Cette semaine, la Sarkozie toute entière était préoccupée par sa défense. Les mouvements de grèves et de manifestations du 29 janvier dernier ont contraint le chef de l'Etat à s'exprimer jeudi. La publication d'un brulot contre Bernard Kouchner a conduit se dernier à se défendre dès mercredi.
Nicolas Sarkozy écoute mais ne répond pas
Après un faux suspense de quelques jours, le président français est intervenu à la télévision jeudi soir. L'Elysée choisit le lieu, le décor, la mise en scène, les médias, les questions, et même les journalistes pour les poser. Certains journaux, proches ou non, eurent quelques primeurs pour mieux rebondir dès l'interview terminée. Jeudi 5 février, l'ORTF était revenue, version TNT, puisque TF1, France2, M6, et les chaînes d'information retransmettaient le grand oral. Pour le son en stéréo, il suffisait de se brancher sur RTL. 57% des téléspectateurs, soit 15 millions de personnes, ont regardé l'intervention du président. Un joli score pour un show multidiffusé et multipromu. Et Sarkozy a parfaitement joué la carte de la compassion : "c'est vrai qu'il va falloir qu'on discute avec les enseignants de leurs conditions de vie" ;"que les Français soient inquiets, c'est normal (...) je le comprends, je l'entends."
Malheureusement, les vraies questions furent rarement posées, et les fausses réponses du président ne furent pas contestées. Laurence Ferrari a sombré dans un mutisme remarquable. David Pujadas n'a pas trouvé les mots pour contester la scabreuse démonstration de Sarkozy sur la soit-disante indépendance future des patrons de l'audiovisuel public. Alain Duhamel n'a pas posé la question éthique du scandale Kouchner. Et quand Sarkozy ment en déclarant avoir découvert EDVIGE dans la presse, mais personne ne relève. Rendormez-vous.
Le président a donc bien joué, ce jeudi. Il est parvenu à rester hors sujet pendant 96 minutes. Un zest de social et compassion: il ouvre des pistes, mais ne propose aucune décision, en préférant laissant "une place au dialogue" lors de sa prochaine réunion avec les partenaires sociaux le 18 février. Il enfume son assistance avec le soit-disant reversement des intérêts payés par les banques à l'Etat à la politique sociale...
Sarkozy fait semblant d'être social.
Jeudi, Sarkozy s'est limité à ouvrir quelques pistes, par ailleurs très coûteuses. La meilleure indemnisation des salariés au chômage partiel et l'amélioration de la couverture chômage pour les personnes en fin de CDD et pour les jeunes sont de vrais sujets. On rétorquera, parce que Nicolas Sarkozy n'en a pas parlé lui même, que les chômeurs ont été précarisés par sa politique depuis 20 mois. Pour des raisons essentiellement idéologiques il s'est épargné d'annuler le dispositif d'offre raisonnable d'emploi, ou de suspendre la défiscalisation des heures supplémentaires, ou encore de maintenir la dispense de recherche d'emploi pour les salariés de plus de 57 ans (dont l'âge de dispense est relevé à 58 ans dès cette année). Pourquoi cette timidité ?
Sarkozy a aussi annoncé vouloir discuter de mesures en faveur des classes moyennes les plus fragiles, avec la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, l'annulation du deuxième tiers provisionnel dès cette année, l'augmentation des allocations familiales. La première mesure accentuera l'inéquité du système fiscal français, trop lourdement chargé par les impôts indirects (notamment la TVA). Son coût se chiffrerait à 2,5 milliards d'euros par an environ. Pourquoi n'a-t-il pas plutôt proposé de revenir sur le bouclier fiscal ou la taxation des successions ? Le second tiers provisionnel sera lui difficilement annulé, puisque deux tiers des contribuables français sont mensualisés. Sarkozy veut-il être le fossoyeur de l'impôt sur le revenu ? Enfin, les allocations familiales ont été réduites ... l'an dernier quand Sarkozy laissa les députés voter la simplification des seuils d'âge en avril.
Au total, l'imposture sociale que nous dénoncions encore la semaine dernière reste entière.
Sarkozy se plante
Première bourde, Sarkozy expliqua dès le début de son intervention que l'argent prêté aux banques ne coûte pas un centime d'euros à l'Etat et rapportera en 2009 quelques 1,4 milliards d'euros qu'il s'empressera de reverser aux financements de ses mesures sociales. Mais il omet de préciser que l'Etat, déjà lourdement endetté, est en fait obligé d'emprunter pour pouvoir prêter. Le bénéfice net de ces agios publics est de 700 millions d'euros, et non 1,4 milliards d'euros comme annoncé.
La seule véritable annonce était la suppression de la taxe professionnelle en 2010, et son remplacement par un nouvel impôt, si possible écolo, à discuter avec les élus locaux. Sarkozy a chiffré à 8 milliards d'euros le manque à gagner. Mensonge ou approximation ! La taxe professionnelle rapporte en fait 28 milliards d'euros par an ! Sur ce total, l'Etat en paye 10 milliards par an...Patrick Devedjian a corrigé l'erreur de son patron vendredi : Sarkozy ne parlait que de la taxe professionnelle du secteur industriel. Laurence Parisot, la présidente du Medef s'est rapidement inquiétée du nouvel impôt envisagé "qui va pénaliser le même secteur d'activité".
"C'est tellement plus simple de dire les choses de façon exacte" disait Nicolas Sarkozy jeudi soir.
C'est tellement vrai...
Dernière bourde, diplomatique celle-là : Sarkozy a fâché les Anglais, quand il critiqua l'inefficacité de leur baisse de la TVA, mais aussi les Tchèques, quand il se déclara opposé à la délocalisation des usines des constructeurs français d'automobiles vers leur pays. Le président, tchèque, de l'Union Européenne a tancé le monarque français: "De mon point de vue, il s'agit d'une décision complètement légitime et volontaire de ces entreprises ainsi que du respect des principes du marché unique européen (...) "Les tentatives de mettre à profit la crise financière pour introduire de telles formes de protectionnisme (...) peuvent ralentir et menacer la reprise économique en Europe de même que la confiance des consommateurs et des investisseurs". Où est passé ce président français qui s'exclamait avoir sauver l'Europe et le monde des tentations protectionnistes en novembre dernier ?
Sarkozy ne convainc pas sur sa relance
Le cœur du sujet n'était pas l'inquiétude générale sur les effets de la crise mais les moyens d'y remédier. Sur son propre projet, le Monarque est resté flou. Il aurait pu défendre le millier de mesures détaillées lundi par son premier ministre, en application du plan de relance de 26 milliards d'euros. On aurait été curieux de savoir pourquoi la rénovation des prisons, dont la situation sanitaire est indigne, va "relancer la France". Ou pourquoi une multitude de projets farfelus comme la construction d'un labyrinthe végétal dans la Creuse, ou les 5 millions d'euros du "plan ambitieux de rénovation et de présentation au public des nécropoles nationales" de l'armée justifié par la célébration du 90ème anniversaire du 11 novembre 1918 (c'était l'année dernière !), auraient un quelconque effet durable sur l'emploi. D'ailleurs, Sarkozy a eu cette phrase magique jeudi soir : "personne ne sait exactement combien ça va créer d'emploi mais on sait que ça donne du travail." Le sondage fatidique est tombé samedi : 52% des sondés n'ont pas trouvé le président convaincant, selon une enquête pour Le Parisien/Aujourd'hui en France.
Le gouvernement a habillé du costume de la relance des projets "qui dormaient dans les cartons" sans doute pour de bonnes raisons, et des mesures vitales dont on se demande comment on a pu en faire l'économie (mise aux normes de sécurité de bâtiments universitaires ou hospitaliers, ou d'installations routières; ou dépollution de sites). La relance a bon dos !
La France coule-t-elle ?
Finalement, quand on compare ce discours présidentiel avec les quelques nouvelles de la semaine sur le front de la crise, on peut être terrifié par le décalage. Jeudi, Sarkozy tentait de nous rassurer car"c'est pire ailleurs !". Lundi, les derniers chiffres du chômage tombaient enfin : + 217 000 chômeurs de catégorie 1 en 2008. La hausse du chômage "officiel" est régulière et croissante depuis 8 mois. De "nouveaux précaires" font même leur apparition. Le statut d'auto-entrepreneur, en vigueur depuis janvier, incitent des chômeurs à devenir leur propre patron, sans salarié, qui devient même parfois le sous-traitant fragile de son ancien employeur. Il n'y a qu'Hervé Novelli, au gouvernement, pour se féliciter des "excellents chiffres" de créations d'entreprises en 2008 ! Lundi toujours, François Fillon a prévenu : "Les institutions internationales et les conjoncturistes ont tous revu à la baisse leur prévision." Mercredi, la Cour des Comptes rendait son rapport annuel, tant attendu. Les inquiétudes sont réelles. Son président, Philippe Seguin, a prévenu: "il n'est pas exclu que la dette publique puisse s'accroître de plus 200 milliards d'euros entre 2007 et 2010. Elle friserait alors les 80 % du produit intérieur brut, voire davantage". Le plan de relance aura donc "un effet total massif et durable sur la dette" publique, et le caractère temporaire de son impact sur le déficit , clamé par le gouvernement, n'est pas garanti ! La Cour des Comptes soulève un autre lièvre: elle accuse les banques d'avoir incité les collectivités locales à s'endetter de façon non contrôlée et démesurée. Après la faillite des banques, celle de nos mairies, départements et régions ?
Jeudi, quelques heures avant l'intervention présidentielle, on apprenait enfin que le déficit extérieur de la France a atteint 55,66 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2008. Un record historique !
Bernard Kouchner est bien soutenu
L'hebdomadaire Marianne avait lancé l'attaque, relayé par Bakchich, Libération et Vendredi. Mardi, leurs confrères de la presse traditionnelle se "réveillaient". Mercredi, la pression médiatique était à son comble. La publication du livre de Pierre Péan, "Le Monde selon K", a failli occulter la messe présidentielle du lendemain. L'UMP et le gouvernement se sont rangés comme un seul homme derrière le ministre d'ouverture. Ils n'ont rien à perdre. Bernard Kouchner n'est pas accusé d'actes illégaux. La question est ailleurs, sur le cumul de fonctions publiques et de lobbyisme privé sur les mêmes sujets entre 2004 et 2007. La critique principale contre Kouchner, qu'il ait présidé une association internationale para-publique visant au développement des systèmes de santé en Afrique et, en parallèle, tout en conseillant au prix fort les chefs d'Etat africains de la région sur des thèmes similaires, n'a pas été contestée !
Philippe Val, de Charlie Hebdo, s'est joint au concert de critiques contre le journaliste Péan, accusé d'antisémitisme. Pour éviter de parler du fond, attaquer la personnalité du contradicteur est une vieille tactique. Péan n'est certainement pas objectif dans son "combat" contre Kouchner, mais cela doit-il nous empêcher de critiquer les dérives éthiques du ministre des Affaires Etrangères ? Sarkozy ne s'est pas privé d'éluder le sujet, une fois de plus. ""Il me dit qu'il n'y a aucun conflit d'intérêt, je le crois".
En visite aux Etats-Unis, Bernard Kouchner a fait savoir lui-même qu'Hillary Clinton le soutenait. Avez-vous entendu Mme Clinton dire quelque chose ? Non, c'est Kouchner qui rapporte ces propos. La presse étrangère est même sévère avec le ministre français: « L'argent des dictateurs africains pour le Monsieur Propre français » titrait The Guardian. Le prestigieux Washington Post tape plus précis : « Kouchner et son épouse, la journaliste Christine Ockrent, ont fréquenté le milliardaire Bernard Tapie, passé du temps sur son yacht, acheté une maison de vacances en Corse, passé de longs moments dans la luxueuse villa marocaine de Bernard Henri Lévy. Bien loin de l’image du chevalier blanc de l’action humanitaire, pour lui, et des usages classiques du journalisme américain, pour elle. »
Qui défendra Eric Besson ?
