7 décembre 2009

Le débat sur l'identité nationale : "sublime" selon Eric Besson

Vendredi, les débats organisés par l'institut Montaigne sur le thème "Qu'est-ce qu'être Français ?", organisés avant qu'Eric Besson n'organise le même débat éponyme, ont été l'occasion pour François Fillon et Eric Besson de calmer les critiques et recadrer le débat. Si le premier y est presque parvenu, le second a dérapé. Comme souvent.

C'est plus fort que lui
Vendredi, le quotidien Libération publiait un appel d'une vingtaine de chercheurs en sciences humaines demandant la suppression du ministère de l'Identité Nationale: "Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…" Et le débat lancé par Eric Besson est sans doute un point d'orgue.
Le ministre a préféré ne pas réagir. Il participait à une fichue réunion. Il y a eu quelques fulgurances, souvent douteuses. Dans une table ronde tenue avant l'intervention du premier ministre, le ministre a trouvé le débat "sublime". Rien que ça.

"Il m'a suffit de pousser un petit peu la boule pour qu'elle roule"

"Parfois elle m'échappe en bien et je trouve sublime ce qui remonte. Et puis parfois elle m'échappe par des dérapages que je déplore. Mais tout ça fait partie du débat politique et c'est pour ça que c'est excitant"
La perle est venue plus tard, ailleurs, mais du même ministre, à propos du dérapage médiatisé d'un maire UMP lundi dernier:
"Il a tort ! Je me réjouis qu'il y ait des réflexions de comptoir, ça fait partie de l'identité nationale"
Soufflez sur la braise, Monsieur le ministre. Elle est encore chaude.

Fillon et le sale boulot.
Vendredi dernier, François Fillon a eu également quelques difficultés à recadrer le débat. Les minarets suisse ont perturbé le "chef" du gouvernement. Il s'est réfugié dans l'urbanisme pour justifier sa prudence: "Il est normal et légitime que les pratiquants puissent exercer leur foi dans des conditions dignes. Je préfère des mosquées ouvertes à des caves obscures. Quant aux minarets, qui sont d'ailleurs assez peu nombreux en France, je dis simplement qu'ils doivent s'inscrire de façon raisonnable et harmonieuse dans notre environnement urbain et social. Et la meilleure façon qu'ils le soient c'est de faire confiance pour cela aux maires de nos villes".



Hortefeux, l'héritage
Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, était l'invité de Dimanche+ sur CANAL+, ce 6 décembre. L'idée nationale, c'était son ancien ministère. Il l'a créé. Anne-Sophie Lapix l'interrogeait sur ce débat qui prend l'eau. Fallait il engager ce débat ? Oui, selon Hortefeux, car "la France est une société fragile", et "il faut veiller à la cohésion nationale." "Le débat sur l'identité, ce n'est pas un débat sur l'immigration," même si "l'immigration en fait partie." Le ministre refuse les critiques contre les dérapages racistes et xénophobes. Interrogé sur la polémique suisse relative à la construction de minarets, Hortefeux lit ses notes, et ... se réfugie derrière une citation du Maréchal Lyautey, qui date de 1922: "les tours catholiques de Notre-Dame ne sont pas jalouses."

Brice Hortefeux avait d'autres chats à fouetter. Mercredi, des policiers sont allés manifester - vous avez bien lu - contre les réductions de budget et d'effectif, mais aussi la "politique du chiffre". Le ministre de l'intérieur conteste la formule :" je n'ai pas de politique du chiffre. Je demande des résultats." On joue sur les mots. Sur les effectifs, Hortefeux se réfugie derrière la politique générale du gouvernement de réduction des effectifs de la Fonction Publique. Il espère que la mutualisation des moyens de la police et de la gendarmerie permettra de faire des économies.

Immigration ou insécurité, les deux sujets se retournent contre la majorité. On saura en mars prochain si le camp des pompiers pyromanes a pris feu ces jours-ci.

Une fois de plus, le contre-exemple vient d'outre-Atlantique. Aux Etats-Unis, la crise a des conséquences inattendues. Le New York Times, cité par Courrier International, témoigne de rapprochements inespérés, entre Blancs et Noirs, devant l'adversité: "A l’époque du boom immobilier, le comté de Henry, dans la banlieue d’Atlanta, n’était pas épargné par les tensions raciales. De plus en plus de Noirs se joignaient en effet aux dizaines de milliers de personnes qui affluaient en masse dans la région, approfondissant le fossé qui séparait les nouveaux venus des résidents de longue date. Mais la récession a commencé à aplanir les différences."

2 commentaires:

  1. La fiscalisation des accidentés du travail votée.

    Le Sénat a voté lundi 7 décembre une mesure qui vise à soumettre à l'impôt les indemnités versées aux accidentés du travail.

    Les sénateurs, qui examinaient le projet de loi de finances 2010, ont voté cette mesure que les députés avaient déja adoptée le 13 novembre dernier et qui concerne aussi les victimes de maladie professionnelle.

    Cette mesure, qui limite la part de fiscalisation à 50 % du revenu, s'appliquera à partir de 2011 sur les indemnités versées en 2010.

    L'Assemblée avait alors voté un amendement, dont l'initiative revenait à Jean-François Copé, le président du groupe UMP du Palais-Bourbon, malgré la vive opposition de la gauche et de quelques élus de la majorité.

    Le vote du Sénat intervient le jour où paraît dans "Le Parisien" un sondage IPSOS réalisé pour la FNATH-Association des accidentés de la vie, qui affirme que 65 % des personnes interrogées se déclarent opposées à une telle fiscalisation.

    http://info.france2.fr/france/La-fiscalisation-des-accident%C3%A9s-du-travail-vot%C3%A9e-59496829.html

    RépondreSupprimer
  2. L'ancien attaquant international Eric Cantona a estimé aujourd'hui qu'être français ce n'est pas "chanter la Marseillaise" ou "lire la Lettre de Guy Môquet", mais d'abord être "révolutionnaire" face à un "système" qui contraint notamment des gens à vivre "dans la rue".

    "Etre français est-ce que c'est devoir parler français, chanter la Marseillaise, lire la lettre de Guy Môquet? Ca c'est être con!", a-t-il lancé, interrogé sur son sentiment face au débat sur l'identité nationale, lors de la présentation à la presse de son livre de photographies de personnes mal logées réalisé pour la Fondation Abbé Pierre. "Je ne dis pas que chanter la Marseillaise c'est être con, mais bâtir tout ça (l'identité) sur ça...", a-t-il précisé.

    "Etre français c'est être révolutionnaire, d'abord (...) On ne peut pas accepter tout ce qui se passe", a ajouté ce petit-fils d'immigrés espagnols et italiens, membre du Comité d'Amis et de Parrains de la Fondation. Les responsables politiques "balancent ce débat avant les élections. Tout le monde en a conscience mais (...) on leur sert la soupe car c'est ce qu'ils veulent", a-t-il dit. "Donc arrêtons d'en parler, et parlons de choses beaucoup plus sérieuses et beaucoup plus graves".

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.