Deuxième année de présidence, le bilan s'impose et se poursuit. Voici les 5 mots-clé qui caractérisent, selon nous, cette seconde année.
Recomplexée
Au soir du 6 mai 2007, la droite célébrait sa victoire idéologique "décomplexée". Enrichissement personnel et identité nationale, les thèmes de prédilections du camp conservateur depuis des siècles s'affichaient sans complexe. Nicolas Sarkozy semblait avoir eu raison du "socialisme rampant", issu de l'esprit deu Conseil National de la Résistance, qui imprégnait les élites de gauche comme de droite. La réforme et le progrès étaient à l'Elysée. Les conservateurs et les grincheux étaient dans l'opposition. On allait rompre avec nos vieilles pratiques étatistes, étriquées et paresseuses , remettre la France au travail, expulser ces "mauvais" immigrés qui ne voulaient pas s'intégrer,
Puis, le temps aidant, le sarkozysme s'est enlisé dans ses contradictions et la réalité. Sarkozy a dû d'abord caché ses penchants "Bling Bling" qui avaient plombé la fin de sa première année de mandat. Puis, la crise aidant, il dû battre en retraite, exprimer un peu de compassion, ressortir les vieilles recettes du traitement social du chômage, et annuler certaines mesures comme la disparition de la dispense de recherche d'emploi pour les plus de 55 ans. Les Français, comme leurs voisins européens, réclament plus d'Etat, plus de protection. Pire, la crise nous a fait découvrir que les plus riches d'entre nous, les traders, banquiers et grands patrons, étaient nuls et inconséquents. En 2008, le patron et le banquier sont devenus les bouc-émissaires d'une France en révolte. Idéologiquement, la droite est morte, finie, disparue, cassée, cachée.
Glamour
Marié un jour de février avec une ex-mannequin, Nicolas Sarkozy exhibe sa dulcinée régulièrement dans les grandes et petites occasions. La presse choisie par l'Elysée commente ses courbes, sa grâce, son caractère naturel, son talent artistique. Carla Bruni est l'icône glamour de Sarkofrance. Elle porte bien robes et bijoux, et connaît du beau monde dans l'élite culturelle ("de gauche"). Elle compense l'inculture revendiquée du président Bling Bling. Un autre summum est atteint à chaque visite d'une royauté. Chez la Reine d'Angleterre ou à la Cour d'Espagne, Carla Bruni est comme un ravissant totem de notre monarchie républicaine. Elle adoucit l'image brutale et agitée de son mari. Elle lui sert à figurer en bonne place dans les podiums de la presse internationale et dans les couvertures de Gala ou Paris Match. Interrogée sur la politique de ce dernier, Carla Bruni empile les poncifs comme on enfile des perles. Méthodiquement.
Vulgaire
Les insultes ont fusé cette année-là. Frédéric Lefebvre a fait irruption sur la scène médiatique. C'est la coqueluche des blogueurs politiques. Le "député suppléant" s'est remarqué par ses insultes, ses violences verbales, sa constante vulgarité. Il compense la faiblesse du fond par la violence des formes. Il a été élevé à bonne école. A moins que cela ne soit l'inverse. Nicolas Sarkozy a réussi à choquer cette année en raillant les enseignants-chercheurs, les pêcheurs, les professeurs, les banquiers,les chômeurs, les cheminots, les journalistes. Qui reste-t-il ? Bizarrement, il n'a rien dit de ses amis du Fouquet's. Etes-vous surpris ? Le débat politique dans "la France d'après" ressemble, la crise aidant, à celui des années trente. On fustige les grévistes, on dénonce l'extrême gauche, on emprisonne pour terrorisme Julien Coupat.
Narcissique
Il est frappant de lire dans la presse étrangère, de gauche comme de droite, combien Nicolas Sarkozy apparaît narcissique, voire grossier, en dehors de nos frontières. Notre président est décrit comme jaloux de la popularité de Barack Obama ("Sarkozy est irrité par l'adulation dont jouit un dirigeant américain sans expérience, dont la popularité a éclipsé (sa) réputation de sauveur du monde", le Times), "Fasciné par les commérages" (ABC), "Bling Bling" (New York Times). "vantard", "hyperactif" et "familier" (The Guardian). A l'étranger, Nicolas Sarkozy est devenu une bête de foire pour journalistes. Bravo et merci.
Boomerang
A défaut d'être d'accord sur le fond des réformes mises en oeuvre par Sarkozy depuis mai 2007, on aurait pu le créditer d'une certaine efficacité. C'est en tout en cas l'image qu'il s'était donné pendant la campagne présidentielle de 2006/2007. Que nenni ! Chacune de ses "réformes", complètes ou baclées, lui est revenu en pleine figure sans qu'on puisse en attribuer l'échec à une opposition encore convalescente. Le défiscalisation des heures supplémentaires apparaît aujourd'hui inutile, coûteuse et anachronique. L'an passé, les études et commentaires se sont multipliées pour dénoncer leur impact négatif sur les comptes et leur toxicité contre la sauvegarde de l'emploi. L'intérim s'est effondré dès avril 2008, les CDD ont suivi peu après. Cette défiscalisation a accéléré la dégradation de l'emploi. Le soutien au crédit immobilier s'est révélé tout autant inutile : faute de logements disponibles, il a maintenu artificiellement quelques mois durant une bulle immobilière qui a été balayée par la crise. La lutte contre l'immigration clandestine s'est transformée en une "politique du chiffre" absurde, les services de l'Etat ainsi mobilisés ne parvenant pas à trouver suffisant de "vrais" clandestins à expulser. D'autres exemples ?
Bon anniversaire, ami Sarkozyste.
jeudi 7 mai 2009
mercredi 6 mai 2009
Deuxième bougie de Sarkofrance : l'année boomerang
La première année de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République avait fait "Bling Blang Bing". Cette deuxième année de présidence Sarkozy a marqué un tournant: le monarque a été paradoxalement sauvé par la crise mondiale. Formidable diversion, l'effondrement du système financier internationale et la récession économique généralisée ont masqué l'inefficacité du programme économique et social de Nicolas Sarkozy. Mais surtout, le président a aussi montré combien il pouvait être formidablement contre-productif: ses réformes aggravent les situations qu'elles entendaient améliorer. Heures supplémentaires, bouclier fiscal, pôle emploi, réforme de l'audiovisuel, les exemples sont nombreux de ces réformes-boomerang qui reviennent en pleine figure de ses promoteurs.
Voici la chronique d'une année "boomerang" où l'on voit Sarkozy tel qu'il est : anachronique, sans vision, agité et grossier.
53ème semaine de Sarkofrance : raisonnable... pour qui ?
Sarkozy entame sa seconde année à l'Elysée en faisant détailler son projet d'"offre raisonnable d'emploi" qu'un chômeur devra accepter à l'avenir sous peine, après deux refus, d'être radié pendant 2 mois. Aggraver les déficits publics par le paquet fiscal est également raisonnable en Sarkofrance, tout comme réduire la couverture maladie : la ministre de la Santé explique que les frais d'optique devraient être à terme pris en charge par les mutuelles et l'assurance privée. Précariser les seniors est tout aussi raisonnable, puisque leur pension n'augmenterait que de 1,9% et que les pré-retraités de 57 à 60 ans devraient pointer prochainement au chômage. Les plus riches seront raisonnables : En 9 mois, le nouveau bouclier fiscal à 50% a servi à rembourser 129 millions d'euros à 3500 foyers...
54ème semaine de Sarkofrance : services minima
Sarkozy se réjouit du taux de chômage, mais surtout d'une croissance française estimée à 2,2% pour 2008: "Je dis simplement à Bruxelles: regardez vos chiffres. Parce que si l'INSEE a revu ses chiffres (de la croissance pour 2008) à la hausse, peut-être que Bruxelles peut aussi s'interroger sur ses chiffres". Confondant garde d'enfant et éducation, il menace les enseignants d'un service minimum à l'Education. Les députés UMP boudent et laissent la gauche rejeter le texte de loi sur les OGM mardi 13 mai.
55ème semaine de Sarkofrance : «Gouverner c'est faire croire»
A quelques mois du procès de l'Angola-gate en France, il s'est déplacé, en personne et en l'espace d'une journée, pour consoler le président angolais. En France, Sarkozy corrige le tir. L'Elysée se fâche contre les députés UMP récalcitrants: la loi sur les OGM fut votée. Tout comme, le 15 mai, celle sur la protection des journalistes et des juges. Elle garantit.. que le secret des sources pourra être levé en cas "à titre exceptionnel et lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie". Sarkozy communique enfin sur ses succès : 60% des entreprises utiliseraient des heures supplémentaires défiscalisées.
56ème semaine de Sarkofrance : "S'agiter plus pour agir moins"
On le croyait plus calme, enfin "présidentiel". Fausse alerte ! "L'agité est de retour." Il se lève tôt, exhibe son épouse, lance des idées à la pelle. Cette 56ème semaine de Sarkofrance fut un bel exercice de confusion : l'agitation cache l'inaction: un déplacement en province le lundi, une visite à Rungis le mardi, un saut en Pologne le mercredi, un dîner avec Poutine le jeudi, un voyage en Autriche le vendredi.
57ème semaine de Sarkofrance : "vous saviez ?"
A chaque "réforme" gouvernemental, on nous explique que Sarkozy applique son programme présidentiel, que les Français ont voté en connaissance de cause. Savions-nous vraiment pour le Bling Bling ? Carla Bruni se fait prendre en photo dans le Fauteuil Présidentiel devant un Nicolas Sarkozy souriant. Saviez-nous pour le déficit budgétaire ? On l'a annoncé à 45 milliards d'euros cette semaine. Saviez-nous pour Rachida Dati ? Ses volte-faces opportunistes agacent jusque dans son camp. Ses bourdes inquiètent Sarkozy. Elle s'est mise à dos l'institution judiciaire, la moitié de son cabinet l'a quitté, elle dérape à l'Assemblée.
58ème semaine de Sarkofrance: le président trompe-l'oeil
Nicolas Sarkozy annonce de nouvelles mesures d'économie du train de vie de l'Etat, sauf pour le sien. Après ses 500 000 euros de travaux de rénovation intérieure à l'Elysée et son augmentation de salaire, il s'est commandé un "AIR FRANCE ONE". Avec un an de retard, Rachida Dati a présenté sa réforme pénitentiaire. En vain, puisque son examen au parlement est repoussé à ... 2009. Coté Europe, le Traité Simplifié est refusé par un référendum iralandais. Et Kadhafi, le nouvel ami, refuse l'Union de la Méditerranée chère à Sarkozy.
59ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy est inefficace
Sarkozy jubilait de l'adoption au forceps du Traité "Simplifié" (250 pages) par les gouvernements de l'Union. Un an plus tard, la ratification nécessaire du document échoue sur une plage irlandaise. En économie, le gouvernement se trompe de croissance; depuis août 2007, les économistes préviennent que la croissance française ne sera pas supérieure à 2%: crise financière, faiblesse du pouvoir d'achat, choc pétrolier, inflation record, immobilier en berne, les obstacles sont nombreux. Rien n'y fait. L'équipe au pouvoir se bouche les oreilles. Elle maintient ses défiscalisations qui plombent les comptes sociaux. Le déficit de la Sécurité Sociale atteindrait 8,9 milliards d'euros en 2008. Mercredi, Sarkozy dévoile ses plans sur la Défense. Sur le moment, personne ne relève la création d'un grande direction du renseignement intérieur qui lui serait rattachée.
60ème semaine de Sarkofrance : Nicolas Sarkozy est-il Super-Dupont ?
Tel un super-héros, il a visité Israël et la Palestine. Un triomphe. On a cru un instant qu'il allait sceller la réconciliation. De retour à Paris, en quelques minutes et haussements d'épaules, Nicolas Sarkozy a annoncé à une commission quelque peu surprise qu'il était moins hypocrite qu'il choisisse désormais lui-même le président de la télévision publique. Le gouvernement a aussi lancé sa campagne de publicité vantant les mérites de ses mesures en faveur du pouvoir d'achat. Pourtant, le moral des ménages Français est toujours au plus bas, les heures supplémentaires n'ont pas augmenté et coûtent 160 millions d'euros par mois au budget de l'Etat. La dette publique de la France explose, à 1 250 milliards d'euros et la croissance est revue à la baisse.
61ème semaine de Sarkofrance: Ingrid, sais-tu où tu es ?
La libération heureuse d'Ingrid Bétancourt a éclipsé le début de la présidence française de l'Union Européenne. Ingrid sait-elle seulement où elle a atterri ? Elle ne connaît pas Christine (Lagarde), qui lui expliquera que pour gagner moins, il faut travailler plus. Ingrid ne connaît pas non plus Edvige. Depuis le 27 juin, les adolescents peuvent être fichés dès 13 ans. Ce fichier s'appelle Edvige, pour Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information GEnérale. Ingrid ne connaît pas Brice (Hortefeux), ce ministre d'Etat, qui gère les rafles, les expulsions et l'identité Nationale française. Depuis quelques semaines, il semble vouloir gagner là-bas (à Bruxelles) ce qu'il a perdu depuis longtemps ici : la crédibilité. Les Européens accepteront-ils de "partager la honte"?
62ème semaine de Sarkofrance : le précipice de Nicolas Sarkozy
On a senti François Fillon inquiet : "Je ne serai pas le premier ministre qui laisse aux générations futures la facture de nos imprévoyances et de nos lâchetés." La faillite de l'Etat semble une possibilité. Le projet de loi sur la modernisation de l'économie arrive (enfin ?) au Parlement. A la crise du pouvoir d'achat le gouvernement répond CDiscount et loi de la jungle ! Les prévisions de croissance sont mauvaises. Le chômage repart à la hausse. La production industrielle a baissé de 3% en mai. Côté immigration, la commission sur "le cadre constitutionnel de la nouvelle politique d'immigration" présidée par Pierre Mazeaud considère les quotas migratoires "irréalisables ou sans intérêt."
63ème semaine de Sarkofrance : chez Nicolas, "le menu est plus varié"
La garden party du 14 juillet fut réussie, à en croire les participants. Le Président a réussi un joli coup, avec ses 43 hôtes étrangers. «L'avantage, avec l'Union pour la Méditerranée, c'est que le menu est plus varié» déclarait un participant.... Mais les plats ont ils vraiment changé ? Quand il reçu les députés UMP mardi 15 juillet pour les souder autour de sa réforme constitutionnelle, Nicolas Sarkozy a martelé son propos: "J'ai raison". Sur la Syrie, la Chine et la Libye, il a "raison" de soutenir les dictateurs laïques contre la menace islamiste; ou la Chine pour faire pression sur le Soudan dans la crise du Darfour. Côté France, la loi sur le service minimum à l'Education Nationale a été adoptée en urgence. Urgence ? Il pense à transformer la Poste en société anonyme pour l'introduire en Bourse d'ici deux ans. Sarkozy a raison, c'est lui qui le dit.
64ème semaine de Sarkofrance : la petite semaine d'un petit président
Nicolas Sarkozy a gagné sa réforme institutionnelle, à une voix près (celle de Jack Lang), lundi 21 juillet.Le Président conserve son droit de vie ou de mort sur l'Assemblée Nationale. Le temps de la monocratie est arrivé. Bernard Tapie a gagné contre le Crédit Lyonnais, grâce à une intervention en sous-main du pouvoir. A l'occasion d'une nouvelle salve de réformes (anti)sociales, même les cadres se sont réveillés : ils ont découvert que chaque entreprise sera libre de négocier en interne, avec les représentants syndicaux, leur temps de travail.
65ème semaine de Sarkofrance: petites vacances ... pour qui ?
