30 avril 2010

Sarko pense (un peu) aux Grecs et (beaucoup) à sa réélection.

La Grèce a dérangé la pause touristique de 3 jours de Nicolas Sarkozy. Jeudi, le monarque a réagi à la dégringolade des bourses européennes, aux attaques contre l’euro et la Grèce. La situation était intenable. La zone euro menace de s’effondrer, après la dégradation des notes d’emprunt du Portugal et de l’Espagne, pendant que Nicolas et Carla font du tourisme en Chine. Le président français aimait à penser qu’une activité diplomatique l’épargne des querelles françaises.

Le voici à nouveau sous le feu des critiques.

Crise grecque : Sarko découvre l'Europe
Les Etats membres de l’Union se dépêchent de finaliser un plan d’aide à la Grèce. Les discussions s’activent entre le gouvernement grec, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne. Cette dernière paye son inexistence politique au prix fort. L’aide envisagée frôlerait les 100 milliards d’euros sur 3 ans, afin de permettre à l’Etat grec d’honorer ses échéances de remboursement qu’elle ne peut plus satisfaire par de nouveaux emprunts sur les marchés financiers. Les Français ne sont pas beaucoup plus optimistes pour leur propre pays, à en croire un sondage BVA publié jeudi. Les euro-sceptiques, de gauche comme de droite, donnent de la voix, plaidant tantôt pour une sortie groupée de l’Euro (FN), tantôt pour des soutiens d’Etats à Etat (PCF)

« L’Elysée juge criminelle l’attitude des agences de notation » commentait le journaliste Arnaud Leparmentier dans le Monde, jeudi 29 avril. L’Elysée juge, note, remarque, crie, mais agit peu. On se souvient des grandes déclarations et belles promesses de Nicolas Sarkozy, au plus fort de la crise boursière de l’automne 2008. On allait voir ce qu’on allait voir. Le capitalisme financier allait être révolutionné. Au printemps de l’année suivante, le même Sarkozy se félicitait d’avoir fait supprimer les paradis fiscaux. En août, il s’applaudissait d’avoir édicté des règles prudentielles fortes et décisives à l’encontre des banques. Davantage de modestie eût été bienvenue. La « planète Finance » s’est bien moquée de l’agité élyséen.

La seconde responsabilité de Nicolas Sarkozy concerne l’Europe. La politique européenne du Monarque a été d'abord brouillonne. A peine élu, il a agacé l’Allemagne en misant sur l’Union pour la Méditerranée, un concept fumeux qui coûta 16 millions d’euros pour 4 heures de sommet le 14 juillet 2008, rapidement oublié quelques mois plus tard. La présidence française de l’UE fut ensuite une occasion ratée pour l’Europe, une « partie de solo » sarkozyenne malheureusement attendue : de la crise géorgienne (août) à la guerre à Gaza (décembre), Sarkozy a joué « perso », tirant la couverture à lui plus que nécessaire, minorant l'axe franco-allemand (pour le retrouver par la suite), au profit d'un atlantisme anachronique, à quelques semaines de l'élection d'Obama. En juillet 2008, le Monarque annonçait, sans prévenir personne chez nos voisins européens, ses 4 priorités : « défi climatique » (on a vu le résultat à Copenhague), « défense commune » (alors que la France réintégrait le commandement militaire de l’OTAN), politique agricole commune, et surtout de « maîtrise des flux migratoires ». Rien sur le renforcement des institutions, rien non plus sur la régulation de la finance. La crise des subprimes s'était pourtant déclenchée aux Etats-Unis. Mais Nicolas ne voyait toujours rien. Il a fallu la secousse économique et financière de l’automne 2008 pour qu’un rapprochement franco-allemand s’opère enfin. Mais toujours au détriment de la consolidation d’une Europe politique déjà bien fragile. Last but not least, Nicolas Sarkozy s'est bien arrangé, avec la complicité de ses voisins Brown et Merkel, pour qu'un anonyme belge soit élu président de l'Union. Il ne fera d'ombre à personne. Au total, Nicolas Sarkozy a joué les Etats contre l’Union européenne, son narcissisme contre une belle idée.

Cette semaine, l’Europe entière semble menacée d’un déclassement par les agences de notation. Une catastrophe pour la zone euro. François Baroin, le ministre du Budget, a expliqué que la France n'avait rien à craindre: notre pays «partage le privilège aujourd'hui avec l'Allemagne les Pays-Bas, et le Luxembourg d'être les pays les mieux notés (...). Il n'y a pas de risque de voir la note de la France abaissée, on est même une signature-refuge». Sur France Info, un responsable de la Barclays confirmait : la France a suffisamment de recettes fiscales pour éviter la situation grecque. Finalement, les prélèvements obligatoires ont du bon...

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Nicolas Sarkozy n’a toujours pas interrompu son voyage en Chine. Courtoisie oblige, on a surtout entendu, ici en France, les remerciements du Touriste Nicolas « Je suis très heureux de mon séjour à Pékin et très sensible au fait que vous avez ouvert un tombeau qui n'avait jamais été ouvert jusqu'à présent » a-t-il déclaré au président de l'Assemblée nationale populaire. Nous sommes très heureux pour lui.

Touriste en Chine, Sarkozy est brièvement intervenu sur la crise grecque, en marge de cette rencontre, la voix basse, et toujours le même ton volontariste. « Nous ne laisserons pas la spéculation agir à son gré pour déstabiliser tel ou tel pays » a-t-il commenté. « Dans cette affaire, il ne s'agit pas seulement de la Grèce, il s'agit de l'euro, c'est-à-dire de notre monnaie commune. Nous y sommes très attachés. Cela crée des obligations et un devoir de solidarité. Nous assumerons ».

2012: une nouvelle affaire de sondages élyséens ?
Depuis 1995, Nicolas Sarkozy a appris. On l'a soupçonné, articles et rapports à l'appui, d'avoir récupéré quelques millions pour financer la campagne de son mentor Edouard Balladur, prélevés sur une vente de 3 sous-marins français au Pakistan. Vente qui, rappelons-le, a été accélérée et décotée pour être signée quelques semaines avant la déclaration de candidature de Balladur en janvier 1995.  Pour 2012, Nicolas Sarkozy semble réfléchir à faire payer par d'autres certaines dépenses bien utiles.

Un banquier d’affaires organise ainsi de bien discrètes réunions avec des entreprises et un « conseiller technique à la présidence de la République, chargé de l'opinion ». Leur objectif : financer la création d’une société d’études et de sondages, qui réaliserait des radioscopies de l’opinion, comme hier Opinionway, sur les sujets électoralement porteurs et les clivages de la société française. L’élection présidentielle de 2012 est en ligne de mire. D’après un « intime » du président français, l’entreprise devrait disposer d’un contrat de 5 ans avec l’UMP. Le coût avancé est de 7 millions d’euros. Ledit conseiller, Julien Vaulpré, a confirmé sa participation à l’Express, qui révèle l’affaire: « J'ai été invité à participer à des réunions pour la création d'une entreprise d'études d'opinion et de marketing. Compte tenu de mes fonctions, je m'intéresse aux innovations dans mon domaine d'activité ». Il ajoute aussi : « L'entreprise veut avoir des clients privés, éventuellement des clients politiques ».

L’apport demandé est d’un million d’euros par entreprise. L’affaire devrait faire du bruit. Primo, Nicolas Sarkozy n’a donc pas renoncé à « manipuler » l’opinion à coups de sondages occultes. Deuxio, ces dépenses, réalisées pour le seul bénéfice du président candidat évident à sa réélection, sont-elles légales du point de la réglementation électorale ? On imagine que les « concurrents » de Nicolas Sarkozy aimeraient beaucoup pouvoir bénéficier des résultats de ces sondages richement dotés. Tertio, quelle(s) contrepartie(s) ces entreprises sont elles en mesure d’attendre de la part de Nicolas Sarkozy en échange de leur contribution ?



Sarkozy et le toursime diplomatique
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29 avril 2010

Le gouvernement s'embourbe, l'Europe sombre, Sarkozy s'envole

Déchéance de nationalité, burqa, polygamie, fraude aux allocations familiales, ... le gouvernement s'est embourbé dans une sale affaire qu'il croyait porteuse. Sarkozy, lui, choisissait de s'envoler pour la Chine tandis que la zone euro risque l'effondrement.

L'Europe sombre, et Sarko préférait partir inaugurer une foire commerciale dans la plus grande dictature de la planète...

Le Niqab-gate d'Hortefeux
Quand Brice Hortefeux a demandé à son collègue Besson de vérifier si le mari d'une conductrice intégralement voilée interpellée par des policiers pour conduite «avec vision réduite» ne pouvait être pas déchu de sa nationalité française pour polygamie supposée et fraudes aux allocations familiales, il ne savait pas qu'il rendait un mauvais service à son équipe.

