Nicolas Sarkozy a entamé sa tournée des voeux, cette année placés sous le thème de l'emploi. Curieux ? Non. En fait, le président est en campagne. Donc il répète à l'envie son discours d'auto-célébration de son action face à la crise. Bref, il radote.
Parler travail en plein chômage
Les communicants de l'Elysée avaient préparé le terrain. Sarkozy allait parler travail. La démarche est si risquée, avec l'envolée du chômage depuis plus d'un an. Les statistiques du chômage sont certes bien contrôlées. Les différents dispositifs de soutien à l'emploi adoptés sous la conrainte de la crise depuis un an éparpillent les chômeurs un peu partout : l'extension des capacités de chômage partiel permet de laisser l'inactivité dans les effectifs des entreprises plutôt que de grossir les rangs des inscrits à pôle emploi. Depuis 2009, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont également mis en sourdine toutes leurs mesures d'assouplissement du code du travail comme l'offre raisonnable d'emploi, ou la suppression de la dispense de rechercher d'emploi pour les plus de 58 ans. Tout juste se rappelle-t-on que les nouvelles possibilités de "licenciements à l'amiable"...
Mais le contexte est chargé. Le pouvoir d'achat baisse, le nombre de chômeur en fin de droit risque de s'envoler: ils devraient être un million dans les 12 mois à venir. Et nombre d'entre eux vont échouer dans la plus grande précarité, exclus d'avance de la CMU. Même Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, s'en inquiète: "Pour les chômeurs en fin de droits, qui seront sans doute moins nombreux que le million pronostiqué par l'Insee" (d'où Bertrand sort-il cet optimisme ?) "pourquoi ne pas créer un dispositif spécifique pour les ramener vers l'emploi ? Il existe bien des primes versées aux employeurs pour certaines embauches de jeunes" a-t-il déclaré à Paris Match.
Sarkozy radote, radote, radote
Mercredi 6 janvier, le président français présentait donc ses voeux aux « forces économiques du pays». Que dire aux plus faibles, aux plus précaires ? Pas grand chose. Nicolas Sarkozy a préféré utiliser cette occasion pour faire campagne et dresser, une nouvelle fois, son propre bilan de l'année écoulée. 1600 personnes écoutaient debout et sagement les propos du chef de l'Etat, dans la salle des fêtes de Cholet (Maine et Loire). "A vous de juger", a-t-il lancé en direction des électeurs. Jugeons donc.
Nicolas Sarkozy a commencé son discours par des déclarations d'intentions et des principes de réformes : non au renoncement, oui au volontarisme. Encore ? En matière d'annonce, le président fut avare : il a taclé les effectifs de la fonction publique territoriale; il s'est abstenu d'expliquer comment résoudre la croissance de la dette publique. L'endettement ? "La solution est de diminuer le poids de la dépense publique." Pour 2010, il a confirmé qu'il comptait bien mettre en oeuvre une nouvelle taxe carbone. En matière d'autosatisfaction, la liste de ses "succès" fut bien longue, et répétitive..
1. "Aucun Français n'a vu son épargne mise en danger, aucun établissement financier n'a fait faillite". Nicolas Sarkozy a agi comme tous les dirigeants des pays occidentaux, et même avec un peu de retard : fin septembre 2008, il a unilatéralement et sans concertation avec ses partenaires de l'Union Européenne dont il assumait pourtant la présidence provisoire, garantit l'ensemble de l'épargne des particulier. ce fut la seule annonce majeure de son "fameux" discours de Toulon.
2. "Nous avons évité le pire. Si nous avons évité le pire, c'est parce que nous avons décidé d'agir, et non pas d'attendre." Qui se souvient de l'attentisme de Nicolas Sarkozy, 12 longs jours de septembre 2008. Plus tard, c'est Gordon Brown qui souffla l'idée à un Sarkozy atone qu'il fallait, en Europe, relancer le crédit interbancaire.
Les banques françaises, et donc l'épargne de nos concitoyens, furent sauvées de la disparition ; Sarkozy s'est félicité mercredi que l'Etat ait perçu 2 milliards d'euros d'intérêts des banques en contrepartie des aides de l'Etat. Faudra-t-il rappeler que ce comptage ne tient pas compte ni des agios payés par l'Etat pour emprunter les sommes qu'il a ensuite re-prêté aux banques, ni de la moins-value constatée d'une quinzaine de milliards d'euros sur les cours de Bourse des principales banques françaises ?
3. Autre contentement pour Sarkozy, quelques 2 millions d'emploi directs ou indirects auraient été sauvés dans l'automobile grâce à la prime à la casse. On n'insistera pas sur l'incohérence du discours écologique d'un président qui soutient, sans contrepartie, le transport individuel et non collectifs. L'occasion n'aurait-elle pas été belle d'imposer une reconversion vers le véhicule électrique ou la construction de bus ?
4. Les réformes en tous genre produiraient leurs premiers fruits : "Nous avons enrayé la chute de notre compétitivité et nous commençons à reconquérir des parts de marché. Nous avons renoué avec une croissance positive". d'où peut-il conclure que la compétitivité de la France se serait redressée ? Le déficit commercial bat des records, et il est facile d'accuser l'euro quand l'Allemagne, elle, s'en sort mieux. La France, en 2009, a davantage importé des pays européens.
5. Autre réforme louée par le Monarque : « Nous avons supprimé les droits de succession comme je l'avais promis. Et je l'ai fait car je crois au travail et je crois à la famille. Ce sont des valeurs structurantes de notre société. Je continue à penser que lorsqu'on a travaillé toute sa vie, payé des impôts toute sa vie, il est normal de pouvoir transmettre à ses enfants le fruit d'une vie de travail en franchise d'impôts ». Travail, famille... patrie ? Les déclarations de Nicolas Sarkozy sont iniques. Les exonérations fiscales (succession, bouclier fiscal, etc) profitent massivement aux rentiers les plus riches, et marginalement au plus grand nombre. "Que ceux qui ne sont pas en accord avec cette politique -et c'est leur droit- annoncent aux Français qu'ils rétabliront les droits de succession si vous leur confiez la responsabilité. Faisons ce débat, je l'attends avec sérénité" a-t-il déclaré. La vraie mesure révolutionnaire eut été d'exonérer les successions modestes... mais pas les plus grosses.
Bref, "la France a montré l'exemple".
Sarkozy n'a fait finalement fait qu'un voeux : que l'opposition fasse preuve d'un peu plus de sens de l'Etat.
Vraiment ?
Faudra-t-il parler du train de vie de l'Elysée, du coût injuste du bouclier fiscal, du népotisme et du favoritisme ?
jeudi 7 janvier 2010
mercredi 6 janvier 2010
Sarkozy veut motiver ses troupes
Pour ce mardi de rentrée pour le gouvernement, Nicolas Sarkozy devait remotiver ses troupes. Classé "le 3ème homme le plus mal habillé du monde" par le magazine GQ, il s'est affiché à un déjeuner avec les femmes du gouvernement. Un peu plus tôt, le cérémonial habituel montrait les membres du gouvernement braver le froid pour rejoindre l'Elysée. Mais certains ministres devaient répondre à l'impatience générale. Bachelot trouva comment se débarrasser de son surplus de vaccins, Hortefeux fait face à une mécontentement réel des policiers, et Lagarde tente d'expliquer la future taxe carbone. Bonne année !
Ministres cérémonieux
Quel sens à donner au cérémonial républicain de début d'année ? Le gouvernement se retrouve place Beauvau, au ministère de l'intérieur, pour rejoindre à pied l'Elysée voisin. Sur place, les caméras et journalistes étaient conviés pour filmer les membres du gouvernement au petit déjeuner présidentiel. Le gouvernement souhaite "une bonne année, une bonne santé et beaucoup d'énergie" à son président. Sourires de rigueur, conversations anodines avant que la presse ne quitte les lieux. Rama Yade est arrivé en retard. A midi, Nicolas Sarkozy s'est affiché au milieu de ses femmes du gouvernement, pour trois quarts d'heure d'apéritif.
Certains, comme Jean-Michel Apathie sur CANAL+ dès le soir même, ont redécouvert l'existence de quelques secrétaires d'Etat: Nathalie Kociusko-Morizet, à l'Economie Numétique, n'a pas grand chose à faire à part twitter de temps à autres. Valérie Letard est secrétaire d'Etat à ... l'Ecologie. le saviez vous ? Elle est passée à travers le sommet de Copenhague et la taxe carbone sans que personne ne s'en aperçoive. Valérie Pécresse, surprise en train de pioncer lors d'une session du Conseil Régional, ne devrait plus être ministre dans quelques mois. Fadela Amara est plus visible, mais toujours franchement inutile. Martin Hirsch se demande s'il doit encore rester au gouvernement, à en croire la presse... Les ministres d'ouverture n'ont plus aucune utilité politique. Eric Besson est devenu l'icône de la droite recomplexée. Jean-Marie Bockel est placardisé par Michèle Alliot-Marie. Bernard Kouchner se sent de plus en plus mal à l'aise. Il y a bientôt trois ans, nous dénoncions "l'ouverture" comme un débauchage de personnalités marginales issues de la gauche pour conduire ou, au mieux, cautionner une politique de droite. 32 mois plus tard, le constat n'est que trop vrai. Le débat sur l'identité nationale et le rapprochement des chasseurs et du MPF de Philippe de Villiers ont fait des dégâts.
Ces belles images masquent mal la réalité des priorités sarkozyennes. Lundi, Sarkozy a présenté ses voeux aux responsables de l'UMP. Sarkozy chef de clan ? Bien sûr. Lundi, il a loué quelques ministres, et pas d'autres. Ses chouchous du moment sont Eric Woerth, Luc Chatel, Chantal Jouanno, Hervé Novelli, Benoist Apparu, et Bruno Lemaire.
Vaccins excédentaires
Curieuse affaire que celle des annulations de commandes de vaccins. Lundi 4 janvier, la ministre de la santé a surpris tout le monde en annonçant qu’elle avait « résilié » la commande de 50 millions de vaccins. En fait, le gouvernement le sait depuis plusieurs semaines, mais ne voulait pas affaiblir le processus de vaccinations.
Ces vaccins ont bien été commandés. La ministre cherche maintenant à négocier avec les laboratoires pharmaceutiques l’annulation partielle de la commande. Luc Chatel, ministre de l’Education Nationale et porte-parole du gouvernement, a expliqué mardi matin sur France Info que Sanofi-Pasteur avait accepté d’annuler 9 millions de doses, sans indemnité. L’argument du gouvernement qui a porté, semble-t-il, est qu’un des paramètres essentiels de la commande a changé : l’OMS, en novembre dernier, a confirmé qu’une seule dose de vaccin était suffisante.
La situation est cocasse : d’après les médecins, il est rare qu’une grippe ait plus de deux pics pandémiques. Or la grippe A les a déjà eu, en septembre, puis en décembre. Le gouvernement espère toujours que davantage de Français ira se faire vacciner. Moins de 10% de la population visée a accepté de se faire piquer. Malgré cette réticence collective, la pandémie a moins frappé que prévu. Alors, que faire ?
Fiscalité décarbonée
Mardi matin, lors de son Conseil des Ministres de rentrée, Nicolas Sarkozy a annoncé que la taxe carbone nouvelle mouture entrerait en vigueur le 1er juillet prochain. Le président français a décidé de prendre son temps, et de botter en touche… après les élections régionales. Le Parlement ne sera saisi du nouveau projet qu’après le scrutin.
