8 novembre 2010

Kazakshtan ou Chine : le "Premier Cercle" international de Nicolas Sarkozy

Tout est bien qui fini bien.

La contestation sociale s'est essoufflée. Les manifestations n'ont rassemblé « que » 400 000 à 1,2 millions de personnes, samedi 6 novembre. Le casseur que l'on soupçonnait d'être un policier est en fait un anarchiste, dont de curieux détails partiels sont livrés à quelques journalistes. Et la cote d'impopularité de Nicolas Sarkozy ne s'est pas dégradée dans le dernier baromètre TNS-Sofres. Un vrai succès !

Le président chinois est parti, samedi, pour le Portugal. Ces trois jours en France ont fait honte : la police française a tenu à l'écart journalistes et manifestants. Les officiels se sont gargarisés de la signature des contrats commerciaux. Sarkozy s'est félicité d'avoir pu parler du prochain G20. Aux critiques contre cet accueil en grandes pompes, les proches du président ont répondu qu'on ne pouvait pas boycotter le premier pays du globe.

Mais là n'était pas le problème.

1. Personne, en France, ne réclamait un boycott de la Chine sous prétexte que la situation des droits de l'homme, y compris sociaux, y soit problématique. A gauche comme à droite, les critiques visaient le faste et le silence. Le faste d'une réception hors norme - de l'accueil par Nicolas et Carla Sarkozy en personne à l'aéroport aux visites contrôlées dans les rues de Paris ou de Nice. Le silence absolu sur les droits de l'homme ou les conditions sociales en Chine. Entre partenaires responsables, on devrait pouvoir se parler.

Jeudi soir, pour le premier dîner franco-chinois à l'Elysée, on a pu croiser Alain Delon, Jean Reno, Roselyne Bachelot, Laurence Parisot, Christine Ockrent et Bernard Kouchner, Bruno le Maire, Monique et Jack Lang, Eric Besson et sa jeune épouse, Jean-François Copé et Mme, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Monsieur, Brice Hortefeux et son épouse au décolleté ostentatoire. Les dames avaient sorti leurs robes pour cette honte d'un soir.

2. Sarkozy a fait (notamment) campagne en 2007 sur une rupture avec la real-politik habituelle : on allait voir ce qu'on allait voir. Les droits de l'homme seraient placés au premier rang même s'il n'était pas question de rompre les relations diplomatiques pour autant. Depuis juillet 2007, dès les premières semaines suivant son élection, Sarkozy a fait l'inverse. Il s'est même montré plus zélote et amical avec les pires régimes du globe - Corée du Nord et Iran mis à part - qu'un Jacques Chirac ou un François Mitterrand. Il a grossièrement menti. S'il n'avait pas jouer les bravaches droits-de-lhommistes contre la Chine ou la Russie pendant sa campagne, les critiques auraient été moins virulentes chez certains.

3. Vendredi, Sarkozy s'est obstiné à mentir, affirmant que le sujet des droits des l'homme avait été évoqué, qu'il n'y avait pas tabou: « il y a beaucoup de différences entre les Chinois et les Français mais nous avons parlé de tous les sujets, il n'y a pas de tabous, notamment sur la question des droits de l'Homme. » Le type est écoeurant. « La question qui se pose est : 'est-ce qu'on a envie de faire avancer les choses ou est-ce qu'on a envie de les faire reculer ?'. La France a envie de faire avancer les choses. Pour cela, il faut parler de ces questions, sans tabous.»

4. Pendant cette visite de Hu Jintao, la police française a empêché la presse de faire son métier. Des figurants souriants ont été placés sur le parcours du monarque chinois pour agiter des petits drapeaux rouges. On se serait cru en Corée du Nord... ou en Chine. Qu'Hu Jintao vienne en France est une chose, qu'on transforme quelques rues et les Champs Elysées en décor de dictature en est une autre. A Nice, un badaud criant Tibet libre a été arrêté. Dans quel pays vivons-nous ?

5. Au final, la France a perdu un peu plus de crédit international. On sait bien que la diplomatie et le commerce s'accompagnent souvent de compromissions avec l'éthique et la morale. Cette fois-ci, Sarkozy en a carrément fait un spectacle. La Sarkofrance s'achète. Une semaine avant de recevoir Hu Jintao, le monarque élyséen recevait le président-dictateur kazahk, Noursoultan Nazarbaïev, auto-proclamé « leader de la Nation ». Pour deux milliards d'euros de commandes diverses à des entreprise, le dictateur a eu droit à sa rencontre personnelle plus photo avec Sarkozy, et un dîner avec vedettes, patrons et Claude Guéant le soir même. Sarkozy applique à la diplomatie française la formule du Premier cercle des donateurs de l'UMP : contre un gros chèque,  vous aurez droit à votre photo dédicacée, un bouclier fiscal et même une médaille de la Légion d'honneur.




10 commentaires:

  1. Affaire Bettencourt : un témoin indirect met en cause Nicolas Sarkozy.

    Dominique Gautier, un ancien chauffeur des Bettencourt, de 1994 à 2007, affirme que Nicolas Sarkozy leur a demandé de l'argent à l'époque de sa campagne présidentielle de 2007, dans un entretien à Mediapart publié lundi 8 novembre.

    Dominique Gautier affirme "avoir recueilli au début de l'année 2007 les confidences de l'ancienne gouvernante" des Bettencourt, Nicole Berger, morte en septembre 2008, qui lui a glissé que M. Sarkozy était à cette époque "venu demander de l'argent aux Bettencourt", selon Mediapart.

