samedi 7 mars 2009

Nicolas et Carla Sarkozy vont bronzer 3 jours au Mexique

Avant son voyage officiel au Mexique, Nicolas Sarkozy s'est réservé trois jours de repos sur place, avec son épouse Carla Bruni. L'agenda est vide de rendez-vous officiel depuis jeudi soir. Nicolas Sarkozy est mêeme venu chercher son épouse à une soirée officielle, pour partir séance tenante.
Invitée d'honneur jeudi soir à une soirée de l'association internationale pour la recherche et l'aide médicale Hadassah, Carla Bruni-Sarkozy a indiqué devant les invités qu'elle partait le soir même pour le Mexique. "Je pars ce soir pour le Mexique", a-t-elle affirmé, a constaté sur place un photographe de l'AFP.
Au milieu de cette soirée, qui se déroulait au pavillon d'Armenonville, à Paris, le chef de l'Etat est passé la prendre, a également constaté le photographe de l'AFP.

Dimanche, la journée sera tout aussi calme, excepté un "moment privé" avec les époux Calderon. La visite officielle ne débutte que lundi 9 mars. Le prétexte officiel à ce déplacement est de "relancer des relations franco-mexicaines atones sur le plan économique".

Une vraie urgence ?

En revanche, les Antilles françaises attendent toujours leur président...

96ème semaine de Sarkofrance : la "positive attitude" de Nicolas Sarkozy

En cette 96ème semaine de Sarkofrance, Nicolas Sarkozy s'est agacé du pessimisme ambiant. Il a demandé à ses ministres de "p-o-s-i-t-i-v-e-r". Il veut taire les voix discordantes au sein de son équipe gouvernementale, et que chacun multiplie sourires et bonnes nouvelles.  Qu'ils prennent donc exemple sur leur chef ! A chaque discours, un Sarkozy souriant nous sert quelques blagues, toujours les mêmes mêmes, et de beaux principes, toujours les mêmes.

Positiver la crise ?
Le premier ministre a planté le décor de la semaine mardi matin. Un mauvais décor. «Il a un peu trop noirci le tableau», a rapporté un "sarkozyste" au Figaro, à l'issue du Conseil des Ministres. La crise sera longue et dure, aucun plan de relance n'apportera de solution magique, et les comptes publics sont bien plombés. La vraie surprise vient de l'ampleur du déficit: 104 milliards d'euros en 2009, c'est-à-dire une réévaluation à la hausse de plus de 50 milliards d'euros. C'est la quatrième fois en moins de six mois que le gouvernement dégrade ses prévisions. "Gouverner, c'est prévoir" dit la maxime. Visiblement, l'exécutif français fait exception. Une partie de ce dérapage s'explique aisément : les recettes fiscales perdent 20 milliards, "à cause de la récession" d'après le premier ministre. Osera-t-on lui répondre que ses défiscalisations massives d'heures supplémentaires, de bouclier fiscal, de droits de succession, etc, pèsent de façon anachronique et dangereuse sur le budget ? Plus surprenant est le chiffre de 30 milliards d'euros annoncés pour les mesures de relance. On croyait que la relance portait sur l'investissement, pas sur la consommation. Quand on somme les différentes mesures immédiates qui grèvent le budget de l'Etat, on parvient péniblement à une vingtaine de milliards d'euros : 4 milliards de relance annoncée en novembre, 6,5 milliards de prêts pour le secteur automobile, 850 millions d'euros de nouvelles dépenses "sociales", 580 millions d'efforts pour l'outre-mer, suite aux mouvements de grève aux Antilles, aides de l'Etat à la presse pour 200 millions, aggravation du déficit de la Sécurité Sociale de 7 milliards d'euros. D'où vient le reste ?
Fillon aurait dû prendre exemple sur Frédéric Lefebvre, le député-suppléant de l'UMP. Quelques heures après l'annonce de l'explosion du chômage en janvier, le voici qui déclare: "La stratégie du plan de relance commence déjà à porter ses fruits."

Sarkozy claque Boutin et Fillon
Mercredi, lors du Conseil des ministres, le président a distribué quelques gifles. Christine Boutin s'est d'abord fait remontée les bretelles. Le projet de texte relatif à "l'autorité parentale et aux droits des tiers" est sans doute la seule et unique bonne nouvelle de la semaine. C'est aussi devenu un beau vacarme sarkozyen, un sujet de société qui divise jusqu'à son camp. Christine Boutin avait exprimé sa réticence, réclamant même un débat télévisé (avec Jean-Luc Delarue ?). Nadine Morano, la secrétaire d'Etat chargée de la famille, défendait le droit à l'homoparentalité. Christine la Catholique n'a pas appréciée. Nicolas le président lui a rétorqué : «quand on n'est pas content, on s'en va !».

Sarkozy a aussi tancé l'ensemble de son gouvernement : il faut positiver ! François Fillon s'est indirectement fait reprocher sa vision sombre et sans issue de la situation du pays. Le chef de l'Etat réfléchit à une campagne de pub. Il a demandé à ses ministres d'écrire aux quatre millions de Français concernés par la suppression des prochains tiers provisionnels et la prime de 150 euros attribuée à certaines familles. C'est la Poste qui va être contente !

Sarkozy, amuseur public
Chaque ministre devrait prendre exemple sur le chef de l'Etat. Les discours présidentiels sont bien rodés : les constats sont souvent exagérés ou imprécis; les mesures apportées en réponse sont tantôt floues, tantôt déjà connues, voire annecdotiques; et pour supporter tout ça, Sarkozy martèle les mêmes exemples et les mêmes théories.  Mardi 3 mars, Nicolas Sarkozy parlait ainsi formation. Un grand discours ... inquiétant et drôle à la fois. En déplacement dans la Drôme devant une assistance maîtrisée, le président français a recasé un peu idéologie (Je pense que le but pour chacun c'est d'assurer la promotion de sa famille. Le social, c'est pas le nivellement, c'est pas l'égalitarisme, c'est pas le misérabilisme."), puis appuyer ses constats. Puis il a ensuite fait quelques annonces, un mélange de mesures déjà connues (comme  la création d'un fonds d'investissement social, sans plus de précision sur son fonctionnement), inquiétantes (comme le regroupement/restructuration des "organismes paritaires collecteurs agréés", ou ... l'inclusion des cours du soir dans le congé individuel de formation !), et anecdotiques (comme la mise en place d'un "centre d'appel téléphonique et un portail internet"). On positive les amis ! Même topo sur la réforme territoriale. Sarkozy a reçu le fameux rapport de la Commission Balladur jeudi dernier. Et il a rassuré tout le monde : on prendra le temps pour en discuter (4 mois), on ne touche pas à Paris, et on discutera de la loi cet automne. Que personne ne s'inquiète... "Ayez confiance"

Positiver la crise financière ?
A ce jeu de la "positive attitude", Christine "Marie-Antoinette" Lagarde est la championne du gouvernement. Depuis mai 2007, la ministre de l'Economie applique les recettes de communication de l'entreprise moderne. Elle ne parle jamais de problèmes, ni de difficultés, mais de "solutions à venir". Cette semaine, les bourses européennes dégringolent comme Wall Street. Les assureurs français tremblent de fragilité à cause des difficultés du groupe américain American International Group (AIG), ancien numéro un mondial de l'assurance. Qu'importe ! Christine est là, prête à intervenir comme pour les banques : "Le principe est le même (qu'avec les banques) dès lors que les établissements se trouveraient en situation de risque systémique", a-t-elle expliqué jeudi. "J'espère que les compagnies d'assurance qui ont jusqu'à présent très bien résisté à la crise et bien géré leurs opérations continueront de le faire".

