mardi 7 avril 2009

La France, paradis fiscal pour présidents africains

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a fait de la régulation de la finance mondiale, et notamment la fin des paradis fiscaux, son combat principal. Une façon de se refaire une éthique à bon compte. Mercredi 1er avril, le jour même où le G20 se réunissait à Londres, on apprenait que la justice française refusait d'enquêter sur les biens immobiliers de trois dirigeants africains soupçonnés d'avoir été acquis grâce à des fonds publics détournés. Belle morale en Sarkofrance !

Les dirigeants africains soupçonnés
Le parquet de Paris a estimé que les faits incriminés étaient trop anciens (sic !), que l'infraction éventuelle n'a pas eu lieu en France (sic !), et que les plaignants n'étaient pas lésés... Comble de l'ironie, c'est le parquet de Monaco qui semble plus actif en ordonnant, mercredi 30 mars, l'ouverture d'une enquête sur des comptes qui auraient été ouverts dans la principauté monégasque au nom d'Edith Bongo. L'épouse récemment décédée du chef d'Etat gabonais aurait servi de prête-nom à son mari de président, d'après une autre association, Sherpa. Cette dernière a expliqué à la justice monégasque que « les avoirs logés sur les comptes ouverts au nom d’Edith Bongo Ondimba, dans des établissements de la principauté, font partie de ce que nous visons sous l’appellation "de biens mal acquis" ».
"Cette plainte avec constitution de partie civile, déposée le 2 décembre par Transparence International France (TI), Sherpa et un ressortissant gabonais, accuse les chefs d'Etat de "recel de détournement de fonds publics", "blanchiment", "abus de biens sociaux" et "abus de confiance". Elle vise "les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par Denis Sassou Nguesso (Congo), Omar Bongo (Gabon) et Teodoro Obiang (Guinée Equatoriale) ainsi que des membres de leur entourage", affirmaient les deux organisations non gouvernementales dans un communiqué commun, le 2 décembre" (source).
En juillet dernier, une autre plainte avait été déposée, contre 5 chefs d'Etats africains : l'association internationale Transparency International, a accusé le Gabonais Omar Bongo, le Congolais Denis Sassou Nguesso, l'Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema, l'Angolais Eduardo Dos Santos et le Burkinabè Blaise Compaoré de « recel de détournement de biens publics »... Une plainte rapidement mise au placard par la justice de Sarkofrance.

La France, paradis fiscal pour présidents africains
A en croire ces différents plaignants, la fortune de ces dirigeants africains en Europe est ... exemplaire ! Omar Bongo disposerait à l'étranger de quelques 39 biens immobiliers, 70 comptes bancaires et neuf voitures de luxe, dont 17 propriétés et 11 comptes bancaires en France. Parmi ses véhicules de luxe, rappelait Rue89, on trouve une Ferrari 612 (228 600 euros), une BMW 535, une Ferrari 456 GTA (75 000 euros), une Mercedes S600 limousine (158 200 euros), une Porsche 911 Carrera (81 116 euros), un Mercedes ML 500 A5 (67 800 euros). Les avocats du président gabonais ont répliqué que disposer de tels biens n'étaient pas un crime... Effectivement... De son côté, Denis Sassou Nguesso et sa famille détiendraient quelques 24 propriétés et 112 comptes bancaires en France. Le fils du président équato-guinéen a même acheté une quinzaine de véhicules pour 5 700 000 euros. La Sarkofrance est un beau paradis fiscal pour certains dirigeants africains !

Des soutiens discrets en Sarkofrance

Pour comprendre la réticence française à poursuivre ses alliés de Françafrique, on doit creuser un peu. Tout le monde connaît les intérêts de Vincent Bolloré en Afrique, un proche du président. L'homme d'affaires est bien défendu à l'Assemblée Nationale. Frédéric Lefebvre, le porte-parole si prolixe de l'UMP, a ainsi récemment défendu quelques amendements favorables au groupe Bolloré. Dans la nuit du 22 au 23 octobre 2008, le député des Hauts-de-Seine avait ainsi proposé un document très technique de quatre pages permettant une réduction d'impôts pour les sociétés de financement et de développement (Sofidev) qui placent leur argent en Afrique. On peut comprendre que le groupe Bolloré n'ait pas envie que ses clients africains soient dérangés par des enquêtes sur les biens en France.
Frédéric Lefebvre lui-même suscite quelques interrogations. Il est actionnaire de PIC Conseil, une société de lobbying associée à Causalis au sein du cabinet "Domaines Publics" ... qui a conseillé Veolia, prestataire du service de l'eau au ... Gabon d'Omar Bongo, Bouygues, également très présent au Gabon. La boucle est-elle bouclée ?
En Afrique toujours, la récente polémique sur les prestations de conseils de Bernard Kouchner pour les mêmes dirigeants africains apporte un autre éclairage. Comment la justice française pourrait-elle poursuivre des chefs d'Etat si proches de notre appareil politique ?

Les promesses passées (et ratées) de Nicolas Sarkozy
L'ONG Transparency Internationale France publie sur son site les promesses électorales du candidat Sarkozy en matière de lutte contre la corruption. Plus de 100 semaines après l'élection, beaucoup de chemin reste à parcourir... A propos des détournements de fonds publics dans le cadre d'aide internationale, la promesse était claire:
Question posée :
La corruption affectant l’aide internationale est considérée comme l’un des obstacles majeurs au développement. Les fonds alloués sont encore trop souvent détournés de leurs objectifs. La prise en compte effective de ce problème par les bailleurs de fonds, parmi lesquels figure la France, et par les gouvernements bénéficiaires de l’Aide Publique au Développement, est indispensable. TI France en appelle à un meilleur contrôle des fonds accordés, notamment par l’adoption de normes communes en matière de transparence et d’audit.

Si vous êtes élu(e) :
• Seriez-vous d’accord pour obtenir des pays bénéficiaires de l’aide bilatérale française un engagement d’agir de manière effective contre la corruption et d’assurer la transparence sur l’utilisation de l’aide ?


Réponse de Nicolas Sarkozy: oui.

« Je veux que la France inscrive sa politique d’aide au développement dans le cadre de partenariats exigeants et responsables. Le principe de conditionnalité s’appliquera avec rigueur en prenant mieux en compte le respect de l’État de droit et de bonne gouvernance.»
Ami Sarkozyste, où es-tu ?

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Frédéric Lefebvre, le pompier pyromane

Le député suppléant Frédéric Lefebvre s'est livré à son exercice favori lundi 6 avril, celui de la provocation verbale. Le porte-parole de l'UMP joue aux pompiers pyromanes. Peut-être se sentait il gonflé par la récente remontée de Nicolas Sarkozy dans un sondage de popularité (+ 6 points).

