24 décembre 2009

Régionales : qui a encore envie de Sarkozy ... à l'UMP ?


Mardi, Nicolas Sarkozy recevait (presque) toutes les têtes de liste UMP aux prochaines élections régionales. "Il a remonté les troupes et nous a dit qu'il fallait avoir envie" a déclaré un des participants. Mais, à l'UMP, qui a encore envie de Sarkozy ?

«Chez moi, Fillon est très bien adapté pour ma campagne. Avec Sarkozy, je redoute un mauvais buzz.» Cette confession anonyme d'un ministre, rapportée par le Figaro il y a quelques jours, a de quoi surprendre. Nicolas Sarkozy fait peur. Non pas qu'il inspire une quelconque crainte parmi les responsables de son camp. On craint plutôt qu'il ne porte la poisse. Un comble pour le président qui ne ménage pas son soutien à l'UMP... en vue de la prochaine élection présidentielle.

La mauvaise campagne
La réunion des têtes de listes UMP aux prochaines élections régionales mardi 22 décembre à l’Elysée a été l’occasion d’un retournement politique. Il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy avait fixé quatre thèmes de campagne à son clan : la fiscalité, où il fallait opposer la soit-disante mauvaise gestion des régions socialistes à la modération (inconséquente) du gouvernement, l’insécurité – l’ADN politique du Monarque -, l’identité nationale – ou plutôt l’immigration, afin de raviver la flamme frontiste qui sommeille dans le programme sarkozyen. Et enfin l’environnement, assumé sous le curieux vocable d’écologie populaire. Aujourd’hui, le président a dû changer son fusil d’épaule. Des quatre thèmes retenus par l'UMP pour faire campagne - fiscalité, insécurité, identité, environnement - deux sont tombés à l'eau. Le fiasco du sommet de Copenhague a plombé l'argument écolo du Monarque. Mercredi, le Monarque a annoncé vouloir réunir les pays des grands bassins forestiers pour discuter réchauffement climatique. Il faut faire oublier l'échec.
Le débat identitaire d’Eris Besson suscite lui des inquiétudes au sujet d'une résurgence du FN, et rebute largement à droite, y compris chez des ministres-candidats. L'un d'entre eux, toujours anonyme, a confié son pessimisme au Figaro: «Je n'ai pas beaucoup de chances de gagner, mais je pensais que d'autres y arriveraient beaucoup plus facilement. J'ai maintenant l'intuition que rien ne pourra renverser la tendance, ni pour moi, ni pour mes collègues.»
En matière d'insécurité, Brice Hortefeux a quelques difficultés à promouvoir son action, statistiques floues à l’appui. Reste la fiscalité, où Nicolas Sarkozy a mardi encore fustigé la « folie fiscale » des régions de gauche.

Cacher Sarkozy du terrain
Le Monarque a donc élargi le spectre des thèmes de campagne qu’il suggère son camp :
- assumer le bilan national du gouvernement, notamment en matière de lutte contre la crise.
- élargir les sujets à « l'emploi, la sécurité dans les transports, la vidéoprotection, la réforme territoriale »

Surtout, l'Elysée cherche à préparer son camp au succès modeste : «Chaque région gagnée sera une victoire» affirmait Xavier Bertrand. La droite rêve de l'emporter en Champagne-Ardenne (Jean-Luc Warsmann), en Franche Comté (Alain Joyandet), dans la région Centre (Hervé Novelli) et en Picardie (Caroline Cayeux). Sur ces 4 régions, il y aurait fort à dire sur les candidats présidentiels. Warsmann est ce curieux député qui, à la présidence de la commission des lois, "sauva" la Scientologie de la dissolution par un amendement bien trouvé en septembre dernier. Alain Joyandet est l'actif et discret secrétaire d'Etat à la Françafrique - pardon, la Coopération. Hervé Novelli, secrétaire d'Etat au commerce et aux PME, est empêtré dans la niche fiscale inefficace accordée à la restauration en juillet dernier.

Sarkozy devrait-il intervenir sur le terrain ? "On ne m'enfermera pas" a-t-il prévenu mardi. Mais qui veut l'enfermer ? Les candidats UMP ?

Le président français n'aurait pas "arrêté" sa décision de participer, "sur le terrain" à des meetings de campagnes. Fillon, lui, ira au front. Mardi dernier, le chef de l'Etat a reçu à l'Élysée les vingt-deux têtes de la liste de l'UMP. Les moyens du Palais sont ainsi régulièrement privatisés pour le compte du parti présidentiel. On s'interroge: Eric Woerth, ministre du budget, refacturera-t-il les boissons et viennoiseries à Eric Woerth, trésorier de l'UMP ?

Un peu plus tôt dans la journée, Nicolas Sarkozy et son épouse Carla étaient allés jouer au couple royal et charitable auprès d'enfants malades dans un service pédiatrique à Créteil.

Il faut soigner l'image.

Jusqu'au bout.

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