28 octobre 2009

Sarkozy aux agriculteurs: décryptage d'une manoeuvre


Mardi, Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur l'agriculture ce mardi. Il était brièvement revenu du Cap Nègre, où il se repose pour 15 jours... Parler aux agriculteurs fait partie du plan électoral mis en place ses derniers jours par l'Elysée. Les sondages sont mauvais: les récentes polémiques ont mis à mal une popularité chancelante : une enquête de BVA pour l'Express chiffre à 54% la proportion de Français mécontents du Monarque, dont le bilan à mi-mandat est jugé négatif par une majorité également.

Voici donc le temps de consoler les agriculteurs, de leur expliquer qu'ils sont les plus malheureux du monde, et qu'heureusement Nicolas Sarkozy est là.

Fillon chauffe la salle

François Fillon avait préparé le terrain, en annonçant, vendredi dernier, qu'"un plan massif" allait être confirmé par le Monarque: "le président de la République, le Gouvernement et moi-même, sommes absolument conscients de la gravité de la crise que rencontre aujourd’hui l’agriculture" avait-il déclaré. L'été dernier, les producteurs de fruits et légumes avaient été choqués par les déclarations de leur ministre. Bruno Le Maire avait prévenu qu'il leur faudrait prochainement rembourser environ 500 millions d'euros de subventions européennes reçues il y a 10 ans. La chute du cours des matières agricoles, et les abus de la distribution, ont eu raison de la patience des agriculteurs... Premier souci, la production laitière. La Commission européenne a annoncé lundi dernier quelques 280 millions d'euros d'aides supplémentaires pour la filière laitière en 2010, dont 50 millions pour la France.

Vendredi dernier, avant de partir en vacances, on apprenait que Nicolas Sarkozy avait "arbitré" les grandes lignes de son plan d'aides à l'agriculture. La FNSEA réclamait 1,4 milliards d'euros...

A Poligny, protégé par la police
Nicolas Sarkozy voulait que sa visite soit discrète. Une fuite a contrarié ses plans. Le chef de l'Etat s'est rendu dans une ferme, puis, à coup d'hélicoptère, il a filé à Poligny (Jura), où 800 militaires avaient été déployés. Devant 1000 invités choisis qui l'attendaient dans la salle des sports de Pligny, le voici qui présente son plan, rapidement publié sur le site de l'Elysée.

Sarkozy s'élance. Il veut "témoigner de la solidarité française" à l'égard des agriculteurs: "La crise que traverse l’ensemble du secteur agricole est une crise absolument exceptionnelle car toutes les filières agricoles sont aujourd’hui touchées par une baisse de revenu. Dans cette belle région de Poligny, les exploitations de polyculture et d’élevage connaissent pour la première fois une crise qui concerne toutes leurs productions."

Le Monarque joue d'abord la compassion: pas de salaire décent pour les producteurs de lait pas de crédit pour les primeurs, pas de perspectives pour l'ensemble. Sarkozy se permet de rappeler que l'agro-industrie pèse davantage que l'automobile, un secteur qu'il a pourtant lui-même soutenu dès l'automne, oubliant les autres. Il parvient même à glisser un bout d'identité nationale, affirmant que l'agriculture défends des valeurs françaises essentielles, "celle du travail, et celle de la récompense."

Sarko prête un milliard
Des mesures d'urgence ? "Parce que la crise est sans précédent, notre réponse doit préparer un changement lui aussi sans précédent." Bizarrement, Sarkozy attaque un défaut de régulation mondiale et européenne, puis un défaut de partage de la valeur au sein de la filière: "Entre le mois de septembre 2008 et le mois de septembre 2009 l’indice des prix à la production des produits agricoles a baissé de 20%. Sur la même période, les prix à la consommation des produits alimentaires ont baissé de 1%. Cet écart est sans précédent. Cet écart est inacceptable ! Il révèle une répartition inéquitable de la valeur ajoutée au sein des filières. Cet écart met notre production alimentaire en danger."