S'inquiète-t-on des déficits, et donc de la dette publique française ? La France pourra-t-elle encore emprunter correctement sur les marchés ? La ministre est encore là pour rassurer : elle annonce qu'elle fait «tout ce qui est nécessaire et possible pour maintenir la signature de la France au niveau triple A et pour bénéficier au maximum des baisses de taux d'intérêt qu'on constate actuellement». On n'en sait pas plus, mais au moins, elle dit qu'elle bosse...

Sans rire, la ministre a aussi demandé aux Banques Populaires et aux Caisses d'Epargne de revoir la stratégie de leur filiale commune Natixis. Le même jour, François Pérol achevait son grand schelem du pantouflage élyséen. Il a été nommé Président du Conseil de Surveillance de... Natixis. L'action valait 84 centimes vendredi soir. Quand cette filiale commune a été introduite en Bourse en 2006, sur les conseils notamment de François Pérol, elle en valait ... 19 euros.

Positiver les prisons ?
Jadis si prolixe, qu'elle est discrète la Garde des Sceaux ! Rachida Dati avait pourtant repris le "travail" 5 jours à peine après son accouchement début janvier dernier. Depuis, silence radio. Assommée par l'annonce de son départ prochain du gouvernement, une simple confirmation de sa disgrâce présidentielle, la "Loana" du Loft Sarkozyste n'a pas réagi à la cascade d'évènements judiciaires de ces dernières semaines : rebondissements de l'affaire Colonna, évasion de la prison de Moulins, suicides en prisons, les sujets étaient nombreux pourtant.
Mardi, la silencieuse Garde des Sceaux présentait son texte de loi pénitentiaire au Sénat, avec 6 mois de retard. Au 1er février 2009, les prisons françaises comptaient 62.144 détenus, pour 52.589 places. La responsabilité du président sur le sort des prisons est clairement engagée : depuis mai 2007, Rachida Dati a fait voter et promulgué la fameuse loi "anti-récidive" instaurant des peines planchers, qui a aggravé la surpopulation carcérale. Et pour des résultats décevants de lutte contre la délinquance : la délinquance générale et les actes les plus violents ont augmenté en 2008.  Le projet de loi Dati ne résout pas grand chose : il confirme beaucoup de droits mal respectés, comme le maintien des liens familiaux (article 15), le droit au travail (article 14), l'accès à à l'information écrite et audiovisuelle (art 19), et même, ô surprise la libre communication des détenus avec leurs avocats (article 11), mais sans donner de moyens. Il voulait même supprimer le principe de l’encellulement individuel, mais le Sénat l'a refusé.
Rachida Dati avait la tête ailleurs. Passée l'adoption du projet au Sénat vendredi 6 mars, la Garde des Sceaux préparait sa rentrée médiatique. Elle pense à la Mairie de Paris. Pas question de rester silencieuse.  Interview dans la nouvelle édition du samedi du JDD, journal télévisé de France 2 (Sarkozy lui a refusé TF1), puis Europe 1 lundi matin, et même Mireille Dumas sur France 3 un peu plus tard. Rachida Dati veut surtout positiver son propre sort.

Positiver les expulsions ?
Depuis quelques jours, Eric Besson, le ministre de l'identité nationale, suit les recommandations de son patron de président. Il positive beaucoup: il avait déjà rencontré, la semaine passée, des jeunes Afghans et Irakiens près de la gare de l'Est à Paris, et annoncé la reconduite des fonds alloués par le gouvernement à l'association France Terre , soit 2,7 millions d'euros. Lundi 2 mars, il signait une circulaire addressée aux préfets leur demandant de "promouvoir le "label Diversité" auprès des employeurs publics et privés de leurs départements"... Lundi soir, il faisait régulariser le boxeur afghan de Tourcoing, Sharif Hassanzade, devenu champion de France. Une vraie métamorphose ! On n'oubliera pas la situation réelle du terrain : mercredi, un professeur de philosophie était convoqué au Tribunal de Grande Instance de Bobigny pour comparaître devant un procureur. Son délit ? Avoir posé trop de questions à des policiers accompagnant un expulsé. Jeudi, une militante de Calais passait en jugement à la Cour d'appel de Douai. Son délit ? Depuis 5 ans, elle a photographié toutes les interpellations de sans-papiers auxquelles elle a pu assister. Belle semaine !

Au fait, dimanche 8 mars, on célèbre la Journée Internationale de luttes des Femmes. L'hebdomadaire Vendredi, relayé par Marianne2, consacre ses colonnes à l'évènement.

Quelqu'un a-t-il remarqué l'étrange et discrète masculinité du cabinet élyséen ?

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

"Loana" Dati revient

Nous l'avions surnommé la Loana du Loft Sarkozyste. Elle fut contente, vendredi 6 mars. Sa loi fut votée par le Sénat. Mais la ministre pensait à autre chose. Son avenir.

Rachida Dati revient sur la scène médiatique. Comment analyser autrement la salve d'interventions de la Garde des Sceaux entre les 7 et 9 mars ?

Rachida Dati est-elle encore Garde des Sceaux ?
Occupée par sa fin de grossesse puis son accouchement, déçue par sa prochaine éviction du gouvernement, la ministre a délaissé son "blog video" narcissique. la dernière mise à jour remonte au 8 décembre... Début février, Elizabeth Guigou lui reprochait son silence dans l'affaire de l'évasion de la prison de Moulins. Quand le procès d'Ivan Colonna tourne à la farce, la garde des Sceaux reste discrète. Pas un mot, pas un communiqué de presse.

On aurait pu penser que son projet de loi sur les prisons allait lui fournir l'occasion d'intervenir enfin sur un sujet sérieux. N'était-ce pas elle qui déclarait en juillet dernier, qu'« avec ce projet de loi, la prison de 2008, c’est une prison moderne et digne qui garantit les droits de chacun ».
Alors qu'il entamait son examen au Sénat, la ministre ... se contente du service minimum: un discours au Sénat mardi, une présentation en Conseil des Ministres, les débats au Sénat. Côté médias pour "défendre" son projet, ... rien !

Loana revient
Comme une star déchue de la télé-réalité, la ministre cherche à redorer sses paillettes médiatiques. Quelle salve ! Mardi, elle présentait (légitimement) son projet de loi pénitentiaire. On aurait pu penser qu'à l'instar de ses collègues du gouvernement, elle assure un service après-vente rapide et massif. Que nenni ! Point d'interview dans la presse, ni à la télévision. Le lendemain, la ministre laissait fuiter qu'elle visait la conquête de la Mairie de Paris. « La capitale en 2014, c’est un vrai objectif pour elle. Elle a l’idée de conquérir l’Hôtel de Ville. » a confié l'un de ses proches au Parisien...