Le nouveau ministre de l'Identité Nationale a peut être confondu l'UMP avec le Front National. C'est un député villepiniste, Jean-Pierre Grand, qui le dit: «Après avoir quitté le PS, ce n'est pas l'UMP que Besson devait rejoindre. C'est au Front national qu'il devrait adhérer ! (...) Ce Besson s'est trompé de maison. L'UMP ne mange pas de ce pain-là !» Cette semaine, le ministre de l'immigration a en effet proposé mardi de régulariser provisoirement tout sans-papier qui dénoncerait ses passeurs. Même Jean-Pierre Elkabach est tombé de sa chaise sur Europe 1. Fadela Amara a pudiquement fait savoir qu'elle était "gênée" par la "délation", "même si elle peut servir une bonne cause." Eric Besson n'a pas tardé. Mercredi, il signait la circulaire permettant à des sans-papiers, "victimes d'exploitation", d'obtenir des titres de séjour en échange d'une « coopération » avec la police pour aider à démanteler les filières d'immigration clandestine. Son explication est simple : « Je ne vous dis pas que j'ai découvert la pierre philosophale, mais j'apporte un moyen supplémentaire pour briser la loi du silence. Il y a des victimes et il faut les aider à sortir de l'esclavagisme dans lequel on les a plongés. » Le site africain Afrik.com, à l'instar de SOS RACISME et France Terre d'Asile, s'insurge : "Bienvenue dans le monde de la délation". En prenant ses fonctions, Eric Besson avait pourtant promis le silence, tant qu'il ne connaissait pas suffisamment bien ses dossiers. On s'attendait à une prudence minimale. Il y a une dizaine de jours déjà, Eric Besson commettait un lapsus révélateur en qualifiant d'invasion l'immigration en France.
Ainsi, les circonstances ont voulu que Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner se retrouvent dans des postures similaires cette semaine: dans l'œil du cyclone, mais hors sujet dans leurs réponses.
Seul Eric Besson a bien trouvé sa place.
La pire.
samedi 7 février 2009
Sarkozy traite à nouveau les grutiers français de fainéants
En déplacement dans le Val d'Oise mardi 3 février, Nicolas Sarkozy n'a pu s'empêcher de stigmatiser les grutiers des ports français, qui travailleraient, selon lui, "30 à 40% de moins", que leurs homologues belges ou hollandais.
Rappelez-vous mai 2008. Le président français s'était déjà servi de l'exemple. Mais à l'époque, il avait commis l'erreur de confondre les grutiers et leurs grues, en déclarant que les grutiers barcelonais ou belges travaillaient 4 000 heures par an (soit 11 heures par jour, 365 jours par an !) contre 2000 heures par an pour un grutier français... L'Elysée avait discrètement reconnu la bourde, quelques jours plus tard, auprès de journalistes curieux...
Rappelez-vous mai 2008. Le président français s'était déjà servi de l'exemple. Mais à l'époque, il avait commis l'erreur de confondre les grutiers et leurs grues, en déclarant que les grutiers barcelonais ou belges travaillaient 4 000 heures par an (soit 11 heures par jour, 365 jours par an !) contre 2000 heures par an pour un grutier français... L'Elysée avait discrètement reconnu la bourde, quelques jours plus tard, auprès de journalistes curieux...
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vendredi 6 février 2009
Sarkozy à la Télé: enfumage et complaisance
Jeudi 5 février, le président français a usé de modestie forcée pour "expliquer" ce que les Français n'avaient visblement pas compris. Avec un discours classique en période de crise, il a donné raison aux manifestations "d'inquiétude", il a tenté de forcer son caractère, mais il est resté ferme sur son cap. Nicolas Sarkozy a montré son talent. Il fut très bon, devant des journalistes souvent silencieux et rarement critiques.
Le début de l'intervention fut remarquable. Sarkozy joue la compréhension, la compassion, voire la pitié. "Que les Français soient inquiets, c'est normal"; "je le comprends, je l'entends" ; "Dans le reportage, cette dame dit : on est pour rien à la crise et c'est nous qui allons payer. C'est vrai, elle a raison." Globalement, Sarkozy l'a joué modeste, Il a voulu tenir compte du reproche d'intervenir sur tout qui lui est régulièrement fait. Cette fois-ci, il n'a fait que proposer des pistes à discuter, sans jamais chiffrer Une belle occasion ne pas s'engager sur des solutions.
Les fausses annonces de Sarkozy
Sans y paraître, le président français a fait beaucoup de fausses annonces hier soir : la première a retenu l'attention. Pour les plus pauvres, les plus fragiles, l'Etat va consacrer les soit-disants 1,4 milliards d'euros d'intérêts perçus des banques pour sa politique sociale, nous clament les commentateurs ! Il est évident que les recettes fiscales, quelle qu'elles soient, abondent le budget de l'Etat ! Sarkozy n'a pas annoncé de nouvelles mesures sociales hier soir.
Au contraire, il a reporté au 18 février la discussion principale. "Je vais mettre tout cela sur la table", comme l'amélioration de l'indemnisation du chômage partiel ou la proection des jeunes travailleurs. Il rencontrera à cette date les partenaires sociaux. mais il mélange aussi les genres. Enfumage supplémentaire, il a mis à l'ordre du jour de cette réunion des sujets dont il a l'entière maîtrise, et qui ne concernent habituellement pas les organisations syndicales, comme la suppression éventuelle de la première tranche de l'impôt sur le revenu (deux millions de foyers sont concernés), ou l'annulation du second tiers de l'impot sur le revenu des ménages modestes, ou l'augmentation des allocations familiales. Aucun journaliste ne relève cette confusion des genres. En revanche, il refuse à nouveau toute relance du SMIC ou des minima sociaux.
Troisième annonce majeure, la suppression de la taxe professionnelle. Sarkozy annonce qu'il discutera de l'impot de remplacement, si possible écolo, avec ... les élus locaux. Belle arnaque. Je te rends d'une main ce que je te reprends de l'autre.
Quatrième enfumage, la réforme du système. Sarkozy n'aime pas la proposition d'Obama de plafonner les rémunérations des dirigeants d'entreprises ayant recours à l'aide publique. Il préfère stigmatiser les agences de notation ou les traders. Sarkozy aimerait travailler sur les paradis fiscaux, mais lâche ce lapsus: "Monaco n'est pas un paradis fiscal mais il y a des choses à préciser."
Sur le fond, le président conserve son cap. Nous étions prévenus. Il a expliqué qu'il préfère de continuer à supprimer des postes de fonctionnaires, "des dépenses de fonctionnement", au profit des investissements dans le secteur privé. Les enseignants seront heureux de d'apprendre qu'ils ne sont que des "dépenses de fonctionnement" ....
Des journalistes décevants
Guy Lagache a semblé plus hargneux que les autres, notamment sur les promesses non tenues de Gandrange. Laurence Ferrari est restée quasiment atone. David Pujadas a démarré fort pour rapidement s'éteindre. Alain Duhamel a servi les plats, comme sur la présidence européenne.
Quand Sarkozy égrène des mensonges ou des énormités, les trois journalistes se taisent, et écoutent. Il n'est pas contredit, les questions ne sont pas relancées. Sur l'effet du plan de relance sur l'emploi, Sarkozy casse son jouet, mais personne ne relève : "Personne ne sait exactement combien ça va créer d'emploi mais on sait que ça donne du travail." Sur les prêts aux banques, Sarkozy ment sur leur intérêts bénéficiaires pour l'Etat (1,4 milliards d'euros en 2009), mais personne ne relève. Sur le fichier Edvige, Sarkozy ment en déclarant l'avoir découvert dans la presse, mais personne ne relève : "Le fichier EDVIGE, j'ai découvert cela en lisant la presse." Sur la nomination des présidents de l'audiovisuel public, Sarkozy "redécouvre" qu'il a un gouvernement "autonome". Aucun ne relève la supercherie. Quand Sarkozy ment sur les "bons résultats en matière de délinquance.", aucun journaliste ne relève.
Devant trois journalistes silencieux, le culot présidentiel a même connu ses heures de gloire :
Sa justification de l'éviction du préfet de Saint Lô (il n'a pas pris les mesures nécessaires pour maintenir l'ordre public") ou son soutien à Rachida Dati furent exemplaires. Alain Duhamel a eu le courage (reconnaissons-le) d'aborder l'affaire Kouchner. Mais Sarkozy botte en touche. Et ne répond pas sur la question morale: "Le petit système médiatique s'emballe." "Il me dit qu'il n'y a aucun conflit d'intérêt, je le crois."
A 21h52, Laurence Ferrari conclut :"Merci beaucoup, monsieur le président d'avoit répondu à nos questions."
Quelles questions ?
Lire aussi:
Le début de l'intervention fut remarquable. Sarkozy joue la compréhension, la compassion, voire la pitié. "Que les Français soient inquiets, c'est normal"; "je le comprends, je l'entends" ; "Dans le reportage, cette dame dit : on est pour rien à la crise et c'est nous qui allons payer. C'est vrai, elle a raison." Globalement, Sarkozy l'a joué modeste, Il a voulu tenir compte du reproche d'intervenir sur tout qui lui est régulièrement fait. Cette fois-ci, il n'a fait que proposer des pistes à discuter, sans jamais chiffrer Une belle occasion ne pas s'engager sur des solutions.
Les fausses annonces de Sarkozy
Sans y paraître, le président français a fait beaucoup de fausses annonces hier soir : la première a retenu l'attention. Pour les plus pauvres, les plus fragiles, l'Etat va consacrer les soit-disants 1,4 milliards d'euros d'intérêts perçus des banques pour sa politique sociale, nous clament les commentateurs ! Il est évident que les recettes fiscales, quelle qu'elles soient, abondent le budget de l'Etat ! Sarkozy n'a pas annoncé de nouvelles mesures sociales hier soir.
Au contraire, il a reporté au 18 février la discussion principale. "Je vais mettre tout cela sur la table", comme l'amélioration de l'indemnisation du chômage partiel ou la proection des jeunes travailleurs. Il rencontrera à cette date les partenaires sociaux. mais il mélange aussi les genres. Enfumage supplémentaire, il a mis à l'ordre du jour de cette réunion des sujets dont il a l'entière maîtrise, et qui ne concernent habituellement pas les organisations syndicales, comme la suppression éventuelle de la première tranche de l'impôt sur le revenu (deux millions de foyers sont concernés), ou l'annulation du second tiers de l'impot sur le revenu des ménages modestes, ou l'augmentation des allocations familiales. Aucun journaliste ne relève cette confusion des genres. En revanche, il refuse à nouveau toute relance du SMIC ou des minima sociaux.
Troisième annonce majeure, la suppression de la taxe professionnelle. Sarkozy annonce qu'il discutera de l'impot de remplacement, si possible écolo, avec ... les élus locaux. Belle arnaque. Je te rends d'une main ce que je te reprends de l'autre.
Quatrième enfumage, la réforme du système. Sarkozy n'aime pas la proposition d'Obama de plafonner les rémunérations des dirigeants d'entreprises ayant recours à l'aide publique. Il préfère stigmatiser les agences de notation ou les traders. Sarkozy aimerait travailler sur les paradis fiscaux, mais lâche ce lapsus: "Monaco n'est pas un paradis fiscal mais il y a des choses à préciser."
Sur le fond, le président conserve son cap. Nous étions prévenus. Il a expliqué qu'il préfère de continuer à supprimer des postes de fonctionnaires, "des dépenses de fonctionnement", au profit des investissements dans le secteur privé. Les enseignants seront heureux de d'apprendre qu'ils ne sont que des "dépenses de fonctionnement" ....
Des journalistes décevants
Guy Lagache a semblé plus hargneux que les autres, notamment sur les promesses non tenues de Gandrange. Laurence Ferrari est restée quasiment atone. David Pujadas a démarré fort pour rapidement s'éteindre. Alain Duhamel a servi les plats, comme sur la présidence européenne.
