28 février 2010

Le chômage n'a jamais baissé en Sarkofrance

Le chômage ne baisse pas. Le 25 janvier dernier, Nicolas Sarkozy n'avait fait qu'une promesse aux onze témoins rassemblés par TF1 le temps d'une soirée d'intervention présidentielle: le chômage va baisser. Sur le coup, certains commentateurs s'étaient dits que le Monarque devait disposer de quelques statistiques d'avance.

La fausse baisse de décembre
Effectivement, trois jours tard, le ministère de l'emploi confirmait une baisse officielle du nombre de demandeurs d'emploi en décembre 2009. Déjà à l'époque, on pouvait remarquer que cette diminution fort opportune masquait d'inquiétantes évolutions: le nombre de cessations pour défaut d'actualisation étaient en forte hausse par rapport au mois précédent. Pire, à relire la communication de janvier, on réalise que le chômage n'avait finalement pas baissé en décembre... Patatras ! Le story-telling sarkozyen en prend un coup : la direction des études et statistiques (Dares) du ministère de l'Emploi a dû retravailler a posteriori ses chiffres et corrigé, un mois plus tard, les données qu'elle avait livrées en décembre dernier. Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi (?) s'en est expliqué : "Ça joue parfois dans le sens de mauvaises nouvelles, comme en décembre où il était stable; à l'inverse, en novembre, on nous avait dit qu'il y avait une très forte augmentation du chômage, la réalité est qu'elle est beaucoup plus faible". Cette "correction" des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables a produit un résultat contraire aux promesses présidentielles : le nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie A en décembre a été révisé à la hausse de 23.400. Le nombre total d'inscrits (catégories A, B et C) en France métropolitaine, a augmenté "nettement plus" en décembre qu'annoncé initialement (+0,6% au lieu de +0,2%), atteignant 3,849 millions contre 3,823 millions précédemment, "soit une révision de +24.600".

La vraie hausse de janvier
Jeudi dernier, les résultats de janvier sont tombés. Nicolas Sarkozy doit enrager. Le chômage, même officiel, est reparti à la hausse. Que s'est-il passé ? " Le nombre des entrées est supérieur à celui des sorties" commente laconiquement le ministère de l'emploi, dans l'annexe 6a qui détaille les flux d'entrées et de sorties des catégories A, B et C: pour ces trois catégories, 543 000 nouveaux demandeurs se sont inscrits en janvier 2010. Pourtant, Pôle emploi ne chôme pas. Depuis janvier 2009, le nombre d'offres d'emploi collectées est en hausse (+17% sur 12 mois glissants), pour atteindre 272 000 postes. Un chiffre largement insuffisant au regard des demandes d'emplois.

507 000 personnes seulement sont sorties des statistiques de pôle emploi sur le seul mois de janvier. Parmi elles, les cessations d'inscription pour défaut d'actualisation ont encore fortement progressé pour atteindre l'essentiel des sorties du mois : 207 000 en janvier, contre 199 000 en décembre et 165 000 en novembre. Ces "défaut d'actualisation" progressent depuis près d'un an, date de la fusion de l'ANPE avec les ASSEDIC (cf graph ci-joint). Ils correspondent "aux cas où le demandeur d’emploi n’a pas actualisé sa déclaration de situation mensuelle", précise pôle emploi. Il est toujours surprenant de constater que le premier motif d'évolution du chômage n'est pas l'emploi mais le renseignement des fiches de situations à pôle emploi ! Seconde cause de sorties, les reprises d'emploi déclarées ont chuté à 90 000 (contre 107 000 en décembre).

Au total, la France comptait 4,778 millions de demandeurs d'emploi fin janvier 2010, sans compter l'inactivité cachée dans les entreprises (chômage partiel). En données corrigées des variations saisonnières, le chiffre "retombe" à 4,4 millions, et se décompose comme suit :
  • 2,664 millions en catégorie A (+0,7% en janvier, +16% sur un an)
  • 511 000 en catégorie B (-1,1% en janvier, + 9% sur un an)
  • 689 000 en catégorie C (+0,3% en janvier, +24% sur un an)
  • 246 000 en catégorie D (+ 4,7% en janvier, +31% sur un an)
  • 290 000 en catégorie E (-1,7% en janvier, + 29% sur un an).
Sarko prend peur
Devant cette accumulation de mauvaises nouvelles, Nicolas Sarkozy a précipité François Fillon sur le front: "On voit qu'autour de nous le chômage augmente encore très fortement, aux Etats-Unis aujourd'hui même." Ouf ! C'est pire ailleurs. La France ne résiste donc t-elle pas mieux que ces voisins ? L'anxiété présidentielle se lit ailleurs. Il y a moins de 15 jours, lors d'un "sommet social" à l'Elysée, Nicolas Sarkozy bottait en touche sur le cas du million de chômeurs en fin de droits en 2010, dont près de 600 000 n'auront droit à aucune aide sociale de relais. Il fallait d'abord un diagnostic, annoncé pour le mois d'avril. Sans attendre plusieurs longues semaines, voici Laurent Wauquiez qui promet ce qu'il ne pouvait promettre il y a 10 jours à peine : «L'Etat et l'assurance chômage ensemble vont dégager plusieurs centaines de millions d'euros. Fin mars, tout cela doit être opérationnel». «Des gens nous attendent» a commenté le secrétaire d'Etat à l'Emploi. Effectivement. Et depuis des lustres.

Social: le manque de moyens

27 février 2010

147ème semaine de Sarkofrance : la monarchie en place

La République n'est pas morte, mais la monarchie sarkozyenne est déjà bien en place. Une monarchie qui nomme, convoque, régule, remercie. Mais une monarchie qui vacille, quand son story-telling est contredit par les faits. Et la réalité, comme toujours, est têtue.

Sarkozy régule
Cette semaine, le président français a tenu à montrer, une nouvelle fois, qu'il incarnait la régulation. Après les banques (l'été dernier), l'automobile (en janvier), voici au tour des dirigeants de Total de se voir convoqués à l'Elysée à cause d'un conflit social dans leur entreprise. N'espérez pas autre chose que des convocations. Point de loi pour mieux répartir les profits («dans trois mois, il tranchera» nous répète-t-on tous les 6 mois), ou réévaluer le rôle des salariés dans la gestion des entreprises. Sarkozy préfère convoquer dès qu'un conflit devient trop symbolique. Et cette fois-ci, il l'est. Total, multinationale multi-profitable, veut fermer une usine de raffinage à Dunkerque. L'Elysée lui avait secrètement demandé d'attendre l'issue des élections régionales pour l'annoncer. Les syndicats ont dévoilé le pot aux roses. La grève s'étend. Total assure la moitié de l'approvisionnement en essence du pays. Voici coup sur coup Thierry Desmaret, le président, puis Christophe de Margery, le directeur général, qui gravissent les marches de l'Elysée, sommés de s'expliquer. Sarkozy doit faire semblant d'être surpris. On imagine l'interrogation commune de Sarkozy et de ces patrons : que va-t-on dire au bon peuple en sortant de la réunion ? La monarchie a cette caractéristique politique bien précise que la régulation émane in fine du monarque et non des corps intermédiaires au premier rang desquels le parlement. En coulisses, certains relèvent que la régulation de l'énergie en France a pris un sacré coup ces dernières années : privatisation de GDF (malgré les promesses de Sarkozy ministre des Finances en 2004), ouverture du marché de l'électricité à la concurrence (Europe oblige), et maintenant un discret décret, paru la semaine dernière, qui conférait l'arbitrage ultime en matière de fixation des tarifs réglementés du gaz à une autorité indépendante. Auparavant, le ministre de l'Economie avait le dernier mot. GDF vient de révéler qu'il s'apprêtait à augmenter de 9% le prix du gaz le 1er avril prochain. En toute légalité sarkozyenne. Que fait Nicolas ?


Sarkozy nomme
Que le frère de Philippe de Villiers devient chef d'état major particulier du président français n'est ni surprenant - vu la carrière de l'intéressé - ni choquant. En revanche, d'autres nominations le furent assurément. Sarkozy a choisi Didier Migaud pour présider la Cour des Comptes, en remplacement de Philippe Séguin. Le socialiste présidait jusqu'à lors la commission des finances de l'Assemblée Nationale. C'est la «relance de l'ouverture», la preuve que nous vivons dans «une démocratie aboutie» ont rapidement commenté quelques zélotes du Monarque élyséen. Vraiment ? Nicolas Sarkozy préfère un socialiste à la tête de cette institution de contrôle, pour deux raisons très simples : primo, il espère chahuter le parti socialiste. Jack Lang ne s'est d'ailleurs pas privé d'applaudir des deux mains avant même que cette nomination ne fut confirmée. Instrumentaliser les nominations à quelques semaines d'une échéance électorale est une opération politique minable. Secundo, tant qu'à être critiqué par la Cour des Comptes, il vaut mieux l'être par un socialiste dont il sera toujours facile de rappeler l'appartenance politique, que par un esprit indépendant de son propre camp.
Nicolas Sarkozy a aussi choisi Michel Charasse pour le conseil constitutionnel. Ce n'est plus de l'ouverture, c'est du retour d'ascenseur pour quelqu'un qui avait reçu en grandes pompes, juste avant le scrutin présidentiel de 2007, le candidat de l'UMP. Charasse a été exclu du parti socialiste officiellement en 2008. Cette nomination, il l'attendait avec gourmandise et ne s'en cachait pas. Le Monarque a également fait placer un ex-responsable internet de l'UMP au sein d'HADOPI, la haute autorité chargée de lutter contre les pirates du Net. Il n'y avait sans doute pas de meilleur candidat. Chez France Télécom, il a trouvé une place à Christine Albanel, son ancienne ministre de la Culture, et Pierre Louet, le patron de l'AFP. Ce dernier, pourtant tout juste réélu à la tête de l'agence, était vivement critiqué par l'UMP en 2008, qui accusait l'agence de rouler pour Ségolène Royal. Les deux travailleront pour Stéphane Richard, ancien dircab de Christine Lagarde, devenu en moins d'un an le patron de France Télécom.