Nicolas et Carla sont partis en vacances au Cap Nègre, dans la résidence de la famille Bruni. En pleine présidence française de l'Union, Sarkozy s'absente 6 semaines... Dans Vanity Fair, l'épouse du chef de l'Etat se voit comme Jacky Kennedy et pose sur le bureau de son mari. Les ministres ont essayé d'occuper le terrain. Rachida Dati a tenté de faire oublier sa Web Tv narcissique de la semaine passée en dévoilant son plan pour les prisons (recours plus importants aux aménagements de peine et à la résidence surveillée, mais aucun moyen supplémentaire nouveau). Roselyne Bachelot et Eric Woerth ont dévoilé le plan d'économie de l'assurance maladie, déjà déficitaire de 4 milliards d'euros cette année.
66ème semaine de Sarkofrance : le fantôme chinois du monarque
La Chine inaugure les Jeux Olympiques. Nicolas Sarkozy a fait l'aller-retour depuis le Cap Nègre, avec son fils Louis. A la 17ème Conférence Mondiale sur le Sida qui se tient depuis le 5 août à Mexico, la France n'envoie qu'un ambassadeur. La France ressemble à une monarchie. Sarkozy a même son Fouché. Le "Monsieur renseignement de l'Elysée" a été nommé le 23 juillet dernier. Sarkozy aura aussi sa loi pour "les pauvres". Le Revenu de Solidarité Active joue déjà son rôle de pare-feu social du gouvernement. Il sera voté dès septembre. La loi LME est promulguée dès le 1er août, et avec elle la fin progressive de dispense de recherche d'emploi pour les seniors de plus de 55 ans et l'offre raisonnable d'emploi.
67ème semaine de Sarkofrance : incompétence diplomatique... seulement ?
Sarkozy annonce qu'il rencontrera le Daïla Lama en décembre prochain. Belle gaffe ! Il avait laissé planer le doute sur sa propre venue aux JO, puis y est allé, mais en promettant de rencontrer le Dalaï-Lama; nouvelle volte-face pour calmer la Chine (et signer un contrat nucléaire), il reporte ce rendez-vous et envoie sa femme. Vous suivez ? Dans le conflit armé opposant la Russie à son petit voisin la Géorgie, on a cru un temps que Nicolas Sarkozy avait bien joué. Mais la Russie ne respecte pas le cessez-le-feu que Sarkozy nous a vendu. Y-avait-il seulement accord ? Ces déboires étrangers occultent les difficultés intérieures: la France était en récession au cours du second trimestre 2008. Christine Lagarde promet un "rebond" de la conjoncture à la fin de l'année. Si elle savait...
68ème semaine de Sarkofrance : sang chaud à l'étranger, sang-froid à l'intérieur
Nicolas Sarkozy se défend dans le Figaro sur l'affaire géorgienne: il avait conclu autre chose avec les Russes. Ces derniers pourront rester. En début de semaine, dix soldats français sont tués en embuscade en Afghanistan. Sarkozy rate son hommage aux défunts, en ramenant la couverture à lui, glosant sur " la solitude d’un chef de l’Etat face aux décisions qu’il doit assumer". L'INSEE confirme que les créations d'emplois salariés en France ont également baissé au deuxième trimestre 2008. C'est la première fois depuis 5 ans. Cette fois-ci, tous les indicateurs sont mauvais: production industrielle, inflation, créations d'emplois, croissance. Avec la loi de modernisation de l'économie qui vient tout juste d'être votée (le 23 juillet), le gouvernement n'a aujourd'hui aucun plan de relance à lancer, ni plus aucune marge de manoeuvre.
69ème semaine de Sarkofrance : le rebond avant le combat
A l'étranger, Sarkozy se range à la position américaine: la Russie vient de reconnaître l'indépendance de deux provinces géorgiennes. Le monarque se plaint. En France, il rebondit à gauche. L'annonce du lancement du RSA, puis son financement par une taxe de 1% sur les revenus financiers est un coup de maître. Comme frappé par une révélation divine, il a tenu jeudi 28 août un discours angélique : "les pauvres ont besoin d'aide"; "les riches doivent être solidaire"; "la France souffre de ses déficits." Sans rire ? Le monarque laisse à sa majorité réticente le soin de décider si cette nouvelle taxe sur 1,1% de certains revenus du capital sera ou non intégré dans le calcul du bouclier fiscal à 50%. La seule mesure sociale de Nicolas Sarkozy depuis 69 semaines consiste à encourager les RMistes à prendre des jobs de caissières ou de manutentionnaires à temps partiel.
70ème semaine de Sarkofrance... présidentielle ou ridicule ?
Sarkozy est à Damas. Il souhaite décrocher Bachar El Assad de son allié iranien, et replacer la France au cœur du processus de paix au Proche Orient. Mais ses pulsions le rattrapent. Énervé, nous dit-on, que l'un des leaders nationalistes corses, Jean-Guy Talamoni, ait pu fouler le jardin de son ami acteur Christian Clavier, Nicolas Sarkozy a fait limoger le coordinateur des forces de police en Corse. Énervé, nous dit-on, par un manifestant qui brandissait une pancarte "casse-toi pov' con", l'insulte prononcée par le Président lui-même à l'encontre d'un visiteur du Salon de l'Agriculture en février dernier, il a fait poursuivre le contestataire pour "offense au chef de l'Etat."
71ème semaine de Sarkofrance: un Président complexé ?
Nicolas Sarkozy s'est caché des sujets majeurs: Edvige, Tapie, pouvoir d'achat, le président n'était plus là. Il a préféré faire l'acteur à Moscou ou afficher sa foi personnelle devant le Pape. Il n'assume pas certaines polémiques nationales. Il a besoin de fusibles, qu'il s'agisse de Michèle Alliot-Marie (concernant le fichier Edvige qu'on lui demande de retravailler), ou Christine Lagarde (qui doit assumer la relaxe de Tapie dans l'affaire Adidas-Crédit Lyonnais et l'échec de la loi Tepa). Sarkozy sort aussi facilement de son costume présidentiel. Face au pape, il est paralysé par sa foi, et nous explique que la laïcité doit être positive. Face à Medvedev et Poutine, qu'il rencontrait avec une délégation européenne, il est submergé par un narcissisme presque infantile : "je mets au défi qui que ce soit d'obtenir mieux !"
72ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, impuissant donc agité
Les bourses s'effondrent, Lehman Brothers disparaît en un week-end avec ces 700 milliards de dollars d'actifs, et Sarkozy ne dit mot. Quand le premier assureur mondial manque de disparaître, sauvé par le gong d'une nationalisation sans précédent par l'Etat fédéral américain, il ne dit rien. Quand les Bourses américaine, asiatiques et européennes continuent de chuter, il ne dit toujours rien. Une longue semaine s'est déjà écoulée sans réaction présidentielle. On parlait déjà récession depuis des semaines. Le crash boursier a porté le coup de grâce. Le Ministère de l'Emploi a confirmé hier que le pouvoir d'achat des salariés a bien baissé au second trimestre.
73ème semaine de Sarkofrance: Sarko se chiraquise
Nicolas Sarkozy a grillé ses cartouches dans les premiers mois de son mandat. Toutes les menaces extérieures étaient prévisibles. La croissance du PIB a ralenti dès le dernier trimestre de 2007; l'inflation a dérapé mois après mois; le pouvoir d'achat s'est tassé début 2008; les créations d'emploi salarié ont fortement ralenti depuis des mois. Jeudi 25 septembre, le président avait rassemblé un oratoire de 4000 fidèles au Zénith de Toulon. Procureur des dérives du système boursier "qui a trahi les valeurs du capitalisme économique de marché", il s'est auto-proclamé Sauveur du Capitalisme. Il a surtout promis la garantie de l'État à l'épargne des particuliers.
74ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy n'est pas Roosevelt
Le gouvernement français a dû sauver Dexia, en injectant 3 milliards d'euros dans la banque aux côtés des Belges. La crise financière devient européenne. L'Irlande garantit, sans prévenir et sans plafond, l'intégralité des dépôts dans ses banques... En France, Sarkozy a autoritairement décidé de "nationaliser" la construction de 30 000 logements qui peine à démarrer faute d'acquéreurs. Jeudi, il a fait savoir que 22 milliards d'euros collectés par les livrets A seraient dédiés au soutien des PME. Puis il promet une revalorisation de la prime de Noël pour les Rmistes. C'est tout ? Aucune relance à l'horizon. Les pays européens sont déboussolés.
75ème semaine de Sarkofrance: la semaine noire
Le 6 octobre, ce "lundi noir", un Président protégé par des CRS parlait à des futurs chômeurs dans une usine automobile menacée. Tout un symbole. L'effondrement des marchés financiers a d'abord été une formidable excuse pour l'équipe au pouvoir: si le chômage a repris sa hausse, "c'est la faute à la Bourse". Mais cette semaine, la France comme ses voisins européens a connu le gouffre du krach boursier. Et certains compteurs idéologiques ont dû inévitablement se remettre à zéro. On découvre que des traders acharnés au boulot et des prêteurs sans scrupules ont coulé le système qui les a nourri. Il faut maintenant socialiser leurs pertes, engloutir des milliards d'euros de nos (futurs) impôts pour réparer les bévues bancaires. Les libéraux d'hier sont les premiers à crier au secours de l'Etat aujourd'hui. Pire, la question sociale n'est toujours pas à l'ordre du jour.
76ème semaine de Sarkofrance: qui va siffler la fin de Sarkozy ?
Les Bourses mondiales jouent encore au yoyo avec nos nerfs. Nicolas Sarkozy, président semestriel du Conseil Européen, est parvenu à mettre d'accord ses voisins de la zone euro, puis l'Union Européenne dans son ensemble de dépenser 1 700 milliards d'euros pour sauver le système bancaire d'une crise de confiance. Sarkozy peut surtout remercier le premier ministre britannique Gordon Brown. Ce dernier a convaincu ses homologues de solution à mettre en œuvre : débloquer le crédit interbancaire. En France, certains ont fait beaucoup de vacarme sur une anecdote sportive, celle d'un hymne national sifflé pendant un match amical mardi soir. Une distraction de plus pour éviter de siffler les véritables mauvais joueurs.
77ème semaine de Sarkofrance : 7 jours d'illusion
Le gouvernement prête 10,5 milliards d'euros par l'État français aux 6 principales banques du pays, sans réelles contre-parties de gouvernance. L'examen du projet de budget 2009 révèle que les crédits dévolus au logement social diminuent de 300 millions d'euros. Nouveau discours "national" du président, mais toujours pas de mesures sociales ni de relance. Il a prévu d'investir la somme pharamineuse de ... 175 milliards d'euros, et évacuer d'un revers de main la question de la croissance («0,5% ou 1%, qu'est-ce que ça change pour votre vie quotidienne ?»): création d'un «fond public d'intervention» pour les «entreprises stratégiques» en difficulté, exonération de taxe professionnelle jusqu'en janvier 2010, création d'un poste de médiateur du crédit, remboursement accéléré du crédit impôt recherche. On attend la relance. La vraie.
78ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, la connivence de classe au grand jour
Lundi, un juge, visiblement sans enjeu de carrière, a débouté le Président de sa plainte contre la poupée vaudou à son effigie. Mardi à Réthel, Nicolas Sarkozy a justifié son sauvetage des banques. L'assistance était docile, les manifestants tenus à l'écart: "L'argent des banques, c'est le vôtre !"
En fait, il n'a pas injecté 380 milliards d'euros dans le système financier français. Il a juste promis une garantie gigantesque. Coté social, Sarkozy a même annoncé vouloir simplifier les conditions de CDD et étendre l'application des contrats de transition professionnelle. La crise aidant, la droite redécouvre les vertus des emplois aidés et du traitement social du chômage. Les mesures de droite ne seraient-elles donc valables qu'en période de croissance des richesses ?
79ème semaine de Sarkofrance: rêve américain contre cauchemar français
Hortefeux a convié ses homologues européens ... à Vichy pour parler immigration. Nos regards étaient ailleurs. En Amérique, Barack Obama a été finalement été élu 44ème président des Etats-Unis. Le contraste avec la France, président compris, est saisissant. En France, Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse que de chercher des boucs-émissaires aux difficultés du pays, des chômeurs qui ne trouvent pas assez vite un boulot, les seniors en pré-retraite, les traders, les malades qui coûtent trop cher, les criminels et la petite "racaille." Cliver la société française en permanence est la quintessence du Sarkozysme politique. Obama lui n’a promis aucune “rupture“. Il a promis un rassemblement, un dépassement. Il a tenu un discours adulte à un électorat qui ne l’est pas toujours.
80ème semaine de Sarkofrance: agitation "technique" d'un président
Le 11 novembre, Nicolas Sarkozy a félicité les mutins de la Grande Guerre, maintenant que tous les poilus sont morts. Le 12 novembre, Sarkozy s'est félicité de la célérité de sa Direction du renseignement intérieur qui a arrêté de dangereux anarchistes qui menaçaient de faire sauter nos rails. Mercredi, Sarkozy. Le 13 novembre, il a agacé Georges W. Bush (qui s'en plaindra ?) mais aussi amusé la galerie américaine. Le 14 novembre, il voulait réconcilier l'Union Européenne avec la ... Russie en oubliant la Géorgie. Le 15 novembre, il tient "son" G20, sans Obama, avec un Bush réticent. Il lui faut une apparition médiatique par jour. C'est la technique du chef !
81ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy vainqueur par abstention
Le Congrès de Reims du Parti Socialiste est l'occasion de relever que le monarque a beau être agité, inefficace, maladroit, nerveux, paranoïaque, inculte voire incompétent, il n'a pas de concurrent sérieux dans l'opposition. La crise mondiale aidant, Sarkozy a gagné un sursis. Eric Woerth peut annoncer un déficit qui dérape à 51 milliards. On attend toujours un plan de relance. Les appels à la grève sont nombreux et touchent coup sur coup les secteurs du transport aérien puis ferroviaire, l'éducation nationale puis les urgentistes la semaine prochaine.
82ème semaine de Sarkofrance : et Sarkozy abandonna le Travail
Nicolas Sarkozy a abandonné la promesse centrale de sa campagne électorale de 2007 : la priorité au travail. Face à la crise, le monarque n'aidera que les employeurs et le capital. Exit le travail et les travailleurs ! Jeudi 26 novembre, il a dévoilé son plan: 26 milliards d'euros dont 15,5 milliards de dépenses supplémentaires en 2009. On trouve de tout, mais très peu pour les plus fragiles : remboursement par l'Etat de ses créances sur les entreprises; exonération de charges patronales pour les embauches; prime de 200 euros aux bénéficiaires potentiels du RSA versées à la fin mars 2009; extension du prêt à taux zéro; Sarkozette automobile ; baisses de TVA ciblées ; et surtout une accélération d'investissements publics comme la rénovation de prisons, d'hôpitaux et de tribunaux...
Depuis des semaines donc, le Monarque répète jusqu'à l'écœurement la même rengaine: "on est passé à deux doigts de la catastrophe du siècle." Pour le 6ème mois consécutif, le chômage s'aggrave. Nicolas Sarkozy veut vous/nous faire croire que la "Grande Crise de Septembre" en est l'unique responsable. On se demande pourquoi personne ne constate que la défiscalisation des heures supplémentaires a détruit l'emploi intérimaire un trimestre à peine après sa mise en œuvre.
83ème semaine de Sarkofrance: "Yes, we're fucked."
Nicolas Sarkozy a annoncé, ou fait annoncer, une réforme par jour. Un programme que se résume simplement : alimenter la psychose sécuritaire pour faire oublier la précarité. Lundi, le député-lobbyiste Frédéric Lefebvre a d'abord ressorti une vieille rengaine : il faudrait détecter les comportements violents chez l'enfant ... dès la garderie. Mardi, devant des médecins et infirmiers médusés, Sarkozy a expliqué comment il comptait "sécuriser" les hôpitaux psychiatriques Mercredi, Rachida Dati recevait les recommandations d'une commission "d'experts" sur la justice des mineurs: sursis réduits, abaissement à 12 ans de l'âge de la responsabilité pénale, autorisation du cumul des peines. Coté social, le chômage "officiel" augmente de 40 000 demandeurs par mois. Et le RSA n'entrera en vigueur... qu'en juillet 2009 ! Mercredi, Nicolas Sarkozy a octroyé 160 millions d'euros pour les sans-abris. On apprend aussi que le déficit budgétaire dérapera de 15 milliards de plus dès l'an prochain, à 70 milliards d'euros.
