lundi 7 septembre 2009

Le spectacle Clearstream peut commencer


Le procès de l'affaire Clearstream approche. On peut être sûr que d'ici le 21 septembre prochain les révélations et les pressions diverses et variées se multiplieront. Ce spectacle public et judiciaire du déchirement des droites a quelque chose d'inédit et de terrifiant.

Clearstream, un nom familier
Clearstream est l'une des principales chambres de compensation internationale, basée au Luxembourg. La société a été soupçonnée, depuis les révélations du journaliste Denis Robert il y a une dizaine d'années, de gérer des milliers de comptes occultes pour toutes sortes de clients: grandes entreprises, particuliers, banques, dirigeants et partis politiques. Après des années d'enquêtes et de procédures contre lui, Denis Robert a jeté l'éponge. Les juges en charge de l'instruction sur des commissions occultes de Thomson Thalès se sont notamment intéressés à Clearstream. En 2004, des listes de détenteurs de comptes occultes, mentionnant diverses personnalités politiques dont Nicolas Sarkozy, circulent dans la presse. Ils auraient été transmis par un auditeur, Florian Bourges, à Denis Robert, qui lui même les aurait transmis à Imad Lahoud. Ce dernier a reconnu les avoir trafiqué. Dès 2004, Sarkozy soupçonne Villepin, et par ricochet Chirac.

Le 21 septembre, débutera le procès de cette affaire. Cinq prévenus vont comparaître Dominique de Villepin, Jean-Louis Gergorin (ancien dirigeant d'EADS), Imad Lahoud (ancien collaborateur de la DGSE), le journaliste Denis Robert et un auditeur financier, Florian Bourges. Les parties civiles sont 42, dont Nicolas Sarkozy.

Le cas Lahoud
Samedi 5 septembre, le JDD publie des extraits d'un procès verbal d'audition d'Imad Lahoud qui date du 9 décembre 2008: ce dernier reconnait avoir bidonné les fichiers Clearstream en ajoutant notamment le nom du père de Nicolas Sarkozy.
"J’ai recopié sur une feuille Excel deux noms avec des comptes bancaires attachés qui se sont retrouvés dans les faux listings Clearstream. Je reconnais devant vous aujourd’hui l’avoir fait." Avant de s’expliquer en détail: "J’ai fait ce travail à la demande de Jean-Louis Gergorin… J’ai en effet recopié en février ou mars 2004 des noms soit de Nagy Bocsa, soit de Bocsa Nagy, je ne souviens plus dans quel ordre. J’ai recopié ces deux noms sur une feuille Excel vierge avec 5 ou 6 colonnes, noms, pays, banque, numéro de compte, ouverture clôture… C’est Gergorin qui m’avait donné le modèle manuscrit et je n’ai fait que recopier sur une feuille Excel le modèle… Je m’en voudrais toute ma vie"
Lahoud explique également qu'il l'avait fait sur demande du directeur des RG de l'époque, et "sous la connaissance" de Dominique de Villepin :
"Gergorin avait un projet pour moi. Il m’a encerclé partout, poursuit Lahoud devant le juge. Toutes ces histoires de secret. C’était me conditionner sur ma sécurité, pour que le jour J on me demande de faire un acte. C’est ce qui s’est passé… Je suis rentré dans leur jeu de secret. C’est ce que je reconnais devant vous aujourd’hui", poursuit l’informaticien. Le juge d’Huy l’interroge sur le "jeu de secret""Le jeu de secret c’était de monter une cabale contre Nicolas Sarkozy, embraye Imad Lahoud. C’est ce que m’a expliqué Jean-Louis Gergorin quand il m’a demandé de rajouter les noms de Nagy et Bocsa. Il m’a dit que cette personne était dangereuse pour la France et qu’il fallait à tout prix l’écarter. En faisant cela je contribuais à écarter Nicolas Sarkozy. Je savais que Jean-Louis Gergorin était en contact avec Dominique de Villepin et que la cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin. C’est ce que m’a dit Jean-Louis Gergorin au moment où il m’a demandé de recopier le nom de Nagy et Bocsa sur cette feuille… Jean-Louis Gergorin a fait pression sur moi pour que je rajoute ce nom. Il insistait énormément pour que je le fasse. J’ai cédé et je n’aurais pas dû."
"Jean-Louis Gergorin m’a demandé à plusieurs reprises dans son bureau à EADS, boulevard Montmorency, de faire ce travail avant que je ne l’accepte, répond Imad Lahoud sur procès-verbal. Je n’ai pas exécuté ce travail dans les locaux d’EADS. Je l’ai fait dans le bureau d’Yves Bertrand au ministère de l’Intérieur, place des Saussaies, et en présence d’Yves Bertrand et de Jean-Louis Gergorin qui m’a donné l’ordinateur portable."
Evidemment, cette révélation aurait dû faire l'effet d'une petite bombe. Pourtant, on pourrait sourire: la description de la scène, note l'un des avocats, est risible : le patron des RG convoque dans son bureau un mathéticien pour saisir manuellement des noms sur un fichier Excel vierge... Excel est l'une des applications Windows les plus utilisées du marché. Nul besoin de recourir à un mathématicien, de surcroît tel Imad Lahoud... L'avocat de Dominique de Villepin rappelle un autre élément, troublant : l'audition de Lahoud, révélée opportunément par le JDD une quinzaine de jours avant le procès, a été réalisée... une fois l'instruction close.

Yves Bertrand, barbouze blessé ?

Yves Bertrand est également sorti de son silence. L'ancien patron des Renseignements Généraux sort un livre d'entretiens avec le journaliste Frédéric Ploquin. L'hebdomadaire Marianne en a publié quelques bonnes feuilles. A l'entendre, la vérité est assez simple: son ancien poste est à la croisée de toutes les manipulations, tous les camps jouaient à ce jeu dangereux (Sarkozy comme Chirac), et Sarkozy l'a toujours détesté. Aux révélations d'Imad Lahoud du week-end, il réplique qu'elles sont fausses: il n’a "jamais rencontré" Imad Lahoud. "C’est un fou, ses assertions sont rocambolesques". "Compte tenu des éléments dont je dispose, dit-il également dans son livre, mon intime conviction est que Nicolas Sarkozy a été informé de cette affaire [Clearstream] plus tôt qu’on ne l’a dit." Yves Bertrand ajoute même qu'il surveillait Lahoud depuis 2001, car ce dernier était "traité" par François Casanova, "un homme de Bernard Squarcini". Ce dernier était son second aux RG. Proche de Nicolas Sarkozy, il est devenu patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) en juillet dernier.

Un procès politique

Le spectacle commence. Gageons qu'il sera bon. Les pressions médiatiques et opportunes sont légions: il y a quinze jours, le procureur Jean-Claude Marin s'était exprimé au micro d'Europe 1 pour attaquer Dominique de Villepin. Qu'un procureur, en charge de l'affaire, prenne ainsi publiquement position à quelques semaines du procès est tout simplement choquant. Le même Marin fut en charge de l'affaire du "gang de Tarnac". Samedi dernier, c'était donc au tour d'Imad Lahoud et d'Yves Bertrand d'entrer dans la danse.

A qui le tour ?