Le gouvernement n’a pas tiré toutes les leçons de l’échec constitutionnel de sa taxe carbone. Mardi 5 janvier, la ministre de l’Economie a commencé à dévoiler les contours de sa nouvelle version : ceux qui espéraient que l’injustice sociale de la taxe serait corrigée dans le futur projet en seront pour leurs frais. Christine Lagarde a été très claire sur le sujet dans un entretien aux Echos mardi 5 janvier : « Nous n'avons donc pas l'intention de modifier le volet ménages de la contribution carbone. ». Le gouvernement n’envisage que de modifier l’exonération de taxe carbone visant les 1.018 installations industrielles émettant le plus de CO2 en France. Il arguait que ces entreprises sont déjà soumises à un autre dispositif, le système des quotas de CO2 qui les conduits à se racheter une bonne conduite en négociant des « droits à polluer » sur le marché européen. Rien n'est prévu, donc, pour corriger des effets sociaux pervers que le Conseil Constitutionnel n'a d'ailleurs pas retoqué: les ménages seront globalement compensés, mais sans tenir compte de leur réelle consommation carbone individuelle.
Police mécontente
Nicolas Sarkozy n’aime pas qu’on le critique sur la faiblesse de sa politique sécuritaire. Depuis 2002, il a tout fait, en surface, pour ne pas prêter le flanc à des accusations de laxisme. Pourtant, la police est « braquée », comme le titre le quotidien Libération. Des syndicats de police dénoncent la « religion du chiffre », et Libération publiait, dans son édition du 5 janvier, quelques extraits de notes écrites de chef de service à leurs collaborateurs définissant des objectifs précis d’interpellation et d’amendes. Des exemples édifiants.
Le coup de chauffe au sein de la police se déroule à l’approche des élections professionnelles du 25 au 28 janvier prochains. Yannick Danio, délégué national du syndicat Union SGP-Unité Police, majoritaire chez les gardiens de la paix, dénonce : « On ne parle plus qu’en chiffres. On leur fait faire n’importe quoi. On leur demande d’arrêter 5 consommateurs de joints parce que ça fait 5 délits constatés mais aussi 5 faits élucidés. C’est plus facile que d’interpeller un revendeur de drogue qui va compter pour une seule affaire. » La question de la mesure de l’action et de l’efficacité de la police reste posée, n’en déplaise à Nicolas Sarkozy, en charge de la sécurité de nos concitoyens depuis … mai 2002 quasiment sans interruption. Yannick Danio dénonce aussi la diminution des effectifs de police (2000 postes en 2010), alors que leur activité a fortement cru : 18 millions d’heures supplémentaires en attente de règlement, près de 600 000 gardes à vue par an (contre 350 000 en 2002) et … une hausse quasiment sans discontinuité des violences aux personnes : 443 671 actes recensés en 2008, soit 14% de plus qu’en 2003.
Mardi 5 janvier, l'Elysée a donc confirmé que Nicolas Sarkozy serait au forum des "Puissants du monde", à Davos. Il inaugurera même la manifestation. A Davos, Nicolas Sarkozy se permettra évidemment d'appeler à "la refonte du capitalisme mondial". Sarkozy a trouvé son leit-motiv: "la régulation des marchés financiers" et "le monde après la crise". Ses amis du Fouquet's, et du Bristol sourient. Il le fait bien.
Evidemment.
Ministres cérémonieux
Quel sens à donner au cérémonial républicain de début d'année ? Le gouvernement se retrouve place Beauvau, au ministère de l'intérieur, pour rejoindre à pied l'Elysée voisin. Sur place, les caméras et journalistes étaient conviés pour filmer les membres du gouvernement au petit déjeuner présidentiel. Le gouvernement souhaite "une bonne année, une bonne santé et beaucoup d'énergie" à son président. Sourires de rigueur, conversations anodines avant que la presse ne quitte les lieux. Rama Yade est arrivé en retard. A midi, Nicolas Sarkozy s'est affiché au milieu de ses femmes du gouvernement, pour trois quarts d'heure d'apéritif.
Certains, comme Jean-Michel Apathie sur CANAL+ dès le soir même, ont redécouvert l'existence de quelques secrétaires d'Etat: Nathalie Kociusko-Morizet, à l'Economie Numétique, n'a pas grand chose à faire à part twitter de temps à autres. Valérie Letard est secrétaire d'Etat à ... l'Ecologie. le saviez vous ? Elle est passée à travers le sommet de Copenhague et la taxe carbone sans que personne ne s'en aperçoive. Valérie Pécresse, surprise en train de pioncer lors d'une session du Conseil Régional, ne devrait plus être ministre dans quelques mois. Fadela Amara est plus visible, mais toujours franchement inutile. Martin Hirsch se demande s'il doit encore rester au gouvernement, à en croire la presse... Les ministres d'ouverture n'ont plus aucune utilité politique. Eric Besson est devenu l'icône de la droite recomplexée. Jean-Marie Bockel est placardisé par Michèle Alliot-Marie. Bernard Kouchner se sent de plus en plus mal à l'aise. Il y a bientôt trois ans, nous dénoncions "l'ouverture" comme un débauchage de personnalités marginales issues de la gauche pour conduire ou, au mieux, cautionner une politique de droite. 32 mois plus tard, le constat n'est que trop vrai. Le débat sur l'identité nationale et le rapprochement des chasseurs et du MPF de Philippe de Villiers ont fait des dégâts.
Ces belles images masquent mal la réalité des priorités sarkozyennes. Lundi, Sarkozy a présenté ses voeux aux responsables de l'UMP. Sarkozy chef de clan ? Bien sûr. Lundi, il a loué quelques ministres, et pas d'autres. Ses chouchous du moment sont Eric Woerth, Luc Chatel, Chantal Jouanno, Hervé Novelli, Benoist Apparu, et Bruno Lemaire.
Vaccins excédentaires
Curieuse affaire que celle des annulations de commandes de vaccins. Lundi 4 janvier, la ministre de la santé a surpris tout le monde en annonçant qu’elle avait « résilié » la commande de 50 millions de vaccins. En fait, le gouvernement le sait depuis plusieurs semaines, mais ne voulait pas affaiblir le processus de vaccinations.
Ces vaccins ont bien été commandés. La ministre cherche maintenant à négocier avec les laboratoires pharmaceutiques l’annulation partielle de la commande. Luc Chatel, ministre de l’Education Nationale et porte-parole du gouvernement, a expliqué mardi matin sur France Info que Sanofi-Pasteur avait accepté d’annuler 9 millions de doses, sans indemnité. L’argument du gouvernement qui a porté, semble-t-il, est qu’un des paramètres essentiels de la commande a changé : l’OMS, en novembre dernier, a confirmé qu’une seule dose de vaccin était suffisante.
La situation est cocasse : d’après les médecins, il est rare qu’une grippe ait plus de deux pics pandémiques. Or la grippe A les a déjà eu, en septembre, puis en décembre. Le gouvernement espère toujours que davantage de Français ira se faire vacciner. Moins de 10% de la population visée a accepté de se faire piquer. Malgré cette réticence collective, la pandémie a moins frappé que prévu. Alors, que faire ?
Fiscalité décarbonée
Mardi matin, lors de son Conseil des Ministres de rentrée, Nicolas Sarkozy a annoncé que la taxe carbone nouvelle mouture entrerait en vigueur le 1er juillet prochain. Le président français a décidé de prendre son temps, et de botter en touche… après les élections régionales. Le Parlement ne sera saisi du nouveau projet qu’après le scrutin.
Le gouvernement n’a pas tiré toutes les leçons de l’échec constitutionnel de sa taxe carbone. Mardi 5 janvier, la ministre de l’Economie a commencé à dévoiler les contours de sa nouvelle version : ceux qui espéraient que l’injustice sociale de la taxe serait corrigée dans le futur projet en seront pour leurs frais. Christine Lagarde a été très claire sur le sujet dans un entretien aux Echos mardi 5 janvier : « Nous n'avons donc pas l'intention de modifier le volet ménages de la contribution carbone. ». Le gouvernement n’envisage que de modifier l’exonération de taxe carbone visant les 1.018 installations industrielles émettant le plus de CO2 en France. Il arguait que ces entreprises sont déjà soumises à un autre dispositif, le système des quotas de CO2 qui les conduits à se racheter une bonne conduite en négociant des « droits à polluer » sur le marché européen. Rien n'est prévu, donc, pour corriger des effets sociaux pervers que le Conseil Constitutionnel n'a d'ailleurs pas retoqué: les ménages seront globalement compensés, mais sans tenir compte de leur réelle consommation carbone individuelle.
Police mécontente
Nicolas Sarkozy n’aime pas qu’on le critique sur la faiblesse de sa politique sécuritaire. Depuis 2002, il a tout fait, en surface, pour ne pas prêter le flanc à des accusations de laxisme. Pourtant, la police est « braquée », comme le titre le quotidien Libération. Des syndicats de police dénoncent la « religion du chiffre », et Libération publiait, dans son édition du 5 janvier, quelques extraits de notes écrites de chef de service à leurs collaborateurs définissant des objectifs précis d’interpellation et d’amendes. Des exemples édifiants.
« A Lyon, un chef de service a demandé par écrit le 2 décembre à ses policiers de mettre le paquet sur les arrestations après une baisse en novembre (lire page 4). A Châlons-en-Champagne, le 15 janvier 2009, le «chef de l’unité de sécurité de proximité» détaillait les «objectifs chiffrés en matière de voie publique pour l’année 2009» sur une note de service de quatre pages que Libération s’est procurée. Le capitaine de police y fixe des quotas à atteindre. «Chaque brigade de roulement de jour devra à minima procéder à 65 interpellations hors IPM (ivresse publique et manifeste, ndlr) et délits routiers, à 10 interpellations de personnes faisant l’objet de fiches de recherches, établir 230 TA (timbres-amende, ndlr) pour des infractions au code de la route hors stationnement et 75 TA pour comportement dangereux»
Source : Libération
Le coup de chauffe au sein de la police se déroule à l’approche des élections professionnelles du 25 au 28 janvier prochains. Yannick Danio, délégué national du syndicat Union SGP-Unité Police, majoritaire chez les gardiens de la paix, dénonce : « On ne parle plus qu’en chiffres. On leur fait faire n’importe quoi. On leur demande d’arrêter 5 consommateurs de joints parce que ça fait 5 délits constatés mais aussi 5 faits élucidés. C’est plus facile que d’interpeller un revendeur de drogue qui va compter pour une seule affaire. » La question de la mesure de l’action et de l’efficacité de la police reste posée, n’en déplaise à Nicolas Sarkozy, en charge de la sécurité de nos concitoyens depuis … mai 2002 quasiment sans interruption. Yannick Danio dénonce aussi la diminution des effectifs de police (2000 postes en 2010), alors que leur activité a fortement cru : 18 millions d’heures supplémentaires en attente de règlement, près de 600 000 gardes à vue par an (contre 350 000 en 2002) et … une hausse quasiment sans discontinuité des violences aux personnes : 443 671 actes recensés en 2008, soit 14% de plus qu’en 2003.
Mardi 5 janvier, l'Elysée a donc confirmé que Nicolas Sarkozy serait au forum des "Puissants du monde", à Davos. Il inaugurera même la manifestation. A Davos, Nicolas Sarkozy se permettra évidemment d'appeler à "la refonte du capitalisme mondial". Sarkozy a trouvé son leit-motiv: "la régulation des marchés financiers" et "le monde après la crise". Ses amis du Fouquet's, et du Bristol sourient. Il le fait bien.