Sarkozy créé
Mercredi, l'Elysée s'est félicité d'une commande d'un paquebot de croisière au constructeur public STX. «La commande de ce nouveau paquebot fournira 5 millions d'heures de travail à STX France» a sobrement commenté Nicolas Sarkozy sur son site internet. Le Monarque créé des emplois jusqu'en Poitou-Charentes. Des emplois, la France en a besoin. Le chômage a encore progressé en janvier. Les commentaires mensuels de ces envolées finissent par être lassants. Le 25 janvier dernier, Nicolas Sarkozy promettait à la télévision que le chômage allait baisser. On a vu. Sur les 4,4 millions de chômeurs que comptent le pays, quelques 323 000 sont les fameux Dispensés de Recherche d'Emploi. Ces derniers ont eu chaud. Laurent Wauquiez vient d'annoncer que Nicolas Sarkozy, dans sa grande clémence (ou sa grande prudence ?) avait décidé de «reconduire exceptionnellement l'allocation équivalent retraite» qui est versée aux seniors au chômage qui ne peuvent pas partir en retraite malgré tous leurs trimestres de cotisation, parce qu'ils n'ont pas encore 60 ans. Mais il y a mieux, ... ou pire : Wauquiez, cette semaine, a dû reconnaître que le chômage n'avait pas baissé en décembre. C'est la faute aux corrections des variations saisonnières. En mars 2009 déjà, le gouvernement avait changé de méthode de comptabilisation des chômeurs, et dissimulé ainsi quelques dizaines de milliers de demandeurs d'emploi. Nicolas Sarkozy s'est abrité derrière la baisse du chômage comme seule et unique réponse aux angoisses professionnelles et sociales des quelques témoins rassemblés par TF1 un soir de janvier. Un mois plus tard, on ne peut qu'être agacé, énervé, déçu par ce story-telling présidentiel permanent qui croit dompter la réalité. En décembre, le chômage a bel et bien augmenté. Du coup, pour se racheter, Laurent Wauquiez a lâché que l'Etat co-financerait pour plusieurs centaines de millions d'euros des aides aux chômeurs en fin de droits. Une promesse qu'il était incapable d'annoncer voici encore 10 jours. Lors du sommet social du 14 février, Sarkozy avait pourtant prévenu qu'il attendrait le diagnostic, en avril, avant de décider quoique ce soit. La Sarkofrance paniquerait-elle ?

La Sarkofrance a peur pour sa crédibilité. L'exemple grec d'un Etat secoué par la spéculation mondiale pour cause de surendettement a marqué les esprits. Là encore, Sarkozy a joué les donneurs de leçons. Depuis 18 mois, il s'est fait le chantre de la régulation de la finance mondiale sur toutes les tribunes mondiales. Tout en protégeant son bouclier fiscal et les autres baisses d'impôts, qui bénéficient en premier lieu aux spéculateurs en tous genres. La France n'est pas mieux lotie que la Grèce. Le gouvernement français escamote comme il peut le dérapage de sa dette publique. Pour défendre son grand emprunt, il se paye des pages de publicité dans tous les journaux du pays figurant une Marianne enceinte souriant à l'horizon. Mieux, il cache dans la CADES, la Caisse d'amortissement de la dette sociale créée par Alain Juppé premier ministre en 1995, quelques 93 milliards d'euros de dettes depuis sa création. Comme la Cades est un organisme juridiquement indépendant, sa dette n'est pas consolidée dans les comptes de la Nation. Et hop ! En 2009, Eric Woerth a innové: il a fait émettre par l'ACOSS, la caisse centrale des URSSAF quelques 65 milliards d'euros de billets de trésorerie pour financer son propre déficit de financement.

Jeudi, Nicolas Sarkozy a révélé combien il était à court d'idées. Il a demandé à Jacques Attali de reconstituer sa commission de 40 experts pour proposer dès la mi-mai « des réformes nouvelles pour accroître le potentiel de croissance de notre pays dans les domaines de la création d'emplois et de la réforme du marché des biens et services pour augmenter le pouvoir d'achat et pour simplifier les procédures qui pèsent sur l'activité économique ».  Habiller l'action politique par la création de commissions aussi vite oubliées est une autre forme de boulimie sarkozyenne.

Sarkozy remercie
Mercredi, le Monarque s'est envolée pour le Gabon, avant d'aller au Rwanda le lendemain. Il veut, et peut, remercier Ali Bongo, fils d'Omar et président du pays. Nicolas Sarkozy aime les dictateurs quand ils sont utiles. Et utile, le Gabon l'est assurément. Le pays est riche en pétrole et surtout en uranium, ce minerai si précieux pour la filière nucléaire française. Sarkozy était accompagné de son fidèle secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet. Ce dernier possède également une société de distribution de bateaux équipés de bois précieux africains. La protection des forêts est un sujet qui importe en Sarkofrance... Au Gabon, Sarkozy a dit l'inverse de la vérité : la France n'aurait pas soutenu la candidature d'Ali Bongo lors des élections présidentielles gabonaises de l'été dernier. Bien sûr. Oubliées les belles promesses de rupture avec le soutien aux dictatures et, notamment, la Françafrique. Le Monarque français a poursuivi son périple au Rwanda, pour un exercice de vraie-fausse repentance. Sur place, il a reconnu les erreurs passées de la France, notamment au moment du génocide de 1994, mais s'est refusé, à plusieurs reprises, d'utiliser le terme d'excuses.: «Nous ne sommes pas ici pour s'amuser, pour faire la course au vocabulaire». On reconnaît qu'on s'est planté, mais on ne s'excuse pas. Voici une courtoisie toute diplomatique !

Sarkozy s'inquiète
Tout monarque qu'il est, Nicolas Sarkozy s'inquiète. La France ne répond pas à ses attentes. Deux ans et demi déjà qu'il est impopulaire. Jamais il n'a réussi à redresser la barre. Les élections régionales approchent. Ses proches choisissent une ligne dure, faite de coups bas et de dérapages. Marie-Luce Penchard ne semble pas s'être remise de sa gaffe quand elle déclarait voici 15 jours qu'elle souhaitait réserver un maximum de fonds publics de l'Outre-Mer à la seule Guadeloupe où elle est candidate. Une gaffe qui a provoqué l'ire présidentielle à en croire le Canard Enchaîné. Samedi dernier, deux zélotes de l'UMP ont attaqué un candidat socialiste, Ali Soumaré, l'accusant d'être un «délinquant multirécidiviste chevronné». Des trois accusations, l'une est fausse, l'autre invérifiable pour quiconque n'a pas accès au fichier STIC de la police, et la troisième purgée depuis plus de 5 ans. Un temps sonnés par la grossièreté de leur propre bassesse, les dirigeants de l'UMP se sont ressaisis en début de semaine, vantant l'exigence de transparence des passés judiciaires des candidats. «La transparence est une condition indispensable quand on sollicite la confiance des électeurs» a déclaré Xavier Bertrand mercredi. «Il faut qu'il y ait un avant Soumaré et un après Soumaré» a renchéri l'ineffable Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP. Bizarrement, M. Lefebvre n'a jamais eu les mêmes exigences de transparence sur ses propres liens avec les milieux d'affaires via son cabinet de lobbying.

Samedi, le Salon de l'Agriculture a ouvert ses portes à Paris. Nicolas Sarkozy n'était pas là pour l'inauguration. Cette manifestation est une épreuve pour lui, une confrontation avec une réalité qu'il déteste.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?


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Diviser pour mieux régner

26 février 2010

Sarkozy en Françafrique

Après Haïti, la Martinique et la Guyane la semaine dernière, Nicolas Sarkozy voyage encore, cette fois-ci en Françafrique. Le voici au Gabon, puis au Rwanda. Rappelez-vous ces déclarations, pas si vieilles que cela: « Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus. [...] Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l’Homme au nom de nos intérêts économiques. » Deux ans plus tard, la Françafrique est bien là. Le petit crochet par le Gabon est là pour le rappeler à tous.

Le Gabon reconnaissant
En juin dernier, Nicolas Sarkozy avait été hué lors des funérailles d'Omar Bongo. Les sifflets étaient plutôt destinés aux médias français, avait-il expliqué. Il était surtout le seul chef d'Etat occidental présent à cette cérémonie, signe d'un attachement indéfectible. En août dernier, un scrutin présidentiel contesté plaçait Ali, fils d'Omar, à la tête du pays. Des émeutes font une quinzaine de morts (3 selon la police). La France n'avait pas de candidat... officiellement. Le secrétaire d'Etat Alain Joyandet explique que l'élection a été «acceptable». La France est neutre, la Françafrique, c'est fini ! Puis, patatras ! Un avocat lobbyiste historique de la Françafrique, Robert Bourgi, rappelait publiquement et brutalement le gros morceau que tout le monde savait : Jean-Marie Bockel, prédécesseur de Joyandet à la Coopération, a été viré de son poste sur un simple coup de fil d'Omar Bongo l'an passé. La Françafrique est bien vivante. Sur place, Nicolas Sarkozy a démenti tout soutien au fils Bongo lors du dernier scrutin: «J'ai grande confiance dans votre président, mais je défie quiconque de pouvoir démontrer que la France avait un candidat dans l'élection présidentielle. Ceux qui qui disent cela ne connaissent pas l'Afrique et ne connaissent pas la France». Et si c'était justement l'inverse ?

