16 décembre 2010

Karachigate : la nouvelle entrave présidentielle

Il y a trois semaines, lors du sommet de l'OTAN à Lisbonne, l'affaire dite de Karachi, où un attentat avait provoqué la mort de 11 Français en 2002, s'était invitée dans les coulisses. Secoué par de multiples témoignages le mettant plus ou moins directement en cause, Nicolas Sarkozy avait cru bon d'interpeller en « off » les journalistes français présents. On se souvient encore de cette saillie verbale mémorable où, pour faire comprendre combien les soupçons pouvaient être pénibles pour celui qui les subi, il avait traité un journaliste de « pédophile. » Le soir même, Claude Guéant resté à Paris avait publié le premier communiqué officiel de défense contre les accusations portées à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Le lendemain, ce dernier avait emprunté un ton grave et sérieux pour promettre que toutes les informations demandées par les juges en charge de l'instruction seraient transmises.

Il n'a pas fallu attendre bien longtemps pour constater que cette promesse était une tartuferie. L'entrave aux enquêtes se poursuit.

1. A fur et à mesure des investigations menées par les juges, l'affaire s'est étoffée : le juge Trévidic enquête sur l'attentat de Karachi lui-même. Début octobre, le juge Renaud Van Ruymbeke avait décidé d'enquêter sur des «faits de corruption active et passive» dans le cadre du financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Et le 26 novembre dernier, le même juge a rendu une ordonnance dans laquelle il demandait au parquet d'étendre son enquête à un contrat de vente de frégates à l'Arabie saoudite conclu en 1994, et dénommé Sawari II. Pour cette dernière vente, les deux mêmes intermédiaires, baptisé Réseau K, avaient bénéficié de commissions assez conséquentes (200 millions d'euros), selon les informations publiées la semaine dernière par le Point. Lors de l'une de ses auditions devant le juge Van Ruymbeke, Dominique de Villepin avait affirmé que ces intermédiaires apparaissaient, d'après les enquêtes réalisées sous Jacques Chirac après 1995, « sans véritable lien avec ces marchés (…) et ayant des liens avec des personnalités publiques françaises ».

2. Depuis 2009, les obstacles aux instructions des juges ont été nombreux : le ministre de la Défense Hervé Morin n'a d'abord pas donné accès à tous les documents demandés par le juge Marc Trévidic. A l'automne 2009, le magistrat avait reçu un rapport de 137 pages dont seuls 6 paragraphes ont été laissés visibles. Le président UMP de la commission de la défense à l'Assemblée nationale, Guy Tessier, puis le président UMP de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer ont ensuite refusé, l'été dernier, de transmettre au même juge le contenu détaillé des auditions réalisées par la mission d'information parlementaire auprès d'anciens ministres, d'hommes d'affaires, d'agents secrets ou de militaires. Début octobre, le procureur Jean-Claude Marin a décidé de faire appel contre la décision du juge Van Ruymbeke d'enquêter sur le volet financier de l'affaire. L'existence d'une enquête parallèle des services secrets français, datant de 2002, n'a été dévoilée au juge Trévidic que tout récemment lors de l'audition du général Rondot. Jeudi 18 novembre, François Fillon a refusé au juge Van Ruymbeke une perquisition des locaux de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Lundi 26 novembre dernier, le juge Trévidic a écrit à Alain Juppé, ministre de la Défense, pour se plaindre que sa précédente demande de transmission de tous les documents de la Défense relatifs à l'affaire, datée du 5 mai dernier et adressée à Hervé Morin, soit restée lettre morte durant plus de 6 mois.

3. Mardi 14 décembre, le parquet a décidé de saucissonner davantage le traitement de l'affaire : une nouvelle information judiciaire a été ouverte, mardi 14 décembre, pour « abus de biens sociaux et recel » dans le cadre du contrat Sawari II. Le même jour, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, avait déjà laissé entendre à l'Assemblée nationale, qu'un nouveau juge mènerait l'enquête sur ce contrat. Effectivement, dans un réquisitoire signé le 6 décembre révélé par Mediapart, le procureur Marin a justifié «que ces faits nouveaux sont de nature différente de ceux instruits dans la présente information, que leur période de commission est différente, que les personnes visées et les victimes sont également différentes» et qu'il conviendrait, selon lui, «dans le cadre d'une bonne administration de la justice, de requérir l'ouverture d'une information judiciaire distincte». Dans son communiqué, le parquet précise de même que cette nouvelle enquête fait suite « à des faits allégués de versements de commissions dans un contrat distinct de celui objet des investigations menées autour de la vente de sous-marins au Pakistan en 1994. » Et de préciser que « le magistrat instructeur n'a à ce jour pas été désigné

5. Mercredi, la majorité UMP/Nouveau Centre du bureau de l'Assemblée nationale a refusé de transmettre au juge Marc Trévidic les documents de la mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi. Le juge soupçonne que l'attentat soit une vengeance après l'arrêt du versement de commissions à des intermédiaires. Ces dernières semaines, certaines des auditions tenues secrètes ont toutefois été publiées, avec des témoignages explosifs : le contrôleur général des armées, Jean-Louis Porchier avait affairmé devant la mission avoir appris l'existence de rétro-commissions sur le contrat Agosta. François Léotard, ancien ministre de la Défense, avait lui affirmé qu'il croyait au lien entre l'attentat de 2002 et l'arrêt du versement de certaines commissions. 