Evidemment.
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mardi 5 janvier 2010
Le bilan identitaire d'Eric Besson
Lundi 4 janvier 2010, Eric Besson ne souhaitait pas la bonne année. Il dressait un bilan de son débat sur l'identité nationale, lancé le 2 novembre 2009. Nicolas Sarkozy lui avait demandé d'être plus "pédagogu", juste avant les fêtes de fin d'année.
La droite inquiète, Besson répond
La droite s'inquiète. Le débat identitaire a jusque là surtout servi à replacer involontairement le Front National au centre de l'agenda politique de Sarkofrance. Et comme la rumeur prétend que les électeurs préfèret toujours l'original à la copie... certains élus et responsables de l'UMP s'inquiètent très fortement d'une éventuelle remontée du FN lors du prochain scrutin régional. Eric Besson a donc été prié de mettre les bouchées doubles.
Lundi 4 janvier, à 14H30, le ministre de l'identité nationale recevait donc la presse dans ses locaux. Le ministre a tenu a rappeler que "Le débat sur l'identité nationale n'est pas focalisé sur l'immigration et l'islam". La présentation à la presse étant essentiellement un monologue unilatéral du ministre à l'encontre des journalistes présents, il n'y eut pas de franches explications sur les dérapages nombreux qui ont occupé le déroulement de ce débat.
Lundi soir, Eric Besson intervenait sur CANAL+. A la question de savoir s'il n'avait pas l'impression de jouer contre son camp avec ce débat boomerang contre la droite classique, le secrétaire national de l'UMP répondit, agacé : «Vous plaisantez ?»
Les "preuves" du succès
Eric Besson a abreuvé l'assistance de statistiques pour prouver le succès populaire de l'opération. Sur une quarantaine de millions de Français en âge de voter, environ 50 000 sont donc allés poster une contribution sur le site du ministre.
227 débats, sur 313 organisés, ont été tenus avant le 31 décembre. Le gouvernement se félicite d'une participation entre "30 et 300 participants" par réunion, avec une moyenne à 100. Une centaine de parlementaires se sont "mobilisés" pour l'organisation de ses débats. Un vrai... échec. L'UMP, à elle seule, compte 350 députés, sans compter leurs collègues sénateurs. Le camp du président a majoritairement séché le débat... Qui dit mieux ?
Eric Besson a tenté de répertorier les élus de gauche présents lors des débats. Il a exhibé une poignée d'exemples, "les plus notables"... 12 noms au total. Le plus célèbre des cités est Michel Vauzelle, le président PS du conseil régional de Provence Alpes Côte d'Azur. Ce dernier s'est félicité du débat car, selon lui, il devait révéler les dégats de la politique de Nicolas Sarkozy. De surcroît, "grâce" au débat identitaire, le FN est revenu en situation d'arbitre entre Vauzelle et ses concurrents UMP pour le prochain scrutin. Bravo (et merci) Eric Besson !
Qu'en a-t-il retiré ? Pas grand chose. Les résultats sont minces.
Quels constats ?
Besson expliqua d'abord que «l’immense majorité des contributions au grand débat sur l’identité nationale est parfaitement respectueuse de nos valeurs républicaines.» Où serait donc le débat ? Eric Besson insiste : «Le débat est utile, en lui-même, pour raffermir le lien national. Discuter de ce qui nous unit, ce n’est pas remettre en cause notre cohésion nationale, c’est au contraire nous donner les moyens de la renforcer.»
Rappelons quelques questions suggérées par le ministre aux préfets de la République :
- Pourquoi intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République, puis dans notre communauté nationale? (question 1.7)
- "La cohabitation entre communautés vivant séparément est-elle possible dans notre Nation ?" (idem)
- "Comment éviter l’arrivée sur notre territoire d’étrangers en situation irrégulière, aux conditions de vie précaires génératrices de désordres divers (travail clandestin, délinquance) et entretenant, dans une partie de la population, la suspicion vis à vis de l’ensemble des étrangers ?" (une question rapidement suivie d'une autre, plus diplomate: "Comment mieux lutter contre les discriminations dont sont victimes les personnes immigrées et les Français issus de l’immigration, pour l’accès à l’emploi ou l’accès au logement ?"
Second constat, il paraît que "la question du modèle d’intégration -libéral ou assimilateur fait débat". Reconnaissons à Besson une vérité : c'est une vraie question, ... que Nicolas Sarkozy a préféré enterrer dès son entrée en fonction. A lire la piètre qualité littéraire de nombre de contributions, on peut comprendre que le ministre de l'identité nationale ait été troublé à l'idée d'exiger des candidats à la nationalité française davantage de respect de la langue française que nombre de "bons" citoyens "de souche"...
Troisième constat, "L’un des moyens privilégiés pour raffermir la cohésion nationale est de faire vivre les valeurs et principes républicains." La langue de bois, paraît-il, se juge à l'absurdité de ses affirmations contraires : qui penserait qu'enterrer les valeurs et principes républicains concourrait à raffermir l'identité nationale ? Personne.
Quatrième, et avant-dernière, porte ouverte enfoncée: "Beaucoup de participants insistent sur le civisme et sur le contrat républicain : un citoyen doit donner à la République et recevoir."
Cinquième "orientation", les contributeurs aimeraient l'Europe et loueraient le rayonnement de la France à l'étranger.
La droite inquiète, Besson répond
La droite s'inquiète. Le débat identitaire a jusque là surtout servi à replacer involontairement le Front National au centre de l'agenda politique de Sarkofrance. Et comme la rumeur prétend que les électeurs préfèret toujours l'original à la copie... certains élus et responsables de l'UMP s'inquiètent très fortement d'une éventuelle remontée du FN lors du prochain scrutin régional. Eric Besson a donc été prié de mettre les bouchées doubles.
Lundi 4 janvier, à 14H30, le ministre de l'identité nationale recevait donc la presse dans ses locaux. Le ministre a tenu a rappeler que "Le débat sur l'identité nationale n'est pas focalisé sur l'immigration et l'islam". La présentation à la presse étant essentiellement un monologue unilatéral du ministre à l'encontre des journalistes présents, il n'y eut pas de franches explications sur les dérapages nombreux qui ont occupé le déroulement de ce débat.
"Le débat sur l’identité nationale a immédiatement rencontré un immense succès populaire, qui dépasse les prévisions initiales. Un très grand nombre de Français s’en est emparé et souhaite s’exprimer, en répondant à la question « Pour vous, qu’est-ce qu’être Français ? », car je rappelle que c’était la question posée. Le débat occupe l’espace médiatique presque quotidiennement."Le premier dérapage est venu du question des services d'Eric Besson, publié au Journal Officiel, qui recensait les questions à évoquer par les préfets et sous-préfets en charge des "débats locaux". Début décembre, Eric Besson s'était confié au quotidien Le Monde, sur sa «hiérarchie des appartenances», une version sarko-compatible de la préférence nationale version FN. Puis, comment oublier la polémique sur les minarets suisses, la Burqa ou le mauvais verlan des «Musulmans» dixit Nadine Morano ?
Lundi soir, Eric Besson intervenait sur CANAL+. A la question de savoir s'il n'avait pas l'impression de jouer contre son camp avec ce débat boomerang contre la droite classique, le secrétaire national de l'UMP répondit, agacé : «Vous plaisantez ?»
Les "preuves" du succès
Eric Besson a abreuvé l'assistance de statistiques pour prouver le succès populaire de l'opération. Sur une quarantaine de millions de Français en âge de voter, environ 50 000 sont donc allés poster une contribution sur le site du ministre.
227 débats, sur 313 organisés, ont été tenus avant le 31 décembre. Le gouvernement se félicite d'une participation entre "30 et 300 participants" par réunion, avec une moyenne à 100. Une centaine de parlementaires se sont "mobilisés" pour l'organisation de ses débats. Un vrai... échec. L'UMP, à elle seule, compte 350 députés, sans compter leurs collègues sénateurs. Le camp du président a majoritairement séché le débat... Qui dit mieux ?
Eric Besson a tenté de répertorier les élus de gauche présents lors des débats. Il a exhibé une poignée d'exemples, "les plus notables"... 12 noms au total. Le plus célèbre des cités est Michel Vauzelle, le président PS du conseil régional de Provence Alpes Côte d'Azur. Ce dernier s'est félicité du débat car, selon lui, il devait révéler les dégats de la politique de Nicolas Sarkozy. De surcroît, "grâce" au débat identitaire, le FN est revenu en situation d'arbitre entre Vauzelle et ses concurrents UMP pour le prochain scrutin. Bravo (et merci) Eric Besson !
Qu'en a-t-il retiré ? Pas grand chose. Les résultats sont minces.
Quels constats ?
Besson expliqua d'abord que «l’immense majorité des contributions au grand débat sur l’identité nationale est parfaitement respectueuse de nos valeurs républicaines.» Où serait donc le débat ? Eric Besson insiste : «Le débat est utile, en lui-même, pour raffermir le lien national. Discuter de ce qui nous unit, ce n’est pas remettre en cause notre cohésion nationale, c’est au contraire nous donner les moyens de la renforcer.»
Rappelons quelques questions suggérées par le ministre aux préfets de la République :
- Pourquoi intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République, puis dans notre communauté nationale? (question 1.7)
- "La cohabitation entre communautés vivant séparément est-elle possible dans notre Nation ?" (idem)
- "Comment éviter l’arrivée sur notre territoire d’étrangers en situation irrégulière, aux conditions de vie précaires génératrices de désordres divers (travail clandestin, délinquance) et entretenant, dans une partie de la population, la suspicion vis à vis de l’ensemble des étrangers ?" (une question rapidement suivie d'une autre, plus diplomate: "Comment mieux lutter contre les discriminations dont sont victimes les personnes immigrées et les Français issus de l’immigration, pour l’accès à l’emploi ou l’accès au logement ?"
Second constat, il paraît que "la question du modèle d’intégration -libéral ou assimilateur fait débat". Reconnaissons à Besson une vérité : c'est une vraie question, ... que Nicolas Sarkozy a préféré enterrer dès son entrée en fonction. A lire la piètre qualité littéraire de nombre de contributions, on peut comprendre que le ministre de l'identité nationale ait été troublé à l'idée d'exiger des candidats à la nationalité française davantage de respect de la langue française que nombre de "bons" citoyens "de souche"...
Troisième constat, "L’un des moyens privilégiés pour raffermir la cohésion nationale est de faire vivre les valeurs et principes républicains." La langue de bois, paraît-il, se juge à l'absurdité de ses affirmations contraires : qui penserait qu'enterrer les valeurs et principes républicains concourrait à raffermir l'identité nationale ? Personne.
Quatrième, et avant-dernière, porte ouverte enfoncée: "Beaucoup de participants insistent sur le civisme et sur le contrat républicain : un citoyen doit donner à la République et recevoir."
Cinquième "orientation", les contributeurs aimeraient l'Europe et loueraient le rayonnement de la France à l'étranger.
Eric Besson fait le point sur le débat [news] BFM 040110 sélectionné dans Actu France et Actu Politique
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La clémence fiscale de l'Etat
En avril dernier, Eric Woerth avait mis en place une cellule dite de dégrisement, pour accueillir les exilés fiscaux moyennant clémence et discrétion. L'opération fit choux blanc. A tel point que, l''été dernier, le ministre du budget avait dû brandi, sans la montrer, une liste d'environ 3000 contribuables français qui avaient exilé en Suisse 3 milliards d'euros. Eric Woerth les avait menacé de sanctions s'ils ne régularisaient pas leur situation d'ici le 31 décembre 2009. Cette liste des 3000 contribuables émanerait d'une liste bien plus large de 130 000 noms dérobés pas un ancien informaticien de la banque HSBC.