Samedi 7 mars, la voici qui inaugure la nouvelle édition du Journal du Dimanche avec un bel entretien. Dimanche, Rachida Dati est prévue au journal télévisée de France 2. Lundi, on l'entendra sur Europe 1, interrogé par Jean-Pierre Elkabach. Et ce n'est pas tout ! Rachida Dati aurait accepté l'invitation de Mireille Dumas, pour un numéro spécial de Vie Privée, Vie Publique sur France 3.

Et le travail dans tout ça ?

vendredi 6 mars 2009

Un Vendredi féminin en Sarkofrance

Chose promise, chose due, l'hebdomadaire Vendredi, 19ème édition, est aujourd'hui intégralement offert à la blogosphère féminine. certains blogueurs masculins émérites se sont échauffés sur le sujet, exprimant un désaccord (qui laisse l'auteur de ce blog perplexe) face à cette opération, et parfois contre l'idée même d'une journée dédiée aux luttes des femmes dans le monde.
Ce numéro de Vendredi est réjouissant. On y parle (évidemment) de féminité ("Dis maman, c'est quoi une femme ?" de Polluxe), politique sécuritaire ("Sécurité, Identité, Surdité" avec Hypos), retraites (avec kamizole), politique de santé (avec le Rocrocodile Kinepeuthe), Guadeloupe (grâce à CeeCee), réforme Balladur (avec Mip), adolescence (avec Mrs Clooney), drague ("la chasse à l'homme sur le Net", avec dusktildawn), religion (merci Olympe), et même poésie (paleblueyes) et sexualité (laureleforestier).
Le numéro est enrichi des dessins très drôles et réussis de penelope-jolicoeur, grumeautique ou diglee, et un panorama très complet de la blogosphère féminine. Une mine d'information.

Votre serviteur a rêvé qu'il était une femme, par jalousie de n'avoir pu participer à cette aventure, par solidarité pour des combats qui demeurent.

Bravo à toutes !

France: la honte pénitentiaire

L'abrogation de la peine de mort était peut être le combat majeur de la justice il y a 30 ans. L'amélioration de la situation carcérale est sans doute l'un de ses sujets majeurs de la Justice en France pour les années à venir. Mardi 2 mars, le gouvernement a enfin présenté son projet de réforme pénitentiaire.

Sarkozy, responsable
S'il est un sujet sur lequel la responsabilité du président actuel est engagée depuis longtemps, ce sont bien les prisons. « Quand on est condamné à une peine de prison, on est privé de sa liberté, mais pas de sa dignité, de son intégrité physique, de son droit à conserver une relation familiale » déclarait le candidat Sarkozy pendant la campagne. Entre 2002-2004 puis 2005-2007, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, a activé la politique de lutte contre l'insécurité, pour des résultats décevants. En août 2007, Rachida Dati a fait voté et promulgué la fameuse loi "anti-récidive" instaurant des peines planchers, qui a aggravé la surpopulation carcérale. D'autres lois répressives sont venues déteriorier le tableau général: la rétention de sûreté, le durcissement des sanctions aux "crimes de la route", etc. Encore une fois, les résultats de la lutte contre la délinquance ne sont pas à la hauteur: la délinquance générale a augmenté en 2008, et les actes les plus violents augmentent.
Au 1er février 2009, les prisons françaises comptaient 62.144 détenus, pour 52.589 places. Et ces données moyennes cachent des situations extrêmes, comme le rappelait Le Monde qui a publié mardi une carte de France des prisons les plus surpeuplées. Début janvier 2009, le premier rapport sur les prisons du contrôleur général des lieux privatifs de liberté est catastrophique. Il concernait la maison d'arrêt de Villefranche sur Saône, pourtant neuve.


Au printemps 2008, sans doute consciente des dégats et de l'inefficacité de ses propres mesures, Rachida Dati annonçait un projet de loi pénitentiaire privilégiant les peines alternatives.

Le projet de loi
Mais ce projet a été rapidement mis au placard avant l'été, pour ressurgir "en urgence" il y a quelques jours. Rachida Dati l'a présenté au Sénat mardi 3 mars. Le président de l'Assemblée Nationale, soutenu par des députés de gauche comme de droite, a regretté cette procédure d'urgence qui réduit le temps du débat parlementaire. Qu'importe ! Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat en charge des relations avec le Parlement, a opposé une fin de non-recevoir à sa demande, mercredi 4 mars. Le gouvernement met en avant 5 objectifs de sa réforme:
1. "Clarifier les missions du service public pénitentiaire"

2. "Mieux reconnaître les personnels", à travers la création d’un code de déontologie, une prestation de serment, la création d’une réserve pénitentiaire (personnels volontaires retraités de l’administration pénitentiaire).

3. "Garantir les droits des détenus", rappelés dans le texte de loi : domiciliation à l’établissement pénitentiaire (article 12), maintien des liens familiaux (article 15), droit au travail (article 14) ou le droit à l’insertion, accès à à l'information écrite et audiovisuelle (art 19), accès au téléphone (article 16), et même, ô surprise la libre communication des détenus avec leurs avocats (article 11).

4. "Clarifier les régimes de détention", en garantissant "l’individualisation de la prise en charge de la personne détenue", en fonction de "la personnalité du détenu, de sa dangerosité et de ses efforts de réinsertion".

5. "Prévenir la récidive avec les aménagements de peine ", en prévoyant un élargissement du nombre de condamnés pouvant prétendre à un aménagement de peines, et le placement sous bracelet électronique pour les détenus en fin de peine ou comme alternative à la détention provisoire.

Article 32
« En matière correctionnelle, une peine d'emprisonnement ferme ne peut être prononcée que si la gravité de l'infraction et la personnalité de son auteur rendent cette peine nécessaire et que toute autre sanction serait manifestement inadéquate ; dans ce cas, la peine d'emprisonnement doit, dans la mesure du possible, lorsque les conditions légales le permettent, faire l'objet d'un placement sous surveillance électronique ou d'une des autres mesures d'aménagement prévues aux articles 132-25 à 132-28. »


Le projet de loi contient d'autres dispositions diverses, comme la création d'une "Commission de suivi des politiques pénitentiaires " (pour évaluer chaque année le fonctionnement de l'ensemble des services pénitentiaires au niveau départemental); quelques mesures de contrîole comme l'extention de "la possibilité de retenue de courriers en vue d'assurer la prévention des infractions pénales" (article 17)

Les insuffisances du projet
Le projet de loi reste insuffisant sur trois points (au moins): il supprime le principe de l’encellulement individuel, dans les textes depuis 1875 mais pas appliqué. Dans son discours, la ministre a d'ailleurs parlé d'"encellulement digne".
Article 49


I. - Le dernier alinéa de l'article 716 devient le nouvel article 715-1.

II. - L'article 716 est remplacé par les dispositions suivantes :

« Art. 716. - Les personnes mises en examen, prévenus et accusés soumis à la détention provisoire, sont placées soit en cellule individuelle soit en cellule collective. Celles d'entre elles qui en font la demande sont placées en cellule individuelle sauf :

« 1° Si leur personnalité justifie, dans leur intérêt, qu'elles ne soient pas laissées seules ;

« 2° Si elles ont été autorisées à travailler, ou à suivre une formation professionnelle ou scolaire et que les nécessités d'organisation l'imposent.

