9 avril 2010

Dette, sécurité ou crèche : la politique de la rumeur

Les promesses gouvernementales ressemblent de plus en plus à des rumeurs. On croyait qu'il fallait supprimer totalement la publicité sur France Télévisions. On croyait que le bouclier fiscal était intouchable. On croyait que le gouvernement allait créer 200 000 places d'accueil pour la petite enfance. On croyait, mais on se trompait. Il ne s'agissait sans doute que de simples rumeurs...

Rumeur contre rumeur, on rigole à l'étranger
Carla Bruni a commis une belle bourde à propos de la rumeur (d'enquête et flicage d'Etat) sur la rumeur (d'infidélités conjugales). Expliquant qu'il était « inimaginable» de croire qu'une enquête ait pu être conduite sur des «commérages», elle a été démentie le jour même par le patron de la DCRI, Bernard Squarcini. Mercredi matin, un Nicolas Sarkozy agacé avait demandé à ses proches de ne plus parler de cette affaire tristement vaudevillesque. A l'étranger, la presse n'en revient pas.

Au Royaume Uni, le très sérieux et conservateur Times explique que la contre-offensive élyséenne a donné une nouvelle vie à une rumeur largement ignorée jusqu'à lors par les médias français. Et il publie une brève chronologie historique des plus célèbres affaires conjugales au sommet de l'Etat français (libertinage de Marie-Antoinette, affaire Marcovic sous de Gaulle, maîtresses de VGE, affaire Mazarine, soupçon d'enfant illégitime de Jacques Chirac). La Tribune de Genève relate d'autres camouflets infligés à Rachida Dati par l'UMP quand elle se déplaça à Genève voici trois semaines. The Observer se régale de ce «double numéro de liaisons dangereuses impliquant des responsables politiques». En Allemagne, Die Welt parle de paranoïa.

Crèches : rumeurs ou promesses ?
Jeudi, des personnels de crèche étaient en grève, pour protester contre un projet de décret gouvernemental qui aggravera selon eux une situation déjà tendue. Nadine Morano, la ministre de la Famille, promet le contraire.

Certains avaient pu croire les promesses de Sarkozy en matière de politique familiale. En 2006, il déclarait « À la femme qui a du mal à concilier sa vie familiale et sa vie professionnelle, je propose un investissement massif dans le développement et la diversification des modes de garde. Il faut régler une fois pour toutes le problème de la garde des enfants de moins de trois ans. Je rendrai opposable devant les tribunaux le droit à une solution de garde pour tout enfant de moins de trois ans. ».

Trois ans plus tard, les crèches étaient en grève, jeudi 8 avril. « La consigne du gouvernement, c’est tout pour les bébés » proclamait le jour même Nadine Morano. C’est le troisième mouvement social qui frappe le secteur depuis le début de l’année, animé par le collectif « Pas de bébés à la consigne ». Les protestataires critiquent un décret, prévu pour juin, qui prévoit notamment d’autoriser les dépassements du taux d’occupation des crèches à hauteur de 20%. Jeudi, la réponse de la ministre est incompréhensible : selon elle, les établissements ne seraient occupés qu’à 67%, une réponse cache-misère qui aura du mal à convaincre. Ici comme ailleurs, les ministres s’abritent derrière des statistiques nationales moyennes, sans expliquer pourquoi les enseignants crient à la surcharge. Xavier Darcos, quand il était ministre de l’Education Nationale, usait de la même technique, en expliquant que les classes du secondaire disposaient en moyenne d’un professeur pour 11 élèves. Début mars, les syndicats enseignants évaluaient à 30 par classe le nombre d’élèves dans les établissements de Seine-Saint-Denis, un département particulièrement frappé par la violence scolaire débattue dans des états généraux médiatiques mercredi et jeudi.

Quand on demande à Nadine Morano combien de nouvelles places elle souhaite créer grâce à cette « flexibilité », elle botte en touche : «Je ne suis pas dans une démarche quantitative mais qualitative. » Sarkozy avait promis la création de 200 000 places pour l’accueil de la petite enfance. Morano esquive le sujet : aucun chiffre n’est donné sur le nombre de places créées à date. Au mieux avoue-t-elle que le gouvernement a autorisé les assistantes maternelles d’accueillir 4 enfants (versus 3 auparavant). Surcharger les structures existantes, serait-ce donc la formule miracle ?

Le projet de décret sur l'accueil de la petite enfance prévoit aussi d’abaisser la proportion minimale de personnel qualifié de 50 à 40% dans les crèches. On se rappelle les déclarations provocatrices de Xavier Darcos, en 2008, quand il s’interrogeait publiquement : « Est ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l'Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? ». Deux ans plus tard, chose dite, chose faite. Voici la traduction des paroles en actes !

Pour se rendre compte de la réalité du terrain, Nadine Morano s’est récemment rendue dans une crèche… à Rueil-Malmaison, en banlieue de Neuilly-sur-Seine.

Vraie dette, mais fausse déclaration ? 
Le 1er avril dernier, le gouvernement a précisé comment serait géré le fameux Grand Emprunt de 35 milliards d'euros décidé par Nicolas Sarkozy en fin d'année dernière.