1. Le 3 janvier, le ministre du budget a annoncé qu'il prolongeait cette opération de clémence fiscale, mais différemment: "non pas au travers d'une cellule spécialisée, mais en donnant à l'administration fiscale les moyens de travailler dans ce même état d'esprit". On savait déjà que les sanctions étaient négociables et modestes (pas d'arriérés au titre des années antérieures à 2003, taux de pénalités négociables, etc). Cette fois-ci, le ministre veut étendre les capacités de clémence fiscale aux services courants :
2. Un bilan précis de l'opération 2009 est attendue dans le courant du mois de janvier.
Pour le moment, Eric Woerth s'auto-congratule sur des éléments très approximatifs : "Au 8 ou 9 décembre, on était à plus de 500 millions d'euros de fiscalité. Ça veut dire grosso modo trois milliards d'euros de capitaux concernés", a-t-il déclaré lors du "Grand Rendez-Vous" d'Europe-1/Le Parisien/Aujourd'hui en France. Les repentis seraient "plutôt 3.000 que 1.500".
Faut-il comprendre que l'intégralité des sommes identifiées en août ont été rapatriées en France et fiscalisées comme il se doit ? Que nenni !
3. Les propos d’Eric Woerth sont faussement flous. Pour les exilés concernés et leurs conseils, ils sont très clairs. Eric Woerth veut pérenniser l’amnistie, sans l’avouer. Dimanche soir, le mot n’est pas lâché, concédé, avoué. La démarche adoptée depuis le printemps n’a pas porté ses fruits, si l’on compare ses résultats avec ceux de nos voisins italiens. En Italie, une amnistie fiscale totale a permis de rapatrier et/ou régulariser quelques 95 milliards d’euros. Et le gouvernement Berlusconi espère récupérer encore 30 milliards d’euros supplémentaires d’ici la clôture de l’opération en avril prochain. Les fraudeurs devaient rapatrier leurs biens placés à l'étranger (capitaux, titres, bijoux, yachts...), s’acquitter d’une taxe libératoire de 5 % de leurs valeurs, en échange de l’absence de pénalités. Fin 2009, le ministère italien des finances estimait à 4 milliards d’euros le montant d’impôts ainsi récupérés.
En France, Woerth préfère l’amnistie douce et discrète, négociée de gré à gré dans les couloirs de Bercy. Le ministre reste critiqué. L’ancien président de HSBC France, Gérard de Bartillat, estimait récemment que « En agissant ainsi, la France fait plus qu'une faute. Nous allons perdre des dizaines de milliards, l'équivalent d'un gigantesque plan de relance". Selon lui, le patrimoine des exilés français placé en Suisse représenterait plus de 100 milliards d'euros, "dont au moins 10 milliards pourraient directement tomber dans les caisses de l'Etat grâce à une taxe appliquée sur le modèle italien".
Il sait de quoi il parle. La banque HSBC est à l’origine du (petit) fichier de 3000 contribuables français brandi par Eric Woerth depuis août dernier.
1. Le 3 janvier, le ministre du budget a annoncé qu'il prolongeait cette opération de clémence fiscale, mais différemment: "non pas au travers d'une cellule spécialisée, mais en donnant à l'administration fiscale les moyens de travailler dans ce même état d'esprit". On savait déjà que les sanctions étaient négociables et modestes (pas d'arriérés au titre des années antérieures à 2003, taux de pénalités négociables, etc). Cette fois-ci, le ministre veut étendre les capacités de clémence fiscale aux services courants :
2. Un bilan précis de l'opération 2009 est attendue dans le courant du mois de janvier.
Pour le moment, Eric Woerth s'auto-congratule sur des éléments très approximatifs : "Au 8 ou 9 décembre, on était à plus de 500 millions d'euros de fiscalité. Ça veut dire grosso modo trois milliards d'euros de capitaux concernés", a-t-il déclaré lors du "Grand Rendez-Vous" d'Europe-1/Le Parisien/Aujourd'hui en France. Les repentis seraient "plutôt 3.000 que 1.500".
Faut-il comprendre que l'intégralité des sommes identifiées en août ont été rapatriées en France et fiscalisées comme il se doit ? Que nenni !
3. Les propos d’Eric Woerth sont faussement flous. Pour les exilés concernés et leurs conseils, ils sont très clairs. Eric Woerth veut pérenniser l’amnistie, sans l’avouer. Dimanche soir, le mot n’est pas lâché, concédé, avoué. La démarche adoptée depuis le printemps n’a pas porté ses fruits, si l’on compare ses résultats avec ceux de nos voisins italiens. En Italie, une amnistie fiscale totale a permis de rapatrier et/ou régulariser quelques 95 milliards d’euros. Et le gouvernement Berlusconi espère récupérer encore 30 milliards d’euros supplémentaires d’ici la clôture de l’opération en avril prochain. Les fraudeurs devaient rapatrier leurs biens placés à l'étranger (capitaux, titres, bijoux, yachts...), s’acquitter d’une taxe libératoire de 5 % de leurs valeurs, en échange de l’absence de pénalités. Fin 2009, le ministère italien des finances estimait à 4 milliards d’euros le montant d’impôts ainsi récupérés.
En France, Woerth préfère l’amnistie douce et discrète, négociée de gré à gré dans les couloirs de Bercy. Le ministre reste critiqué. L’ancien président de HSBC France, Gérard de Bartillat, estimait récemment que « En agissant ainsi, la France fait plus qu'une faute. Nous allons perdre des dizaines de milliards, l'équivalent d'un gigantesque plan de relance". Selon lui, le patrimoine des exilés français placé en Suisse représenterait plus de 100 milliards d'euros, "dont au moins 10 milliards pourraient directement tomber dans les caisses de l'Etat grâce à une taxe appliquée sur le modèle italien".
Il sait de quoi il parle. La banque HSBC est à l’origine du (petit) fichier de 3000 contribuables français brandi par Eric Woerth depuis août dernier.
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lundi 4 janvier 2010
Qui s'occupera de la bande de Sarkozy ?
Vendredi 1er janvier, le président français recevait, comme c'est la tradition, quelques représentants des «travailleurs de la Saint-Sylvestre» (policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, agents de la SNCF, de la RATP, médecins ou personnels de santé). Entre autres termes d'encouragements, il a fustigé les « bandes», une nouvelle fois.
Il y a près d'un an, en mars 2009, le Monarque élysée s'était déplacé à Gagny pour dévoiler un plan contre les bandes. Les élections européennes approchaient. Il annonçait 16 mesures avec, entre autres, la création d'un fichier dédié aux violences urbaines et au phénomène de bandes, la création de 100 nouvelles unités territoriales de quartier, et la mise en oeuvre d'une "police d'agglomération avec un état-major à l'échelle des agglomérations", chargée de coordonner la collecte du renseignement et l'action de la police; et la création de 23 nouvelles compagnies de sécurisation (des policiers en civil), pour les zones dites sensibles.
2. Le président français s'est également auto-congratulé : "C'est la septième année consécutive que les statistiques de la délinquance générale sont en baisse". Depuis 2002, Sarkozy se réfugie derrière les statistiques générales, qui mêlent atteintes aux biens et violences faites aux personnes, pour masquer son échec à endiguer les violences physiques depuis 2003, malgré une boulimie législative sans précédent sur le sujet (cf. graphique ci-joint).
Par ailleurs, on attend toujours les résultats de l'enquête interne, si elle a eu lieu, relatif aux incidents du 1er mai 2009 à Paris. Le Canard Enchaîné avait révélé qu'une trentainte de provocateurs violents faisaient en fait partie de la police, de l'une des compagnies de sécurisation mises en place par Nicolas Sarkozy en 2005
3. Le budget 2010 prévoit une réduction des effectifs de police et de gendarmerie. En novembre dernier, Hortefeux se félicitait deu recrutement de 10 000 policiers et gendarmes. Il omettait de préciser que ces recrutements ne couvriraient pas les départs à la retraite. Ce qui fait que les forces de police et de gendarmerie vont perdre environ 3 000 collaborateurs nets l'an prochain.... Même la centaine d'UTEQ, annoncées en grandes pompes en mars, ne seront finalement pas déployées comme prévu faute de budget...La France n'en comptera qu'une grosse trentaine. Sarkozy n'a pas attendu un an pour rompre cette promesse-là... Nicolas Sarkozy n'a pas non plus remis en cause une aberration du système de répartition des effectifs de police sur le territoire : ces derniers sont affectés en proportion de la population, et non des crimes et délits commis... Ainsi, les Hauts de Seine, le richissime département de Nicolas Sarkozy, ont autant d'effectifs de sécurité que la Seine Saint Denis... Un comble.
Au-delà des paroles, le président français va-t-il se décider à agir ?
«Comme des millions de Français, j'ai été choqué du drame de Lyon, cette fusillade, dans une grande ville, qui a causé la mort d'un adolescent, Amar, victime innocente de la folie des bandes»
(...) «Nous allons nous occuper de ces bandes cette année. Nous devons repenser notre politique en ce domaine et adopter des mesures sévères pour combattre la possession et l'utilisation d'armes à feu par des voyous».
«Le projet de loi anti-bandes sera voté par le Parlement dans les jours prochains».1. Nicolas Sarkozy a régulièrement besoin d'un bouc-émissaire pour solidifier son discours. Les «bandes» sont un sujet rituel d'excitation présidentielle. Le 30 juin dernier, l'Assemblée Nationale avait adopté une proposition de loi du ministre de l'Industrie et maire UMP de Nice, Christian Estrosi. Six mois plus tard, on attend toujours l'avis du Sénat. En juin dernier, nous rappelions déjà que l’article 431-5 du code pénal punit déjà de trois à cinq ans d’emprisonnement et de 45 à 75 000 euros d’amende le fait de participer à un attroupement en étant porteur d’une arme. Qu'importe ! Sarkozy avait besoin d'un nouveau texte, dont ses parlementaires n'ont même pas réussi à voter l'application depuis 6 mois... Un comble !
Il y a près d'un an, en mars 2009, le Monarque élysée s'était déplacé à Gagny pour dévoiler un plan contre les bandes. Les élections européennes approchaient. Il annonçait 16 mesures avec, entre autres, la création d'un fichier dédié aux violences urbaines et au phénomène de bandes, la création de 100 nouvelles unités territoriales de quartier, et la mise en oeuvre d'une "police d'agglomération avec un état-major à l'échelle des agglomérations", chargée de coordonner la collecte du renseignement et l'action de la police; et la création de 23 nouvelles compagnies de sécurisation (des policiers en civil), pour les zones dites sensibles.
2. Le président français s'est également auto-congratulé : "C'est la septième année consécutive que les statistiques de la délinquance générale sont en baisse". Depuis 2002, Sarkozy se réfugie derrière les statistiques générales, qui mêlent atteintes aux biens et violences faites aux personnes, pour masquer son échec à endiguer les violences physiques depuis 2003, malgré une boulimie législative sans précédent sur le sujet (cf. graphique ci-joint).
