22 décembre 2009

Comment oublier Copenhague ?


Lundi 21 décembre, premier jour "officiel" de l'hiver, la Sarkofrance encore enneigée et troublée par des grèves de transports (et le transport minimum ?) et des blocages d'Eurostar tentait de reprendre l'initiative. Nicolas Sarkozy, au repos depuis samedi, a fait savoir qu'il convoquait le président de la SNCF pour lui demander «une reprise effective du trafic dès mardi 22 décembre». Cruelle situation ! Le Monarque voulait faire croire, ces jours derniers, qu'il allait sauver la planète du réchauffement climatique. Le voici transformé en chef de gare sur le Paris-Londres !

Parler d'Eurostar
Les transports publics d'Ile de France souffrent encore de grève. certains médias tentent bien de mobiliser les "usagers" contre des cheminots stressés. Rien n'y fait. Le mouvement se poursuit sans soulever de polémique. On entrevoit une sortie, après près de deux semaines de blocage et 5 millions d'euros de pertes pour la RATP. Le gouvernement essaie de faire oublier l'un de ses premiers échecs. le controversé "service minimum" n'existe qu'à l'Elysée.

L'Eurostar lui aussi fut bloqué, mais cause de quelques flocons. Le sang de Sarkozy n'a fait qu'un tour. Lundi, il a convoqué Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, pour avoir quelques explications. Sarkozy, chef de gare ? Le communiqué de lundi 13h58 est ... lunaire :
"Dans l’attente de la remise des conclusions de l’enquête indépendante menée par deux personnalités, française et anglaise, le Président de la République a demandé que :
- une reprise des trafics soit effective dès demain mardi 22 décembre ;
- soit réunie d’urgence la commission franco-britannique compétente pour les circulations dans le Tunnel sous la Manche.
- un dispositif d’information des voyageurs soit immédiatement mis en place."
Sarkozy est déçu. On pouvait lire sa déception sur son visage, vendredi soir dernier, lors de sa "conférence de presse" à l'issue du sommet raté de Copenhague. "Nous avons un accord" déclarait il avant de laisser échapper une mine tendue (cf. la photo). Dès le lendemain, les communicants de l'Elysée cherchaient divers prétextes pour éteindre la déception dans les médias français.

Recadrer le débat
A droite, on aimerait que Nicolas Sarkozy "recadre" le débat sur l'identité nationale. Alain Juppé s'est fendu d'une large critique contre l'initiative d'Eric Besson dans les colonnes du Parisien dimanche dernier. Les critiques risquent d'être déçues : Eric Besson a au contraire annoncé que le débat se prolongerait jusqu'à la fin de l'année 2010. Les couacs et bourdes n'ont pas suffit. Le ministre de l'identité nationale persiste à croire que le débat passionne les Français. Il n'en est rien.
Les études d'opinion disent le contraire. Selon un sondage CSA pour le Parisien, 29% des sondés veulent l'arrêt du débat sur l'identité nationale, 21% sa suspension. Seuls 25% des sondés se disent satisifaits par la tenue d'un débat.
Source : L'Express
Les rencontres locales sont affligeantes, à en croire tous les témoignages. Quand elles ne sont pas quasi-vides, les salles, animées par des préfets désemparés, sont remplies de militants droitistes qui vident leur sac xénophobe. Les pétitions contre ce débat se multiplient. Les échanges entre majorité et opposition se tendent. Des responsables socialistes ont sonné la charge contre Eric Besson. Ce dernier s'est dit "endurci" mais "blessé", au micro de RMC la semaine dernière.

Oublier Copenhague
François Fillon s'est envolé pour la Chine. Il va essayer de vendre quelques EPR à l'encombrant allié de l'UMP. En Chine, Fillon a un objectif: faire oublier Copenhague. Copenhague a fait deux victimes: Sarkozy et Fillon. Mais les relations franco-chinoises, réchauffées depuis mai 2007, n'ont pas été d'une grande utilité. La Chine s'y est montrée franchement timide. Elle a notamment refusé toute transparence sur la vérification de ses propres engagements en matières de réduction des émissions de gaz à effet de serre. A tel point que Nicolas Sarkozy a failli se fâcher. Et la secrétaire d'Etat à l'écologie a commis une bévue diplomatique en déclarant, à l'issue de Copenhague, que l'attitude chinoise était "totalement fermée". La Chine se fiche éperdument des rotomontades sarkozyennes. "Bien sûr, la France, comme l'ensemble de l'Union européenne, aurait souhaité que l'accord de Copenhague aille plus loin. Mais il y a un accord" a expliqué Fillon. Le ministre britannique de l'Ecologie, Ed Miliband, a été très clair, en accusant la Chine d'avoir «détourné» la conférence.

Calmer les Suisses
L'énervement suisse fait désordre. Le voisin helvétique a peu apprécié que la liste de 3000 noms de contribuables français réfugiés en Suisse brandie comme un trophée par Eric Woerth en août dernier ait été en fait volée par un ancien informaticien de la banque HSBC. On pourrait de surcroît critiquer l'efficacité des services de Bercy: l'informaticien avait 130 000 noms en sa possession. Tout ça pour ça ? Eric Woerth a commis une belle bavure. Il a tellement énervé les Suisses que ces derniers ont menacé de ne pas ratifier la convention d'échange d'informations fiscales franco-suisse. Patatras ! Le discours sarkozyen sur la "disparition" des paradis fiscaux aurait pris en coup.
Lundi, la Sarkofrance s'est donc couchée : elle rendra les listings à la Suisse; "le parquet général en liaison avec le ministère de la Justice a analysé les éléments de la demande d'entraide suisse. Il n'y a pas d'élément particulier qui conduirait à une absence de transmission" a expliqué le procureur général d'Aix-en-Provence François Falletti, saisi de l'affaire.

1 commentaire:

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