1. Un «Commissariat général à l’investissement», directement placé sous l'autorité du Premier ministre, «assurera la coordination de l’élaboration des décisions d’investissement».

2. Les intérêts de cet emprunt seront financés par des économies à trouver dans les dépenses courantes de l'Etat. La communication gouvernementale ne précise pas quels ministères seront les heureux bénéficiaires de ces nouvelles économies. 

3. Le gouvernement se félicite d'avoir prévu d'affecter les fonds ainsi mobilisés à des organismes identifiés :
"Les fonds mobilisés sont affectés à des organismes identifiés qui signeront une convention avec l'Etat, ce qui permet, là encore, de les distinguer clairement du budget de l'Etat. Le projet de loi de finances rectificative a défini les opérateurs qui contractualiseront avec l’Etat pour la gestion des fonds du grand emprunt : onze opérateurs ont été retenus à ce jour. »
4. Un «comité de surveillance des investissements financés par l’emprunt» sera créé et coprésidé par Alain Juppé et Michel Rocard. Les deux anciens premiers ministres continuent de servir le Monarque.

En fait, l'Etat cherche à éviter d'accroître de 35 milliards d'euros une dette publique qui frôle déjà les 1500 milliards d'euros. Pour rassurer la Commission européenne, et les marchés financiers, il lui faut éviter que le montant de l'emprunt ne vienne grossir une dette publique déjà faramineuse. D'ailleurs, le gouvernement Sarkozy parle de «dépenses d'avenir». la solution de maquillage des comptes publics est connue car déjà pratiquée : il suffit de loger cet emprunt dans des sociétés tiers, dans lequel la participation publique n'est pas majoritaire. A lire le dispositif de contrôle des sommes empruntées - par ailleurs légitime - la tartufferie est évidente : d'un côté, le gouvernement souligne qu'il pilote tout, de l'autre, il prend soin de préciser aux agences de notation que cet emprunt ne gonflera pas son propre endettement. Preuve supplémentaire de l'interventionnisme public, le ministre du budget a même défini des règles de gouvernance spécifiques que les 11 opérateurs de l'emprunt devront adopter comité d’engagement spécifique, fonds dédié avec gouvernance et suivi comptable propres…) : «cette gouvernance assurera à l’État un pouvoir de décision en dernier ressort», souligne le ministère du Budget. Alors, dette publique ou pas ?

Sécurité: quelle reprise en main ?
Nicolas Sarkozy «reprend en main» la sécurité. Après les agriculteurs, le Monarque s'attache à son second sujet électoral de prédilection. Il y a crise. les Français ne lui sont plus gré d'une quelconque efficacité en la matière. Les états généraux de la violence à l'école tournent au dialogue de sourds. Luc Chatel n'a pas invité d'enseignants des zones sensibles. On parle entre personnels habilités. Les prof de ZEP veulent moins d'élèves. Qu'est-ce qu'une Zone d'Education Prioritaire si les classes sont chargées à 30 élèves par enseignant comme partout ? Le ministre est coincé. Réduire par paquet annuel de 15 000 le nombre de professeurs et personnels d'encadrement fait justement partie du programme sarkozyen.
Côté sécurité, Sarkozy a convoqué mercredi, les responsables concernés en Seine-Saint-Denis. Il a aussi et surtout nommé deux proches à deux postes clés: le général Jacques Mignaux, l'un de ses conseillers place Beauvau avant 2007, à la de la gendarmerie, et l'ancien patron du RAID, Christian Lambert, préfet de Seine-Saint-Denis. Selon le ministère de l'intérieur, cette réunion de travail devait servir à plancher sur le futur nouveau «plan national de sécurité». Pour Brice Hortefeux, ces nominations s'apparentent à un désaveu. Au passage, Nacer Meddah, premier préfet francilien issu de l'immigration, a perdu son poste.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

2 commentaires:

  1. Les deux clowns les plus drôles du monde se retrouvent !

    Les deux clowns reforment leur duo pour un tout nouveau spectacle : "Mais oui, nous allons sauver la planète !"

    Un nouveau spectacle hilarant !

    Pour les petits et pour les grands !

    http://www.20minutes.fr/article/396842/Monde-Nicolas-Sarkozy-recoit-Silvio-Berlusconi-pour-le-sommet-franco-italien.php

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  2. Comme l'a dit Jacques Généreux l'esprit de Munich régnait sur Bruxelles, la nuit du 9 et 10 mai 2010, les responsables politiques européens avaient le choix entre le déshonneur et la guerre ! Ils ont choisit le déshonneur et ils auront la guerre !

    Alors qu'il pouvait déclarer la guerre au intérêt financier, à la finance folle, à la spéculation! Ils ont choisi l'austérité pour rembourser un dette injuste !

    Vous voulez connaitre le rôle des établissements bancaires et financier dans la crise financière alors rejoins moi mon groupe http://www.facebook.com/group.php?gid=104166076293247&ref=ts

    Non à la soumission au chantage des intérêts financiers

    David CABAS
    http://www.davidcabas.fr

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