Pour ce voyage, Nicolas Sarkozy est allé s'incliner, évidemment, devant le mausolée de feu le président Omar Bongo Ondimba. Bernard Kouchner est du voyage, lui qui fut salarié - pardon - consultant de l'Etat Gabonais jusqu'à quelques jours avant de prendre ses fonctions de ministre des Affaires Etrangères en 2007. Alain Joyandet accompagne aussi son président. Il commerce souvent avec l'Afrique. Son entreprise de distribution de bateaux de plaisance utilise des bois précieux africains. Au Gabon, Nicolas Sarkozy a promis l'annulation d'une partie de la dette gabonaise en échange d'un programme de lutte contre la déforestation... Sans blague ?

Nicolas Sarkozy aime les dictateurs quand ils sont utiles. Et utile, le Gabon l'est assurément. La semaine dernière, la France a dû se résoudre à fermer sa base militaire au Sénégal. Il ne restera qu'une implantation militaire française en Afrique... au Gabon. Comme le rapporte Régis Soubrouillard (Marianne2), l'Elysée a fait préparer un plan d'action stratégique avec le Gabon pour solidifier son implantation : « appui aux forces armées gabonaises dans un cadre régional » ; « formation de la police et de la gendarmerie dans la perspective de la Coupe d’Afrique des Nations 2012 » ; « bonne gouvernance avec la réforme de l’administration » ;  annulations de dettes « reconverties pour la préservation de la forêt » ; ainsi qu'une flopée de nouvelles aides au développement dans les domaines des infrastructures de transport ou d'énergie. Le Gabon est également un site crucial pour la filière nucléaire française. Et partout en Afrique, la France s'inquiète pour l'avenir de ces ressources cruciales pour la crédibilité de son discours pro-nucléaire. Au Niger voisin, l'Elysée voit ainsi d'un mauvais oeil les tentatives chinoises et iraniennes.

Nicolas Sarkozy a justement visité le «Centre international de recherche médicale de Franceville», le Cirmf. Ne vous y trompez pas. Cet établissement est financé par Total, ainsi que les Etats français et gabonais. Il y a quelques jours, le CIRMF était soupçonné d'avoir déversé des produits chimiques dans la nature. Une filiale d'Areva a porté plainte contre X.

Rwanda, la réconciliation ?
Le pouvoir rwandais n'a cessé d'accuser la France d'avoir été complice du génocide des Tutsis en 1994. Aujourd'hui serait venu le temps de la réconciliation. Certains voient dans cette visite de Sarkozy une mauvaise affaire. Le Rwanda a peu de ressources naturelles, peu d'habitants (9 millions) et n'a jamais été une colonie française. La visite étonne. Nicolas Sarkozy aime les dictateurs quand ils sont utiles. En quoi Paul Kagame est-il «utile» ?

Pendant cette visite, Nicolas Sarkozy a dénoncé les «graves erreurs d'appréciation, une forme d'aveuglement quand nous n'avons pas vu la dimension génocidaire du gouvernement du président qui a été assassiné, des erreurs dans une opération Turquoise engagée trop tardivement et sans doute trop peu». «Ce qui s'est passsé ici est inacceptable, mais ce qui s'est passé ici oblige la communauté internationale, dont la France, à réfléchir à ses erreurs qui l'ont empêchée de prévenir et d'arrêter ce crime épouvantable». Le Monarque reconnaît donc les erreurs de la France, mais ne s'excuse pas. Un curieux concept, très diplomatique. Pas de repentance, Nicolas Sarkozy déteste cela. Un journaliste lui a tendu pourtant la perche, en citant les exemples de la Belgique et de Bill Clinton, qui ont présenté des excuses au Rwanda. Sarkozy s'est agacé : «chaque pays a son histoire». «Nous ne sommes pas ici pour s'amuser, pour faire la course au vocabulaire». Plus tard, lors d'une visite d'un musée retraçant l'histoire du pays, le président français n'a pas bronché quand le guide l'interpela - «à deux reprises» rapporte l'envoyé spécial du Figaro - sur le rôle de la France dans le génocide de 1994. Le visage à peine souriant marqué par ses voyages successifs, la chaleur et la tension particulière de cette visite, Nicolas Sarkozy s'est prêté au jeu de la photo «serrage de main» avec son homologue rwandais.

Au Rwanda, Nicolas Sarkozy souhaite se donner une stature qu'il n'a pas. Le processus de réconciliation entre la France et le Rwanda a été long. Le paradoxe est qu'il fallut attendre un Monarque élu sur une promesse de cesser toute repentance pour en arriver là.

Lire aussi :

Sarkozy : "Je ne discuterai jamais avec les violents"

Souvenirs de Fort de France...

25 février 2010

Sarkozy nomme, la République recule.

Voici quelques nominations attendues, l'une à la Cour des Comptes, les autres au Conseil Constitutionnel, un dérapage électoral en Ile-de-France, et l'éthique présidentielle en prend un coup. Relancer l'ouverture à trois des élections est une tactique de la dernière chance. Des exemples, différents, des limites éthiques, maintes fois commentées, de la Sarkofrance.

Nominations monarchiques
Nicolas Sarkozy a décidé de nommer un socialiste, et pas le moindre, à la tête de la Cour des Comptes pour remplacer Philippe Séguin. Didier Migaud, l'obstiné président de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale, ressemble à une prise de choix. Le Monarque trouble une nouvelle fois le Parti Socialiste. Jack Lang a félicité Migaud sans attendre la confirmation officielle. D'autres se disputent son remplacement à la commission des finances. François Hollande s'y verrait bien. Martine Aubry est réticente. Lors du Conseil des Ministres du 23 février, le Monarque s'est contenté de commenter ainsi cette "relance de l'ouverture": "C’est la marque d’une politique d’ouverture que je compte poursuivre." Benoist Apparu, l'un des "jeunots" du gouvernement ne s'est pas épargné en louanges: " Le fait que les deux institutions qui contrôlent le budget de l’État sont tenues par des personnalités de l’opposition est résolument moderne. C’est le signe d’une démocratie totalement aboutie. " Cette nomination est éminemment politicienne. Nicolas Sarkozy cherche à troubler l'opposition socialiste, quelques semaines avant les élections régionales. La manoeuvre ne trompe personne.

Nomination plus discrète, le responsable internet de l'UMP serait pressenti pour intégrer l'HADOPI, cette autorité administrative qui sanctionnera les pirates du Net. Cet "apport" de l'UMP au filtrage du Net sera moins commenté par les caciques de l'Elysée.

Nicolas Sarkozy a aussi nommé Michel Charasse au Conseil Constitutionnel. La nouvelle n'est pas surprenante. Le sénateur, anciennement socialiste, avait fait part de cette envie dès la campagne présidentielle de 2007 au candidat de l'UMP. "On est entre amis" avait commenté Eric Woerth, alors trésorier de campagne de Sarkozy, après une visite remarquée de Nicolas Sarkozy dans le fief de Michel Charasse. Ancien ministre du budget de François Mitterrand, Michel Charrasse avait depuis longtemps abandonné la cause de son camp politique au profit de sa cause personnelle. En 2007, la "trahison" était manifeste. En 2008, Michel Charasse a officialisé sa "mue", en quittant le PS. La nomination de Charasse n'est pas une prise d'ouverture mais la promotion d'un zélote à la plus haute institution juridique du pays.

A droite, ces nominations font grincer des dents. Yves Thréard, le directeur de la rédaction du Figaro, ne cache pas son agacement. Sur son blog, il écrit : "Nicolas Sarkozy a donc fait le choix de continuer sur le chemin de l'ouverture. Il pourrait s'en mordre les doigts car, aux yeux de nombre d'électeurs de droite, la barque est pleine, prête à couler." (...) "Face à l'ouverture, l'électorat de droite pourrait menacer de se replier sur lui-même. Et le faire savoir en 2012.  "

Nicolas Sarkozy nomme, ou fait nommer. Ainsi Christine Albanel, ancienne ministre de la Culture jusqu'en juin dernier, va rejoindre France Télécom à la direction de la communication de l'entreprise publique, auprès de Stéphane Richard, l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde devenu en quelques mois patron du groupe (semi)public de télécoms. Nicolas Sarkozy a également eu raison de Pierre Louet, le patron de l'AFP. Ce dernier venait d'être réélu à la tête de l'agence d'information. Le voici qui file également chez France Télécom pour en prendre le secrétariat général. L'AFP avait été de nombreuses fois critiquée par des proches du chef de l'Etat, jugeant qu'elle ne relayait pas suffisamment les communiqués de presse de l'UMP. A l'approche de l'élection présidentielle, l'Elysée place ses pions, sans opposition ni critique.