« Lorsque les personnes mises en examen, prévenus et accusés sont placées en cellule collective, les cellules doivent être adaptées au nombre des détenus qui y sont hébergés. Ceux-ci doivent être aptes à cohabiter et leur sécurité doit être assurée. »
Le projet néglige aussi l'effort budgétaire nécessaire à la rénovation des prisons. Certes, Rachida Dati pourra rappeler que le plan de relance de l'économie prévoit un investissement de 30 millions d'euros dans la "rénovation du patrimoine immobilier de l'administration pénitentiaire" (cf page 144 du rapport Fillon). Mais faut-il compter sur une crise économique pour mettre aux normes sanitaires nos prisons ?

Enfin, et surtout, il ne résout pas l'incohérence d'une politique qui se veut repressive en amont (peines planchers, peines de sûreté, justice des mineurs) et fait semblant de découvrir aujourd'hui les dégats qu'elle provoque sur les détenus et leur incapacité croissante de réinsertion.

Les prisons ne sont pas seules
On emprisonne beaucoup en Sarkofrance. Outre la justice, la santé et l'immigration sont des terrains fertiles pour le nouveau pouvoir. En décembre dernier, Nicolas Sarkozy avait frappé son auditoire en annonçant un vaste plan de "sécurisation" des établissements psychiatriques (géolocalisation des malades, video-surveillance, aménagement de 200 nouvelles chambres d'isolement, création d'unités fermées). 70 millions d'euros ont ainsi été prévus sur ces travaux dans le plan de relance (Cf. page 87 du rapport Fillon). Côté immigration, le ministère de l'identité nationale fait coffrer les sans-papiers arrêtés dans ses "centres de rétention administrative". Les situations sanitaires de certains d'entre eux, comme celui de Mayotte, une île qui concentre la majorité des expulsés chaque année, ou, dans une moindre mesure, de Vincennes ont mobilisés les associations et quelques journalistes (cf. l'excellent Karl Laske). Cette "industrialisation de la rétention" fait débat.

Lire aussi:

jeudi 5 mars 2009

«Toute l'année 2009 sera une année de crise» ... pour qui ?

François Fillon a dû justifier mardi 3 mars le réajustement, à la baisse, de ses prévisions économiques, et la dégradation des comptes publiques.

Des comptes plombés ... pour quoi ?
La situation semble paradoxale. Le plan français de relance est critiqué pour sa modestie face à l'ampleur de la crise: à peine 4 à 5 milliards d'euros ont ete véritablement dégagés pour soutenir directement la consommation. Le solde des 26 milliards d'euros annoncés en novembre dernier file dans une anticipation d'investissements publics et une facilité de trésorerie accordée aux entreprises. Les 2,6 milliards d'euros de mesures sociales complémentaires présentées par Nicolas Sarkozy le 18 février dernier ne sont qu'un redéploiement pour l'essentiel. Comment le déficit public peut-il ainsi déraper à 5,6% du PIB ? Fillon a révélé qu'il attendait le déficit budgétaire froler les 104 milliards d'euros en 2009, quand le budget de l'Etat le prévoyait initialement à environ 52 milliards.

Première explication, le premier ministre met en avant la récession qui frappe l'économie française. A l'automne dernier, quand la loi de finances pour 2009 fut votée, l'imprudente Christine Lagarde tablait encore sur une légère croissance à +0,2% à +0,5%. A l'époque, le gouvernement français était déjà bien seul en Europe à croire à un ralentissement économique aussi modeste. Droite incompétente ? Selon Fillon, cette récession coûterait quelques 20 milliards d'euros de manque à gagner de recettes fiscales. Deuxième explication avancée, le plan de relance pèserait pour 30 milliards d'euros de dépenses imprévues dans le budget de l'Etat. C'est là que le bas blesse. D'où viennent ces 30 milliards ?

Sans faire prétendre être expert en comptabilité publique, il nous semblait que des dépenses d'investissements s'amortissaient sur plusieurs années. La vingtaine de milliards d'euros engagées dans un milliers de projets publics ces dernières semaines ne devrait pas peser intégralement dans le budget de l'Etat cette année. De surcroît, certains de ses investissements sont partiellement supportées par des entreprises publiques, dont seuls les résultats déficitaires amputent le budget public. En fait, les explications avancées (par la presse) sont de plusieurs ordres, sans que l'on parvienne à retrouver 30 milliards d'euros de dépenses imprévues :
  • 6,5 milliards de prêts pour le secteur automobile, qui "seraient, a priori, comptabilisés comme une dépense pour l'État, même s'ils rapporteront aussi des intérêts" (dixit Le Figaro)
  • 850 millions d'euros de nouvelles dépenses "sociales", le solde des 2,6 milliards annoncées le 18 février étant de simples redéploiements.
  • 580 millions d'efforts pour l'outre-mer, suite aux mouvements de grève aux Antilles. Une somme qu'Yves Jego a porté à 850 millions d'euros mardi 3 mars.
  • Les aides de l'Etat à la presse pour 200 millions.
  • Le déficit de la Sécurité Sociale grimperait de 7 milliards d'euros, pour s'afficher à 15 milliards.
Au total, l'addition parvient péniblement à 17 milliards d'euros. Où est passé le reste ?

Des comptes plombés ... pour qui ?
Le premier ministre s'est montré en revanche d'une "relance" indirecte par la baisse des prix: «Les prix ont baissé en moyenne de 0,2% par mois les trois derniers mois et l'inflation est à -0,4% le mois dernier, donc les prix baissent». Cette déflation - si elle se confirme - renforce pourtant très provisoirement le pouvoir d'achat des ménages. Pour faire simple, la déflation dégrade habituellement un peu plus la situation des entreprises, aggravant leurs difficultés et donc le chômage.

François Fillon confirme qu'il ne changera pas de cap quant à la réduction des effectifs de la Fonction Publique: «Bien sûr qu'il s'éloigne. Le but est de revenir à un déficit au dessous de 3% en 2012. Nous allons devoir continuer la politique qui consiste à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux.». Ce n'est pas un sondage récent, qui révèle l'attachement des Français à la qualité de leurs services publics, ni la situation gravissime de l'mploi qui ne le feront changer d'avis. Du moins, pour le moment.

Les véritables perdants de cette récession seront inévitablement ... les générations futures. la dette publique de la France est estimée à 80% du PIB en 2010, un niveau bien éloigné des critères du Traité de Maastricht (60% du PIB).

Pour information, rappelons que l'Allemagne terminait son année avec un léger excédent de +0,1% de son PIB en 2008, quand la France partait déjà plombée à l'assaut de la crise avec un déficit budgétaire à 3,2% du PIB...

Déficit, vous avez dit "Déficit" ?

Le gouvernement a donc dû revoir pour la 4ème fois ses prévisions de déficit. Mais d'où vient ce dérapage ?

mercredi 4 mars 2009

Une Présidence blanche et masculine


Nicolas Sarkozy, candidat, nous avait promis la parité au gouvernement. A l'époque, on ne savait pas que les ministres ne seraient que des potiches mâles ou femelles, que le pouvoir gouvernemental serait ailleurs. La récente promotion pantouflée de François Pérol nous donne l'occasion de scruter de près la composition des conseillers de l'Elysée.