Comme l'ont noté divers commentateurs, il est clair que ce procès est éminemment politique. Sarkozy souhaite faire payer Villepin. Il espère même l'enterrer politiquement. "Ce procès, qui doit s’ouvrir le 21 septembre, est l’aboutissement judiciaire du combat sans merci que Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy se sont livrés en 2004-2005 pour la prise de contrôle de l’UMP, clé de la présidentielle de 2007" rappelle Luc Rosenzweig sur Causeur.

Rien n'est surprenant dans toute cela. Nicolas Sarkozy n'aime pas la concurrence, mais adore les boucs-émissaires.

Clearstream est du pain béni pour lui. Le spectacle sera bon.

Lire aussi:

Eric Besson trouvera 27 000 clandestins à expulser

dimanche 6 septembre 2009

Sarkozy et son incompétence économique

Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, a reproché aux dirigeants du G20 le manque de clarté sur leur stratégies de sortie de crise, et la lenteur de la mise en œuvre d'une régulation de la finance mondiale. Christine Lagarde, présente à une réunion préparatoire du prochain G20 avec ses collègues occidentaux, a souri sur LCI: elle aussi pense que la régulation est urgente. Un peu plus tôt dans la journée, elle s'était exclamée: "Haro sur les bonus". Un cri symbolique, mais vain et surjoué.

Echec en avril
En avril dernier, Nicolas Sarkozy n'avait pas de mots assez forts pour souligner le succès de son action auprès de ses collègues du G20 à Londres. A l'écouter à l'époque, la chose était faite, réglée, sauvée. La régulation des paradis fiscaux et autres excès de la finance mondiale allait enfin être mise en œuvre. Six mois plus tard, le constat d'échec est saisissant.

Nicolas Sarkozy fait semblant de reprendre son bâton de pèlerin.

Les divergences franco-américaines
Si l'on observe avec un peu d'attention les divergences franco-américaines, on réalise assez facilement que la position française est loin d'être si louable et responsable. on nous présente assez complaisamment un président français, fidèlement secondé par la chancelière allemande, qui veut enfin débarrasser le monde des excès de rémunérations des traders. Les Etats Unis de Barack Obama n'auraient pas le courage d'assumer la décision nécessaire de plafonner les bonus bancaires. La réalité est tout autre.

En France, Nicolas Sarkozy sur-joue l'indignation contre les bonus annoncés de quelques-uns de ses amis. En fait, il n'a d'abord demandé aucun plafonnement de bonus, ni de revenus, même pour des établissements bancaires. Les recommandations françaises - nous l'avons déjà dit sur ce blog - ne sont qu'inspirées de celles de la FSA britannique... avec 15 jours de retard pour cause de congés présidentiels.

Ensuite, la récente enquête de Laurent Mauduit, publiée par Marianne le 29 août dernier, montraient combien les relations entre Michel Pébereau et le président français étaient étroites. Le patron de BNP-Paribas est un proche conseiller de l'ombre du Monarque de l'Elysée. Concernant les bonus, Sarkozy agite un chiffon rouge. Les traders, comme les paradis fiscaux, sont de parfaits boucs-émissaires de la crise économique. Par ailleurs, Sarkozy tente également de faire croire que la France agit quasiment seule contre tous et que l'administration Obama n'aurait pas le cran de le suivre.

En fait, dès son entrée en fonction, le président américain est allé bien plus loin que Sarkozy en décidant de plafonner à 500.000 dollars la rémunération annuelle des dirigeants d'entreprises renflouées par les pouvoirs publics. Pour mémoire, François Pérol, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy nommé à la tête des banques populaires et des Caisses d'Epargne, deux établissements aidés par l'Etat, touche 530 000 euros par an. En mars, la Chambre des représentants a voté la taxation à 90% certains bonus des entreprises aidées par l'Etat. Mais le Sénat a reporté l'examen du texte.
Effectivement, Obama lutte aussi contre ses propres lobbies nationaux pour imposer une réglementation sur les bonus ou la régulation boursière. Récemment, le Congrès américain a accordé une faible latitude au Président Obama pour franchement plafonner les bonus. Enfin, les Américains défendent l'instauration de règles prudentielles plus fortes, comme par exemple le niveau de fonds propres qu'un établissement doit avoir en regard de ses dettes.

Le compromis du G20 Finances

Finalement, les ministres des Finances du G20 réunis samedi 5 septembre à Londres sont parvenus à un compromis : "Nous continuerons à mettre en oeuvre avec détermination nos mesures de soutien financier et nos politiques budgétaires et monétaires expansionnistes, (...) jusqu'à ce que la reprise soit assurée". Ils ont notamment émis une recommandation collective pour davantage de transparence dans le calcul des bonus, et un étalement de leur versement. Ils ont promis également "d'explorer les approches possibles d'une limitation du bonus en relation avec le risque et les performances de long terme".

Ce compromis est exactement ce que Sarkozy, quoiqu'il en dira plus tard, souhaitait. Lors de son dernier "coup de gueule", le 25 août dernier devant des représentants du secteur bancaire, le président français ne s'est pas engagé sur un plafonnement des bonus. Il a juste évoqué qu'il pourrait aller jusqu'à le demander lors du prochain G20.

Comment Sarkozy a bidonné sa visite à l'usine Faurecia

Cela devient une habitude en Sarkofrance: le gouvernement a si peur de réalité du terrain que tout déplacement ou table ronde publique semble désormais habillée de figurants triés sur le volet. Mi-août, Luc Chatel était entouré de militantes UMP, dans le rôle des mères de famille, et d'employés d'Intermarché quand il visitait un supermarché pour le lancement d'une opération de fournitures scolaires à bas prix. Il y a une semaine, Brice Hortefeux invitait des associations soit-disant représentatives de la jeunesse. La presse relevait surtout la présence d'une organisation présidée par Serge Dassault, de Ni Putes Ni Soumises (anciennement dirigée par Fadela Amara), et de microscopiques associations localement inexistantes.

Jeudi dernier, le monarque lui-même fut surpris en flagrant délit de mise en scène figurative.
Visitant l'usine d'un sous-traitant automobile, Nicolas Sarkozy voulait se montré sur le terrain, en usine, dans un secteur en difficulté.. . Un journaliste de la RTBF belge ne fut pas dupe: les ouvriers qui entouraient le président étaient tous volontaires. Ils avaient été amenés d'autres usines. Une employée confirme même, devant caméra, qu'ils ont également été retenus sur un critère de taille : ne pas être plus grand que Sarkozy. L'usine elle-même avait été soigneusement choisie, en Normandie, dans un coin isolé avec accès unique.




Merci à Richard Trois pour cette révélation.

Sarkozy : mieux vaut un seul pilote...

samedi 5 septembre 2009

122ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, gaffeur ou incompétent ?


En cette 122ème semaine de Sarkofrance, Nicolas Sarkozy a révélé tout son paradoxe: habile politique, il excelle à la manoeuvre, sait rassembler son camp jusqu'à l'improbable Philippe de Villiers, jouit à déstabiliser comme il peut l'opposition à coup de commissions "ouvertes". Mais sur le terrain de l'action gouvernementale, le président se révèle terriblement inefficace. Insécurité, immigration, environnement, la liste devient longue des preuves de ce que d'aucuns pourraient qualifier d'incompétence. Cette semaine, deux échecs lui sont aisément attribuables: la lutte contre l'insécurité et la mise en oeuvre d'une ébauche de fiscalité écologique.

