13 janvier 2010

Sarkozy fait ses voeux à la Santé

Cela faisait longtemps qu'il n'y était pas revenu. Nicolas Sarkozy s'est déplacé jusqu'à Perpignan pour délivrer ses voeux aux personnels de la santé. Des voeux défensifs sur fonds de polémiques.

La machine gouvernementale s'est grippée
Le processus de vaccination contre la grippe A a suscité de nombreuses polémiques en France. Il serait difficile de reprocher au gouvernement d'avoir été trop prudent. Honnêtement, on ne saura la vérité que bien plus tard. La vaccination a été un échec. L'annulation de 50 millions de commandes de vaccins ne change rien au problème. Depuis l'été dernier, le gouvernement a agité la psychose d'une pandémie mortelle et terrifiante. Il a choisi de convier massivement les Français dans des centres, plutôt que de passer par les médecins généralistes et de cibler les populations à risques. Le vaccin lui-même a été insuffisamment testé. En novembre, la vaccination unidose était confirmée. Bachelot a attendu janvier pour céder à la pression, et annoncé qu'elle renonçait à 50 millions de doses excédentaires. Au final, la situation française est cocasse : le pays n'est pas le mieux vacciné contre la grippe A ! A peine 5 millions de Français ont franchi le pas, soit 7% de la population. Le taux de vaccination atteint 61% en Suède, 55% au Canada, 10% aux Etats-Unis, 5% en Allemagne.  La Commission européenne recommandait, en août dernier, une vaccination de 75% des populations à risque (personnes âgées et personnes sensibles). On est loin du compte ! Voici le paradoxe français: une organisation quasi-militaire pour vacciner toute la population en quelques mois et ... le flop total.

La santé, en 2010, va coûter plus cher aux Français.
On se souvient des nouvelles franchises médicales effectives depuis janvier 2008. Les malades payent davantage. En 2009, de nouveaux déremboursements de médicaments (une centaine environ), l'augmentation des tarifs de mutuelles (conséquence de la taxation exceptionnelle du gouvernement imposée aux mutuelles cette année), la hausse du forfait hospitalier, sont autant de mauvaises nouvelles pour les assurés. le gouvernement évite le sujet qui fâche:  le financement de l'assurance maladie repose peu sur les revenus du capital. Depuis 2001, la santé pèse plus lourd dans le budget des ménages, surtout modestes et âgés. Une étude publiée en novembre dernier dressait un tableau calamiteux de la situation. Les exonérations fiscales et sociales, compensées par l'Etat à la Sécu, n'arrangent rien. La réforme de la carte hospitalière, en application de la loi Bachelot votée en 2009, transforme le patient en client, le directeur d'hopital en patron d'entreprise, le tout avec une centralisation toute jacobine dans les mains des préfets... On croit rêver. La santé est-elle un bien de consommation ? En 2009, les hopitaux français ont perdu 1800 postes. L'Assistance publique Hôpitaux de Paris prévoit, elle, de supprimer un millier de postes en 2010.

Les voeux empoisonnés
Ce sombre tableau n'a pas empêché le président français de souhaiter ses voeux, mardi 12 janvier, devant une assistance docile d'environ 1500 personnes, dans le Palais des Congrès de Perpignan, dans un centre ville bouclé et sécurisé : un millier de barrières, 400 CRS, des hélicoptères de surveillance balayant les cieux depuis le matin. A Perpignan, Nicolas Sarkozy était une fois de plus, comme pour ces voeux aux armées, à la culture, aux "forces économiques", ou aux enseignants, sur la défensive. Ironie du sort, le Monarque a souhaité que la loi Bachelot puisse entrer en application ... avant son premier anniversaire. La Sarkofrance est ainsi. Rien n'a changé. Certains décrets d'application s'adoptent plus vite que d'autres. Derrière le volontarisme de façade et de cisrconstances, la mise en oeuvre ne suit pas. Que Sarkozy exprime souhaiter que l'ensemble des décrets d'application de la loi sur la réforme de l'hôpital soient publiés avant le premier anniversaire de la promulgation de ce texte, le 21 juillet dernier, est révélateur ... de son énervement. .Sur le fonds, Sarkozy a réitéré l'exigence de voir le déficit des hopitaux publics ramenés à zéro d'ici 2012: "Ce n'est pas une question d'idéologie, c'est une question de bon sens". la Sécurité Sociale prendra aussi un coup. Son déficit "chronique" sera abordé lors de la fameuse Conférence sue les déficits qu'il entend organiser à compter de la fin janvier. Autre sujet de polémique, la grippe A. Là encore, le Monarque n'a pas de doute sur la justesse de son action : "On a trop de vaccins ? Eh bien on annule les commandes (...) On revendra ceux qu'on a en trop mais il n'y a pas un seul Français qui pourra dire à un ministre de la Santé, 'je voulais être vacciné, je n'ai pas pu être vacciné'", Il laisse à d'autres - une enquête parlementaire ? - le soin de comprendre pour quoi la vaccination massive a échoué, et quels ont été les dédommagements accordés aux laboratoires.

En ces temps de débat identitaire, Nicolas Sarkozy n'a pas eu un mot pour affirmer, rappeler, soutenir que la Sécurité Sociale était l'un des ferments de la solidarité nationale, un acquis de l'histoire récente. A Perpignan, Sarkozy a présenté la santé comme il la voit : un truc qui coûte cher à trop de monde, et qui ne mérite que quelques efforts ciblées sur quelques "causes nationales" bien ciblées.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

2 commentaires:

  1. Un nouveau né est mort faute d'une clinique à proximité

    RépondreSupprimer
  2. Sarkozy balance la phrase du siècle :

    " Mourir, c'est pas facile. "

    http://tv.lepost.fr/2010/01/13/1885341_nicolas-sarkozy-balance-la-phrase-du-siecle.html#xtor=ADC-218

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.