29 mars 2010

Tous derrière Sarkozy, vraiment ?

Dimanche, Nicolas Sarkozy est parti, avec bagages et épouse, aux Etats Unis. Un voyage soit-disant officiel dont l'unique motif était un dîner entre présidents, avec épouse. En Sarkofrance, chacun tente de démontrer sa fidélité au Monarque. Un président «présidentiel» et une droite unie, tels sont les deux messages élyséens qu'il faut propager huit jours après la débâcle des élections régionales.

Sarkozy s'est invité à la table d'Obama
L'agenda présidentiel mentionne une «visite officielle de M. le Président de la République à New York». Que va-t-il faire d'officiel à New York ? Rien. Le voyage est pour l'essentiel privé. Un peu de shopping sur Fifth Avenue, avec avion présidentiel et escadre de surveillance pour le bien-être de Carla et Nicolas Sarkozy. L'unique obligation officielle est une intervention, lundi, devant des étudiants de Columbia University. Mardi, le couple présidentiel se rendra à Washington, pour dîner «en privé» avec le couple Obama. C'est «un témoignage d'amitié particulier» a expliqué l'Elysée. En fait, la présidence de la République a fait des pieds et des mains pour ce dîner... au point d'organiser un déplacement de Sarkozy uniquement pour cette raison. Dans 15 jours en effet, Nicolas Sarkozy se rendra à Washington, au milieu de 40 autres chefs d'Etat, pour un sommet sur la sûreté nucléaire. Impossible d'avoir le privilège d'un dîner en tête. les conseillers élyséens se sont donc acharnés pour trouver une autre date, un autre prétexte. On imagine que l''administration américaine n'a pu refuser devant l'insistance française.

Cela fait 14 mois que Nicolas Sarkozy attend ce moment. Excessivement jaloux de la popularité mondiale de Barack Obama, Nicolas Sarkozy n'a jamais trouvé les mots pour se rapprocher de son homologue américain. Depuis son élection, Barack Obama a refusé à deux reprises ce type de dîner. En avril 2009, le sommet de l'OTAN l'avait accaparé. En juin, il avait décliné l'invitation de Nicolas Sarkozy et préféré dîner en famille dans Paris, affront suprême. Mardi soir, Sarkozy arrivera dans les derniers à la table de son hôte américain. Angela Merkel, Gordon Brown, Silvio Berlusconi, José Luis Zapatero, et même les Premiers ministres suédois, néerlandais ou grec ont eu des faveurs similaires avant lui.

En France, les perroquets derrière Sarkozy
Jean-François Copé, président du groupe des députés UMP, joue les fidèles: «Vous savez qu'il peut m'arriver d'exprimer des différences. (...) pour moi, il n'y a pas de doute (...). Je suis engagé à fond aux côtés de dans sa réélection en 2012». Copé doit se faire pardonner la bronca des députés UMP mardi dernier. Pourtant, il a bien l'intention de continuer son oeuvre. Lundi, quelques heures avant que Sarkozy ne s'affiche avec Barack Obama, les parlementaires UMP se retrouveront pour un «séminaire de travail», encore une fois à huis clos , à la Maison de la Chimie de 16h à 19h, autour du Premier ministre François Fillon. Mercredi, les mêmes parlementaires rencontreront Nicolas Sarkozy, de retour de ses agapes américaines.  Copé, comme d'autres, demande un nouveau pacte majoritaire. Xavier Bertrand était perfide ce week-end, en déclarant: «Qu'est-ce que vous entendez par pacte majoritaire?». Pacte ? Le mot est sur toutes les lèvres de Sarkofranve. Eric Besson, dimanche, s'exclame: «Le pacte qui lie le président de la République au peuple, le président de la République à la majorité qui le soutient, est le pacte sur son programme en 2007». Bernard Accoyer, pourtant président (UMP) de l'Assemblée Nationale, vient aussi à la défense de Sarkozy dans les mêmes termes: «Il n'y a qu'un seul pacte, celui noué entre les Français et Nicolas Sarkozy en 2007. Tel est le principe même des institutions de la Ve République, qu'est venu renforcer le quinquennatUn député de son camp l'a qualifié de plus mauvais président de l'Assemblée Nationale, et de cire-pompes. Il est vrai qu'il surprenant d'entendre le président de l'Assemblée Nationale relayer au mot près les éléments de langage de l'Elysée.

Les plaies ne sont pas refermées.

Dimanche, Fillon s'est livré à une interview au JDD. Aucune auto-critique à l'horizon. Le programme de 2007 demeure la feuille de route: «le programme de 2007, on peut le résumer ainsi: depuis vingt ans, la France a fait preuve de beaucoup d’attentisme sur les évolutions à apporter à son organisation économique et sociale.» Fillon ne se sent pas menacé par les parlementaires de son camp: «c’est un débat sur le rythme législatif et les priorités. Les députés réclament des ajustements et des approfondissements. On ne change pas une politique engagée depuis trois ans, qui commence à peine à produire ses effets, au risque de rater le train de la croissance qui repart.» Le premier ministre conclut par une nouvelle promesse sur le retour de la croissance et la baisse du chômage:  «ce que nous avons fait, pour aider les entreprises, notamment en supprimant la taxe professionnelle, va payer maintenant en termes d’emploi.» Fillon dévoile quelques perles, comme la justification du bouclier fiscal par la croissance:  
Pourquoi en cette période de crise ne pas abroger le bouclier fiscal, pour envoyer un signal de justice sociale?
C’est un argument démagogique. Nous avons déjà le niveau de prélèvements obligatoires le plus élevé du monde. Il ne faut pas casser le retour de la croissance. 
Fillon n'espère qu'une chose: que l'UMP travaille au projet de Sarkozy pour sa réélection en 2012: «Nicolas Sarkozy est le candidat naturel de la majorité en 2012». Sa déclaration est sans ambiguïté: «Nous gouvernons. Et j’ai dit au conseil national de l’UMP que le parti devait commencer à travailler dès maintenant à notre futur projet.»

Il y a urgence.

La cote de popularité de Sarko est au plus bas. Dans les urnes, et dans les sondages.

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