Lefebvre tout en excès
Le député UMP a qualifié Olivier Besancenot de "vitrine légale des casseurs". Il s'en également pris à Ségolène Royal, Martine Aubry, François Bayrou et Laurent Fabius. Un peu plus tard, Xavier bertrand et Bernard Accoyer lui avaient emboîté le pas. Dimanche 5 avril sur TF1, Nicolas Sarkozy est intervenu en direct depuis Prague. le président français a dénoncé les agissements d'une "centaine" de casseurs : il est «invraisemblable d’aller manifester pour la paix dans le monde (avec) des haches, des barres de fer, et de s’en prendre à des fonctionnaires qui ne font que leur travail».
Le leader du modem avait expliqué que "Toute violence doit être condamnée (...) mais il faut mesurer ce que cela révèle du climat social dans notre pays, d'inquiétude, de colère, souvent de sentiment d'injustice". Benoit Hamon et Martine Aubry s'étaient déclarés solidaires des propos de Ségolène Royal dans son entretien au Journal du Dimanche le 5 avril. On notera que Dominique de Villepin s'est désolidarisé des propos de l'UMP.


La logique du bouc-émissaire
Depuis le début de la crise, Nicolas Sarkozy a ajouté trois nouveaux bouc-émissaires à sa panoplie, après le clandestin, le gréviste des transports, l'enseignant, le juge, et le chômeur-fraudeur. Trois nouveaux bouc-émissaires qu'il livre en pature à l'opinion publique comme explication facile de la crise : le patron bonifié, le banquier imprévisible et le trader inconséquent. Certains salariés ont pris le président français au pied de la lettre, en séquestrant parfois leurs cadres dirigeants

In fine, Frédéric Lefebvre, la voix de son maître, symbolise au mieux l'état de la droite au pouvoir: autiste, déstabilisée et pyromane.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

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Sarkozy en off sur France 3... Rappelez-vous des promesses

lundi 6 avril 2009

Premier clash entre Sarkozy et Obama

Paraphrasant Ségolène Royal (et son livre "Femme debout"), Nicolas Sarkozy avait qualifié la France d'"ami debout" des Etats-Unis, à l'occasion du sommet de l'OTAN samedi 4 avril 2009. Le lendemain, le président français suivait son homologue américain à Prague, en République Tchèque, pour un sommet Etats-Unis/Union européenne sur la paix et le désarmement. Après un 60ème anniversaire de l'OTAN très "militaire" vendredi et samedi, le contraste était saisissant. Obama a affirmé vouloir oeuvrer pour la paix et la protection du climat: "Les Etats-Unis, en tant que seule puissance nucléaire à avoir jamais utilisé une arme nucléaire, ont la responsabilité morale d'agir. En conséquence, aujourd'hui je souligne clairement avec conviction l'engagement des Etats-Unis et son désir d'oeuvrer en faveur de la paix et de la sécurité d'un monde sans armes nucléaires. (...) "Je ne suis pas naïf, cet objectif ne sera pas atteint rapidement, peut-être pas durant mon existence".

Turquie or not Turquie ?
A Prague, Barack Obama a aussi affirmé son souhait de voir la Turquie intégrer l'Union Européenne:
"The United States and Europe must approach Muslims as our friends, neighbors and partners in fighting injustice, intolerance and violence, forging a relationship based on mutual respect and mutual interests" ("Les Etats Unis et l'Europe doivent approcher les musulmans comme nos amis, nos voisins et nos partenaires dans la lutte contre l'injustice, l'intolérancen et la violence, et bâtir une relation basée sur le respect et l'intérêt mutuels."). "Moving forward toward Turkish membership in the EU would be an important signal of your (EU) commitment to this agenda and ensure that we continue to anchor Turkey firmly in Europe" ("Progresser vers l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne serait un signal important de l'engagement européen à cet égard et garantirait que nous incluons fermement la Turquie au sein de l'Europe".)
Une déclaration qui n'était pas du goût de Nicolas Sarkozy. Dimanche midi, ce dernier intervenait sur TF1...
"Je travaille main dans la main avec le président Obama, mais s'agissant de l'Union européenne, c'est aux pays membres de l'Union européenne de décider", a déclaré M. Sarkozy. "J'ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste. Je crois pouvoir dire qu'une immense majorité des Etats membres (de l'UE) est sur la position de la France", a-t-il ajouté."La Turquie, c'est un très grand pays allié de l'Europe et allié des Etats-Unis. Elle doit rester un partenaire privilégié, ma position n'a pas changé" (source)
Dimanche soir, Obama terminait son périple sur le vieux continent par une visite de deux jours en Turquie.



Energies renouvelables contre nucléaire
Le président français s'est aussi permis d'encourager les Etats Unis à faire davantage en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Un G20 du climat peut être ? "On est heureux que les Américains veuillent prendre le leadership de la lutte contre le réchauffement climatique. Mais il faut les convaincre d'en faire autant que les Européens". Il s'est bien gardé de rappeler que l'Union Européenne n'avait finalement pas voté, en mars dernier, les moyens nécessaires, financiers ou coercitifs, pour atteindre ses objectifs de réduction de 20% de ses émissions de gaz carbonique, d'augmentation à 20% d'énergies renouvelables, et de 20% d'efficacité énergétiques de plus qu'en 1990. En fait, Nicolas Sarkozy a surtout protéger l'industrie atomique française: "J'ai également dit à Barack Obama qu'il n'y avait pas à choisir entre le nucléaire et les énergies renouvelables". Le président américain n'est spécialement pas hostile à l'énergie nucléaire. Mais il a surtout insisté, depuis son entrée en fonction, sur les énergies renouvelables: le plan de relance américain de février dernier inclue 13 milliards de dollars d'aides à ces développements, sur les 10 ans à venir, et 6 milliards de dollars de garanties à des projets dans le domaine des énergies renouvelables, 3 milliards de dollars de crédits d'impots prolongés pour 3 ans supplémentaires pour les projets éoliens en cours et de 4 ans pour les projets hydroélectriques, géothermiques et à partir de biomasse. Qui dit mieux ?

Obama agacé
Les discordances, masquées par des assauts d'amabilité réciproques, ressortent clairement de ces derniers jours : après les gesticulations françaises avant le G20, Barack n'a pas non plus relevé l'insistance de "Nicolassss" à le faire venir le 6 juin prochain sur les plages de Normandie pour le 65ème anniversaire du débarquement anglo-américain du 6 juin 1944. Le voyage a été annoncé (par Sarkozy), puis reporté, puis confirmé. Vendredi, "Nicolassss" en a remis une couche, mais Barack n'a pas bronché.

Sarkozy: "L'échec n'est jamais définitif, regardez-moi"

dimanche 5 avril 2009

"'OTAN pour nous"

La tenue du sommet de l'OTAN, à Strasbourg puis Baden-Baden, a été l'occasion de manifestations, de heurts et de centaines d'interpellations. Anachroniques, les chefs d'Etat ont surenchi dans l'autocongratulation et les appels au "combat pour la liberté".

