24 octobre 2010

Jean-Louis Borloo, les 6 qualités d'un sarkozyste idéal

Jean-Louis Borloo sera donc le prochain premier ministre de Nicolas Sarkozy. Si l'intéressé dément, tous les observateurs répètent à l'envie que le choix présidentiel est fait. La crise sociale, déclenchée par le passage en force de la réformette des retraites, a accéléré la décision. Déjà, on nous explique la nouvelle « séquence » : Borloo est social mais loyal, il va calmer puis réconcilier les syndicats avec le gouvernement; les Français oublieront ces quelques semaines d'émoi social. Si le story-telling présidentiel n'a plus de limite, Jean-Louis Borloo est effectivement un « collaborateur » idéal pour Nicolas Sarkozy.

1. Borloo ne tient jamais tête. Quand une décision lui déplaît, il se couche ou se cache. Pendant la séquence insécuritaire de l'été dernier, Borloo s'est fait discret. Pas un mot, pas un bruit, aucune réaction.

2. Borloo positive en permanence. A l'inverse d'un François Fillon qui cultivait son image austère et sérieuse (les « caisses sont vides » annonçait-il dès septembre 2007), Jean-Louis Borloo adore positiver. Avec lui, toute décision est formidable, incroyable, révolutionnaire. Quand le sommet de Copenhague échoue lamentablement, Borloo célèbre « un succès majeur ». La voiture électrique ? C'est son « bébé ». Le Grenelle de l'environnement, vidé de sa substance par l'absence de moyens et de contraintes ? Une « révolution ». Borloo a l'enthousiasme facile. Vis-à-vis de son chef, cette « positive attitude » le fait ressembler à un incroyable béni oui-oui du sarkozysme vieillissant.

3. Borloo a l'image d'un centriste écologiste. Une simple image, cultivée très tôt quand il participa, en 1990, à la création de Génération Ecologie avec Brice Lalonde. En 1992 dans le Nord-Pas-de-Calais, il défendait une alliance centriste/écolo/socialiste. Son image écolo a été un temps renforcée par son actuel ministère. Mais il assume les autoroutes, la diplomatie nucléaire de son président, l'abandon de la taxe carbone, les concessions accordées aux producteurs d'OGM, l'obstruction anti-écolo des eurodéputés UMP au Parlement européen. Côté social, il fallait entendre, pour le croire, Borloo justifier les réquisitions contre les grévistes des raffineries la semaine dernière : « le rôle d'un gouvernement, c'est de garantir le droit de grève, de garantir le droit de manifester, de protéger les manifestants (...) mais en même temps, le droit de circuler, le droit de travailler sont des droits également importants, donc il faut toujours faire la synthèse. »

4. Borloo est toujours fidèle à celui qui tient le manche. En 1993, il est élu député divers droite, en plein raz-de-marée antisocialiste; en 1998, il se rallie à l'UDF et au RPR. En 2002, il est avec Chirac; en 2007, avec Sarkozy. La rupture, ce n'est pas pour lui. Ministre de la ville (2002-2004), puis du Travail (2005), puis des Finances (pendant un mois, en 2007), puis au Développement durable (2007-2010), sa longévité ministérielle n'a d'égale que son ambition, discrète mais assumée. Quand Michèle Alliot-Marie rappelait, elle aussi, ses ambitions pour Matignon voici 15 jours, Borloo la tacle. Pas touche ! Le poste lui est promis. La main sur le coeur, il assure ensuite que Sarkozy ne lui a rien proposé, ni directement, ni indirectement. Il a changé sa coupe de cheveux et ses costumes. Gaffeur, il a même appelé certains conseillers de Fillon pour leur demander s'ils souhaitaient rester à Matignon après le remaniement. En coulisses, il soigne sa communication. Cette année, il a fait fermer le musée de l'informatique et du jeu vidéo, en haut de l'Arche de la Défense, pour conserver les lieux pour organiser des réceptions, cocktails et conférences. Coût de l'opération : 17 millions d'euros de travaux.