Incompétence sécuritaire
Lundi, Brice Hortefeux avait soigné sa mise en scène. Confronté à une nouvelle hausse de la délinquance (+4,3% d'atteintes aux personnes à fin août, +12% de cambriolages sur un an), le ministre de l'intérieur avait organisé trois journées de discussion, avec des toutes sortes de participants: lundi, sa table ronde traitait de prévention et des rapports entre police et jeunesse. Parmi les 20 organisations jugées représentatives de la jeunesse, on a pu relever la présence du Raid d'Avnture, présidée par l'ocotgénaire Serge Dassault... Lundi, on n'a évidemment pas parlé de l'ancien Premier Flic de France entre 2002 et 2007. Nicolas Sarkozy fut le premier à stigmatiser la jeunesse des banlieues, des promesses de "nettoyage au Karchër" jusqu'aux émeutes de novembre 2005. Depuis 2007, le Jeune, si possible banlieusard, est toujours l'un des boucs-émissaires préférés de la Sarkofrance. Mardi, on parlait "répression" et riposte. Mercredi, Nicolas Sarkozy a complété le spectacle. Sans prévenir, il s'invite à la réunion, et traverse à pied, devant les caméras et journalistes, la rue qui sépare l'Elysée du ministère de l'intérieur. En sortant, il proclame sa détermination: c’est «un discours très lucide, très ferme que j’ai tenu et je me suis engagé sur des résultats, ces résultats, vous verrez, nous les aurons». La campagne présidentielle de 2012 est lancée. L'insécurité et l'immigration, les deux mamelles de la droite en campagne, sont de retour.

Incompétence écologique
Mercredi, François Fillon tente d'éteindre la polémique déclenchée par la gauche sur la taxe carbone. Il précise, sans surprendre, les modalités du futur impôt: elle sera trop modeste pour efficace (14 euros la tonne de carbone, un niveau inférieur de moitié au seuil recommandé par Michel Rocard), trop élevée pour être indolore, mal compensée pour être juste (suppression partielle de la taxe professionnelle pour les entreprises, réduction de l'impôt sur le revenu pour les 50% de foyers qui le payent). Fillon reste flou sur la compensation de cette nouvelle TVA pour les plus pauvres. Mais dès le lendemain, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, annonce que le président, qu'elle vient de rencontrer, n'a rien décidé. Jean-Louis Borloo, absent des débats, confirme. En quelques heures, la droite s'est carbonisée. Le soufflet Fillo est retombé. Coup d'épée dans l'eau, les déclarations de Fillon ne rassurent pas. Sarkozy maintient le suspense: «C'est un débat qui se poursuit démocratiquement avec différents partenaires» explique Borloo. Un sondage vient de tomber. Deux tiers des Français interrogés seraient hostiles à la taxe carbone. Vendredi, Sarkozy lui-même reprend en main le dossier, à l'occasion d'une réunion interministérielle. Il annoncera "Sa" décision lui-même la semaine prochaine, sans doute jeudi lors d'un déplacement en province. Sarkozy a surtout gâché une occasion historique, en carbonisant lui-même la taxe carbone. Présentée puis défendue comme un impôt uniforme, cette première ébauche de fiscalité écologique a suscité inquiétudes et désaccords dans l'opinion publique. A son corps défendant, il a aussi permis de clarifier un point essentiel. Le souci écologique, à droite, reste modeste, et socialement injuste. La droite ne cherche pas qu'à corriger les comportements polluants à la marge, sans souci d'efficacité réelle ni de justice sociales. L'électeur est prévenu.

Incompétence républicaine
Comme par hasard, le ministre d'Eric Besson présentait jeudi son bilan, après 8 mois d'activité depuis son remplacement de Brice Hortefeux. Une opération de communication sans enjeu, puisque le ministre n'avait pas grand chose à annoncer. Evidemment, le ministre UMP s'est félicité de ses statistiques, jetées en pâture à l'assemblée présente, comme ces 17 350 "éloignements". Le ministère ne précise pas combien de rétentions et d'interpellations ont été nécessaires pour parvenir à ce chiffre; ni combien de "nouveaux" Européens (roumains, bulgares, etc) sont concernés (aussitôt expulsés, ils peuvent revenir). Besson souligne aussi ses 3 043 interpellations de "trafiquants de migrants" , sans préciser la proportion de ces arrestations qui ont débouché sur des condamnations, la présomption d'innocence vaut peu. "Arrogance, vulgarité, démagogie, M. Besson a vite appris de ses nouveaux amis. On dirait du Frédéric Lefebvre !", a répondu, le lendemain, RESF. On ne saurait mieux dire. Eric Besson n'a pas non plus de regret ni de scrupules à faire retenir des familles entières dans les centres de rétention. Le même jour, jour de rentrée des classes, le cas du petit Chama, 5 ans et demi faisait l'objet d'un peu de couverture médiatique. Son père est menacé d'expulsion. Le cas échéant, Chama finira à la DASS. Eric Besson veut faire oublier 8 mois de polémiques en tous genres: délit de solidarité, régularisation des sans-papiers qui dénonceront leur propre passeur, conflit avec la Cimade à propos de l'attribution de la gestion de l'aide aux clandestins détenus dans les CRA, épidémie de gale dans le Nord, rétention d'enfants de sans-papiers, inefficacité budgétaire dénoncée par la Cour des Comptes.

Incompétence judiciaire
Mardi, le président français recevait le fameux rapport de la Commission Léger sur la réforme de l'instruction. Sans surprise, les "experts" ont suivi la recommandation présidentielle principales de janvier dernier: le juge d'instruction serait supprimé, les enquêtes confiées au procureur, sous l'autorité du Garde des Sceaux. Le contrôle des instructions serait confié à un "juge de l’enquête et des libertés". L'absence d'indépendance institutionnelle et hiérarchique des procureurs vis-à-vis du pouvoir politique en place ne pose aucun souci aux promoteurs de la réforme. Il faut dire que la Commission Léger comportait du beau monde: Thierry Herzog, avocat de ... Nicolas Sarkozy; un adjoint au sous-directeur de la police judiciaire au ministère de la défense d'Hervé Morin; Me Hervé Lehman, avocat récent d'un sénateur UMP, ou Gilles-Jean Portejoie, avocat de Jacques Mellick, de Bernard Tapie, Kofi Yamgnane ... et de Johnny Halliday. Deux autres membres ont été promus par le ministère de la Justice, depuis leur nomination à cette commission. Les auteurs du rapport ont aussi d'autres idées, comme l'allègement des procès d'assises en développant le "plaider-coupable", le renforcement du rôle de l'avocat dans les gardes à vue, le raccourcissement des détentions provisoires, ou la dépénalisation des violations du secret de l'instruction. Coïncidence des dates, le parquet annonçait cette semaine avoir classé sans suite l'enquête préliminaire sur la nomination contestée de François Pérol, ancien conseiller économique du président, à la tête des Banques Populaires et des Caisses d'épargne. Samedi dernier, Eric Woerth avait déjà surpris tout le monde par sa clémence, en menaçant 3000 contribuables exilés en Suisse de représailles s'ils ne régularisaient pas leur situation d'ici le 31 décembre. Sacrée Sarkofrance, toujours plus indulgente avec les puissants et les riches...