Sarkozy jubile
La réintégration de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN intervient au meilleur moment : le détesté George W. Bush est parti, et Sarkozy peut poser à côté d'un Barack Obama triomphant. "Nous sommes des alliés, nous sommes des amis. Nous avons nos convictions. Nous voulons être des alliés et des amis debout." a-t-il déclaré samedi matin.
Le Premier ministre danois, prochain secrétaire général de l'Otan, a eu des propos curieux, lors de sa déclaration de clôture des travaux du sommet, samedi 4 avril vers 15H30 : "La France reprend toute sa place au sein de l'Otan et, je pense, au sein de l'Union Européenne." Quelques minutes plus tard, Nicolas Sarkozy enchaîne : il déclare sa joie d'avoir travaillé avec Angela Merkel, et "la totale identité de vues sur tous les sujets". "Le temps des sommets internationaux ou on parle pour ne rien décider est révolu." Sarkozy a aussi remercié Barack Obama de son "leadership". A la première question d'un journaliste du Monde sur la disproportion des moyens américains au sein de l'OTAN, Sarkozy a attaqué cette "provocation sympathique". Il s'est même permis une petit mensonge en déclarant que les Etats Unis s'étaient enfin ralliés à la stratégie européenne en Afghanistan. Mais de quoi parle-t-il ?
Il a ensuite insisté, ré-insisté sur le nouvel axe franco-allemand. On pouvait croire que le sommet n'était pas celui de l'OTAN mais de Sarkozy et Merkel.

L'OTAN, une alliance américaine contestée
Samedi à la mi-journée, on dénombrait quelques 400 interpellations. Une trentaine de personnes ont été retenues à l'issue de leur garde à vue. Pourquoi une telle opposition ? Primo, le débat sur la réintégration de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN a été occulté. Rappelez-vous. Le gouvernement a choisi de poser la question de confiance sur ce sujet, une façon de limiter la portée des voix discordantes au sein de son camp. Belle hypocrisie du président. sa décision était prise, et il ne le cachait pas mercredi 11 mars dans un discours à l'Ecole Militaire: "Après avoir pris connaissance du résultat du débat, j'écrirai à nos Alliés pour les informer de ma décision".
Deuxio, Sarkozy a menti. Pendant la campagne électorale, il expliquait qu'il retirait les troupes françaises d'Afghanistan.
Deuxio, l'état de siège imposé à Strasbourg ne pouvait que provoquer des heurts : la pression policière était à son maximum: intrusion de patrouilles de BAC (Brigade Anti-Criminalité), survol nocturne par hélicoptère équipé de projecteurs, blocage des cuisines mobiles allemandes aux frontières, contrôles d'identité préventifs... Le JDD explique que les "alters" étaient déboussolés, "en fin de course." Daniel Cohn Bendit a au contraire dénoncé le retrait des drapeaux anti-OTAN dans les rues de Strasbourg. Sommes nous en démocratie si de simples drapeaux gênent à ce point le monarque ?

L'Afghanistan, un bourbier et une erreur
In fine, l'OTAN reste une alliance sous domination américaine. L'effort européen en Afghanistan se limite à quelques milliers d'hommes (dont 150 gendarmes français supplémentaires...). Les Etats Unis aligneront plus de 20 000 hommes... Actuellement, la "force internationale d'assistance à la sécurité" (FIAS), déployée par l'Otan en Afghanistan compte quelque 55100 soldats originaires de 41 pays, la plus grande opération terrestre de l'Otan hors d'Europe. Le combat en Afghanistan semble aussi caricatural que la guerre en Irak. Samedi matin, Sarkozy avait déclaré: "Nous n'avons pas le droit de perdre, parce que là-bas se joue une partie de la liberté du monde. Mais nous ne sommes pas contre les Afghans. Nous sommes avec eux, à leur côté, nous devons développer l'afghanisation". En fait, le soutien européen en Afghanistan est simplement ... piteux.
Pourtant, cela fait près de 8 ans que les forces de l'Alliance tentent de débusquer Al Quaida et les Talibans. En vain. L'excellent Rimbus est récemment revenu sur la caricature des justifications occidentales. Tous les dirigeants occidentaux parlent de combat pour les droits de la femme, les libertés publiques et la démocratie, ignorant la culture locale. C'est stupide.
L'hebdomadaire Marianne a récemment publié quelques extraits du livre de Jean-Dominique Merchet: ce dernier se demande pourquoi faudrait il mourir pour l'Afghanistan: "Sept ans après la chute du régime des talibans, où en sommes-nous? D'incontestables progrès ont été accomplis, surtout si l'on se rappelle de l'état pitoyable dans lequel se trouvait le pays à la veille du 11 septembre 2001. [...] Le problème est que les échecs sont tout aussi incontestables."
Pire, on découvre aujourd'hui, grâce au Guardian, que le président Karzaï, installé par l'administration Bush en décembre 2001, s'apprêt à publier une loi des plus restrictives à l'encontre des droits des femmes. Nicolas Sarkozy y a fait allusion, lors de sa conférence de presse samedi 4 avril après midi. Barack Obama, quelques heures plus tard, a été plus explicite : "cette loi n'a pas lieu d'être."



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Petit cafouillage sur l'agenda présidentiel

Il semblerait que les services de l'Elysée ne voulaient pas laisser un agenda trop vide à leur patron de président. La remise du rapport de la commission sur les professions du droit est annoncée lundi 6 avril et ... mercredi 8 avril. Fichtre ! Qu'elle doit être importante !


On notera une nouvelle fois que le président s'est réservé quelques jours de récupération, puisque son agenda se vide dès jeudi 9 avril au soir, jusqu'à dimanche 12... Bon week-end de trois jours !

samedi 4 avril 2009

100ème semaine de Sarkofrance : Sarko le caïd

Cent semaines déjà que Nicolas Sarkozy a été élu. Il a été cette fois-ci affiché son volontarisme dans les plus hautes sphères internationales : la réunion du G20 à Londres, qu'il avait initiée, puis un sommet de l'OTAN à Strasbourg. Il retrouvait enfin un rôle à jouer à l'extérieur de nos frontières. Pourquoi faut-il qu'il caricature le débat, exagère ses colères, fustige des bouc-émissaires ? Sans doute pour cacher son désarroi face à la crise.

Président satisfait
Avant de partir aux sommets du G20 puis de l'OTAN, Nicolas Sarkozy a voulu partager son autosatisfaction avec les auditeurs d'Europe1. Mercredi, Jean-Pierre Elkabach s'est déplacé dans le salon Murat de l'Elysée, quelques heures avant le Conseil des Ministres, pour recueillir la parole présidentielle : il a répété son annonce sécuritaire de la semaine précédente, passée inaperçue. "Le simple fait d'appartenir à une bande armée, menaçante (...) sera punie d'une peine de 3 ans d'emprisonnement." Comme il a sauvé Gandrange, il a promis de sauver le site de Caterpillar en Isère.