Quand Sarkozy égrène des mensonges ou des énormités, les trois journalistes se taisent, et écoutent. Il n'est pas contredit, les questions ne sont pas relancées. Sur l'effet du plan de relance sur l'emploi, Sarkozy casse son jouet, mais personne ne relève : "Personne ne sait exactement combien ça va créer d'emploi mais on sait que ça donne du travail." Sur les prêts aux banques, Sarkozy ment sur leur intérêts bénéficiaires pour l'Etat (1,4 milliards d'euros en 2009), mais personne ne relève. Sur le fichier Edvige, Sarkozy ment en déclarant l'avoir découvert dans la presse, mais personne ne relève : "Le fichier EDVIGE, j'ai découvert cela en lisant la presse." Sur la nomination des présidents de l'audiovisuel public, Sarkozy "redécouvre" qu'il a un gouvernement "autonome". Aucun ne relève la supercherie. Quand Sarkozy ment sur les "bons résultats en matière de délinquance.", aucun journaliste ne relève.
Devant trois journalistes silencieux, le culot présidentiel a même connu ses heures de gloire :
Sa justification de l'éviction du préfet de Saint Lô (il n'a pas pris les mesures nécessaires pour maintenir l'ordre public") ou son soutien à Rachida Dati furent exemplaires. Alain Duhamel a eu le courage (reconnaissons-le) d'aborder l'affaire Kouchner. Mais Sarkozy botte en touche. Et ne répond pas sur la question morale: "Le petit système médiatique s'emballe." "Il me dit qu'il n'y a aucun conflit d'intérêt, je le crois."
A 21h52, Laurence Ferrari conclut :"Merci beaucoup, monsieur le président d'avoit répondu à nos questions."
Quelles questions ?
Lire aussi:
- Des journalistes écoutent Sarkozy (Sarkofrance)
- La pédagogie du vide (Philippe Cohen)
jeudi 5 février 2009
Des journalistes écoutent Sarkozy : "live blogging"
Il fallait quand même l'écouter, ce président en chute libre dans les sondages. Voici un relevé subjectif et sélectif, d'une soirée entamée avec Nicolas Sarkozy.
20h15 : ça y est ! Nicolas Sarkozy est à l'antenne. Le générique de début est rapide. David Pujadas prend la main. D'une voix légèrement enrouée, le président dit "bonsoir." Laurence Ferrari, souriante puis fermée, introduit un reportage, des témoignages de Français sur leur problème de pouvoir d'achat.
20h25,
Première surprise, Sarkozy lit un prompteur pour sortir ses chiffres!
Première annonce : l'argent prêté aux banques (1,4 milliards d'euros en 2009) servira intégralement à financer des projets de politique sociale.
20h30, "le partage du travail a été une erreur économique historique." Pour répondre à Monsieur Pujadas concrètement" ...
"Le fichier EDVIGE, j'ai découvert cela en lisant la presse." Sarkozy se chiraquise
20h32 : sur la réforme du lycée... "Darcos, qui fait un excellent travail." Il veut en finir avec "la tyrannie de la section S", où "on y va parce qu'on y met les bons élèves."
Pujadas prend la main. Ferrari est larguée.
20h33: "Le monde change, Monsieur Pujadas."
20h34 : Ferrari glisse une question. "Des manifestations en France, il y en a très souvent." Sarkozy est agacé. Il répète qu'il a été élu pour "réformer", et que les manifestations ne
"Qu'appelez vous le modèle social ?" demande Sarkozy. Agacé toujours, il donne des leçons de journalistes à David Pujadas, "si vous me permettez..."
20h37, nouveau reportage sur les secteurs frappés par la crise, et des témoignages de patrons et d'employés sur le chômage, le resserrement du crédit, "des revenus en chute libre sur les feuilles de salaire." "Une mère de famille constate : "il ne reste que 80 euros."
20H40, Guy Lagache de M6 arrive sur le plateau, et commente des témoignages "extrémement forts" sur la situation actuelle, et enchaîne sur l'emploi : combien d'emplois votre plan de 26 milliards d'euros crééera ? Et dans combien de temps ?
Sarkozy se félicite des moindres destructions d'emplois en France par rapport aux Etats Unis et l'Espagne... "J'ai fait le pari d'une politique de relance par l'investissement." "Nous avons mobilisé avec François Fillon tout ce qui se trouvaient dans les cartons de l'Etat" "On va anticiper ces dépenses."
Les trois journalistes se taisent, et écoutent.
"Personne ne sait exactement combien ça va créer d'emploi mais on sait que ça donne du travail."
Seconde annonce : le chômage partiel, indemnisé à 60%, doit être davantage encore indemnisé. Il le proposera aux organisations syndicales le 18 février prochain. Autre sujet, Sarkozy veut que les syndicats proposent de mieux protéger les jeunes. Comment ? On ne sait pas.
20h44, Sarkozy ne veut pas annoncer de chiffres ni de dispositif concret. "Mais vous croyez que mon travail est difficile ?" s'agace Sarkozy contre Pujadas qui tentait de l'interrompre.
Lagache s'obstine : à combien se chiffrent vos nouvelles mesures sociales ? Sarkozy évite. "Je souhaite mettre à l'ordre du jour du 18 février, d'autres sujets." Et le voici qui ouvre un autre thème, tout en compassion : les classes moyennes qui souffrent au travail.
Sarkozy égrène ses idées : Faut il supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu ? Deux millions de foyers sont concernés. Peut-on supprimer le second tiers de l'impot sur le revenu ? Ou augmenter les allocations familiales ? Aucun journaliste ne rappelle qu'il a lui-même dégradé les allocations familiales pour les familles avec adolescents.
"Je ne trancherai pas" explique Sarkozy. Il a compris la leçon, il veut attendre la discussion. "Voyons ce qui en sera le 18"
Lagache demande: et augmenter le SMIC ? Sarkozy rétorque qu'«augmenter le Smic, c'est laisser 87% des salariés de côté.»
20h52, Laurence Ferrari n'a toujours pas posé de seconde question...
20h53, Ferrari glisse enfin "c'est à dire ?" quand Sarkozy menace les partenaires sociaux de légiférer s'ils ne trouvent pas de solutions à sa place après sa réunion du 18 février.
20h55 : Sarkozy a visiblement pris Pujadas en grippe. Lagache pose la question de l'efficacité. Sarkozy réplique: "le partage du profit, c'est une question d'arbitrage entre l'actionnaire et le salarié."
20h59, Sarkozy demande de l'aide à Laurence Ferrari pour se débarrasser de l'encombrant Lagache. Alors que ce dernier lui posait une question, le président se tourne vers elle pour répondre. Elle saisit la balle au bond.
Quatrième sujet, Sarkozy répète ses 'propositions' sur les contreparties exigées aux secteurs soutenus.
21h02, Sarkozy lance sa troisième annonce : "On supprimera la taxe professionnelle en 2010." Coût de lamesure: 8 milliards d'euros.
21H04, Laurence Ferrari lui demande si cette mesure ne fera pas qu'aggraver le déficit abyssal de la France. Mais non ! Sarkozy annonce qu'il discutera de l'impot de remplacement avec ... les élus locaux. Belle arnaque. Je te rends d'une main ce que je te reprends de l'autre.
21h05, Pujadas lance l'idée d'Obama de plafonner les salaires des dirigeants de banques. Sarkozy répète son mensonge (pas de bonus pour les seuls dirigeants de banque, rien sur les dividendes et les bonus des traders). Sarkozy attaque enfin le système de rémunération des traders. Si la proposition d'Obama, Sarkozy déclare : "je ne suis pas trop pour des mesures générales." Et il tâcle Obama, "j'aimerai en savoir plus."
Le tenace Lagache rappelle les promesses de Gandrange. "D'abord le site n'est pas fermé..." réplique Sarkozy. "Un four va fermer." Mittal a tenu 3 engagements, d'après Sarkozy : maintenir le site, créer une école de formation et investir 30 millions d'euros. "Avec ce que je viens de dire, il n'y a pas d'amertume" (chez les ouvriers de Gandrange).
Sarkozy répète qu'il tiens toujours ses promesses et ne ment jamais.
21h11, Laurence Ferrari se réveille pour lancer un reportage sur la situation internationale. les témoignages semblent avoir été tournés dans le 16ème arrondissement de Paris...
21h12, Alain Duhamel remplace Lagache sur le plateau. Il sert les plats en critiquant, dans sa question, la présidence tchèque: mais que font ils ? "Il ne faut leur en vouloir spécialement, ils font ce qu'ils peuvent" répond Sarkozy. Nouvelle question sans enjeu d'Alain Duhamel : "quels sont vos objectifs précis ?"
"J'avais imposé au G20 un sommet mondial pour refonder le marché mondial" se félicite Sarkozy.
Sans rire, sans narcissisme.
21h17, Sarkozy explique le "hors-bilan" des banques, en lisant son prompteur, sous la caméra qui lui fait face. Puis le président déclare son indignation, sans preuve, contre les agences de notation des banque. Alain Duhamel complète les arguments de Sarkozy. On croit rêver.
21h20, Alain Duhamel complète les plats... "Alors justement..." Duhamel se demande comment l'Europe peut parler d'une seule voix et se coordonner. Sarkozy stigmatise le modèle anglais trop dépendant du secteur financier.
21h22: Sarkozy est convaincant sur la baisse de la TVA : ce n'est pas un point de TVA en moins qui va inciter les Français à consommer. Ils sont inquiets pour leur avenir.
21h24, 69 minutes déjà, et les trois journalistes se taisent toujours. Duhamel se chamaille avec Pujadas et Ferrari... Duhamel perd.
21h27, Sarkozy explique qu'il préfère de continuer à supprimer des postes de fonctionnaires, "des dépenses de fonctionnement", au profit des investissements dans le secteur privé.
21h29, Sarkozy devient Giscard, et cite l'écart de taux entre la France et l'Allemagne , "49 points de base."
21h30, Sarkozy lâche discrètement : "Monaco n'est pas un paradis fiscal mais il y a des choses à préciser."
21h32, Sarkozy annonce que Barack Obama viendra à Paris. Et le président part dans l'éloge cynique : "Avec les problèmes qu'ils ont aujourd'hui ils ne vont pas venir nous expliquer aujourd'hui comment faire."
Après l'avenue des Champs Elysées pour le travail le dimanche, Sarkozy trouve un nouvel exemple pour stigmatiser les règles européennes en matière de fiscalité et de TVA: 5,5% pour le chocolat noir, 19,6% pour le chocolat
21h35, Duhamel parle de l'affaire Kouchner. Il ne sert plus les plats et attaque. "Monsieur Kouchner a-t-il des problèmes avec la police ?" rétorque Sarkozy. "Le petit système médiatique s'emballe." "Il me dit qu'il n'y a aucun conflit d'intérêt, je le crois." Duhamel rappelle l'information du Nouvel Obs que certains proches de l'Elysée auraient cherché à nuire à Monsieur K. sarko rétorque : "Le Nouvel Observateur, c'était ce journal qui croyait que j'avais envoyé un SMS ?"
21h38, Pujadas demande si Sarkozy a conscience qu'il concentrait les pouvoirs. Sarkozy se réfère à De Gaulle.
21h41, Laurence Ferrari se réveille et demande si le préfet de la Manche a bien été sanctionné. Sarkozy confirme que le préfet avait mal fait son boulot, selon lui : "il n'a pas pris les mesures nécessaires pour maintenir l'ordre public."
Pujadas attaque: si c'était Martine Aubry qui avait été chahutée, le préfet aurait-il été également sanctionné ? "Mais bien sûr" explique Sarkozy.
21h49, "c'est vrai qu'il va falloir qu'on discute avec les enseignants de leurs conditions de vie."
21h50, Sarkozy tâcle Delanoë sur son refus d'appliquer le service minimum. "Monsieur Pujadas, il faut toujours refuser les petites phrases."
21h52, Sarkozy ment sur les "bons résultats en matière de délinquance." Sarkozy loue Rachida Dati. Et enfonce Rama Yade. "Pardonner, amertume, rancune, cela ne fait pas partie de mon vocabulaire." Mais elle a toute sa place, selon lui, dans son équipe.
21h56, belle conclusion : Sarkozy veut nous faire croire qu'il a un doute sur sa candidature à un nouveau mandat en 2012.
"Merci beaucoup, monsieur le président d'avoit répondu à nos questions." conclut Laurence Ferrari.
Merci beaucoup.
Quelles questions ?
