18 avril 2010

Xynthia: comment le gouvernement navigue à vue ... ou pour les riches.

La tempête Xynthia n'avait pas fini de faire ses victimes. Depuis l'annonce des zones noires, ces terrains où les habitations seront désormais proscrites, le gouvernement a quelque peine à convaincre de la justesse de sa démarche.

Le 28 février dernier, une tempête pourtant annoncée faisait 53 morts en Charente Maritime. Nicolas Sarkozy se rend sur les lieux. Le 16 mars, il y retourne. Le scrutin régional est pour bientôt. Il y a 10 jours, le préfet dévoile le fameux zonage: 900 habitations devront être détruites. Le nombre est rapidement porté à 1510. Les locaux s'indignent. Le découpage est contesté. Certaines zones, pourtant largement inondées, sont épargnées. D'autres, sans dégâts majeurs, doivent être rayées de la carte. Lundi dernier, Nicolas Sarkozy fait publier un communiqué par ses conseillers, alors qu'il s'envole pour Washington. Inutile de protester, semble-t-il dire aux riverains en rage. Il ira jusqu'au bout.

Ségolène Royal, présidente de la région, s'en mêle. Elle ne critique pas le besoin de zonage, mais la méthode. Le découpage des terrains est jugé « débile ». On parle de scandale d'Etat. dans l'ile de Ré toute proche, les riches habitations sont épargnées par le zonage préfectoral. Le prix de rachat des terrains et habitations (250 000 euros) est-il insuffisant ?

Sur place, on attend aussi toujours des fonds pour reconstruire les digues. Question de priorité, Nicolas Sarkozy a d'autres chats à fouetter... Jeudi, Jean-Louis Borloo se rend sur zone, accompagné d'un aréopage de conseillers et ministres (Benoist Apparu, Dominique Bussereau, Chantal Jouanno). Il parle d'un malentendu. Le terme « zone noire » est décrié. On lui préfère«  zones de solidarité nationale. »

L'affaire est complexe, mais elle a été bâclée. Nicolas Sarkozy a certainement agi sous le coup de l'émotion. Plus étrange, le zonage retenu semble s'être ajusté au prix que l'Etat est prêt à payer pour racheter les propriétés expropriées.

Politique de classe ?

Au fait, le Cap Nègre... c'est inondable ?
 


Xynthia : ce gouvernement qui navigue à vue...
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2 commentaires:

  1. Il me reste le propos de Jean-Louis BORLOO en travers de la gorge. Éhontément (j’aime bien ce néologisme) il a parlé de “malentendu” l’ignominie ‒ une de plus ‒ de la perspective, que dis-je, de la contrainte, de démolir, pffuit, comme ça, les maisons prétendument situées dans des zones sinistrables en Charente et en Vendée. Vous l’écrivez, et on a eu loisir de l’entendre : il parle de malentendu, ce faux-cul. Après que les gens eurent décidé de se défendre bec et ongles. S’ils n’avaient pas entrepris de livrer ce baroud d’honneur, où eût été le “malentendu” ? On aurait rasé, éradiqué sans états d’âme les patrimoines immobiliers de gens qui n’avaient rien demandé !

    À ce niveau d’hypocrisie chez un élu, euh un gouvernant, euh encore une fois je me méprends : un guignol désigné arbitrairement et qui n’y connaît RIEN À RIEN (et qui n’en a rien à cirer), je fulmine, je tempête. J’ai une nausée permanente et j’attends que la justice immanente ‒ je pèse mes mots ‒ fasse son œuvre de salubrité publique. Infâmes menteurs, infâmes saloperies !

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  2. Le Cap Nègre est certainement inondable par les problèmes d'égouts..... tss tss tss que certains politiciens, dans leur tête (!?!) sont petits !

    On n'a pas fini d'en parler. Dommage qu'un quidam n'ait pas lancé à bon escient "Tais-toi, tu n'y connais rien !" au visiteur toujours pressé.

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