Eric Besson est apparu gêné. On ne déchoit pas quelqu'un de sa nationalité française pour rien. La polygamie n'est pas du terrorisme: «On va examiner ce que l'on peut déjà faire. Le cas échéant, ce sera au président et au premier ministre de décider de changer la loi». Lundi, Eric Besson a dû poursuivre la surenchère de son collègue Hortefeux, et ainsi suggérer de modifier la loi: «Faut-il retirer la nationalité française à celui qui ne respecte pas les valeurs fondamentales de la République, qui pratique la polygamie ou l'excision?» Et d'ajouter: «J'estime qu'il ne mérite pas de conserver la nationalité française». Un peu plus tard, un journaliste de France 2, Michael Darmon, confirme: «il n'y a rien dans le dossier

Le mari accusé aime visiblement les polémiques médiatisées. Il a tenu une conférence de presse lundi 26 avril : «A ce que je sache, les maîtresses ne sont pas interdites en France, ni par l'islam. Peut-être par le christianisme, mais pas en France» a-t-il expliqué. La situation, horrible, se retourne contre le ministre. Il va lui falloir prouver que les 4 femmes dudit bonhomme sont toutes légitimes, ou que disposer de maîtresses consentantes est un crime de la République qui mérite la même déchéance de nationalité qu'un acte de haute trahison ou de terrorisme. La Sarkofrance se ridiculise. Ce régime est fascinant, tant il tolère un niveau d'incompétence politique inégalé dans ce pays. Il ne se passe pas une semaine sans qu'un nouveau fait divers ridicule vienne chasser le précédent. Lundi, Eric Besson n'avait qu'une modification de la loi à proposer pour tenter de répondre positivement à la bourde de son collègue de l'Intérieur. Le lendemain, deux femmes en burqa, pour l'une, en niqab, pour l'autre, s'affichaient dans le Grand Journal de Canal+ en soutien de leur coreligionnaire nantaise. Et le père de la dite nantaise est allé enregistrer une déposition à la brigade de gendarmerie de Vieillevigne (Loire-Atlantique), pour se plaindre (à juste titre) de n'avoir «plus de contacts» avec sa fille qu'il «ne peut plus voir ses quatre petits-enfants», «enfermés» par son compagnon/mari Liès Hebbadj.
Mercredi, Brice Hortefeux réagissait violemment dans le Monde aux critiques dont il a fait l'objet, notamment dans les colonnes du quotidien du soir : «Je ne céderai pas aux tenants du politiquement correct qui, toujours, préfèrent ne rien dire, ne rien faire, ne rien penser, pour ne prendre aucun risque. Je suis, pour ma part, convaincu que les responsables politiques ont un devoir de transparence.» Reste que tout le monde, à droite comme à gauche, dans les médias ou ailleurs, prend cette affaire pour ce qu'elle est : une bourde médiatique à multiples facettes.

On oublierait presque qu'un autre Nicolas Sarkozy déclarait, en 2003 : « Si quelqu’un veut aller faire ses courses avec son voile, au nom de quoi devrait-on l’en empêcher ? »

La zone euro s'effondre...
Nicolas Sarkozy reste prudemment à l'écart de ces bourdes et polémiques. Il partait en Chine, sceller la réconciliation de nos deux pays avec son homologue dictateur. Xavier Bertrand, pourtant secrétaire général d'une UMP qui a signé un accord de partenariat avec le Parti Communiste Chinois, n'était pas du voyage. L'Armée Populaire chinoise a même joué et chanté deux chansons de Carla Bruni-Sarkozy. Le déshonneur était complet. On se demande vraiment si l'épouse du Monarque a réellement apprécié cet hommage d'une institution plus réputée pour ses rafles de tibétains que ses talents artistiques. «C'est la première fois que je suis en Chine, c'est éblouissant» a-t-elle déclaré. Cette visite du couple Sarkozy était surtout touristique. Ils ont parcouru le mausolée de l'empereur Qin Shi Huang (mercredi), se promèneront sur la Muraille de Chine (jeudi), et inaugureront le pavillon français de l'Exposition universelle de Shanghaï (vendredi).


Bien qu'en voyage, Nicolas Sarkozy devait faire semblant de rester attentif au sort de la Grèce. L'activité diplomatique est un terrain moins boueux que les polémiques douteuses de Sarkofrance. Avant son départ, le monarque a rencontré le président de la Commission européenne au sujet de la Grèce, puis fait publier un communiqué commun demandant «une action rapide et résolue contre la spéculation qui vise la Grèce, afin d'assurer la stabilité de la zone euro».  Depuis, pas de réaction, pas un mot. Rien. Sarkozy visite la Chine. Mercredi, il a donné une "conférence de presse" avec son homologue Hu Jintao. Chacun a récité son texte. Pas de questions. On est en Chine. Là-bas, on enferme les journalistes trop curieux.

En Europe, la note de crédit accordée à la Grèce a encore été abaissée mardi. Les spéculateurs du monde entier jouent l'effondrement du système, et la sortie du pays de la zone euro. Le pays est contraint d'emprunter à des taux d'intérêt prohibitifs dépassant les 10% (pour les emprunts à 10 ans), dans un contexte de récession (-2% de PIB attendu cette année) et de déficit public record (14% de déficit budgétaire). Les Bourses européennes ont très mal réagi. Sarkozy veut faire pression sur l'Allemagne. Mais Angela Merkel pense à ses élections partielles. La crise grecque est aussi une crise du couple franco-allemand. Les Allemands exigent des Grecs un plan détaillé d'austérité budgétaire. Les Français, eux-mêmes financièrement très mal en point, sont moins regardants. Après la Grèce, le Portugal puis l'Espagne sont menacés. Après celles de la Grèce puis du Portugal, une agence de notation a abaissé d'un cran la note de la dette espagnole, assortie d'une perspective négative. Emprunter sera donc plus cher pour l'Etat espagnol, et donc pour les contribuables. A qui le tour ? C'est la panique dans la zone euro, commente le Figaro.

Mercredi, les Bourses européennes chutaient à nouveau.

Lire aussi :


Du Niqab à la polémique...
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Karachigate: quand Frédéric Lefebvre s'énerve.

Il était furieux. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, s'exprimait un matin sur France 2. Il n'appréciait pas les révélations du journal Libération sur le Karachigate, lundi 26 avril. L'implication de Nicolas Sarkozy, dans cette affaire de ventes d'armes, de rétrocommissions et d'attentat-représailles à Karachi en 2002, énervait l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.


KarachiGate: Levebvre parle d'"allegations" de Liberation
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28 avril 2010

Garde à vue, ou le calvaire de Michèle Alliot-Marie.

La réforme de la procédure pénale, projetée avec difficultés et résistances par Michèle Alliot-Marie, devrait contenir de nouvelles dispositions relatives à la garde à vue. Il a fallu quelques polémiques ponctuelles sur des cas ultra-médiatisés pour que le gouvernement se saisisse enfin du sujet.

Le 25 mars dernier, les députés débattaient d'une proposition de loi très simple, déposée par le socialiste André Vallini: la présence effective d'un avocat dès la première heure de la garde à vue. Cette dernière est actuellement possible, mais pas requise. Le débat fut curieux, et sans doute illustratif de la résistance sarkozyenne.

Depuis l'échec de l'UMP aux élections régionales, Nicolas Sarkozy a adopté un ton sécuritaire évident. La prévention, il ne connaît. La protection des libertés publiques n'est pas plus très vendeur pour l'électorat qu'il cherche à séduire à nouveau. Les abus de gardes à vue ne l'ont jamais ému. Si prolixe pendant la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy n'avait pourtant rien à dire sur le sujet. Rappelons que le nombre de gardes à vue est passé de 336 718 en 2001 à 580 108 en 2009, sans compter les gardes à vue pour délits routiers (environ 300 à 400 000 de plus !).

Le 25 mars dernier, Michèle Alliot-Marie était coincée entre sa position de ministre de Sarkofrance et ses propres positions que l'on devinait plus souples et compréhensives. Le député communiste Jean-Pierre Brard a trouvé, ce jour-là, la bonne formule : «Il est vrai que, dans ce gouvernement médiocre, vous êtes une femme d’État ! Mais, quitte à avoir des adversaires, autant qu’ils soient de qualité ! Vous êtes sur vos rails, mais vous ne maîtrisez ni les aiguillages, ni la signalisation ! C’est Sa Majesté impériale qui appuie sur les boutons !»