Quand la droite donne des leçons d'éthique
En Ile-de-France, la campagne de Valérie Pécresse a dérapé. Le maire UMP de Franconville a cru bon de donner une leçon d'éthique politique à Jean-Paul Huchon. vendredi dernier, il avait qualifié Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val d'Oise, de "délinquant multirécidiviste chevronné” et de “repris de justice” , et demandé son retrait de la campagne. Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, fut trop content d'enfoncer le clou, en précisant que ces accusations s'appuyaient sur des “des documents très précis”. Manque de chance: l'UMP s'est trompé de Soumaré, le vrai condamné était mineur en 2004: "Le jugement du 8 février 2007 n’est pas un jugement rendu par le tribunal correctionnel, c’est un jugement rendu par le tribunal pour enfants et il ne concerne pas Ali Soumaré qui est né le 25 décembre 1980 (...) C’est un problème d’homonymie", a expliqué la procureure Marie-Thérèse de Givry à France Info. Eric Raoult, Chantal Jouanno, et Axel Poniatowski se sont désolidarisés de leur collègue Pécresse. Cette dernière a donné son accord à la publication du communiqué de presse de François Delattre. Bingo ! Ali Soumaré a bien été condamné, il y a longtemps et pour d'autres faits, et sa candidature est parfaitement légale.

On s'est également vite interrogé sur l'origine de ces (fausses) fuites : les allégations de M. Delattre sont si précises qu'elles pourraient provenir d'une consultation du fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées). Ce fichier contient les infractions commises par des personnes. Il ne répertorie pas systématiquement leurs issues judiciaires. Or l'accès à ce fichier est réservé au personnel policier. Le Figaro est venu au secours du maire UMP, auteur de ces accusations, en expliquant : "il est facile d'obtenir la copie d'un jugement que l'on connaissait auparavant." Pourtant, l'un des jugements, celui du tribunal pour enfants de 2004 qui ne concerne justement pas Ali Soumaré, n'a pas été rendu public. M. Delattre a donc des sources bien informées...

Sur son blog, Yves Thréard, toujours le même, demandait lundi dernier à Jean-Paul Huchon de s'expliquer : "C'est donc à vous, candidat à votre réélection à la présidence de la région Ile-de-France, de faire toute la lumière sur le profil de votre protégé. Ou à son avocat. " M. Thréard ne savait pas que l'accusation portée par l'UMP francilienne relevait plutôt de la diffamation.

Mince.

Ami Sarkozyste, qu'en penses tu ?

Loppsi II, opportunisme sécuritaire...


LOPPSI 2 : l'opportunisme sécuritaire...
envoyé par politistution. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

24 février 2010

Banques ou industries : le monarque convoque à défaut d'agir

A chaque scandale social, Nicolas Sarkozy use de la même technique. Il convoque, sermonne et le fait savoir. La politique sarkozyenne n'est pas active mais réactive. Il faut une menace pour que l'Elysée agisse. Il faut surtout que l'action soit personnalisée, incarnée par un Sarkozy fronçant les sourcils devant les caméras d'Elysée.fr. La représentation nationale st systématique absente. Point de débat sur la régulation, Nicolas Sarkozy EST la régulation. N'est-ce pas la meilleure démonstration de la monarchie républicaine dans laquelle nous vivons ?

Après les banques et l'automobile...
En août dernier, Nicolas Sarkozy convoquait quelques dirigeants de banques françaises pour les sermonner. BNP-Paribas avait annoncé quelques jours auparavant avoir provisionné un milliard d'euros pour servir les bonus de ses traders en 2009, compte tenu de ses bons résultats attendus. Finalement, la banque renonça à la moitié de la somme, pour son plus grand bénéfice.

En janvier, Nicolas Sarkozy convoquait Carlos Ghosn à l'Elysée. Le président de Renault devait rassurer le Monarque que son entreprise continuerait à fabriquer l'essentiel de la future Clio IV en France, notamment dans son usine de Flins. La rumeur d'une délocalisation en Turquie avait ému l'opinion. Mardi 23 février, le groupe japonais Toyota a annoncé qu'il réduirait «temporairement» sa production de véhicules en France. Il s'agit d'adapter ses capacités de production à «l'impact sur ses ventes du rappel de plusieurs millions de véhicules dans le monde». Que va faire Nicolas Sarkozy ? Convoquer le patron du groupe ?

... voici l'énergie «régulée» depuis l'Elysée, ou pas
Le 22 février, Nicolas Sarkozy convoquait le président du conseil d'administration de Total, l'ancien pdg du groupe Thierry Desmarest. Le DG,  est en déplacement aux Etats Unis où il fait son road-show annuel de présentation de ses excellents résultats financiers aux investisseurs américains. Troublante coïncidence... Christophe de Margerie a finalement été reçu mardi par le président de la République. Le conflit social qui oppose la direction de la multinationale multi-profitable à ses salariés de la raffinerie de Dunkerque menacée de fermeture fait tâche en Sarkofrance. Tous les 6 mois, Nicolas Sarkozy rappelle ou fait rappeler qu'il entend bien légiférer sur la juste répartition des profits entre entreprise, actionnaires et salariés. Le gouvernement est simplement inquiet d'une pénurie d'essence, les syndicats de salariés de Total ayant promis une grève illimitée dans les raffineries. Les stocks d'essence couvrent 10 à 20 jours de consommation nationale, pas plus. Et TOtal représente la moitié de l'approvisionnement en essence en France. A l'Elysée, on prend soin d'éviter tout embrasement social. Après ceux de Dunkerque, depuis un mois, les salariés des cinq autres raffineries Total - Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), Grandpuits (Seine-Maritime), Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône) - sont en grève depuis mercredi à l'appel de la CGT, Sud, la CFDT et FO, rapportait l'AFP ce week-end. Cette fois-ci encore, le ministre de l'Industrie a tenté de pallier l'absence de mesures politiques industrielles par une avalanche de communiqués plus ou moins menaçant: « soit Total est en mesure d'apporter un projet précis et daté d'implantation de nouvelles activités, soit Total doit très rapidement redémarrer sa raffinerie de Dunkerque» a-t-il encore déclaré ce lundi. Même Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, est venu apporter son soutien à la CGT : « en tous cas, je suis du côté de l'emploi, en l'occurrence la CGT se bat pour l'emploi aujourd'hui».

Mardi 23 février, on apprenait que les prix du gaz pourraient augmenter de 9% dès avril. On attend avec impatience la convocation de Gérard Mestrallet, le patron de GDF-Suez, à l'Elysée. Le groupe applique une "formule parfaitement transparente», aux dires du Figaro : « les coûts hors approvisionnement (principalement la commercialisation et la distribution) augmentent de 2,43 euros par mégawatt heure (MWh). La molécule de gaz, elle, est facturée 1,60 euro de plus par MWh (0,65 euro de plus au titre du rattrapage du 1er janvier, plus près d'un euro pour la période entre janvier et mars). La hausse globale représente ainsi 4 euros par MWh, ce qui correspond à une majoration des tarifs de l'ordre de 9%.» Le quotidien de la majorité présidentielle tente ensuite d'expliquer que le régulateur a davantage de pouvoir qu'avant dans la fixation de ces tarifs réglementés : GDF doit soumettre ses nouveaux tarifs à l'avis contraignant de la Commission de régulation de l'énergie, une nouveauté sanctuarisée par un décret paru voici quelques semaines. Auparavant, le ministre de l'Economie avait l'entière maîtrise du sujet. Où est le progrès ? «Ce qui va se passer au cours des prochains jours sera riche d'enseignements. On verra si oui ou non le gouvernement continue à peser dans ce dossier» rapporte un expert anonyme, cité par le Figaro. Sur le sujet éminemment social du prix de l'énergie (le gaz), le gouvernement a abandonné son pouvoir au profit d'une autorité «indépendante».

Médias le Mag est-il trop révérencieux ?

L'humoriste Didier Porte fustigeait, mardi 16 février dans le Fou du Roi sur France Inter, le "journalisme de révérence" de l'émission MEDIAS de la chaîne France 5.

Didier Porte, par ailleurs brillant, a été sévère contre Thomas Hughes.

Vraiment ?


Yade "C'est pas le journaliste qui parle, c'est le maître"
envoyé par politistution. - L'info video en direct.

Didier Porte et Arthur ont-ils un compte à régler ?

Pourtant, écoutez cet extrait.


Arthur répond aux critiques de Didier Porte.
envoyé par lemediascope2. - L'info video en direct.

23 février 2010

Finance mondiale : ce que Sarkozy ne veut pas dire

Les difficultés financières de la Grèce ont secoué les esprits. Grâce à elles, le cercle vicieux dans lequel s'est installé la finance mondiale et les politiques de financement des Etats a été dévoilé, expliqué, commenté. Et ses complices avec. Dès septembre 2008, Nicolas Sarkozy a dénoncé ces dérives, fustigé les traders et les banquiers. L'histoire qu'il nous sert depuis est peu courte. On comprend enfin mieux pourquoi.

Les Etats s'endettent, les marchés spéculent
A l'aube des années 1990, la finance s'est dotée de nouveaux instruments, la titrisation de n'importe quel crédit, comme l'expliquait l'économiste Michel Aglietta dans les colonnes de Marianne du 21 février dernier. En d'autres termes, les marchés se sont permis de transformer en titres financiers n'importe quelle créances. L'assouplissement de la régulation des marchés a permis cette "innovation". Et à la spéculation de s'envoler. Du côté des Etats, le recours à l'endettement s'en est trouvé facilité. Conseillés par des banques d'affaires, telle Goldman Sachs, qui s'assurent ainsi des commissions confortables, les Etats empruntent en se gageant sur la valeur future de leurs recettes (fiscales notamment). Les agences de notation cautionnent les uns, sanctionnent les autres. Ces dettes deviennent des objets de spéculation. Le cas de la Grèce est exemplaire. Goldman Sachs lui a conseillé des emprunts "hors comptabilité européenne", en vendant sur les marchés des titres à la rentabilité gagés sur de futures recettes fiscales, avec un petit jeu spéculatif sur la valeur de l'euro au passage (l'emprunt étant en dollar). "Comme dans la crise des « subprimes », l'usage des « contrats dérivés » aurait encouragé la Grèce à accumuler de la dette en vendant, par exemple, de manière anticipée des taxes d'aéroports et des recettes de loterie." expliquait récemment Pierre de Gasquet dans les Echos. En 2010, la même banque participait au mouvement spéculatif inverse, en pariant sur la dégradation de la qualité de la dette grecque.