La veille, à Châtellerault, dans la Vienne, le président français avait lâché quelques renforts au pôle emploi : un temps désorganisé par la fusion des Assedic (15 000 agents) et de l'Anpe (30 000) en début d'année, le service de l'emploi va pouvoir recruter 1 840 agents supplémentaires. Le nombre de chômeurs a pourtant augmenté de près de 300 000 en trois mois. Côté médias, il a fait confirmer qu'il nommerait Jean-Luc Hees, réputé à gauche, à la tête de Radio-France le 12 mai prochain. L'ouverture à gauche se loge désormais dans les médias... Bref, tout va bien. Le Président à la "banane" !

Sarkozy caricature le G20
On ne reprochera pas à Nicolas Sarkozy de vouloir améliorer la régulation de la finance mondiale: la rémunération des traders incite à la prise de risques, les fonds spéculatifs sont mal encadrés; les paradis fiscaux pullulent au grand désespoir d'Etats surendettés. La critique vise ailleurs : Sarkozy caricature le débat. Et il a occulté systématiquement d'autres éléments fondamentaux de la réunion du G20: pourquoi l'Europe ne procède-t-elle pas à une véritable relance ? Quels moyens supplémentaires faut-il doter le FMI ? Quelle aide et quelle place dans la gouvernance mondiale accorde-t-on aux pays dits émergents ? Dans la crise actuelle, les économies, émergées ou émergentes, ont besoin d'un soutien financier public. A cet égard, le G20 n'a pas vraiment tenu ses promesses: les moyens du Fonds Monétaire International, comme ceux de la Banque Mondiale, ont été considérablement renforcés. Les 20 se sont également mis d'accord sur une relance de l'économie et de l'emploi, notamment par une accélération de "la croissance verte", l'augmentation de 4% du PIB de l'économie, et à fournir l' effort budgétaire nécessaire pour restaurer la croissance. Néanmoins, aucun plan de relance coordonné ni effort supplémentaire de l'Europe n'a été retenu. Et la publication, jeudi en fin de journée, d'une nouvelle liste des paradis fiscaux ne change rien au secret bancaire. Mathieu Pigasse relevait cette semaine que le G20 est resté "très silencieux" sur les sanctions et les mesures de rétorsion à prendre à l'encontre de ces "zones de non-droit." Chacun sait que tout G20 ne règlera pas tous les problèmes. Il eut été simple de le dire, d'expliquer qu'un tel accord est déjà très bien Mais non. Pour Nicolas Sarkozy, le G20 a "éradiqué" le secret bancaire et les paradis fiscaux. C'est faux, mais ça impressionne le téléspectateur du journal télévisé de TF1.

Président immature ?
Avant le G20, le président français a gesticulé. Il a fait semblant d'être terriblement déçu par la frilosité anglo-saxonne à l'égard du souci de régulation. Avant même d'en être, il a menacé de quitter le G20. On aurait dit un petit garçon tapant du pied pour qu'on cède à ses caprices. Barack Obama a semblé surpris. En arrivant à Londres, il s'est empressé de calmer le petit monarque : "Nous avons la responsabilité de coordonner nos actions et de nous concentrer sur les points communs et non sur des divergences épisodiques"" ; "les divergences entre les différentes parties [au G20] ont été très exagérées". Exagérées ? Par qui ? Lors des réunions du G20, Barack Obama a usé de diplomatie pour rapprocher les positions. Une attitude à l'opposé des menaces françaises: ""Je me suis engagé à respecter différents points de vue et à forger un consensus au lieu de dicter nos conditions. C'est comme cela que nous avons avancé ces derniers jours" a-t-il expliqué jeudi soir. Mercredi, Sarkozy s'était un peu calmé: «C’est embêtant pour moi de partir alors que je viens d’arriver». Il a rejoué l'énervement contre les bouc-émissaires de la finance mondiale: la crise, c'est la faute aux "techniciens", une explication très vaseuse, que personne ne reprend ni ne comprend.
Jeudi soir, mêmes caricatures : Nicolas Sarkozy tient à expliquer à la presse que son G20 a "acté que c'est la défaillance de la régulation qui est à l'origine de la crise financière, laquelle crise financière est à l'origine de la crise de l'économie". Pourquoi dépenser autant d'énergie à caricaturer la réalité ? Pour sauver la face ? Ou pour masquer un désarroi ?

Président boudé
Vendredi, Nicolas Sarkozy avait enfin son entretien avec Barack Obama. Lequel a salué le leadership du président français. Dans la cour d'école européenne, le caïd, c'est Nicolas. Oublié l'affront du mois de janvier. Le 20 janvier, le président français avait félicité Obama le jour de son inauguration, tout en critiquant la débauche "bling bling" de cette célébration. Le président américain avait attendu deux semaines avant de le remercier. Cette fois-ci, Sarkozy jubile enfin. Après une heure et demi d'entretiens, il pouvait tenir une conférence de presse commune avec l'élu américain. Et Barack Obama ne tarit pas d'éloges... à double tranchant : «Sans son leadership, ce sommet (du G20) n'aurait pas été celui qu'il a été», puis : «Nicolas Sarkozy ne cesse de faire preuve d'imagination, de créativité» (...) «il est présent sur tellement de fronts qu'on a du mal à suivre». Il a même remercié Sarkozy pour la réintégration de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN: «La France fait preuve d'un leadership courageux au sein de l'Otan grâce au président Sarkozy». Plus loin, des heurts violents opposaient manifestants anti-OTAN et forces de l'ordre.
En fait, Barack Obama ne pouvait faire mieux: à Londres, tous les observateurs avaient noté combien le président américain avait snobé son homologue français. Lors de la "photo de famille", Obama passe devant lui sans le saluer, pour aller surjouer son enthousiasme avec Medvedev et Berlusconi un rang derrière. Le petit caïd gaulois est remis à sa place.

Président impuissant
Finalement, Nicolas Sarkozy ne semble ni comprendre ni vouloir comprendre les causes de la crise. La croissance mondiale s'est appuyée sur une bulle, celle d'un endettement généralisé des Etats et des ménages. On vit à crédit depuis des lustres, et pour toutes sortes de raisons comme financer des guerres (Irak, Afghanistan), ou compenser des pouvoirs d'achats sacrifiés (cf. le surendettement des ménages américains, la crise des subprimes, la faillite espagnole). On épuise aussi la planète. Dans une petite vingtaine d'années, les énergies fossiles seront inaccessibles, hors de prix ou épuisées. Face à ces défis, la France est impuissante. Et elle n'a pas le président visionnaire, ou à l'écoute que la crise exige. Il faudrait réflechir à une nouvelle économie, et non pas un toilettage incomplet, un nouveau partage des richesses, une nouvelle vision. Après son "travailler plus pour gagner plus", Sarkozy a simplement trouvé un nouveau slogan, simple et creux comme le précédent, sa réponse unique à tous nos maux : "moraliser le capitalisme".
Le contraste avec la situation américaine est saisissant. Barack Obama parle d'investissements dans la recherche fondamentale, l'éducation des esprits, la protection du plus grand nombre, la responsabilité de chacun. Certes, il fait des erreurs et des compromis. Mais il les reconnaît et les assume. Il ne cherche pas systématiquement un bouc-émissaire. Quand AIG sert des millions de dollars de bonus à ses cadres, sa colère est publique, forte. Il a déjà plafonné le salaire des patrons des entreprises qu'il soutient, et viré le PDG de General Motors. En France, Sarkozy joue de sa grosse voix, publie un décret ridicule de minimalisme sur les bonus et stock-options (8 entreprises concernées !!), protège François Pérol, et couvre les dépôts occultes de ses amis dirigeants africains dans les banques nationales: on a en effet appris mercredi que le parquet de Paris s'oppose à l'ouverture d'une information judiciaire sur la plainte visant trois chefs d'Etat africains accusés d'avoir acquis en France des biens immobiliers grâce à des détournements de fonds... Belle Sarkofrance !