Dans un premier temps, la Garde des Sceaux reconnaissait la valeur des arguments du député socialiste : «nous partageons, sur les divers bancs de cette assemblée, les mêmes constats.  Premièrement, il y a trop de gardes à vue, la procédure n’étant pas toujours utilisée dans l’esprit dans lequel elle a été créée. Deuxièmement, les conditions de garde à vue sont trop souvent indignes, malgré les efforts de chacun et sans qu’il s’agisse, de quelque manière que ce soit, en disant cela, de montrer du doigt les policiers ou les gendarmes. Troisièmement, l’avocat n’a pas la possibilité de jouer totalement son rôle, notamment son rôle de conseil, au cours de la garde à vue. Je pense que nous sommes unanimes à penser cela.»

Pour conclure, Michèle Alliot-Marie reconnaît que la proposition est une bonne réponse à ces problèmes: «La proposition de loi de M. Vallini est effectivement l’une des réponses susceptibles d’être données. Elle prévoit que toute personne placée en garde à vue, si elle en fait la demande, soit immédiatement assistée d’un avocat, et ce pendant toute la durée de la garde à vue.»
Mais ensuite, elle prévient : «nous devons envisager les problèmes dans leur ensemble.» Elle avance quelques pistes d'amélioration, qui ne choqueront personne, bien au contraire : primo,  «Le recours à la garde à vue, qui est une façon de priver quelqu’un de liberté, ne doit être possible que dans le cas d’un crime ou d’un délit susceptible d’être puni par une peine d’emprisonnement» (sic !). Deuxio, «un aveu obtenu hors la présence d’un avocat ne pourra servir à lui seul de base pour une condamnation.» Tertio, elle aimerait que la dignité des gardés à vue soit mieux garantie, et limiter, par exemple, le retrait systématique des soutiens-gorges ou des lunettes.

Ces «avancées»  étant posées, la voici qui critique l'impossibilité pratique à accepter la proposition socialiste. La présence obligatoire d'un avocat dès le début de la garde à vue pourrait freiner la procédure d'instruction si ce dernier tarde à venir : «Supposons que l’on retienne la présence de l’avocat obligatoire dès le début et tout au long de la garde à vue ; que se passera-t-il si l’avocat ne se présente pas, soit parce qu’il ne le veut pas, soit parce qu’il est empêché pour des raisons diverses ? Que se passera-t-il si la situation – séquestration ou enlèvement, par exemple – exige une réaction très rapide ?» C'est l'unique raison invoquée pour refuser le projet. Elle renchérit en soulignant le trop faible nombre d'avocats en France pour satisfaire ces nouvelles demandes : «Sur les 52 000 avocats, nombreux sont ceux qui touchent aujourd’hui un revenu inférieur au SMIC. Allons-nous – et j’exclus les gardes à vue pour infractions routières – pour faire face aux 500 000 gardes à vue, dont le nombre va je l’espère baisser, créer 50 000 ou 100 000 postes d’avocats supplémentaires ? Comment vont-ils vivre ? Soyons raisonnables ! De toute façon, où va-t-on trouver ces avocats ? Exerceront-ils au fin fond de la campagne ? Je ne le pense pas. Un véritable problème d’organisation se pose aujourd’hui.»
Pourtant, les suggestions ne manquent pas pour faire face à ses difficultés matérielles, comme l'enregistrement systématique des auditions si l'avocat est absent, ou l'autorisation préalable par un magistrat de toute prolongation de garde à vue. Mais le refus, tant par l'UMP que par gouvernement, reste inchangé.

Une Garde des Sceaux invoque les faibles moyens de la justice pour refuser une amélioration législative des droits de la défense, face à des abus de procédures reconnus par tous... C'est l'un des paradoxes, nombreux, de Sarkofrance.

Depuis ces échanges, la réforme de la procédure pénale a pris du plomb dans l'aile. La Garde des Sceaux pense à la scinder en deux parties, afin de faire passer sans attendre les dispositions (insuffisantes) relatives à la garde à vue.

Hollande, Sarkozy et les allocations familiales


Hollande, Sarkozy et les allocations familiales
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27 avril 2010

Du Karachigate au Sarkogate

C'était donc vrai. Ce n'était pas une fable. L'affaire du Karachigate rebondit. Nicolas Sarkozy n'était pas là pour commenter. Il s'envolait pour la Chine.

Balladur mis en cause...
Le quotidien Libération a relancé l'affaire, ce lundi 26 avril. Il y a près d'un an, Nicolas Sarkozy avait été interpelé lors d'une conférence de presse, à propos des accusations de l'avocat de parties civiles: ce dernier l'accusait d'être directement impliqué dans l'affaire du Karachigate. Les juges chargés de l'enquête laissaient entendre que l'attentat à Karachi en mai 2002, qui coûta la vie à 14 personnes dont onze ingénieurs français, était en fait une vengeance pakistanaise: Jacques Chirac devenu président en 1995 avait interrompu les versements de commissions occultes, dues par le gouvernement français à l'issue de la vente (à perte) au Pakistan de sous-marins nucléaires français... Une fable, avait dit Nicolas Sarkozy...

En 1995, Edouard Balladur était premier ministre, et Nicolas Sarkozy son ministre du budget et directeur de campagne. Ce dernier avait autorisé le versement des commissions dans le cadre d'un contrat de vente de 3 sous-marins, signé le 21 septembre 1994 par le ministre de la Défense, François Léotard, auparavant été validé par le ministre du Budget, Nicolas Sarkozy. Et Balladur avait notamment imposé deux intermédiaires qui pourtant n'avaient pas oeuvré sur cette vente d'armes. On soupçonne cette vente d'avoir donné lieu à des "rétrocommissions" en faveur du camp balladurien pour financer sa campagne présidentielle de 1995.

Le 7 février dernier, six familles de victimes avaient déposé une nouvelle plainte, pour corruption et entrave à la justice. Le parquet avait aussi ordonné une enquête préliminaire.

Lundi 26 avril, Libération a publié plusieurs informations clés :

1. Deux intermédiaires imposés par le gouvernement Balladur ont reçu 54 millions de francs. Ils ont été imposés à la DCN après la conclusion du contrat de vente au printemps 1994. Il leur avait été promis quelques 216 millions de francs. Toujours d'après Libération, les deux intermédiaires exigèrent d'être payés avant janvier 1995. «Finalement, selon un accord du 24 janvier 1995 entre un représentant de la DCN et Mercor Finance, la société offshore représentant Takieddine et El-Assir, il est convenu qu'un premier versement de 130 millions sera débloqué à la signature, peu après le 24 janvier, puis deux autres tranches étalées jusqu'au 31 décembre 1995, et une dernière en fonction de la réalisation du chantier

Edouard Balladur a déclaré sa candidature à l'élection présidentielle le 28 janvier 1995.

2. Le compte de campagne d'Edouard Balladur, ouvert par l'Aficeb (Association pour le financement de la campagne d'Edouard Balladur), numéroté 327548 à l'agence Crédit du Nord, boulevard Haussmann à Paris, «a enregistré un dépôt en espèces suspects de 10 millions de francs. Tout ceci alors que Nicolas Sarkozy était à la fois le porte-parole de l'ex-Premier Ministre et le ministre du budget.» Cette remise d'espèces a eu lieu de 26 avril 1995, quinze ans jour pour jour avant la publication de l'information par Libération. Le quotidien rapporte que, d'après les guichetiers, la moitié des billets étaient des coupures de 500 francs. Ces 10 millions de francs représentent 20% des recettes électorales déclarées par le candidat Balladur. A l'époque, un particulier ne pouvait donner plus de 1000 francs en espèces. Dix millions de francs, cela représenterait 20 000 contributions individuelles...

... et Sarkozy aussi
Du côté de l'Elysée, on a visiblement agi en coulisses: en juin 2009, le ministre de la Défense avait promis une déclassification du secret défense sur les documents de l'affaire stockés dans divers placards de la Grande Muette. Plusieurs mois plus tard, le juge Marc Trévidic ne reçu qu'un gros rapport de 137 pages ... dont seuls 6 paragraphes ont été laissés visibles. Le reste a été expurgé, effacé, détruit. 

Mis en cause par Libération, l'ancien premier ministre s'est empressé de répondre aux accusations, dans une tribune publiée par le Figaro. Alors qu'il refusait d'être auditionné par la commission d'enquête parlementaire constituée sur l'attentat de Karachi, voici qu'il en fait maintenant la demande expresse. Balladur semble aussi impliquer Nicolas Sarkozy : «la décision d'autoriser l'octroi de commissions n'était pas de la responsabilité du Premier ministre ou de ses services. J'ignore si, en l'espèce, il a été décidé d'y avoir recours.» A l'époque, la décision de verser des commissions à des intermédiaires lors de contrats d'armements était du ressort du ministre du budget. En effet, seul ce dernier pouvait valider la déductibilité de telles commissions. En 1995, le ministre du budget s'appelait Nicolas Sarkozy.