84ème semaine de Sarkofrance: le petit Nicolas était contrarié
Notre président a commencé cette semaine boudeur, agacé, voire énervé. Il avait pourtant (enfin) rencontré le Dalaï-Lama le week-end dernier : mais l'ennemi est à l'intérieur. Les gaffes gouvernementales perdurent. Xavier Darcos s'est aliéné la quasi-totalité du corps enseignant. Rachida Dati s'est fait redressée par Fillon sur l'abaissement à 12 ans de la minorité pénale. Rama Yade refuse de participer aux élections européennes pour l'UMP. La fronde parlementaire énerve: un député a déposé un amendement de défiscalisation partielle des pertes en bourse, et c'est la bronca même à droite ! Et le harcèlement législatif de la gauche plombe les débats. La loi sur le travail du dimanche doit être repoussée... Heureusement, le soulagement est venu vendredi, avec un accord européen bancal sur la réforme des institutions, le plan climat-énergie et la relance économique. On oublierait presque que 3 922 400 chômeurs étaient inscrits à l'ANPE à la fin du mois d'octobre.
85ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy recule devant la menace
Lundi, on rassure le secteur automobile; mardi, on fait son bilan européen et le zélé Darcos lance sa réforme des classes de seconde ; mercredi, on avait planifié une belle distraction pour calmer les banlieues "plan diversité"; jeudi, on vote le travail le dimanche; et vendredi, on adopte le plan de relance. Mais la machine s'est grippée. Des émeutes en Grèce, un ministre désavoué, une "pression de la rue", et voici une réforme reportée d'un an, quelques heures avant sa présentation officielle. Pour la première fois depuis mai 2007, Nicolas Sarkozy a reculé devant la menace. Vendredi, l'INSEE a confirmé que la France est en récession.
86ème semaine de Sarkofrance: l'abécédaire des promesses non tenues par Sarkozy
La fin de l'année approche. Les sujets n'ont pas manqué pour justifier le volontarisme du Monarque. Mais le divorce avec les Français semble consommé : au-delà de ses agapes amoureuses et dérapages "Bling Bling", Nicolas Sarkozy paye d'avoir trahi certaines promesses: allocations familiales en baisse, banlieues abandonnées, chômage qui explose, croissance oubliée, déficits publics, droits de l'homme ridiculisés, environnement négligé, franchises médicales, gouvernement plétorique, police de quartier, pouvoir d'achat en berne, retraites en faillite, sans-abris qui meurent de froid, seniors sacrifiés, "travailler plus pour gagner plus". L'abécédaire est cruel.
87ème semaine de Sarkofrance : les paris risqués de Sarkozy
Nicolas Sarkozy ne change pas. Ses vœux du 31 décembre supposés généreux, furent pollués de quelques 23 "je" : "J’ai promis", "Les initiatives que j’ai prises", "je vous ai toujours dit la vérité et j’ai agi", "Je suis plus décidé que jamais", "j’ai voulu", etc. Il veut réorganiser l'UMP et débute 2009 avec une relance jugée incertaine, des comptes plombés par son obstination sur ses nombreuses défiscalisations. Le slogan anachronique du "Travailler plus pour gagner plus" a un prix que nous payons aujourd'hui : la destruction de l'emploi intérimaire et des CDD, rendus inutiles par la loi TEPA. Voici 64 000 chômeurs de plus en novembre, alors que la récession ne fait que démarrer...
88ème semaine de Sarkofrance : le retour du vacarme sarkozyen
Sarkozy s'échappe au Proche Orient, où il va stigmatiser le Hamas au moment même où les chars israéliens entraient dans la bande de Gaza, En France, il désigne Xavier Bertrand à la tête de l'UMP, et promeut le félon Eric Besson à l'Identité Nationale, en remplacement de Brice Hortefeux qui accapare les Affaires Sociales. Il lâche aussi une annonce qui fait du "bruit", la suppression du juge d'instruction. Ses proches dérapent. Le ministre du Budget Woerth garantit que les dépenses sont parfaitement maîtrisées ... à 80 milliards d'euros près. La ministre Lagarde se réjouit de l'arrivée du froid pour stimuler les soldes de pulls et de manteaux. On a aussi appris que les postes ouverts au recrutement d'instituteurs/trices en 2009 seront réduit de 3 000 par rapport à 2008. Woerth avait certes expliqué qu' "il y a une fonction publique qui est trop nombreuse"...
89ème semaine de Sarkofrance : janvier, c'est le temps des cadeaux et des bilans
Nicolas Sarkozy a présenté ses vœux d'omni-président un peu partout en France. De Paris à Saint-Lô, de Nîmes à Orléans ou Vesoul, l'ancien "député fainéant" s'est démultiplié sur les écrans des chaînes d'information pour distribuer cadeaux et remontrances. Lundi, il s'en est pris au personnel enseignant, dont les syndicats avaient boudé sa cérémonie de vœux à Saint-Lô. Il les a traité d'immobiles, et a rappeler quelques statistiques approximatives. Jeudi, il a tancé banquiers, patrons et syndicalistes de Sud-Rail. Les banquiers ont intérêt à limiter leurs bonus et dividendes, a prévenu le président. Le plan de relance, à défaut de "relancer" l'économie, sert à quelque chose: distribuer des cadeaux inattendus, et le faire savoir aux clientèles concernées. Voici donc 100 millions d'euros (et un conseil contesté) pour le patrimoine culturel, 100 millions d’euros pour la police et la gendarmerie; et 80 millions pour la rénovation des prisons.
90ème semaine de Sarkofrance : notre président déboussolé face à Obama
L'intronisation de Barack Obama mardi 20 janvier a éclipsé l'actualité présidentielle en France l'espace d'une journée. jaloux, Sarkozy a lâché: "On a hâte qu'il se mette au travail et qu'on change le monde avec lui." L'exemple américain est pourtant édifiant: gel des salaires de son équipe, plan de relance, suppression de Guantanamo. Obama n'a pas attendu son entrée en fonction pour commencer à travailler.
91ème semaine de Sarkofrance : la nouvelle imposture sociale de Sarkozy
Jeudi, plus de deux millions de personnes ont manifesté contre le cauchemar français. Le ras-le-bol social et politique est général. Le pouvoir en place a fait le dos rond, mais sans montrer une quelconque écoute. Nicolas Sarkozy est devenu le bouc-émissaire d'une France écœurée. On attendait l'abandon de réformes inutiles, contre-productives (la défiscalisation des heures supplémentaires) ou injustes (le bouclier fiscal à 50%), et un vrai plan de relance. Quand le Figaro dévoile la liste des fameux 1000 chantiers du plan, on tombe de sa chaise: Certains projets relèvent de la mise aux normes de sécurité de certains hôpitaux, des voies ferrées ou de certains équipements routiers, ou de la rénovation des tribuaux et des prisons!
92ème semaine de Sarkofrance : Sarko reste hors sujet
Jeudi, Nicolas Sarkozy s'est exprimé à la télévision. Il "écoute", mais il ne répond pas à la contestation. Devant des journalistes choisis, il ouvre des pistes, mais ne propose aucune décision, en préférant laisser "une place au dialogue" lors de sa prochaine réunion avec les partenaires sociaux le 18 février. Il enfume son assistance avec le soit-disant reversement des intérêts payés par les banques à l'Etat à la politique sociale, fâche les Anglais en critiquant Gordon Brown, et personne ne relève sa bourde sur la suppression de la taxe professionnelle (28 milliards d'euros par an, et non 8). Il soutient aussi Bernard Kouchner, mis en cause par une enquête de Pierre Péan.
93ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy doit solder ses frigidaires
Ségolène Royal a eu cette formule qui claque : "Nicolas Sarkozy vendrait des frigidaires aux esquimaux." Cette semaine, le chef de l'Etat préféra fuir à l'étranger et abandonner son gouvernement en rase campagne plutôt que d'affronter la grogne généralisée qui frappe la Sarkofrance. Il part au Proche Orient, histoire de prendre un peu de recul. Bachelot présente sa réforme de l'hopital. Besson promet de récompenser les dénonciations de passeurs. Christine Lagarde avoue que la récession serait d'au moins 1% en 2009. Yves Jego a dû se réfugier en France, abandonnant la négociation en Outre-Mer à deux médiateurs imposés.
94ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy a mis un genou à terre
Retranché dans son palais, son avion ou des salles de province surprotégées, Nicolas Sarkozy a mis un genou à terre. Ses ministres cèdent: Pécresse a annoncé «un nouveau texte dans les semaines qui viennent» sur le statut des enseignants-chercheurs. Brice Hortefeux a garanti au Planning Familial le maintien de ses crédits jusqu'en 2011. Le 18 février, Sarkozy lui-même a lâché 2,6 milliards d'euros de mesures sociales, une "micro-relance" : suppression des deux tiers restants de l'impôt sur le revenu restant à acquitter pour 4 millions de foyers, crédit d'impôt pour 2 millions d'autres, 300 millions d'euros de bons d'achats de services à domicile . Le lendemain, il promet des Etats Généraux de l'Outre Mer, pour calmer deux mois de grève générale en Guadeloupe puis en Martinique.
95ème semaine de Sarkofrance: qui va désactiver le président "pop up" ?
Comme ces petites "fenêtres surgissantes" du Web appelées pop-up, le chef de l'Etat s'agite pour divertir. Cette fois-ci, il laisse fuiter dans la presse son projet de réforme de l'organisation territoriale du pays. Les oppositions de tous bords se mobilisent, des sites fleurissent, des pétitions circulent. Jean-Louis Borloo lance un "Grenelle de la Mer". Sarkozy visite le Salon de l'Agriculture au pas de charge, et entouré de quelques milliers de policiers et gardes du corps. Puis il déjeune avec 11 enseignants triés sur le volet. La nomination de François Pérol, son conseiller économique, à la tête des banques populaires et des Caisses d'Epargne, fait débat: l'Elysée a menti. La Commission de déontologie n'a pas été consultée.
96ème semaine de Sarkofrance : la "positive attitude" de Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy s'est agacé du pessimisme ambiant. Il a demandé à ses ministres de "p-o-s-i-t-i-v-e-r". Il veut taire les voix discordantes au sein de son équipe gouvernementale, et que chacun multiplie sourires et bonnes nouvelles. Exercice difficile. Lundi, on est frappé par l'ampleur du déficit annoncé par Fillon: 104 milliards d'euros en 2009, c'est-à-dire une réévaluation à la hausse de plus de 50 milliards d'euros. Pourtant, où est la relance ?
97ème semaine de Sarkofrance : la droite recomplexée
Où est passée cette droite qui nous assénait qu'il fallait travailler plus, s'enrichir plus, expulser plus, punir plus ? Elle a disparu. Sarkozy le premier n'assume plus son "bling bling". En déplacement officiel au Mexique, il s'est fait invité trois jours avec Carla dans une villa de luxe, trois jours qui ont coûté une quarantaine de smic mensuels. En France, Eric Besson est empêtré dans ses discours contredit par les faits en matière d'aide aux sans-papiers : décourager les témoins et les "aidants", traquer les clandestins, la politique d'immigration reste inchangée. Coté emploi, la crise s'aggrave. Mardi, l'UNEDIC a aggravé ses prévisions en réévaluant à 454 000 le nombre de demandeurs d'emplois (de catégorie 1) supplémentaires cette année.
98ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, le bouclier des riches
Chassant provisoirement la polémique sur l'insuffisance manifeste du plan de relance français, le sujet fiscal est enfin venu au centre des débats. Quelques députés UMP ont cru bon de critiquer le bouclier fiscal. L'an dernier, 834 d'entre eux se sont partagé 307 millions d'euros, les deux tiers du coût du bouclier. Second débat, le gouvernement s'entête sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Des économistes critiquent cette mesure qui permet aux entreprises de faire travailler davantage les salariés survivant aux multiples réductions de personnel. Pour divertir l'attention, Sarkozy a sorti sa parade habituelle : la rengaine sécuritaire. Il annonce son projet d'interdire les "bandes". Les Français ne sont pas dupes. Le 19 mars, la contestation s'était déplacée dans les rues et les grèves. Trois millions de personnes.
99ème semaine de Sarkofrance: "le mauvais gars, au mauvais endroit"
De mémoire de générations, la crise actuelle est "hors normes". On s'attend à 1 million de chômeurs supplémentaires cette année. Séquestrations de dirigeants, manifestations, chahut social, les tensions sont extrêmes. Les schémas du passé sont disqualifiés. Mais Sarkozy tient bon sur ses vieux slogans: moraliser le capitalisme et soutenir l'investissement. Bizarrement, le chantre de la rupture est incapable de penser au modèle de la France d'après. Le débat sur les inégalités n'aura pas lieu. PDG de l'entreprise France, Sarkozy n'est d'ailleurs pas le meilleur des modèles : salaire augmenté, nouvel avion, vacances à répétition, virées nocturnes.
100ème semaine de Sarkofrance : Sarko le caïd
Nicolas Sarkozy affiche son volontarisme à l'étranger. Au G20 à Londres, puis au sommet de l'OTAN à Strasbourg, il retrouvait enfin un rôle à sa mesure. Pourquoi faut-il qu'il caricature le débat, et exagère ses colères ? Sans doute pour cacher son désarroi. On veut nous faire croire que le G20 a mis un terme à l'évasion fiscale et a trouvé une réponse commune à la crise économique : c'est simplement faux. Il n'y a aucun plan coordonné, aucune mesure de rétorsion concertée contre la fraude fiscale, et la liste des paradis fiscaux est ridiculement étroite. En France, la justice refusait de poursuivre les dirigeants africains suspectés de détournements de fonds... Sarkozy, moralisateur de pacotille ?
101ème semaine de Sarkofrance : Président fatigué cherche repos
Le monarque s'est réfugié dans la résidence de sa belle, au Cap Nègre. Il ne revient que 36 heures, en milieu de semaine. Il a laissé ses portes-flingues s'étrangler de rage contre Ségolène Royal. A Dakar, l'ex-candidate socialiste est allée demander pardon pour le discours colonialiste raté de Nicolas Sarkozy de juillet 2007. La Sarkofrance perd-elle pied ? Contre l'avis du gouvernement, le parlement a durci le "petit décret" contre les bonus des patrons des secteurs bancaires et automobile, en élargissant ces restrictions à tous les sous-traitants de l'automobile et aux entreprises aidées par le Fonds stratégique d'investissement. Coté immigration, Eric Besson s'enferme dans ses mensonges sur le délit de solidarité. A l'Assemblée, le projet Hadopi de lutte contre le téléchargement illégal échoue pour cause d'absentéisme...
102ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy pédale mais n'avance plus
Encore une semaine de semi-congé pour le président. C'est Pâques. Il enguirlande ses ministres qui s'épanchent d'ambitions personnelles dans les médias. Et provoque une belle polémique à l'étranger en prononçant des propos peu amènes contre Zapatero, Obama et Merkel. Alliot-Marie nous vend un décret anti-cagoule, et Bachelot prépare de nouvelles sanctions "planchers" contre les fraudeurs à la Sécu. En Sarkofrance, quand on n'a pas d'idée, on se moque et on réprime.
103ème semaine de Sarkofrance: Sarcoïdose
Quelques jours avant de célébrer son deuxième anniversaire à l'Elysée, Sarkozy part à Nice, expliquer qu'il va faire la guerre aux "bandes" et aux "cagoules". Qui rappelera son échec contre la délinquance violente, en constante augmentation depuis 2002 ? Son fidèle Eric Besson s'en va à Calais. Trois jours avant, il annonce la réforme des naturalisations (il parait qu'il veut les accélérer...), puis cautionne une rafle de 200 sans-papier dans la "jungle" de Calais 48 heures avant sa visite (tous, sauf 9, sont relachés le lendemain). Vendredi, Sarkozy "lâche" 1,3 milliards d'euros pour sauver 500 000 jeunes du chômage cette année en subventionner leurs embauches. Ces mesures ne corrigent pas leur précarité. Trimer pour bosser reste le meilleur moyen pour discipliner leur ardeur avant d'entrer dans la vie active.
