2 avril 2010

Sarkozy, Besson, Hortefeux, Joyandet, les derniers autistes de Sarkofrance.

Curieuses journées en Sarkofrance. Un monarque, de retour d'une visite people aux Etats Unis, est secoué de retour en France mais reprend en main son camp. Un secrétaire d'Etat claque une centaine de SMIC pour un voyage en jet privé à cause d'un emploi du temps chargé; un mensonge de Brice Hortefeux sur les moyens de la police, alors que les bus crament à Tremblay-en-France; un ministre Besson sans humour et avec sa nouvelle loi.

Rien ne change en Sarkofrance.

L'UMP sous tutelle présidentielle
«Le bouclier fiscal gèle les hausses d'impôts» a expliqué Alain Madelin. Le libéral de l'UMP, politiquement silencieux depuis quelques lustres, a raison. C'est bien là le problème. Tout effort d'impôt ne sera supporté par les non-bénéficiaires du bouclier fiscal. En 2009, «Un peu moins de 1.000 ménages, qui possèdent les plus hauts patrimoines ont capté, à eux seuls, 63% du coût du dispositif (368 millions d’euros)» a expliqué le quotidien Les Echos. Nicolas Sarkozy n'entend pas les critiques, accroché qu'il est à l'un de ses derniers totems. Mercredi après-midi, il a oublié qu'il était président de la République. Chef de l'UMP, il a fait taire les récalcitrants. Quelques 150 parlementaires UMP avaient séché l'invitation présidentielle. Sarkozy a surpris Copé en annonçant qu'il recevrait désormais ses parlementaires tous les mois pour «débriefer.» L'UMP est plus que jamais sous tutelle. Copé apprécie peu.

Sarkozy était tel que lui-même. Il n'a pas changé. Recevant le lendemain les têtes de listes UMP défaites (sauf une) aux élections régionales, il a joué les bravaches : «En 1999, quand j'ai perdu les élections européennes, on m'appelait “Monsieur 12%”, et trois ans plus tard j'étais le ministre le plus populaire du gouvernement.»  Sarkozy n'a rien compris, rien retenu. Mais il ne le sait pas. Il se croit toujours infaillible, the right man at the right place.

Rien ne change en Sarkofrance.

La facture afghane...
Les communicants de l'Elysée cacheront tant bien que mal cette analyse du New York Times après la la visite ultra-médiatisée de Nicolas chez Barack: «Nicolas Sarkozy a obtenu presque tout ce qu’il pouvait espérer de sa visite aux Etats-Unis, les 29 et 30 mars. Il devrait maintenant songer à rendre la politesse au président des Etats-Unis en renforçant la présence des troupes françaises en Afghanistan. Avec une cote de popularité au plus bas et après la déroute des élections régionales, le chef de l’Etat français avait besoin d’un coup de pouce.» Le constat est cruel. Obama a sauvé la mise (médiatique) d'un président politiquement vieillissant et hors jeu. On attend donc l'addition.

... ou la facture du gaz
Alors qu'on parle de sauvegarde des économies d'impôt d'une quinzaine de milliers de contribuables, des millions d'autres subissent une hausse de 10% des prix du gaz à compter du 1er avril, soit 12 euros par an en moyenne par foyer cuisinant au gaz; 25 euros pour ceux qui l'utilisent aussi pour l'eau chaude, et 85 euros pour ceux qui l'utilisent en chauffage complet. Cette décision a été avalisée par la Commission de régulation de l'Energie ... sur proposition de GDF Suez.

Jet privé ...
Alain Joyandet a dépensé 116 000 euros pour partir en jet privé assister à une conférence en Martinique sur HaïtI. On se souvient des 138 000 euros d'un autre voyage en jet privé pour ministre pressé. En 2008, Christian Estrosi avait ainsi préféré le confort du voyage luxueux et sur-mesure pour rejoindre illico Paris depuis Washington, et assister à un cocktail à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy. A l'époque, il n'était que secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer... comme Alain Joyandet. Un virus ?

Rien ne change en Sarkofrance.

... ou mensonge public
Lundi 29 mars, Brice Hortefeux a menti par omission. En visite dans un commissariat, il a promis le recrutement de 1500 adjoints de sécurité. On accuse depuis des mois le gouvernement Sarkozy de réduire les effectifs de la police nationale et de la gendarmerie. C'est tout simplement vrai. Même le Parti Socialiste s'en est rendu compte. Lundi dernier, le ministre de l'intérieur voulait faire impression et taire les critiques. Le Figaro a les mots doux pour célébrer la nouvelle, "acquise de haute lutte par le ministre de l'Intérieur à Matignon et à l'Élysée avec le soutien de Nicolas Sarkozy".  Manque de chance ! C'est raté. Brice Hortefeux annonce les recrutements, mais oublie de parler des départs, et notamment le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. En trois ans, le gouvernement Sarkozy a supprimé plus de 9000 postes de policiers et gendarmes. Il en reste plus de 4000 à supprimer d'ici 2012 dans les plans gouvernementaux.
Jeudi, le ministre était contraint, à nouveau, de jouer les faux gros bras, à Tremblay-en-France. Le maire (communiste) réclame des moyens. La police venait d'intervenir contre des trafics de drogue. Une chaîne de télévision, la première, a diffusé un reportage alarmiste. Un bus a été cramé, un autre caillassé. Un fait divers pas si divers que cela qui met à mal le discours d'efficacité sécuritaire de Sarkofrance. «Ces petits voyous n'auront pas de territoires à eux» s'est énervé Brice Hortefeux sur place, avant de repartir. Le ministre joue les bravaches devant les caméras. Pourrait-il simplement donner des moyens à la police ?

