15 février 2010

Autodéfense en Sarkofrance

Une plainte contre l'Elysée, un ministre de l'intérieur qui n'aime pas qu'on critique les gardes à vue, une candidate UMP qui critique les alliances PS/Verts... la Sarkofrance est en auto-défense...

Plainte contre l'Elysée
Une plainte a été déposée contre les "sondages de l'Elysée". La gauche avait échoué à instaurer une commission parlementaire, faute de majorité à l'Assemblée Nationale. Voici que le sujet refait surface. L'association de lutte contre la corruption Anticor a porté plainte contre X pour délit de favoritisme mercredi dernier. Rue89 rapporte qu' "Anticor considère en effet qu'un tel délit, passible de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende, est manifeste dans la convention signée le 1er juin 2007 entre l'Élysée et le cabinet d'études Publifact pour la fourniture de sondages d'opinion".

Jouanno, l'inefficace
Chantal Jouanno, l'inefficace secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a déclaré que les alliances entre le parti socialiste et les Verts sont "inefficaces". En matière d'inefficacité, Jouanno sait de quoi elle parle, elle qui a lutté 9 mois pour faire accepter à Sarkozy l'interdiction de la pêche du thon rouge en Méditerranée ou qui est revenue bredouille du sommet de Copenhague. Dans les mêmes colonnes du Figaro, elle tente de répéter ce qu'est "l'écologie populaire", un concept mort-né, qui veut marier l'eau et l'huile, l'épuisement des ressources naturelles par la croissance et la préservation de l'environnement. Si seulement elle parlait des "emplois verts". Même pas ! "L'écologie populaire est d'abord celle de la croissance. L'ex­plosion démographique nous y oblige. Cette écologie s'appuie aussi sur la participation de la société civile."

Il y a  jours, un arrêté ministériel du 5 janvier autorisait la banque JP Morgan à distribuer du gaz naturel en France. Rien que cela.

Hortefeux, gardé à vue
Ne parlez pas d'effectifs de police en baisse à Brice Hortefeux. Ce n'est pas, plus son problème. Mais quand Michèle Alliot-Marie propose, enfin, d'assouplir les règles de garde à vue, le voici qui devient critique: "la nécessité d’une réforme de la garde à vue est un constat partagé par tous – magistrats, policiers, avocats" expliquait la Garde des Sceaux. "Je ne suis pas hostile à une réforme" répond le ministre de l'Intérieur. Mais il prévient :"... dès lors qu’elle concilie deux principes absolus : le respect des droits individuels, mais aussi l’efficacité des services de sécurité qui doivent pouvoir assurer leurs missions". Et il ajoute : "Une réforme de la garde à vue oui, mais pas au détriment des forces de sécurité ni des victimes. Je n’accepterai pas que les policiers et les gendarmes soient, dans cette affaire, des boucs émissaire."

Retraites, le grand déballage ?
Ce lundi, Nicolas Sarkozy organise un sommet social. On a déjà expliqué combien le dossier sensible des retraites avait été mal posé par le gouvernement: la retraite à 60 ans est déjà une chimère, sauf pour ceux qui ont commencé à travailler très jeune. L’âge du taux plein est déjà de 65 ans pour les salariés et non-salariés du secteur privé. Et la durée d’assurance est de 164 trimestres (dès 2012). La droite a ses tabous, comme l'élargissement de l'assiette de cotisations, la prise en compte de la pénibilité du travail, et l'augmentation des impôts (ou, autrement dit, la suppression des niches fiscales comme l'exonération des heures supplémentaires qui coûtent 3 milliards d'euros par an de cotisations retraites).  Lundi, les organisations syndicales seront sur la défensive. L'exemple de la réforme du régime spécial des cheminots est une illustration des tartufferies ambiantes : sous prétexte de réduire de déficit de leur régime de retraite, les cheminots partent plus tard et doivent cotiser plus longtemps. Dans son rapport 2009, la Cour des Comptes a souligné que cette réforme avait ainsi plombé les comptes de la SNCF de quelques 380 millions d'euros : «  Les agents plus âgés, et pour cette raison mieux rémunérés, restent en place et moins de jeunes sont engagés. » Eh oui !

1 commentaire:

  1. Fillon a signé en catimini un décret le 1er février fixant l'âge de la retraite des cheminots à 65 ans.

    Après ses déclarations, on peut penser qu'aubry applaudit des 2 mains, elle n'est pas belle la vie ?

    Effectivement, j'ai su par un copain que les cheminots ne partaient pas en retraite mais qu'ils n'étaient pas prêts non plus à voter pour aubry...

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