oublier, que j'ai été élu conseiller général du de Neuilly-Sud au suffrage universel. Puis élu président de groupe au conseil général des Hauts-de-Seine par mes pairs. Depuis deux ans, je suis sur le terrain, je travaille, j'ai toujours été soutenu par ma majorité. Mais quoi que je dise, quoi que je fasse, je serai critiqué. Ce procès en légitimité, on me le fera toujours. Si je devais être jugé aux raccourcis, aux critiques, aux amalgames dont je suis l'objet, je serais probablement condamné à la perpétuité."
A l’étranger, cette prochaine nomination de Jean Sarkozy à la présidence de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense provoque des commentaires indignés et critiques. En quelques jours, la Sarkofrance est devenue la risée des commentateurs étrangers les plus influents. The Guardian parle de "népotisme", le Times d’"embarras", le Corriere della Serra de « continuité dynastique »

Un journaliste du Times se lâche sur son blog (rapporté par le Figaro) : «Sarko junior, qui passe sa licence de droit, a été élu l'an dernier au Conseil général de ce département [les Hauts-de-Seine, NDLR] à la réputation scabreuse. On lui a aussitôt confié la direction de l'Union pour un mouvement populaire de papa». En Chine, le journal télévisé s’amuse de l’affaire qui frappe la Sarkofrance, si prompte à donner des leçons de droits de l’homme.



Les pantouflages de proches du president (François Pérol, Stéphane Richard) avaient déjà dévalorisé l’image du président français chez certains de nos voisins. En mai dernier, le quotidien allemand Die Zeit célébrait à sa façon le deuxième anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy, avec un article intitulé « Quand Sarkozy joue aux marionnettes ». Le journaliste Michael Kläsgen notait : « Passer de la politique au secteur privé ou dans une entreprise publique avec le soutien du président ou d’un parti, cela n’a rien de nouveau en France. Il existe même un terme pour cela : le pantouflage*. Et pourtant le critère de choix s’est légèrement déplacé. Ce n’est plus la fidélité à un parti qui est décisive, mais la fidélité au président. Et il ne suffit plus de sortir d’une grande école comme l’ENA. Au contraire, cela risque même d’avoir un effet négatif. Sarkozy n’a paraît-il pas réussi le concours d’entrée et, depuis lors, n’aime guère les énarques.

Sarkozy fait danser ses marionnettes et crée son propre système de méritocratie*. Officiellement, le président accorde des promotions à ceux qui l’ont bien mérité ; d’autres parlent de népotisme.
»

En France, l’affaire a pris son envol, notamment grâce à la pétition lancé par Christophe Grebert (32000 signatures lundi soir). L’opposition est montée, avec retard, au créaneau. A droite, les soutiens n’émanent que des fidèles, tels les époux Balkany. Frédéric Lefebvre a parlé de « procès d’intention ». "Cette attaque est pleine de sous-entendus, elle est indigne". Le secrétaire d’Etat aux Commerce, Hervé Novelli, a tenté d’expliquer que la présidence de l’EPAD n’était qu’une « fonction honorifique ».

Libération rappelait samedi d’autres pantouflages familiaux, moins exposés en Sarkofrance : François Guéant (32 ans), fils du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a émargé au cabinet de Rachida Dati. Thomas Devedjian, fils de Patrick le ministre de la Relance, a été nommé directeur du Fonds Stratégique d’Investissement, mis en place par Nicolas Sarkozy pour investir dans les projets de relance…

Rappelez-vous les belles promesses du père, en 2007, pendant la campagne présidentielle : « je veux que les nominations soient irréprochables ».



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6 commentaires:

  1. Il est difficile à aubry de se précipiter vu que son mentor "dsk" a bénéficié de l'appui de sarkosi pour l'obtention de sa place en or à 400 000 dollars...

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  2. Au début de l’année 1995, tous les sondages donnent Edouard Balladur élu président de la République face à Jacques Chirac. Tous les sondages montrent qu’après l’élection présidentielle de mai 1995, le Premier Ministre du président Balladur sera Nicolas Sarkozy. Les grands médias prennent parti contre Chirac. Les grands médias s’engagent en faveur du tandem Balladur-Sarkozy.

    - Premier exemple, en janvier 1995, la présentatrice de TF1 Claire Chazal écrit une hagiographie de Balladur. Ce livre est intitulé « Balladur ». Il est édité chez Flammarion.

    - Deuxième exemple, deuxième hagiographie. En mars 1995, le journaliste de Canal + Michel Denisot publie un livre d’entretiens avec Nicolas Sarkozy, « Au bout de la passion, l’équilibre », édité par Albin Michel. Tout au long du livre, Michel Denisot ne fait que servir la soupe à Nicolas Sarkozy. L’objectif est de montrer aux lecteurs que le jeune Nicolas Sarkozy est en réalité un homme politique raisonnable, calme et équilibré.

    http://www.decitre.fr/livres/Au-bout-de-la-passion-l-equilibre.aspx/9782226076168

    Quatorze ans plus tard, en 2009, Michel Denisot est encore et toujours sarkoziste. Il anime l’émission « Le Grand Journal » sur Canal +. Il défend encore et toujours son ami Nicolas Sarkozy.

    Dernier exemple en date : sur Canal +, le sondage bidon soutenant Frédéric Mitterrand.

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  3. Joli florilège! Et au passage, merci du lien. ;-)

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  4. Dialogue entre Nicolas et Jean Sarkozy.

    - Jean, lis cette feuille.
    - Pourquoi, papa ?
    - C'est des " éléments de langage ".
    - C'est quoi, papa ?
    - C'est des phrases-type, des réponses-type. Tu dois les apprendre par coeur et tu dois les réciter quand un journaliste te pose une question sur l'EPAD.
    - C'est quoi, l'EPAD, papa ?
    - C'est là où on prendra le pognon pour l'élection de mai 2012.
    - Quelle élection de mai 2012, papa ?
    - T'occupe pas. Tu apprends par coeur ces phrases. C'est LOUVRIER qui les a écrites.
    - C'est quoi, l'ouvrier, papa ? J'en ai jamais vu.
    - Non. Pas l'ouvrier. Je parle de FRANCK LOUVRIER.
    - C'est qui, papa ?
    - C'est le mec qui s'occupe de la communication à l'Elysée. FRANCK LOUVRIER m'a dit que tu devais te couper les cheveux, te les faire teindre en châtain, et tu dois mettre des lunettes.
    - Pourquoi, papa ?
    - Parce que tu dois prendre le look des mecs qui bossent à La Défense.
    - Mais non, au foot, je joue en attaque.
    - Tu fais ce qu'on te dit de faire et tu arrêtes de poser des questions.

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  5. La France est devenue une république bananière.

    Le nouveau drapeau de la France :

    http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=284948drapeau.jpg

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  6. Tapez cette adresse internet :
    http://www.sarkopartout.com

    étonnant non ?

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