Fidèle à son habitude, Nicolas Sarkozy crie fort que (1) le danger est grave mais (2) qu'il ne sera pas démagogue, et (3) fait l'inverse. La démonstration est aisée : Sarkozy annonce d'abord qu'il se refuse à des subventions qu'il faudra rembourser ("Je ne suis pas venu vous annoncer un plan de subventions contraire aux règles européennes, qu’il conviendra de rembourser dans dix ans"), tout comme il refuse tout "système de prix pour la viande ou pour le lait, qui conduirait ensuite certains syndicats, dans dix ans, à payer la facture de la démagogie, parce que le réveil sera alors brutal". Les mesures d'urgence qu'il annonce ensuite sont, pour l'essentiel, exactement ce qu'il fustige.

1. Sa première mesure d'urgence, "sans précédent", est un ...prêt : "un milliard d’euros de prêts de trésorerie, de consolidation ou de restructuration d’encours pour permettre à chaque agriculteur en difficulté de pouvoir assainir sa situation de trésorerie de 2009 et engager immédiatement les dépenses d’investissement pour les prochaines campagnes". Un prêt, ça se rembourse, non ?
Sur ce milliard d'euros, l'effort de l'Etat sera de ... 60 millions d'euros, sous forme de bonification des taux d'intérêts... Bel effort !
2. Seconde annonce, Sarkozy annonce... 200 millions d'euros de subventions: "une enveloppe de 200 millions d’euros pour alléger les charges d’intérêts d’emprunts de 2009 et 2010 dues par certains agriculteurs en difficulté et, d’autre part, accompagner les restructurations des exploitations."
3. Autre subvention, l'Etat financera 50 millions d'euros de cotisations à la Mutualité Sociale Agricole. Sarkozy ne rend même pas d'une main ce qu'il a pris d'une autre : dans les comptes de la Mutualité Sociale Agricole à fin septembre 2009, les franchises médicales représentaient 67 millions d'euros à fin septembre à la charge des agriculteurs malades.
4. L'Etat paiera également 50 millions d'euros de Taxes sur le Foncier Non Bâti.
5. En 2010, l'Etat remboursera 170 millions d’euros de taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers et de taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel.
6. Autre promesse similaire, l'Etat remboursera 75% de la future taxe carbone, soit 120 millions d'euros.
Italique
Sarko parle, mais ne régule rien
Du côté des promesses de régulation, le monarque reprend ses formules d'il y a un an, au plus fort de la crise financière: "L’économie de marché ce n’est pas la primauté donnée au spéculateur. C’est la primauté donnée à l’entrepreneur, et l’agriculteur est un entrepreneur, c'est la récompense du travail, de l’effort et de l’initiative." Les annonces sont rarement concrètes : ill exorte d'abord l'Europe à prendre des mesures contre la spéculation boursière sur les marchés de matières premières. On croit rêver. Que peut donc l'Europe contre cela ?
Sarkozy explique ensuite les objectifs qu'il fixe à la nouvelle Politique Agricole Commune, après 2013: respect d'une "préférence communautaire renouvelée" (sans indiquer ce qui changerait par rapport à la situation actuelle), création de "véritables outils de gestion des marchés" (lesquels ?), subventions à la production "dans les territoires fragiles, en particulier dans
les zones herbagères et de montagnes", et soutien à la filière bio.

La chose fut incroyable, comme souvent : Sarkozy assène sa détermination sans jamais préciser à propos de quoi, si ce n'est de vagues objectifs. Dans l'assistance, personne ne moufte. On retient la forme, jamais le fonds.
"C’est clair, pas de ligne Maginot, pas de retour en arrière catastrophique et démagogique. On sait où on veut aller et on ira ensemble : agriculteurs, entrepreneurs, producteurs, travailleurs. C’est cela la nouvelle régulation que nous allons porter."
Sarko confond loi et action
Troisième volet (après les mesures d'urgence, et les grands objectifs de la future régulation), les "réformes" nationales à travers une "loi de modernisation de l'agriculture". Faute d'agir, on communique et on légifère:
1. Sarkozy propose ainsi de définir le métier d'agriculteur (sic !): "Il nous faut donc une définition rénovée du métier d’agriculteur en tant qu’entrepreneur responsable, et cette définition du métier d’agriculteur sera au cœur de la loi de modernisation de notre agriculture". Tout ça pour définir des "contrats de filières", par accords interprofessionnels ou décrets, pour contractualiser la relation entre les agriculteurs et leurs clients.
2. Autre effet de communication, sur l'un des sujets les plus chauds du moment: la transparence des prix, du producteur au consommateur final. Le monde agricole attend une intervention de l'Etat. Ce dernier se défausse. Et Sarkozy aussi: il ne promet aucun mécanisme de régulation, sur un sujet pourtant à portée de main. Simplement, "Nous allons donc renforcer considérablement l’observatoire des prix et des marges dans le secteur agricole par la loi de modernisation de notre agriculture".
3. Sarkoz promet aussi une simplification et une mise en cohérence des "règles existantes en matière environnementale et sanitaire aux niveaux national et européen" ; ça ne mancge pas de pain, et ça fait plaisir.