L'évasion fiscale contre la solidarité nationale
Cette spéculation nourrit des gains inouïs, largement favorisés et amplifiés par l'existence des paradis fiscaux. Ces derniers accueillent les profits hors normes des Hedges Funds, des banques d'affaires, ou des traders. En France comme ailleurs, les différences de fiscalité sont régulièrement servis comme des arguments en faveur de la baisse des impôts. la vieille antienne libérale sur la mondalisation (et les menaces de délocalisation des industries et des services) joue également à plein en faveur de fiscalité. Quand Christine Lagarde résistait encore à une surtaxation massive des bonus des traders l'été dernier, elle avançait, encore, comme argument qu'il ne fallait pas inciter les "talents" du trading spéculatif à partir à l'étranger. Dans cette guerre - car il s'agit d'une guerre - qui oserait déchoir de leur nationalité ces évadés fiscaux ? Personne, et surtout en Sarkofrance où pourtant on nous a servi un inutile et fastidieux débat sur l'identité nationale depuis novembre. Etre Français, c'est d'abord payer ses impôts en France. Un boursicoteur français, réfugié à Londres comme un "émigré de Coblence", qui spécule sur la dette française n'est-il pas coupable de haute trahison économique ?

Mais la déstabilisation des Etats par leur surendettement et l'action spéculative des marchés présente un second dommage : pour redresser leur "crédibilité", la finance mondiale exige d'eux austérité et privatisation, réduction des services publics, toujours "coûteux", et des impôts (pour les plus fortunés). Là est le faux paradoxe. Comme hier avec les subprimes des particuliers, l'endettement des Etats a été favorisé par des financiers sans scrupules qui exigent en retour une privatisation des régimes sociaux.

Comment croire les appels à la régulation de la finance mondiale ? Depuis 18 mois, Nicolas Sarkozy s'en est fait le chantre sur toutes les tribunes mondiales. Tout en protégeant son bouclier fiscal et les autres baisses d'impôts qu'il a réservé aux "happy few". Cette posture est une tartufferie que l'exemple grec permet de mieux comprendre : a-t-on vu un débiteur imposer une nouvelle régulation à ses créanciers ? En France, Nicolas Sarkozy a besoin d'emprunt nouveau comme un drogué de sa dose quotidienne. Et tous les moyens sont bons. La Cour des Comptes rappelait dans son dernier rapport que le gouvernement a ainsi augmenté de 82 milliards d'euros la dette publique française en 2009 par un endettement à court terme, non plafonné par la loi de finances.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Lire aussi :

22 février 2010

Violences à l'école, illustrations de l'échec de Sarkozy

Les violences à l'école sont illustratives de l'échec de la démarche schizophrénique de Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre l'insécurité. D'un côté, le président, hier ministre de l'intérieur, multiplie les lois en tous genres, prévoyant des dispositifs au mieux farfelues (loi contre les bandes, décret contre le port des cagoules), au pire portant atteinte aux libertés publiques (cf la progression du nombre de gardes à vues pour des faits mineurs, ou le couvre-feu nocturne contre les mineurs de moins de 13 ans). De l'autre, son gouvernement réduit les effectifs de la fonction publique, pour une économie générée inférieure au coût du bouclier fiscal. Résultat : plus de lois, moins d'effectifs (éducation, police, etc) pour les appliquer, et des violences aux personnes qui augmentent sans discontinuer.

Des violences réelles et symboliques
Le 18 janvier, une collégienne était rouée de coups en sortant de son établissement à Tremblay-en-France, dans le cadre du jeu dangereux dit « du petit pont ». Quelques jours avant, un lycéen était tué dans l'enceinte de son établissement, au Kremlin-Bicètre, poignardé par un autre élève. L'assassinat d'un élève est un fait rarissime. Le 2 février dernier, un élève était agressé au lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Les enseignants exercent leur droit de retrait, et réclament davantage de surveillants. Le lycée n'en a qu'une dizaine pour 1500 élèves. Mardi dernier, ils ont décidé de reprendre les cours, malgré la sourde oreille de l'administration. Cette dernière a promis 4 postes supplémentaires, un effort « exceptionnel » a-t-elle prévenu. Le 15 février, un autre élève était agressé au cutter lors d'un cours de gymnastique, dans un lycée de la ville voisine de Thiais. Le lendemain, les enseignants de l'établissement ont également exercé leur droit de retrait. Interrogée sur France Info, l'un d'entre eux s'écriait mardi matin : « nous avons déjà des caméras ! ». L mouvement semble faire tâche d'huile en ile-de-France, et surtout en Seine Saint Denis. Le problème d'effectifs est patent, la présence adulte se fait rare.  Selon les syndicats, plus de 1700 jours de classe n'ont pas été assurés dans le seul département de Seine-Saint-Denis depuis la rentrée des classes 2009, faute de remplaçants ! On rapporte aussi le cas d'un élève de 6ème qui a amené un Taser en classe.


Les réponses du gouvernement n'adressent pas le problème.
Face à cette situation, le gouvernement botte en touche. A la veille des élections régionales, il temporise. La première réponse est connue : l'organisation d'un Grenelle. Mardi dernier, Luc Chatel a proposé la tenue d'Etats Généraux sur la sécurité à l'école début avril. Comme pour les chômeurs en fin de droits (sujet surlequel Nicolas Sarkozy expliquait lundi 15 février qu'il souhaitait un « diagnostic »), le gouvernement préfère temporiser et demander un nième état des lieux plutôt que de proposer de vraies solutions. Le ministre de l'Education avait par ailleurs refusé l'organisation d'un débat télévisé avec les organisations d'enseignants, tout comme la nomination d'un médiateur pour sortir de la crise à Vitry.

La seconde réponse est également connue : pas d'effectif supplémentaire : « Il est totalement inexact de résumer la sécurité à la seule question des effectifs. C'est avant tout une question d'organisation » expliquait Brice Hortefeux. « Ce n'est pas l'école qui est violente en elle-même, mais c'est la société. On ne peut pas mettre un surveillant derrière chaque élève. La lutte contre l'insécurité à l'école, c'est une politique globale » renchérissait Luc Chatel. Les effectifs de police et gendarmerie doivent perdre quelques 15 000 postes entre 2008 et 2012. L'Education n'est pas mieux lotie. La quasi-totalité des collèges et lycées sont concernés par des suppressions de postes qui ont atteignent 13 500 en 2009 et 16 000 en 2010. Luc Chatel a mis en avant la création de 5000 mille postes de « médiateurs de vie scolaire » décidés en son temps par Xavier Darcos. Seulement voilà, ces médiateurs ne sont pas des surveillants. Leur rôle est de lutter contre l'absentéisme scolaire en intervenant auprès des familles. Avant 2002, les emplois jeunes avaient permis de doter les établissements scolaires de 50 000 aides éducateurs et 50 000 maîtres d'internat ou surveillants d'externat, remplacés depuis par 70 000 assistants d'éducation. Faites le compte : 50 000 + 50 000 - 70 000 = 30 000 postes de surveillants ont disparu.

La troisième réponse gouvernementale, inefficace, est la video-surveillance. L'UMP avait tenté de placer ce sujet au coeur de sa campagne sur l'insécurité. Nicolas Sarkozy croyait que le sujet prendrait l'opposition à revers. Echec et mat ! Que peut la video-surveillance s'il n'y a personne derrière les caméras ? Ces violences à l'école ont disqualifié en quelques semaines cette vaste campagne électorale:  les trois dernières agressions d'élèves ont eu lieu dans des lycées du Val-de-Marne... équipés de caméras, rappelait Libération.

La blogueuse CeeCee exprimait récemment une inquiétude partagée: « la violence est-elle notre seul espoir ? »

21 février 2010

Sarkofrance : soigner les vieux... pour les élections.

Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages. Faut-il qu'il s'inquiète ? Un dernier baromètre le place à un niveau record d'impopularité jamais atteint depuis 200!, une époque où il ne brillait déjà palus beaucoup, même aux yeux d'Opinion Way.