104ème semaine de Sarkofrance: une France glamour, vulgaire et sourde
Nicolas et Carla s'en vont en Espagne deux jours, entourés de journalistes "people" choisis par l'Elysée. Un bel exercice de glamour pour cacher la vulgarité croissante en Sarkofrance, les calomnies et les insultes. En près de 2 ans de présidence, Nicolas Sarkozy a popularisé la vulgarité aux sommets de l'Etat: ses proches usent de violence verbales inouïes; le président ne peut s'empêcher de se moquer, quand lui-même ne supporte pas la dérision à son encontre; ses ministres stigmatisent et caricaturent l'opposition. Eric Besson, lui, dévoile son jeu le gouvernement entend bien poursuivre, décourager et condamner les bénévoles d'organismes humanitaires.
Ami Sarkozyste, où es-tu ?
Voici la chronique d'une année "boomerang" où l'on voit Sarkozy tel qu'il est : anachronique, sans vision, agité et grossier.
53ème semaine de Sarkofrance : raisonnable... pour qui ?
Sarkozy entame sa seconde année à l'Elysée en faisant détailler son projet d'"offre raisonnable d'emploi" qu'un chômeur devra accepter à l'avenir sous peine, après deux refus, d'être radié pendant 2 mois. Aggraver les déficits publics par le paquet fiscal est également raisonnable en Sarkofrance, tout comme réduire la couverture maladie : la ministre de la Santé explique que les frais d'optique devraient être à terme pris en charge par les mutuelles et l'assurance privée. Précariser les seniors est tout aussi raisonnable, puisque leur pension n'augmenterait que de 1,9% et que les pré-retraités de 57 à 60 ans devraient pointer prochainement au chômage. Les plus riches seront raisonnables : En 9 mois, le nouveau bouclier fiscal à 50% a servi à rembourser 129 millions d'euros à 3500 foyers...
54ème semaine de Sarkofrance : services minima
Sarkozy se réjouit du taux de chômage, mais surtout d'une croissance française estimée à 2,2% pour 2008: "Je dis simplement à Bruxelles: regardez vos chiffres. Parce que si l'INSEE a revu ses chiffres (de la croissance pour 2008) à la hausse, peut-être que Bruxelles peut aussi s'interroger sur ses chiffres". Confondant garde d'enfant et éducation, il menace les enseignants d'un service minimum à l'Education. Les députés UMP boudent et laissent la gauche rejeter le texte de loi sur les OGM mardi 13 mai.
55ème semaine de Sarkofrance : «Gouverner c'est faire croire»
A quelques mois du procès de l'Angola-gate en France, il s'est déplacé, en personne et en l'espace d'une journée, pour consoler le président angolais. En France, Sarkozy corrige le tir. L'Elysée se fâche contre les députés UMP récalcitrants: la loi sur les OGM fut votée. Tout comme, le 15 mai, celle sur la protection des journalistes et des juges. Elle garantit.. que le secret des sources pourra être levé en cas "à titre exceptionnel et lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie". Sarkozy communique enfin sur ses succès : 60% des entreprises utiliseraient des heures supplémentaires défiscalisées.
56ème semaine de Sarkofrance : "S'agiter plus pour agir moins"
On le croyait plus calme, enfin "présidentiel". Fausse alerte ! "L'agité est de retour." Il se lève tôt, exhibe son épouse, lance des idées à la pelle. Cette 56ème semaine de Sarkofrance fut un bel exercice de confusion : l'agitation cache l'inaction: un déplacement en province le lundi, une visite à Rungis le mardi, un saut en Pologne le mercredi, un dîner avec Poutine le jeudi, un voyage en Autriche le vendredi.
57ème semaine de Sarkofrance : "vous saviez ?"
A chaque "réforme" gouvernemental, on nous explique que Sarkozy applique son programme présidentiel, que les Français ont voté en connaissance de cause. Savions-nous vraiment pour le Bling Bling ? Carla Bruni se fait prendre en photo dans le Fauteuil Présidentiel devant un Nicolas Sarkozy souriant. Saviez-nous pour le déficit budgétaire ? On l'a annoncé à 45 milliards d'euros cette semaine. Saviez-nous pour Rachida Dati ? Ses volte-faces opportunistes agacent jusque dans son camp. Ses bourdes inquiètent Sarkozy. Elle s'est mise à dos l'institution judiciaire, la moitié de son cabinet l'a quitté, elle dérape à l'Assemblée.
58ème semaine de Sarkofrance: le président trompe-l'oeil
Nicolas Sarkozy annonce de nouvelles mesures d'économie du train de vie de l'Etat, sauf pour le sien. Après ses 500 000 euros de travaux de rénovation intérieure à l'Elysée et son augmentation de salaire, il s'est commandé un "AIR FRANCE ONE". Avec un an de retard, Rachida Dati a présenté sa réforme pénitentiaire. En vain, puisque son examen au parlement est repoussé à ... 2009. Coté Europe, le Traité Simplifié est refusé par un référendum iralandais. Et Kadhafi, le nouvel ami, refuse l'Union de la Méditerranée chère à Sarkozy.
59ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy est inefficace
Sarkozy jubilait de l'adoption au forceps du Traité "Simplifié" (250 pages) par les gouvernements de l'Union. Un an plus tard, la ratification nécessaire du document échoue sur une plage irlandaise. En économie, le gouvernement se trompe de croissance; depuis août 2007, les économistes préviennent que la croissance française ne sera pas supérieure à 2%: crise financière, faiblesse du pouvoir d'achat, choc pétrolier, inflation record, immobilier en berne, les obstacles sont nombreux. Rien n'y fait. L'équipe au pouvoir se bouche les oreilles. Elle maintient ses défiscalisations qui plombent les comptes sociaux. Le déficit de la Sécurité Sociale atteindrait 8,9 milliards d'euros en 2008. Mercredi, Sarkozy dévoile ses plans sur la Défense. Sur le moment, personne ne relève la création d'un grande direction du renseignement intérieur qui lui serait rattachée.
60ème semaine de Sarkofrance : Nicolas Sarkozy est-il Super-Dupont ?
Tel un super-héros, il a visité Israël et la Palestine. Un triomphe. On a cru un instant qu'il allait sceller la réconciliation. De retour à Paris, en quelques minutes et haussements d'épaules, Nicolas Sarkozy a annoncé à une commission quelque peu surprise qu'il était moins hypocrite qu'il choisisse désormais lui-même le président de la télévision publique. Le gouvernement a aussi lancé sa campagne de publicité vantant les mérites de ses mesures en faveur du pouvoir d'achat. Pourtant, le moral des ménages Français est toujours au plus bas, les heures supplémentaires n'ont pas augmenté et coûtent 160 millions d'euros par mois au budget de l'Etat. La dette publique de la France explose, à 1 250 milliards d'euros et la croissance est revue à la baisse.
61ème semaine de Sarkofrance: Ingrid, sais-tu où tu es ?
La libération heureuse d'Ingrid Bétancourt a éclipsé le début de la présidence française de l'Union Européenne. Ingrid sait-elle seulement où elle a atterri ? Elle ne connaît pas Christine (Lagarde), qui lui expliquera que pour gagner moins, il faut travailler plus. Ingrid ne connaît pas non plus Edvige. Depuis le 27 juin, les adolescents peuvent être fichés dès 13 ans. Ce fichier s'appelle Edvige, pour Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information GEnérale. Ingrid ne connaît pas Brice (Hortefeux), ce ministre d'Etat, qui gère les rafles, les expulsions et l'identité Nationale française. Depuis quelques semaines, il semble vouloir gagner là-bas (à Bruxelles) ce qu'il a perdu depuis longtemps ici : la crédibilité. Les Européens accepteront-ils de "partager la honte"?
62ème semaine de Sarkofrance : le précipice de Nicolas Sarkozy
On a senti François Fillon inquiet : "Je ne serai pas le premier ministre qui laisse aux générations futures la facture de nos imprévoyances et de nos lâchetés." La faillite de l'Etat semble une possibilité. Le projet de loi sur la modernisation de l'économie arrive (enfin ?) au Parlement. A la crise du pouvoir d'achat le gouvernement répond CDiscount et loi de la jungle ! Les prévisions de croissance sont mauvaises. Le chômage repart à la hausse. La production industrielle a baissé de 3% en mai. Côté immigration, la commission sur "le cadre constitutionnel de la nouvelle politique d'immigration" présidée par Pierre Mazeaud considère les quotas migratoires "irréalisables ou sans intérêt."
63ème semaine de Sarkofrance : chez Nicolas, "le menu est plus varié"
La garden party du 14 juillet fut réussie, à en croire les participants. Le Président a réussi un joli coup, avec ses 43 hôtes étrangers. «L'avantage, avec l'Union pour la Méditerranée, c'est que le menu est plus varié» déclarait un participant.... Mais les plats ont ils vraiment changé ? Quand il reçu les députés UMP mardi 15 juillet pour les souder autour de sa réforme constitutionnelle, Nicolas Sarkozy a martelé son propos: "J'ai raison". Sur la Syrie, la Chine et la Libye, il a "raison" de soutenir les dictateurs laïques contre la menace islamiste; ou la Chine pour faire pression sur le Soudan dans la crise du Darfour. Côté France, la loi sur le service minimum à l'Education Nationale a été adoptée en urgence. Urgence ? Il pense à transformer la Poste en société anonyme pour l'introduire en Bourse d'ici deux ans. Sarkozy a raison, c'est lui qui le dit.
64ème semaine de Sarkofrance : la petite semaine d'un petit président
Nicolas Sarkozy a gagné sa réforme institutionnelle, à une voix près (celle de Jack Lang), lundi 21 juillet.Le Président conserve son droit de vie ou de mort sur l'Assemblée Nationale. Le temps de la monocratie est arrivé. Bernard Tapie a gagné contre le Crédit Lyonnais, grâce à une intervention en sous-main du pouvoir. A l'occasion d'une nouvelle salve de réformes (anti)sociales, même les cadres se sont réveillés : ils ont découvert que chaque entreprise sera libre de négocier en interne, avec les représentants syndicaux, leur temps de travail.
65ème semaine de Sarkofrance: petites vacances ... pour qui ?
Nicolas et Carla sont partis en vacances au Cap Nègre, dans la résidence de la famille Bruni. En pleine présidence française de l'Union, Sarkozy s'absente 6 semaines... Dans Vanity Fair, l'épouse du chef de l'Etat se voit comme Jacky Kennedy et pose sur le bureau de son mari. Les ministres ont essayé d'occuper le terrain. Rachida Dati a tenté de faire oublier sa Web Tv narcissique de la semaine passée en dévoilant son plan pour les prisons (recours plus importants aux aménagements de peine et à la résidence surveillée, mais aucun moyen supplémentaire nouveau). Roselyne Bachelot et Eric Woerth ont dévoilé le plan d'économie de l'assurance maladie, déjà déficitaire de 4 milliards d'euros cette année.
66ème semaine de Sarkofrance : le fantôme chinois du monarque
La Chine inaugure les Jeux Olympiques. Nicolas Sarkozy a fait l'aller-retour depuis le Cap Nègre, avec son fils Louis. A la 17ème Conférence Mondiale sur le Sida qui se tient depuis le 5 août à Mexico, la France n'envoie qu'un ambassadeur. La France ressemble à une monarchie. Sarkozy a même son Fouché. Le "Monsieur renseignement de l'Elysée" a été nommé le 23 juillet dernier. Sarkozy aura aussi sa loi pour "les pauvres". Le Revenu de Solidarité Active joue déjà son rôle de pare-feu social du gouvernement. Il sera voté dès septembre. La loi LME est promulguée dès le 1er août, et avec elle la fin progressive de dispense de recherche d'emploi pour les seniors de plus de 55 ans et l'offre raisonnable d'emploi.
67ème semaine de Sarkofrance : incompétence diplomatique... seulement ?
Sarkozy annonce qu'il rencontrera le Daïla Lama en décembre prochain. Belle gaffe ! Il avait laissé planer le doute sur sa propre venue aux JO, puis y est allé, mais en promettant de rencontrer le Dalaï-Lama; nouvelle volte-face pour calmer la Chine (et signer un contrat nucléaire), il reporte ce rendez-vous et envoie sa femme. Vous suivez ? Dans le conflit armé opposant la Russie à son petit voisin la Géorgie, on a cru un temps que Nicolas Sarkozy avait bien joué. Mais la Russie ne respecte pas le cessez-le-feu que Sarkozy nous a vendu. Y-avait-il seulement accord ? Ces déboires étrangers occultent les difficultés intérieures: la France était en récession au cours du second trimestre 2008. Christine Lagarde promet un "rebond" de la conjoncture à la fin de l'année. Si elle savait...
68ème semaine de Sarkofrance : sang chaud à l'étranger, sang-froid à l'intérieur
Nicolas Sarkozy se défend dans le Figaro sur l'affaire géorgienne: il avait conclu autre chose avec les Russes. Ces derniers pourront rester. En début de semaine, dix soldats français sont tués en embuscade en Afghanistan. Sarkozy rate son hommage aux défunts, en ramenant la couverture à lui, glosant sur " la solitude d’un chef de l’Etat face aux décisions qu’il doit assumer". L'INSEE confirme que les créations d'emplois salariés en France ont également baissé au deuxième trimestre 2008. C'est la première fois depuis 5 ans. Cette fois-ci, tous les indicateurs sont mauvais: production industrielle, inflation, créations d'emplois, croissance. Avec la loi de modernisation de l'économie qui vient tout juste d'être votée (le 23 juillet), le gouvernement n'a aujourd'hui aucun plan de relance à lancer, ni plus aucune marge de manoeuvre.
69ème semaine de Sarkofrance : le rebond avant le combat
A l'étranger, Sarkozy se range à la position américaine: la Russie vient de reconnaître l'indépendance de deux provinces géorgiennes. Le monarque se plaint. En France, il rebondit à gauche. L'annonce du lancement du RSA, puis son financement par une taxe de 1% sur les revenus financiers est un coup de maître. Comme frappé par une révélation divine, il a tenu jeudi 28 août un discours angélique : "les pauvres ont besoin d'aide"; "les riches doivent être solidaire"; "la France souffre de ses déficits." Sans rire ? Le monarque laisse à sa majorité réticente le soin de décider si cette nouvelle taxe sur 1,1% de certains revenus du capital sera ou non intégré dans le calcul du bouclier fiscal à 50%. La seule mesure sociale de Nicolas Sarkozy depuis 69 semaines consiste à encourager les RMistes à prendre des jobs de caissières ou de manutentionnaires à temps partiel.
70ème semaine de Sarkofrance... présidentielle ou ridicule ?
Sarkozy est à Damas. Il souhaite décrocher Bachar El Assad de son allié iranien, et replacer la France au cœur du processus de paix au Proche Orient. Mais ses pulsions le rattrapent. Énervé, nous dit-on, que l'un des leaders nationalistes corses, Jean-Guy Talamoni, ait pu fouler le jardin de son ami acteur Christian Clavier, Nicolas Sarkozy a fait limoger le coordinateur des forces de police en Corse. Énervé, nous dit-on, par un manifestant qui brandissait une pancarte "casse-toi pov' con", l'insulte prononcée par le Président lui-même à l'encontre d'un visiteur du Salon de l'Agriculture en février dernier, il a fait poursuivre le contestataire pour "offense au chef de l'Etat."
71ème semaine de Sarkofrance: un Président complexé ?