Incompétence économique
La France résiste à la crise, on le sait, grâce à un simple fait, un atout historique et social qui a peu à voir avec les gesticulations du monarque élyséen: un actif sur deux a une rémunération déconnectée des aléas de l'économie de marché. En cette rentrée, l'inquiétude demeure pourtant. Le gouvernement avait trois contre-feux à sa disposition: le RSA, les bonus bancaires et ... la grippe A.
Le dispositif social du RSA est malheureusement lent au démarrage. Sur les 800 000 demandes d'inscription depuis juillet, à peine 35% ont été servies. Sur le front de la régulation de la finance mondiale, le spectacle est prévu pour la fin du mois, lors du "G-vain" de Pittsburgh. "Haro sur les bonus" s'est exclamée Christine Lagarde en arrivant à Londres pour une réunion préparatoire avec ses collègues des Finances. Quelques heures auparavant, Gordon Brown avait promis officiellement d'étudier toutes les pistes pour réguler ces fichus bonus. Sarkozy et Merkel, qui se sont mis d'accord lundi, exultent. Pourtant, les Etats Unis et le Royaume Uni préfèreraient que le G20 travaille à l'encadrement des marchés boursiers, dont l'effondrement il y a un an a failli provoqué une asphyxie financière mondiale. En France, Sarkozy tient à son bouc-émissaire, et qu'importe la régulation des marchés.
Quant à la grippe A, elle fournira encore pour plusieurs mois une diversion adéquate aux difficultés économiques du pays. Mais elle ne suffira pas à cacher bien longtemps la réalité. Quelques 70 000 entreprises françaises vont disparaître cette année. La sombre prévision n'émane pas d'un gauchiste de service mais de Laurence Parisot. Le "succès" de l'auto-entrepreneuriat masque mal le désastre. Mercredi, l'INSEE confirmait la dégradation du chômage au second trimestre. Jeudi, Nicolas Sarkozy s'est déplacé avec Laurent Wauquiez chez un sous-traitant automobile. On le retrouve, filmé de face, livrant son monologue, devant une assistance triée et silencieuse. Il alterne promesses (comme la tenue d'Etats Généraux de l'industrie), leçons ("La crise, on en sortira quand le chômage commencera à reculer. C'est ma grille de lecture.") et bons mots: il raille ainsi les fonctionnaires, une fois de plus, en "plaisantant" sur "leur petit bureau", et leur "affiche de la Polynésie pour rêver". Mais qui l'écoute encore ?

Insécurité, environnement, économie, le mythe de la droite compétente a vécu.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

Sarkozy gaffe sur les fonctionnaires

C'est homme est président... Si, si.

vendredi 4 septembre 2009

Le vrai bilan d'Eric Besson


Jeudi 3 septembre, jour de rentrée des classes, le cas du petit Chama, 5 ans et demi faisait l'objet d'un peu de couverture médiatique. Son père est menacé d'expulsion. Le cas échéant, Chama finira à la DASS. Coïncidence des dates, Eric Besson tenait une conférence de presse sobrement intitulée « 8 mois au service du pacte républicain ». Dans une lettre ouverte au ministre, RESF dénonce "la logique du chiffre et le stakhanovisme de l’expulsion" qui prévalent en Sarkofrance.

La France a mal avec son passé, et le gouvernement Sarkozy n'a pas amélioré les choses.

Bilan en trompe l'oeil
Jeudi 3 septembre, Eric Besson livrait donc ses "résultats" à la presse. Il avait même fait préparer une fiche pour les journalistes présents intitulée "les dîners citoyens - Les Français d'origine sénégalaise à l'honneur". Le ministre a raison: rien n'est trop bon pour l'image. Ce jeudi, donc, le ministre a lancé ses chiffres à la presse:

  • 17 350 "éloignements", mais le ministère ne précise pas combien de rétentions et d'interpellations ont été nécessaires pour parvenir à ce chiffre; ni combien de "nouveaux" Européens (roumains, bulgares, etc) sont concernés (aussitôt expulsés, ils peuvent revenir).
  • 3 043 interpellations de "trafiquants de migrants" (+ 12,7 %), dont 1 104 passeurs, 221 organisateurs de filières, 632 logeurs, 856 employeurs, 173 fournisseurs de moyens illicites et 57 "conjoints de complaisance". Le ministre prend quelques libertés avec la présomption d'innoncence: ses statistiques traitent d'arrestations, pas de condamnations.
  • 52 473 contrats d’accueil et d’intégration signés, dont 22% des titulaires ont suivi une formation linguistiques (+0,1% versus 2008), et 36% "ont bénéficié d’une inscription à une séance de formation aux valeurs républicaines".
  • 5 129 demandes d'asile accordées, sur 18 658 déposées.
  • "Plus de 63 millions d’euros de crédits mobilisés à partir de 2009 pour des actions de développement solidaire" : 63 millions euros, c'est 6 semaines de bouclier fiscal, 9 meetings de Sarkozy tels celui du 14 janvier 2007; 20% du budget de déplacement annuel de Nicolas Sarkozy.
  • La traque aux employeurs de travailleurs clandestins bat de l'aile: à peine 1 500 contrôles ont été effectués.
En 2007, le candidat Sarkozy criait au loup: "Je veux souligner qu’en matière d’immigration les problèmes sont plus devant nous que derrière nous". Reprenant une antienne frontiste, l'immigration clandestine était présentée tel un raz de marée qui allait submerger l'identité nationale.

Le vrai bilan
En remplaçant Brice Hortefeux au ministère de l'Identité Nationale en janvier dernier, Eric Besson avait affiché une intention d'apaisement. On devinait que l'ex-socialiste converti au sarkozysme extrême voulait prouver que ses anciens camarades avaient tort de critiquer la politique migratoire du Président. On ne fera pas l'injure à Eric Besson de lui conseiller l'excellent livre "Cette France là", publié en mai dernier, qui détaille les incohérences et injustices de la première année de politique d'identité nationale du gouvernement Sarkozy: les quotas d'expulsions sont inefficaces, les statistiques faussées, la France perdante et le coût de ces mesures prohibitif. Depuis janvier, Eric Besson n'a fait fait qu'endosser un mauvais costume, le pire de Sarkofrance.

En janvier, Eric Besson assume les chiffres d'expulsions de son prédécesseur: les "prises" semblent belles. plus de 30 000 clandestins auraient été expulsés de France. l'imposture ne dure qu'un temps. Plus de la moitié de ces "éloignés" proviennent de Mayotte ou de pays nouvellement européens. La politique du chiffre est un échec. Les polices de Sarkofrance ne trouvent pas suffisamment d'immigrés clandestins "modèles" à expulser. En 2005 déjà, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, n'avait pas atteint ses propres objectifs: moins de 20 000 expulsions contre 23 000 demandés aux polices de France. Raté ! Sarkozy s'obstine. Lutter contre l'immigration clandestin est un objectif électoral, satisfaire le camp frontiste.

En février, Eric Besson signe un décret encourageant la délation des filières de passeurs, qui promet une régularisation aux sans-papiers qui dénonceront leur propre passeur. 6 mois plus tard, le ministre a quelque peine à citer le moindre résultat: il mentionne le cas des sociétés de gardiennage de la SNCF (cf. ci-dessous), qui n'a rien à voir avec cette décision symbolique.