La France vieillit, et l'électorat âgé est le coeur de cible de l'UMP. Parler de la France d'Après à celles et ceux qui ne la vivront pas est une gageure qui réussit très bien à Nicolas Sarkozy depuis 2002. Mais cette fois-ci, même le Figaro s'inquiète :
"Le recul de Nicolas Sarkozy est général, détaille le JDD. «Il est minoritaire dans toutes les catégories, même chez les 65 ans et plus (-4) et les commerçants et artisans (-11)», écrit le quotidien dominical, tandis que le niveau de mécontentement est «maximal chez les ouvriers (72%) et les salariés du service public (79%)». Cette baisse est aussi constatée selon les tendances politiques, aussi bien chez les sympathisants MoDem, Verts, PS et UMP."
Vous avez bien lu : "même chez les plus de 65 ans"... La meance est réelle ! D'autres sondages, plus discrets, montreraient que la stratégie sarkozyenne vis-à-vis de l'électorat serait payante.  Les saillies de Brice Hortefeux sur la sécurité des personnes âgées auraient un impact favorable sur l'électeur...
"Le ministre de l’Intérieur, que sa collègue de la Justice, Michèle Alliot-Marie, avait critiqué pour ses propositions sur la sécurité des personnes âgées, va se sentir conforté par une enquête d’Ipsos, réalisée les 5 et 6 février, pour le gouvernement. 80 % des Français interrogés sont d’accord avec l’idée de Brice Hortefeux d’«aggraver les sanctions pour les actes de délinquance à l’égard des personnes âgées, notamment les cambriolages». Ils sont 92 % parmi les sympathisants UMP, 73 % chez les sympathisants socialistes."
Le 15 février dernier, Laurent Wauquiez avait annoncé que son Monarque avait "a donné son accord de principe pour reconduire exceptionnellement l'allocation équivalent retraite (AER)." L'AER est versée aux seniors au chômage qui ne peuvent pas partir en retraite malgré tous leurs trimestres de cotisation, parce qu'ils n'ont pas encore 60 ans. Nicolas Sarkozy voulait l'abroger dès 2009, mais avait dû renoncer à cause de l'envolée du chômage. "C'est une vraie décision financière, ce n'est pas une mesure qui ne coûte pas cher" s'était enthousiasmé le secrétaire d'Etat à l'Emploi. Incroyable ! Des gens qui ont cotisé suffisamment longtemps (c'est à dire commencé à travailler très tôt) risquaient de ne plus pouvoir partir à la retraite dès leur durée de cotisation remplie.... Et Sarkozy ferait preuve de clémence en prolongeant d'une seconde année ce dispositif équitable... C'est dire si l'électorat senior est important, non ?

Après son lipdub, le Facebook de l'UMP fait ... flop !


Après le lippdub, le facebook de l'Ump fait un flop...
envoyé par politistution. - L'info internationale vidéo.

Le Tube de l'été

... indispensable. Merci à Disparitus.

20 février 2010

146ème semaine de Sarkofrance : comment Sarkozy cache la réalité sous le tapis de Sarkofrance

Il y a quelques jours, lors d'un déplacement de campagne dans la région Centre, Nicolas Sarkozy avait usé de l'une de ses expressions favorites : « mettre la poussière sous le tapis ». La langue de bois n'est pas chose nouvelle en politique. Mais chez Nicolas Sarkozy, elle prend un ton si péremptoire et sans appel qu'elle en devient fascinante. Le Monarque adore répéter qu'il affronte les problèmes du pays. Cette semaine justement, le monarque a « caché sous le tapis » nombre de sujets du moment. Retraites, insécurité ou précarité, le gouvernement Sarkozy évite les sujets. Il lutte comme il peut pour imposer « son » agenda, électoral avant tout. Il préfère parler dépendance, plutôt que de se dévoiler sur les retraites ; il organise un débat sur la violence à l’école plutôt que d’assumer la réduction des postes dans la Fonction Publique. Il demande un recensement des situations de chômeurs en fin de droits, plutôt que de proposer.
« Rien ne me fera reculer ni arrêter pace que ça fait trop longtemps qu’on met la poussière sous le tapis » Nicolas Sarkozy
Les paradis fiscaux ? Sous le tapis !
Rappelez-vous. Il y a près d'un an. Nicolas Sarkozy sortait triomphant d'un sommet du G20. Les paradis fiscaux ont disparu. On l'a dit et répété. Les paradis fiscaux ont simplement changé de nom. Mardi dernier, la France a publié sa fameuse liste des pays qu'elle considère comme étant des paradis fiscaux. Toute entreprise qui travaillerait dans ces pays verrait certaines de ses activités taxées plus lourdement et ses obligations renforcées. Et bien, selon les services d'Eric Woerth, le monde ne compte plus que 18 paradis fiscaux ! Le président de Transparency International France, Daniel Lebègue, qui, ancien Directeur du Trésor et ancien vice-président de BNP, est loin d'être un doux rêveur altermondialiste, s'en est inquiété de cette publication, la jugeant contre-productive, démobilisante, et accommodante. La Sarkofrance a exclu des pays comme la Suisse, Andorre, Monaco ou Singapour sans attendre de vérifier que les accords de transparence fiscale, parfois même pas ratifiés, sont effectifs.

Vendredi, Nicolas Sarkozy recevait le patron de la Banque Mondiale, l'occasion d'un communiqué pompeux sur « les priorités du G20, le rôle de la Banque mondiale pour soutenir les pays en développement ainsi que la réforme de la gouvernance économique mondiale.» L'Europe découvre que la Grèce se serait fait aider par la banque Goldman Sachs pour masquer son endettement par des montages scabreux, et éviter la critique internationale. Angela Merkel s'est indignée. Christine Lagarde s'interroge. Tous savent mais ne disent rien. Plus un Etat est endetté, plus il demande des conseils imaginatifs d'ingéniérie financière pour stabiliser sa crédibilité d'emprunteur sur les marchés boursiers. La dette publique française franchira les 1 500 milliards d'euros d'ici quelques mois. La Grèce n'est pas seule à maquiller sa dette, expliquait le Monde.

Cette semaine, le gouvernement publiait une publicité contestable en faveur du Grand Emprunt. Le Parlement étudie le dossier. Sarkozy veut convaincre que cet emprunt sera rentable. La manipulation de l'opinion n'a pas de limite.

L’Outre-Mer ? Sous le tapis !
Nicolas Sarkozy s’est échappé deux jours de l’autre côté de l’Atlantique, trois visites d’une poignée d’heures en Haïti, Martinique puis Guyane, avant de revenir à Paris. On comprend qu’il besoin d’une baignoire de relaxation dans son Airbus présidentiel. Il faut se préserver. Sarkozy accumule les miles comme un président en campagne pour sa réélection. En Haïti, son homologue ne voulait pas parler du passé colonial. Le protocole fut maladroit, tant le pays est dévasté. René Préval n'avait pas l'esprit à ça: « nous pleurons nos morts ». Nicolas Sarkozy a quand même joué sur la corde de la repentance. Son discours express sur place louait le passé commun entre la France et Haïti. Cette posture compassionnelle et historique sied bien à Nicolas Sarkozy : elle permet de rappeler très opportunément les liens particuliers qui lient les deux pays, à un moment où la France s’est faite marginalisée sur place dans la gestion de l’aide internationale : les Etats-Unis ont pris le contrôle des opérations de sauvetage, le premier ministre canadien a grillé Sarkozy de 24 heures en visitant Port-au-Prince dès lundi, le Canada a proposé la construction d’un site administratif provisoire, une idée que Sarkozy voulait reprendre à son compte. Le Monarque français s’est donc contenté de promettre 326 millions d’euros d’aide « exceptionnelle ». En fait, cette enveloppe intègre les 20 millions d’aide annuelle, 56 millions d’annulation de dette (qui pourrait croire qu’Haïti pourra rembourser ?), 24 millions d'euros d’aide d’urgence déjà délobée, 65 millions d'euros de contribution française à l'aide européenne, et 100 millions d’aides complémentaires pour les années 2011 et 2012. Nicolas Sarkozy ne voulait pas attendre la prochaine rencontre internationale sur Haïti le 31 mars. Le narcissisme sarkozyen a encore frappé. Sarkozy ne peut s’empêcher, quel que soit le sujet, de tirer la couverture à lui.

Ce voyage « historique » a été occulté par la grosse bourde de Marie-Luce Penchard. La ministre de l’Outre Mer, tête de liste UMP en Guadeloupe pour les élections régionales, a expliqué dans un meeting public le week-end dernier que ça lui « ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe », en parlant des subventions accordées aux territoires ultra-marins. La Guadeloupe plutôt que la Martinique, la Guyane ou la Réunion. Même à l’UMP, ce cri du cœur clientéliste d’un membre du gouvernement fait grincer des dents. « Il faut la virer » a demandé l’ineffable Patrick Balkany. Le cumul des mandats induit cette schizophrénie électorale. La confusion des genres est manifeste. Nicolas Sarkozy évite le sujet. Il pense à ses élections.

Les retraites ? Sous le tapis !
A Paris, il a laissé Nora Bera, sa secrétaire «aux Ainés» caresser l'électorat senior dans le sens du poil. Mme Bera devait parler de la dépendance des personnes âgées. Après tout, c’est un peu son « job ». Elle a donc présenté jeudi une mission de réflexion intitulée «Vivre chez soi», jeudi 18 février, avec ateliers, tables rondes, et experts. Le gouvernement de Sarkofrance ne travaille pas, il communique. Lundi, Nicolas Sarkozy tenait un « sommet social » avec les organisations syndicales. Qu’a-t-on appris ? Rien. Sur les retraites, Sarko temporise. Il glisse tranquillement le sujet sous le tapis, promet 5 mois de débat, et reporte à septembre l’adoption d’une éventuelle loi. Il eût été difficile, pour lui, d'annoncer ce qu'il comptait faire sur ce sujet anxiogène à souhait. Depuis des mois, différents responsables de l’UMP et du gouvernement ont pourtant dévoilé les pistes de travail : repousser l’âge légal de départ à la retraite, augmenter la durée de cotisation, aligner encore davantage les régimes publics sur le privé, bloquer le niveau de cotisations. Ils agitaient l’âge de 60 ans comme un chiffon rouge pour piéger la gauche et les syndicats. La tartufferie est évidente : il faut déjà attendre 65 ans pour partir à la retraite à taux plein. Depuis lundi, chacun a mis en sourdine ces idées libérales. Place à la discussion … ou à l’hypocrisie ? Même la prise en compte de la pénibilité devra se négocier, comme l’a annoncé Nicolas Sarkozy. Bizarrement, il n'y a eut aucune négociation du bouclier fiscal. Pas un mot non plus sur l’éventuelle taxation des revenus financiers, ni sur les 146 milliards d’euros de niches fiscales. La fiscalité, qu’elle finance l’Etat ou les régimes sociaux, est dans l’impasse. L’exigence de solidarité meurt à feu doux.