5. Borloo est à l'aise avec les affaires. Sarkozy n'a rien à craindre du président du Parti Radical. On ne l'a d'ailleurs pas beaucoup entendu sur l'affaire Woerth, à l'inverse d'un Alain Juppé qui, très tôt, avait suggéré à l'ancien trésorier de l'UMp de clarifier ses fonctions. Ancien avocat d'affaires de Bernard Tapie, l'homme s'est fait connaître en devenant, dans les années 80, l'un des spécialistes du conseil en reprise d'entreprises en difficulté. L'essentiel de sa fortune est venue de ses années-là, lorsqu'il conseillait Bernard Tapie.

6. Borloo oublie facilement les échecs, assume très bien les pirouettes. En 2003, il promettait une France propriétaire, un slogan repris par Sarkozy en 2007 ; créait l'ANRU pour rénover les banlieues, mais 7 ans plus tard, rien n'a vraiment changé : à peine 8% des crédits prévus en 2003 avaient été débloqués à fin décembre 2007. Plus tard, avant le sommet de Copenhague, il chiffrait  à 276 milliards d'euros les besoins financiers des pays les plus fragiles face au réchauffement climatique. Sur cette somme, l'Union Européenne s'engageait  à 7 milliards d'euros sur 3 ans. Mais Borloo était toujours enthousiaste. Chef d'orchestre du Grenelle de l'Environnement, il s'est planté sur le sommet de Copenhague, en décembre 2009. Mais il fallait l'entendre défendre sa loi Grenelle 2, en juillet 2010, un immense paquet administratif qui apporte peu de contraintes nouvelles, aucune mesure de financements, aucune interdiction sérieuse. Autre exemple, le plan de relance de 2009 prévoit de nouvelles autoroutes et néglige complètement le Grenelle de l'environnement (à peine 600 millions d'euros de mesures), le ministre botte en touche. C'est encore Borloo qui propose de détricoter une belle partie de sa fiscalité verte, pour 2 milliards d'euros d'économies, dans le projet de loi de Finances 2011.

Parfait, Borloo l'est assurément. Un premier ministre sans souci, sans complexe, une espèce de Brice Hortefeux du centre-droit. Tout un programme !

13 commentaires:

  1. Fillon : Borloo "m'a fait passer pour un con !".

    Le Premier ministre, François Fillon, a laissé éclater sa rage mardi 19 octobre envers le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo sur sa gestion de la crise de carburant, lors d'un entretien téléphonique avec un ministre.

    "Borloo est un zozo. Il m’a fait passer pour un con !" aurait-il déclaré selon les informations du Journal du Dimanche.

    Le chef du gouvernement estimerait que son ministre de l’Ecologie l’a "planté" sur la crise de l’essence, et qu’il s’est ridiculisé en niant la pénurie dimanche soir sur TF1.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20101024.OBS1745/fillon-borloo-m-a-fait-passer-pour-un-con.html

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  2. Allez pour rigoler (c'est pas souvent dans cette France de m.... dirigée par des crétins)

    http://www.youtube.com/watch?v=vIadz5i4I1w&feature=aso

    Moi je l'ai trouvé marrante celle là.

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  3. Mais, c'est une déclaration d'Amooooooour, ça ;)

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  4. Nicolas Sarkozy bat son record d’impopularité selon notre baromètre Ifop-JDD. La loi sur les retraites va être votée mercredi et pourtant le mouvement continue.

    Sept français sur dix sont mécontents de Nicolas Sarkozy.

    Selon le baromètre Ifop-Journal du Dimanche , jamais le président de la République n’a été aussi impopulaire depuis le début de son quinquennat.

    Il égale même le record historique d’impopularité depuis 1958.

    Avant lui, seul Jacques Chirac avait atteint un tel niveau.