Nicolas Sarkozy s'est caché des sujets majeurs: Edvige, Tapie, pouvoir d'achat, le président n'était plus là. Il a préféré faire l'acteur à Moscou ou afficher sa foi personnelle devant le Pape. Il n'assume pas certaines polémiques nationales. Il a besoin de fusibles, qu'il s'agisse de Michèle Alliot-Marie (concernant le fichier Edvige qu'on lui demande de retravailler), ou Christine Lagarde (qui doit assumer la relaxe de Tapie dans l'affaire Adidas-Crédit Lyonnais et l'échec de la loi Tepa). Sarkozy sort aussi facilement de son costume présidentiel. Face au pape, il est paralysé par sa foi, et nous explique que la laïcité doit être positive. Face à Medvedev et Poutine, qu'il rencontrait avec une délégation européenne, il est submergé par un narcissisme presque infantile : "je mets au défi qui que ce soit d'obtenir mieux !"
72ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, impuissant donc agité
Les bourses s'effondrent, Lehman Brothers disparaît en un week-end avec ces 700 milliards de dollars d'actifs, et Sarkozy ne dit mot. Quand le premier assureur mondial manque de disparaître, sauvé par le gong d'une nationalisation sans précédent par l'Etat fédéral américain, il ne dit rien. Quand les Bourses américaine, asiatiques et européennes continuent de chuter, il ne dit toujours rien. Une longue semaine s'est déjà écoulée sans réaction présidentielle. On parlait déjà récession depuis des semaines. Le crash boursier a porté le coup de grâce. Le Ministère de l'Emploi a confirmé hier que le pouvoir d'achat des salariés a bien baissé au second trimestre.
73ème semaine de Sarkofrance: Sarko se chiraquise
Nicolas Sarkozy a grillé ses cartouches dans les premiers mois de son mandat. Toutes les menaces extérieures étaient prévisibles. La croissance du PIB a ralenti dès le dernier trimestre de 2007; l'inflation a dérapé mois après mois; le pouvoir d'achat s'est tassé début 2008; les créations d'emploi salarié ont fortement ralenti depuis des mois. Jeudi 25 septembre, le président avait rassemblé un oratoire de 4000 fidèles au Zénith de Toulon. Procureur des dérives du système boursier "qui a trahi les valeurs du capitalisme économique de marché", il s'est auto-proclamé Sauveur du Capitalisme. Il a surtout promis la garantie de l'État à l'épargne des particuliers.
74ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy n'est pas Roosevelt
Le gouvernement français a dû sauver Dexia, en injectant 3 milliards d'euros dans la banque aux côtés des Belges. La crise financière devient européenne. L'Irlande garantit, sans prévenir et sans plafond, l'intégralité des dépôts dans ses banques... En France, Sarkozy a autoritairement décidé de "nationaliser" la construction de 30 000 logements qui peine à démarrer faute d'acquéreurs. Jeudi, il a fait savoir que 22 milliards d'euros collectés par les livrets A seraient dédiés au soutien des PME. Puis il promet une revalorisation de la prime de Noël pour les Rmistes. C'est tout ? Aucune relance à l'horizon. Les pays européens sont déboussolés.
75ème semaine de Sarkofrance: la semaine noire
Le 6 octobre, ce "lundi noir", un Président protégé par des CRS parlait à des futurs chômeurs dans une usine automobile menacée. Tout un symbole. L'effondrement des marchés financiers a d'abord été une formidable excuse pour l'équipe au pouvoir: si le chômage a repris sa hausse, "c'est la faute à la Bourse". Mais cette semaine, la France comme ses voisins européens a connu le gouffre du krach boursier. Et certains compteurs idéologiques ont dû inévitablement se remettre à zéro. On découvre que des traders acharnés au boulot et des prêteurs sans scrupules ont coulé le système qui les a nourri. Il faut maintenant socialiser leurs pertes, engloutir des milliards d'euros de nos (futurs) impôts pour réparer les bévues bancaires. Les libéraux d'hier sont les premiers à crier au secours de l'Etat aujourd'hui. Pire, la question sociale n'est toujours pas à l'ordre du jour.
76ème semaine de Sarkofrance: qui va siffler la fin de Sarkozy ?
Les Bourses mondiales jouent encore au yoyo avec nos nerfs. Nicolas Sarkozy, président semestriel du Conseil Européen, est parvenu à mettre d'accord ses voisins de la zone euro, puis l'Union Européenne dans son ensemble de dépenser 1 700 milliards d'euros pour sauver le système bancaire d'une crise de confiance. Sarkozy peut surtout remercier le premier ministre britannique Gordon Brown. Ce dernier a convaincu ses homologues de solution à mettre en œuvre : débloquer le crédit interbancaire. En France, certains ont fait beaucoup de vacarme sur une anecdote sportive, celle d'un hymne national sifflé pendant un match amical mardi soir. Une distraction de plus pour éviter de siffler les véritables mauvais joueurs.
77ème semaine de Sarkofrance : 7 jours d'illusion
Le gouvernement prête 10,5 milliards d'euros par l'État français aux 6 principales banques du pays, sans réelles contre-parties de gouvernance. L'examen du projet de budget 2009 révèle que les crédits dévolus au logement social diminuent de 300 millions d'euros. Nouveau discours "national" du président, mais toujours pas de mesures sociales ni de relance. Il a prévu d'investir la somme pharamineuse de ... 175 milliards d'euros, et évacuer d'un revers de main la question de la croissance («0,5% ou 1%, qu'est-ce que ça change pour votre vie quotidienne ?»): création d'un «fond public d'intervention» pour les «entreprises stratégiques» en difficulté, exonération de taxe professionnelle jusqu'en janvier 2010, création d'un poste de médiateur du crédit, remboursement accéléré du crédit impôt recherche. On attend la relance. La vraie.
78ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, la connivence de classe au grand jour
Lundi, un juge, visiblement sans enjeu de carrière, a débouté le Président de sa plainte contre la poupée vaudou à son effigie. Mardi à Réthel, Nicolas Sarkozy a justifié son sauvetage des banques. L'assistance était docile, les manifestants tenus à l'écart: "L'argent des banques, c'est le vôtre !"
En fait, il n'a pas injecté 380 milliards d'euros dans le système financier français. Il a juste promis une garantie gigantesque. Coté social, Sarkozy a même annoncé vouloir simplifier les conditions de CDD et étendre l'application des contrats de transition professionnelle. La crise aidant, la droite redécouvre les vertus des emplois aidés et du traitement social du chômage. Les mesures de droite ne seraient-elles donc valables qu'en période de croissance des richesses ?
79ème semaine de Sarkofrance: rêve américain contre cauchemar français
Hortefeux a convié ses homologues européens ... à Vichy pour parler immigration. Nos regards étaient ailleurs. En Amérique, Barack Obama a été finalement été élu 44ème président des Etats-Unis. Le contraste avec la France, président compris, est saisissant. En France, Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse que de chercher des boucs-émissaires aux difficultés du pays, des chômeurs qui ne trouvent pas assez vite un boulot, les seniors en pré-retraite, les traders, les malades qui coûtent trop cher, les criminels et la petite "racaille." Cliver la société française en permanence est la quintessence du Sarkozysme politique. Obama lui n’a promis aucune “rupture“. Il a promis un rassemblement, un dépassement. Il a tenu un discours adulte à un électorat qui ne l’est pas toujours.
80ème semaine de Sarkofrance: agitation "technique" d'un président
Le 11 novembre, Nicolas Sarkozy a félicité les mutins de la Grande Guerre, maintenant que tous les poilus sont morts. Le 12 novembre, Sarkozy s'est félicité de la célérité de sa Direction du renseignement intérieur qui a arrêté de dangereux anarchistes qui menaçaient de faire sauter nos rails. Mercredi, Sarkozy. Le 13 novembre, il a agacé Georges W. Bush (qui s'en plaindra ?) mais aussi amusé la galerie américaine. Le 14 novembre, il voulait réconcilier l'Union Européenne avec la ... Russie en oubliant la Géorgie. Le 15 novembre, il tient "son" G20, sans Obama, avec un Bush réticent. Il lui faut une apparition médiatique par jour. C'est la technique du chef !
81ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy vainqueur par abstention
Le Congrès de Reims du Parti Socialiste est l'occasion de relever que le monarque a beau être agité, inefficace, maladroit, nerveux, paranoïaque, inculte voire incompétent, il n'a pas de concurrent sérieux dans l'opposition. La crise mondiale aidant, Sarkozy a gagné un sursis. Eric Woerth peut annoncer un déficit qui dérape à 51 milliards. On attend toujours un plan de relance. Les appels à la grève sont nombreux et touchent coup sur coup les secteurs du transport aérien puis ferroviaire, l'éducation nationale puis les urgentistes la semaine prochaine.
82ème semaine de Sarkofrance : et Sarkozy abandonna le Travail
Nicolas Sarkozy a abandonné la promesse centrale de sa campagne électorale de 2007 : la priorité au travail. Face à la crise, le monarque n'aidera que les employeurs et le capital. Exit le travail et les travailleurs ! Jeudi 26 novembre, il a dévoilé son plan: 26 milliards d'euros dont 15,5 milliards de dépenses supplémentaires en 2009. On trouve de tout, mais très peu pour les plus fragiles : remboursement par l'Etat de ses créances sur les entreprises; exonération de charges patronales pour les embauches; prime de 200 euros aux bénéficiaires potentiels du RSA versées à la fin mars 2009; extension du prêt à taux zéro; Sarkozette automobile ; baisses de TVA ciblées ; et surtout une accélération d'investissements publics comme la rénovation de prisons, d'hôpitaux et de tribunaux...
Depuis des semaines donc, le Monarque répète jusqu'à l'écœurement la même rengaine: "on est passé à deux doigts de la catastrophe du siècle." Pour le 6ème mois consécutif, le chômage s'aggrave. Nicolas Sarkozy veut vous/nous faire croire que la "Grande Crise de Septembre" en est l'unique responsable. On se demande pourquoi personne ne constate que la défiscalisation des heures supplémentaires a détruit l'emploi intérimaire un trimestre à peine après sa mise en œuvre.
83ème semaine de Sarkofrance: "Yes, we're fucked."
Nicolas Sarkozy a annoncé, ou fait annoncer, une réforme par jour. Un programme que se résume simplement : alimenter la psychose sécuritaire pour faire oublier la précarité. Lundi, le député-lobbyiste Frédéric Lefebvre a d'abord ressorti une vieille rengaine : il faudrait détecter les comportements violents chez l'enfant ... dès la garderie. Mardi, devant des médecins et infirmiers médusés, Sarkozy a expliqué comment il comptait "sécuriser" les hôpitaux psychiatriques Mercredi, Rachida Dati recevait les recommandations d'une commission "d'experts" sur la justice des mineurs: sursis réduits, abaissement à 12 ans de l'âge de la responsabilité pénale, autorisation du cumul des peines. Coté social, le chômage "officiel" augmente de 40 000 demandeurs par mois. Et le RSA n'entrera en vigueur... qu'en juillet 2009 ! Mercredi, Nicolas Sarkozy a octroyé 160 millions d'euros pour les sans-abris. On apprend aussi que le déficit budgétaire dérapera de 15 milliards de plus dès l'an prochain, à 70 milliards d'euros.
84ème semaine de Sarkofrance: le petit Nicolas était contrarié
Notre président a commencé cette semaine boudeur, agacé, voire énervé. Il avait pourtant (enfin) rencontré le Dalaï-Lama le week-end dernier : mais l'ennemi est à l'intérieur. Les gaffes gouvernementales perdurent. Xavier Darcos s'est aliéné la quasi-totalité du corps enseignant. Rachida Dati s'est fait redressée par Fillon sur l'abaissement à 12 ans de la minorité pénale. Rama Yade refuse de participer aux élections européennes pour l'UMP. La fronde parlementaire énerve: un député a déposé un amendement de défiscalisation partielle des pertes en bourse, et c'est la bronca même à droite ! Et le harcèlement législatif de la gauche plombe les débats. La loi sur le travail du dimanche doit être repoussée... Heureusement, le soulagement est venu vendredi, avec un accord européen bancal sur la réforme des institutions, le plan climat-énergie et la relance économique. On oublierait presque que 3 922 400 chômeurs étaient inscrits à l'ANPE à la fin du mois d'octobre.
85ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy recule devant la menace
Lundi, on rassure le secteur automobile; mardi, on fait son bilan européen et le zélé Darcos lance sa réforme des classes de seconde ; mercredi, on avait planifié une belle distraction pour calmer les banlieues "plan diversité"; jeudi, on vote le travail le dimanche; et vendredi, on adopte le plan de relance. Mais la machine s'est grippée. Des émeutes en Grèce, un ministre désavoué, une "pression de la rue", et voici une réforme reportée d'un an, quelques heures avant sa présentation officielle. Pour la première fois depuis mai 2007, Nicolas Sarkozy a reculé devant la menace. Vendredi, l'INSEE a confirmé que la France est en récession.
86ème semaine de Sarkofrance: l'abécédaire des promesses non tenues par Sarkozy
La fin de l'année approche. Les sujets n'ont pas manqué pour justifier le volontarisme du Monarque. Mais le divorce avec les Français semble consommé : au-delà de ses agapes amoureuses et dérapages "Bling Bling", Nicolas Sarkozy paye d'avoir trahi certaines promesses: allocations familiales en baisse, banlieues abandonnées, chômage qui explose, croissance oubliée, déficits publics, droits de l'homme ridiculisés, environnement négligé, franchises médicales, gouvernement plétorique, police de quartier, pouvoir d'achat en berne, retraites en faillite, sans-abris qui meurent de froid, seniors sacrifiés, "travailler plus pour gagner plus". L'abécédaire est cruel.
87ème semaine de Sarkofrance : les paris risqués de Sarkozy
Nicolas Sarkozy ne change pas. Ses vœux du 31 décembre supposés généreux, furent pollués de quelques 23 "je" : "J’ai promis", "Les initiatives que j’ai prises", "je vous ai toujours dit la vérité et j’ai agi", "Je suis plus décidé que jamais", "j’ai voulu", etc. Il veut réorganiser l'UMP et débute 2009 avec une relance jugée incertaine, des comptes plombés par son obstination sur ses nombreuses défiscalisations. Le slogan anachronique du "Travailler plus pour gagner plus" a un prix que nous payons aujourd'hui : la destruction de l'emploi intérimaire et des CDD, rendus inutiles par la loi TEPA. Voici 64 000 chômeurs de plus en novembre, alors que la récession ne fait que démarrer...
88ème semaine de Sarkofrance : le retour du vacarme sarkozyen
Sarkozy s'échappe au Proche Orient, où il va stigmatiser le Hamas au moment même où les chars israéliens entraient dans la bande de Gaza, En France, il désigne Xavier Bertrand à la tête de l'UMP, et promeut le félon Eric Besson à l'Identité Nationale, en remplacement de Brice Hortefeux qui accapare les Affaires Sociales. Il lâche aussi une annonce qui fait du "bruit", la suppression du juge d'instruction. Ses proches dérapent. Le ministre du Budget Woerth garantit que les dépenses sont parfaitement maîtrisées ... à 80 milliards d'euros près. La ministre Lagarde se réjouit de l'arrivée du froid pour stimuler les soldes de pulls et de manteaux. On a aussi appris que les postes ouverts au recrutement d'instituteurs/trices en 2009 seront réduit de 3 000 par rapport à 2008. Woerth avait certes expliqué qu' "il y a une fonction publique qui est trop nombreuse"...
89ème semaine de Sarkofrance : janvier, c'est le temps des cadeaux et des bilans
Nicolas Sarkozy a présenté ses vœux d'omni-président un peu partout en France. De Paris à Saint-Lô, de Nîmes à Orléans ou Vesoul, l'ancien "député fainéant" s'est démultiplié sur les écrans des chaînes d'information pour distribuer cadeaux et remontrances. Lundi, il s'en est pris au personnel enseignant, dont les syndicats avaient boudé sa cérémonie de vœux à Saint-Lô. Il les a traité d'immobiles, et a rappeler quelques statistiques approximatives. Jeudi, il a tancé banquiers, patrons et syndicalistes de Sud-Rail. Les banquiers ont intérêt à limiter leurs bonus et dividendes, a prévenu le président. Le plan de relance, à défaut de "relancer" l'économie, sert à quelque chose: distribuer des cadeaux inattendus, et le faire savoir aux clientèles concernées. Voici donc 100 millions d'euros (et un conseil contesté) pour le patrimoine culturel, 100 millions d’euros pour la police et la gendarmerie; et 80 millions pour la rénovation des prisons.