    "Lors d'une conversation téléphonique, [Nicole Berger] m'a dit que M. Sarkozy était venu chercher de l'argent chez M. et Mme Bettencourt (...). C'était juste en pleine campagne électorale", explique M. Gautier, ajoutant qu'elle tenait probablement ses informations de Liliane ou André Bettencourt.

    Nicole Berger, gouvernante chez les Bettencourt durant trente ans, "s'occupait, selon M. Gautier, de la partie vestimentaire de madame, de l'achat de vaisselle et de tout ce qu'il fallait pour la maison".

    Interrogé sur la raison pour laquelle il n'a jamais livré ce témoignage à la police, il répond : "Ah non, je n'en ai pas parlé aux policiers ! (...) Quand on voit à quelle sauce a été mangée Mme Thibout maintenant, j'ai pas envie de passer par-là."

    L'ex-comptable Claire Thibout avait affirmé début juillet à Mediapart qu'Eric Woerth avait reçu, en tant que trésorier de l'UMP, la somme de 150 000 euros en liquide pour financer cette campagne.

    Elle affirmait aussi que M. Sarkozy, quand il était maire de Neuilly et "un habitué" de la table des Bettencourt, "recevait aussi son enveloppe".

    L'entourage de Nicolas Sarkozy a fermement démenti ses propos.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/08/affaire-bettencourt-un-temoin-indirect-met-en-cause-nicolas-sarkozy_1436950_3224.html

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  2. ah l'Oligarchie Financiere !!!
    pouvoir etre au pouvoir aahahhahahhha.....

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  3. Ce type (sarko) est de plus en plus lamentable. POur permettre aux actionnaires des plus grosses boites françaises de se faire du pognon, il vendrait son âme au diable (si ce n'est déjà fait). Et comme le dit si bien De Villepin... C'est vraiment l'un des problèmes de la France.
    Je ne reconnais plus du tout mon pays. Les droits de l'homme ? Foulés au pied des financiers et des dictateurs devant lesquels on s'agenouille et qu'on suce et avale (pardon pour le verbiage). La politique ? vaste foire où la cour et tous ses dérapages prennent le pas sur l'intelligence et la bienséance. Les politiciens ? tous vendus au fric et à ses détenteurs. La liberté ? Baillonée, emprisonnée, écrasée. Pour quelques euros de plus. Le respect ? A la poubelle. Surtout celui des engagements pris. La lumière ? Eteinte.... Eteinte parceque la politique se mène maintenant à grands coups de décisions hatives, rétrogrades et injustes prises uniquement dans l'intérêt des plus riches et contre les intérêts de l'ensemble de la Nation. L'espoir ? Détruit par ce sombre personnage, supôt des forces de l'argent qui est le président de quelques français bien gras et bien riches... Mais pas autres... Pas des autres.

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  4. Que la police assure la sécurité d'un chef d'Etat en visite, fût-il chinois, ne me dérange pas. Elle est dans son rôle. Mais que des policiers français empêchent des citoyens français d'exprimer leurs opinions, par exemple en saisissant leurs banderoles, ne me paraît pas acceptable. Cela, c'est vrai, rappelle d'autres latitudes ou d'autres temps...

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  5. GO HOME Mr Sarkosi !!!
    retourne chez toi chez Bush CIA et compagnies...
    son idéal c'est le model Americain et bien qu'il y aille chez ses copains Sionnistes !!!

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  6. le problème dans tout ça est qu'il se permet d'être lui-même parce qu'en face, il n'y a rien...ou si peu.
    C'est logique, en fait : il fait ce pourquoi il a été élu, et il le fait bien. Il n'a jamais caché ses intentions, tous le reste (propos lénifiants, affirmations à l'emporte-pièce etc..) c'est du pipô, il ne s'en cache même plus (suffit de lire le Canard). Si nous avions eu 15 millions de personnes dans la rue, il aurait détalé tel le pauvre petit lâche qu'il est... mais avec ces quelques "journées de marche" que nous ont servi les syndicats (avec l'aide bienveillante de Soubie le "désamorceur"), ehhh bien : il est tranquille, et pour longtemps! Il ne faut plus s'étonner de rien......

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  7. il a ete élu et il le fait bien ????!!!!!
    c'est simplement un névropathe au pouvoir comme bush ou quelques autres...

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  8. Pour virer Sazrkolito 1er, il faut dès maintenant que la population française (peuple réel = ensemble de la nation débarassé des sarkolâtres et des neutrons spectateurs) se positionne clairement en se manifestant (Référendum populaire autonome ?) et que l'on passe rapidement à la grève générale nationale. Sinon c'est du bricolage à la petite semaine et le petit dictateur en devenir le sait très bien.
    Le sarkozisme est un néopétainisme axé sur l'ultralibéralisme, qui prend ses racines dans des méandres plutôt sombres, compte tenu des similitudes qu'il entretien en perspective, avec les dictatures passées et présentes. Le peuple de descendants de Sans-culotte se réveillera-t-il à temps ? C'est possible, mais il y a urgence à réagir ! ARAMIS

    http://www.mecanopolis.org/?p=139

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  9. Je ne suis pas français mais je pense que pour donner à la France son prestige d'antan, il faut faire appel à DVP. Il est le seul français actuellement qui incarne les qualités du futur président de la France.

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  10. Les photos me donnent envie de gerber.

    Ce pauvre homme tué par ce type cynique qui...sourit!

    Et la gourde, les nénés à l'air, qui monte les marches de l'Elysée l'air béat au bras d'un condamné par la justice française pour injures racistes!
    Elle va s'atabler avec le responsable de la tuerie de la photo!

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