Président moralisateur de pacotille
En Sarkofrance, le ménage n'est donc pas fait. Nicolas Sarkozy a beau jeu de crier au loup. Le magazine Alternatives Economiques, relayé par Marianne, a relevé combien les grandes entreprises françaises usent et abusent des paradis fiscaux. Terra Nova a rappelé que les listes noires sont inutiles si des sanctions fortes et précises ne sont pas établies et partagées. Pourquoi ne pas commencer en France ? Chaque jour qui passe révèle son lot de scandales en tous genres sur la gouvernance d'entreprise : retraites dorées pour les dirigeants de la Société Générale (lundi), de BNP Paribas (jeudi); enquête préliminaire sur la nomination de François Pérol à la tête des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne (mercredi), etc... Le fameux décret, que le gouvernement a fini par lâcher mardi 31 mars, pour encadrer les stock-options et rémunérations variables des dirigeants de banques et des constructeurs automobile est stupéfiant de timidité. La question centrale, le partage des revenus et des efforts, est occultée, oubliée, sous-évaluée. Mercredi soir, le Sénat s'est même rebellé contre le gouvernement en élagissant la porté du décret anti-stock options et bonus à tous les sous-traitants de l'automobile et les entreprises aidées par le Fonds stratégique d'investissement (FSI). On attend toujours de la part de cette présidence si volontariste, un plafonnement des rémunérations des patrons d'entreprises aidées par l'Etat, sur le modèle de la décision de Barack Obama il y a deux mois. Du bouclier fiscal à la gouvernance d'entreprise, "Pas touche aux copains !" semble nous dire Sarkozy.

Les électeurs sont des citoyens adultes. Ils méritent un discours adulte et responsable. Moins de 100 jours après son entrée en fonction, Barack Obama est clairement président.

Plus de 100 semaines après son élection, Nicolas Sarkozy n'est toujours qu'un caïd.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

Sarkozy et les techniciens

Photo: Sarkozy au G20

Cette photo m'a fait sourire. Sarkozy a son petit doigt pointé, sand doute vers un journaliste, lors de sa conférence de presse jeudi 2 avril à Londres. Il est devant un grand panneau, encadré par deux mots en majuscules : "Stabilité" et "Emplois". Quand on connaît la situation française, on sourit.


Crédit: © CHRIS RATCLIFFE / MAXPPP

vendredi 3 avril 2009

G20, Sarkozy et ses caprices : tout ça pour ça...

Jeudi 2 avril, en fin d'après midi, Nicolas Sarkozy s'est félicité. Etes-vous surpris ? Le président français est ravi que le G20 ait soit-disant accepté de suivre la France et l'Allemagne en matière de réglementation financière internationale. Il est comme ça, notre président. Un rien l'échauffe. Et il lui faut constamment abuser d'un "story-telling" avantageux à son égard.

Sarkozy, ou "La crise pour les Nuls"
Nicolas Sarkozy cherchait en fait au G20, non pas (seulement) des solutions, mais aussi (et surtout) des excuses: "Il est maintenant acté que c'est la défaillance de la régulation qui est à l'origine de la crise financière, laquelle crise financière est à l'origine de la crise de l'économie". La belle affaire ! De méchants banquiers sont responsables de nos tourments. En fait, le G20 n'a pas vraiment dit cela: "major failures in the financial sector and in financial regulation and supervision were fundamental causes of the crisis", ("des échecs majeurs du secteur financier et de la régulation financière ont été certaines des causes fondamentales de la crise"). Cette simplification à l'extrême des causes de la crise mondiale est décevante (?) et mensongère. La crise est né d'un endettement généralisé, des ménages, des Etats et des entreprises. Les Etats occidentaux ont dopé leur croissance, depuis plusieurs décennies, par un recours à l'endettement massif.

Sarkozy se satisfait de peu
Jeudi donc, Nicolas Sarkozy s'est déclaré "heureux" de ce G20. "Les pays du G20 ont décidé de réformer en profondeur l'organisation financière internationale, ce qui n'avait jamais été fait à ce point depuis les accords de Bretton Woods en 1945". La grande victoire de la France au G20 est l'établissement d'une liste noire des paradis fiscaux qui ne respectent pas les règles de transparence prônées par l'OCDE. Fatigué, Nicolas Sarkozy trébuche pourtant en annonçant cette grande nouvelle devant la presse mondiale : il a parlé d'un "renforcement de la réglementation et de la supervisation des activités financières." On a l'habitude. Il serait temps qu'un coach supervise l'expression française de notre président supervise quelques cours de Français. A l'étranger, ça en devient gênant. Surtout, il ment en déclarant que la première décision du G20 est celle-là. Le communiqué officiel, fruit de longues tractations, commence par toute autre chose: 6 points sur la relance de l'économie mondiale, "Restore growth and jobs" ("Restaurer la croissance et l'emploi").


Les vraies mesures
Le G20 a accouché d'un communiqué en 5 parties :
  1. La relance de l'économie et de l'emploi, notamment par une accélération de "la croissance verte", l'augmentation de 4% du PIB de l'économie, et l'engagement à fournir l'effort budgétaire nécessaire pour restaurer la croissance.
  2. Le renforcement de la supervision financière et la régulation, avec notamment la création d'un nouveau "Financial Stability Board" associant le G20, la Commission européenne et l'Espagne; la mise en oeuvre de nouveaux principes "exigeants" sur la rémunération des banquiers; et "la fin du secret bancaire." Sur ce dernier point, le seul résultat concret est ... la publication d'une liste des paradis fiscaux... Qui ne les connaissait pas encore ?
  3. Le renforcement des moyens du FMI, grâce à l'insistance de Barack Obama.
  4. Le refus du protectionnisme, par les participants.
  5. La solidarité envers les pays pauvres et le développement durable.