Sur l'origine des 10 millions de francs de dons versés en espèces, dont la moitié en coupures de 500 francs, Edouard Balladur reste étrangement distant, discret, flou. Il précise simplement que «les comptes de ma campagne ont été audités puis remis au Conseil constitutionnel et validés par lui dans une décision publiée au Journal Officiel du 12 octobre 1995

L'ancien mentor de Nicolas Sarkozy n'a qu'une défense : pourquoi l'attentat est-il intervenu si tardivement (en 2002) après l'interruption supposée des versements de commissions ? Quelle bonne question ...

L'avocat des familles des victimes n'est pas dupe«Les parties civiles considèrent que Monsieur Balladur ment d'une façon absolument éhontée par rapport aux éléments qui sont dans le dossier. (...) Il est bien évident que dans les prochains jours nous allons demander l'audition de M. Balladur qui n'est couvert par aucune immunité.» 

L'avocat ne s'arrête pas là. Il attaque directement Nicolas Sarkozy. Il a reçu anonymement des documents relatifs aux versements en espèces sur le compte de campagne de Balladur. Il sait de quoi il parle...


KarachiGate : commissions suspectes du "reseau Balladur" ?..
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Lire aussi :

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26 avril 2010

Délinquance: Hortefeux se trompe et le sait.

La semaine dernière, le ministre de l'intérieur s'est félicité du bilan de la lutte contre la délinquance au premier trimestre 2010. On a du mal à comprendre pourquoi il était aussi satisfait.

Le ministre tente de contenir les critiques. Cela passe d'abord par un changement de méthode... statistique. L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) prévient ainsi, dans le texte introductif de son bilan mensuel, qu'elle ne communique désormais plus sur le chiffre global de la délinquance, car, explique-t-il, les atteintes aux biens (vols et destructions et dégradations), les atteintes volontaires à l'intégrité physique (violences ou menaces) et des escroqueries, et les infractions économiques et financières «n'ont pas vocation à être additionnés pour former un chiffre unique. » La belle affaire ! Depuis près d'une décennie, Nicolas Sarkozy et ses proches usent et abusent de ces mêmes totalisations hâtives de données incomparables les unes avec les autres !

L'ONDRP prévient aussi: «la grille de lecture consistant à considérer une baisse des faits constatés comme positive et une hausse comme un mauvais signe n'est pas toujours adaptée à la forme de délinquance à laquelle on s'intéresse. Une hausse des faits constatés en matière de violences physiques peut, par exemple, résulter d'une augmentation des faits commis qu'il serait légitime de considérer comme négative mais aussi d'une plus grande propension des victimes à porter plainte qui, elle, s'interprète positivement.» Brice Hortefeux n'a cure de ses précautions méthodologiques. Mardi dernier, il s'est lancé... pour son plus grand péril.

Voici ces 6 conclusions principales :

1. «Une diminution de 3,8% des atteintes aux biens par rapport au premier trimestre 2009 : entre avril 2009 et mars 2010, le nombre d'atteintes aux biens enregistrés atteinte même son plus bas niveau depuis 1996»
En fait, la baisse des atteintes aux biens entre mars 2009 et mars 2010 est de 1%, soit 22 171 actes «constatés».  Cette baisse concerne surtout les «destructions et dégradations enregistrées» (-33 000) . Les vols avec violences ( 113730 vols violents constatés en un an)ont au contraire fortement progressé, + 5,3% sur 12 mois (soit + 5 717 actes). Les faits d’incendies volontaires ont également augmenté, de 8,8% sur 12 mois (+3646 faits constatés).

2. «Une tendance à la stabilisation des atteintes volontaires à l'intégrité physique, avec une évolution limitée à +1,24% par rapport au premier trimestre 2009 ; la hausse des faits constatés a été divisée par deux en 4 mois
Vous avez bien lu: le ministre se félicite d'une «tendance à la stabilisation». Il aurait du mal à dire mieux. Le constat de l'ONDRP est sans équivoque. Les violences aux personnes représentent un tiers des actes de délinquance. Parmi elles, «plus de 240000 faits de violences physiques non crapuleuses ont été enregistrés entre avril 2009 et mars 2010, soit un niveau parmi les plus élevés depuis 1996.» Ces dernières totalisent plus de la moitié (53%) des violences aux personnes. Qui dit mieux ? En fait, le ministre reprend une autre conclusion de l'ONDRP : cette augmentation est la plus faible depuis 5 ans. De leur côté, les violences physiques crapuleuses progressent de 5% sur 12 mois. L'ONDRP s'inquiète: «Depuis plusieurs mois, le nombre de faits constatés de violences physiques crapuleuses est en hausse plus marquée que celle des violences physiques non crapuleuses

3. «Un recul de 10,6% des escroqueries et des infractions économiques et financières par rapport au premier trimestre 2009.»
L'ONDRP prévient pourtant: «pour ce qui est des escroqueries et infractions économiques et financières, une modification des règles d’enregistrement de certaines infractions pourrait être à l’origine de leur forte baisse sur 12 mois.» Le ministre ne lit pas ses propres rapports ! L'ONDRP note en effet qu'une partie des plaintes pour fraudes à la carte bancaire ne font plus plus l'objet de procès-verbaux... Sans commentaires.

Le ministre a aussi salué «le niveau très élevé d'activité des forces de police et de gendarmerie». Ainsi, il relève les points suivants, dans son communiqué triomphant :

4. «un taux d'élucidation de 38% depuis le début de l'année, soit 315 945 faits élucidés».
Il n'y a pas de quoi se réjouir. Primo, ce taux stagne sous la barre des 40% depuis des années, malgré une forte progression du fichage (encore près de 30 000 concitoyens fichés au cours du trimestre, cf. page 9 du rapport). Deuxio, l'ONDRP note que les forces de l'ordre ont relevé moins d'infractions: «Si le nombre d’infractions révélées par l’action des services est en diminution de 7,9 % au premier trimestre 2010, c’est notamment en raison d’une plus grande sélectivité de l’action menée par les services de police et unités de gendarmerie» (page 6 du rapport).
Pour faire baisser la délinquance, il suffit de ne plus la voir...

5. «une diminution de -3% des cambriolages».
Hortefeux ose tout : il compare le niveau des cambriolages en mars, au sortir d'un hiver rigoureux, avec celui du mois d'août, en plein été ! Sur un an, les cambriolages ont augmenté de +4,1% (+6375 faits constatés).

6. «une baisse de 9,3% de la criminalité organisée et la délinquance spécialisée»
Le taux est précis, le chiffre invérifiable. Les statistiques fournies ne permettent pas facilement de distinguer la criminalité par origine... Les règlements de comptes entre malfaiteurs ont baissé, mais le phénomène est marginal (47 sur 12 mois, contre 114 un an plus tôt). Tout comme les trafics de stupéfiants (226 actes de moins en un an)... D'où l'ONDRP sorte-t-il ces chiffres ?

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a ressorti sa panoplie de shérif, en visitant Bobigny. Il a promis la suspension des allocations familiales aux parents d'élèves absentéistes. L'Education nationale comptabilise 6% d'absentéisme parmi ses élèves...


Suppression des allocations familiales : la fuite en avant..
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Crédit illustration: Re-so.net

Fadela Amara: "Clichy, un truc extrêmement symbolique..."


Fadela amara :"Clichy, ce truc symbolique..."
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25 avril 2010

Chut ! Nicolas Sarkozy se re-présidentialise...

Nicolas et Carla Sarkozy ne sont pas venus à l'inauguration de l'exposition de peintures du père Pal Sarkozy, samedi 24 avril. Ont-ils profité du week-end pour partir au Cap Nègre ? Non, il se "re-présidentialise"... à l'abri des polémiques.

Sarkozy embourbé
Les conseillers du Monarque ont profité de ces derniers jours pour faire passer le message à la presse. Nicolas Sarkozy va changer (dixit Le Parisien). Il va se "re-présidentialiser" (dixit Le Figaro), s'afficher plus calme, prendre de la hauteur. La vanne adressé à un jeune qui le charriait jeudi dernier à Chambéry a jeter un nouveau trouble sur l'aptitude du Monarque à assumer sa fonction...A Chambéry, l'Elysée avait pourtant tout prévu: davantage de temps (4 heures sur place), davantage de sourires, un déjeuner parmi 180 convives, une visite à la mairie (socialiste) du coin. "Le président en a profité pour prendre trois petits bains de foule" expliquait l'envoyé spécial du Figaro. Trois bains de foules ?!? Incroyable...