A l'Elysée, les femmes au placard
Le cabinet de la Présidence de la République, tel qu'il est détaillé sur le site de l'Elysée, comprend 50 postes. On compte 7 femmes. Sept sur cinquante. Qui dit mieux ? 14% de femmes. Belle parité ! Quand cessera-t-on de nous prendre pour des c... ? Son propre cabinet, là où tout se joue, tout se décide, tout s'ordonne., est composé à 86% d'hommes. Et les postes clés à l'Elysée sont tous occupés par des hommes, plutôt vieux et tous blancs. Les survivantes à cette ségrégation machiste sont les suivantes :
  • Catherine Pégard, "Conseiller du Président de la République"
  • Emmanuelle Mignon, "Conseiller auprès du Président de la République", sans affectation particulière depuis qu'elle a été éjectée de la direction du cabinet après ses déclarations jugées pro-sectes.
Vous noterez la différence: l'une conseille le président, l'autre se contente de conseiller "auprès" de lui. Ah, protocole... quand tu nous tiens...

Si l'on excepte Cécile Fontaine, "conseiller défense", les autres femmes du cabinet élyséen n'occupent que des postes de troisième rang, "conseillers techniques."
  • Mme Marguerite Bérard, conseiller technique emploi, formation, synthèse sociale
  • Mme Sophie Dion, conseiller technique sport
  • Mme Sibyle Veil, conseiller technique travail, logement, solidarités
  • Mme Marie-Luce Penchard, conseiller technique Outre-mer

A l'Elysée, le syndrome du mâle blanc.
Sarkozy a donc eu beau jeu de mettre en avant Christine Lagarde, Christine Boutin, Rachida Dati, Rama Yade, Nathalie Kociusko-Morizet, Fadela Amara et quelques autres en mai 2007. En fait, il les a toutes coiffées d'un conseiller mâle.
Rachida Dati a toujours été doublée par Patrick Ouart, le tout puissant conseiller pour la Justice. Christine Lagarde, aux finances, est toujours restée aux ordres de François Pérol, hier, de Xavier Musca aujourd'hui. Et citons les autres cadors du cabinet élyséen : Jean-David Levitte aux affaires étrangères; Raymond Soubie aux affaires sociales.

Pourrait-on aussi suggérer au Président français de conjuguer ses titres au féminin, quand ce dernier existe ?

On dit conseillère, Monsieur Sarkozy. "C-O-N-S-E-I-L-L-E-R-E".

AmiE SarkozystE, où es-tu ?

Comment Sarkozy ne dit rien sur la formation

Au sortir de la "réunion sociale" du 18 février dernier entre le chef de l'Etat et les partenaires sociaux, on apprenait que Nicolas Sarkozy avait retenu l'idée d'un fonds d'investissement social, doté de 3 milliards d'euros environ, pour financer des actions de formation professionnelle. Le système français (27 milliards d'euros de dépenses, dont 11 milliards provenant des entreprises) prévoit déjà une grande variété de dispositifs, dont le Congé individuel à la formation, le bilan de compétences, la "validation des acquis", et le droit individuel à la formation. Mardi 3 mars, le chef de l'Etat a voulu annoncé sa réforme de la formation professionnelle. A l'écouter son discours, on retient qu'il resté vindicatif contre "l'égalitarisme", mais flou sur les promesses (*).

Sarkozy contre l'égalitarisme
Ce jour-là, Nicolas s'est donc déplacé dans la Drôme, accompagné de Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, et d'Eric Besson, le ministre de l'identité nationale (bizarre ?) : "Je vous remercie de m'accueillir ici, dans votre beau département de la Drôme. Il me semble cela fait bien longtemps qu'un Président de la République n'y était pas venu, et on se demande bien pourquoi ?

Si j'ai voulu vous rencontrer aujourd'hui, c'est pour vous présenter la réforme de la formation professionnelle, que nous sommes en train de mener à bien avec Christine LAGARDE et Laurent WAUQUIEZ, grâce à l'accord important que les partenaires sociaux ont conclu le 7 janvier dernier. Cette réforme, je m'y étais engagé pendant la campagne présidentielle. "
Nicolas Sarkozy annonce rapidement la couleur. Il est venu présenter la réforme de la formation professionnelle. C'est dit, c'est clair. Ecoutons.

Comme à son habitude, le voici qui rappelle d'abord les enjeux ("Pourquoi accorder tant d'importance à la formation professionnelle? "). Mais il oublie son discours, et s'attarde sur le concept de promotion sociale.  Il glisse ses concepts habituels, ces "tics néo-libéraux" qu'il ne peut s'empêcher de caser à chacun de ses discours: "on parle toujours d'une politique sociale, on parle toujours d'égalité sociale, on ne parle jamais de la promotion sociale. Je ne le dis pas parce que moi je suis devenu président de la république. C'est pas évident..." Il fixe quelqu'un de l'assistance, sourire moqueur aux lèvres... "Franchement.... Je pense que le but pour chacun c'est d'assurer la promotion de sa famille. Le social, c'est pas le nivellement, c'est pas l'égalitarisme, c'est pas le misérabilisme." 

Reprenant le fil de son discours écrit, il enchaîne en dénonçant les lacunes du système actuel. Mais cette fois-ci, il s'agissait d'en critiquer ses inégalités et les injustices : insuffisance des formations professionnelles pour les moins qualifiés, les petites entreprises, les salariés les plus âgés, les chômeurs.
"Moins vous êtes qualifiés, moins vous bénéficiez de la formation professionnelle". "Plus votre entreprise est petite, moins vous bénéficiez de formation" (...) "un salarié dans une entreprise de moins de dix salariés a cinq fois moins de chances de se former qu'un salarié d'une entreprise de plus de 500 salariés" (...) "si vous êtes chômeur, vous avez moins d'accès à la formation que si vous avez du travail". (...) "Quand vous avez dépassé 45 ans, vous avez encore moins la possibilité de vous former" (source)
Nicolas Sarkozy fait ensuite une curieuse accusation : "les petites entreprises payent pour former les salariés des grandes. Ainsi, près de 30% des entreprises, principalement des TPE, ne font que financer la formation sans envoyer leurs salariés en formation. " Rappelons que ces entreprises "qui financent sans former" pourraient tout aussi bien former.

Une réforme encore très floue
A la moitié de son discours, le président démarrait enfin la liste des 5 objectifs de sa réforme, avec trois poncifs du genre"mieux orienter les fonds de la formation professionnelle vers ceux qui en ont le plus besoin", ou "insérer les jeunes sur le marché du travail en nous appuyant sur ce qui marche", ou encore "améliorer la transparence et les circuits de financements et mieux évaluer les politiques de formation professionnelle", et deux axes d'amélioration comme  "développer la formation dans les petites et les moyennes entreprises" ou "simplifier, mieux informer, mieux orienter et accompagner les salariés et les demandeurs d’emploi".

On s'impatiente. Nicolas Sarkozy n'avait-il pas promis de "présenter sa réforme" ? Où sont les annonces ? Les voici. Elles sont maigres. Une loi sera votée en avril.