Mercredi, Nicolas Sarkozy recevait à déjeuner le prince héritier d'Abou Dhabi et le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis. Aussitôt, une source élyséenne précisait que les trois hommes ont parlé du Rafale.

Encore un contrat d'armement en perspective ?


3 commentaires:

  1. pour complement pour savoir ce que c'est une retro commission

    http://2ccr.unblog.fr/2010/12/07/retro-commission-cest-quoi/

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  2. S'il n'est pas réelu, çà va chier pour lui, sauf si c'est dsk.. Ni bayrou, ni ségo, ni melenchon ne lui feront de cadeau, pas plus que marine (qui jamais ne sera élue).

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  3. Le PS est Amnésique, cause Roland Dumas.


    Pour KARACHI faudrait t’il encore que l’en veuille bien remonter à....


    Pourquoi ce nouveau gouvernement remanié avec la majorité de ministre RPR .

    Et Alain Juppé Ministre d'État, Ministre de la Défense et des Anciens combattants.


    Affaire Dumas (qui est aussi un volet de l'affaire des frégates de Taïwan.


    En juillet 1992, un avenant au contrat, « Bravo B1 » est signé. Il fut suivi par Bravo C et D en 1993, alors qu’Édouard Balladur est à la tête du Gouvernement français ; il prévoit l’assemblage des frégates en France et non plus à Taïwan et porte le prix définitif à 16 milliards de francs.....


    L’AFFAIRE ELF CHIRAC ET ROLAND DUMAS.


    Tous ces liens feront comprendre toute la connivence, et le mutisme de tous, on y retrouve même le juge Philippe Courroye devenu le grand copain de Sarkozy


    Petit Préambule.


    Affaire Elf - Avec l'accord de la présidence française et sur les conseils d'Étienne Leandri, c'est Auchi qui a servi en 1990 d'intermédiaire à Elf pour le rachat du réseau espagnol de distribution Ertoil une filiale du holding koweïtien KIO, transaction qui a donné lieu à une commission de 300 millions de francs.
    Financement occulte du RPF (Rassemblement pour la France) ? - Une assistante (Sabine de la Laurencie) travaillant pour Bernard Guillet, le conseiller diplomatique de Charles Pasqua, a évoqué devant le juge Philippe Courroye et la presse des sommes d'argent liquide données par Nasir Abid, le bras droit de Nadhmi Auchi, à destination du RPF ou de ses associations satellites (type AFAO).
    Financement occulte du RPR ? - Dans son livre paru en octobre 2001, Affaire Elf, affaire d'État (Le Cherche Midi éditeur), Loïk Le Floch-Prigent évoque "des liens à éclaircir" entre Nadhmi Auchi et le RPR, évoquant notamment un homme d'affaires français, Patrick Maugein. "Si la justice voulait vraiment enquêter sur les fonds qu'aurait distribués Auchi, elle tomberait peut-être sur le RPR que présidait Jacques Chirac..


    CHIRAC Affaire Elf Affaire Bidermann Affaire Thinet Patrick Maugein ET Les liens avec Jacques Chirac.


    Patrick Maugein, né le 1er mai 1947 à Brive-la-Gaillarde et décédé le 5 décembre 2006, homme
    D’affaires, est le président de Soco International, société de courtage pétrolier. Fils de fourreurs de Brive-la-Gaillarde en Corrèze, polytechnicien, ancien élève de l'Insead,
    Patrick Maugein a collaboré avec le sulfureux trader américain Marc Rich, fondateur de
    Glencore. (Marc Rich fut poursuivi aux États-Unis pour violation de l'embargo avec l'Iran et
    Gracié par Bill Clinton, quelques heures avant son départ de la présidence).


    Aujourd'hui considéré par les Américains comme le chaînon manquant entre Jacques Chirac et
    Saddam Hussein, Patrick Maugein est resté un homme de l'ombre durant près de vingt-cinq ans.
    Depuis le début de l'affaire Pétrole contre nourriture, il est devenu la vedette des blogs des

    Petit lien qui vous fait comprendre les liens UDF UMP CentrUmpeiste

    Les Parole de notre président SARKOZY,dernièrement, les français doivent être au courant de toute notre politique….Hé bien Monsieur le Président,les Français,n’attendent que cela,que vous nous mettiez tous au courant
    3 Affaire de la mine d'or de Yanacocha



    Le début de la pelote KARACHI se trouve ci dessus

    Pour comprendre ce qui se passe et pourquoi tous sont lié, et VILLEPIN son aller retour sur ses déclaration, Rétro commissions, cause son ami Chirac,


    SCHOUM1

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