7 mars 2010

Au salon de l'Agriculture, Sarkozy s'est donc caché

Une semaine de suspense incroyable. les conseillers du Monarque élyséen cherchaient comment faire venir leur patron au Salon de l'Agriculture sans couacs ni manifestations hostiles. Ils ont finalement trouvé la parade : une arrivée avant le public, très tôt. Puis une table ronde cloitrée dans une cabine à l'écart.

Samedi 6 mars, Nicolas Sarkozy a débarqué au Salon de l'Agriculture à 8h30, par une porte derrière. Sa visite était annoncée pour 9 heures et demi. Mais à 8h30, le président français a pu déambuler tranquillement dans les allées, sans risquer de croiser de visiteur hostile. Le public patientait devant les grilles de l'entrée, Porte de Versailles. Les journalistes n'étaient même pas arrivés. Le Figaro s'en est ému:
"Nicolas Sarkozy est-il tombé du lit ? Le chef de l'Etat est arrivé très en avance sur son programme samedi matin au Salon de l'agriculture à Paris. Alors que rendez-vous avait été donné à la presse à 9h00, pour une arrivée prévue entre 9h30 et 10h00, le président a pris tout le monde de court en arrivant à 8h30."
Sarkozy pu se faire prendre en photo souriant au milieu de quelques agriculteurs. A 8h30, on ne pouvait pas exiger de lui qu'il goute à toutes les rillettes, bières locales et pâtés de terroir disposés sur les stands. La visite du Monarque fut "light". Les services de sécurité étaient "tendus", à en croire le Figaro.

Ensuite, le président s'est enfermé dans une large cabine aux couleurs marron, avec une trentaine de représentants de la profession agricole. Les caméras de la Chaîne Parlementaire étaient là pour enregistrer "l'évènement", retransmis en direct. Aucun journaliste ne fut admis dans l'enceinte. La presse fut invitée à suivre cette rencontre à partir de la salle de presse voisine. Chacun sa cabine !

Ce fut ensuite  l'occasion pour quelques annonces. L'Etat va augmenter l'enveloppe de prêts bonifiés pour les agriculteurs en difficulté de quelques 800 millions d'euros. Le coût réel pour les finances publiques n'est que de 50 millions d'euros. Nicolas Sarkozy a laissé chacun s'exprimer. L'air grave, il avait surtout l'air de s'emmerder. Le contraste était saisissant entre cette discussion "au calme" et l'image habituelle du Salon de l'Agriculture. Quiconque s'est rendu sur place sait combien les allées grouillent de monde, d'animaux, d'animations. Dans la cabine "marron", on n'entendait même pas le brouhaha de la foule voisine.

Samedi, Nicolas Sarkozy paraissait agacé d'avoir été traité de poule mouillée. «Ce n'est pas au nombre de mains serrées qu'on va régler le problème des agriculteurs» a-t-il déclaré, semblant répondre à la visite triomphale de Jacques Chirac la veille, ou à celle de Dominique de Villepin qui dura plus de neuf heures.

Cet "évènement" est illustratif de Sarkofrance, du décalage entre le discours et les actes. Il est même terrible à cet égard. Car au Salon de l'Agriculture, la personne du Monarque, son courage, sa détermination furent prises en défaut. Nicolas Sarkozy aime donner des leçons, fustiger les absents, attaqué les faibles et les anonymes. Au Salon de l'Agriculture, il avait l'occasion unique de faire ses promesses "en public". Même là, il a esquivé.

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