1. La création d'un fonds d'investissement social. Il n'est visiblement pas mûr. Il reprend pourtant une idée de la CFDT, Nicolas Sarkozy s'est contenté de demander au gouvernement de préparer "un projet de charte constitutive" du futur fonds. Son objectif, "former les demandeurs d'emploi, les salariés
peu qualifiés, notamment ceux des plus petites entreprises
". Seul point acquis, "les priorités d’intervention du fonds seront fixées de manière contractuelle entre l’Etat et les partenaires sociaux et relayées au plan régional." Et voici que Sarkozy s'agite: "Ecoutez, il faut quand même mettre un minimum d'ordre dans tout ça." Qui a parlé de désordre ? "Il y a des bassins de formation mais il faut qu'il y ait une stratégie de formation dans le cadre de l'économie mondiale." Vous avez compris ?

2. "Rendre les circuits de financement plus efficients" en demandant aux organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) de développer leur "surface financière" et de s'organiser "par grands secteurs d'activité". En d'autres termes, le président semble préparer les esprits à un regroupement et une réorganisation des OPCA. Ils subiront aussi un contrôle financier tous les 3 ans. Réduction de personnel en perspective ?

3. "La simplification et l'amélioration des outils de la formation" visera, selon le président, à étendre ou faciliter certains dispositifs existants. Sarkozy propose ainsi d'inclure les cours du soir dans le congé individuel de formatio. Cours du soir = congé ? Cette proposition est un vrai recul. Le congé de formation est par définition, un congé de l'entreprise pour se former. Inclure le financement des cours du soir, qui, par définition, échappent au temps de travail dans l'entreprise, dans celui du CIF est simplement ... une arnaque. Une autre idée, plus favorable, est de prolonger le Droit Individuel à la Formation deux ans après un licenciement. Une mesure qui ne doit rien au président puisqu'elle a été négociée par les partenaires sociaux en janvier dernier. En effet, l'accord conclu par les partenaires sociaux en janvier prévoit d'augmenter chaque année de 700.000 le nombre de salariés peu qualifiés et demandeurs d'emploi bénéficiant d'une formation.

4. La dernière annonce est anecdotique, dans la bouche d'un président de la République: pour garantir "un droit à l'information et à l'orientation", l'Etat mettrait en place d'un "centre d'appel téléphonique et un portail internet dédiés pour expliquer les dispositifs, recenser l'offre de formation et orienter vers les interlocuteurs adéquats". Un chef d'Etat annonçant la création d'un numéro vert ? Faut-il qu'il ait besoin de se substituer à ce point à ses secrétaires d'Etat ?

Finalement, que retient-on ? Un fonds dont il faut préciser les contours et le fonctionnement, un numéro vert et un site Web pour mieux informer, un toilettage qui sent l'arnaque sur les dispositifs existantes et une restructuration des organismes de collecte...

Satisfait ?

(*) les citations qui suivent sont issues tant du texte du discours que de l'intervention (plus vivante) diffusée sur le site de l'Elysée.

Les tics et tocs de Frédéric Lefebvre

Qu'il est dur d'être défendu par Frédéric Lefebvre... Spécialisé dans les contre-feux à répétition, le porte-parole ne laisse pas le temps aux médias de s'arrêter sur les bétises qu'il profère. Voici trois exemples de ces derniers jours :

26 février : Regardez par exemple la bêtise de la baisse d'un point de la TVA (…) Ça coûte beaucoup d'argent à l'Etat et ça profite à qui ? Ça profite à 75% aux Français les plus riches. Ceux qui peuvent encore consommer aujourd'hui". Pour mémoire, la TVA est impôt indirect, totalement indépendant des revenus des Français qui la payent, bref le plus injuste de la fiscalité française.

3 mars: "La stratégie du plan de relance commence déjà à porter ses fruits." Le jour même, François Fillon annonçait qu'il réévaluait à la hausse le déficit budgétaire (104 milliards versus 52 milliards), et à la baisse ses prévisions de croissance pour l'année.

2 mars: "Quand Nicolas Sarkozy choisit de nommer des personnalités de gauche -je pense à Guillaume Pepy à la SNCF, je pense à Jouyet à l'AMF (Autorité des marchés financiers): ce sont des traîtres à la cause du côté du Parti socialiste." Jean-Pierre Jouyet a été critiqué par ses anciens amis socialistes pour sa nomination ... au gouvernement de François Fillon.


mardi 3 mars 2009

La farce du procès Colonna

Frédéric Lefebvre, le porte-parole souvent si prolixe de l'UMP, est bien silencieux cette fois. On se souvient d'un Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur triomphant un jour de 2003, en déclarant aux journalistes présents: "la police français vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin du préfet Erignac." La messe était dite. Le présumé innocent était déclaré coupable, avant tout procès, avant toute instruction. Yvan Colonna avait été condamné en première instance, fin 2007, à la perpétuité.

Le nouveau procès d'Yvan Colonna qui s'est ouvert à Paris il y a plusieurs jours, frise au vaudeville. Des témoins de l'assassinat révèlent avoir vu d'autres tueurs, tantôt blonc, tantôt bruns, tantôt grands, tantôt pas. Un autre déclare que deux suspects n'ont pas été interrogés. Lundi, un ancien policier des Renseignements Généraux a confirmé que le nom d'Yvan Colonna était connu 5 mois avant l'interpellation, le 20 mai 1999, du commando et la fuite d'Yvan Colonna, le 24 mai. Ah bon ? Mais on croyait que Colonna n'avait été identifié comme le responsable de meurtre qu'à l'arrestation suivi des aveux du commando en mai 1999...

Mardi 3 mars, la Cour d'assises de Paris, a rejeté la demande de la défense de procéder à une reconstitution du crime sur place, en Corse. La défense avait refusé, à l'époque, de procéder à cette reconstitution.

Pour les avocats d'Yvan Colonna, la reconstitution devait notamment permettre de trancher entre la thèse de l'accusation, qui parle d'un groupe de trois hommes mettant à mort le préfet, et les témoins oculaires, qui pour la plupart n'en ont vus que deux.

Ils souhaitaient la présence des personnes déjà condamnées - même si elles refusent de participer à toute mesure de ce genre depuis 1999 - des témoins oculaires, des médecins légistes et des experts en balistique, qui selon eux, pensent que le tueur était plus grand qu'Yvan Colonna.

L'accusation considérait la demande inutile, la cour d'assises s'étant déjà transportée sur place lors du premier procès. Les avocats de la famille Erignac estiment que l'accusé cherchait, par cette demande, à fuir les témoignages qui l'accusent." (source)
La douleur d'une famille, celle du préfet Erignac, et la justice d'un pays, celle de la République, ne méritaient pas cette farce.

Sarkozy s'échappe à l'international

Une conférence internationale s'est réunie à Charm el-Cheikh (Egypte) sur la reconstruction de la bande de Gaza. Sa tenue avait été annoncée au lendemain de la trève unilatérale décrétée par Israël en janvier dernier. Mais ce n'est pas tout.