90ème semaine de Sarkofrance : notre président déboussolé face à Obama
L'intronisation de Barack Obama mardi 20 janvier a éclipsé l'actualité présidentielle en France l'espace d'une journée. jaloux, Sarkozy a lâché: "On a hâte qu'il se mette au travail et qu'on change le monde avec lui." L'exemple américain est pourtant édifiant: gel des salaires de son équipe, plan de relance, suppression de Guantanamo. Obama n'a pas attendu son entrée en fonction pour commencer à travailler.
91ème semaine de Sarkofrance : la nouvelle imposture sociale de Sarkozy
Jeudi, plus de deux millions de personnes ont manifesté contre le cauchemar français. Le ras-le-bol social et politique est général. Le pouvoir en place a fait le dos rond, mais sans montrer une quelconque écoute. Nicolas Sarkozy est devenu le bouc-émissaire d'une France écœurée. On attendait l'abandon de réformes inutiles, contre-productives (la défiscalisation des heures supplémentaires) ou injustes (le bouclier fiscal à 50%), et un vrai plan de relance. Quand le Figaro dévoile la liste des fameux 1000 chantiers du plan, on tombe de sa chaise: Certains projets relèvent de la mise aux normes de sécurité de certains hôpitaux, des voies ferrées ou de certains équipements routiers, ou de la rénovation des tribuaux et des prisons!
92ème semaine de Sarkofrance : Sarko reste hors sujet
Jeudi, Nicolas Sarkozy s'est exprimé à la télévision. Il "écoute", mais il ne répond pas à la contestation. Devant des journalistes choisis, il ouvre des pistes, mais ne propose aucune décision, en préférant laisser "une place au dialogue" lors de sa prochaine réunion avec les partenaires sociaux le 18 février. Il enfume son assistance avec le soit-disant reversement des intérêts payés par les banques à l'Etat à la politique sociale, fâche les Anglais en critiquant Gordon Brown, et personne ne relève sa bourde sur la suppression de la taxe professionnelle (28 milliards d'euros par an, et non 8). Il soutient aussi Bernard Kouchner, mis en cause par une enquête de Pierre Péan.
93ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy doit solder ses frigidaires
Ségolène Royal a eu cette formule qui claque : "Nicolas Sarkozy vendrait des frigidaires aux esquimaux." Cette semaine, le chef de l'Etat préféra fuir à l'étranger et abandonner son gouvernement en rase campagne plutôt que d'affronter la grogne généralisée qui frappe la Sarkofrance. Il part au Proche Orient, histoire de prendre un peu de recul. Bachelot présente sa réforme de l'hopital. Besson promet de récompenser les dénonciations de passeurs. Christine Lagarde avoue que la récession serait d'au moins 1% en 2009. Yves Jego a dû se réfugier en France, abandonnant la négociation en Outre-Mer à deux médiateurs imposés.
94ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy a mis un genou à terre
Retranché dans son palais, son avion ou des salles de province surprotégées, Nicolas Sarkozy a mis un genou à terre. Ses ministres cèdent: Pécresse a annoncé «un nouveau texte dans les semaines qui viennent» sur le statut des enseignants-chercheurs. Brice Hortefeux a garanti au Planning Familial le maintien de ses crédits jusqu'en 2011. Le 18 février, Sarkozy lui-même a lâché 2,6 milliards d'euros de mesures sociales, une "micro-relance" : suppression des deux tiers restants de l'impôt sur le revenu restant à acquitter pour 4 millions de foyers, crédit d'impôt pour 2 millions d'autres, 300 millions d'euros de bons d'achats de services à domicile . Le lendemain, il promet des Etats Généraux de l'Outre Mer, pour calmer deux mois de grève générale en Guadeloupe puis en Martinique.
95ème semaine de Sarkofrance: qui va désactiver le président "pop up" ?
Comme ces petites "fenêtres surgissantes" du Web appelées pop-up, le chef de l'Etat s'agite pour divertir. Cette fois-ci, il laisse fuiter dans la presse son projet de réforme de l'organisation territoriale du pays. Les oppositions de tous bords se mobilisent, des sites fleurissent, des pétitions circulent. Jean-Louis Borloo lance un "Grenelle de la Mer". Sarkozy visite le Salon de l'Agriculture au pas de charge, et entouré de quelques milliers de policiers et gardes du corps. Puis il déjeune avec 11 enseignants triés sur le volet. La nomination de François Pérol, son conseiller économique, à la tête des banques populaires et des Caisses d'Epargne, fait débat: l'Elysée a menti. La Commission de déontologie n'a pas été consultée.
96ème semaine de Sarkofrance : la "positive attitude" de Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy s'est agacé du pessimisme ambiant. Il a demandé à ses ministres de "p-o-s-i-t-i-v-e-r". Il veut taire les voix discordantes au sein de son équipe gouvernementale, et que chacun multiplie sourires et bonnes nouvelles. Exercice difficile. Lundi, on est frappé par l'ampleur du déficit annoncé par Fillon: 104 milliards d'euros en 2009, c'est-à-dire une réévaluation à la hausse de plus de 50 milliards d'euros. Pourtant, où est la relance ?
97ème semaine de Sarkofrance : la droite recomplexée
Où est passée cette droite qui nous assénait qu'il fallait travailler plus, s'enrichir plus, expulser plus, punir plus ? Elle a disparu. Sarkozy le premier n'assume plus son "bling bling". En déplacement officiel au Mexique, il s'est fait invité trois jours avec Carla dans une villa de luxe, trois jours qui ont coûté une quarantaine de smic mensuels. En France, Eric Besson est empêtré dans ses discours contredit par les faits en matière d'aide aux sans-papiers : décourager les témoins et les "aidants", traquer les clandestins, la politique d'immigration reste inchangée. Coté emploi, la crise s'aggrave. Mardi, l'UNEDIC a aggravé ses prévisions en réévaluant à 454 000 le nombre de demandeurs d'emplois (de catégorie 1) supplémentaires cette année.
98ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, le bouclier des riches
Chassant provisoirement la polémique sur l'insuffisance manifeste du plan de relance français, le sujet fiscal est enfin venu au centre des débats. Quelques députés UMP ont cru bon de critiquer le bouclier fiscal. L'an dernier, 834 d'entre eux se sont partagé 307 millions d'euros, les deux tiers du coût du bouclier. Second débat, le gouvernement s'entête sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Des économistes critiquent cette mesure qui permet aux entreprises de faire travailler davantage les salariés survivant aux multiples réductions de personnel. Pour divertir l'attention, Sarkozy a sorti sa parade habituelle : la rengaine sécuritaire. Il annonce son projet d'interdire les "bandes". Les Français ne sont pas dupes. Le 19 mars, la contestation s'était déplacée dans les rues et les grèves. Trois millions de personnes.
99ème semaine de Sarkofrance: "le mauvais gars, au mauvais endroit"
De mémoire de générations, la crise actuelle est "hors normes". On s'attend à 1 million de chômeurs supplémentaires cette année. Séquestrations de dirigeants, manifestations, chahut social, les tensions sont extrêmes. Les schémas du passé sont disqualifiés. Mais Sarkozy tient bon sur ses vieux slogans: moraliser le capitalisme et soutenir l'investissement. Bizarrement, le chantre de la rupture est incapable de penser au modèle de la France d'après. Le débat sur les inégalités n'aura pas lieu. PDG de l'entreprise France, Sarkozy n'est d'ailleurs pas le meilleur des modèles : salaire augmenté, nouvel avion, vacances à répétition, virées nocturnes.
100ème semaine de Sarkofrance : Sarko le caïd
Nicolas Sarkozy affiche son volontarisme à l'étranger. Au G20 à Londres, puis au sommet de l'OTAN à Strasbourg, il retrouvait enfin un rôle à sa mesure. Pourquoi faut-il qu'il caricature le débat, et exagère ses colères ? Sans doute pour cacher son désarroi. On veut nous faire croire que le G20 a mis un terme à l'évasion fiscale et a trouvé une réponse commune à la crise économique : c'est simplement faux. Il n'y a aucun plan coordonné, aucune mesure de rétorsion concertée contre la fraude fiscale, et la liste des paradis fiscaux est ridiculement étroite. En France, la justice refusait de poursuivre les dirigeants africains suspectés de détournements de fonds... Sarkozy, moralisateur de pacotille ?
101ème semaine de Sarkofrance : Président fatigué cherche repos
Le monarque s'est réfugié dans la résidence de sa belle, au Cap Nègre. Il ne revient que 36 heures, en milieu de semaine. Il a laissé ses portes-flingues s'étrangler de rage contre Ségolène Royal. A Dakar, l'ex-candidate socialiste est allée demander pardon pour le discours colonialiste raté de Nicolas Sarkozy de juillet 2007. La Sarkofrance perd-elle pied ? Contre l'avis du gouvernement, le parlement a durci le "petit décret" contre les bonus des patrons des secteurs bancaires et automobile, en élargissant ces restrictions à tous les sous-traitants de l'automobile et aux entreprises aidées par le Fonds stratégique d'investissement. Coté immigration, Eric Besson s'enferme dans ses mensonges sur le délit de solidarité. A l'Assemblée, le projet Hadopi de lutte contre le téléchargement illégal échoue pour cause d'absentéisme...
102ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy pédale mais n'avance plus
Encore une semaine de semi-congé pour le président. C'est Pâques. Il enguirlande ses ministres qui s'épanchent d'ambitions personnelles dans les médias. Et provoque une belle polémique à l'étranger en prononçant des propos peu amènes contre Zapatero, Obama et Merkel. Alliot-Marie nous vend un décret anti-cagoule, et Bachelot prépare de nouvelles sanctions "planchers" contre les fraudeurs à la Sécu. En Sarkofrance, quand on n'a pas d'idée, on se moque et on réprime.
103ème semaine de Sarkofrance: Sarcoïdose
Quelques jours avant de célébrer son deuxième anniversaire à l'Elysée, Sarkozy part à Nice, expliquer qu'il va faire la guerre aux "bandes" et aux "cagoules". Qui rappelera son échec contre la délinquance violente, en constante augmentation depuis 2002 ? Son fidèle Eric Besson s'en va à Calais. Trois jours avant, il annonce la réforme des naturalisations (il parait qu'il veut les accélérer...), puis cautionne une rafle de 200 sans-papier dans la "jungle" de Calais 48 heures avant sa visite (tous, sauf 9, sont relachés le lendemain). Vendredi, Sarkozy "lâche" 1,3 milliards d'euros pour sauver 500 000 jeunes du chômage cette année en subventionner leurs embauches. Ces mesures ne corrigent pas leur précarité. Trimer pour bosser reste le meilleur moyen pour discipliner leur ardeur avant d'entrer dans la vie active.
104ème semaine de Sarkofrance: une France glamour, vulgaire et sourde
Nicolas et Carla s'en vont en Espagne deux jours, entourés de journalistes "people" choisis par l'Elysée. Un bel exercice de glamour pour cacher la vulgarité croissante en Sarkofrance, les calomnies et les insultes. En près de 2 ans de présidence, Nicolas Sarkozy a popularisé la vulgarité aux sommets de l'Etat: ses proches usent de violence verbales inouïes; le président ne peut s'empêcher de se moquer, quand lui-même ne supporte pas la dérision à son encontre; ses ministres stigmatisent et caricaturent l'opposition. Eric Besson, lui, dévoile son jeu le gouvernement entend bien poursuivre, décourager et condamner les bénévoles d'organismes humanitaires.
Ami Sarkozyste, où es-tu ?
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mardi 5 mai 2009
Deux ans à l'Elysée: échec et mat ?
Alors que Nicolas Sarkozy a tenu son meeting électoral à Nîmes, pour défendre son bilan européen, et faire de nouvelles promesses, 65% des Français interrogé dans un récent sondage (TNS Sofres) se disent «déçus» par l'action de Nicolas Sarkozy depuis son élection et 63% jugent le bilan de ses deux premières années de quinquennat «plutôt négatif».
Bling !
Bling !
Sarkozy donne-t-il du crédit à la parole politique ?
Nicolas Sarkozy est en déplacement à Nîmes mardi 5 mai, pour une "réunion républicaine sur le thème de la France et l’Europe". Un déplacement très politique qui devait être intégralement décompté du temps de parole de l'UMP puisqu'il n'est ni plus ni moins qu'un simple meeting électoral.
Président d'un clan ?
A peine élu, Nicolas Sarkozy avait tenu des propos rassembleurs. Rappelez vous son discours du 6 mai 2007, il y a 2 ans jour pour jour, à 24 heures près : "Ma pensée va à tous les Français qui n’ont pas voté pour moi. Je veux leur dire que par-delà le combat politique, par-delà les divergences d’opinions, il n’y a pour moi qu’une seule France. Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d’entre eux. Je veux leur dire que ce soir, ce n’est pas la victoire d’une France contre une autre. Il n’y a pour moi ce soir qu’une seule victoire, celle de la démocratie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l’idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en œuvre pour que les Français aient toujours envie de se parler, de se comprendre, de travailler ensemble."
C'était il y a une éternité. Depuis, le président ne cache plus ce qu'il est resté : le président de l'UMP. depuis des mois déjà, il profite de chaque déplacement officiel en France pour tenir une rencontre avec les militants UMP du coin, à l'abri des caméras. Parfois, une video amateur nous révèle ce qu'il dit à huit-clos. Cette fois-ci, l'UMP, et son président en tête, a ressorti ses thèmes de campagne, l'immigration, l'insécurité et le désordre. Le Figaro cite un conseiller élyséen qui confirme cette stratégie de mobilisation de son électorat: «Sans doute la grève des enseignants-chercheurs aide-t-elle à remobiliser son électorat contre la chienlit».
Ce mardi, Nicolas Sarkozy parlera donc à ses militants. Michel Barnier s'en défend: "Nicolas Sarkozy ne va pas faire un discours à l'UMP, il va s'adresser aux Français et peut-être aussi aux autres Européens".
Dernier détail, l'UMP n'a pas réussi à finaliser ses listes électorales, ... à 4 semaines et 3 jours du scrutin. Les sondages créditent l'UMP d'une première place, entre 25 et 27% des votes selon les instituts. Autrement dit, environ 73 à 75% des intentions de vote se portent sur des listes opposées à celles du chef de l'Etat (puisque l'UMP "rassemble" ses supplétifs du Nouveau Centre et de la "Gauche Moderne"). Un tel score après un aussi "bon" bilan de la présidence de l'Union Européenne, ça signifie quoi ?
L'échec européen de Sarkozy
Nicolas Sarkozy et ses proches ont jugé que le bilan de la présidence française de l'Union Européenne l'an passé était positif. Ils veulent le mettre en avant dans cette campagne européenne. On reconnaîtra au président français une énergie communicative, mais un désir mitigé d'Europe. Sa réaction face à la crise mondiale est un formidable exemple.
Nicolas Sarkozy s'est montré très suiviste. Du 15 au 26 septembre, il s'est permis d'attendre une dizaine de jours avant de trouver une parade communicative ('il faut moraliser le capitalisme'), et promettre seul et sans concertation une garantie publique des dépôts des épargnants français. Ensuite, c'est Gordon Brown, et non Nicolas Sarkozy, qui a fourni l'idée maîtresse de compréhension de la crise: l'économie s'asphixie faute de crédits interbancaires. Les banques ne se prêtaient plus entre elles, trop inquiètes des risques sous-évalués et autres faux bilans. Sarkozy seul n'avait rien pigé. Puis, Sarkozy se targua d'avoir obtenu la tenue d'un G20 à New York, à l'issue duquel un second G20 fut décidé pour avril, à Londres. Résultat ? On ne sait pas vraiment. Nicolas Sarkozy est resté fidèle à son antienne ("c'est la faute à ceux qui ont dévoyé l'éthique du capitalisme"). Et la liste des "méchants" paradis fiscaux qu'on attendait fournie se vida si rapidement qu'on se demanda à quoi sert encore le bouclier fiscal français. Coté relance, l'Europe a été incapable de coordonner ses actions. Au mieux, Nicolas Sarkozy s'est fait taper sur les doigts quand il fit semblant de conditionner les aides françaises au secteur automobile français à un maintien de l'emploi en France. Chacun a joué sa partie. Et la France plus tardivement que les autres (les plans espagnol, anglais et allemand ont été déclenchés avant le nôtre).