20h15 : ça y est ! Nicolas Sarkozy est à l'antenne. Le générique de début est rapide. David Pujadas prend la main. D'une voix légèrement enrouée, le président dit "bonsoir." Laurence Ferrari, souriante puis fermée, introduit un reportage, des témoignages de Français sur leur problème de pouvoir d'achat.
"Que les Français soient inquiets, c'est normal"20h21, premier mensonge : sur les moyens dégagés pour les banques, "cela ne leur a pas coûté un centime d'euro."
"je le comprends, je l'entends"
"Dans le reportage, cette dame dit : on est pour rien à la crise et c'est nous qui allons payer. C'est vrai, elle a raison."
"Crise de confiance, elle est ensuite économique (...) et d'une brutalité sans nom."
20h25,
Première surprise, Sarkozy lit un prompteur pour sortir ses chiffres!
Première annonce : l'argent prêté aux banques (1,4 milliards d'euros en 2009) servira intégralement à financer des projets de politique sociale.
20h30, "le partage du travail a été une erreur économique historique." Pour répondre à Monsieur Pujadas concrètement" ...
"Le fichier EDVIGE, j'ai découvert cela en lisant la presse." Sarkozy se chiraquise
20h32 : sur la réforme du lycée... "Darcos, qui fait un excellent travail." Il veut en finir avec "la tyrannie de la section S", où "on y va parce qu'on y met les bons élèves."
Pujadas prend la main. Ferrari est larguée.
20h33: "Le monde change, Monsieur Pujadas."
20h34 : Ferrari glisse une question. "Des manifestations en France, il y en a très souvent." Sarkozy est agacé. Il répète qu'il a été élu pour "réformer", et que les manifestations ne
"Qu'appelez vous le modèle social ?" demande Sarkozy. Agacé toujours, il donne des leçons de journalistes à David Pujadas, "si vous me permettez..."
20h37, nouveau reportage sur les secteurs frappés par la crise, et des témoignages de patrons et d'employés sur le chômage, le resserrement du crédit, "des revenus en chute libre sur les feuilles de salaire." "Une mère de famille constate : "il ne reste que 80 euros."
20H40, Guy Lagache de M6 arrive sur le plateau, et commente des témoignages "extrémement forts" sur la situation actuelle, et enchaîne sur l'emploi : combien d'emplois votre plan de 26 milliards d'euros crééera ? Et dans combien de temps ?
Sarkozy se félicite des moindres destructions d'emplois en France par rapport aux Etats Unis et l'Espagne... "J'ai fait le pari d'une politique de relance par l'investissement." "Nous avons mobilisé avec François Fillon tout ce qui se trouvaient dans les cartons de l'Etat" "On va anticiper ces dépenses."
Les trois journalistes se taisent, et écoutent.
"Personne ne sait exactement combien ça va créer d'emploi mais on sait que ça donne du travail."
Seconde annonce : le chômage partiel, indemnisé à 60%, doit être davantage encore indemnisé. Il le proposera aux organisations syndicales le 18 février prochain. Autre sujet, Sarkozy veut que les syndicats proposent de mieux protéger les jeunes. Comment ? On ne sait pas.
20h44, Sarkozy ne veut pas annoncer de chiffres ni de dispositif concret. "Mais vous croyez que mon travail est difficile ?" s'agace Sarkozy contre Pujadas qui tentait de l'interrompre.
Lagache s'obstine : à combien se chiffrent vos nouvelles mesures sociales ? Sarkozy évite. "Je souhaite mettre à l'ordre du jour du 18 février, d'autres sujets." Et le voici qui ouvre un autre thème, tout en compassion : les classes moyennes qui souffrent au travail.
Sarkozy égrène ses idées : Faut il supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu ? Deux millions de foyers sont concernés. Peut-on supprimer le second tiers de l'impot sur le revenu ? Ou augmenter les allocations familiales ? Aucun journaliste ne rappelle qu'il a lui-même dégradé les allocations familiales pour les familles avec adolescents.
"Je ne trancherai pas" explique Sarkozy. Il a compris la leçon, il veut attendre la discussion. "Voyons ce qui en sera le 18"
Lagache demande: et augmenter le SMIC ? Sarkozy rétorque qu'«augmenter le Smic, c'est laisser 87% des salariés de côté.»
20h52, Laurence Ferrari n'a toujours pas posé de seconde question...
20h53, Ferrari glisse enfin "c'est à dire ?" quand Sarkozy menace les partenaires sociaux de légiférer s'ils ne trouvent pas de solutions à sa place après sa réunion du 18 février.
20h55 : Sarkozy a visiblement pris Pujadas en grippe. Lagache pose la question de l'efficacité. Sarkozy réplique: "le partage du profit, c'est une question d'arbitrage entre l'actionnaire et le salarié."
"Qu'il discutent entre eux"Sarkozy met son troisième sujet, la règle des trois tiers: 33 pour l'actionnaire, 33 pour les salarié; 33 pour l'entreprise et ses investissements futurs. Vieille antienne déjà martelé pendant la campagne.
20h59, Sarkozy demande de l'aide à Laurence Ferrari pour se débarrasser de l'encombrant Lagache. Alors que ce dernier lui posait une question, le président se tourne vers elle pour répondre. Elle saisit la balle au bond.
Quatrième sujet, Sarkozy répète ses 'propositions' sur les contreparties exigées aux secteurs soutenus.
21h02, Sarkozy lance sa troisième annonce : "On supprimera la taxe professionnelle en 2010." Coût de lamesure: 8 milliards d'euros.
21H04, Laurence Ferrari lui demande si cette mesure ne fera pas qu'aggraver le déficit abyssal de la France. Mais non ! Sarkozy annonce qu'il discutera de l'impot de remplacement avec ... les élus locaux. Belle arnaque. Je te rends d'une main ce que je te reprends de l'autre.
21h05, Pujadas lance l'idée d'Obama de plafonner les salaires des dirigeants de banques. Sarkozy répète son mensonge (pas de bonus pour les seuls dirigeants de banque, rien sur les dividendes et les bonus des traders). Sarkozy attaque enfin le système de rémunération des traders. Si la proposition d'Obama, Sarkozy déclare : "je ne suis pas trop pour des mesures générales." Et il tâcle Obama, "j'aimerai en savoir plus."
Le tenace Lagache rappelle les promesses de Gandrange. "D'abord le site n'est pas fermé..." réplique Sarkozy. "Un four va fermer." Mittal a tenu 3 engagements, d'après Sarkozy : maintenir le site, créer une école de formation et investir 30 millions d'euros. "Avec ce que je viens de dire, il n'y a pas d'amertume" (chez les ouvriers de Gandrange).
Sarkozy répète qu'il tiens toujours ses promesses et ne ment jamais.
21h11, Laurence Ferrari se réveille pour lancer un reportage sur la situation internationale. les témoignages semblent avoir été tournés dans le 16ème arrondissement de Paris...
21h12, Alain Duhamel remplace Lagache sur le plateau. Il sert les plats en critiquant, dans sa question, la présidence tchèque: mais que font ils ? "Il ne faut leur en vouloir spécialement, ils font ce qu'ils peuvent" répond Sarkozy. Nouvelle question sans enjeu d'Alain Duhamel : "quels sont vos objectifs précis ?"
"J'avais imposé au G20 un sommet mondial pour refonder le marché mondial" se félicite Sarkozy.
Sans rire, sans narcissisme.
21h17, Sarkozy explique le "hors-bilan" des banques, en lisant son prompteur, sous la caméra qui lui fait face. Puis le président déclare son indignation, sans preuve, contre les agences de notation des banque. Alain Duhamel complète les arguments de Sarkozy. On croit rêver.
21h20, Alain Duhamel complète les plats... "Alors justement..." Duhamel se demande comment l'Europe peut parler d'une seule voix et se coordonner. Sarkozy stigmatise le modèle anglais trop dépendant du secteur financier.
21h22: Sarkozy est convaincant sur la baisse de la TVA : ce n'est pas un point de TVA en moins qui va inciter les Français à consommer. Ils sont inquiets pour leur avenir.
21h24, 69 minutes déjà, et les trois journalistes se taisent toujours. Duhamel se chamaille avec Pujadas et Ferrari... Duhamel perd.
21h27, Sarkozy explique qu'il préfère de continuer à supprimer des postes de fonctionnaires, "des dépenses de fonctionnement", au profit des investissements dans le secteur privé.
21h29, Sarkozy devient Giscard, et cite l'écart de taux entre la France et l'Allemagne , "49 points de base."
21h30, Sarkozy lâche discrètement : "Monaco n'est pas un paradis fiscal mais il y a des choses à préciser."
21h32, Sarkozy annonce que Barack Obama viendra à Paris. Et le président part dans l'éloge cynique : "Avec les problèmes qu'ils ont aujourd'hui ils ne vont pas venir nous expliquer aujourd'hui comment faire."
Après l'avenue des Champs Elysées pour le travail le dimanche, Sarkozy trouve un nouvel exemple pour stigmatiser les règles européennes en matière de fiscalité et de TVA: 5,5% pour le chocolat noir, 19,6% pour le chocolat
21h35, Duhamel parle de l'affaire Kouchner. Il ne sert plus les plats et attaque. "Monsieur Kouchner a-t-il des problèmes avec la police ?" rétorque Sarkozy. "Le petit système médiatique s'emballe." "Il me dit qu'il n'y a aucun conflit d'intérêt, je le crois." Duhamel rappelle l'information du Nouvel Obs que certains proches de l'Elysée auraient cherché à nuire à Monsieur K. sarko rétorque : "Le Nouvel Observateur, c'était ce journal qui croyait que j'avais envoyé un SMS ?"
21h38, Pujadas demande si Sarkozy a conscience qu'il concentrait les pouvoirs. Sarkozy se réfère à De Gaulle.
21h41, Laurence Ferrari se réveille et demande si le préfet de la Manche a bien été sanctionné. Sarkozy confirme que le préfet avait mal fait son boulot, selon lui : "il n'a pas pris les mesures nécessaires pour maintenir l'ordre public."
Pujadas attaque: si c'était Martine Aubry qui avait été chahutée, le préfet aurait-il été également sanctionné ? "Mais bien sûr" explique Sarkozy.
"C'est tellement plus simple de dire les choses de façon exacte." Nicolas Sarkozy.21h45, Quand David Pujadas évoque la nomination du président de l'audiovisuel public, Sarkozy découvre qu'il a un gouvernement... qui nommera le président de France Télévisions.
21h49, "c'est vrai qu'il va falloir qu'on discute avec les enseignants de leurs conditions de vie."
21h50, Sarkozy tâcle Delanoë sur son refus d'appliquer le service minimum. "Monsieur Pujadas, il faut toujours refuser les petites phrases."
21h52, Sarkozy ment sur les "bons résultats en matière de délinquance." Sarkozy loue Rachida Dati. Et enfonce Rama Yade. "Pardonner, amertume, rancune, cela ne fait pas partie de mon vocabulaire." Mais elle a toute sa place, selon lui, dans son équipe.
21h56, belle conclusion : Sarkozy veut nous faire croire qu'il a un doute sur sa candidature à un nouveau mandat en 2012.
"Merci beaucoup, monsieur le président d'avoit répondu à nos questions." conclut Laurence Ferrari.
Merci beaucoup.
Quelles questions ?
Ce que Sarkozy ne dira pas ce soir à la Télé

Nicolas Sarkozy intervient jeudi 5 février sur TF1, France 2, M6 et RTL, dans une émission exceptionnelle intitulée « Face à la crise » à 20h15. Une semaine jour pour jour après un mouvement de grève, le 29 janvier, qui a exprimé des protestations diverses et un ras-le-bol général.
Les mesures qu'il ne prendra pas
Sans surprise, le président ne devrait pas remettre en cause certaines de ses mesures "sociales" et fiscales qui pourtant n'ont aucune efficacité face à la crise. Elles participent de la précarité générale, mais, selon Sarkozy, elles sont symboliques de sa "rupture" avec la "France d'avant.
1. La suppression des heures supplémentaires défiscalisées.
2. La suppression de l'offre raisonnable d'emploi
3. Le maintien des remboursement de soins en France (suppressions des franchises médicales, etc)
4. Le maintien des dispositifs de pré-retraites, avec le réalignement de l'âge ouvrant droit à une dispense de recherche d'emploi.