En mars, Eric Besson fut emporté par ses propres gaffes lors de la sortie du film Welcome, de Philippe Lioret, sur le délit de solidarité. Promoteur involontaire du film (qui a largement dépassé le million d'entrées), Eric Besson a dû justifier que le délit de solidarité n'existait pas. Quand le GISTI publie une liste partielle d'aidants poursuivis judiciairement pour avoir aidé et/ou hébergé des sans-papiers, le ministre rétorque que la liste est fausse, et pointe du doigt, cas après cas, les autres infractions commises par les malheureux condamnés. Eric Besson aime à jouer sur les mots. Il fait semblant d'ignorer deux faits: primo, le harcèlement existe. Les associations de terrain en témoignent. A contre-coeur, Eric Besson a dû faire réquisitionner quelques douches en août dernier, près de Calais, devant l'extension de la gale dans la région. Il fallait pour assurer un minimum d'hygiène aux clandestins du coin. Secundo, le ministre fait semblant d'ignorer que les prétextes juridiques sont nombreux pour décourager les aidants.

En mai et juin, le conflit qui oppose Eric Besson à la Cimade est à son paroxysme. Brice Hortefeux ne voulait plus confier à la seule CIMADE la gestion de l'aide aux sans-papiers dans les Centres de Rétention. L'association dispose d'une vision complète de la situation humanitaire souvent désastreuse des immigrés détenus. Hortefeux en appelle à l'exigence de "concurrence", comme s'il s'agissait d'un marché comme un autre. Il change les règles. La CIMADE porte plainte. Eric Besson dévoile le résultat de l'appel d'offres en avril. Une association, fondée par un responsable UMP, fait partie des 8 heureux bénéficiaires. Les associations retenues ont interdiction d'échanger leurs informations. En juin, le Conseil d'Etat rejette la demande d'annulation du décret gouvernemental. Eric Besson jubile. Qu'importe si la Cour des Comptes explique plus tard que cette division des attributions est économiquement inefficace et coûteuse.

En juillet, Eric Besson a dû (enfin) menacer la SNCF pour l'emploi, par société interposé, de clandestins à la surveillance de ses quais. Libération avait dévoilé l'affaire en ... novembre. En juillet toujours, le ministre reçoit des associations humanitaires. Il tend la main. On en oublierait presque 6 mois de traque et d'image.

En août, nouvelle polémique sur les enfants détenus en centres de rétention. Eric Besson a l'audace de justifier la démarche: il ne faudrait pas séparer les familles. D'après le quotidien La Croix, 242 enfants ont été retenus dans les funestes CRA: "Non, je ne vais pas y mettre fin" explique Besson le 3 septembre.

Le bilan d'Eric Besson est aussi comptable. En ces temps de difficultés budgétaires, le coût de la politique migratoire frise l'absurde. La rétention d'un immigré finalement expulsé coûte 13 550 euros, à en croire la Cour des Comptes. L'expulsion elle-même dépasse 20 000 euros par clandestin.

Le vrai bilan d'Eric Besson est celui que le ministre fera avec sa conscience. Pour si peu d'efficacité, ce jeu de la honte en vaut-il la chandelle ?

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Lire aussi:


Au Gabon, la Françafrique s'inquiète


La commission électorale vient d'annoncer la victoire d'Ali Bongo, ancien ministre de la Défense de son père récemment décédé Omar Bongo. Quelques instants plus tard, le consulat français était incendié.

Au Gabon, la Françafrique reconnaissante

La Sarkofrance ne soutenait officiellement personne. Courrier International publiait hier un article d'un hebdomadaire burkinabe: "Pourquoi Ali Bongo ne pouvait pas perdre". L'auteur de l'article explique: "le pouvoir est synonyme d'accès aux richesses et les richesses sont synonymes d'accès au pouvoir. Et le Gabon, qui ne manque pas de sous-sols monnayables, a été généreux avec la famille Bongo que des organisations non gouvernementales internationales accusent de posséder tant de "biens mal acquis". Le sigle du parti majoritaire, P.D.G., pouvait-il ne pas suggérer que l'exercice du pouvoir est aussi un business privé ?". Même le pseudo-désengagement militaire de la France du continent africain annoncé par Nicolas Sarkozy ne convainc pas: "" l'émirat" pétrolier gabonais ne devrait pas être le pays le plus boudé". Lucide, le journaliste ajoute : "Bongo (Ali) est proclamé successeur de Bongo (Omar), comme le Marocain Mohamed VI succéda à son père Hassan II, comme le Congolais démocratique Kabila fils succéda à Kabila père, comme le Togolais Gnassingbé fils succéda à Gnassingbé père, comme les fils Wade, Moubarak ou Kadhafi espèrent succéder à leur paternel respectif. "

La Françafrique, illustration des promesses non tenues
N'en déplaise aux zélotes sarkozyens, la Françafrique demeure une réalité. Difficile de reprocher à la France de s'inquiéter des puits de pétrole de Total et des contrats du groupe Bolloré. Il faut juste assumer, et éviter, à l'instar du Monarque élyséen, de donner des leçons de démocratie au monde entier, jusqu'en Iran. Qu'on se le dise et se le répète, Nicolas Sarkozy aime les dictateurs quand ils sont utiles. On appelle cela de la real-politik. L'étonnant silence de Bernard Kouchner lors du processus électoral gabonais ne lasse pas de surprendre.

A titre personnel, l'auteur de ce blog aimerait un autre rapport d'échange avec l'Afrique. Moins fondé sur le pillage de ses ressources, y compris intellectuelles, les rafles de sans-papiers jugés inutiles et l'exploitation de ses ressources fossiles, et davantage orientés vers le développement d'énergies renouvelables. Mardi, Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat à la Coopération, s'est fendu d'un voyage à Tripoli pour honorer, au nom de la France, les 40 ans de dictature du Colonel Kadhafi.

Que ceux qui veulent vomir sortent quelques instants...

jeudi 3 septembre 2009

Délinquance ou taxe carbone: ça bavarde en Sarkofrance


Mercredi 2 septembre, Nicolas Sarkozy a cru bien faire, pour son image, en s'invitant par surprise à la réunion organisée par son ministre de l'Intérieur place Beauveau sur la sécurité. Son "collaborateur" de Matignon a cru bien faire en clarifiant les modalités de la future taxe carbone.

Sarkozy bavarde sur la sécurité
Au siège du ministère de l'Intérieur à Paris, Brice Hortefeux avait réuni des directeurs départementaux de la police et de la gendarmerie. Les chiffres d'insécurité deviennent si mauvais (+4,3% d'atteintes aux personnes à fin août, +12% de cambriolages sur un an), qu'ils en deviennent encombrants. Sans prévenir, Nicolas Sarkozy s'est invité, traversant à pied, et devant les caméras et journalistes qui font l'habituel pied de grue devant l'Elysée. C’est «un discours très lucide, très ferme que j’ai tenu et je me suis engagé sur des résultats, ces résultats, vous verrez, nous les aurons»". Le même jour, le Conseil d'Etat annulait le décret autorisant l'équipement et l'utilisation du pistolet Taser par les polices municipales, publié voici un an. Cette nouvelle réjouira ceux qui fustigent les dangers de cette arme à décharges électriques. D'après le Conseil d'Etat, le mauvais décret pêchait par l'absence de "procédure d'évaluation et de contrôle périodiques" et de "précautions d'emplois". Côté insécurité, la mise en scène élyséenne témoigne de l'agacement présidentiel sur les mauvais résultats de sa politique contre la délinquance: une douzaine de lois depuis 2002, des déclarations à l'emporte-pièce.
La veille, Brice Hortefeux parlait prévention et rapport avec la jeunesse. Hortefeux jouait compassion, ouverture et dialogue. Dès le lendemain, le masque était tombé. Tout ceci n,'était que bavardages et vacarme. Interrogé sur la riposte du préfet Girod de Langlade, Brice Hortefeux, pourtant ministre de tutelle, a eu la réponse cinglante : "no comment, pauvre homme". Le préfet avait été mis à pied par Hortefeux il y a une semaine suite à des accusations de déclarations racistes à l'encontre d'une employée d'aéroport, accusations qu'il avait niées. Il avait ensuite déclaré que son ministre se faisait une image d'antiraciste à bon compte sur son dos. Autre "anecdote", le ministre de l'intérieur a également porté plainte contre des habitants de Bagnolet, qui ont accusé la police d'être responsables de la mort d'un jeune il y a quelques jours. "La procédure est rare" note le Figaro.