L'environnement, le bel oublié
Que reste-t-il donc du bilan français à la tête de l'Union ? Un plan Climat ? La belle affaire. A peine voté, sitôt oublié. Le 13 décembre dernier, les chefs d'Etat européens signaient un accord sur le Plan Climat Energie qui fixait de nobles objectifs :20% d'émissions de gaz à effet de serre en moins par rapport à leurs niveaux de 1990, 20% d'énergie renouvelable dans la consommation, et 20% d'économies d'énergie. On regrettait déjà l'absence de mesures coercitives pour les récalcitrants.
Mais quelques mois plus tard, Sarkozy s'est bien gardé de rappeler que l'Union Européenne n'avait finalement pas voté, en mars dernier, les moyens nécessaires, financiers ou coercitifs, pour atteindre ses objectifs de réduction de 20% de ses émissions de gaz carbonique, d'augmentation à 20% d'énergies renouvelables, et de 20% d'efficacité énergétiques de plus qu'en 1990. Greenpeace s'est indigné : « Les ministres européens des Finances consacrent des milliards d'euros d'argent public pour le sauvetage des banques et de leurs dirigeants mais sont incapables d'allouer un centime d'euros lorsqu'il s'agit de répondre à la crise climatique ».
Plus récemment, le gouvernement français a demandé aux députés européens français de voter contre le principe d'une traçabilité des produits bois, des forêts de productions aux consommateurs finaux, dans le cadre d'unj projet de loi étudiée au Parlement européen sur la filière bois. L'Europe importe beaucoup de bois, et les filières clandestines sont importantes. Mais le gouvernement Sarkozy critique ce « dispositif trop lourd », et « totalement prohibitif ».
L'ennemi est dans le détail.
Président d'un clan ?
A peine élu, Nicolas Sarkozy avait tenu des propos rassembleurs. Rappelez vous son discours du 6 mai 2007, il y a 2 ans jour pour jour, à 24 heures près : "Ma pensée va à tous les Français qui n’ont pas voté pour moi. Je veux leur dire que par-delà le combat politique, par-delà les divergences d’opinions, il n’y a pour moi qu’une seule France. Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d’entre eux. Je veux leur dire que ce soir, ce n’est pas la victoire d’une France contre une autre. Il n’y a pour moi ce soir qu’une seule victoire, celle de la démocratie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l’idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en œuvre pour que les Français aient toujours envie de se parler, de se comprendre, de travailler ensemble."
C'était il y a une éternité. Depuis, le président ne cache plus ce qu'il est resté : le président de l'UMP. depuis des mois déjà, il profite de chaque déplacement officiel en France pour tenir une rencontre avec les militants UMP du coin, à l'abri des caméras. Parfois, une video amateur nous révèle ce qu'il dit à huit-clos. Cette fois-ci, l'UMP, et son président en tête, a ressorti ses thèmes de campagne, l'immigration, l'insécurité et le désordre. Le Figaro cite un conseiller élyséen qui confirme cette stratégie de mobilisation de son électorat: «Sans doute la grève des enseignants-chercheurs aide-t-elle à remobiliser son électorat contre la chienlit».
Ce mardi, Nicolas Sarkozy parlera donc à ses militants. Michel Barnier s'en défend: "Nicolas Sarkozy ne va pas faire un discours à l'UMP, il va s'adresser aux Français et peut-être aussi aux autres Européens".
Dernier détail, l'UMP n'a pas réussi à finaliser ses listes électorales, ... à 4 semaines et 3 jours du scrutin. Les sondages créditent l'UMP d'une première place, entre 25 et 27% des votes selon les instituts. Autrement dit, environ 73 à 75% des intentions de vote se portent sur des listes opposées à celles du chef de l'Etat (puisque l'UMP "rassemble" ses supplétifs du Nouveau Centre et de la "Gauche Moderne"). Un tel score après un aussi "bon" bilan de la présidence de l'Union Européenne, ça signifie quoi ?
L'échec européen de Sarkozy
Nicolas Sarkozy et ses proches ont jugé que le bilan de la présidence française de l'Union Européenne l'an passé était positif. Ils veulent le mettre en avant dans cette campagne européenne. On reconnaîtra au président français une énergie communicative, mais un désir mitigé d'Europe. Sa réaction face à la crise mondiale est un formidable exemple.
Nicolas Sarkozy s'est montré très suiviste. Du 15 au 26 septembre, il s'est permis d'attendre une dizaine de jours avant de trouver une parade communicative ('il faut moraliser le capitalisme'), et promettre seul et sans concertation une garantie publique des dépôts des épargnants français. Ensuite, c'est Gordon Brown, et non Nicolas Sarkozy, qui a fourni l'idée maîtresse de compréhension de la crise: l'économie s'asphixie faute de crédits interbancaires. Les banques ne se prêtaient plus entre elles, trop inquiètes des risques sous-évalués et autres faux bilans. Sarkozy seul n'avait rien pigé. Puis, Sarkozy se targua d'avoir obtenu la tenue d'un G20 à New York, à l'issue duquel un second G20 fut décidé pour avril, à Londres. Résultat ? On ne sait pas vraiment. Nicolas Sarkozy est resté fidèle à son antienne ("c'est la faute à ceux qui ont dévoyé l'éthique du capitalisme"). Et la liste des "méchants" paradis fiscaux qu'on attendait fournie se vida si rapidement qu'on se demanda à quoi sert encore le bouclier fiscal français. Coté relance, l'Europe a été incapable de coordonner ses actions. Au mieux, Nicolas Sarkozy s'est fait taper sur les doigts quand il fit semblant de conditionner les aides françaises au secteur automobile français à un maintien de l'emploi en France. Chacun a joué sa partie. Et la France plus tardivement que les autres (les plans espagnol, anglais et allemand ont été déclenchés avant le nôtre).
L'environnement, le bel oublié
Que reste-t-il donc du bilan français à la tête de l'Union ? Un plan Climat ? La belle affaire. A peine voté, sitôt oublié. Le 13 décembre dernier, les chefs d'Etat européens signaient un accord sur le Plan Climat Energie qui fixait de nobles objectifs :20% d'émissions de gaz à effet de serre en moins par rapport à leurs niveaux de 1990, 20% d'énergie renouvelable dans la consommation, et 20% d'économies d'énergie. On regrettait déjà l'absence de mesures coercitives pour les récalcitrants.
Mais quelques mois plus tard, Sarkozy s'est bien gardé de rappeler que l'Union Européenne n'avait finalement pas voté, en mars dernier, les moyens nécessaires, financiers ou coercitifs, pour atteindre ses objectifs de réduction de 20% de ses émissions de gaz carbonique, d'augmentation à 20% d'énergies renouvelables, et de 20% d'efficacité énergétiques de plus qu'en 1990. Greenpeace s'est indigné : « Les ministres européens des Finances consacrent des milliards d'euros d'argent public pour le sauvetage des banques et de leurs dirigeants mais sont incapables d'allouer un centime d'euros lorsqu'il s'agit de répondre à la crise climatique ».
Plus récemment, le gouvernement français a demandé aux députés européens français de voter contre le principe d'une traçabilité des produits bois, des forêts de productions aux consommateurs finaux, dans le cadre d'unj projet de loi étudiée au Parlement européen sur la filière bois. L'Europe importe beaucoup de bois, et les filières clandestines sont importantes. Mais le gouvernement Sarkozy critique ce « dispositif trop lourd », et « totalement prohibitif ».
L'ennemi est dans le détail.
lundi 4 mai 2009
«La seule réponse à la crise, c'est plus de protection»
Voici Brice Hortefeux, notre ministre du Travail, qui fait cet aveu dans les colonnes du Figaro, samedi 2 mai: "La seule réponse à la crise, c'est davantage de protection, du concret et de la justice."
Le ministre glisse aussi que la mobilisation du 1er mai lui semble faible (" J'observe néanmoins que le nombre de manifestants a été très nettement inférieur aux journées du 29 janvier et 19 mars"), que " le dialogue social fonctionne bien", et que "les socialistes se raccrochent à des wagons que les syndicats placent en queue de train". Consensuel jusqu'au bout. Raymond Soubie, le conseiller social de Nicolas Sarkozy a évoqué une rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats durant la seconde quinzaine de juin. Annoncer un rendez-vous est l'un des meilleurs contre-feux gouvernementaux.
La CGT a d'ailleurs répondu au ministre et au conseiller "social" de Sarkozy : "La CGT attend donc d'autres réponses plus concrètes et plus à la hauteur de l'enjeu".
Cette semaine, le contexte social sera agité. Les surveillants de prison ont annoncé qu'ils bloqueraient leurs établissements. L'Ufap-Unsa, FO-pénitentiaire et la CGT-pénitentiaire, réunies en entente syndicale, ont en effet décidé un blocage progressif des prisons à compter de lundi 4 mai: arrêt des transfèrements et extractions de détenus, puis, deux jours plus tard, blocage aux intervenants extérieurs (visiteurs, avocats). 194 prisons françaises sont concernée par le mouvement. Les syndicats ne se font pas d'illusions sur leur Garde des Sceaux: "La ministre n'est pas en capacité de prendre conscience de la situation catastrophique dans les prisons et de nos conditions de travail", a expliqué Céline Verzeletti, de la CGT.
Pourtant, l'amélioration de la situation carcérale est sans doute l'un de ses sujets majeurs de la Justice en France pour les années à venir. Les prisons sont des machines à fabriquer des délinquants. Il faut avouer que Nicolas Sarkozy a mis plus d'empressement à créer des peines automatiques (les peines-planchers, dès août 2007), dont l'efficacité est contestée, qu'à renforcer les moyens de la justice. La fameuse réforme pénitentiaire, présentée en août 2008, puis examinée ... 9 mois plus tard, en urgence,, ne prévoit rien, à l'exception de quelques aménagements de peines. Pire, le projet Dati supprimait le principe de l'encellulement individuel (puisqu'il n'est pas respecté dans les faits, a expliqué la ministre - la loi s'ajuste à l'incompétence politique). le projet négligeait l'effort budgétaire nécessaire à la rénovation des prisons.
Brice Hortefeux a laissé son ancien ministère, l'immigration, à Eric Besson. Alors que celui-ci s'empêtrait à défendre son hostilité à l'encontre de la proposition de loi socialiste contre le délit de solidarité, un bébé de 4 mois a été maintenu en rétention vendredi 1er mai. Le procureur de Nîmes a fait appel de la décision du juge des libertés. On saura lundi si l'enfant peut quitter son lieu de détention. "Ensemble, tout est possible" disait le slogan de campagne.
C'est vrai.
Lire aussi:
credit photo: prison.eu.org
Le ministre glisse aussi que la mobilisation du 1er mai lui semble faible (" J'observe néanmoins que le nombre de manifestants a été très nettement inférieur aux journées du 29 janvier et 19 mars"), que " le dialogue social fonctionne bien", et que "les socialistes se raccrochent à des wagons que les syndicats placent en queue de train". Consensuel jusqu'au bout. Raymond Soubie, le conseiller social de Nicolas Sarkozy a évoqué une rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats durant la seconde quinzaine de juin. Annoncer un rendez-vous est l'un des meilleurs contre-feux gouvernementaux.
La CGT a d'ailleurs répondu au ministre et au conseiller "social" de Sarkozy : "La CGT attend donc d'autres réponses plus concrètes et plus à la hauteur de l'enjeu".
Cette semaine, le contexte social sera agité. Les surveillants de prison ont annoncé qu'ils bloqueraient leurs établissements. L'Ufap-Unsa, FO-pénitentiaire et la CGT-pénitentiaire, réunies en entente syndicale, ont en effet décidé un blocage progressif des prisons à compter de lundi 4 mai: arrêt des transfèrements et extractions de détenus, puis, deux jours plus tard, blocage aux intervenants extérieurs (visiteurs, avocats). 194 prisons françaises sont concernée par le mouvement. Les syndicats ne se font pas d'illusions sur leur Garde des Sceaux: "La ministre n'est pas en capacité de prendre conscience de la situation catastrophique dans les prisons et de nos conditions de travail", a expliqué Céline Verzeletti, de la CGT.
Pourtant, l'amélioration de la situation carcérale est sans doute l'un de ses sujets majeurs de la Justice en France pour les années à venir. Les prisons sont des machines à fabriquer des délinquants. Il faut avouer que Nicolas Sarkozy a mis plus d'empressement à créer des peines automatiques (les peines-planchers, dès août 2007), dont l'efficacité est contestée, qu'à renforcer les moyens de la justice. La fameuse réforme pénitentiaire, présentée en août 2008, puis examinée ... 9 mois plus tard, en urgence,, ne prévoit rien, à l'exception de quelques aménagements de peines. Pire, le projet Dati supprimait le principe de l'encellulement individuel (puisqu'il n'est pas respecté dans les faits, a expliqué la ministre - la loi s'ajuste à l'incompétence politique). le projet négligeait l'effort budgétaire nécessaire à la rénovation des prisons.
Brice Hortefeux a laissé son ancien ministère, l'immigration, à Eric Besson. Alors que celui-ci s'empêtrait à défendre son hostilité à l'encontre de la proposition de loi socialiste contre le délit de solidarité, un bébé de 4 mois a été maintenu en rétention vendredi 1er mai. Le procureur de Nîmes a fait appel de la décision du juge des libertés. On saura lundi si l'enfant peut quitter son lieu de détention. "Ensemble, tout est possible" disait le slogan de campagne.
C'est vrai.
"C'est une nursery un peu particulière qui l'attendait. A quatre mois, un bébé a été emmené avec ses parents, des sans papiers d'origine russo-azerbaïdjanaise, et son grand-frère, âgé de 9 ans, au centre de rétention administrative de Nîmes. La famille doit y rester en attendant l'examen au fond de leur dossier, prévu lundi matin à 9 heures."
Lire aussi:
- France: la honte pénitentiaire (Sarkofrance, mars 2009)
credit photo: prison.eu.org
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dimanche 3 mai 2009
Les revenus de certains politiques: cumuler plus pour gagner plus
Le magazine éco Capital a "enquêté" sur les rémunérations des principales figures politiques du pays et de nos élus.
Nicolas Sarkozy : 22.249 € brut/mois.
De l'argent de poche, puisqu'il est logé, nourri, blanchi et transporté aux frais de la République.
Francois Fillon : 21.026 € brut/mois.
Même remarque.
Un ministre : 14.017 € brut/mois.
Grâce au cumul des mandats encouragé par Nicolas Sarkozy à chaque élection, les ministres et secrétaires d'Etat complètent allègrement leur salaire initial : Rachida Dati émarge à 19 548 euros par mois, grâce à sa mairie du 7ème arrondissement à Paris. Hervé Morin récupère également 5 000 euros de plus grâce à ses fonctions de Maire, Conseiller régional et président de communauté de communes.
La rémunération d'un élu français est plafonné à 9 730 euros par mois (hors '«indemnité représentative de frais de mandat»). Les députés et sénateurs embauchent eux-même leur(s) assistant(s) parlementaire(s) et/ou leur secrétaire. Mais certains ont conservé leur emploi "civil". Ainsi Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, maire de Meaux, est crédité de dépasser les 200 000 euros fixes par an grâce à sa boulot d'avocat d'affaires.
