22 janvier 2010

La Sarkofrance coûte souvent des millions


Le chiffre est magique : 1,6 millions d'euros, comme la rémunération d'Henri Proglio à EDF ou le coût de la visite de Nicolas Sarkozy à la Réunion. En millions se compte aussi l'aide gouvernementale à la presse en 2009, reconduite en 2010 sous forme de skyblog sur-mesure.

Les 1,6 millions d'euros d'Henri Proglio
Henri Proglio a "rendu" 450 000 euros aux actionnaires de Veolia. Il a en fait abandonné les émoluments votés de façon totalement légales et transparentes par le conseil d'administration du groupe privé. Chose curieuse, les premiers commentaires médiatiques étaient élogieux sur sa décision. Les salariés d'EDF et les contribuables seront heureux de savoir qu'ils supporteront seuls les 1,6 millions d'euros de salaires de M. Proglio. Fallait-il que les médias s'emparent de l'affaire pour que le gouvernement recule ? Depuis septembre, la question est bel et bien posée. Le gouvernement navigue à vue sur toutes les questions éthiques. Concernant Proglio, dont personne ne conteste les compétences, le cumul des responsabilités public/privé reste "LE" sujet de polémique. Depuis lundi, et la révélation de cette double rémunération par le LePoint.fr, le gouvernement a tenté de faire front. Fidèle à ses formules alambiquées, Christine Lagarde a justifié qu'il n'y avait "pas de cumul opérationnel". Quelques heures plus tard, "à la demande du président de la République", comme le précise le Monde, Henri Proglio battait retraite.

Les 1,6 millions d'euros de Sarkozy en Outre-Mer
Le déplacement de Nicolas Sarkozy à la Réunion, mardi dernier, a coûté 1,6 millions d'euros (information du Post, relayé par notre confrère Peuples.net). Un journal local détaille son calcul: 815.000 euros de transport, 688.800 euros de sécurisation, 17.000 euros d'invitations, 10 000 euros pour la location de salle, 50 000 euros de climatisation, 23 000 euros de frais de bouche, et 13 000 euros d'hébergement. Ces calculs ont été expliqués par la rédaction du journal.

L'Etat a dépensé 42 millions d'euros pour la presse
Le gouvernement a bien servi la presse. Le pouvoir se paye les journaux. La formule est facile. En 2009, ses investissements publicitaires dans la presse ont augmenté de 113% pour atteindre 42 millions d'euros. Thierry Saussez, le publicitaire devenu patron du Service d'information du gouvernement (SIG) en 2008, s'est félicité: «Les investissements publicitaires de l'État en presse écrite se rapprochent pour la première fois depuis cinq ans de ceux de la télévision ». Ces derniers représentaient 48,5 millions d'euros la même année. Dans le détail, la presse quotidienne nationale (Libération, Le Monde, Le Figaro, etc) a reçu 8,2 millions d'euros (+228%), et la presse magazine (L'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, etc) : 13,6 millions d'euros (+113%). Ces dizaines de millions n'étaient pas une subvention désintéressée. Tout au long de l'année, le gouvernement s'est payé des pages de publicité pour louer ses mesures "sociales", "immédiates", "justes" contre la crise.

En 2010, le gouvernement veut viser les "jeunes" : un service internet gouvernemental va être créé chez Skyrock, la "radio des 15-22 ans". Cette information publi-rédactionnelle proposera des " informations pratiques" sur le logement ou les aides étudiantes, rédigées par les équipes de la station. Par ailleurs, les services de MM Sarkozy et Fillon dépenseront 1,5 millions d'euros pour créé le site France.fr, le "portail officiel de la France." Cocorico !