Les médias aussi n'ont mis que quelques heures pour souligner combien la ficelle du dialogue était grosse: l'hôte de l'Elysée fut le premier, dès 2002, à stigmatiser la jeunesse des banlieues, jusqu'aux émeutes de novembre 2005. Dans le discours, volontairement provoquant (du "nettoyage au Karchër" aux "Racailles" des banlieues, sans parler de la boulimie législative anti-jeunes telle les récentes lois anti-bandes et anti-cagoule) comme dans les actes (supression de la police de proximité, abaissement à 16 ans de l'âge de majorité pénale), Nicolas Sarkozy fut largement responsable de la dégradation des relations entre la police et la jeunesse... au grand dam des forces de l'ordre. Sarkozy a senti le vent du boulet. Sa politique de lutte contre la délinquance ... est un échec. Faut-il encore des preuves ? «On va faire un effort considérable sur la vidéo surveillance, un moyen moderne de protéger les Français, et je souhaite qu’on donne davantage de moyens à la police technique et scientifique, avec le travail sur les fichiers pour l’analyse sérielle des criminels» a expliqué mercredi Nicolas Sarkozy. Il attend des résultats dès septembre. Il va attendre.

Fillon flingue la taxe carbone
Mercredi 2 septembre, François Fillon a clarifié les modalités de la taxe carbone (dans une interview publiée samedi dans le Figaro Magazine). Elle sera trop modeste pour efficace, trop élevée pour être indolore, mal compensée pour être juste. Ceux qui critiquaient la "démagogie" de l'opposition depuis quelques jours sur le sujet en seront pour leurs frais. Fillon a en effet annoncé que "son" gouvernement installerait cette nouvelle taxe à 14 euros la tonne de carbone, un niveau inférieur de moitié au seuil recommandé par Michel Rocard: «Nous avons décidé d'appliquer de façon progressive cette taxe. En partant du prix de la tonne sur le marché, soit 14 euros. Ensuite, nous mettrons en place une commission indépendante chargée de mesurer les effets de la politique mise en oeuvre et de proposer des correctifs». Quel était le sens de la proposition de Michel Rocard ? Basée sur de savants calculs, le prix de 100 euros, d'ici quelques années, a été retenu comme le prix optimal (car cher) pour décourager suffisamment la consommation des énergies fossiles concernés pour que sa baisse ait un effet sur les engagements en matière de réchauffement climatique. Le rapport Rocard recommandait donc de mettre en oeuvre la taxe à un seuil plus bas (32 euros). Quand Fillon retient 14 euros, il fusille son efficacité par avance. De surcroît, cette taxe ne concernera pas l'électricité («Si la France rejette moins de carbone que les autres pays, c'est grâce à l'électricité, elle-même très majoritairement issue du nucléaire»), comme le réclamaient les écologistes. François Fillon a également précisé les modalités de compensation: les prélèvements obligatoires n'augmenteront pas ... pour tout le monde: «Pour les entreprises, elle (la taxe) sera compensée par une suppression de la part de la taxe professionnelle qui porte sur les investissements. Les ménages, quant à eux, bénéficieront d’une diminution de la fiscalité sur le travail, soit par l’impôt sur le revenu, soit par une baisse des cotisations sociales». François Fillon prévient: «Pour nos concitoyens les plus défavorisés, des inactifs et des habitants des territoires ruraux, nous étudions en outre des mesures financières d’accompagnement. Il est hors de question d’appliquer uniformément ce dispositif à des Français qui ont le choix et à d’autres qui ne l’ont pas.» Fillon reste donc bien flou sur la compensation de cette nouvelle TVA pour les plus pauvres. Il aurait pu préciser la mise en place d'un "Chèque Vert", un dispositif largement connu, et d'ailleurs proposé par les députés Verts en avril dernier.

Quelques heures auparavant, Nathalie Kosciuko-Morizet, l'écolo de service de l'UMP, avait tenté le jour même de déminer le sujet en expliquant que la taxe carbone ne serait pas une taxe... Comprendra qui pourra.

Eric Besson parle pour exister
Le ministre de l'identité nationale s'est livré au jeu publicitaire... en faveur de la nouvelle formule de Libération (dans les kiosques lundi prochain). Mercredi, il était l'invité de France Inter. Le ministre de l'Identité Nationale... A propos des "alliances", le ministre est satisfait : "En général quand on va aux élections, on cherche à les gagner." Besson justifie ainsi l'ouverture du camp présidentiel aux souverainistes de Philippe de Villiers et aux chasseurs. Il préfère cette ouverture "à droite" aux débats Modem/PS, jugeant que l'identité socialiste serait floue. Confronté à un démographe, Eric Lebrun, Eric Besson s'agace en direct. Le premier critique l'absence de réalisme politique, économique et culturel de la politique d'expulsions du gouvernement, en soulignant l'incohérence économique des expulsions d'immigrés clandestins : face à un coût élevé (près de 20 000 euros par expulsion), Eric Besson répond que la non-expulsion coûte également très cher (??). Habile politique, Eric Besson se réfugie derrière l'action de Daniel Vaillant et Jean-Pierre Chevènement, anciens ministres de l'Intérieur avant 2002. Il refuse les critiques, notamment contre le découragement des unions mixtes, mis en oeuvre depuis 2002 ("il n'y a pas de débat"), mais ajoute: "n'y a t il pas de mariages blancs?"

Le journaliste Jean-François Aquili laisse échapper son malaise: "votre constat est vraiment anxiogène."

Ami Sarkozyste, es-tu aussi bavard ?

Fraudeurs, dénoncez vous !

mercredi 2 septembre 2009

Une commission très légère avec le juge d'instruction


Mardi 1er septembre, Nicolas Sarkozy recevait le tant attendu rapport de la Commission Léger, du nom de ce haut magistrat chargé de présider la réflexion sur la réforme de l'instruction. Des blogueurs experts apporteront un regard compétent sur l'affaire. Un "pré-rapport" avait été communiqué en mars dernier. Samedi, les informations publiées par le Journal du Dimanche avaient de quoi raviver les inquiétudes de ceux qui ont critiqué, en janvier dernier, les premières annonces du président français à l'occasion de ses voeux à la Justice.