Gaza, la conférence prévue
Le 18 janvier dernier, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Gordon Brown et Hosni Moubarak s'étaient prononcés pour une large conférence de paix. Les 3 dirigeants européens étaient arrivés en Egypte après le cessez le feu déclaré par Isarël puis le Hamas la veille.  Il y a quatre jours, des avions israéliens ont encore bombardés des tunnels servant à la contrebande au Sud de la bande de Gaza.
Sur place, le Hamas a dénoncé sa mise à l'écart par les donateurs. Le président de l'Autorité nationale palestinienne, Mahmoud Abbas, avait prévenu samedi que toutes les aides internationales doivent être délivrées à son Autorité. L'Europe a prévu de donné 500 millions d'euros, les Etats Unis quelques 900 millions de dollars (dont 300 directement pour Gaza), sur des besoins chiffrés à 2,5 milliards au total. Qui financera le gap ?
A Charm El Cheikh, Nicolas Sarkozy "copréside" la conférence avec Hosni Moubarak. Son déplacement es pourtant express. Il devait assister l'après midi même à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) à une cérémonie à la mémoire de la lycéenne française tuée dans un attentat le 22 février au Caire pour passer dîner ensuite avec le CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France. Nicolas Sarkozy copréside-t-il vraiment cette conférence réunissant 75 délégations internationales depuis lundi matin ?


"Le point commun de tous ceux qui sont ceux qui sont ici c'est que nous voulons la paix, nous voulons une paix durable (...) "La réconciliation interpalestinienne est l'une des clés de la paix, une des conditions de la création d'un Etat palestinien" (...) "Le monde veut aider les Palestiniens mais les Palestiniens doivent s'aider eux-mêmes en se réconciliant" (...) "Tous les Palestiniens doivent se rassembler dans ce gouvernement d'union derrière la président Abbas". Le président français est resté cependant très diplomatique dans ces appels à l'unité palestinienne: "Je dis aux pays qui ont des liens avec le Hamas: vous avez une responsabilité particulière pour exiger du Hamas qu'il rejoigne le président Abbas dont la démarche de paix est la seule qui produira des résultats".
Sarkozy fuit à l'étranger
Mais Nicolas Sarkozy ne se contente pas de cette réunion internationale. Il a une semaine bien chargée par des sujets étrangers: il reçoit mardi le chancelier autrichien Werner Faymann, mercredi Ioulia Timochenko, chef du gouvernement ukrainien, et jeudi le Premier ministre belge Herman Van Rompuy. Et dimanche soir, last but not least, il part au Mexique pour sa première visite à Mexico en tant que président, où il restera vingt-quatre heures. Dimanche, il était parti rejoindre ses homologues européens pour un sommet extraordinaire à Bruxelles. Le president français n'a pu s'empêcher de tenir une conférence de presse en fin de réunion, accompagné de José-Manuel Barroso. Quelle est donc l'annonce pressante ? Pas grand chose : l'Europe veut lutter contre paradis fiscaux, et elle a prévu de conclure un accord sur le traitement des "actifs toxiques" des banques de l'Union, aux contours assez flous : chaque Etat membre serait libre de choisir quels actifs sont toxiques dans les bilans de ses banques, et les moyens pour les traiter; mais dans un "cadre européen de facon à assurer le bon fonctionnement du marché intérieur" à préciser les 19 et 20 mars prochain.

Aux Etats Unis, Barack Obama a fixé les 7 principes de rénovation du système financier mondial qu'il entend défendre lors de la prochaine réunion du G20 à Londres en avril: "renforcement du contrôle de la Fed sur les institutions pour lesquelles elle devient le prêteur en dernier ressort, modernisation de la structure réglementaire, promotion de la transparence, supervision uniforme basée sur des données actualisées, renforcement de la responsabilité des dirigeants financiers en cas de « trahison de la confiance publique », couverture de l'ensemble des institutions financières, rôle leader des Etats-Unis dans la fixation des standards de régulation."

Eric Besson, et la colle ADN

Jean-Jacques Bourdin (RMC) adore poser des colles à ses invités. Après le Web 2.0 et Frédéric Lefebvre, voici Eric Besson. Reconnaissons que peu d'entre nous se souviennent de leurs cours de Sciences Naturelles...

lundi 2 mars 2009

Sarkozy est-il un "actif toxique" ?

Dimanche 1er mars, Nicolas Sarkozy a rejoint ses homologues européens à Bruxelles pour un sommet "extraordinaire". Une capture d'écran sur le site de TF1-LCI associe un titre choc avec la photo du président français. Mais Sarkozy n'est-il pas le plus toxique ?

Sarkozy cache les divisions de l'Europe
Nicolas Sarkozy a eu beau jeu d'annoncer un accord européen "sur le traitement des actifs  toxiques". la vraie info était ailleurs. "L'Europe des riches" a refusé l'appel à l'aide de la Hongrie. Cette dernière réclamait un plan de sauvetage global pour les pays de l'Est. Pourtant, le risque systémique venant d'Europe de l'Est est grand.  Ambrose Evans-Pritchard expliquait récemment sur Contre-Info comment les banques d'Europe de l'Est menacent le système bancaire occidental: "Si la classe politique mondiale ne la gère pas convenablement, la débâcle Est-Européenne est assez forte pour abattre les systèmes bancaires fragilisés des pays d’Europe occidentale et déclencher la deuxième phase de notre catastrophe financière."
Angela Merkel a exprimé son hostilité à un tel plan, évoquant "la situation très différente" de pays comme la Slovénie, la Slovaquie et la Hongrie. Elle a reçu le soutien du premier ministre estonien, Andrus Ansip, qui s'est lui aussi dit "fermement contre l'idée de créer un bloc". L'Eurosceptique Tchèque a enfoncé le clou: "Je ne crois pas que l'Europe de l'Est soit une région spéciale, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de séparer plusieurs pays au sein de l'UE, je soutiendrai une aide de l'UE à tout pays (qui en a besoin), pas spécialement l'Europe de l'Est".
 "Le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, plaide lui pour un plan d'aide spécifique en faveur des banques de l'Est, compris entre 160 et 190 milliards, bien au-delà des 24,5 milliards annoncés vendredi par la BEI, la BERD et le FMI, et impliquant également la Banque centrale européenne. La Hongrie est, avec la Lettonie, le pays le plus touché à l'Est par le manque de liquidités. "Nous ne devrions pas permettre qu'un nouveau rideau de fer ne divise l'Europe en deux", avait déclaré le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany à la presse à Bruxelles, juste avant le sommet de l'UE." (source)
Sarkozy présente un plan obscur
Quelle est donc cette solution européenne aux "actifs toxiques" des banques européennes que Nicolas Sarkozy s'est empressé d'annoncer à la presse dimanche 1er mars ? En fait, on ne la connaîtra que le 20 mars prochain, lorsque la décision finale sera prise par le Conseil Européen. Pour le moment, le seul détail connu est que cet accord laissera une "grande flexibilité sur la détermination des actifs éligibles" mais qu'il procurera un "cadre européen de facon à assurer le bon fonctionnement du marché intérieur". Une annonce curieuse et inquiétante : quel est donc le rôle de l'Europe sinon d'encadrer des divergeances nationales ? Pourquoi laisser potentiellement chaque pays la liberté de décider ce qui est toxique de ce qui ne l'est pas ?
Il fut surtout cocasse d'entendre le président français avouer du bout des lèvres que la Suisse est un paradis fiscal, celle-là même qui accueille (entre autres) son ami Johnny Halliday: '"en l'état actuel des choses, sur la base de l'OCDE, la réponse est plutôt oui". Actuellement, l'OCDE ne considèrent que le Liechtenstein, Andorre et Monaco comme des paradis fiscaux non coopératif.
Il est enfin terrible de constater la faiblesse des réponses européennes, et notamment françaises, à la crise. Ce sommet de Bruxelles n'a débouché sur rien de nouveau. Jean-François Couvrat explique sur son blog que la crise est pourtant bien pire en Europe qu'aux Etats Unis : si l'on présentait les statistiques européennes à la façon des Etats-Unis, la production industrielle du dernier trimestre 2008 s'afficherait en baisse de 4,8% en France, 7,4% en Italie, et 8,5% en Allemagne (contre 6,2% aux USA). Et les plans de relance européens sont bien plus mollassons que la réaction outre-atlantique :
"Le plan Obama, qui dépasse 5% du PIB en 2009, ne réussira guère qu’à réduire de moitié l’ampleur probable de la récession, selon le prix Nobel d’économie Paul Krugman. Or le plan de relance britannique atteint péniblement 1,3 % du PIB, selon l’OFCE. En France (0,8%), en Allemagne (0,4%) et surtout en Italie (entre zéro et 0,1%) les réponses des gouvernements sont jusqu’à présent dérisoires."