La précarité ? Sous le tapis !
Sur les chômeurs en fin de droits, Sarko est mutique : « C'est par le travail que l'on ... se ... réinsère... dans... la société. » Là aussi, Sarkozy temporise. Il demande un diagnostic. Son secrétaire d’Etat à l’Emploi relaye le message mercredi sur France Inter. Laurent Wauquiez est devenu l’un des croisés les plus fayots de la langue de bois sarkozyenne. Pour ces futurs précaires déchus de l’emploi et de l’assurance chômage, on ne créera d'allocation spécifique pour eux (« on ne peut pas lutter contre l'exclusion par l'assistance uniquement »), mais on les enverra en formation.

Jeudi, Hervé Novelli, le ministre du Commerce et candidat dans la région Centre, applaudissait l’adoption par l’Assemblée d’un nouveau statut de l’entrepreneur individuel. Ce statut n'empêchera pas les banques d'exiger des cautions personnelles aux futurs entrepreneurs individuels... Mais Novelli est content. Surtout, on pouvait oublier, l’espace d’un jour, que les défaillances d’entreprises ont augmenté de +23% en janvier par rapport à décembre. Quand TOTAL annonce des licenciements, Christian Estrosi devient tout rouge… une fois de plus. Les situations se répètent. La politique industrielle de Sarkofrance se résume à des convocations de PDG à chaque annonce de plan social. Quelle maîtrise !


L’insécurité ? Sous le tapis !
Le gouvernement s’est fait débordé des faits divers d’agression violente dans des établissements scolaires. Un meurtre d’élève en janvier, des coups, blessures et passages à tabacs ensuite. Les efforts de Brice Hortefeux pour montrer qu’il s’est saisi du sujet sont tombés à plat. LOPPSI II, son gros « machin » législatif fourre-tout apparaît comme une fuite en avant. En janvier, on entendait Nicolas Sarkozy et Frédéric Lefebvre menacer la gauche d’assumer ses réticences contre le déploiement de la videosurveillance, l’un des chapitres de LOPPSI II. Patatras ! Les trois lycées victimes d’agression en février étaient tous équipés. L’école manque d’encadrement, la police perd des effectifs. Le parlement et les administrations sont engorgés par une boulimie législative et réglementaire. Mais chut ! Il ne faut pas le répéter. Le gouvernement agit, puisqu’il fait voter des lois ! Luc Chatel a proposé des Etats Généraux sur la violence scolaire. Il paraît qu’il faut faire un « diagnostic ».

Retraites, endettement, précarité, insécurité, ... les sujets « cachés sous le tapis » de Sarkofrance ne manquent pas.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Sarkozy félicite, encore, les Chinois


JO PEKIN: Sarkozy se réjouit, Cohn Bendit s'insurgeait....
envoyé par politistution. - L'info internationale vidéo.

19 février 2010

Sarkozy en Martinique pense à sa campagne régionale.

A Fort-de-France, Nicolas Sarkozy s'est bien gardé de parler de la polémique "Penchard". Sa ministre de l'Outre-Mer a violemment dérapé le week-end dernier. François Fillon est venu à la rescousse. La ministre s'est défendue en critiquant qui ont sorti la phrase de son contexte. Incroyable ! C'est un peu le boulot des journalistes de sortir les phrases de leur contexte, rappelait Jean-Michel Apathie sur Canal+ jeudi soir.

Sarko, visiteur pressé...
Le Monarque a rapidement quitté Haïti, après sa visite "historique" de 4 heures. Un saut de puce en Martinique (évitons la Guadeloupe, le LKP rode encore) et le voici qui file à quelques centaines de kilomètres de là, pour 3 heures en Guyane. Martinique et Guyane ont voté récemment contre l'autonomie institutionnelle, une "victoire" pour le gouvernement. le chantage colonial a fonctionné à plein. «Le climat politique a changé dans le bon sens» a expliqué un conseiller de l'Elysée. En Martinique comme en Guyane, Nicolas Sarkozy répète ses messages : «Vous êtes en avance sur la réforme des collectivités territoriales».Vraiment ? Sarkozy veut parler de la fusion des conseillers régionaux et départementaux. Il devait également être satisfait qu'en métropole, le Conseil Constitutionnel a validé son projet de redécoupage électoral "sur mesure". L'écart démographique minimum-maximum a été réduit de 1 à 2 dans la nouvelle carte.

... plus attentif aux élections...
Pour le reste, Nicolas Sarkozy joue les modestes, ou l'autruche. Pressentant le mauvais score de ses listes UMP aux prochaines élections régionales, il a confié au Figaro, le quotidien officiel de Sarkofrance, que "l'issue du scrutin serait «oubliée avant l'été». Il a redit que les résultats n'auraient aucun impact sur sa stratégie." En Martinique comme en Guyane, il évite de traiter d'un autre pan de sa réforme des collectivités locales, le scrutin uninominal à un tour, qui privilégiera les listes d'une UMP leader mais minoritaire avec 30% des voix. En métropole, il a laissé Nora Bera, sa secrétaire "aux Ainés" soigner l'électorat senior. Cette dernière a lancé sa mission "Vivre chez soi", jeudi 18 février, sur la gestion de la dépendance. Six ateliers de travail seront animés par des "personnalités" et des"spécialistes du secteur" pour trouver des "mesures concrètes" pour favoriser le maintien à domicile. En parallèle de la (mauvaise) négociation sur les retraites, le «défi de la dépendance» est un beau sujet consensuel et électoralement plus porteur que les chômeurs en fin de droits.

... qu'à la crise
A Paris, les députés ont adopté le nouveau régime sur l'entrepreneur individuel à responsabilité limitée. Herve Novelli, secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services et de la consommation, est satisfait. Non seulement Nicolas Sarkozy est venu lui donner un coup de pouce pour sa campagne électorale dans la Région (le Monarque y resta autant de temps qu'en Haïti ou en Martinique !), mais voici que sa loi est adoptée quelques semaines avant le scrutin ! C'est vrai que l'urgence était grande. Les retraites ou les chômeurs en fin de droits pourront attendre : « Par ce projet de loi sur l'entreprise individuelle à responsabilité limitée, le gouvernement répond à la principale préoccupation du 1,5 million d'entrepreneurs en nom propre : la protection de leurs biens personnels en cas de faillite. Pour parvenir à cet objectif, ce projet de loi repose sur un dispositif juridique très innovant de patrimoine affecté, rompant avec la théorie de l'unicité du patrimoine. Grace à l'EIRL, c'est une nouvelle barrière à l'envie d'entreprendre qui disparaît ; et c'est aussi une injustice fiscale qui est réparée» a expliqué le ministre-candidat.
ce statut n'empêchera pas les banques d'exiger des cautions personnelles aux futurs entrepreneurs individuels... Mais Novelli est content. Il y a quelques jours, il s'était à nouveau félicité des 320 000 auto-entrepreneurs déclarés en 2009. Le succès de la "libre d'entreprise" disait-on !

Mercredi, Christine Lagarde publiait un autre communiqué triomphant : La médiation du crédit aux entreprises aurait "contribué depuis son lancement à préserver 181 854 emplois en France ; conforter près de 9 440 sociétés dans leur activité ; et débloquer 2,4 milliards d’euros de crédit (hors écrasement des dettes)." Notez le terme : "contribué". Pas plus.

Le même jour, la COFACE révélait que les défaillances d'entreprises avaient progressé en janvier en France: +23% à 6.313 en janvier par rapport à décembre, et +7% sur 12 mois glissants. L'établissement parle d'un «certain ralentissement de la reprise». Malgré le "succès" de l'auto-entrepreneur, les défaillances n'ont parallèlement jamais été aussi nombreuses depuis 1993.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

La langue de bois de Laurent Wauquiez ... en action !


Fait et contrefait : Quand Wauqiez se trompe
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18 février 2010

Marie-Luce en Guadeloupe a flingué la visite de Nicolas en Haïti

On ne pouvait rêver pire coïncidence. La visite "historique" de Nicolas Sarkozy en Haïti a été occultée de l'agenda de Sarkofrance à cause de la ministre ... de l'Outre-Mer.

La visite express
Le président français a inventé un nouveau concept: la visite historique de moins de quatre heures !
Difficile de penser que ce déplacement était utile, difficile de le critiquer également. Le pays est dévasté. Le tremblement de terre du 12 janvier a détruit la capitale Port-au-Prince, fait environ 210.000 morts et 1,2 million de sans-abri. Jamais un président de la République française ne s'était rendu en Haïti depuis l'indépendance du pays en ... 1804.

Et pourtant.

Le protocole fut maladroit, tant le pays est dévasté. René Préval n'avait pas l'esprit à ça: "En d'autres circonstances, cela aurait été un plaisir de célébrer la première visite d'un président français à Haïti. Mais nous sommes dans un moment spécial de deuil national, nous pleurons nos morts". Le président haïtien accueillit tout de même vers 7 heures son homologue français. Sarkozy a fait son habituel discours à l'ambassade française, dévastée également. Des barbelés ont remplacé les murs détruits, rapporte Le Monde. On croise "marchands de souvenirs, tentes de fortunes, coqs en cages, étendages de linge". Le premier ministre canadien avait grillé de 24 heures notre Monarque national. Il était là lundi et mardi. Pour deux jours. Il a promis de reconstruire le siège du gouvernement.