Réforme ou régression
"Le rapport qui enterre le juge d'instruction" titre le Figaro. "Le rapport qui sonne la fin du juge d'instruction" expliquait déjà le Journal du Dimanche dans son édition de samedi. Le constat est unanime. Le rapport de la Commission Léger recommande l'enterrement en bonne et due forme du juge d'instruction. Depuis trois décennies, les différentes réformes de la justice ont déjà permis à un nombre croissant d'enquêtes d'échapper aux juges d'instruction. Parmi les propositions, on citera les points remarqués suivants:

1. La suppression du juge d’instruction: "Il cumule les fonctions d’un juge avec celles d’un enquêteur. En d’autres termes, il n’est pas totalement juge, et pas totalement enquêteur" concluent les auteurs du rapport.
2. Les procureurs deviennent seuls en charge des instructions, mais restent soumis à l'autorité, hiérarchique, du Garde des Sceaux.
3. Les auteurs proposent de confier le contrôle des enquêtes pénales à un "juge de l’enquête et des libertés". A charge pour ce dernier d’autoriser les mesures "les plus attentatoires aux libertés", (perquisitions, écoutes téléphoniques ou informatiques). Il serait "garant de la loyauté de l’enquête".
4. Les procès d’assises seraient allégés, et les peines minorées, quand l’accusé reconnaît sa culpabilité (le "plaider coupable").
5. Des citoyens seraient intégrés dans les formations de jugement correctionnel.
6. Les gardes à vue seraient plus limitées et et le rôle de l'avocat durant cette période serait accru.
7. Le temps de détention provisoire serait raccourci.
8. La violation du secret de l'instruction serait dépénalisée. Il faut avouer que le contenu des instructions les plus sensibles se retrouve dans la presse avec une instantanéité qui ne lasse de surprendre...
9. Le président d'audience serait "neutralisé": il n'aurait plus le droit de rappeler les faits en début d'audience, ni de poser des questions aux différentes parties

Avec l'appui de ce rapport "indépendant", Nicolas Sarkozy aura donc la peau du juge d'instruction. A l'instar du JDD, on pourrait rappeler les récentes affaires sensibles emblématiques traitées par des juges d'instruction, qui ont secoué le pouvoir politique: Angolagate, Karachigate, HLM de Paris, faux électeurs du 5ème arrondissement de Paris, détournements de fonds de chefs d'Etat africains, sang contaminé, OM-VA, Urba, la liste est longue et décisive. Tout récemment, une juge d'instruction, Françoise Desset, a encore démontré l'utilité de sa fonction. En mai dernier, elle a jugé recevable la plainte avec constitution de partie civile déposée par l'association Transparence international France contre certains chefs d'Etat africain. Le parquet en décida autrement. Il estima que les plaignants n'étaient pas lésés par cette affaire.

Les fausses réponses
Rachida Dati répond évidemment aux critiques. L'ancienne Garde des Sceaux exilé au Parlement européen depuis juin dernier a profité de la polémique naissante pour s'exprimer sur un sujet qu'elle connaît bien: "Je me réjouis que ce travail arrive à son terme. J’en avais parlé au président dès que je suis arrivée au ministère. Cela faisait partie de son programme présidentiel de 2007 mais je savais qu’il fallait aller vite." Elle s'abrite derrière l'affaire Outreau pour justifier la mesure. Le scandale d'Outreau est l'étendard brandi par les promoteurs de cette réforme: "Sur le papier, le juge d’instruction est un modèle parfait. Il instruit en toute indépendance, à charge et à décharge. La réalité n’est pas exactement celle-là. Ce n’est ni le président de la République ni moi qui avons inventé l’affaire d’Outreau pour décrédibiliser la fonction du juge d’instruction. Cette affaire, qui n’est pas une affaire politico-financière, a néanmoins démontré les failles de notre système, celle du juge d’instruction, mais aussi des avocats (qui ne demandent pas toujours les actes nécessaires), du parquet, des services d’enquête…"
C'est bien l'indépendance du juge d'instruction qui est visée. le procureur, qui mènera les instructions à l'avenir (quand les propositions deviendront loi), restant sous l'autorité du parquet. Rachida Dati ose tout, même les justificaions les plus énormes : "Un gouvernement doit être en capacité de définir des priorités en matière de poursuites et de les voir appliquer sur tout le territoire de la même façon. Dans le cas contraire, un procureur pourrait décider de ne plus s’intéresser aux affaires de violences conjugales et de mettre l’accent sur les violences routières, et son collègue adopter l’attitude inverse." Sans faire de juridisme (je n'en ai pas les compétences), on peut critiquer l'amalgame. Définir les priorités de la politique pénale est certes du ressort du gouvernement. Mais comment oser laisser penser que les juges ne devraient enquêter que sur les sujets définis par ce dernier ? Bizarrement, Rachida Dati ne prend pas les affaires Elf ou des HLM de Paris comme exemples.

Sarkozy est heureux
Mardi, Nicolas Sarkozy était satisfait. Il pouvait l'être. Une commission "indépendante", une de plus, lui donne un prétexte pour mettre en oeuvre une contre-réforme qu'il souhaitait dès le départ. Il veut même aller vite. Mardi, il a même parler de "progrès de civilisation". La commission Légér comptait 17 membres. Deux ont démissionné en janvier, à l'annonce du projet présidentiel de supprimer le juge d'instruction (à quoi engager une réflexion en commission si le chef de l'Etat donne le résultat par avance ?). Deux autres membres ont été promus. Philippe Lemaire, procureur de Lille, est devenu procureur général de Riom, et Martine Bernard, présidente de la chambre de l'instruction d'Aix-en-Provence, a été promue à Paris. Parmi les autres membres, on pourrait citer Thierry Herzog, avocat de ... Nicolas Sarkozy; le colonel Colonel Michel Bonnin, adjoint au sous-directeur de la police judiciaire au ministère de la défense d'Hervé Morin; Me Hervé Lehman, avocat récent d'un sénateur UMP, ou Gilles-Jean Portejoie, avocat de Jacques Mellick, de Bernard Tapie, Kofi Yamgnane ... et de Johnny Halliday.

Une commission ... indépendante, on vous dit !

Ce mardi, on apprenait que la justice de Sarkofrance avait "lavé" de tout soupçon son proche conseiller François Pérol, parti pantouflé à la tête de la nouvelle banque issue de la fusion des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires. Le Parquet, c'est-à-dire le Ministère de la Justice, vient de classé l'enquête sans suite. Le parquet a considéré qu'aucune charge ne pouvait être retenue contre Monsieur Pérol. Ce dernier n'avait pas saisi, faut-il encore le rappeler, la commission de déontologie. Conseiller économique de Nicolas Sarkozy pour le secteur financier et bancaire, le voici à la tête de la seconde banque du pays.

Ce n'est pas un juge d'instruction qui viendra dire le contraire...

Emprunt: les commissions ne servent pas à enterrer les dossiers

mardi 1 septembre 2009

La rentrée morose des ministres de Sarkofrance

Nicolas et Carla Sarkozy ont enfin quitté leur résidence estivale du Cap Nègre, lundi matin. Après cinq semaines d’absence, à l’exception du bref aller et retour de la semaine dernière, le président français est revenu travailler. Iest parti en Allemagne, rencontrer Angela Merkel. En France, la rentrée, enfin, est sur toutes les lèvres : scolaire, mais aussi fiscale, sociales et politique.