    A dix-huit mois de la prochaine élection présidentielle, Nicolas Sarkozy va devoir se transformer en magicien pour retourner un pays qui a basculé dans un antisarkozysme de plus en plus virulent.

    http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Le-conflit-se-concentre-sur-le-president-228977/

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  5. @BA

    Euh, au lieu de spammer les coms de Sarkofrance, tu veux pas ouvrir un blog plutôt :-/

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  6. @BA

    Faut pas dire ça ! blogger (par exemple !) , c'est super simple comme plate-forme...

    Faut se lancer maintenant :D

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  7. oui, BA, il faut se lancer. Mais merci pour tes alertes, toujours utiles.

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  8. Jeudi 14 octobre 2010 :

    Grèves : "il n'y aura pas de pénurie d'essence", assure Dominique Bussereau.

    Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Busserau, a assuré jeudi sur LCI qu'"il n'y aura pas de pénurie d'essence à la pompe", malgré les grèves qui touchent 10 des 12 raffineries françaises, appelant les automobilistes à ne pas se ruer vers les stations-service.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iI0PwHRQ87JDL1vC-OcjF8Im8dCw?docId=CNG.5e76d58cc690f744236fa121ed00d0ee.21

    Samedi 16 octobre 2010 :

    "Pas de pénurie" de carburant, soutient Christine Lagarde.

    La France ne souffre "pas de pénurie" de carburant, suite aux mouvements de grève dans les raffineries et de blocage des dépôts, a assuré samedi Christine Lagarde, ministre de l'Economie, s'exprimant au nom du gouvernement sur RTL.

    "Le gouvernement confirme qu'il n'y a pas de pénurie", a affirmé Mme Lagarde, en soulignant que "les stocks de carburant sont de plusieurs semaines".

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5htGTAczxcVwtBksV2dlE0QHh4N7A?docId=CNG.a24892e3e2b745815755ce41a8b60441.d11

    Dimanche 17 octobre 2010 :

    Fillon sur TF1 : "il n'y aura pas de pénurie de carburant".

    François Fillon a assuré dimanche sur TF1 qu'"il n'y aura pas de pénurie" de carburant à la suite des grèves dans les raffineries.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gyZVotKw50fsTo8pgd_ahQimT0-g?docId=CNG.2af5526021d4fb9e8c9306f1ce8b643b.881

    Lundi 18 octobre 2010 :

    France-Soir : Y-a-t-il, oui ou non, un risque de pénurie d'essence ? On n'y comprend plus rien...

    Nadine Morano : Non et non ! Je le dis à vos lecteurs : il n’y a pas à se précipiter dans les stations services. Il n’y a pas de risque de pénurie.

    http://www.francesoir.fr/politique-retraite/reforme-des-retraites-il-ny-plus-de-marge-de-manoeuvre.40070

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  9. Jean-Luc Mélenchon accuse la police de se déguiser en casseur et de jeter des pierres.

    Jean-Luc Mélenchon était invité dans l'émission "Dimanche Soir Politique" sur I>Télé ce dimanche.

    Il est ensuite revenu sur les manifestations lycéennes où de nombreux incidents ont été à déplorer.

    Le leader du Parti de gauche y a nettement accusé certains policiers de se déguiser en casseurs et de jeter des pierres, avant de remettre le brassard de policier.

    Et pour Jean-Luc Mélenchon, pas de doute, ces policiers n'auraient pu agir sans ordre du ministère de l'Intérieur.

    http://www.lepost.fr/article/2010/10/24/2279740_jean-luc-meclechon-accuse-la-police-de-se-deguiser-en-casseur-et-de-jeter-des-pierres.html

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  10. Pas Borloo svp.
    Politiquement il ne ressemble à rien. Si ce n'est à un arriviste. Parti Radical et UMP à la fois !? Quelle ligne un tel stratège pourrait donner à la France ?
    RL

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  11. Merci pour ce décryptage clair du bonhomme.

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  12. moi je vois un bon côté à l'arrivée de borloo à matignon, il y en a au moins un qui va retrouver le sourire: le sommelier de l'élysée va enfin pouvoir sortir de sa profonde dépression et relancer les commandes de pinard!

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