Le G20 vu d'ailleurs
Barack Obama a annoncé que les Etats-Unis doubleraient leur aide alimentaire aux pays les plus pauvres. Sur le G20 proprement dit, le Wall Street Journal reconnaissait qu'Obama a rencontré une forte résistance de la part de la France et l'Allemagne. Le président a concédé que la crise financière est née aux Etats-Unis. L'honneur est sauf ! On peut oublier les parachutes dorés de Valéo, l'affaire Kerviel, la retraite argentée de Daniel Bouton, les 123 filiales de BNP Paribas dans des paradis fiscaux.
Mais pour la presse anglosaxone, l'important est ailleurs. Le G20 a acté le renforcement des moyens du FMI. Ainsi le Wall Street Journal conclut-il: "les leaders du G20 ont annoncé jeudi un ensemble de mesures qui aideront selon eux à relancer la croissance mondiale mais qui les ont laissé avec une longue liste d'étapes ultérieures pour transformer les déclarations en actes." Ce G20 a "annoncé un triplement des moyens de prêts du FM1 à hauteur de 750 milliards de dollars". ("Leaders of the Group of 20 nations Thursday announced a host of measures they said would help to reignite world growth but left themselves a long list of follow-up steps to turn their words into action. The summit of many of the world's leading economies in London announced a tripling of the lending power of the International Monetary Fund to around $750 billion."). Le quotidien de Wall Street souligne aussi que le G20 a acté un renforcement à 250 milliards de dollars des réserves en devises du FMI. Le Financial Times, journal de la City pourtant très intéressé par des mesures de régulations financières, le plus important est également le soutien financier massif au FMI accordé par le G20.

De son côté, Gordon Brown a aussi insisté sur les efforts en faveur de l'économie mondiale. Ecoutez la différence avec l'intervention de Nicolas Sarkozy.


Au total, chacun a tiré son épingle du jeu.

Mais il ne reste plus qu'à agir...

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Philippe Val à France Inter ? Beurk !

Dans l'affaire Siné, j'ai défendu Philippe Val. Pour une raison simple. Je n'ai pas aimé l'humour de Siné sur le mariage de Jean Sarkozy. Dont acte.

Je n'ai pas apprécié une diatribe de Philippe Val contre un blog, confusante et imprécise.

Voici que Nicolas Sarkozy a choisi, fait du prince, Philippe Val pour diriger France Inter.

Le président français a en effet décidé de choisir des personnalités "marquées" à gauche pour diriger la radio publique: il a nommé Jean-Luc Hees a la tête de Radio France. Il aurait choisi également le patron de la station qui accueille Stéphane Guillon: ce sera Philippe Val, si ce dernier accepte. Il paraîtrait que Philippe Val et Carla Bruni s'apprécient. Pour l'instant, Philippe Val a dénoncé la manipulation.
"Contacté par plusieurs médias, l'intéressé s'est dit "stupéfait" de cette information et a démenti son arrivé à la tête de la station, sur laquelle il est chroniqueur depuis plusieurs années. "C'est complètement prématuré de parler de ça, a-t-il affirmé à l'AFP, il y a une procédure, ce sera à Jean-Luc [Hees] de prendre sa décision quand il sera nommé.""Nous n'avons pas parlé avec Jean-Luc Hees. Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour. Jean-Luc n'est même pas encore passé devant le CSA ! Je ne sais pas quelles sont les preuves du Nouvel Obs", ajoute-t-il sur Rue89." (source Le Monde)

Nous sommes bien en monarchie élective. Et il appartiendra à Philippe Val de décider son rôle dans les mois à venir : le bouffon d'un monarque autocratique ou le rebelle indépendant.

Vomissez... les sacs sont offerts.

Sarkozy est Frédéric II de Prusse: un monarque "éclairé" qui s'attache quelques esprits troublions, comme Frédéric II accueillait Voltaire à sa cour...

Eric Besson n'a pas honte

Eric Besson, dimanche 29 mars, trouvait le Parti Socialiste "angélique". On peut reprocher beaucoup de choses au parti dirigé de Martine Aubry (le Zenith ? L'anachronisme de ses coups de gueules ?)... Eric Besson oublie son action...

jeudi 2 avril 2009

Crise : Sarkozy le moralisateur ... de pacotilles ?


Le 1er avril 2009, le G20 a donc débuté à Londres. Ce n'était pas un poisson d'avril, et pourtant ça y ressemble furieusement. Quelques heures auparavant, Nicolas Sarkozy a invité Jean-Pierre Elkabach à l'Elysée pour une intervention radiophonique, avant son conseil des ministres et son départ pour le Royaume Uni. Dans la capitale britannique, les manifestants de tous ordres n'avaient que faire des rodomontades du président français. Ils voulaient, eux, vraiment casesr du banquier.

En France, Sarkozy est content de lui
Le président français était interrogé mercredi 1er avril sur Europe 1, par Jean-Pierre Elkabach, en direct du salon Murat de l'Elysé. Quarante minutes d'intervention pour réaffirmer la position franco-allemande sur le G20, et réagir à quelques sujets d'"actualité."
"Le simple fait d'appartenir à une bande armée, menaçante (...) sera punie d'une peine de 3 ans d'emprisonnement." Espérons que les bandes établiront rapidement des cartes de membres afin de faciliter leur identification. A propos de sa "banane", Nicolas Sarkozy s'est justifié : il ne faisait que répondre à la question d'un député UMP qui s'inquiétait de son endurance. Il est fort, il est grand, il ne renonce jamais: "Est-ce que vous croyez que l’on attend du chef de l’Etat qui a été élu pour réformer la France face à une crise sans précédent qu’il soit déprimé, qu’il renonce. Moi je me suis construit politiquement autour deux phrases. François Mitterrand qui disait 'Mais enfin contre le chômage on a tout essayé, il n’y a plus rien à faire'(...). Et Lionel Jospin, au moment de Vilvorde, qui lève les bras au ciel et qui dit 'On y peux rien'." Moi je prends un engagement devant les Français : jamais ils ne m’entendront dire ça. Voilà la réponse que je voulais faire."

Après avoir affirmé avoir tenu ses promesses à Gandrange, le voici qu'il en fait d'autres, aux salariés de Caterpillar cette fois-ci: il va "sauver le site" de l'entreprise en Isère. Ces salariés ont relâché les 4 cardres dirigeants qu'ils retenaient depuis la veille.

Quelques heures plus tard, il partait à Londres.

A Londres, Sarkozy fait son numéro
Mardi soir, le texte d'accord du G20 ne satisfaisait pas Nicolas Sarkozy (et Angela Merkel, expliqua le président): "Le compte n'y était pas." Mercredi, Sarkozy insistait à nouveau sur le besoin de renforcer la régulation de la finance mondiale : "Nous disons que sans une nouvelle régulation, il n'y aura pas de confiance. Et sans confiance, il n'y aura pas de reprise, c'est un objectif majeur, non négociable". Il faudrait donc moraliser ce joli monde, puisque ses excès sont jugés premiers responsables de la crise actuelle. De nouvelle relance européenne, il ne fut pas question. Sarkozy rajouta même une provocation verbale à l'encontre du président américain: "Je comprends parfaitement que certains veuillent parler de la relance, nous aussi. Mais nous, on ne se contente pas d'en parler, on la fait".