Lors d'une conférence de presse avec son homologue haïtien, René Préval, le président français a confirmé ce que l'on savait déjà : la France va annuler la dette d'Haïti à son égard, soit 56 millions d'euros. L'effort est nécessaire, mais dérisoire. Le Monarque a promis une aide exceptionnelle de 326 millions d'euros. En fait, l'enveloppe se décompose comme suit: une aide d'urgence déjà débloquée de 24 millions d'euros, 65 millions d'euros de contribution française à l'aide européenne, 20 millions d'euros d'aide française ordinaire annuelle, l'annulation de 56 millions d'euros de dette, 40 millions de cession de matériel et 50 millions par an supplémentaires en 2010 et 2011 pour la reconstruction. Pas un mot sur la « pétition internationale citoyenne » qui réclame à la France la « restitution de la dette de l’indépendance pour la reconstruction d’Haïti » de 90 millions de Francs or qu'ont dû être payés par Haïti à la France pour la reconnaissance de son indépendance.

Sur place, Nicolas Sarkozy a joué au donateur désintéressé: "L'aide internationale devra être massive et s'inscrire dans la durée. Mais c'est aux Haïtiens et à eux seuls de définir un véritable projet national et ensuite de le conduire. (...) Le rôle de la communauté internationale et de la France est d'aider les Haïtiens à reprendre le contrôle de leur destin." Une conférence internationale est prévue le 31 mars. mais, fidèle à son habitude, Nicolas Sarkozy ne pouvait attendre cette rencontre collective. Il fallait qu'il se précipite sur les lieux, lâche ses billets et puisse repartir en France en disant: "prem's !". La diplomatie sarkozyenne souffre toujours du narcissisme du président français.

La grosse gaffe
Marie-Luce Penchard a-t-elle exprimé tout haut ce les ministres font tout bas ? La ministre ultra-marine de l'Outre-Mer s'est emportée dans un discours, relayé par Rue89. Mal lui en a pris.
« Nous en sommes à une enveloppe de plus de 500 millions d'euros aujourd'hui pour l'Outre-mer, et ça me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de la Réunion, au bénéfice de la Martinique.
Parce que, même si je vis en Métropole, mon coeur est ici et restera ici, et je n'ai envie de servir qu'une population, c'est la population guadeloupéenne ! »
"Rien pour la Réunion" a rapidement et justement résumé le site Linfo.re. Patrick Balkany, le député UMP si proche de Nicolas Sarkozy et supposé ex-amant de Brigitte Bardot, a réclamé sa démission mercredi 17 février: "Je pense qu'on devrait la sanctionner. Je pense qu'elle devrait être virée du gouvernement".  La vie est dure en Sarkofrance. La ministre a fait publier un communiqué éloquent sur les travers du cumul des mandats. Vingt ministres sont candidats lors des prochaines élections régionales. Veulent-ils tous détourner leur fonction nationale et républicaine au profit de leurs électeurs d'un scrutin ? Marie-Luce Penchard justifie cette position schizophrène:
« Dans le cadre de sa campagne, elle affirme sa volonté de susciter un développement du territoire en mobilisant les crédits publics mis à la disposition de la Guadeloupe.
Marie-Luce Penchard ne s'exprimait donc pas en tant que ministre de l'Outre-mer. (…) Elle a toujours été attentive à séparer rigoureusement son engagement politique local et ses responsabilités ministérielles. »
La ministre a deux vies, deux identités, deux comportements, deux clientèles. Aux uns, les Guadeloupéens, elle promet de capter l'essentiel des crédits publics de l'Outre-Mer. Aux autres, les ultra-marins de Guyane, Mayotte, Martinique, elle promet de les traiter avec égalité. Allez comprendre... Nicolas Sarkozy a toujours encouragé le cumul des mandats. C'était même sa marque de fabrique personnelle. Le cumul des mandats signifie surtout la confusion des enjeux, des responsabilités, des fidélités. Marie-Luce Penchard en est devenue l'une des plus belles illustrations.

17 février 2010

Sarkozy, les gros mensonges sur les retraites.. et le reste.

Lundi dernier, Nicolas Sarkozy recevait les "partenaires sociaux" pour fixer le calendrier de "négociations" de la réforme des retraites. Il a promis de donner du temps à la discussion. Il a fait semblant.

Il a fait semblant de temporiser.

Temporiser...
En annonçant qu'«Il n'est pas question de passer en force sur les retraites», lundi, Nicolas Sarkozy voulait faire mentir ceux qui le soupçonnaient de vouloir précipiter cette réforme, comme il en l'habitude. Le président français n'a pas non plus le choix. Il eût été difficile, pour lui, d'annoncer qu'il comptait faire adopter la réforme, anxiogène à souhait, des retraites d'ici quelques mois. Le commentaire du Figaro, à destination d'un électorat conservateur en mal de victoires politiques, est éloquent: "Cette phrase, prononcée lundi devant les partenaires sociaux, lui donne l'occasion d'apparaître conciliant, alors qu'en réalité il ne cède que quelques semaines sur le calendrier prévu." En acceptant quelques mois de retard, Nicolas Sarkozy se montre conciliant, histoire de démonter toute critique de précipitation.

A lire le Figaro, généralement bien informé sur les intentions présidentielles, la feuille de route de Xavier Darcos est d'ores et déjà fixée : il faudra concilier "à la fois allongement de la durée de cotisation et report à 62 ans de l'âge officiel de départ à la retraite". La menace est claire: au sortir de l'été, le Parlement sera saisi d'une loi. Avec ou sans consensus. La proposition d'un nième débat-diagnostic sur le sujet pourrait faire rire... Michel Rocard, en son temps, avait déjà rédiger un "Livre Blanc".

Comprendre...
Lundi, le Monarque s'est expliqué aux journalistes, dans un court monologue. Il a loué "l'esprit de responsabilité réciproques, quelque soit nos désaccords." En avril, a promis Sarkozy, il fera le bilan des mesures de soutien à l'emploi avec son gouvernement et les partenaires sociaux, pour "arrêter celles qui ne servent plus, doper celles qui ont besoin de l'être, mettre d'autres mécanismes si besoin s'en faisait sentir" ajouta-t-il dans un haussement d'épaules, le regard vide. Le sujet des chômeurs en fin de droits a "bien sûr" été évoqué. La réponse est toute prête, et toute floue : (1) on ne sait pas combien ils sont, (2) on ne créera d'allocation spécifique pour eux, mais (3) on les enverra en formation.

"Nous avons convenu de la nécessité d'un diagnostic partagé pour savoir quel est le nombre exact de ces chômeurs en fin de droits, et leur situation précise, car naturellement si on n'est pas d'accord sur le diagnostic, il est difficile de trouver le bon remède. En tout état de cause, je veux le dire" (il quitte son papier des yeux, lève le regard vers le fonds de l'assistance) "personne ne sera laissé sur le bord du chemin" et d'ajouter: "on ne peut pas lutter contre l'exclusion par l'assistance uniquement. Il ne s'agit donc pas de créer un allocation d'assistance de plus pour ceux qui arrivent en fin de droits, mais de donner à chacun d'entre eux une formation rémunérée qui lui permette de trouver un emploi." Puis, incantation finale :  "C'est par le travail que l'on ... se ... réinsère... dans... la société."

Piéger...
Concernant les retraites, Sarkozy a pris bien soin de ne pas aborder les sujets qui fâchent, comme l'élargissement de l'assiette des cotisations, la pénibilité ou les niches fiscales. Ainsi, la pénibilité des carrières sera traitée "en parallèle", un curieux concept alors que ce sujet est au coeur des critiques de certains contre l'allongement des durées de cotisation pour les professions les plus pénibles... La prise en compte de la pénibilité devra se négocier. C'est même Nicolas Sarkozy qui l'a annoncé lundi: il y aura"une négociation sur le thème de la pénibilité", a-t-il dit. Bizarrement, il n'y a eut aucune négociation du bouclier fiscal.

Les "éléments de language"du Monarque ont été repris et répétés par ses fidèles. Mardi matin sur France Inter, Laurent Wauquiez excella avec sa langue de bois habituelle. Les journalistes insistaient. Pas un mot, pas une révélation, pas une orientation. Place au débat ! Pourtant, les membres du gouvernement, Fillon et Darcos en tête, n'ont évoqué que deux pistes : l'allongement de la durée légale du départ à la retraite, et celui de la durée de cotisations. Rien d'autre. Ces deux sujets sont des tartufferies dangereuses : il faut attendre 65 ans pour partir à la retraite à taux plein. La gauche et les syndicats résistent mal au piège qui leur est tendu par Nicolas Sarkozy : ce dernier agite l'âge légal de 60 ans comme un chiffon rouge. Il n'espère qu'une chose, que la polémique grandisse, que chacun s'engouffre dans le piège.

Mardi, Xavier Darcos a enfoncé le clou, ... par la petite porte. Il a fustigé "les entreprises qui utilisent les facilités fiscales et sociales des plans de sauvegarde de l'emploi normalement destinées aux entreprises en difficulté" partir leurs salariés de plus de 60 ans ayant tous leurs trimestres de cotisation. "Vous ne réglerez pas le problème des retraites si vous laissez faire n'importe quoi sur l'emploi des seniors. Il faut faire en sorte que les gens puissent travailler jusqu'au bout de leur temps de travail". Autrement dit, de "méchantes" entreprises profitent du système pour empêcher ceux qui veulent travailler au-delà de 60 ans de le faire... le tout aux frais du contribuable.

Vous avez compris ? 

Non ?

Ce n'est pas grave. Ils vont nous "concerter"...




Philips "Travailler plus, gagner moins et ailleurs..."
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