5. L'annulation des suppressions de postes à l'Education Nationale (enseignants, RASED, etc). Elle n'empêcherait pas de réfélechir à l'allocation de ces postes en fonction des priorités.
6. La revalorisation des minima sociaux davantage que l'inflation, la mise en œuvre dès février du RSA (plutôt que juin).
7. La suppression du bouclier fiscal et la taxation des successions.
Le président ne change pas de cap. Il préfère "communiquer sur la crise."
La fausse relance
Depuis plusieurs semaines, on découvre ce qui se cache derrière le plan de relance de 26 milliards d'euros. Déjà, la tournée des vœux présidentiels avait été l'occasion pour Sarkozy de distribuer ses étrennes, sous couvert de relance économique, et le faire savoir aux clientèles concernées: 100 millions d'euros pour le patrimoine culturel, 100 millions d’euros pour la police et la gendarmerie; 80 millions pour la rénovation des prisons; 600 millions d'euros pour la presse.
Lundi 2 février, François Fillon a remis le couvert, en détaillant un milliers de mesures complémentaires. Nous avons déjà rapporté combien nombre d'entre elles, parmi les plus coûteuses, n'ont rien à voir avec une relance économique : mise aux normes de sécurité de bâtiments universitaires ou hospitaliers, ou d'installations routières; rénovation de monuments; ou dépollution de sites. La crise est aussi l'occasion pour enterrer bien vite certains engagements du Grenelle de l'Environnement, comme la construction d'un second EPR ou l'accélération de construction d'autoroutes.
Un Etat... inactif
Le plan de relance pose aussi la question de l'équité. certaines mesures sont rapidement décidées, rapidement mises en oeuvre. Les 6 banques françaises bénéficiaires d'un prêt de l'Etat de 10,5 milliards d'euros sans contrepartie (autre que les agios) ont reçu leurs fonds dès l'automne. Une seconde tranche est à l'étude. Côté salariés et chômeurs, il faut être patient. François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, a rappelé que le décret d'application sur la meilleure indemnisation du chômage partiel, prévue dans l'accord conclu le 15 décembre, se plaignait de sa parution tardive au Journal Officiel (chose faite depuis dimanche dernier). Depuis le 1er janvier 2009, les heures de chômage partiel auraient dûes être indemnisées sur la base de 60% du salaire horaire brut, au lieu de 50%. Comme le rappelle Politique.net, une extrême minorité des lois finissent par être appliquées. Depuis mai 2007, à peine 25% des décrets d'application des lois votées par les parlementaires ont été publiés !
Nicolas Sarkozy ne parlera sans doute pas non plus de la stèle qui lui a été érigée à Gandrange hier par des ouvriers de Mittal. Il y a un an jour pour jour, Nicolas Sarkozy blaguait avec eux sur son mariage, tout en promettant: "On ne se contentera pas de dire « il n’y a qu’à », on mettra de l’argent dans l’outil de production s’il le faut ». Le groupe venait d'annoncer 575 licenciements sur 1100 postes. Un an plus tard, les suppressions ont eu lieu.
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Pourquoi voudrait-on abattre Bernard Kouchner ?
Bernard Kouchner s'est trompé de défense mercredi 4 février, contre les attaques du livre de Pierre Péan. A l'éventuelle exception de Martine Aubry et de Bernard Henri Levy, les soutiens sont principalement venus des rangs de l'UMP. Preuve que Monsieur K est effectivement devenu un boulet encombrant pour Nicolas Sarkozy et sa stratégie d'ouverture.
Kouchner clame une innocence, mais pas la bonne
Pierre Péan a rapidement répliqué, mardi soir puis mercredi matin, qu'il n'accusait pas le ministre des Affaires Etrangères d'activités illégales.
Quand le Figaro affirme qu'il "ressort du livre le sentiment d'une confusion des genres entre votre action humanitaire et votre position politique, souligné par le fait que vous auriez pu toucher de l'argent de la part de dirigeants qui ne sont pas parmi les plus recommandables", Bernard Kouchner s'exclame, comme sur Europe 1 la veille : "Sur ces deux points je démens formellement." Mais dans la suite de sa réponse, il ... ne dément en rien le propos de Péan relayé par le Figaro ! "Était-ce légal ? Oui. Était-ce public ? Oui. Était-ce déclaré ? Oui. Ai-je payé mes impôts ? Oui. Ai-je arrêté mes activités professionnelles une fois nommé ministre ? Oui". Plus tard, Bernard Kouchner confirme avoir expliqué au Président Bongo en mai 2007 qu'il ne pouvait plus continuer à travailler pour lui sur la sécurité sociale au Gabon. C'est exactement l'argument de ces accusateurs. La seule révélation de cette interview concerne les montants en cause. Péan affirme que les prestations facturées par les cabinets gérés par des proches de Kouchner aux Etats africains se chiffraient à 4,6 millions d'euros sur la période 2004-2007. Kouchner rétorque qu'il n'a touché que 6 000 euros par mois pendant 3 ans.
Pierre Péan n'est pas neutre
Le gouvernement, Fillon en tête, a fait bloc en faveur de Kouchner. Frédéric Lefebvre s'est porté au secours du ministre des Affaires Etrangères. Fidèle à ses techniques, il a attaqué l'accusateur plutôt que les accusations, en stigmatisant un "journaliste de gauche, voire d'extrême gauche". Le Figaro commentait sobrement (sic ! ): "Habitué à forcer le trait, le porte-parole Frédéric Lefebvre a accusé les socialistes de vouloir «faire la peau» au ministre des Affaires étrangères." La démarche de Pierre Péan n'est pas neutre. Primo, le journaliste défend de longue date une thèse de "double génocide" au Rwanda. Il est parvenu à accuser la France, et notamment Kouchner, d'avoir soutenu la cause Tutsie et le président actuel du Rwanda. pour les lecteurs qui auraient oublié les "évènements" rwandais de 1994, cette thèse de Péan est cocasse. Depuis 1994, la France a au contraire été régulièrement accusée d'être restée silencieuse et passive devant le massacre des dits Tutsies par les milices hutues. Un comble !
Sur un autre sujet, BHL a eu des mots sévères contre le journaliste : "Qu'est-ce que c'est que ces petits mecs qui viennent s'en prendre à quelqu'un qui a passé une vie d'engagement", s'est emporté le philosophe sur France-Info, aujourd'hui. "Christine Ockrent transformée en femme de ménages, Bernard Kouchner en incarnation de l'anti-France!" Martine Aubry a eu une réaction mesurée au premier abord, mais terrible pour l'actuel ministre : elle ne peut pas y croire.
Bout à bout, cette affaire est nauséabonde. Révéler une affaire publique, les relations commerciales d'un futur ministre des Affaires Etrangères avec des dictateurs africains est oeuvre de salubrité publique. Que l'auteur ait des arrières-pensées ne change rien au fond.
Une autre icone de la gauche reconvertie au sarkozysme, Eric Besson fait discrètement parler de lui. Le ministre de l'identité nationale a suggéré hier de proposer des titres de séjour aux sans-papiers qui dénonceraient les passeurs clandestins.
A quelques heures de l'intervention de Nicolas Sarkozy à la télévision, on vomit.
Kouchner clame une innocence, mais pas la bonne
Pierre Péan a rapidement répliqué, mardi soir puis mercredi matin, qu'il n'accusait pas le ministre des Affaires Etrangères d'activités illégales.
Quand le Figaro affirme qu'il "ressort du livre le sentiment d'une confusion des genres entre votre action humanitaire et votre position politique, souligné par le fait que vous auriez pu toucher de l'argent de la part de dirigeants qui ne sont pas parmi les plus recommandables", Bernard Kouchner s'exclame, comme sur Europe 1 la veille : "Sur ces deux points je démens formellement." Mais dans la suite de sa réponse, il ... ne dément en rien le propos de Péan relayé par le Figaro ! "Était-ce légal ? Oui. Était-ce public ? Oui. Était-ce déclaré ? Oui. Ai-je payé mes impôts ? Oui. Ai-je arrêté mes activités professionnelles une fois nommé ministre ? Oui". Plus tard, Bernard Kouchner confirme avoir expliqué au Président Bongo en mai 2007 qu'il ne pouvait plus continuer à travailler pour lui sur la sécurité sociale au Gabon. C'est exactement l'argument de ces accusateurs. La seule révélation de cette interview concerne les montants en cause. Péan affirme que les prestations facturées par les cabinets gérés par des proches de Kouchner aux Etats africains se chiffraient à 4,6 millions d'euros sur la période 2004-2007. Kouchner rétorque qu'il n'a touché que 6 000 euros par mois pendant 3 ans.
Pierre Péan n'est pas neutre
Le gouvernement, Fillon en tête, a fait bloc en faveur de Kouchner. Frédéric Lefebvre s'est porté au secours du ministre des Affaires Etrangères. Fidèle à ses techniques, il a attaqué l'accusateur plutôt que les accusations, en stigmatisant un "journaliste de gauche, voire d'extrême gauche". Le Figaro commentait sobrement (sic ! ): "Habitué à forcer le trait, le porte-parole Frédéric Lefebvre a accusé les socialistes de vouloir «faire la peau» au ministre des Affaires étrangères." La démarche de Pierre Péan n'est pas neutre. Primo, le journaliste défend de longue date une thèse de "double génocide" au Rwanda. Il est parvenu à accuser la France, et notamment Kouchner, d'avoir soutenu la cause Tutsie et le président actuel du Rwanda. pour les lecteurs qui auraient oublié les "évènements" rwandais de 1994, cette thèse de Péan est cocasse. Depuis 1994, la France a au contraire été régulièrement accusée d'être restée silencieuse et passive devant le massacre des dits Tutsies par les milices hutues. Un comble !
Sur un autre sujet, BHL a eu des mots sévères contre le journaliste : "Qu'est-ce que c'est que ces petits mecs qui viennent s'en prendre à quelqu'un qui a passé une vie d'engagement", s'est emporté le philosophe sur France-Info, aujourd'hui. "Christine Ockrent transformée en femme de ménages, Bernard Kouchner en incarnation de l'anti-France!" Martine Aubry a eu une réaction mesurée au premier abord, mais terrible pour l'actuel ministre : elle ne peut pas y croire.
Bout à bout, cette affaire est nauséabonde. Révéler une affaire publique, les relations commerciales d'un futur ministre des Affaires Etrangères avec des dictateurs africains est oeuvre de salubrité publique. Que l'auteur ait des arrières-pensées ne change rien au fond.
Une autre icone de la gauche reconvertie au sarkozysme, Eric Besson fait discrètement parler de lui. Le ministre de l'identité nationale a suggéré hier de proposer des titres de séjour aux sans-papiers qui dénonceraient les passeurs clandestins.
A quelques heures de l'intervention de Nicolas Sarkozy à la télévision, on vomit.
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mercredi 4 février 2009
Sarkozy et Kouchner préparent leur défense
Mardi 3 février, chacun semblait fourbir ses armes en Sarkofrance. Bernard Kouchner préparait sa contre-attaque aux accusations morales portées contre lui. Et Nicolas Sarkozy préparait son intervention télévisée de jeudi.
Monsieur K attaque
L'affaire Kouchner est enfin sortie des colonnes de Marianne2, Vendredi et Bakchich. Libération, le week-end dernier, puis les radios (sauf RFI) et autres quotidiens se sont fait l'écho de l'affaire. Le livre de Pierre Péan sort aujourd'hui. Le député socialiste Arnaud Montebourg a retrouvé les accents de sa jeunesse quand il pourfendait l'ancien maire de Paris Jacques Chirac: "il n’y a rien de convaincant dans les protestations de Bernard Kouchner car il assume le fait d'avoir reçu de l'argent de chefs d'Etats africains (...) Un ministre en charge ne peut pas utiliser un membre de son cabinet pour recouvrer des factures liées à son activité antérieure."