Albert Frère et ses millions de plus-values françaises
La justice Belge, rapporte le magazine Challenge, enquête depuis juillet sur une curieuse affaire impliquant Albert Frère, décoré de la Grand Croix de la Légion d'Honneur par Nicolas Sarkozy en février 2008. M. Frère a acheté la chaîne de restauration rapide QUICK pour 300 millions en 2004, puis l'a revendu à la Caisse des Dépôts pour ... 800 millions en 2006. Le Parquet de Paris avait déjà classé sans suite l'affaire en 2008. Mais le 24 juillet 2009, Jean-Marie Kuhn, un homme d'affaires français, s'est porté partie civile. Il argumente que cette opération, très rapide, visait à procurer à Albert Frère des liquidités suffisantes "en vue de permettre un investissement conséquent dans le capital de la société Suez"avant son rapprochement avec Gaz de France. Selon lui, la CDC aurai agi sur ordre des autorités françaises. Après l'opération, Albert Frère a augmenté sa participation au capital de Suez, par l'intermédiaire de l'une de ses holdings. Il était l'actionnaire principal de Suez. "L'homme d'affaires français évoque ainsi dans une récente interview au magazine économique belge Trends la possibilité d'"un pacte" entre Albert Frère et Nicolas Sarkozy, remontant à 2004 quand ce dernier était ministre des Finances." explique Challenges.

Cette manipulation, si elle est avérée, est illégale.

... Et la dernière idée d'Eric Besson
Courrier International publie cette semaine un article du quotidien suisse Le Temps. La nouvelle proposition du ministre de l'Identité Nationale y est fustigée. François Gross, auteur de l'article, n'a pas de mots assez durs:
Eric Besson, chef d'orchestre du débat sur l'identité française, envisage de saisir Nicolas Sarkozy d'une idée de son cru: souder la communauté nationale en couchant sur le papier des principes "moraux et politiques" censément partagés par tous les enfants de la patrie. La proposition est de la même farine que si le Père Ubu l'avait rédigée lui-même. Demander aux jeunes Français de parapher ces tables de la loi avant d'être admis à approcher l'autel du local de vote est une aberration. On ne s'étonne pas de l'entendre dans la bouche d'un personnage déjà dépeint dans Napoléon-le petit par Victor Hugo quand il y parle de "tous ces hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que de la honte".
Nicolas Sarkozy préfère prendre de la hauteur, ne pas répondre ni réagir aux polémiques qu'il suit pourtant attentivement. Jeudi, il recevait les voeux des communautés religieuses. Ces dernières ont exprimé leur réticence à toute législation anti-burqa. Le matin, Jean-François Copé se félicitait sur France Inter de la prochaine loi contre la Burqa. Cette fois-ci, qui Nicolas Sarkozy écoutera-t-il ?

Sarkozy a aussi fait savoir qu'il s'échapperait au Rwanda le 26 février prochain. Une grande première, loin du pouvoir d'achat, des grèves, des couacs de ses ministres et autres dérapages éthiques de sa présidence. A 22h07, heure française, les communicants de l'Elysée ont fait paraître ce curieux communiqué, si court, si inutile :
"Le Président de la République et la Chancelière d’Allemagne se sont entretenus aujourd’hui au téléphone. Leur entretien a porté principalement sur la concertation franco-allemande en vue de la conférence de Londres sur l’Afghanistan, le 28 janvier, ainsi que sur la préparation de la prochaine réunion du Conseil des Ministres franco-allemand, le 4 février."
Et à 22h08, rien à publier ?

1 commentaire:

  1. Me Olivier Morice, avocat de parties civiles dans l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002, a accusé vendredi le ministère de la Défense d'avoir "caché" l'existence de documents secret-défense alors que les autorités françaises assuraient que tout avait été transmis à la justice.

    http://www.lesechos.fr/depeches/france/afp_00223939-karachi--un-avocat-accuse-l-etat-d-avoir-cache-des-documents-classifies.htm

    Le ministre de la Défense actuel, Hervé Morin, était lui-même conseiller de François Léotard à l'époque du contrat entre la France et le Pakistan !

    Hervé Morin faisait partie du clan Balladur-Sarkozy à l'époque (1993-1995).

    Tu m'étonnes que le ministère de la Défense cache certains documents concernant l'attentat de Karachi !

    Tout le clan Balladur-Sarkozy est mouillé dans ce Watergate français !

    Le clan Balladur-Sarkozy (1993-1995) :

    - le Premier ministre Edouard Balladur,
    - son directeur de cabinet : Nicolas Bazire,
    - le ministre du Budget Nicolas Sarkozy,
    - le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy : Brice Hortefeux,
    - le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua,
    - le ministre de la Défense François Léotard,
    - le directeur de cabinet de François Léotard : Renaud Donnedieu de Vabres,
    - le conseiller de François Léotard : Hervé Morin.

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