UMP déchaînée
La polémique du moment est bien lancée: de la burqa, nous sommes passés à la polygamie et à la fraude aux allocations familiales de ces fichus intégristes musulmans. Un sujet sur mesure. Toute l'UMP s'engouffre. Dominique Paillé et Frédéric Lefebvre, les deux porte-paroles  de l'UMP se jettent sur le sujet comme un os qu'ils attendaient de ronger depuis longtemps. Lefebvre explique que la démarche de Brice Hortefeux "exprime la nécessaire fermeté dont notre société doit faire preuve à l'encontre de ceux qui méprisent nos règles, détournent nos procédures et profitent de manière inqualifiable de l'hospitalité française". La démarche de Brice Hortefeux est absurde. Lefebvre ajoute quand même: "La déchéance de la nationalité est une étape essentielle avant l'expulsion de cet individu, extrémiste, qui bafoue les droits des femmes sur notre sol et arnaque notre système social." Son collègue Dominique Paillé essaye de calmer le jeu: ce n'est pas l'UMP qui forcerait le trait. "Si la conductrice n'avait pas protesté, il n'y aurait pas eu de médiatisation"... Bien sûr. Le ministre de l'intérieur n'a-t-il pas joué la surenchère facile ?

Rachida apaisée
Rachida Dati s'est remise de la polémique des rumeurs d'infidélités conjugales du couple Sarkozy. Un temps accusée d'en être l'auteur, elle a été réhabilitée voici 10 jours par Carla Bruni-Sarkozy. Vendredi, l'ambassadeur du Maroc l'a décoré. Parmi les invités, on trouvait Alain Delon, Mireille Darc, Serge Moati, Etienne Mougeotte, Yamina Benguigui, mais aussi Andrée et Guillaume Sarkozy, la mère et l'un des frères du président français.  Elle a déclaré regretter de voir "l'islam si souvent caricaturé". Par qui ?

Christine Lagarde impudique
La ministre de l'Economie est sur le pont. La Grèce vacille. La France s'inquiète. L'Allemagne résiste. Les conservateurs allemands réclament la sortie de la Grèce de la zone euro. Le FMI de Dominique Strauss-Kahn s'est invité dans l'affaire. Certains Européens, comme Jean-Claude Trichet le président de la BCE, ne voient pas d'un bon oeil cette intervention. Mais pas la ministre française. Qu'importe si l'Europe démontre une fois de plus son inexistence politique. "Il ne faut pas avoir des pudeurs de jeune fille" a-t-elle déclaré vendredi à Washington, où se déroulait un G20 des ministres des finances. "Vérité d'hier n'est pas vérité de demain et il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", a-t-elle ajouté.

Nicolas Sarkozy ne s'est pas prononcé sur la crise grecque depuis le 9 avril dernier. Depuis, il attend. Il se "re-présidentialise".

Sarkozy, dirigeant le moins sérieux ?


Sarkozy : le leader le moins sérieux ?
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24 avril 2010

155ème semaine de Sarkofrance: Sarko le malin.

Un volcan a arrêté la mondialisation, mais Nicolas Sarkozy ne commente pas. Il préfère ressortir sa panoplie de shérif des banlieues, à Bobigny, et agiter la majorité silencieuse d'une nouvelle polémique sur la Burqa et l'Islam. Pour cette 155ème semaine de Sarkofrance, Sarkozy ne fait plus le malin. Il s'inquiète.

Un volcan, ou son vacarme inattendu
Des milliers d'avions, y compris les charters d'Eric Besson ou l'Airbus présidentiel, sont cloués au sol. Des milliers de Français sont coincés à l'étranger. Des marchandises pourrissent dans des entrepôts. Il n'a fallu qu'un petit volcan islandais du nom d'Eyjafjallajokull pour en arriver là. Nicolas Sarkozy ne dit rien. Ses proches justifient : à quoi bon ? Il risquerait de se montrer impuissant. L'homme ne peut rien contre la nature.  Il ne faut pas l'exposer. Dimanche, il a préféré rester en France, au château de la Lanterne, près de Versailles, avec sa belle-famille, aux frais du contribuable, plutôt que de prendre le train pour assister les funérailles du président polonais.

Pour assumer l'impuissance des hommes face au nuage de cendres, Sarkozy a laissé son gouvernement s'exprimer, s'empêtrer, négocier. Samedi, Jean-Louis Borloo expliquait qu'il fallait étudier l'impact des cendres sur les vols. Dimanche, François Fillon prolongeait encore l'interdiction de vols en métropole. Mardi, les premiers vols reprennent. Borloo intervient sur tous les plateaux télévisuels. Même Chantal Jouanno, sa secrétaire d'Etat à l'Ecologie, est contrainte d'aller défendre le transport aérien. Vendredi soir, quelques 25 000 Français étaient encore bloqués à l'étranger. Kouchner s'avance un peu vite en leur promettant un retour d'ici dimanche. Le Quai d'Orsay libère un million d'euros d'aide d'urgence pour financer leur séjour et leur retour.

Cette éruption volcanique, comme hier la grippe A, fut un vacarme inattendu pour distraire l'attention des vrais sujets.

Les renoncements que l'on voudrait cacher
Ce fut une belle déception pour les partisans du Grenelle de l’Environnement: le gouvernement a confirmé le report de la taxe spéciale sur les transports en poids lourd jusqu'en 2012. Elle devait rapporter 1,3 milliards d'euros aux collectivités locales. Chantal Jouanno a dû avaler la couleuvre.

Autre renoncement, heureux celui-là, Michèle Alliot-Marie a abandonné l'un des cadeaux promis aux milieux d'affaires : le raccourcissement des délais de prescription pour les délits économiques et financiers, qu'elle avait tenté d'inclure dans sa réforme de la procédure pénale.

A Bruxelles, Christine Lagarde faisait semblant de défendre un projet de taxe bancaire. L'Allemagne l'a déjà adopté. Pas la France. L'idée est de prélever davantage les établissements financiers pour constituer des réserves en cas de faillite généralisée. Les auteurs d'un rapport, commandé par la ministre, expliquent que le risque systématique est mal couvert par les règles actuelles de réserves prudentielles. Mais à Bruxelles, il faut l'unanimité des 27 Etats membres...

Discret, Eric Woerth poursuit ses consultations sur la réforme des retraites. Dimanche, il refusait, une nouvelle fois, toute hausse des impôts ou augmentation générale des cotisations retraite. Xavier Bertrand entame un tour de France sur le sujet. Depuis quelque jours, le gouvernement s'est offert une belle campagne de publicité dans la presse pour louer sa future réforme. Jean-Pierre Raffarin parle de pénibilité, mais sans que « des métiers tout entiers » soient concernés. L’UMP tente ainsi d’individualiser au maximum la question de la pénibilité des carrières. Elle promeut l’anecdote contre la généralité, pour mieux botter en touche. La semaine passée, le rapport du Conseil d'Orientation des Retraites avait été largement instrumentalisé, en détaillant des prévisions d'un pessimisme a priori inouï (plus de 70 milliards d'euros de déficit du régime en 2050, dans le scénario le plus optimiste). Pourtant, le COR livrait des recommandations évidentes, ... et gênantes pour le discours umpiste : le rétablissement des comptes ne pourra pas être obtenu par un simple ajustement des trois variables habituelles (montant des pensions, âge de départ et durée de cotisations). Une hausse des prélèvements est inévitable.

L'inévitable Sarko-ritaire
Le Monarque a préféré jouer la carte sécurité et immigration. Un diptyque qui, croit-il, lui sied bien. Mardi à Bobigny, il installait le nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert. Les costumes étaient sombres, et les mines sérieuses. Il a ressorti sa même rengaine sécuritairefermeté absolue », « action en profondeur »), sans plus d’effet que les précédentes. Il promet la suspension systématique des allocations familiales, la mise en internats forcée, des interventions policières « sans restriction » dans les halls d’immeubles, et même des mesures... déjà en place, comme la radio-localisation des bus, déjà effective sur 2 100 bus depuis 2007, et prochainement sur 1 932 supplémentaires. La panoplie du shérif est complète, mais connue et peu crédible. Répétons-le : Sarkozy n'a de sécuritaire que le discours. Vendredi soir, comme un pied de nez à cette (fausse) démonstration de force, deux bus étaient encore caillassés en Seine-Saint-Denis, à Sevran.

L'insécurité violente contre les personnes progresse, les moyens de la police et de la gendarmerie régressent.  Le Figaro a publié quelques extraits d’un édifiant rapport sur les effectifs des forces de l'ordre : ces derniers ont stagné en 10 ans, à 222 000 personnes, alors que, dans le même temps, la population française a cru de 6%, et le nombre de violences a « explosé ». Pire, à peine la moitié de ces personnels sur réellement sur le terrain. Dans les campagnes, on compte un gendarme pour 994 habitants (contre 1 pour 485 il y a 10 ans). 

Mardi, Brice Hortefeux se félicitait du bilan de la lutte contre la délinquance au premier trimestre 2010. Vraiment ? Les violences contre les personnes ont encore progressé. Plus de 240000 faits de violences physiques non crapuleuses ont été enregistrés entre avril 2009 et mars 2010, soit un niveau parmi les plus élevés depuis 1996. La diminution du nombre d'escroqueries et d'infractions économiques résulterait, d'après le propre rapport du ministre, d'un changement de méthode d'enregistrement !