Le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale devrait poser une question au gouvernement cet après midi dans la séance télévisée prévue à cet effet. Martine Aubry est au contraire resté tout en retenue: "Je crois que Bernard Kouchner est un homme honnête. Je pense qu'il aime un peu trop le pouvoir, c'est peut-être pour cela qu'il est là où il est". "Je ne dirai pas un mot de désagréable sur lui sur cette affaire, dont je ne connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois pas".
Le député UMP Claude Goasguen, toujours hostile à l'ouverture politique menée par Nicolas Sarkozy depuis mai 2007, s'est déclaré "tombé des nues."
Bernard Kouchner s'est énervé contre Jean-Pierre Elkabach (à réécouter sur Europe 1). Mais il a trouvé refuge auprès du Nouvel Observateur, dirigé par Denis Olivennes. L'Obs s'est fendu, sur son site, d'une explication de texte du livre de Péan, donnant quelques indications sur l'orientation de la défense : le journaliste Pierre Péan est attaqué directement. "A côté d’accusations concrètes portant sur le "mélange des genres" pratiqué par l’ex french doctor, le livre retient aussi l’attention par son inspiration nationaliste. Pierre Péan n’hésite pas à accuser Bernard Kouchner de détester la France et de se comporter en "américanolâtre" cosmopolite … Son caractère de règlement de comptes personnel est également souvent gênant." Mais le Nouvel Obs révèle aussi une information saisissante: "D’après nos informations, des proches de l’Elysée ont, eux-mêmes, fourni un certain nombre des documents à charge, notamment des factures, qui compromettent Bernard Kouchner."
Monsieur N se prépare
Nicolas Sarkozy prépare aussi sa défense. Il en a donné un aperçu lors d'un déplacement dans le Val d'Oise ce mardi 3 février, alors qu'il participait à une table ronde sur le ... transport fluvial (??): "Le transport fluvial est un élément essentiel de notre volonté de répondre à la crise par le développement durable". Le Monarque parlait bateau quand la France coule ! Belle image.
Monsieur K attaque
L'affaire Kouchner est enfin sortie des colonnes de Marianne2, Vendredi et Bakchich. Libération, le week-end dernier, puis les radios (sauf RFI) et autres quotidiens se sont fait l'écho de l'affaire. Le livre de Pierre Péan sort aujourd'hui. Le député socialiste Arnaud Montebourg a retrouvé les accents de sa jeunesse quand il pourfendait l'ancien maire de Paris Jacques Chirac: "il n’y a rien de convaincant dans les protestations de Bernard Kouchner car il assume le fait d'avoir reçu de l'argent de chefs d'Etats africains (...) Un ministre en charge ne peut pas utiliser un membre de son cabinet pour recouvrer des factures liées à son activité antérieure."
Le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale devrait poser une question au gouvernement cet après midi dans la séance télévisée prévue à cet effet. Martine Aubry est au contraire resté tout en retenue: "Je crois que Bernard Kouchner est un homme honnête. Je pense qu'il aime un peu trop le pouvoir, c'est peut-être pour cela qu'il est là où il est". "Je ne dirai pas un mot de désagréable sur lui sur cette affaire, dont je ne connais rien, et que je préfère ne pas croire, parce que je ne la crois pas".
Le député UMP Claude Goasguen, toujours hostile à l'ouverture politique menée par Nicolas Sarkozy depuis mai 2007, s'est déclaré "tombé des nues."
Bernard Kouchner s'est énervé contre Jean-Pierre Elkabach (à réécouter sur Europe 1). Mais il a trouvé refuge auprès du Nouvel Observateur, dirigé par Denis Olivennes. L'Obs s'est fendu, sur son site, d'une explication de texte du livre de Péan, donnant quelques indications sur l'orientation de la défense : le journaliste Pierre Péan est attaqué directement. "A côté d’accusations concrètes portant sur le "mélange des genres" pratiqué par l’ex french doctor, le livre retient aussi l’attention par son inspiration nationaliste. Pierre Péan n’hésite pas à accuser Bernard Kouchner de détester la France et de se comporter en "américanolâtre" cosmopolite … Son caractère de règlement de comptes personnel est également souvent gênant." Mais le Nouvel Obs révèle aussi une information saisissante: "D’après nos informations, des proches de l’Elysée ont, eux-mêmes, fourni un certain nombre des documents à charge, notamment des factures, qui compromettent Bernard Kouchner."
Monsieur N se prépare
Nicolas Sarkozy prépare aussi sa défense. Il en a donné un aperçu lors d'un déplacement dans le Val d'Oise ce mardi 3 février, alors qu'il participait à une table ronde sur le ... transport fluvial (??): "Le transport fluvial est un élément essentiel de notre volonté de répondre à la crise par le développement durable". Le Monarque parlait bateau quand la France coule ! Belle image.
"Il y a des inquiétudes dans notre pays. J'aurai l'occasion d'y répondre, mais pas au prix de l'immobilisme, pas au prix du conservatisme, pas au prix du refus d'une évolution qui condamnerait le pays à ne pas créer les emplois dont nous avons besoin"
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éthique
Les 9 questions que nous aimerions poser à Nicolas Sarkozy
En prévision de son intervention télévisée jeudi 5 février, voici 9questions que nous aimerions poser au chef de l'Etat. Gageons que les journalistes pressentis, Laurence Ferrari (TF1), David Pujadas (France 2), Guy Lagache (M6) et Alain Duhamel (RTL), n'oseront pas. Les proches du président français ont déjà fixé l'ordre du jour de cette interview. Nicolas Sarkozy parlera de la crise, et fera la pédagogie de ses mesures. On ne change pas de cap a prévenu François Fillon lundi. Ah bon ?
1. Pourquoi ne créer que 100 000 emplois aidés supplémentaires en 2009 alors que l'économie a détruit 217 000 emplois nets en 2008 ?
2. Bernard Kouchner peut-il rester ministre des Affaires Etrangères après les révélations sur ses rapports 'rémunérés' avec certaines dictatures africaines ?
3. Pourquoi le préfet de la Manche et le directeur de la police de Saint Lô ont ils été sanctionnés ?
4. Le 18 août dernier, pourquoi avoir tardé à partir en Afghanistan où 10 soldats Français venaient de tomber dans une embuscade et préférer tenir une réunion de copropriétaires sur le "tout-à-l'égoût" du Cap Nègre où vous séjourniez ?
5. Pourquoi avoir omis de négocier des contreparties des banques soutenues à l'automne dernier ?
6. Pourquoi ne pas annuler le dispositif d'offre raisonnable d'emploi quand l'emploi se rétracte dans une proportion inédite depuis 20 ans ? Pour les mêmes raisons, pourquoi ne pas annuler le recul de l'âge de dispense de recherche d'emploi ?
7. En quoi la sécurisation d'installations sanitaires participe-t-elle d'une quelconque relance économique ?
8. Ne pensez-vous pas que la défiscalisation des heures supplémentaires mise en oeuvre à compter du 1er octobre 2007 a créé un effet d'aubaine qui a détruit précipitamment l'emploi intérimaire et ralenti les embauches ?
9. Que pensez vous de la hausse continue de la délinquance violente depuis 2002 ?
Rappelons enfin que cette émission de 70 à 90 minutes aux heures de grande écoute ne sera pas décompté du temps de parole de la "majorité présidentielle."
1. Pourquoi ne créer que 100 000 emplois aidés supplémentaires en 2009 alors que l'économie a détruit 217 000 emplois nets en 2008 ?
2. Bernard Kouchner peut-il rester ministre des Affaires Etrangères après les révélations sur ses rapports 'rémunérés' avec certaines dictatures africaines ?
3. Pourquoi le préfet de la Manche et le directeur de la police de Saint Lô ont ils été sanctionnés ?
4. Le 18 août dernier, pourquoi avoir tardé à partir en Afghanistan où 10 soldats Français venaient de tomber dans une embuscade et préférer tenir une réunion de copropriétaires sur le "tout-à-l'égoût" du Cap Nègre où vous séjourniez ?
5. Pourquoi avoir omis de négocier des contreparties des banques soutenues à l'automne dernier ?
6. Pourquoi ne pas annuler le dispositif d'offre raisonnable d'emploi quand l'emploi se rétracte dans une proportion inédite depuis 20 ans ? Pour les mêmes raisons, pourquoi ne pas annuler le recul de l'âge de dispense de recherche d'emploi ?
7. En quoi la sécurisation d'installations sanitaires participe-t-elle d'une quelconque relance économique ?
8. Ne pensez-vous pas que la défiscalisation des heures supplémentaires mise en oeuvre à compter du 1er octobre 2007 a créé un effet d'aubaine qui a détruit précipitamment l'emploi intérimaire et ralenti les embauches ?
9. Que pensez vous de la hausse continue de la délinquance violente depuis 2002 ?
Rappelons enfin que cette émission de 70 à 90 minutes aux heures de grande écoute ne sera pas décompté du temps de parole de la "majorité présidentielle."
Eric Woerth s'intéresse bien aux comptes de Ségolène Royal
Nous vous en parlions il y a quelques jours. Eric Woerth avait lâché une remarque sur le soutien de Ségolène Royal, lors d'une interview radio dimanche 25 janvier : "Je n'en sais pas assez. Pierre Bergé a ses amitiés, c'est un homme estimable. Il peut aider qui il le souhaite mais ça pose la question du rapport entre l'argent et la politique finalement" .
Le Figaro confirmait, samedi 31 janvier, que les comptes de Désirs d'Avenir, l'association de Ségolène Royal, intéresse le ministre du fisc. Eric Woerth en avait parlé une seconde fois, la veille sur Europe1.
Le Canard Enchaîné, la semaine dernière, a publié une brève information sur le sujet : selon lui, l'association se serait mise en conformité avec la loi à l'automne 2008 Créée sous la forme d'un parti politique, avant la présidentielle (cf. le rapport de la Commission Nationale des Comptes de Campagne), la structure seraitredevenue une association l'année dernière, adoptant le statut de la loi 1901 qui ne comporte aucun plafond de financement.
Le 1er février, Pierre Bergé s'est expliqué sur RTL.
Pourtant, un confrère blogueur souligne la mauvaise foi de certains sur le sujet. Le statut de DESIR D'AVENIR est aisément accessible sur le site du Journal Officiel, qui laisse peu de doutes sur le "statut" de l'association, et ses éventuels changements récents. Le Canard Enchaîné a-t-il été instrumentalisé ?
Le Figaro confirmait, samedi 31 janvier, que les comptes de Désirs d'Avenir, l'association de Ségolène Royal, intéresse le ministre du fisc. Eric Woerth en avait parlé une seconde fois, la veille sur Europe1.
Le Canard Enchaîné, la semaine dernière, a publié une brève information sur le sujet : selon lui, l'association se serait mise en conformité avec la loi à l'automne 2008 Créée sous la forme d'un parti politique, avant la présidentielle (cf. le rapport de la Commission Nationale des Comptes de Campagne), la structure seraitredevenue une association l'année dernière, adoptant le statut de la loi 1901 qui ne comporte aucun plafond de financement.
Le 1er février, Pierre Bergé s'est expliqué sur RTL.
Pourtant, un confrère blogueur souligne la mauvaise foi de certains sur le sujet. Le statut de DESIR D'AVENIR est aisément accessible sur le site du Journal Officiel, qui laisse peu de doutes sur le "statut" de l'association, et ses éventuels changements récents. Le Canard Enchaîné a-t-il été instrumentalisé ?
Association : DESIRS D'AVENIR.Le Journal Officiel ne mentionne aucun changement de statut de l'association depuis sa création en décembre 2005. Aucun changement. Et si vous prenez le temps de consulter les statuts d'autres organisations politiques, comme l'UMP ou le Parti Socialiste par exemple, vous constaterez la différence de rédaction de statut.
No de parution : 20060004
Département (Région) : Paris (Île-de-France)
Lieu parution : Déclaration à la préfecture de police.
Type d'annonce : ASSOCIATION/CREATION
Déclaration à la préfecture de police. DESIRS D’AVENIR.
Objet : réfléchir à la situation sociale, politique et économique en France, en Europe et dans le monde et contribuer, notamment par ses propositions, à son amélioration, dans un esprit de justice sociale ; réunir les personnes qui souhaitent contribuer à cette réflexion et conduire toutes les actions permettant d’atteindre ces objectifs. Siège social : 38-40, rue du Faubourg-Saint-Martin, 75010 Paris.