Cette mise en scène ne semblait pas du goût de tout le monde. Angela Merkel aurait fait savoir à Nicolas Sarkozy qu'elle s'apprécieait pas son chantage (unilatéral) de la chaise vide. Dès l'après midi, Nicolas Sarkozy abandonnait ses menaces de la veille: «C’est embêtant pour moi de partir alors que je viens d’arriver». De son côté, Barack Obama l'a taclé mercredi matin : "Nous avons la responsabilité de coordonner nos actions et de nous concentrer sur les points communs et non sur des divergences épisodiques"" ; "les divergences entre les différentes parties [au G20] ont été très exagérées".


Sur le fonds, Nicolas Sarkozy a raison d'insister sur les dérèglements boursiers. Mais est-il seulement crédible ?
  1. Pourquoi l'établissement de règles financières seraient-elles incompatibles avec une nouvelle relance économique ?
  2. Pourquoi crier si fort en faveur de mesures régulatives aussi floues ?
  3. Pourquoi ne pas faire le ménage en France ?

Ironie du sort, l'actualité fournissait moultes contre-exemples à la position française : en Sarkofrance, le parquet de Paris a demandé mercredi à la police d'enquêter sur la nomination de François Pérol. Le parquet a en effet a ouvert mercredi une enquête préliminaire après le dépôt par deux associations, Anticor et Contribuables associés, de plaintes pour "prise illégale d'intérêt". Le délit est passible de 2 ans de prison et 75 000 euros d'amendes. En Sarkofrance toujours, la retraite dorée du président de la Société Générale continue de scandaliser gauche comme droite. En Sarkofrance encore, aucune mesure nationale de nouvelle régulation financière n'a été prise. Au contraire, quand on suggère, à droite, de suspendre le bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy vient au secours de ses "amis": il explique, sans pudeur ni gêne, que le bouclier fiscal est indispensable tant que les paradis fiscaux existent. Ce n'est pas stupide. Le problème est ailleurs: créer un paradis fiscal français pour quelques fortunés au motif qu'un petit millier de plus riches risquent de nous quitter est un peu ... paradoxal ?

Pire, les paradis fiscaux ne sont que l'aboutissement ultime de la défiscalisation, un concept cher à Nicolas Sarkozy en France. Les propositions de ce dernier restent (volontairement ?) floues  et faussement novatrices. Olivier Ferrand, de Terra Nova, rappelle que les « listes noires » (l'une des nouvelles propositions du président français) " établies par l’OCDE n’ont pas eu l’effet escompté."

Pire, l'administration sarkozyenne ne défend aucune mesure concrète et radicale contre les paradis fiscaux: "Quelques mesures, comme l’alourdissement de la taxation des flux ou l’interdiction faite aux établissements financiers de détenir une filiale dans les paradis fiscaux pourraient cependant être envisagées. Si ces mesures doivent être coordonnées au niveau européen ou même international pour être pleinement efficaces, la difficulté des négociations à mener ne doit pas justifier l’inaction."
Le président français s'est bien gardé d'agir (et de gronder) les défiscalisations paradisiaques de fleurons de l'industrie française (Total) ou de la banque.

Au demeurant, l'attitude de Nicolas Sarkozy vise à cacher les autres enjeux du G20, tout autant important que la régulation des marchés financiers: le renforcement des moyens du FMI et ses modalités de gouvernance, le rejet du protectionisme, la relance des économies et l'aide aux pays pauvres. Sarkozy reste dans sa posture habituelle: identifier le bouc-émissaire facile, lui crier dessus, et éviter d'affronter les vrais sujets.

A Londres, des manifestants se heurtaient aux forces de l'ordre. Pour l'essentiel, leurs cibles étaient les banquiers. Comme Nicolas Sarkozy.

Surpris ?




Lire aussi:

"Venez récupérer votre pouvoir d'achat !"

Plutôt que fouiller les poubelles, voici une nouvelle forme d'action, du NPA cette fois-ci.

mercredi 1 avril 2009

Sarkozy se prépare à un G-vain à Londres

Les esprits s'échauffent avant le G20. Sarkozy veut-il nous prévenir d'un échec ? Ou stresse-t-il véritablement ? Avant de partir à Londres, il a lâché quelques renforts au pôle emploi.

Le pôle emploi recrute... a minima
Le pôle emploi se décide à renforcer ses équipes, face à la hausse du chômage. Un temps désorganisé par la fusion des Assedic (15 000 agents) et de l'Anpe (30 000) en début d'année, le service de l'emploi prend-t-il conscience de la crise ? Quelques 1 840 agents supplémentaires vont être recrutés, a annoncé Nicolas Sarkozy mardi 31 mars. Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, l'avait promis le 6 mars dernier. Un effort largement insuffisant compte tenu de la dégradation de l'emploi : le chômage augmente d'environ 4 000 personnes par jour ouvré, et la disparition de l'exemption de recherche d'emploi pour les salariés de plus de 57 ans et demi depuis le 1er janvier pourrait augmenter "mécaniquement" de 400 000 chômeurs le nombre de sans-emploi à traiter dans les prochaines semaines.
Sarkozy vsitait donc Châtellerault, dans la Vienne. Quelques 2 000, selon la préfecture, à 7 000 personnes, selon les organisateurs, ont manifesté, mardi matin pour l'accueillir, dont une soixante de salariés de l'entreprise Heuliez.

Sarkozy prévient le G20 ... pour rien ?
Le président français a prévenu qu'il ne voulait pas d'un G20 "pour rien." Qui en voudrait ? Il a raison de s'inquiéter. Que peut-il sortir d'une telle réunion ? Les dirigeants européens défendront que leurs plans de relance respectifs sont suffisants. L'administration américaine rétorquera qu'elle a engagé 5 points de PIB en soutien à son économie. Comment seront traités les 70 paradis fiscaux encore en activité ? Le Figaro se fait l'écho de l'impatience française habituelle: Nicolas Sarkozy veut des résultats à tout prix, expliquait le quotidien de droite. A tout prix ? Il paraît qu'il aurait glissé à ses ministres le 18 mars dernier (on ne l'apprend qu'aujourd'hui): «Si ça n'avance pas à Londres, ce sera la chaise vide !Je me lèverai et je partirai».
On pourrait espérer qu'un échange entre Américains et Européens se fasse jour : relance contre régulation. Imaginons quelques instants que Barack Obama obtienne de l'Europe, et donc de la France, un second plan de relance enfin à la hauteur des enjeux... Un rêve ?