Sarkozy oublie un Pôle emploi débordé
Le 28 octobre dernier, le président français promettait monts et merveilles à propos du nouveau "pôle emploi" issu de la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC le 19 décembre. Depuis, le pôle emploi est débordé. L'Humanité relatait récemment comment en Aveyron les agents du pôle emploi traitent 160 chômeurs chacun.  D'où l'appel à des agences privées d'intérim. Ce recours à ces services privés est très coûteux: d'après le SNU, le traitement d'un chômeur coûte 800 euros au pôle emploi, et près de 4000 euros chez ces agences. Le nombre de demandeurs d'emploi ainsi sous-traités est encore marginal, environ 50 000 actuellement. Mais l'explosion du chômage devrait changer la donne.Au cours des 6 derniers mois, le pôle emploi a recensé 296 000 demandeurs d'emploi supplémentaires. En janvier, le bond de +90 200 chômeurs résulte de trois facteurs inquiétants: hausse des inscriptions à Pôle Emploi, baisse des sorties du chômage et recul des offres d'emploi (- 30 % sur un an). Mais Sarkozy ne change rien aux moyens du pôle emploi.

Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP, a même trouvé quelques bonnes nouvelles: il s'est félicité, mercredi dernier, de la bonne tenue de la consommation ! Janvier est le mois des soldes. Que les Français se précipitent pour acheter à bas prix, est-ce une bonne nouvelle ?

François Pérol: sa nomination est donc moralement irrégulière

François Pérol a pris le temps de s'expliquer brièvement dans les colonnes du JDD, le 1er mars. Sa nomination n'en finit pas de susciter la polémique.

"Quand la perspective de mon arrivée s'est présentée, il y a deux semaines, j'ai effectué, dans la discrétion voulue, trois démarches pour m'assurer du bien-fondé de ma nomination. Un, j'ai sollicité l'avis du secrétariat général du gouvernement. Deux, j'ai demandé une consultation à un avocat. L'un et l'autre ont considéré que mes nouvelles fonctions ne me mettaient en infraction avec la loi. Trois, j'ai demandé à pouvoir saisir la commission de déontologie de la fonction publique, mais elle ne peut pas se réunir avant le 11 mars."
(...)
"La saisine de la commission, facultative, était impossible dans les délais impartis. Les conditions de ma nomination sont régulières."
Le nouveau patron des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne, nommé par la grâce du Président Sarkozy, élude les deux questions posées par son pantouflage: y-a-t-il conflit d'intérêt ? Y-a-t-il eu mensonge d'Etat ? Pérol a raison d'expliquer que sa nomination est juridiquement régulière, puisque la saisine de la Commission de déontologie est ... facultative. Les réponses à ces deux tristes questions sont positives.

Il y a conflit d'intérêt
, puisque François Pérol a œuvré auprès de Nicolas Sarkozy non seulement sur les différentes mesures de soutien au secteur bancaire mais sur la fusion des deux établissements bancaires dont il prend la tête aujourd'hui.

Il y a eu mensonge d'Etat, puisque l'Elysée a tenté de faire croire aux médias et à l'opinion que cette nomination avait bien été validée par la dite Commission. Sarkozy lui-même l'a dit à Rome lors d'une conférence de presse. Or c'est ... faux, archi-faux. Un beau mensonge, une approximation supplémentaire d'un président incompétent au point de méconnaître les règles de déontologie de la Fonction Publique. La Commission n'a pas été consultée, et François Pérol a confirmé ce dimanche qu'elle ne le sera jamais. Point barre.


dimanche 1 mars 2009

Sarkozy a finalement menti sur l'automobile

Il fallait prendre le temps de l'écouter. Nicolas Sarkozy parlait d'automobile et de soutien à l'industrie, jeudi dernier. Beaucoup d'applaudissements devant un public trié sur le volet. "Moi, mon rôle, ce n'est pas de critiquer, (...) c'est de trouver des solutions." Ainsi s'expliquait Nicolas Sarkozy lors d'une 'allocution informelle" comme l'indique le site de l'Elysée. "J'ai été élu pour répondre aux interrogations."

Le président français était mécontent des accusations européennes de protectionnisme: « j’espère que la Commission va réagir et comprendre qu’il y aura autre chose à faire pour l’automobile que d’examiner simplement la compatibilité des aides d’État avec les règles du marché ». Mais la Commission l'a rassuré le lendemain. Elle s'est déclarée satisfaite samedi des garanties données par la France : "Les conventions de prêt avec les constructeurs automobiles ne contiendront notamment aucune condition relevant de la localisation de leurs activités ou de l'approvisionnement en priorité auprès de fournisseurs installés en France", dit un communiqué de la Commission. Pourtant, on avait compris, le 9 février dernier, que les prêts bancaires de l'Etat aux constructeurs automobiles mal en point étaient assortis de conditions précises en matière d'emploi: pas de licenciement de postes, maintien des usines en France et renonciation aux bonus des dirigeants... Alors, Sarkozy ment-il ou la Commission n'a pas eu tous les éléments du plan français ? En fait, selon la Commission, la France s’est engagée à ce que « les conventions de prêt avec les constructeurs automobiles ne (contiennent) notamment aucune condition relevant de la localisation de leurs activités ou de l'approvisionnement en priorité auprès de fournisseurs installés en France. » (...)« les mesures d'aides envisagées n'affectent pas la liberté des constructeurs de développer leurs activités économiques dans le marché intérieur et notamment n'empêchent pas les constructeurs d'adapter leur production à l'évolution du marché, en révisant si besoin leurs plans stratégiques » (merci Jean Quatremer).

La messe est dite. Nicolas Sarkozy a renoncé aux contre-parties initialement exigées des constructeurs automobiles pour l'octroi des prêts de 7,8 milliards d'euros.



"On a été les premiers au monde à faire ça", s'exclame-t-il, en parlant du bonus-malus et de la prime à la casse...

Le président, encore une fois, était bien entouré. Il faut regarder ARTE Info, la chaîne franco-allemande, pour en savoir plus, et mieux.