Par ailleurs, on attend toujours les résultats de l'enquête interne, si elle a eu lieu, relatif aux incidents du 1er mai 2009 à Paris. Le Canard Enchaîné avait révélé qu'une trentainte de provocateurs violents faisaient en fait partie de la police, de l'une des compagnies de sécurisation mises en place par Nicolas Sarkozy en 2005
3. Le budget 2010 prévoit une réduction des effectifs de police et de gendarmerie. En novembre dernier, Hortefeux se félicitait deu recrutement de 10 000 policiers et gendarmes. Il omettait de préciser que ces recrutements ne couvriraient pas les départs à la retraite. Ce qui fait que les forces de police et de gendarmerie vont perdre environ 3 000 collaborateurs nets l'an prochain.... Même la centaine d'UTEQ, annoncées en grandes pompes en mars, ne seront finalement pas déployées comme prévu faute de budget...La France n'en comptera qu'une grosse trentaine. Sarkozy n'a pas attendu un an pour rompre cette promesse-là... Nicolas Sarkozy n'a pas non plus remis en cause une aberration du système de répartition des effectifs de police sur le territoire : ces derniers sont affectés en proportion de la population, et non des crimes et délits commis... Ainsi, les Hauts de Seine, le richissime département de Nicolas Sarkozy, ont autant d'effectifs de sécurité que la Seine Saint Denis... Un comble.
Au-delà des paroles, le président français va-t-il se décider à agir ?
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dimanche 3 janvier 2010
Frédéric Lefebvre se fache contre le Conseil Constitutionnel
"Le Conseil Constitutionnel n'est pas connu pour être le lieu de la modernité" a déclaré Frédéric Lefebvre. Le porte-parole de l'UMP, mercredi dernier, se gardait bien de commenter le fonds de la décision du Conseil. Stigmatiser le contradicteur lui est toujours chose plus facile.
La voix de son maître.
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Les 10 billets les plus lus de Sarkofrance
Voici les 10 billets les plus lus sur le blog Sarkofrance. L'exercice n'est pas très représentatif des visites du blog. En 2009, Sarkofrance a totalisé 751 000 consultations, pour Merci aux lectrices et lecteurs.
1. 86ème semaine de Sarkofrance : l'abécédaire des promesses non tenues de Sarkozy (6471 consultations)
C'est un billet... de 2008, le dernier de l'année. Il débute par la lettre A comme Allocations Familiales, et se termine par T comme "Travailler Plus pour Gagner Plus". Nicolas Sarkozy devrait retirer du Web son abécédaire des promesses présidentielles. Cela donne trop de mauvaises idées...
2. "Carla Bruni est bi... politique" (5190 consultations)
Encore un billet de 2008, putassier celui-là. Nul doute que son titre trouble a attiré des lecteurs imprévus. Je rebondissais sur l'une de ses déclarations, vieille de quelques mois, au Figaro Magazine: "Je m’ennuie follement dans la monogamie. L’amour dure longtemps, mais le désir brûlant".
3. Combien coûte Nicolas Sarkozy ? (3056 consultations)
Le 24 mard dernier, je tentais de recouper les différentes informations relatifs à train de vie du Président. Je ne savais pas que la Cour des Comptes allait, à deux reprises, nous livrer de bien belles révélations quelques mois plus tard.
4. Sarkozy gaffe sur les fonctionnaires ( 2712 consultations)
Le 5 septembre 2009, je reprenais cette video concocté par Politistution, alias La Rage Au Ventre.
5. Chronique d'une droite recomplexée ( 2603 consultations)
Le 17 mars, je faisais le constat que la droite était finalement à nouveau recomplexée. Les sarkozystes se cachent, les autres se troublent. Sarkozy parle, son gouvernement escamote. Tous sont désormais sur la défensive.
6. Le RSA arrive, et son contrôle avec (2420 consultations)
Un billet du 24 avril dernier. Le RSA est une belle illustration de la politique sociale version Sarkozy : son dispositif de contrôle est inédit. Pour toucher jusqu'à 450 euros par mois, le bénéficiaire doit accepter une transparence que même le Président n'assume pas. Tout est, peut être, sera fliqué.
7. Proglio, Sarkozy et Dati, petites affaires entre amis ? (2 418 consultations)
Ce billet date du ... 3 septembre 2007. En 2009, Henri Proglio a fait parler de lui, en prenant la tête d'EDF tout en conservant celle de Veolia. En septembre 2007, je m'interrogeais sur ses relations avec la Garde des Sceaux. En décembre dernier, les équipes d'Europe 1 ont été très surprises de voir Dati accompagner Henri Proglio à son interview matinale.
8. 128ème semaine de Sarkofrance : les fausses surprises du président (1903 consultations)
Le 17 octobre dernier, chronique de la semaine, comme chaque samedi (ou dimanche sur Marianne2). Sarkozy s'était invité dans un lycée, puis en Lorraine, quasiment sans témoins. Le président avait-il la trouille ?
9. Jean Sarkozy: le sort du prince en débat (1883 consultations)
La nomination annoncée de Jean Sarkozy, 23 printemps sans diplôme, à la tête de l'EPAD, l'établissement public d'aménagement de la plus riche zone d'affaires de France, a déclenché toutes les polémiques. L'entêtement de Sarkozy père ne lasse pas de surprendre les commentateurs les plus indulgents. Que croyaient-ils ?
10. 91ème semaine de Sarkofrance : la nouvelle imposture sociale de Sarkozy (1859 consultations)
Le 31 janvier 2009, je suis énervé par l'attentisme du Monarque. deux jours auparavant, le 29 janvier, des centaines de milliers de Français sont descendus dans les rues pour protester contre la dureté de la crise et l'injuste politique sociale du gouvernement. Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy cédera (enfin) à la pression de la rue, en lâchant quelques mesures d'accompagnement. Un an plus tard, on oublie souvent que le traitement social du chômage fut arraché à sarkozy par la rue.
Cette liste est une suggestion de Dadavidov. Merci à lui.
1. 86ème semaine de Sarkofrance : l'abécédaire des promesses non tenues de Sarkozy (6471 consultations)
C'est un billet... de 2008, le dernier de l'année. Il débute par la lettre A comme Allocations Familiales, et se termine par T comme "Travailler Plus pour Gagner Plus". Nicolas Sarkozy devrait retirer du Web son abécédaire des promesses présidentielles. Cela donne trop de mauvaises idées...
2. "Carla Bruni est bi... politique" (5190 consultations)
Encore un billet de 2008, putassier celui-là. Nul doute que son titre trouble a attiré des lecteurs imprévus. Je rebondissais sur l'une de ses déclarations, vieille de quelques mois, au Figaro Magazine: "Je m’ennuie follement dans la monogamie. L’amour dure longtemps, mais le désir brûlant".
3. Combien coûte Nicolas Sarkozy ? (3056 consultations)
Le 24 mard dernier, je tentais de recouper les différentes informations relatifs à train de vie du Président. Je ne savais pas que la Cour des Comptes allait, à deux reprises, nous livrer de bien belles révélations quelques mois plus tard.
4. Sarkozy gaffe sur les fonctionnaires ( 2712 consultations)
Le 5 septembre 2009, je reprenais cette video concocté par Politistution, alias La Rage Au Ventre.
5. Chronique d'une droite recomplexée ( 2603 consultations)
Le 17 mars, je faisais le constat que la droite était finalement à nouveau recomplexée. Les sarkozystes se cachent, les autres se troublent. Sarkozy parle, son gouvernement escamote. Tous sont désormais sur la défensive.
6. Le RSA arrive, et son contrôle avec (2420 consultations)
Un billet du 24 avril dernier. Le RSA est une belle illustration de la politique sociale version Sarkozy : son dispositif de contrôle est inédit. Pour toucher jusqu'à 450 euros par mois, le bénéficiaire doit accepter une transparence que même le Président n'assume pas. Tout est, peut être, sera fliqué.
7. Proglio, Sarkozy et Dati, petites affaires entre amis ? (2 418 consultations)
Ce billet date du ... 3 septembre 2007. En 2009, Henri Proglio a fait parler de lui, en prenant la tête d'EDF tout en conservant celle de Veolia. En septembre 2007, je m'interrogeais sur ses relations avec la Garde des Sceaux. En décembre dernier, les équipes d'Europe 1 ont été très surprises de voir Dati accompagner Henri Proglio à son interview matinale.
8. 128ème semaine de Sarkofrance : les fausses surprises du président (1903 consultations)
Le 17 octobre dernier, chronique de la semaine, comme chaque samedi (ou dimanche sur Marianne2). Sarkozy s'était invité dans un lycée, puis en Lorraine, quasiment sans témoins. Le président avait-il la trouille ?
9. Jean Sarkozy: le sort du prince en débat (1883 consultations)
La nomination annoncée de Jean Sarkozy, 23 printemps sans diplôme, à la tête de l'EPAD, l'établissement public d'aménagement de la plus riche zone d'affaires de France, a déclenché toutes les polémiques. L'entêtement de Sarkozy père ne lasse pas de surprendre les commentateurs les plus indulgents. Que croyaient-ils ?
10. 91ème semaine de Sarkofrance : la nouvelle imposture sociale de Sarkozy (1859 consultations)
Le 31 janvier 2009, je suis énervé par l'attentisme du Monarque. deux jours auparavant, le 29 janvier, des centaines de milliers de Français sont descendus dans les rues pour protester contre la dureté de la crise et l'injuste politique sociale du gouvernement. Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy cédera (enfin) à la pression de la rue, en lâchant quelques mesures d'accompagnement. Un an plus tard, on oublie souvent que le traitement social du chômage fut arraché à sarkozy par la rue.
Cette liste est une suggestion de Dadavidov. Merci à lui.
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samedi 2 janvier 2010
2009, l'année du renoncement version Sarkozy
Jeudi 31 décembre, Nicolas Sarkozy a donc présenté ses troisièmes vœux aux Français : "Je ne suis pas un homme qui renonce à la première difficulté" s'est il exclamé, comme pour se le prouver à lui-même.
Pourtant, l'année 2009 fut bien celle de tous les renoncements: la pression, tantôt sociale, tantôt internationale, l'a fait dévier de sa trajectoire du "travailler plus". les couacs de sa majorité l'ont fait trébucher. Voici la rétrospective d'une année supplémentaire de Sarkofrance, une année de doutes, de dérapages, d'agenda incontrôlé, de revirements en tous genres. Sarkozy aborde 2010 affaibli comme jamais, aux prises avec ses démons personnels (narcissique, clivant et sûr de lui) et une "majorité" minoritaire qui commence à douter.
87ème semaine de Sarkofrance : les paris risqués de Sarkozy
Nicolas Sarkozy ne change pas. Ses vœux du 31 décembre supposés généreux, furent pollués de quelques 23 "je" : "J’ai promis", "Les initiatives que j’ai prises", "je vous ai toujours dit la vérité et j’ai agi", "Je suis plus décidé que jamais", "j’ai voulu", etc. Il veut réorganiser l'UMP et débute 2009 avec une relance jugée incertaine, des comptes plombés par son obstination sur ses nombreuses défiscalisations. Le slogan anachronique du "Travailler plus pour gagner plus" a un prix que nous payons aujourd'hui : la destruction de l'emploi intérimaire et des CDD, rendus inutiles par la loi TEPA. Les chômeurs s'ajoutent par paquets de cinquante mille aux statistiques du tout nouveau pôle emploi. Sarkozy n'a encore cédé aucune mesure d'accompagnement social.