Mercredi, Nicolas Sarkozy réactive la polémique que la Burqa. Dans une semaine, un projet de loi sera présenté par Michèle Alliot-Marie, sa Garde des Sceaux, visant à interdire totalement le port du voile intégral partout en France. Et qu'importe si le Conseil d'Etat avait prévenu qu'une telle loi risquait d'être anti-constitutionnelle. Une jeune conductrice s'insurge d'avoir été verbalisée par des policiers, à Nantes, parce qu'elle portait le Niqab. Alerté sur la situation par le policier qui la verbalisa, Brice Hortefeux, vendredi 23 avril, demande à son collègue Eric Besson d'étudier la déchéance de nationalité française du mari, supposé polygame (4 femmes et 12 enfants) et fraudeur aux allocations familiales. «Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir faire étudier les conditions dans lesquelles, si ces faits étaient confirmés, l'intéressé pourrait être déchu de la nationalité française» . Franck Louvrier, le conseiller pour la communication de Nicolas Sarkozy, se félicite de «l'instinct prémonitoire » du policier. Il envoie des textos aux journalistes pour qu'ils reprennent l'information. A l'Elysée, on s'agite pour que cette polémique se développe, et qu'elle cache la misère de Sarkofrance. Depuis le lancement du funeste débat sur l'identité nationale, les édiles de Sarkofrance se sont bel et bien engagés dans une «purification symbolique de la nation».

Inaudible et fatigué
Le Monarque ne réalise pas que ce type de vacarme ne fait plus illusion. Les sondages se suivent et se ressemblent. Les Français ne croient plus à l'efficacité sarkozyenne. Deux tiers des sondés répètent régulièrement qu'ils désapprouvent la politique du gouvernement. Leurs soucis sont ailleurs, dans la crise, la précarité, les retraites. Les attaques spéculatives contre la Grèce menacent la stabilité de la zone euro.

«En 2012, je changerai tout » a confié Nicolas Sarkozy à un proche. Il semble conscient de son échec: impopulaire, instable, inaudible, le Monarque cherche à rebondir. Tout le monde l'écoute mais personne ne le croit. Depuis des mois, il répète qu'il veut être plus sobre, plus calme, plus présidentiel. Et pourtant, presque chaque semaine, le voici qui replonge. Une rumeur d'infidélités conjugales le frappe, et il lance les services de contre-espionnage à la traque des auteurs. Depuis des mois, il (se) répète qu'il doit se concentrer sur les plus grands dossiers. Et le voici qui se réfugie dans les sujets anecdotiques comme les 2000 Burqas.

Jeudi, il était à Chambéry. Le déplacement devait être paisible. Il s'agissait de célébrer le 150ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. Sarkozy a tenté de s'afficher apaisé et presque lyrique. Il loue la Savoie comme «comme un condensé de France», il applaudit l'identité savoyarde, son «ardent patriotisme français»

Sur son chemin, il salue un jeune homme goguenard, qui aussitôt s’essuie la main ostensiblement sur son pull. Sarkozy ne peut s'empêcher de réagir par une vanne de caïd : « Fais pas le malin, toi. Fais pas le malin ». Décidément, ce Monarque est incapable de maitriser son calme.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Médias traditionnels, banlieues et blogs...


Médias traditionnels, banlieues et Blogs....
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23 avril 2010

Fais pas le malin, Nicolas.

La visite était « anodine », pour célébrer le 150ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. Dans les rues de Chambéry, Nicolas Sarkozy serrait des mains. Il faisait beau, les drapeaux locaux et costumes folkloriques étaient de sortie. Sur sa route, derrière la barrière de sécurité, un jeune homme s’essuie la main ostensiblement sur son pull, immédiatement après le contact. « Fais pas le malin, toi. Fais pas le malin » lui lance le Monarque sans s’arrêter. Après le « Casse-toi pov’con » et autres « Descends si t’es un homme », voici la nouvelle (petite ) gaffe d’un président qui oublie son rôle et son calme.

Tout a commencé en Savoie...
Le Monarque se voulait pourtant lyrique, en parlant de l’identité savoyarde dans la cour d'honneur du château des Ducs de Savoie à Chambéry. « L'unité de la France a plus à craindre d'une uniformité rigide que d'une souplesse dans la diversité et la reconnaissance de chacune des identités de notre territoire. (…) On ne bâtit pas un grand pays en niant les identités de toutes ces petites patries qui font la grande patrie française. »

A Chambéry, Sarko était ainsi (presque) régionaliste. Mais il n’oublia pas la nation. Pour quelques heures de présence, la Savoie était devenue l’emblème, le symbole ultime de notre identité nationale : « Il y a dans l'intégration de la Savoie à la Nation une valeur d'exemple ». ou encore : « Il y a dans la Savoie comme un condensé de France (…) Ses clochers, ses usines, ses fermes font partie de son identité. On peut défendre son identité sans être agressif à l'égard de quiconque. Et c'est justement parce que nous sommes ouverts aux autres que nous voulons défendre notre identité ». N'en jetez plus ! La Savoie est donc une région incroyable que Nicolas Sarkozy semble découvrir : « Ce que la Savoie a accompli, c'est en quelque sorte l'idéal que notre République s'assigne pour chaque Français et pour chaque région de France ». ou : «Si, comme on l'a dit, « la Nation française est un plébiscite de tous les jours », ce sont les Savoyards qui ont depuis 150 ans le mieux illustré cette formule. Car c'est ici, dans cette Province, dernière venue dans la communauté nationale, que s'est manifesté, à chaque fois que les circonstances l'ont exigé, le plus ardent patriotisme français

De ce voyage de quelques heures, on ne retiendra que cette vanne de caïd, lancée à un jeune homme multi-scruté par les forces de l'ordre. Le garçon n'était même pas agressif, franchement goguenard. Affront suprême pour M. Sarkozy.

Gaffes ou insultes ?
Les gaffes sont légions en Sarkofrance. Leur nombre semble directement corrélé à l'omniprésence médiatique et la «franchise» décomplexée du discours de Nicolas Sarkozy. Les proches du président français s'inspirent de leur chef. Christian Estrosi n’en est pas à son coup d’essai. En matière de gaffe, le ministre cumulard et « motodidacte » est devenu expert. Le voici qui attaquait, mercredi matin sur France 2, le mouvement de grève de Sud-Rail qui perdure en région PACA : « C'est un peu comme si Sud en Haïti avait refusé de faire les déblaiements, de continuer à faire la grève du déblaiement. Moi je dis dans ce cas-là, on ne peut pas l'accepter ». Quelle comparaison ! Le sinistre ministre ne sait plus de quoi il parle. A moins, qu'à l'instar de son patron de président, il ne sache pas maîtriser son émotion.

Qui fait le malin ?

Le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant est un homme plus mesuré. Il n’est pourtant pas à l’abri de gaffes. Au plus fort des soupçons contre Rachida Dati, il avait assuré que le couple Sarkozy ne voulait plus voir l’ex-Garde des Sceaux. Quelques jours plus tard, alors que Nicolas demandait à Carla d’aller éteindre l’incendie sur les ondes d’Europe1, et expliquer que Rachida était sa meilleure amie, voici Claude Guéant qui doit faire volte-face. Il livre cette confidence, à double sens, et double tranchant : « La vérité d'hier n'est peut-être pas celle d'aujourd'hui ».

Qui fait le malin ?

Avare de paroles, discret dans les médias, le ministre de l’immigration a reçu un prix dont il se serait bien passé, ou dont il se fiche : il est lauréat du prix du colonialiste de l'année, un fameux prix décerné par le le collectif "Sortir du colonialisme".

Gaffe ou bavure ?
Lors de la visite de Nicolas Sarkozy mardi dernier à Bobigny, un homme a été placé en garde à vue. La préfecture avait été fermée pour deux jours. Quand le monarque se déplace, le monde s'arrête. On avait déjà connu cela lors d'une visite incongrue dans un hôpital, en septembre dernier, à Villejuif. Les patients avaient été refoulés, et l'hôpital bouclé pendant 5 jours. Le Monarque devait parler, dans une grande tente dressée pour l'occasion.

Ce mardi, un homme était venu, affublé d'un tee-shirt No Sarkozy Day, profiter de l'assistance éventuelle pour communiquer d'une prochaine manifestation anti-Sarkozy le 8 mai prochain. Son simple tee-shirt lui a valu une interpellation, en bonne et due forme, puis une garde à vue, en bonne et due forme. Il ne faut pas déranger le Monarque qui devait parler à quelques lieues de là. Cet homme s'appelle Grégory Pasqueille, il a 20 ans. La police du commissariat de Bobigny ne sait pas pourquoi elle l'a gardé à vue. Il n'était ni menaçant, ni suspecté de quoi que ce soit.