Date de la déclaration : 16 décembre 2005.
mardi 3 février 2009
Sarkozy : Alzheimer pour oublier le chômage ?
Nicolas Sarkozy commençait sa journée par une "Réunion de suivi du plan Alzheimer au Palais de l’Élysée" lundi 2 février:
"Le chef de l’Etat a salué les premiers résultats obtenus, en particulier le renforcement des moyens de 229 consultations mémoire. Il a rappelé par ailleurs qu'il souhaitait la mise en place de tous les outils nécessaires pour mesurer les résultats du Plan sur le terrain. Il a souligné qu'il comptait sur l'engagement des administrations et opérateurs concernés pour faire du Plan Alzheimer une réalité pour les patients et les familles."
Coïncidence de dates, d'excécrables chiffres du chômage étaient livré le même jour : + 45 8000 sans-emplois en décembre. c'est la huitième hausse mensuelle consécutive, une preuve supplémentaire que la crise qui nous frappe n'est pas née un jour de septembre à WallStreet comme le gouvernement nous le laisse entendre jour après jour.
Explosion du chômage
Depuis août, la hausse du chômage "officiel" est régulière et croissante depuis 8 mois : mai (+0,3%), juin (+0,2%), juillet (+0,1%), août (+2,2%), septembre (+0,4%) octobre (+2,4%), et novembre (+3,2%). Et ces augmentations ne concernent que le nombre de demandeurs d’emplois inscrits à l’ANPE en catégorie 1, c'est à dire les personnes à la recherche d’un emploi à temps plein et à durée indéterminée. Au total, le chômage "officiel" a bondi à 2,113 millions à fin décembre 2008. Sur les douze mois de 2008, le nombre d’inscrits à l’ANPE en catégorie 1 a crû de 217 000. En décembre, la hausse touche tout le monde : les hommes (+16,3%), les femmes (+6,4%), les jeunes (+19,5%) et les 50 ans et plus (+8,8%).
Les nouveaux précaires
Cet indicateur, si mauvais soit-il, n'est pas le seul à révéler les difficultés du pays. Il y a quelques jours, Hervé Novelli se félicitait des "excellents chiffres" de créations d'entreprises en 2008 : 327 000 entreprises, soit +1,8% par rapport à 2007. Curieuse réaction du secrétaire d'Etat au PME ! La hausse en 2007 était de +13% versus 2006. Rue89 explique effectivement que le nouveau statut d’auto-entrepreneur crée une concurrence supplémentaire. L'INSEE révèle ainsi que « les chômeurs sont de plus en plus nombreux parmi les créateurs ». Et ce statut d'auto-entrepreneur cache une nouvelle précarité :
Retour au traitement social du chômage
Nicolas Sarkozy avait annoncé que le chômage partiel serait mieux indemnisé. Les textes officialisant ces dispositions ont tardé à être publiés. Ils ne l'ont été que les 31 janvier et 1er février ! le taux d'indemnisation est désormais porté de 50 à 60%, et l'accord interprofessionnel de décembre dernier prévoit également une augmentation du plancher d'indemnisation (de 4,42 à 6,84 euros de l'heure). Le plafond d'heures au chômage partiel est relevé, de 600 à 800 heures par an (voire 1 000 pour l'automobile et le textile). Le gouvernement a rompu avec ses dogmes de campagne, en favorisant cet accord et, plus généralement, le traitement social du chômage pour faire face à la crise. Rappelons aussi qu'il a prévu d'élargir à 25 bassins d'emploi (versus 7 antérieurement) l'expérimentation du contrat de transition professionnelle (CTP).
Le nombre d'emplois aidés restent, de l'avis de nombre d'économistes, insuffisant. En 1997, le gouvernement Jospin avait notamment créé quelques 275 000 emplois jeunes. Alors que l'économie a détruit 217 000 emplois nets en 2008, le gouvernement ne prévoit que 100 000 contrats aidés supplémentaires pour 2009.
Lundi, François Fillon a prévenu : "Les institutions internationales et les conjoncturistes ont tous revu à la baisse leur prévision. Nous allons réajuster les nôtres mais nous attendons d'en savoir un peu plus sur le premier trimestre et sur l'évolution de la situation aux Etats-Unis. Beaucoup dépendra de la croissance américaine. Ce qui m'inquiète le plus, c'est la tendance à la renationalisation des politiques de relance en Europe depuis janvier."
Mais : "Rien ne serait pire qu'un changement de cap"
"Le chef de l’Etat a salué les premiers résultats obtenus, en particulier le renforcement des moyens de 229 consultations mémoire. Il a rappelé par ailleurs qu'il souhaitait la mise en place de tous les outils nécessaires pour mesurer les résultats du Plan sur le terrain. Il a souligné qu'il comptait sur l'engagement des administrations et opérateurs concernés pour faire du Plan Alzheimer une réalité pour les patients et les familles."
Coïncidence de dates, d'excécrables chiffres du chômage étaient livré le même jour : + 45 8000 sans-emplois en décembre. c'est la huitième hausse mensuelle consécutive, une preuve supplémentaire que la crise qui nous frappe n'est pas née un jour de septembre à WallStreet comme le gouvernement nous le laisse entendre jour après jour.
Explosion du chômage
Depuis août, la hausse du chômage "officiel" est régulière et croissante depuis 8 mois : mai (+0,3%), juin (+0,2%), juillet (+0,1%), août (+2,2%), septembre (+0,4%) octobre (+2,4%), et novembre (+3,2%). Et ces augmentations ne concernent que le nombre de demandeurs d’emplois inscrits à l’ANPE en catégorie 1, c'est à dire les personnes à la recherche d’un emploi à temps plein et à durée indéterminée. Au total, le chômage "officiel" a bondi à 2,113 millions à fin décembre 2008. Sur les douze mois de 2008, le nombre d’inscrits à l’ANPE en catégorie 1 a crû de 217 000. En décembre, la hausse touche tout le monde : les hommes (+16,3%), les femmes (+6,4%), les jeunes (+19,5%) et les 50 ans et plus (+8,8%).
Les nouveaux précaires
Cet indicateur, si mauvais soit-il, n'est pas le seul à révéler les difficultés du pays. Il y a quelques jours, Hervé Novelli se félicitait des "excellents chiffres" de créations d'entreprises en 2008 : 327 000 entreprises, soit +1,8% par rapport à 2007. Curieuse réaction du secrétaire d'Etat au PME ! La hausse en 2007 était de +13% versus 2006. Rue89 explique effectivement que le nouveau statut d’auto-entrepreneur crée une concurrence supplémentaire. L'INSEE révèle ainsi que « les chômeurs sont de plus en plus nombreux parmi les créateurs ». Et ce statut d'auto-entrepreneur cache une nouvelle précarité :
Voilà donc des chômeurs qui se transforment en patrons… petits patrons puisqu’il viennent grossir les rangs des créateurs d’entreprises qui n’emploient aucun salarié: ce fut le cas en 2008 pour neuf créations d’entreprises sur dix. Un seul emploi créé: celui du tout nouveau chef d’entreprise, comme le souligne l’Insee:
« Le nombre de créations d’entreprises sans salarié a progressé de 61% entre 2002 et 2008 alors que celui des créations avec au moins un salarié n’a augmenté que de 10%. »
L’ex-chômeur crée souvent son propre emploi après avoir été exclu de son ancienne entreprise parce que le marché du travail est incapable de le réintégrer. Bizarrement, il arrive qu’on retrouve cet entrepreneur solitaire au service de son ancienne entreprise avec un statut précaire de sous-traitant, effectuant des missions dites « externalisées » par l’entreprise bien contente d’avoir allégé sa masse salariale et de pouvoir utiliser des capacités de travail forcément très flexibles. Quant au nouveau chef d’entreprise, à lui de trouver la matière à se constituer une revenu, si possible régulier (source Rue89).
Retour au traitement social du chômage
Nicolas Sarkozy avait annoncé que le chômage partiel serait mieux indemnisé. Les textes officialisant ces dispositions ont tardé à être publiés. Ils ne l'ont été que les 31 janvier et 1er février ! le taux d'indemnisation est désormais porté de 50 à 60%, et l'accord interprofessionnel de décembre dernier prévoit également une augmentation du plancher d'indemnisation (de 4,42 à 6,84 euros de l'heure). Le plafond d'heures au chômage partiel est relevé, de 600 à 800 heures par an (voire 1 000 pour l'automobile et le textile). Le gouvernement a rompu avec ses dogmes de campagne, en favorisant cet accord et, plus généralement, le traitement social du chômage pour faire face à la crise. Rappelons aussi qu'il a prévu d'élargir à 25 bassins d'emploi (versus 7 antérieurement) l'expérimentation du contrat de transition professionnelle (CTP).
Le nombre d'emplois aidés restent, de l'avis de nombre d'économistes, insuffisant. En 1997, le gouvernement Jospin avait notamment créé quelques 275 000 emplois jeunes. Alors que l'économie a détruit 217 000 emplois nets en 2008, le gouvernement ne prévoit que 100 000 contrats aidés supplémentaires pour 2009.
Lundi, François Fillon a prévenu : "Les institutions internationales et les conjoncturistes ont tous revu à la baisse leur prévision. Nous allons réajuster les nôtres mais nous attendons d'en savoir un peu plus sur le premier trimestre et sur l'évolution de la situation aux Etats-Unis. Beaucoup dépendra de la croissance américaine. Ce qui m'inquiète le plus, c'est la tendance à la renationalisation des politiques de relance en Europe depuis janvier."
Mais : "Rien ne serait pire qu'un changement de cap"
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Ne pas écouter Sarkozy à la télé : l'appel
Jeudi 5 février, Nicolas Sarkozy a prévu d'intervenir à la télévision. Connaissant par avance ce qu'il va dire, et surtout ne pas dire, nous pourrions vous suggérer d'éteindre votre téléviseur jeudi 5 février.
Après une annonce précipitée jeudi 29 janvier, par Laurence Ferrari sur TF1, les proches du président ont laissé planer le doute tout le week-end. Le suspense est clos.
Le président répondra à Laurence Ferrari (TF1), David Pujadas (France 2), Guy Lagache (M6) et Alain Duhamel (RTL), lors d’une émission de 70 à 90 minutes intitulée «Face à la crise», diffusée à partir de 20h15 en direct sur TF1, France 2, M6 et RTL.
Après une annonce précipitée jeudi 29 janvier, par Laurence Ferrari sur TF1, les proches du président ont laissé planer le doute tout le week-end. Le suspense est clos.
Le président répondra à Laurence Ferrari (TF1), David Pujadas (France 2), Guy Lagache (M6) et Alain Duhamel (RTL), lors d’une émission de 70 à 90 minutes intitulée «Face à la crise», diffusée à partir de 20h15 en direct sur TF1, France 2, M6 et RTL.
lundi 2 février 2009
L'Affaire Kouchner, scandale en Sarkofrance ?

L'affaire Kouchner (car c'est une affaire) pourrait être l'un de ses scandales qui mouille la République, alimente un poujadisme dangereux et provoque des dérapages dangereux. Elle doit cependant être rapportée. Icône de la gauche humanitaire depuis les années 1970, Bernard Kouchner est resté suffisamment marginal à gauche pour céder aux tentations du pouvoir provoquées par Nicolas Sarkozy en mai 2007. Grand bien lui en a pris. Ainsi, la Sarkofrance est également mouillée et potentiellement déstabilisée. Voici que la "prise de guerre" qu'a représenté la nomination de Kouchner aux Affaires Etrangères au lendemain de l'élection présidentielle devient un encombrant boulet !