88ème semaine de Sarkofrance : le retour du vacarme sarkozyen
Israël attaque et bombarde Gaza. Sarkozy file au Proche Orient, pour stigmatiser le Hamas au moment même où les chars israéliens entraient dans la bande de Gaza. L'opération "Plomb durci" durera une vingtaine de jours et 1400 morts. En France, Sarkozy désigne Xavier Bertrand à la tête de l'UMP, et promeut le félon Eric Besson à l'Identité Nationale, en remplacement de Brice Hortefeux qui accapare les Affaires Sociales. Il lâche aussi une annonce qui fait du "bruit", la suppression du juge d'instruction. Le ministre du Budget Woerth garantit que les dépenses sont parfaitement maîtrisées ... à 80 milliards d'euros près. La ministre Lagarde se réjouit de l'arrivée du froid pour stimuler les soldes de pulls et de manteaux. On a aussi appris que les postes ouverts au recrutement d'instituteurs/trices en 2009 seront réduit de 3 000 par rapport à 2008. Woerth avait certes expliqué qu' "il y a une fonction publique qui est trop nombreuse"...
89ème semaine de Sarkofrance : janvier, c'est le temps des cadeaux et des bilans
Nicolas Sarkozy termine sa tournée des vœux d'omni-président. De Paris à Saint-Lô, de Nîmes à Orléans ou Vesoul, l'ancien "député fainéant" s'est démultiplié sur les écrans des chaînes d'information pour distribuer cadeaux et remontrances. Lundi, il s'en prend au personnel enseignant, dont les syndicats avaient boudé sa cérémonie de vœux à Saint-Lô. Il faut dire qu'il n'a apprécié les manifestants bruyants qui l'attendaient. Le préfet et le chef de la police locales seront mutés. Jeudi, il tance les banquiers, qui ont intérêt à limiter leurs bonus et dividendes. Le plan de relance, à défaut de "relancer" l'économie, sert à quelque chose: distribuer des cadeaux inattendus, et le faire savoir aux clientèles concernées. Voici donc 100 millions d'euros pour le patrimoine culturel, 100 millions d’euros pour la police et la gendarmerie; et 80 millions pour la rénovation des prisons.
90ème semaine de Sarkofrance : notre président déboussolé face à Obama
Sarkozy est agacé. L'intronisation de Barack Obama mardi 20 janvier éclipse son actualité présidentielle en France l'espace d'une journée. jaloux, il lâche: "On a hâte qu'il se mette au travail et qu'on change le monde avec lui." L'exemple américain est pourtant édifiant: gel des salaires de son équipe, plan de relance, suppression de Guantanamo. Obama n'a pas attendu son entrée en fonction pour commencer à travailler. Sarkozy attend toujours pour décrocher quelques mesures sociales.
91ème semaine de Sarkofrance : la nouvelle imposture sociale de Sarkozy
Jeudi, plus de deux millions de personnes manifestent contre le cauchemar français. Le ras-le-bol social et politique est général. Le pouvoir en place a fait le dos rond. Nicolas Sarkozy est devenu le bouc-émissaire d'une France écœurée. On attendait l'abandon de réformes inutiles, contre-productives (la défiscalisation des heures supplémentaires) ou injustes (le bouclier fiscal à 50%), et un vrai plan de relance. Quand le Figaro dévoile la liste des fameux 1000 chantiers du plan, on tombe de sa chaise: Certains projets relèvent de la mise aux normes de sécurité de certains hôpitaux, des voies ferrées ou de certains équipements routiers, ou de la rénovation des tribunaux et des prisons! La crise a bon dos. le Grenelle de l'Environnement est bien loin. Les dépenses "vertes" ne pèsent rien dans le plan.
92ème semaine de Sarkofrance : Sarko reste hors sujet
Jeudi, Nicolas Sarkozy s'exprime à la télévision. Il "écoute", mais il ne répond pas à la contestation. Devant quelques journalistes choisis, il ouvre des pistes, et laisse "une place au dialogue" lors de sa prochaine réunion avec les partenaires sociaux le 18 février. Il enfume son assistance avec le soit-disant reversement des intérêts payés par les banques à l'Etat à la politique sociale, fâche les Anglais en critiquant Gordon Brown, et personne ne relève sa bourde sur la suppression de la taxe professionnelle (28 milliards d'euros par an, et non 8). Il soutient aussi Bernard Kouchner, mis en cause par une enquête de Pierre Péan.
93ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy doit solder ses frigidaires
Ségolène Royal a eu cette formule qui claque : "Nicolas Sarkozy vendrait des frigidaires aux esquimaux." Cette semaine, le chef de l'Etat préfère fuir à l'étranger et abandonner son gouvernement en rase campagne plutôt que d'affronter la grogne généralisée qui frappe la Sarkofrance. Il part au Proche Orient, histoire de prendre un peu de recul. Bachelot présente sa réforme de l'hôpital. Besson promet de récompenser les dénonciations de passeurs. Christine Lagarde avoue que la récession serait d'au moins 1% en 2009. Yves Jego a dû se réfugier en France, abandonnant la négociation en Outre-Mer à deux médiateurs imposés.
94ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy a mis un genou à terre
Retranché dans son palais, son avion ou des salles de province surprotégées, Nicolas Sarkozy a mis un genou à terre. Ses ministres cèdent: Pécresse a annoncé «un nouveau texte dans les semaines qui viennent» sur le statut des enseignants-chercheurs. Brice Hortefeux garantit au Planning Familial le maintien de ses crédits jusqu'en 2011. Le 18 février, Sarkozy lui-même lâche (enfin) 2,6 milliards d'euros de mesures sociales, une "micro-relance" : suppression des deux tiers restants de l'impôt sur le revenu restant à acquitter pour 4 millions de foyers, crédit d'impôt pour 2 millions d'autres, 300 millions d'euros de bons d'achats de services à domicile . Le lendemain, il promet des Etats Généraux de l'Outre Mer, pour calmer deux mois de grève générale en Guadeloupe puis en Martinique.
95ème semaine de Sarkofrance: qui va désactiver le président "pop up" ?
Comme ces petites "fenêtres surgissantes" du Web appelées pop-up, le chef de l'Etat s'agite pour divertir. Cette fois-ci, il laisse fuiter dans la presse son projet de réforme de l'organisation territoriale du pays. Les oppositions de tous bords se mobilisent, des sites fleurissent, des pétitions circulent. Jean-Louis Borloo lance un "Grenelle de la Mer". Sarkozy visite le Salon de l'Agriculture au pas de charge, et entouré de quelques milliers de policiers et gardes du corps. Il veut éviter tout dérapage. Puis il déjeune avec 11 enseignants triés sur le volet. La nomination de François Pérol, son conseiller économique, à la tête des banques populaires et des Caisses d'Epargne, fait débat: l'Elysée a menti. La Commission de déontologie n'a pas été consultée.
96ème semaine de Sarkofrance : la "positive attitude" de Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy s'agace du pessimisme ambiant. Il demande à ses ministres de "p-o-s-i-t-i-v-e-r". Il veut taire les voix discordantes au sein de son équipe gouvernementale, et que chacun multiplie sourires et bonnes nouvelles. Exercice difficile. Lundi, on est frappé par l'ampleur du déficit annoncé par Fillon: 104 milliards d'euros en 2009, c'est-à-dire une réévaluation à la hausse de plus de 50 milliards d'euros. Pourtant, où est la relance ? Dans quelques mois, on apprendra que le déficit était en fait de 140 milliards, record séculaire.
97ème semaine de Sarkofrance : la droite recomplexée
Où sont passés ceux qui nous assénaient qu'il fallait travailler plus, s'enrichir plus, expulser plus, punir plus ? La droite décomplexée chère à Sarkozy a disparu. Sarkozy le premier n'assume plus son "bling bling". En déplacement officiel au Mexique, il se fait invité trois jours avec Carla dans la villa de luxe d'un milliardaire suspecté de narco-trafic, trois jours qui ont coûté une quarantaine de smic mensuels. En France, les discours d'Eric Besson, empêtré dans une polémique sur le "délit de solidarité", popularisé par le film Welcome, sont contredits par les faits : décourager les témoins et les "aidants", traquer les clandestins, la politique d'immigration reste inchangée. Coté emploi, la crise s'aggrave. Mardi, l'UNEDIC a aggravé ses prévisions en réévaluant à 454 000 le nombre de demandeurs d'emplois (de catégorie 1) supplémentaires cette année.
98ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, le bouclier des riches
Chassant provisoirement la polémique sur l'insuffisance manifeste du plan de relance français, le sujet fiscal revient enfin au centre des débats. Quelques députés UMP ont cru bon de critiquer le bouclier fiscal. L'an dernier, 834 contribuables se sont partagés 307 millions d'euros, les deux tiers du coût du bouclier. Second débat, le gouvernement s'entête sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Des économistes critiquent cette mesure qui permet aux entreprises de faire travailler davantage les salariés survivant aux multiples réductions de personnel. Pour divertir l'attention, Sarkozy a sorti sa parade habituelle : la rengaine sécuritaire. Il annonce son projet d'interdire les "bandes". Les Français ne sont pas dupes. Le 19 mars, la contestation s'était déplacée dans les rues et les grèves. Trois millions de personnes à nouveau.
99ème semaine de Sarkofrance: "le mauvais gars, au mauvais endroit"
De mémoire de générations, la crise actuelle est "hors normes". On s'attend à 1 million de chômeurs supplémentaires cette année. Séquestrations de dirigeants, manifestations, chahut social, les tensions sont extrêmes. Les schémas du passé sont disqualifiés. Mais Sarkozy tient bon sur ses vieux slogans: moraliser le capitalisme et soutenir l'investissement. Bizarrement, le chantre de la rupture est incapable de penser au modèle de la France d'après. Le débat sur les inégalités n'aura pas lieu. PDG de l'entreprise France, Sarkozy n'est d'ailleurs pas le meilleur des modèles : salaire augmenté, nouvel avion, vacances à répétition, virées nocturnes.
100ème semaine de Sarkofrance : Sarko le caïd
Nicolas Sarkozy affiche son volontarisme à l'étranger. Au G20 à Londres, puis au sommet de l'OTAN à Strasbourg, il retrouvait enfin un rôle à sa mesure. Pourquoi faut-il qu'il caricature le débat, et exagère ses colères ? Sans doute pour cacher son désarroi. On veut nous faire croire que le G20 a mis un terme à l'évasion fiscale et a trouvé une réponse commune à la crise économique : c'est simplement faux. Il n'y a aucun plan coordonné, aucune mesure de rétorsion concertée contre la fraude fiscale, et la liste des paradis fiscaux est ridiculement étroite. En France, la justice refuse de poursuivre les dirigeants africains suspectés de détournements de fonds... Sarkozy, moralisateur de pacotille ?
101ème semaine de Sarkofrance : Président fatigué cherche repos
Le monarque se réfugie dans la résidence de sa belle, au Cap Nègre. Il ne revient que 36 heures, en milieu de semaine. Il laisse ses portes-flingues s'étrangler de rage contre Ségolène Royal. A Dakar, l'ex-candidate socialiste est allée demander pardon pour le discours colonialiste raté de Nicolas Sarkozy de juillet 2007. La Sarkofrance perd-elle pied ? Contre l'avis du gouvernement, le parlement a durci le "petit décret" contre les bonus des patrons des secteurs bancaires et automobile, en élargissant ces restrictions à tous les sous-traitants de l'automobile et aux entreprises aidées par le Fonds stratégique d'investissement. Coté immigration, Eric Besson s'enferme dans ses mensonges sur le délit de solidarité. A l'Assemblée, le projet Hadopi de lutte contre le téléchargement illégal échoue pour cause d'absentéisme des députés UMP...
102ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy pédale mais n'avance plus
C'est Pâques. Sarkozy est toujours en vacances. Il enguirlande quand même ses ministres qui s'épanchent d'ambitions personnelles dans les médias. Et provoque une belle polémique à l'étranger en prononçant des propos peu amènes contre Zapatero, Obama et Merkel. Alliot-Marie nous vend un décret anti-cagoule, et Bachelot prépare de nouvelles sanctions "planchers" contre les fraudeurs à la Sécu. En Sarkofrance, quand on n'a pas d'idée, on se moque et on réprime.
103ème semaine de Sarkofrance: Sarcoïdose
Sarkozy part à Nice, expliquer qu'il va faire la guerre aux "bandes" et aux "cagoules". Qui rappellera son échec contre la délinquance violente, en constante augmentation depuis 2002 ? Son fidèle Eric Besson s'en va à Calais. Trois jours avant, il annonce la réforme des naturalisations (il parait qu'il veut les accélérer...), puis cautionne une rafle de 200 sans-papier dans la "jungle" de Calais 48 heures avant sa visite (tous, sauf 9, sont relâchés le lendemain). Vendredi, Sarkozy "lâche" 1,3 milliards d'euros pour sauver 500 000 jeunes du chômage cette année en subventionner leurs embauches. Ces mesures ne corrigent pas leur précarité. Trimer pour bosser reste le meilleur moyen pour discipliner leur ardeur avant d'entrer dans la vie active.
104ème semaine de Sarkofrance: une France glamour, vulgaire et sourde
Nicolas et Carla partent en Espagne deux jours, entourés de journalistes "people" choisis par l'Elysée. Un bel exercice de glamour pour cacher les calomnies et les insultes. En près de 2 ans de présidence, Nicolas Sarkozy a popularisé la vulgarité aux sommets de l'Etat: ses proches usent de violence verbales inouïes; le président ne peut s'empêcher de se moquer, quand lui-même ne supporte pas la dérision à son encontre; ses ministres stigmatisent et caricaturent l'opposition. Eric Besson, lui, dévoile son jeu le gouvernement entend bien poursuivre, décourager et condamner les bénévoles d'organismes humanitaires.
105ème semaine de Sarkofrance : les beaux discours ne cachent pas un mauvais bilan
Qui a pu fêter les 2 ans à l'Elysée de Nicolas Sarkozy ? Certainement pas les Français interrogés dans les différents sondages de ces dernières semaines. Faute d'opposition unie, le chef de l'Etat serait réélu par défaut si une élection présidentielle se tenait ces jours-ci. Le 5 mai, Nicolas Sarkozy tient un meeting électoral devant 4 000 militants UMP, pour expliquer qu'il fallait attendre les 5 ans de mandat pour dresser le bilan de son action et s'auto-congratuler de ses deux premières années de présidence. Yazig Sabeg, son nouveau Haut Commissaire à la Diversité et l'Egalité des Chances, lui remet un rapport très attendu, avec une cinquantaine de recommandations, comme la refonte de la filière professionnelle, la spécialisation des collèges ou le développement de l'alternance. Vendredi, dans le Var, Nicolas Sarkozy célèbre le 8 mai 1945 et le sacrifice de "ses enfants morts pour racheter le déshonneur de la défaite, pour racheter la honte de la collaboration". Lundi, les gardiens de prison ont commencé un mouvement de protestation, blocages des établissement à l'appui. Eric Woerth confie qu'il aimerait réduire le nombre de fonctionnaires de 35 000 en 2010. Brice Hortefeux explique qu'un coup de pouce au SMIC était contreproductif.
106ème semaine de Sarkofrance: la carote et le bâton
La Sarkofrance manie la carotte et le bâton. Carotte présidentielle avec une modeste concession aux opposants à la réforme des hôpitaux, un effet d'annonce sur la lutte contre les discriminations, un rapport incomplet sur le partage de la valeur ajoutée. Anniversaire présidentiel oblige, Nicolas Sarkozy s'affiche serein, lors d'un déjeuner avec les dirigeants d'un hebdomadaire dit d'opposition, ou lorsqu'il proclame son admiration à Angela Merkel et à l'Allemagne toute entière lors d'un meeting électoral dimanche 10 mai. Conciliant, il accepte de revoir la gouvernance des CHU prévue dans la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires: "Le directeur ne doit pas devenir un despote absolu". Son ministre Hortefeux présente la mise en oeuvre des chèques "emploi service" de 200 € promis par le Monarque en février, sous la pression de la rue.
Mais Sarkozy s'est permis quelques coups de bâton sur les immigrés retenus, des journalistes sous contrôle, des contestataires universitaires, et un présumé terroriste. Sans attendre la décision de justice contre son appel d'offre contesté, Eric Besson signe les contrats d'assistance aux sans-papiers dans les centres de rétention. Julien Coupat, pseudo-leader de la "bande de Tarnac" reste en prison. Sa 4ème demande de mise en liberté a été rejetée. A Radio France, Jean-Luc Hees et Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, prennent leur marques de pistonnés du Président.
107ème semaine de Sarkofrance : comment filtrer la démocratie
Depuis mai 2007, la trajectoire du président français est claire : satisfaire les plus fortunés, contrôler l'opinion, tout en plaçant ses proches pour consolider son avenir. Sarkozy ne s'occupe pas de sécurité, mais de surveillance. Le gouvernement prépare la loi LOPPSI 2, un arsenal complet de (cyber)surveillance: obligation faite aux FAI de bloquer l'accès aux sites interdits par les autorités, mise en oeuvre d'outils de géolocalisation des internautes, généralisation du fichier Périclès, autorisation des logiciels mouchards et clandestins. On se rappelle que, pour la première année de son mandat, Nicolas Sarkozy s'est exercé à mettre en œuvre son programme "de rupture", un joli terme pour désigner la destruction méthodique des filets sociaux du pays, puis, dès l'automne 2008, que la crise a contraint Nicolas Sarkozy a modérer ses velléités de casse sociale.
108ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, l'insécuritaire permanent
Le scrutin européen approche, les sondages ne sont pas trop mauvais. Il faut motiver l'électeur de droite déboussolé par 9 mois de vulgate sociale pour cause de crise. Nicolas Sarkozy ressort son joker favori, la lutte contre l'insécurité. Projet de loi LOPPSI 2, fouille des cartables à l'école, base navale face à l'Iran, gros mots contre la Corée du Nord, le président nous protège des vilains du monde et des voyous de l'intérieur. Qu'importe si nous fêtons sa 7ème année, quasiment sans interruption, à la tête des forces de l'ordre. Le président français est moins disert sur l'insécurité sociale. Il y avait pourtant de quoi dire: le chômage explose, le RSA entre en vigueur, le prêt de main d'oeuvre est assoupli, et l'ignoble Lefebvre propose d'autoriser le travail pendant les congés maladie et maternité.
109ème semaine de Sarkofrance : une France exaspérée mais un président serein
A l'approche des élections européennes, Sarkozy reste serein. La remise d'un rapport "consensuel" sur la réforme des lycées par Richard Descoing, une belle division de l'opposition, et une visite d'Obama sur les plages de Normandie pour booster sa stature de chef d'Etat européen la veille du scrutin lui donnent quelques motifs de satisfaction: le scrutin de dimanche a été "neutralisé" comme prévu. L'UMP a fait une campagne minimaliste. Sarkozy s'est bien gardé d'évoquer les sujets européens (crise écologique, protection sociale, investissements publics, défense européenne). Dimanche avec Angela Merkel, mercredi contre l'Iran, jeudi à Bordeaux, samedi avec Obama, Nicolas Sarkozy a préféré intervenir sur des sujets internationaux. Nicolas tenait à sa photo avec Barack. Devant la préfecture du Calvados, la foule applaudissante était composée de quelques 300 militants UMP triés sur le volet.
110ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, monocrate mais minoritaire.
Sarkozy aurait soit-disant gagné les élections européennes. Qu'importe si 6 millions de votes se sont évaporés depuis 2007. L'UMP reste en tête dans un paysage politique désolant et abstentionniste. Le monarque déplace en Savoie pour parler "énergies renouvelables": «La croissance durable, j’ai fait campagne sur ce thème avec Jean-Louis Borloo, nous avons inventé le Grenelle de l’environnement». On n'oublie pas la libéralisation de la production d'OGM, le rejet à l'Assemblée Nationale de deux projets de lois écolos, le compromis minimaliste sur l'engagement européen de réduction des émissions carbone à l'horizon 2020, ou le plan de relance minimaliste en matière d'environnement (600 millions d'euros sur 26 milliards). Les prix en France baissent en France, pour la première fois depuis 1957, et le déficit de la Sécu, lui, explose à plus de 20 milliards d'euros. Tout va bien.
111ème semaine de Sarkofrance : qui lèvera la burqa présidentielle en Sarkofrance ?
A Genève, capitale du secret bancaire, Nicolas Sarkozy prononce un discours social et écolo, taxe carbone européenne et appel à un nouveau modèle de développement à l'appui. Il faut faire oublier l'offre raisonnable d'emploi, le prêt de main d’œuvre, le transfert aux mutuelles et organismes privés l'assurance des maladies longues; et l'allongement de l'âge légal de départ à la retraite. En France, le gouvernement s'empresse de publier le texte d'application de la réforme constitutionnelle de juillet 2008 permettant l'intervention du Monarque au Congrès de Versailles. On attend toujours la mise en œuvre du nouveau droit au référendum d'initiative populaire. La réforme de l'hôpital est adoptée. L'hôpital sera une entreprise comme les autres. Les conditions de contrôle du RSA sont précisées : le bénéficiaire peut être fliqué à son insu comme jamais. Tout y passe. Enfin, le fameux décret "anti-cagoule" est publié au Journal Officiel.
112ème semaine de Sarkofrance : les affaires reprennent !
Le discours devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles a tourné court. Sarkozy livre une bouillie idéologique inédite, qui trouble jusque dans les rangs de l'UMP, en appelant de ses vœux la constitution d'un nouveau modèle français qui mêlerait productivisme, consommation, investissement et écologie. La seule nouvelle est l'annonce d'un emprunt national. Sarkozy emprunte aux ménages ce qu'il ne peut plus leur prendre en impôt. Un mini-remaniement gouvernemental fait entrer un Mitterrand auprès de Fillon. Le Monarque part ensuite aux Antilles, mais la mort de Michael Jackson éclipse "l'évènement".
Une autre affaire, plus sombre, plus dangereuse, refait surface. En septembre 1994, la France a vendu à perte trois sous-marins Agosta au Pakistan. Pourquoi "à perte" ? C'est curieux. Sarkozy était ministre du Budget, il a autorisé la défiscalisation des commissions versées à divers intermédiaires pakistanais ou autres. En 2002, un attentat ciblé coûte la vie à 11 ingénieurs français à Karachi. La DCN explique au juge Bruguière chargé alors de l'instruction qu'elle soupçonne des représailles pakistanaises et un financement politique illégal en faveur du camp balladurien. Il y a 10 jours, Sarkozy a déclaré que cette théorie était une "fable".
113ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, on t'a vu !