Concrètement, les attentes de Nicolas Sarkozy sont les suivantes:
  • un accord avec les Britanniques et les Américains sur l'établissement d'une liste des paradis fiscaux, avec un dispositif de sanctions internationales contre les récalcitrants: Eva Joly a rappelé que la City de Londres, où se tient le G20 "est le plus grand des paradis fiscaux".
  • "des règles internationales de rémunération des banquiers" (dixit Sarkozy mardi 31 mars) : rappelons que Barack Obama a exigé que les rémunérations des entreprises aidées par l'Etat américain soit plafonnées à 500 000 dollars, en plus de l'interdiction de tout bonus variable... Rien de comparable en France...
  • l'enregistrement, la régulation et la supervision de tous les hedge funds et autres fonds "susceptibles de créer un risque systémique", et d'une façon plus générale, la définition de nouvelles régulation de la finance mondiale, et leur agenda de mise en oeuvre.
  • le changement des normes comptables et prudentielles des banques, un sujet qui semble totalement tombé à l'eau depuis plusieurs semaines.
  • l'annulation sous conditions de la dette africaine (dixit Sarkozy le 26 mars au Congo: "J'ai bien l'intention de poser au G20 la question de la dette africaine pour peu que vous acceptiez la cohérence qui voudrait que, si certains pays parmi les plus riches du monde remettent votre dette, l'annulent, il ne faut pas alors que vous vous réendettiez avec d'autres, dans des conditions moins bonnes encore que celles que vous avez connues à notre époque")
  • une relance des négociations internationales d'ouverture du commerce mondiale, dans le cadre du cycle de Doha au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)
Vu la timidité des actions en faveur d'une moralisation du capitalisme en France, comment prendre au sérieux les déclarations bravaches du président français ? A l'automne dernier, le gouvernement a apporté son soutien à 6 banques françaises, pour 10,5 milliards d'euros de prêts. Il n'a pas daigné envisagé une quelconque contrepartie, autre que la rémunération de ses prêts. Puis, en début d'année, il a renouvelé ce soutien, pour le même montant. Puis il a annoncé un soutien similaire à Renault et Peugeot-PSA. Depuis, les scandales de stock-options, bonus et parachutes dorés se sont faits jour. Et Nicolas Sarkozy et son gouvernement se sont contentés de déclarations tonitruantes suivies d'une action, un seule (le fameux décret a minima du 31 mars). Certes, la pression collective et européenne, à laquelle la France a participé, a forcé la Suisse, l'Autriche, la Belgique et le Luxembourg à assouplir leurs règles en matière de secret bancaire. Mais que de bruit pour rien. Mais en France, la "moralisation du capitalisme" est une imposture médiatique.

En fait, le Financial Times a publié le 29 mars un projet de communiqué, en 24 points, à l'issue du G20. C'est chose courante dans les sommets internationaux. Les chefs d'Etat se rencontrent, parfois négocient un peu, mais surtout discutent des termes précis de leur communiqué final. Que dit ce draft ? Rien de novateur : les dirigeants du G20 réaffirment leur foi en l'économie de marché et contre le protectionisme, confirment leurs plans de relance en cours, et leur plans de sauvetage bancaire respectifs. Ils s'engageraient à une augmentation des fonds du FMI, à une reprise des négociations de Doha et à des mesures de régulations financières. Surtout, le G20 ne s'attend pas à une reprise avant 2011.

Début de panique ?
Certains défenseurs du "système" s'inquiètent de sa survie. Si Nicolas Sarkozy lit le Financial Times régulièrement, il doit en faire partie. L'un de ses éditorialistes, peu suspect de gauchisme, écrivait ainsi:
"Même si la reprise économique intervenait en 2010, comme le prévoient quelques optimistes, la majeure partie des difficultés du secteur financier est encore devant nous : le chômage et les défauts de paiement vont partout augmenter brusquement, et la dépression continuera a faire sentir ses effets bien après qu’elle ait pris fin.
Je suis plus inquiet aujourd’hui que je ne l’étais il y a un mois. Le principal problème, ce sont ces boucles de rétroaction entre l’économie réelle et le secteur bancaire, qui sont vraiment effrayantes."
Serait-ce un début de panique ? La question est celle des basculements : effondrement d'un système, relève (ou pas) d'un autre, reconversion (ou pas) des économies et des entreprises, résistance (ou pas) du pouvoir en place.

Qui basculera en premier ?

Frédéric Lefebvre, le porte-parole du grand capital

Frédéric Lefebvre est venu au secours de François Pérol, le nouveau patron des Banques Populaires et des Caisse d'Epargne, auditionné mercredi 25 mars par une commission parlementaire. Le député suppléant et porte-parole de l'UMP s'est permis d'accuser certains membres (socialistes) de "s'être auto-proclamés procureurs staliniens."



Le député s'était fendu d'un communiqué sur les rémunérations abusives des dirigeants d'entreprises aidées par l'Etat:
"Base réglementaire ou base législative, ce qui compte c’est de pouvoir modifier les conventions liant l'Etat et les entreprises qui bénéficient de l'aide de la collectivité et leur interdire l'attribution de stock-options ou toutes autres rémunérations variables à leurs dirigeants.

Le Président de la République a annoncé cette décision à Saint-Quentin mercredi, il nous faut maintenant l'appliquer au plus vite. Contrairement à Ségolène ROYAL qui veut, dans un réflexe pavlovien, que cela passe obligatoirement par la loi parce que le gouvernement annonce qu'il est en train d'arbitrer entre la loi et le décret.

Ce qui nous guide c'est le pragmatisme. Nous recherchons l'efficacité et la rapidité là ou Madame ROYAL privilégie l'affichage et la gesticulation."

Frédéric LEFEBVRE
Porte-parole
Le député, habile conseil de nombre de grandes entreprises, tente d'éteindre le feu. Il n'apporte aucune réponse, et cerne le débat autour du choix proposé entre la loi ou le décret. Le vrai enjeu est ailleurs : la solidarité nationale en période de crise ne concerne pas que les dirigeants d'entreprises exceptionnellement soutenues par des subventions publiques. Le vrai débat concerne l'échelle des salaires et la fiscalité. mais Frédéric Lefebvre ne veut pas en entendre parler. A l'Assemblée, ces récentes interventions sont du même acabit.

Quand le débat porte sur le bouclier fiscal le 19 mars dernier, le député n'hésite pas à prononcer une énormité: "Les chiffres fournis par Bercy ne sont pas discutables : les 834 contribuables cités ont reçu en moyenne un remboursement de 368 000 euros. Mais la vérité est que 90 % d’entre eux paient plus de 100 % d’impôts, taux d’imposition que nous refusons tous de manière unanime, puisque la gauche elle-même a créé le principe du bouclier fiscal." Cent pour cent d'impôt ? Vraiment ?

A l'UMP, Xavier Bertrand n'apprécie que moyennement le trublion provocateur. Le nouveau patron de l'UMP préfère la pédagogie. Frédéric Lefebvre ne fait certes pas avancer les débats. Il préfère cliver l'opinion et les sujets.