23 avril 2010

Fais pas le malin, Nicolas.

La visite était « anodine », pour célébrer le 150ème anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. Dans les rues de Chambéry, Nicolas Sarkozy serrait des mains. Il faisait beau, les drapeaux locaux et costumes folkloriques étaient de sortie. Sur sa route, derrière la barrière de sécurité, un jeune homme s’essuie la main ostensiblement sur son pull, immédiatement après le contact. « Fais pas le malin, toi. Fais pas le malin » lui lance le Monarque sans s’arrêter. Après le « Casse-toi pov’con » et autres « Descends si t’es un homme », voici la nouvelle (petite ) gaffe d’un président qui oublie son rôle et son calme.

Tout a commencé en Savoie...
Le Monarque se voulait pourtant lyrique, en parlant de l’identité savoyarde dans la cour d'honneur du château des Ducs de Savoie à Chambéry. « L'unité de la France a plus à craindre d'une uniformité rigide que d'une souplesse dans la diversité et la reconnaissance de chacune des identités de notre territoire. (…) On ne bâtit pas un grand pays en niant les identités de toutes ces petites patries qui font la grande patrie française. »

A Chambéry, Sarko était ainsi (presque) régionaliste. Mais il n’oublia pas la nation. Pour quelques heures de présence, la Savoie était devenue l’emblème, le symbole ultime de notre identité nationale : « Il y a dans l'intégration de la Savoie à la Nation une valeur d'exemple ». ou encore : « Il y a dans la Savoie comme un condensé de France (…) Ses clochers, ses usines, ses fermes font partie de son identité. On peut défendre son identité sans être agressif à l'égard de quiconque. Et c'est justement parce que nous sommes ouverts aux autres que nous voulons défendre notre identité ». N'en jetez plus ! La Savoie est donc une région incroyable que Nicolas Sarkozy semble découvrir : « Ce que la Savoie a accompli, c'est en quelque sorte l'idéal que notre République s'assigne pour chaque Français et pour chaque région de France ». ou : «Si, comme on l'a dit, « la Nation française est un plébiscite de tous les jours », ce sont les Savoyards qui ont depuis 150 ans le mieux illustré cette formule. Car c'est ici, dans cette Province, dernière venue dans la communauté nationale, que s'est manifesté, à chaque fois que les circonstances l'ont exigé, le plus ardent patriotisme français

De ce voyage de quelques heures, on ne retiendra que cette vanne de caïd, lancée à un jeune homme multi-scruté par les forces de l'ordre. Le garçon n'était même pas agressif, franchement goguenard. Affront suprême pour M. Sarkozy.

Gaffes ou insultes ?
Les gaffes sont légions en Sarkofrance. Leur nombre semble directement corrélé à l'omniprésence médiatique et la «franchise» décomplexée du discours de Nicolas Sarkozy. Les proches du président français s'inspirent de leur chef. Christian Estrosi n’en est pas à son coup d’essai. En matière de gaffe, le ministre cumulard et « motodidacte » est devenu expert. Le voici qui attaquait, mercredi matin sur France 2, le mouvement de grève de Sud-Rail qui perdure en région PACA : « C'est un peu comme si Sud en Haïti avait refusé de faire les déblaiements, de continuer à faire la grève du déblaiement. Moi je dis dans ce cas-là, on ne peut pas l'accepter ». Quelle comparaison ! Le sinistre ministre ne sait plus de quoi il parle. A moins, qu'à l'instar de son patron de président, il ne sache pas maîtriser son émotion.

Qui fait le malin ?

Le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant est un homme plus mesuré. Il n’est pourtant pas à l’abri de gaffes. Au plus fort des soupçons contre Rachida Dati, il avait assuré que le couple Sarkozy ne voulait plus voir l’ex-Garde des Sceaux. Quelques jours plus tard, alors que Nicolas demandait à Carla d’aller éteindre l’incendie sur les ondes d’Europe1, et expliquer que Rachida était sa meilleure amie, voici Claude Guéant qui doit faire volte-face. Il livre cette confidence, à double sens, et double tranchant : « La vérité d'hier n'est peut-être pas celle d'aujourd'hui ».

Qui fait le malin ?

Avare de paroles, discret dans les médias, le ministre de l’immigration a reçu un prix dont il se serait bien passé, ou dont il se fiche : il est lauréat du prix du colonialiste de l'année, un fameux prix décerné par le le collectif "Sortir du colonialisme".

Gaffe ou bavure ?
Lors de la visite de Nicolas Sarkozy mardi dernier à Bobigny, un homme a été placé en garde à vue. La préfecture avait été fermée pour deux jours. Quand le monarque se déplace, le monde s'arrête. On avait déjà connu cela lors d'une visite incongrue dans un hôpital, en septembre dernier, à Villejuif. Les patients avaient été refoulés, et l'hôpital bouclé pendant 5 jours. Le Monarque devait parler, dans une grande tente dressée pour l'occasion.