De cette dernière partie, les employeurs agricoles ne retiendront qu'une chose : ils seront exonérés de charges patronales pour l'embauche de travailleurs saisonniers (coût 170 millions d'euros par an).
La France a un lien charnel avec son agriculture, j’ose le mot : avec sa terre. Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française.
Ces quelques mots de conclusions révèlent la farce.

Une manoeuvre électorale, comme hier avec Eric Besson et son débat sur l'identité française.

6 commentaires:

  1. Charles Pasqua vient d’être condamné à un an de prison ferme. Charles Pasqua n’a pas été sauvé par Nicolas Sarkozy. Du coup, Charles Pasqua veut entraîner dans sa chute tout le clan Balladur-Sarkozy !

    Sur France 2, mardi 27 octobre dans le journal de 20 heures, Charles Pasqua balance en direct tout le clan Balladur-Sarkozy :

    - Charles Pasqua : Je demande au président de la République de lever le secret-défense sur TOUTES les ventes d'armes, sur toutes ces opérations qui ont été réalisées à l'étranger afin que l'on sache s'il y a eu DES RETOURS DE COMMISSIONS en France et qui en a bénéficié.

    - Marie Drucker : Vous pensez auxquels par ailleurs ?

    - Charles Pasqua : Moi, je ne pense à personne, moi. Moi, je suis très serein. »

    http://jt.france2.fr/player/20h/index-fr.php?jt=20091027&timeStamp=186

    1- Alors que Marie Drucker l’interroge seulement sur la vente d’armes à l’Angola, Charles Pasqua prononce soudain l’expression : « TOUTES les ventes d’armes ».

    Charles Pasqua élargit brutalement le sujet : il commence à parler de TOUTES les ventes d’armes, c’est-à-dire des ventes d’armes à d’autres pays que l’Angola : Charles Pasqua fait allusion à la vente des sous-marins au Pakistan en 1994.

    2- Charles Pasqua parle ensuite de « retours de commissions en France ». C’est un coup de tonnerre !

    Là encore, Marie Drucker ne l’a pas du tout interrogé une seule seconde sur cette possibilité de « retours de commissions en France ».

    C’est Charles Pasqua lui-même qui aborde brutalement ce nouveau sujet : il commence soudain à parler de rétro-commissions !

    Charles Pasqua fait allusion aux rétro-commissions liées à la vente des sous-marins au Pakistan.

    En 1994-1995, quand le clan Balladur-Sarkozy vendait des sous-marins au Pakistan, des commissions occultes partaient de France et elles étaient versées à des Pakistanais. En échange, les Pakistanais reversaient des rétro-commissions au clan Balladur-Sarkozy.

    3- Sur France 2, devant des millions de téléspectateurs, Charles Pasqua vient d’envoyer un message à Balladur et à Sarkozy. Ce message est le suivant : « Bon, d’accord, je viens d’être condamné à un an de prison ferme. Vous ne m’avez pas sauvé. Alors écoutez-moi bien : si je tombe, vous tomberez avec moi. »

    RépondreSupprimer
  2. @Juan:

    Merci pour cette analyse complète du déplacement de Chouchou dans le Jura, et le décryptage de l'enfumage élyséen au sujet de l'agriculture.

    @BA :

    merci pour m'avoir fait connaître cette perle en provenance de Tonton Charlie, qui effectivement envoie un message clair à qui-on-sait.