Le scandale de la Françafrique
La Françafrique désigne cette emprise néocolonialiste de la France sur ses anciens territoires africains maintenues de soutiens militaire, économique et politique aux régimes en place, sur fonds de commissions occultes ou d'avantages douteux à double sens (pour certains bénéficiaires français et pour les dignitaires locaux). Contrairement à ses promesses de campagne, Nicolas Sarkozy a vite emboité le pas de ses prédécesseurs et enterré toutes vélléité de rompre avec les mauvaises pratiques. Quand Jean-Marie Bockel, son éphémère secrétaire d'Etat à la Coopération, commis l'imprudence de réclamer une vraie rupture avec la Françafrique (en déclarant voulant signer « l’acte de décès de la Françafrique »), il fut exilé au Anciens Combattants, et un discret représentant de Sarkofrance fut nommé à sa place en mars 2008. Le dictateur Omar Bongo qui s'était plaint du trublion Bockel fut ainsi rapidement rassuré.
Kouchner, ou la schizophrénie française en Afrique
Nous avons souligné sur ce blog combien les révélations du journaliste Pierre Péan, relayées une première fois par Philippe Cohen dans Marianne2, puis complétées de preuves supplémentaires par Bakchich.info, étaient éthiquement condamnables : présider une association internationale para-publique visant au développement des systèmes de santé en Afrique et, en parallèle, conseiller au prix fort les chefs d'Etat africains de la région sur des thèmes similaires. Eric Conan, pour Marianne, a des mots durs, en décrivant Kouchner "tirer, via une activité de consultant privé camouflée derrières quelques sociétés-écrans créées par ses proches, les dividendes de sa réputation et de son influence". Bernard Kouchner a lui même été à l'initiative de la création de cette organisation, ESTHER (""Ensemble pour une Solidarité Thérapeutique Hospitalière En Réseau"), en mars 2002, avant d'en être nommé président par Jean-Pierre Raffarin en novembre 2003, sur la recommandation de Dominique Ambiel, conseiller du premier ministre et proche ami du couple Ockrent-Kouchner. Quelques semaines plus tard, en janvier 2004, Kouchner créé une société de conseil, BK Consultants, dont l'objet social est .... le conseil en développement durable et la santé publique. A l'été 2004, les consultations privées de Kouchner sur le système gabonais de santé démarrent. D'après Pierre Péan toujours, Kouchner travaille aussi pour le Congo du président Sassou-Nguesso.
Pierre Péan va plus loin. Il critique les dérives de l'ingérence humanitaire kouchnérienne, qui ressemble finalement davantage à une intrusion néocolonialiste, tant économique que militaire, qu'autre chose. A lire les bonnes feuilles publiées par Marianne, on constate que Péan exhume quelques trouvailles troublantes pour l'éthique du French Doctor : son auto- nomination à l'hôpital Cochin comme professeur associé en 1993, ou sa domiciliation à Sperone en Corse quand il devient député européen en 1994 pour 'aider' ses remboursements de frais de voyages. le journaliste rappelle aussi l'affaire birmane. En 2003, Bernard Kouchner se rend en Birmanie et rédige un rapport pour le compte de Total. S'il demande au pétrolier de soutenir la cause démocratique, il ne dit pas un mot sur "le travail forcé des populations locales dont Total est accusé d'avoir profité en 1995."
Sarkozy est atterré, vraiment ?
En mai 2007, l'un des proches de Kouchner fut nommé ambassadeur à Monaco sur proposition du ministre. Eric Danon, c'est son nom, se chargea ensuite des relances de paiement des factures impayées auprès des chefs d'Etat africains de la région. Une démarche somme toute normal pour toute entreprise, sauf que son dirigeant était entre-temps devenu personnage officiel de la République française. Quand Bockel se lâcha contre la Françafrique, Omar Bongo se plaint auprès de Sarkozy. Bockel fut viré, et les sommes impayées au titre des prestations de Bernard Kouchner avant 2007 furent réglées à la société de conseil de l'ambassadeur Danon. Eric Conan relate combien le président français fut atterré par les révélations de ces relations africaines particulières de son ministre:
"Atterré par ce qu’il découvrait, le Président de la République fit tout pour éviter le scandale. Il apaisa les représentants offensés de la Françafrique en mutant Jean-Marie Bockel au Ministère des Anciens combattants. Il s’étonna vertement que son Secrétaire général, Claude Guéant, ait ignoré la très gênante double vie du French Doctor. Il mit fin aux fonctions de l’ambassadeur Danon à Monaco. Et il humilia son Ministre des Affaires Etrangères en lui faisant savoir qu’il venait de découvrir ses petits secrets par la bouche de… Rama Yade qui annonça elle-même à son Ministre de tutelle la destitution de Danon. "Bernard Kouchner se défend
Bernard Kouchner avait publiquement fait savoir qu'il avait pris l'excellent Maître Kiejman comme avocat pour le défendre. Pourquoi rendre cette information publique, si ce n'est pour adresser le message aux journalistes (et blogueurs) trop curieux qu'un cador du barreau se chargera d'eux ? Maître Kiejman a d'ailleurs réagi ce week-eend, en contestant les sommes avancées par Péan. Dans le JDD du 1er février, un ami (et biographe) du French Doctor vient à la rescousse du ministre en rappelant la générosité et la prise de risque. Rien d'autre ? La bataille de communication bat son plein.
Bakchich.info a déjà relaté comment une société de lobbying l'a contacté pour discuter des articles publiés par le site sur les aventures africaines du ministre. Une société qui travaille par ailleurs pour france24 dont la compagne de Kouchner, Christine Ockrent, est numéro deux...
"notre site a reçu, après avoir publié un premier papier sur les arrangements entre Bongo et Kouchner, un coup de fil d’un grand cabinet de lobbying de la place, Image Sept. Le message de ces communicants était simple : avant de réécrire un deuxième papier, il faut que nous vous rencontrions. Des appels de ce genre, nous en recevons régulièrement et cela n’a rien d’anormal.La Françafrique continue
Sauf qu’il est rare de voir un lobbyiste privé intervenir pour un ministre, et avoir vent des e-mails envoyés au ministère. Et encore plus surprenant que ces communicants soient les clients d’une société, à savoir France 24, où travaille la compagne du ministre."
En septembre 2007, une mission d’information parlementaire sur la politique africaine de la France est créée. Fallait-il en attendre quelque chose ? Patrick Balkany, le grand ami du président (rappelez-vous son anniversaire récent), et fidèle des Hauts-de-Seine de Charles Pasqua en faisait partie. Le rapport qui en suivit est un modèle du genre. Pas un mot sur les dictatures et les violations des libertés individuelles. Quand on écoute Alain Joyandet, le successeur de Jean-Marie Bockel, parler des relations de la France avec l'Afrique, et notamment Omar Bongo, on a de quoi être "atterré".
"le détournement d’argent public en Afrique ? Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de (...) notre expression"
"je souhaite plus d’influence française, j’ose le mot, plus d’influence française"
"si nous ne sommes pas les partenaires économiques privilégiés, alors on ne pourra plus défendre nos valeurs"
Lire aussi:
- Affaire Kouchner, les sales coulisses de la République (Sarkofrance)
- Le rapport France-Afrique qui déchire la majorité Miracle à l’Assemblée (cellule Françafrique)
- La politique de la France en Afrique : le duo Sarko-Guéant à l’oeuvre (Bakchich.info)
- Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée (Samuel Foutoyet)
Libellés :
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Sarkozy
Rachida Dati forcée au départ ...
On avait eu vent, par le Canard Enchaîné de mercredi 28 janvier, du supposé échange entre Nicolas Sarkozy et Rachida Dati il y a quelques jours:
Maintenant, écoutez Luc Chatel raconter la même histoire...- N.S : "Fais-moi confiance ! Jusqu'ici, je t'ai bien traitée. Fais ce que je te dis et, dans un an, tu reviens au gouvernement par la grande porte"..
- R.D : "Si j'ai bien compris, je n'ai pas le choix", répond la garde des Sceaux, les larmes aux yeux.
- N.S : "En effet, si tu veux rester mon amie, tu n'as pas le choix. Ne fais pas comme Rama ! Ou tu pars sans rien, ou tu pars pour devenir député européen".
(...)
- R.D : "Et ma fille ? Si je deviens députée européenne, je serai absente de Paris quatre jours par semaine. Ca va me poser un gros problème de garde."
- N.S : "Tu te trompes : c'est quatre jours par mois à Strasbourg et deux par mois à Bruxelles [hors commission et autres obligations]. Et dans les deux endroits, il y a des crèches parce que 40% des députés européens sont des femmes"
dimanche 1 février 2009
Pour Frédéric Lefebvre, Talamoni est à la limite du terrorisme
Sur ce court extrait d'un débat organisé par Libération entre Benoit Hamon et Frédéric Lefebvre, le député-suppléant porte-parole de l'UMP s'empêtre dans sa réponse sur la mutation-sanction du préfet de la Manche. ce dernier a été muté après à peine 6 mois de fonction, suite aux manifestations houleuses (mais sans violence) qui ont accompagné la visite de Nicolas Sarkozy à Saint Lô le 12 janvier dernier. Furieux, Sarkozy aurait demandé sa tête. Benoit Hamon lance l'assaut, placidement et efficacement, en critiquant le caprice du Monarque. Frédéric Lefebvre est embarrassé :
"Moi je suis désolé, je ne suis pas le ministre de l'Intérieur. Mais visiblement c'est une sanction puisqu'il est muté au bout de 6 mois (...). Je ne connais pas encore le détail des dossiers de fonctionnement des préfets."
Puis :
"Il y a un point qui est un point important, c'est que... je considère que dans ce pays il n'y a pas que les clampins qui doivent payer."
Benoit Hamon ayant rappelé le limogeage du responsable de la coordination des polices en Corse après l'invasion du jardin de Christian Clavier, Lefebvre s'empêtre : "Vous oubliez juste quelqque chose, Benoit Hamon, c'est que Christian Clavier habite dans une résidence où les gens sont menacés y compris de mort... (...) Dans cette résidence, on sait qu'il y a des gens qui sont menacés par des terroristes, et le patron de la police à l'époque en Corse prend la responsabilité de laisser venir des terroristes corses... parce que les gens gentils ..." Hamon l'interrompt: "Talamoni, c'est un terroriste ?" Lefebvre bafouille : "Y a pas que Talamoni qui était le groupe..." Hamon réplique : "Non, mais moi j'ai entendu... je crois qu'il y avait Talamoni, non ? C'est donc un terroriste ?"
Lefebvre : "D'abord, monsieur Talamoni est à la limite... et ensuite, il n'y avait pas que lui"
Hamon: "Non mais vous savez qu'il siège à l'Assemblée Corse ?"
Lefebvre : "Et alors, il est à la limite..."
Quelques minutes plus tard, Hamon insiste : "Mais c'est quoi être à la limite du terrorisme ?"
Pendant cet échange, Hamon sourit, jubile. Il a raison.
"Moi je suis désolé, je ne suis pas le ministre de l'Intérieur. Mais visiblement c'est une sanction puisqu'il est muté au bout de 6 mois (...). Je ne connais pas encore le détail des dossiers de fonctionnement des préfets."
Puis :
"Il y a un point qui est un point important, c'est que... je considère que dans ce pays il n'y a pas que les clampins qui doivent payer."
Benoit Hamon ayant rappelé le limogeage du responsable de la coordination des polices en Corse après l'invasion du jardin de Christian Clavier, Lefebvre s'empêtre : "Vous oubliez juste quelqque chose, Benoit Hamon, c'est que Christian Clavier habite dans une résidence où les gens sont menacés y compris de mort... (...) Dans cette résidence, on sait qu'il y a des gens qui sont menacés par des terroristes, et le patron de la police à l'époque en Corse prend la responsabilité de laisser venir des terroristes corses... parce que les gens gentils ..." Hamon l'interrompt: "Talamoni, c'est un terroriste ?" Lefebvre bafouille : "Y a pas que Talamoni qui était le groupe..." Hamon réplique : "Non, mais moi j'ai entendu... je crois qu'il y avait Talamoni, non ? C'est donc un terroriste ?"
Lefebvre : "D'abord, monsieur Talamoni est à la limite... et ensuite, il n'y avait pas que lui"
Hamon: "Non mais vous savez qu'il siège à l'Assemblée Corse ?"
Lefebvre : "Et alors, il est à la limite..."
Quelques minutes plus tard, Hamon insiste : "Mais c'est quoi être à la limite du terrorisme ?"
Pendant cet échange, Hamon sourit, jubile. Il a raison.
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