Ce mardi, un homme était venu, affublé d'un tee-shirt No Sarkozy Day, profiter de l'assistance éventuelle pour communiquer d'une prochaine manifestation anti-Sarkozy le 8 mai prochain. Son simple tee-shirt lui a valu une interpellation, en bonne et due forme, puis une garde à vue, en bonne et due forme. Il ne faut pas déranger le Monarque qui devait parler à quelques lieues de là. Cet homme s'appelle Grégory Pasqueille, il a 20 ans. La police du commissariat de Bobigny ne sait pas pourquoi elle l'a gardé à vue. Il n'était ni menaçant, ni suspecté de quoi que ce soit.

Qui fait le malin ?

Gaffe ou piston ?
Rue89 rapporte l'anecdote. Il est salarié d'EDF. Il aimerait une promotion. Il est aussi adhérent de l'UMP, et de longue date. Culot aidant, il écrit à Eric Cesari, «directeur général» de l'UMP. Le parti présidentiel a un «directeur général». L'UMP est une grande entreprise. Son DG prend les choses en mains. La lettre du salarié d'EDF est édifiante : «Je sollicite votre intervention auprès de Monsieur le président directeur général du groupe EDF et peut-être également auprès de Monsieur le ministre de l'Industrie afin que je sois classé X. Je demande que cette modification prenne effet à dater du 1er janvier 2010.» Le plus drôle, le plus triste, est la chaîne des recommandations qui suivit. Le chef de cabinet de Xavier Bertrand écrit à son «homologue» chef de cabinet chez Christian Estrosi, lequel écrit à son «homologue» chef de cabinet de la présidence et de la direction générale d'EDF. Lequel transmis au manager dudit salarié. Et lui expliqua que sa promotion, déjà refusée, serait encore refusée. L'UMP se défend: « On n'est que des intermédiaires. » En janvier dernier, le DG de l'UMP a reçu la Légion d'Honneur, sur le contingent du ministère de l'Intérieur. Pour services rendus à la France...

Qui fait le malin ?

Autre lieu, même parti, même piston. Il était candidat UMP. Il était syndicaliste policier. Bruno Beschizzaélu aux élections régionales dans le département de Seine-Saint-Denis, va être nommé sous-préfet hors cadre par Nicolas Sarkozy. La candidature de M. Beschizza en Seine-Saint-Denis était une idée de Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. Si l'on avait appliqué la loi - notre bien si chère comme le rappelait Nicolas Sarkozy voici deux jours à Bobigny - M. Beschizza n'aurait pas eu le droit de siéger au conseil régional. La réglementation suppose qu'un fonctionnaire doit avoir exercé au moins six mois dans la circonscription où il est élu. Le délai est porté à un an pour un préfet ou un sous-préfet. Pire, pour être préfet ou sous-préfet, il faut dix ans d'ancienneté à un poste de fonctionnaire de catégorie A. En tant qu'officier de police, Beschizza n'en a que 5 ans. Mais Claude Guéant veille au grain : Beschizza sera sous-préfet hors cadre, c'est-à-dire sans affectation.

Qui fait le malin ?



Chambéry Sarkozy fait pas le malin
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1 commentaire:

  1. Qui fait le malin ? Pas moins ce jeune, qui n'était pas sans savoir qu'il tirerait gloriole d'une forfanterie à bon compte, sans danger aucun, que le numéro un de l'esbroufe permanente, celui que j'appelle Kalamitas Ier. Voici mon point de vue :

    On ne s’inscrit pas dans la bassesse quand on veut dénoncer des turpitudes, et on ne s’inscrit pas dans la turpitude quand on veut dénoncer des bassesses. Ainsi était-ce indispensable, cette avanie faite au sieur notre Monarque ? N’était-ce pas, dans ce geste somme toute inattendu, mais prémédité, quelque chose d’aussi incongru qu’inconvenant ?

    Incongruité dans le fait de « s’abaisser » à serrer une main non amie. Inconvenance dans celui d’esquisser ce geste de mépris, avanie suprême ‒ en tablant sur la réalité que ça ne tombait pas sous le coup de la Loi, partant que ce serait quasiment en toute impunité ‒, lequel geste n’est ni plus ni moins qu’une forme d’imbécillité.

    Cela m’a laissé perplexe et me donne à penser que si l’opposition que je veux manifester à des politiques qui ne m’agréent point est pour mettre au pinacle des sots décérébrés aux attitudes qui me disconviennent, ah ! je comprends que l’on puisse nous prendre pour du menu fretin : nous sommes, pardon : ILS SONT du menu fretin. Je parle, que ce soit clair, de ce jeunot qui a fait mine d’essuyer une main ‟salie” par le contact, ou encore ce gnome qui feint de se torcher dans le drapeau français. L’un et l’autre ont eu un cerveau en option à la naissance et ont oublié de s’en équiper. « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » (P. CORNEILLE)

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