    RépondreSupprimer
  3. Edouard Balladur s'est déclaré favorable mercredi à la levée au moins partielle du secret défense dans l'affaire de l'Angolagate, tout en démentant avoir eu connaissance de ces ventes d'armes à l'époque où il était Premier ministre.
    Interrogé lors de l'émission "Questions d'info" sur la chaîne LCP sur l'affaire de l'Angolagate et les affirmations de Charles Pasqua sur le fait que l'Elysée et Matignon avaient été au courant des ventes d'armes à l'Angola de 1993 à 2000, M. Balladur a répondu: "Non, je n'en ai pas été spécialement informé", avant de préciser "pas du tout".
    A la question de savoir si aucune information à ce sujet n'était arrivée sur son bureau, l'ancien Premier ministre de 1993 à 1995 sous la présidence de François Mitterrand a déclaré: "Pas que je me souvienne, non".
    Cependant, "les ventes d'armes, elles ont commencé bien avant" 1993, a-t-il remarqué, et "le problème des ventes d'armes en France est un problème récurrent depuis que la France fabrique des armes".
    "Je ne sais pas dans quelles conditions le procès s'est déroulé, mais si véritablement (Charles Pasqua) n'a rien à se reprocher, je comprends qu'il soit en colère", a-t-il ajouté, refusant de mettre en cause "de façon brutale et injurieuse" son ancien ministre de l'Intérieur.
    "Plus on fera apparaître la vérité dans ce genre d'affaires, mieux ce sera", pas seulement concernant "les ventes d'armes", a-t-il souhaité, mais "il faut savoir où mettre la ligne de partage" entre les "intérêts de l'Etat" et ceux "des citoyens".

    http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20091028.FAP0504/ventes_darmes_a_langola_balladur_favorable_a_la_levee_d.html

    Que signifie cette dernière phrase d'Edouard Balladur ?
    "il faut savoir où mettre la ligne de partage entre les intérêts de l'Etat et ceux des citoyens".

    Edouard Balladur veut dire ceci :

    1- Les intérêts des citoyens français :

    les citoyens français veulent savoir la vérité à propos de toutes les ventes d'armes, à propos des commissions, et à propos des rétro-commissions qui revenaient en France remplir les caisses des partis politiques.

    2- Les intérêts de l'Etat :

    si les citoyens français apprennent la vérité à propos de l'Angolagate, à propos du Karachigate, etc. la Vème République explose car des anciens premiers ministres et des présidents de la République sont mouillés.

    RépondreSupprimer
  4. Contre attaque Angolagate : Qui est réellement visé par Charles Pasqua ?

    Les menaces à peine voilées de Charles Pasqua, en réaction à sa première condamnation à de la prison 'ferme' ne sont-elles dirigées que vers l'ancienne équipe au pouvoir, dont en particulier son grand ami et complice dans la conquête du pouvoir, Jacques Chirac, duquel il 'divorce' en 1995 pour rejoindre l'équipe renégate d'Edouard Balladur, ou visent-elles également l'exécutif actuellement en place ?

    Concrètement, seul Nicolas Sarkozy aurait aujourd'hui le pouvoir de lui éviter l'invraisemblable pour cet homme qui a été longtemps présenté comme celui qui a 'fait' l'histoire du gaullisme à partir des années soixante-dix : passer ne fut-ce qu'une minute, une heure derrière les barreaux.

    Ce message sur A2 doit être lu entre les lignes : en demandant la levée du secret défense sur 'tous' les dossiers de vente d'armes, ce sont bien les rétrocommissions pakistanaises sur les ventes de sous-marins par la DCN qui sont l'enjeu de ce chantage.

    Et ce dossier est le premier grand scandale politico-financier qui pourrait mettre directement en cause l'actuel hôte de l'Elysée ! Voir le récent article du 'Temps' au sujet du volet genevois de cette affaire.

    .../...

    Pour la première fois, au sortir de ce procès de l'Angolagate, il est question de prison ferme et là, est sans doute franchie à son encontre la dernière ligne, celle qu'il croyait indépassable, la 'plus que' rouge.

    A 83 ans, quelques mois avant de subir un nouveau jugement devant la Cour de justice de la République dans le cadre de trois autres dossiers remontant à l'époque où il était ministre de l'Intérieur sous Edouard Balladur, et pour lesquels il encourt jusqu'à dix ans de prison, l'animal de combat qui toute sa carrière a été au coeur des embrouilles de la droite française, pourrait bien donner la clé de son coffre fort à photocopies et … tout faire sauter.