Rentrée fiscale
« Est-ce que j’ai une tête à bluffer ? » s’est exclamé Eric Woerth. Dimanche, le ministre du budget a créé la surprise, en annonçant disposer d’une liste de 3 000 contribuables français ayant des comptes en Suisse. Il leur conseille de régulariser leur situation fiscale d’ici décembre, faut de quoi, le fisc sévira. S’il a cette liste, pourquoi attendre que les intéressés se dénoncent ? Les agents assermentés de l'Etat, quand ils ont connaissance de délits, font-ils habituellement preuve d'une telle clémence ? Sans doute Eric Woerth espère-t-il que certains évadés fiscaux, sans savoir s’ils sont mentionnés ou pas dans le fameux document, se précipitent à leur centre des impôts.

Le ministre a précisé que ces noms ont été obtenus auprès de 3 banques, sans contrepartie financière, et sans attendre l’entrée en vigueur (non encore votée par le parlement helvétique) de l’accord d’échanges d’informations fiscales entre la France et la Suisse en janvier prochain. En Suisse, on s’interroge et on critique : violation du secret bancaire, tentative d’intimidation, simple bluff, tout y passe.

"Le coup de semonce du ministre du Budget est perçu comme du bluff, lié à l’échec du guichet fiscal de régularisation qui, à ce jour, n’a bouclé que vingt dossiers." La Tribune de Genève.

Rentrée Umpiste
Xavier Bertrand se sent peut être à l’étroit dans son bureau de l’UMP. Les ministres ont occupé tout l’été le devant de la scène médiatique. Lui n’est plus ministre depuis 8 mois déjà. Sarkozy multiplie les appels à l’action et la détermination gouvernementales. Lui ne peut que suivre et commenter. A l’UMP donc, Xavier Bertrand a tenté de faire sa rentrée et rompre l’ignorance médiatique qui l’entoure. Et tout est bon pour le spectacle. Réfugié dans une station de ski des Alpes Maritimes, en compagnie de Christian Estrosi, Xavier Bertrand avait rassemblé quelques militants du parti présidentiel pour justifier l’élargissement estival aux souverainistes du MPF et aux chasseurs. Quatre parachutistes sont allés plantés un drapeau de l’UMP au pied du téléphérique d'Auron.
«Le MPF de Philippe de Villiers et les chasseurs nous rejoignent. Mais je n'ai proposé à personne d'adhérer à l'UMP. Le programme présidentiel est le ciment entre nous. Ce qui est important, c'est que nous ne nous trompions pas d'adversaire».
Mercredi, Nicolas Sarkozy reprend sa casquette de chef de clan, en présidant, à l’Elysée, le premier comité de liaison de la majorité en présence des nouveaux venus Philippe de Villiers et Frédéric Nihous, aux côtés de l'UMP, des radicaux, des chrétiens-sociaux, du Nouveau Centre (Hervé Morin), des « Progressistes » (Eric Besson) et de la « Gauche moderne » (Jean-Marie Bockel). Le toujours-pas-ministre Frédéric Lefebvre s'est expliqué, à contre-coeur, sur son nouvel échec gouvernemental. Nicolas Sarkozy a renoncé à tout remaniement gouvernemental avant mars prochain. Frédéric Lefebvre attend depuis juin un strapontin ministériel, en compensation de la perte de son mandat de député: "Quand vous quittez le Parlement sans en avoir pris la décision, je ne sais pas comment vous pouvez appeler ça si ce n'est une épreuve. Je ne vais pas vous dire que ça me fait plaisir." Il a aussi profité de son point presse de rentrée pour tancer Ségolène Royal. La présidente de Poitou Charente avait fustigé le projet de taxe carbone, vendredi dernier à la Rochelle. Lefebvre fit exprès de ne pas entendre la critique du PS. Ce dernier, rejoint par Michel Rocard, argumente que la fiscalité écologique doit être sociale.

Rentrée scolaire
Luc Chatel avait raté sa rentrée anticipée, il y a quinze jours. Invitant la presse à le rejoindre dans un supermarché pour le lancement de l'opération "LES ESSENTIELS DE LA RENTRÉE", une sélection de produits scolaires à bas prix, il avait été surpris en flagrant délit de manipulation médiatique : les rares clientes présentes dans les rayons étaient des militantes UMP. Patatras ! Depuis, Luc Chatel s’est surtout exprimé sur la grippe A H1N1. Le virus occulte les suppressions d’emploi (encore 13 500 pour cette rentrée) et la réforme du lycée (qui sera présentée plus tard en septembre). Des réformes Darcos des 2 dernières années précédentes, nombre d’entre elles sont restées lettre morte. Parmi les « réalisations », on peut citer les suppressions de postes (plus d’une dizaine de milliers par an, essentiellement dans des postes d’enseignants), et la généralisation du bac professionnel en trois ans. Autre annonce, des stages de remise à niveau ont également accueilli quelques 138 000 élèves cet été. En revanche, l’aide personnalisée, mise en place en contrepartie de la suppression des cours le samedi matin, n’a pas été étendue à toutes les écoles primaires, faute de budget. L’ouverture des lycées le dimanche, une déclinaison polémique de l’extension du travail le dimanche, n’a pas vu le jour. Il y a fort à parier que les établissements du secondaire resteront encore longtemps fermé le 7ème jour de la semaine, faute de moyens. On attend toujours aussi les «brigades de la paix scolaire» pour lutter contre la violence à l’école, et les portiques à l’entrée des établissements.

Rentrée policière
Lundi, le ministre de l'intérieur a entamé sa première journée de consultation, sur les trois qu'il organise cette semaine, sur le thème de la sécurité. Opération médiatique par excellence, ces travaux sont mis en scène avec soin, comme le notait le Figaro: lundi, "prévention et dialogue" entre police et jeunes; mardi, "repression" et riposte; mercredi, synthèse. Ce lundi, Hortefeux, acocmpagné de Xavier Darcos, Fadela Amara, et de Martin Hirsch, a reçu une vingtaine d'associations nationales ou de quartier (SOS-Racisme, Zy'va du Petit Nanterre, les Braves garçons d'Afrique, le Raid Aventures). L'occasion de rappeler que la police doit être courtoise, mais qu'elle a subi un nombre croissant de violences à son encontre. Les participants sont sortis contents. Ceux qui n'étaient pas invités rongent leur frein.

Rentrée sociale
Deux mois après son lancement, le Revenu de Solidarité Active en est à son premier bilan . Le quotidien La Tribune a critiqué le faible démarrage du dispositif. Les services de Martin Hirsch se défendent : 620 000 demandes d’inscription reçu à fin juillet, 200 000 supplémentaires en août, sur un potentiel estimé à 1,9 millions de personnes. Comment interpréter le faible taux de traitement ? 286 000 personnes ont effectivement reçus un RSA depuis juillet, soit 35% des demandeurs. La Tribune parlait de 195 000 bénéficiaires.

Depuis Berlin, Nicolas Sarkozy se satisfera de l'inauguration du premier "internat d'excellence", ces établissements réservés à des élèves méritants issus de milieux défavorisés. Dimanche, les 128 premiers élèves ont été accueillis dans une ancienne caserne militaire à Sourdun (Seine-et-Marne).

Un internat d'excellence, c'est bon pour l'image.

RSA: un démarrage lent...



(bonne rentrée à Politistution, ie La Rage au Ventre !)