Qui fait le malin ?

Gaffe ou piston ?
Rue89 rapporte l'anecdote. Il est salarié d'EDF. Il aimerait une promotion. Il est aussi adhérent de l'UMP, et de longue date. Culot aidant, il écrit à Eric Cesari, «directeur général» de l'UMP. Le parti présidentiel a un «directeur général». L'UMP est une grande entreprise. Son DG prend les choses en mains. La lettre du salarié d'EDF est édifiante : «Je sollicite votre intervention auprès de Monsieur le président directeur général du groupe EDF et peut-être également auprès de Monsieur le ministre de l'Industrie afin que je sois classé X. Je demande que cette modification prenne effet à dater du 1er janvier 2010.» Le plus drôle, le plus triste, est la chaîne des recommandations qui suivit. Le chef de cabinet de Xavier Bertrand écrit à son «homologue» chef de cabinet chez Christian Estrosi, lequel écrit à son «homologue» chef de cabinet de la présidence et de la direction générale d'EDF. Lequel transmis au manager dudit salarié. Et lui expliqua que sa promotion, déjà refusée, serait encore refusée. L'UMP se défend: « On n'est que des intermédiaires. » En janvier dernier, le DG de l'UMP a reçu la Légion d'Honneur, sur le contingent du ministère de l'Intérieur. Pour services rendus à la France...

Qui fait le malin ?

Autre lieu, même parti, même piston. Il était candidat UMP. Il était syndicaliste policier. Bruno Beschizzaélu aux élections régionales dans le département de Seine-Saint-Denis, va être nommé sous-préfet hors cadre par Nicolas Sarkozy. La candidature de M. Beschizza en Seine-Saint-Denis était une idée de Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Si l'on avait appliqué la loi - notre bien si chère comme le rappelait Nicolas Sarkozy voici deux jours à Bobigny - M. Beschizza n'aurait pas eu le droit de siéger au conseil régional. La réglementation suppose qu'un fonctionnaire doit avoir exercé au moins six mois dans la circonscription où il est élu. Le délai est porté à un an pour un préfet ou un sous-préfet. Pire, pour être préfet ou sous-préfet, il faut dix ans d'ancienneté à un poste de fonctionnaire de catégorie A. En tant qu'officier de police, Beschizza n'en a que 5 ans. Mais Claude Guéant veille au grain : Beschizza sera sous-préfet hors cadre, c'est-à-dire sans affectation.

Qui fait le malin ?



Chambéry Sarkozy fait pas le malin
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Etudier plus pour travailler moins ?


Etudier plus pour travailler moins ???
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22 avril 2010

Taxe ou sécurité: Sarkozy est dans l'impasse

Les annonces sécuritaires de la veille n’ont pas secoué l’agenda médiatique du moment. Nicolas Sarkozy persiste, en promettant l'interdiction générale de la Burqa. A Bruxelles, Christine Lagarde tente de convaincre ses pairs d'une nouvelle taxe bancaire qu'elle a été incapable d'assumer seule en France. Dure réalité.

Les menaces sécuritaires font chou blanc
Ecouter Nicolas Sarkozy, debout sur une estrade officielle, déclamer ses menaces et oublier la prévention. On se serait cru dans un mauvais western de série B. Aussitôt vu, aussitôt oublié. Suppression des allocations familiales, mise en internats forcées, interventions « sans restriction » dans les halls d’immeubles, la panoplie des arguments n’était ni nouvelle ni crédible. Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance Police Nationale, a sobrement commenté : «En exigeant cela, Sarkozy est vraiment sincère car il a la question de la sécurité dans les tripes, mais je crains que le discours ne se heurte à la réalité du terrain. Avec la baisse des effectifs, nos collègues sont en effet débordés de missions dans ce département difficile

Mercredi, le Monarque recevait des syndcalistes de la police à déjeuner. Ces derniers en ont gros sur le cœur. La politique du chiffre qui leur imposée depuis 2002 produit des résultats médiocres (voire mauvais pour ce qui concerne la déliquance la plus violente), stresse les équipes. La réduction des effectifs des forces de l’ordre, rappelée à de nombreuses occasions, aggrave les difficultés.

Le Figaro a récemment publié quelques extraits d’un rapport sur les effectifsOù sont les policiers et les gendarmes ?»), rédigé par les criminologues Alain Bauer et Christophe Soullez. Les conclusions sont édifiantes : primo, les effectifs de police et de gendarmerie ont stagné en 10 ans, à 222 000 personnes. De 1998 à 2009, la population française a pourtant cru de 6%, et le nombre de violences a « explosé » (dixit le Figaro). Secundo, les effectifs disponibles pour intervenir sur la voie publique sont inférieurs de moitié: «le nombre moyen de policiers ou de gendarmes par habitants passe de 1 pour 409 à 1 pour 753 dans les services de la sécurité publique, de 1 pour 208 à 1 pour 421 dans les services parisiens et de 1 gendarme pour 485 habitants à 1 pour 994» dans les campagnes. Le rapport évalue les causes d’indisponibilité : 34% pour congés maternité ou maladie, 21% pour formation continue, 19% pour « charges judiciaires » (police des audiences, tenue des dépôts, escortes de détenus), 8% pour le maintien de l’ordre, 8% pour des tâches administratives, 4% pour les détachements. Fin mars dernier, Brice Hortefeux avait promis 1500 postes supplémentaires, des adjoints de sécurité (ADS) en renfort seront sur le terrain.

Ces menaces sont inefficaces. Peu crédibles, répétitives, et dénuées de moyens, les annonces sarkozyennes apparaissent dérisoires. Mais le Monarque ne s'arrête pas là.

La décision a été arrêtée mercredi matin en Conseil des Ministres : le port de la Burqa sera totalement interdit en France. C’est l’histoire d’un faux sujet, d’une actualité anecdotique montée en épingle par le FN et une partie de l’UMP, l’un de ses débats à mille lieux des difficultés concrètes des Français que sont le chômage ou la précarité. Voici la Burqa, dernier artifice en date servi par le Monarque pour un électorat désorienté. L’interdiction sera législative, par le biais d’un projet de loi proposé en conseil des ministres à la mi-mai. Sarkozy a demandé « qu'on mette en avant comme arguments principaux la dignité de la femme et le respect des valeurs de la République. » le Conseil d’Etat avait déjà émis des réserves sur une éventuelle loi sur le sujet. Il n’a pas été entendu, pour le moment.

La France ne recense que 2000 femmes voilées intégralement.

La régulation fiscale, c'est pour les autres
Autre sujet, autre inaction. En matière de fiscalité, la France défend les taxes... à l'étranger. C'est plus facile. Si le projet échoue, on peut accuser les autres et se défausser facilement. En janvier dernier, Nicolas Sarkozy avait abandonné tout projet de taxe carbone franco-française, renvoyant le sujet à un éventuel européen. Ces derniers jours, Christine Lagarde défendait un projet de taxe bancaire auprès de ses collègues européens. Elle a présenté un un rapport sur la régulation des risques systémiques, samedi 17 avril 2010 à Madrid, lors du Conseil informel des Affaires économiques.

L'Allemagne d'Angela Merkel a déjà mis en place un tel dispositif l'an passé. Il lui rapportera environ un  milliards d'euros en 2010. A l'échelle de l'Union européenne, José-Manuel Barroso a avancé le chiffre de 50 milliards d'euros. Le FMI réclame un dispositif similaire au niveau mondial.

Christine Lagarde avait commandé un rapport d'analyse à Jean-François Lepetit, ancien président du Conseil national de la comptabilité et de la Commission des opérations de bourse, en décembre 2009. Selon ce dernier, il y a urgence : (1) le risque systématique (i.e. de faillite généralisée) est mal couvert par les règles de réserves prudentielles imposées aux institutions financières, et (2) certains profits financiers sont donc anormaux et devraient être taxés. Le commissaire au Marché intérieur, Michel Barnier, ancienne tête de liste UMP aux élections européennes de juin 2009, soutient la proposition : «le secteur financier doit assumer sa responsabilité dans la crise actuelle par l’instauration d’une taxe bancaire dont le montant ne devra pas être symbolique

Mais les ministres des finances européens ne sont pas parvenus à un accord. 

Mince.

Ce jeudi, Nicolas Sarkozy file à Chambéry, célébrer le 150ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. C'est vrai qu'il a des priorités !

Ami sarkozyste, où es-tu ?


Sécurité : quand Nicolas Sarkozy se répète
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21 avril 2010

Retraites, environnement, ou sécurité: la débandade sarkozyste

Sarkozy était misérable en parlant sécurité, mardi à Bobigny. Tout comme Eric Woerth sur la seconde phase de concertation sur la réforme des retraites, Chantal Jouanno sur l'abandon de la taxe poids lourds, ou Claude Guéant, excessivement discret devant la Haute Cour de Justice au procès de Charles Pasqua.