    "Mani pulpite" à la française encore possibles en 2009 ? Avec quelles conséquences, dans une société déjà littéralement 'fracturée' dans un psycho-drame collectif à mi mandat de l'apprenti sorcier actuellement au pouvoir ?

    Nombreux doivent être ceux, dans les arcanes du pouvoir, qui prient en silence qu'un accident ou un brusque arrêt du coeur de ce grand 'commis de l'Etat' interrompe ce compte à rebours !


    Extraits de l'article publié sur Pnyx.com - AngolaGate: Pasqua coupable ? http://www.pnyx.com/fr_fr/sondage/385

    RépondreSupprimer
  5. Sur le site internet du Figaro, mercredi 28 octobre, Charles Pasqua jette quelques bombes. En tout, Charles Pasqua balance huit hommes politiques :
    - Pour la période 1993-1995 : François Mitterrand, Edouard Balladur (Balladur est littéralement flingué par Pasqua dans cet interview), Edmond Alphandéry, François Léotard.

    - Pour la période 1995-1998 : Jacques Chirac, Alain Juppé, Jean Arthuis, Charles Millon.

    Dans cet interview extraordinaire, Charles Pasqua ne prend plus de gants, il flingue, il balance, il dénonce, il donne les noms, il ne correctionne plus, il dynamite, il disperse, il ventile.

    .

    LE FIGARO. - Vous n'étiez pas mardi à l'audience pour la lecture du verdict sur l'Angolagate. Aviez-vous peur d'un mandat de dépôt à l'audience ?

    Charles PASQUA. - Pas du tout. Je n'ai pas eu peur de la prison. Je vous rappelle que je suis parlementaire et que l'immunité ça existe. Personne ne savait d'ailleurs ce que le tribunal allait dire. Mes avocats, qui m'avaient conseillé de m'y rendre, étaient plutôt optimistes : ils pensaient même à une relaxe ! Lorsqu'on est venu m'annoncer la décision, dans l'après-midi, je me suis dit qu'il s'agissait d'un jugement aberrant.

    LE FIGARO. - Le porte-parole du gouvernement laisse entendre que votre demande de levée du secret-défense pourrait être examinée. Qu'en attendez-vous ?

    Charles PASQUA. - Je vois que cela progresse… Tant mieux ! Dans l'affaire de l'Angolagate, de nombreux documents ont été classifiés secret-défense, et le tribunal n'a pas pu y avoir accès. Or, avec ces documents, on aura la preuve que tout le monde était au courant des ventes d'armes à l'Angola.

    LE FIGARO. - Tout le monde ? Qui visez-vous ?

    Charles PASQUA. - Le président de la République, le premier ministre, le ministre des Finances et le ministre de la Défense. Tous les quatre étaient forcément au courant.

    LE FIGARO. - De quelle période parlez-vous ?

    Charles PASQUA. - Sous le mandat de François Mitterrand de 1993 à 1995, puis sous la présidence Chirac de 1995 à 1998. Plus, les deux premiers ministres concernés que sont Édouard Balladur et Alain Juppé.

    LE FIGARO. - Édouard Balladur a pourtant affirmé hier « ne pas avoir eu d'information » au sujet de ce trafic d'armes…

    Charles PASQUA. - Balladur peut dire ce qu'il veut. Malheureusement pour lui, un document a été présenté au tribunal montrant que son directeur de cabinet lui avait fait remonter une note. M. Balladur n'a plus de mémoire, cela peut arriver.

    http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/29/01002-20091029ARTFIG00007-charles-pasqua-que-chirac-prenne-ses-responsabilites-.php

    RépondreSupprimer
  6. Il faut que Sarkozy rembourse sa douche à 245 572 euros, douche jamais utilisée, construite à l'occasion du sommet de l'Union pour la Méditerrannée, à 500 mètres de son logement de fonction.

    Pour signer la pétition pour le remboursement de la douche de Sarkozy

    http://www.impots-utiles.com/petition-pour-le-remboursement-de-la-douche-de-sarkozy-a-245-572-euros.php

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.