Rien ne change en Sarkofrance.

Père sans-papier expulsé...
Mardi 30 mars, des parents d'élèves ont occupé l’école maternelle Gilbert-Dru, dans le 7ème arrondissement de Lyon. Ils entendaient soutenir Guilherme Hauka Anzaka, un père angolais menacé d’expulsion par les polices de Sarkofrance. Il a été interpelé il y a 10 jours, chez lui, et devrait être expulsé ce week-end. Il vit avec ses deux enfants nés en France, et les deux aînés de sa compagne, régularisée en 2005. Ces derniers resteront. Seuls.

Rien ne change. Eric Besson vient de présenter son mauvais projet en Conseil des Ministres, qui durcit les procédures d'éloignements. Personne en Sarkofrance n'a jamais dressé le bilan chiffré de cette politique. Besson était pourtant chargé de l'évaluation des politiques publiques, dans les premiers mois de sa présence au gouvernement.

... et homo exclus
Les sénateurs UMP ont refusé une proposition de loi socialiste visant à légaliser l'homo-adoption. Dix ans après l'hostilité de la droite de l'époque contre le PACS, rien n'a changé. En fait, l'hypocrisie UMPiste était manifeste : la proposition prévoyait la possibilité d'adopter par des Pacsés depuis 2 ans au moins. «Vous craignez que ce texte officialise indirectement l'homoparentalité», a critiqué le socialiste Richard Yung. «Pas du tout» a répliqué Marie-Hélène Des Esgaulx. Vraiment ?

Rien ne change en Sarkofrance.

Besson, pas drôle
Eric Besson a traité Stéphane Guillon de facho et raciste. Il l'a écrit, noir sur blanc, dans une tribune publié par Libération: «J’ai dénoncé, je persiste et signe, des méthodes et des propos de facho, mal déguisés sous un look bobo et une vulgate supposée gaucho». Sans humour ni recul, Eric Besson a pris la chronique de l'humoriste de France Inter, , il y a dix jours, au premier degré. Il s'est accroché comme une moule à son rocher au «yeux de fouine d'Eric Besson, et son menton fuyant» moqué par Guillon. Le président de Radio France s'est lui aussi saisi du Monde, pour justifier ses excuses publiques au ministre de l'identité nationale. Son texte est louable, bien mené, bien argumenté. On ne l'accusera pas d'être liberticide. Mais on reconnaîtra que lui aussi a du mal avec l'humour de Guillon. Ni Besson ni Hees ne sont sans doute aller voir le premier film où l'humoriste joue le rôle principal, "Le Temps de la Kermesse est terminé". Guillon y incarne un chauffeur raciste, dominateur et paumé.  Pierre Desproges expliquait qu'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Stéphane Guillon devrait s'en souvenir. Eric Besson, et dans une moindre mesure Jean-Luc Hees, viennent de nous en fournir deux illustrations.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

3 commentaires:

  1. Les riches toujours plus riches.

    Les statisticiens se sont aussi intéressés à l’autre bout de l’échelle. Les 1 % de Français les plus riches ont vu leur situation largement s’améliorer.

    Entre 2004 et 2007, le nombre de salariés gagnant plus de 500.000 euros par an a explosé, augmentant de 70 %, et ceux dépassant les 100.000 euros par an faisant un bond de 20 %.

    En moyenne, les revenus de ces très hauts salaires ont été augmentés de 5,8 %, alors que celui de l’ensemble des salariés n’avait que 2,3 % de hausse.

    Le revenu médian de cette catégorie se situe à 150.000 euros par an, un chiffre qui ne veut pas dire grand-chose tant les disparités sont fortes. Les très hauts revenus émargent à 13 millions d’euros et pour entrer dans la catégorie des 0,01 % de personnes les "plus aisées", il faut au moins émarger à 688.000 euros annuel.

    "Alors qu’elles ne représentent que 1 % de la population active, les personnes à très hauts revenus perçoivent 5,5 % des revenus d’activité, 32 % des revenus du patrimoine, et 48 % des revenus exceptionnels déclarés (plus-values, levées d’options)", souligne l’Insee.

    A noter : cette étude de l’Insee porte sur 2007, soit avant le déclenchement de la plus grave crise économique depuis l’après-guerre. Un facteur qui risque d’aggraver un peu plus les inégalités entre les revenus des Français.

    http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Les-riches-toujours-plus-riches-183463

    RépondreSupprimer
  2. Les inégalités de revenus s'accroissent par le haut.

    Les revenus moyens des 1 % de Français les plus aisés ont augmenté plus rapidement que ceux de l'ensemble de la population entre 2004 et 2007, entraînant une augmentation des inégalités par le haut, montre une étude publiée par l'Insee.

    Le taux d'imposition moyen pour cette catégorie privilégiée est de l'ordre de 20 % des revenus déclarés, ajoute l'étude publiée en plein débat sur la justice fiscale.

    http://www.lepoint.fr/actualites/2010-04-02/les-inegalites-de-revenus-s-accroissent-par-le-haut/1037/0/440643

    RépondreSupprimer
  3. Je cite : "Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future."

    (extrait de la déclaration d'indépendance des colonies d'Amérique du nord)

    C'est drôle, j'ai presque l'impression que quand Thomas Jefferson a écrit ce texte superbe, il pensait à la France d'après 2007.

    Aux armes Citoyens ! Formez vos bataillons....

    Iceman

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.