Sarko radote sur la sécurité
Nicolas Sarkozy s’est rendu à Bobigny pour parler … sécurité. Il « installait » le nouveau préfet de Seine-Saint-Denis (le septième en dix ans !), l’ancien patron du RAID et proche du président français. Sur place, le Monarque a réitéré sa funeste proposition de supprimer les allocations familiales aux parents d’élèves trop souvent absents à l’école. Un projet de loi sera présenté la semaine prochaine. Toujours dans un rôle, désormais peu crédible, de « père fouettard », Sarkozy a également annoncé la création, à la rentrée prochaine, d’internats pour élèves difficiles, des établissements spécialisés pour accueillir les élèves de moins de 16 ans «qui rendent la vie impossible» au sein de leur établissement. Et si les parents refusent de scolariser leurs enfants, ils seront trainés en justice !

Les propos du président n’ont pas surpris. Sarkozy ressort toujours la même rengaine sécuritaire (« fermeté absolue », « action en profondeur »), sans plus d’effet que les précédentes. L'insécurité violente contre les personnes progresse, les moyens de la police et de la gendarmerie régressent. Sarkozy n'a de sécuritaire que le discours, pas les actes. Il n’y avait qu’un représentant CGT des chauffeurs des transports publics locaux pour se déclarer satisfait de ces « nouvelles » promesses. Il faut avouer que Sarkozy l'avait caressé dans le sens du poil en déclarant : « vous avez décidé d'exercer votre droit de retrait, je peux le comprendre». Il ne manquerait plus qu'il ne comprenne pas ... Sarkozy s'est même permis d'annoncer des mesures... déjà en place. Ainsi la radiolocalisation des bus, déjà effective sur 2 100 bus depuis 2007, et prochainement sur 1 932 supplémentaires, sur un total de 4 000 en Ile-de-France.

Nicolas Sarkozy n’use pas de la même sévérité, ne serait-ce que verbale, à l’encontre de la délinquance financière ou fiscale. Rappelons-nous que le gouvernement a laissé près d’une année de clémence aux exilés fiscaux pour qu’ils régularisent leur situation auprès du fisc français avant le 31 décembre. Rappelons-nous aussi la réduction des délais de prescription initialement prévue dans l’avant-projet gouvernemental de réforme de la procédure pénale concernant les abus de biens sociaux (sur ce sujet, Michèle Alliot-Marie a finalement reculé ce mardi). Deux poids, deux mesures, deux justices. A Bobigny, Sarkozy a joué de sa grosse voix :  «Tous les jours, il y aura des actions de police contre les trafics et les trafiquants. Vos lignes de bus seront sécurisées», «Aucun quartier de Seine-Saint-Denis n'échappera à l'autorité de la loi». «Je tiens à ce que les forces de police interviennent sans restriction, aussi souvent que nécessaire et marquent leur autorité dans les halls d'immeuble des cités touchées par la délinquance».
Et si les Français tenaient à ce que les forces de police disposent de moyens décents, et que les banlieues disposent de véritables programmes de réhabilitation urbaine ? Fadela Amara pointe aux abonnées absentes. Son grand plan Espoir Banlieue est mort-né. En 2007, Sarkozy s'écriait : «Je conduirai un plan d'urgence pour l'éducation qui divisera par deux le nombre d'élèves des établissements les plus en difficulté. Services publics, transports en commun, commerces de proximité seront réinstallés dans les quartiers. Je permettrai aux habitants du parc HLM de racheter leur logement afin de se réapproprier la vie de leur quartier. Si je suis élu je mettrai en œuvre un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers, pour qu’aucun ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance, pour que chacun ait un emploi.» Trois ans plus tard, où sont les résultats ?

Guéant se minimise dans l'affaire Pasqua
A Paris, le secrétaire général de l’Elysée passait au tribunal. Claude Guéant était appelé à témoigner au procès de Charles Pasqua devant la Haute Cour de Justice. A l’époque des faits reprochés à Pasqua – l’attribution de casinos à des proches de l’ancien ministre de l’intérieur- Claude Guéant était directeur adjoint au cabinet de Pasqua. Le « Vice-président de Sarkofrance » n’est resté que 15 minutes devant la Cour. Ses réponses furent laconiques, et jamais contestées ni les questions relancées : en signant l’agrément du casino d’Annemasse contre l'avis de la commission des jeux, il n’a fait qu’obéir aux ordres ; et non, ce n’est pas normal si les fiches de renseignements des RG sur les propriétaires du futur casino ont disparu.
Le même jour, un autre témoin, un commandant de police, s'est exclamé: «On sentait bien que ce dossier était téléguidé, qu'il devait passer. Je n'ai jamais vu ça en 15 ans aux jeux».  Claude Guéant n'avait rien à dire sur cette célérité. Et personne n'a insisté.

L'UMP se masque dans la réforme des retraites
Eric Woerth, ministre du Travail, a débuté la seconde phase de la "concertation" sur la réforme des retraites. Sur les retraites, les syndicats sont pessimistes. L’UMP donne des gages. Après la publication d'un rapport alarmiste et fantaisiste du Conseil d'Orientation des Retraites, Eric Woerth a écrit à tous les partis politiques (sauf le NPA) pour leur demander leur avis et positions. Aucune étude sur la répartition des prélèvements n'a été commandée. Le sujet n'est toujours pas sur la table. Le ministre a d'ailleurs rappelé dimanche la position gouvernementale : «Nous aurons probablement des actions ciblées d'augmentation à un moment donné (des prélèvements NDLR) de tel ou tel revenu, tel ou tel revenu du capital ou tel ou tel salarié, etc., (et une) suppression de niches fiscales»...  Mais il a écarté toute hausse des impôts ou augmentation générale des cotisations retraite.

Les conclusions du COR est été largement instrumentalisées par la droite. Comme le rappelle le rédacteur en chef d'Alternatives Economiques, le COR a d’abord précisé que la crise économique a aggravé de 20 milliards d’euros les comptes de l’assurance vieillesse. Seconde conclusion, à l’exacte opposé de la position du camp UMPiste, le rétablissement des comptes ne pourra pas être obtenu par un simple ajustement des trois variables habituelles (montant des pensions, âge de départ et durée de cotisations). Une hausse des prélèvements est inévitable.

Le même jour, Xavier Bertrand (UMP) répétait les mêmes messages, tentant de jouer l'ouverture : «nous ne voulons pas être rigides». L'UMP a prévu une conférence sur le thème des retraites dans ... un mois. Le parti présidentiel a choisi de faire du recul de l'âge légal de départ à la retraite son cheval de bataille : «Puisqu’on vit beaucoup plus longtemps, il faut accepter de travailler un peu plus longtemps, en tenant compte, par exemple, de la situation des mères de famille et de la pénibilité de certains métiers.» Tiens ? L'UMP est prête à prendre en compte la pénibilité des carrières... Non, rassurez-vous. Pour Xavier Bertrand, «il faudra prendre en compte la pénibilité de certains métiers sans pour autant créer de nouveaux régimes spéciaux». Jean-Pierre Raffarin a aussi précisé que la pénibilité était un « point clé ». Mais comme son confrère Xavier Bertrand, il récuse les pistes d’élargissement de l’assiette de cotisations prôné par l’opposition et les syndicats : « quand vous cherchez 70 milliards, vous voyez bien que la décision n'est pas à la hauteur ». Il ne souhaite pas non plus que « ce ne soit pas des métiers tout entiers » qui soient concernés. L’UMP tente d’individualiser au maximum la question de la pénibilité des carrières. Elle promeut l’anecdote contre la généralité, pour mieux botter en touche. On attendra avec impatience la proposition miraculeuse qui prévoira, sans le dire, un régime spécial pour les carrières pénibles.

Borloo recule sur la taxe poids lourds
Autre déception pour les partisans du Grenelle de l’Environnement, le report de la taxe spéciale sur les transports en poids lourd. Le gouvernement s’abrite derrière une complexité technique. La voici reportée à 2012… année électorale. Elle devait concerner les camions à partir de 3,5 tonnes, pour un montant compris entre 0,025 et 0,20 euro par kilomètre. Les collectivités locales devaient ainsi récupérer 1,3 milliards d’euros de recettes fiscales.

Crise volcanique oblique, Chantal Jouanno a dû s'exprimer, comme son ministre de tutelle. Il est toujours curieux d'entendre une secrétaire d'Etat à l'Ecologie venir défendre le transport aérien. Elle voulait rassurer, sur France Inter, les passagers bloqués par ce fichu nuage de cendres islandais. Sur le report de la taxe poids lourds, Mme Jouanno a dû jongler.

Ami sarkozyste, où es-tu ?