Question: comment peut-on cumuler plusieurs emplois "à temps complets" ? Serait-ce un privilège d'élu ?
Le magazine revient également sur Jacques Chirac, logé gracieusement par la famille Harriri dans un appartement de 300 mètres carrés à Paris: l'ancien président gagne 31.000 euros par mois. François émarge aux alentours de 7 000 euros par mois; Bertrand Delanoë atteint les 11 000 euros (grâce à 2 700 euros de retraite parlementaire). Dans le Sud, Bernard Brochand cumule ses fonctions de maire de Cannes (7 000 euros) et député (4 000 euros). A Paris, David Assouline (PS) émarge comme sénateur (7 000 euros), conseiller municipal (1 506 euros) et conseiller général ( 2 627 euros), tout comme Pierre Lelouche (UMP), qui n'est pas sénateur mais député. Dans le Nord, Martine Aubry s'affiche à 8 165 euros grâce à son mandat de maire et de président d'agglomération de communes.
Les moins bien lotis de nos figures nationales semblent être Alain Juppé (3 377 euros pour administrer Bordeaux), et Ségolène Royal (5 441 euros par mois, hors droits d'auteur).
Faudrait-il instaurer un "comité des Sages", à l'instar de celui mis en place par le Medef le 30 avril dernier...?
Nicolas Sarkozy : 22.249 € brut/mois.
De l'argent de poche, puisqu'il est logé, nourri, blanchi et transporté aux frais de la République.
Francois Fillon : 21.026 € brut/mois.
Même remarque.
Un ministre : 14.017 € brut/mois.
Grâce au cumul des mandats encouragé par Nicolas Sarkozy à chaque élection, les ministres et secrétaires d'Etat complètent allègrement leur salaire initial : Rachida Dati émarge à 19 548 euros par mois, grâce à sa mairie du 7ème arrondissement à Paris. Hervé Morin récupère également 5 000 euros de plus grâce à ses fonctions de Maire, Conseiller régional et président de communauté de communes.
La rémunération d'un élu français est plafonné à 9 730 euros par mois (hors '«indemnité représentative de frais de mandat»). Les députés et sénateurs embauchent eux-même leur(s) assistant(s) parlementaire(s) et/ou leur secrétaire. Mais certains ont conservé leur emploi "civil". Ainsi Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, maire de Meaux, est crédité de dépasser les 200 000 euros fixes par an grâce à sa boulot d'avocat d'affaires.
Question: comment peut-on cumuler plusieurs emplois "à temps complets" ? Serait-ce un privilège d'élu ?
Le magazine revient également sur Jacques Chirac, logé gracieusement par la famille Harriri dans un appartement de 300 mètres carrés à Paris: l'ancien président gagne 31.000 euros par mois. François émarge aux alentours de 7 000 euros par mois; Bertrand Delanoë atteint les 11 000 euros (grâce à 2 700 euros de retraite parlementaire). Dans le Sud, Bernard Brochand cumule ses fonctions de maire de Cannes (7 000 euros) et député (4 000 euros). A Paris, David Assouline (PS) émarge comme sénateur (7 000 euros), conseiller municipal (1 506 euros) et conseiller général ( 2 627 euros), tout comme Pierre Lelouche (UMP), qui n'est pas sénateur mais député. Dans le Nord, Martine Aubry s'affiche à 8 165 euros grâce à son mandat de maire et de président d'agglomération de communes.
Les moins bien lotis de nos figures nationales semblent être Alain Juppé (3 377 euros pour administrer Bordeaux), et Ségolène Royal (5 441 euros par mois, hors droits d'auteur).
Faudrait-il instaurer un "comité des Sages", à l'instar de celui mis en place par le Medef le 30 avril dernier...?
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Une question très complète à monsieur le premier ministre
"Les heures supplémentaires, ce n'est pas la crise, c'est vous."
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gouvernement
samedi 2 mai 2009
104ème semaine de Sarkofrance: une France glamour, vulgaire et sourde
La semaine a pu paraître calme. On s'inquiétait d'une pandémie de grippe (porcine, puis mexicaine). Lundi et mardi, Sarkozy était en Espagne, épouse comprise. La presse nous gratifia de photos et reportages dignes d'une monarchie bananière des années 1960. Mercredi, la loi Hadopi revenait à l'Assemblée Nationale, et jeudi Eric Besson s'empêtrait dans ses fausses réponses à l'encontre du projet de loi socialiste contre le "délit de solidarité". Un peu de "Bling-Bling", un zest d'immigration, beaucoup de vulgarité et de faux débats, la Sarkozie toute entière fut résumée en quelques jours.
Glamour latin
La couverture de Paris Match mercredi 29 avril, qui relatait le déplacement des Sarkoy en Espagne, valait le détour : Carla Bruni-Sarkozy à côté de Letizia Ortiz, une photo sortie tout droit des années 1960. Les commentaires sur le voyage présidentiel portèrent davantage sur les courbes "galbées" de Carla et de Letizia, leurs tenues, leurs bijoux, que sur le fond des divergences franco-espagnoles. Comment s'en étonner ? L'Elysée avait choisi les 21 journalistes français accrédités, dont ... 15 photographes et 2 journalistes "people". Un beau dispositif médiatique pour couvrir l'évènement glamour. On a pu éviter de comparer les réponses respectives des deux pays à la crise. L'Espagne de Zapatero n'a pas attendu la faillite de Lehman Brothers pour réagir. Comme en France, le ralentissement économique a démarré plus tôt. Mais a contrario, dès le mois d'août, Zapatero lançait un premier plan de relance de 18 milliards d'euros, principalement en baisses d'impôts. En décembre, une seconde tranche visait le bâtiment et les transports. Au total, quelques 29 milliards d'euros ont été engagés. Il est vrai que l'Espagne disposait d'une situation financière bien plus solide que son voisin : un excédent budgétaire jusqu'en 2007 (contre un déficit annuel de 50 milliards d'euros en moyenne depuis 2002 en France), et une dette publique bien plus modeste (40% du PIB, contre 68% en France !). Autre sujet, l'immigration a été motif de débat et controverses entre les deux voisins. En 2007, Nicolas Sarkozy et ses proches critiquaient pourtant à l'envie les régularisations massives d'immigrés clandestins réalisées en Espagne en 2005-2006, ce qui agaça le gouvernement espagnol. Ce dernier refusa le projet français de son "contrat d'intégration", qui prévoyait d'obliger les immigrés à connaître la langue de leur pays d'accueil et à en adopter les valeurs. Un partout, la balle au centre.
Une présidence vulgaire
En Espagne, Carla Bruni a rempli son rôle. Sa beauté et son élégance contribuent à cacher la vulgarité croissante de la présidence française. Il s'en est fallu de peu pour que Nicolas Sarkozy n'embrasse José-Luis Zapatero. Il fallait effacer la polémique de la semaine précédente. Les suppôts de la Sarkozie se sont efforcés de faire passer Ségolène Royal pour folle. Pourtant, il n'y a qu'à voyager un peu pour prendre la mesure de la "stature" de notre monarque à l'étranger. Toute la presse étrangère le décrit comme un chef d'Etat agité, narcissique et grossier. En près de 2 ans de présidence, Nicolas Sarkozy a popularisé la vulgarité aux sommets de l'Etat: ses proches usent de violence verbales inouïes; le président ne peut s'empêcher de se moquer, quand lui-même ne supporte pas la dérision à son encontre; ses ministres stigmatisent et caricaturent l'opposition. Le sarkozysme est avant tout une pratique clivante, violente et grossière du débat politique.
Frédéric Lefebvre est un bel exemple de la vulgarité ambiante. A forces d'insultes contre Ségolène Royal ("ça se soigne"), un élu Corse ("à la limite du terrorisme"), Elie Domota (un "tonton-macoute"), les associations d'aide aux sans-papiers ("elles incitent à la violence"), Olivier Besancenot ("la vitrine légale des casseurs"), le député-suppléant se retrouve bouc-émissaire de la contestation en Sarkofrance. Son attitude, ses activités de lobbying, son parcours à l'ombre de Nicolas Sarkozy ont de quoi attirer les curieux. Le voici qui s'inquiétait, mercredi, d'une nouvelle cellule de veille et de réponse créée par le Mouvement des Jeunes Socialistes contre ... lui-même : oeil pour oeil, dent pour dent ?
L'échec européen
Le président se préoccupe aussi, et surtout, de ses élections, et de la sienne en particulier. Les sondages d'impopularité sont légions, même si l'UMP sauve les meubles pour le prochain scrutin européen : si les prévisions sont correctes, plus de 70% des suffrages ne seront pas pour elle le 7 juin prochain ! Il est beau, le parti majoritaire, après une présidence française de l'Union Européenne ! Lundi soir, François Fillon a animé le meeting Umpiste qui lançait la campagne: "Avec le président de la République, je vous demande de porter l'idéal européen" a-t-il lancé. D'ailleurs, l'UMP semble avoir choisi de défendre le bilan de son président: Sarkozy est la tête de gondole de l'UMP pour les élections européennes: "Quand l'Europe veut, l'Europe peut." Il animera un meeting électoral le 5 mai prochain. Daniel Cohn-Bendit lui réclame un débat puisque le chef de l'Etat se pose ainsi en pole-position.
Il faudra donc rappeler les faits: pendant la présidence française de l'Union européenne, Sarkozy a été atone, maladroit et suiveur. Il a réussi à être d'une incroyable maladresse lors des JO de Pékin. Alors que la quasi-totalité des dirigeants de L'UE boycottait les cérémonies chinoises, quelques semaines après une terrible répression au Tibet, Sarkozy s'est affiché souriant sur les tribunes olympiques. Mi-août, quand la Russie envahit partiellement l'imprudente Géorgie, il fait croire qu'il est parvenu à un cessez-le-feu en 48 heures. On découvre qu'il avait en fait céder aux exigences russes. En septembre, quand les Bourses s'effondrent, Sarkozy reste sans réaction, paralysé pendant 10 longs jours. La France a été la plus tardive à réagir parmi les grands pays de l'UE. Elle réussit aussi à être la moins-disante en matière de relance : en août, l'Espagne avait déjà annoncé un premier plan de relance. En septembre, Gordon Brown a initié le plan de sauvetage bancaire. Quant à la tenue du G20 à Londres début avril, ce fut une belle opération de tartufferie : aucune relance concertée, une liste de paradis fiscaux réduite à zéro (tiens, ils ont tous disparu en 48 heures !) et aucune nouvelle régulation du système financier international.
Qui dit mieux ?
Chômeur... le dimanche aussi
Le jour même où le Figaro célébrait la "sérénité" du Président, les derniers chiffres du chômage tombaient : 2,4 millions de demandeurs d'emplois de catégorie A, la nouvelle catégorie comptabilisant les personnes n'ayant pas travaillé du tout au cours du mois et recherchant tout type de travail. Sur un an, les licenciements économiques ont crû de 46%, le chômage des jeunes de moins de 25 ans de 36%; le nombre d'offres d'emploi collectées a chuté de 23,8%. Jeudi 30 avril, le secrétaire au Chômage, Laurent Wauquiez, expliquait sur RMC qu'il "comprenait" toutes les difficultés des agents du pôle emploi, comme celles des chômeurs. Un exercice de compassion habituel pour masquer l'absence de réponses. La fusion des Assedic avec l'ANPE, pour créer le pôle emploi, a été mise en oeuvre précipitamment, au beau milieu d'une flambée du chômage, et sans renforts d'agents. Résultat ? Un pôle emploi "au bord de la crise de nerfs", rapportait Le Monde mardi dernier. "Article à charge" rétorque Wauquiez.
Son ministre de tutelle défendait, le même jour, le projet d'extension du travail dominical. Brice Hortefeux a précisé: "Notre objectif n'est ni d'imposer, ni de généraliser le travail du dimanche: le principe de base est et doit rester celui du repos dominical". Sa proposition est effectivement très restreinte : comme nous le rappelions en décembre dernier, la promesse de Nicolas Sarkozy ne sera pas tenue. Ce dernier, qui travaille rarement le dimanche lui-même, a usé et abusé du fameux exemple des ouvertures de magasins sur les Champs Elysées à Paris. Le projet de loi envisagé ne vise finalement qu'à sécuriser les dérogations existantes. Mais les critiques virulentes des syndicats et de certains socialistes laissent croire que cette réforme est une cassure du code du travail. A peu de frais, Nicolas Sarkozy se paye le bénéfice politique d'une réforme sans la faire !
Chasse aux bénévoles
Le masque tombe, mais le dialogue de sourds perdure. Mardi 28 avril, un bébé de 4 mois s'est retrouvé incarcéré dans un Centre de Rétention. On rafle toujours les enfants en Sarkofrance. Eric Besson préfère publier sur son site deux longues réponses sur le "délit de solidarité" et la liste de 32 condamnations publiée il y a 15 jours par le GISTI. Il confirme ce que les associations et l'opposition dénoncent : le gouvernement entend bien poursuivre, décourager et condamner les bénévoles d'organismes humanitaires. Seules sont autorisées les aides ponctuelles, non organisées, non préméditées, sans but lucratif et en faveur de sans-papier en situation de danger. Fichtre ! RESF et France Terre d'Asile n'ont qu'à bien se tenir... Besson a multiplié les interventions, jeudi 30 avril, contre la proposition de loi socialiste étudiée à l'Assemblée Nationale. Cette dernière était pourtant simple : elle dépénalisait l’aide au séjour, "sauf si cette aide a été réalisée à titre onéreux", qui vise à "préserver la dignité ou l’intégrité physique de l’étranger". et exonère de poursuites les associations et établissements agréés par l'Etat. Sur France Info, Rue89 ou Libération, le ministre a répété ses arguments : ce projet nuira à l'efficacité des forces de l'ordre contre les passeurs. Tous les arguments sont bons pour défendre le harcèlement et les rafles: les bénévoles arrêtés, mentionnés dans la liste du GISTI, seraient coupables de préméditation (sans doute), de trafic, voir de viols. Rien que ça ! Dans ses réponses, le ministre commet l'impair de dévoiler l'inefficacité de sa politique: on a ainsi appris que seuls 1 175 employeurs ont été poursuivis pour travail clandestin en 2008... Bravo !
Les nouveaux patrons de la santé
Cette semaine, le débat public s'est aussi durci sur le projet de loi de Roselyne Bachelot relatif aux hopitaux, dont l'examen débutait au Sénat. Ce projet est assez symbolique. Alors que la crise démonte jour après jour la légitimité des dirigeants tous-puissants, voici une nouvelle réforme qui transforme les directeurs d'hôpitaux en patrons véritables de leur CHU. N'est-ce pas anachronique ? On critique ces dirigeants qui n'assument pas, qui s'augmentent sans contrôle, bonifient leurs émoluments de parachutes et retraites dorées, rognent sur les indemnités de licenciement de leurs employés. Et voici une ministre, aidée par son président, qui nous explique que les pouvoirs du directeur d'hopital doivent être renforcés et concentrés: "le directeur pourra gérer ses équipes et ses moyens comme il l’entend. Il sera évalué sur ses résultats en matière de qualité de soins". Par qui ? Par le Conseil des ministres qui le nomme, et l'agence régionale de santé nouvellement créée, un "machin" jacobin également piloté par l'Etat via les préfets. Centralisation des pouvoir et libéralisme économique sont les deux mamelles idéologiques du sarkozysme. La santé est un business. Les patients sont des "consommateurs de soins". La santé doit être rentable. Malgré la contestation, du Conseil de l'Ordre aux médecins, des infirmières aux patients, la ministre ne bronche pas. Même Philippe Douste-Blazy s'en est ému vendredi. Pour casser le front des opposants, les sénateurs et le gouvernement sont convenus d'augmenter l'influence des médecins lors du choix des chefs de pôle dans les hôpitaux publics.
Voici donc la Sarkozie: un peu de glamour à l'étranger pour faire oublier la vulgarité ambiante, un entêtement sur des réformes contredites par la réalité, et un dialogue de sourds systématique.
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