Dimanche, François Fillon réunit quelques ministres pour lancer ce "Grenelle de l'Emprunt", et annoncer son calendrier de mise en œuvre. Sarkozy reçoit les syndicats pour leur dire qu'ils seront associés à la démarche. Pour séduire les écologistes, il confie à Rocard le soin de réfléchir à la future taxe carbone. Mais l'Assemblée Nationale a adopté sa fameuse loi "anti-bandes", proposée par Christian Estrosi. Un dispositif inutile, basé sur le soupçon plutôt que le constat. L'UMP elle s'est fait prendre la main dans le sac : à peine la réduction de la TVA (de 19,6 à 5,5%) sur la restauration est-elle entrée en vigueur que le parti de Xavier Bertrand a envoyé aux quelques 120 000 restaurateurs un bulletin d'adhésion à l'UMP... Et comment a-t-elle obtenu leurs coordonnées ?
114ème semaine de Sarkofrance: la communication cache-misère du Président
Quand Nicolas Sarkozy parle du G8, il se veut pédagogue. Un exercice difficile puisque le sommet du G8 à l'Aquila en Italie fut, concrètement, un échec complet, un exercice de communication qui tourna à la farce. Sur le le climat, Sarkozy se félicite d'un "progrès considérable", la publication d'une "déclaration du G14" qui rappelle qu'il faut limiter le réchauffement climatique à ... 2 degrés parce que les "experts du monde entier" l'ont dit. Sarkozy nomme Rocard et Juppé pour réfléchir à son "Grand Emprunt", et s'obstine sur le travail dominical, le seul "marqueur" idéologique qui lui reste. Martin Hirsch publie ses 57 recommandations pour la jeunesse, aussitôt oubliées. Le RSA entre en vigueur. Frédéric Lefebvre cherche un job au gouvernement. Luc Chatel défend mal la suppression des postes de RASED.
115ème semaine de Sarkofrance : lèche-majesté contre lèse-majesté
Cette semaine de fête nationale a été l'occasion pour notre monarque élu de flatter nos armées et d'offrir un concert de Johnny (de quelques millions d'euros) à son bon peuple. L'occasion aussi pour certains médias de faire un peu de "lèche-majesté". Fête nationale oblige, l'über-président a droit aux faveurs des médias cette semaine (France 5, TF1, etc). Mercredi 15 juillet, la loi sur le travail dominical est adoptée par l'Assemblée Nationale dans l'après midi, malgré le refus de 68 récalcitrants de l'UMP et du Nouveau Centre. Les sénateurs votent les nouvelles dispositions sur le secret défense, qui garantissent une belle protection. La Cour des Comptes livre son premier rapport sur les dépenses du monarque: frais de voyages excessifs, absence d'appel d'offres, frais d'études inutiles, vols doublons pour les équipes de sécurité, et ... sondages en tous genres. L'affaire des sondages de l'Elysée ne fait que commencer.
116ème semaine de Sarkofrance : le culte du chef, le silence du peuple.
La session parlementaire s'achève. Pour Nicolas Sarkozy, les congés démarrent mercredi. Il peut partir tranquille. Lors de cette courte session exceptionnelle, du 1er au 24 juillet, nombre de textes symboliques ou inutiles sont adoptés : les députés-godillots ont rendu les fonctionnaires plus "mobiles" et "licenciables" (après trois refus de propositions de reclassement). La gendarmerie est rattachée au ministère de l'Intérieur. La loi Grenelle 1 fait plaisir à tous: elle définit, en 57 articles épais, les priorités écologiques de la France, mais n'engage à rien. Un an d'attente pour ça... Grâce à la Cour des Comptes, on découvre combien Sarkozy aime les sondages : un conseiller occulte, rémunéré 1,5 millions euros par an, suggère les questions, l'Elysée paye l'enquête, OpinionWay la réalise, le Figaro la publie. Au total, le budget que l'Elysée dédie à son entreprise de communication est faramineux : 25 millions pour le SIG (dont 3 millions de sondages), 100 millions de publicités gouvernementales, 284 millions d'aides à la presse, 3 millions pour les Web TV.
117ème semaine de Sarkofrance : travailler trop pour se fatiguer plus
Nicolas Sarkozy découvre que le travail pouvait être mauvais pour la santé. Dimanche, la France s'arrête de respirer, l'espace de quelques heures. Le Monarque a flanché lors d'un jogging dans les bois du Chateau de Versailles. On nous explique qu'il était "surmené". Profitant de cette absence présidentielle inattendue, les ministres ne chôment pas. Christine Lagarde dresse un rapide bilan de sa Loi de Modernisation de l'Economie. A l'entendre, la France n'est plus en crise. La ministre commente également les fausses bonnes nouvelles du chômage : 33 000 chômeurs ne se sont pas réinscrits à pôle emploi. Le nombre total de demandeurs d’emploi progresse encore, pour atteindre 3.634.800 personnes (+18,7% sur un an). Christian Estrosi défend la réforme de la Poste, un changement de statut qui prépare l'ouverture du capital, et, sans doute, la privatisation à terme.
118ème semaine de Sarkofrance : pépins de vacances...
Nicolas Sarkozy se repose. Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, choque le monde en réclamant quelques 500 millions d'euros de subventions indûment versées entre 1992 et 2002. BNP-Paribas a provisionné un milliard d'euros pour les bonus de ses traders en 2009. Sa crise est passée, la nôtre démarre. Sarkozy s'énerve. Il convoque les représentants bancaires le 26 août. Christian Estrosi, le nouveau ministre de l'Industrie, ne s'épargne pas... devant les caméras. On le voit partout, au point d'agacer ses collègues. En Afghanistan, un 29ème soldat français est mort.
119ème semaine de Sarkofrance: au royaume des tarfuffes, Sarkozy reste Roi
C'est le 15 août, et Nicolas va chercher des pizzas à vélo au Lavandou près du Cap Nègre. Les Français sont en vacances, il faut les divertir et faire croire qu'on est sur le pont. Ses ministres interrompent leurs vacances: Eric Woerth explique que l'explosion des bonus bancaires n'est pas acceptable; Christine Lagarde se félicite d'un regain de croissance au second trimestre, oubliant que l'investissement, objet de toutes les attentions de la relance sarkozyenne, a encore reculé de 1%. Brice Hortefeux désavoue son administration policière qui, appliquant les consignes budgétaires du gouvernement, avait gelé tout recrutement de Cadets de la République, un projet de Nicolas.
La tartufferie diplomatique est aussi manifeste : l'Iran joue avec les nerfs de notre vacancier présidentiel, en exhibant Clotilde Reiss, jeune chercheuse française, et Nazak Afshar, une collaboratrice franco-iranienne du service culturel de l'Ambassade de France en procès à la télévision. La Sarkofrance paye-t-elle le prix de sa diplomatie brouillonne ? Contre la Birmanie qui sanctionne encore l'opposante Aung San Suu Kyi, Sarkozy omet d'appeler à la rescousse son ami chinois, premier partenaire commercial et industriel de la Birmanie.
120ème semaine de Sarkofrance: gouverner, c'est escamoter
Le pouvoir en France n'agit plus, il réagit. La libération conditionnelle et contrainte de Clotilde Reiss a escamoté quelques instants l'échec de la politique étrangère. L'Iran vient de rappeler son utilité à une France décrédibilisée. En Afghanistan, le scrutin présidentiel se tient jeudi comme prévu: un coût faramineux, des attentats, une participation médiocre, et pour finir, deux candidats qui se réclament victorieux dès le premier tour. Sarkozy est le seul à applaudir.
En France, les ministres se succèdent dans les médias, figés et maladroits dans des exercices de communication à répétition. Christine Lagarde reprend à son compte les timides recommandations de l'autorité de régulation britannique, la FSA, mais à condition que les autres places boursières emboitent le pas. Un nouveau suicide de détenu en prison pousse Michèle Alliot-Marie à sortir un rapport de son chapeau, réalisé 6 mois plus tôt, dont elle demande l'application "immédiate". Brice Hortefeux doit bafouiller des explications au sujet des nouvelles mauvaises statistiques de la délinquance en France. Et Luc Chatel commet la première bévue médiatique de la rentrée. Accompagné de nombreux journalistes, il visite un magasin Intermarché à Villeneuve-Le-Roi (Val-de-Marne), pour célébrer une opération de baisse des prix sur les fournitures scolaires. On découvre que les rares mères de familles présentes étaient des militantes UMP.
121ème semaine de Sarkofrance: Sarko n'a pas changé
Le président revient pour deux petits jours de travail et de discours. Il demande à ses ministres d'afficher leur détermination. Il tacle les banquiers. Sarkozy pompe ses idées sur les recommandations de l'autorité boursière britannique publiées voici 15 jours: les traders resteront motivés à prendre des risques de plus en plus grands pour assurer le versement complet du solde de bonus de l'année précédente. Eric Woerth surprend tout le monde par sa clémence, en menaçant 3000 contribuables exilés en Suisse de représailles s'ils ne régularisaient pas leur situation d'ici le 31 décembre.
Mercredi, Sarkozy installe la fameuse commission chargée de définir, en deux mois, aux priorités du futur "Grand Emprunt". Le chômage est reparti à la hausse en juillet, +25% sur un an. Laurent Wauquiez, son secrétaire d'Etat à l'Emploi, promet de relever à 1000 heures par an le plafond autorisé de chômage partiel dès septembre. Laisser l'inactivité dans les entreprises est la nouvelle recette du gouvernement.
Mercredi devant les ambassadeurs, Sarkozy fait un one-man-show où il a pu réécrire l'histoire, exagérer son importance, mettre en scène sa détermination. Qui a oublié l'attentisme français des premières semaines se septembre 2008 ?
122ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, gaffeur ou incompétent ?
Nicolas Sarkozy a révélé tout son paradoxe: habile politique, il excelle à la manœuvre, mais son exécution gouvernementale se révèle terriblement inefficace. Ainsi, le débat sur la taxe carbone s’enflamme. Fillon précise les modalités du futur impôt: elle sera trop modeste pour efficace, trop élevée pour être indolore, mal compensée pour être juste. Brice Hortefeux avait soigné sa mise en scène et organisé trois journées de discussion, avec des toutes sortes de participants sur la sécurité. Sans prévenir, Sarkozy s'invite à la réunion. La campagne présidentielle de 2012 est lancée. On oublierait toujours qu’il est aux manettes depuis 2002. On s’inquiète aussi du lent démarrage du RSA, à peine 35% de demandes satisfaites deux mois après son entrée en vigueur. A Bruxelles, Christine Lagarde crie «haro sur les bonus». Encore ?
123ème semaine de Sarkofrance: le story-telling est-il en crise ?
Le story-telling présidentiel est à rude épreuve en Sarkofrance. Un journaliste de la RTBF dévoile les coulisses de l'une des innombrables "rencontres de terrain": les conseillers du président avaient choisi les salariés figurants entourant Sarkozy dans l'usine normande Faurecia en fonction de leur petite taille.
En visite chez Lula, Sarkozy annonce un peu vite avoir réussi à vendre 36 Rafales au Brésil. L'Etat major brésilien n’a pas pris sa décision. L'histoire d'un Superprésident-supervendeur n'était ... qu'une histoire.
Le même jour, un avocat lobbyiste historique de la Françafrique, Robert Bourgi, avoue que Jean-Marie Bockel, prédécesseur de Joyandet à la Coopération, a été viré de son poste sur un simple coup de fil d'Omar Bongo l'an passé. Quarante-huit heures plus tard, Joyandet se contorsionne encore davantage pour rassurer de la neutralité française en Afrique. On s’étonne aussi du flop intégral de l’une des mesures anti-crise, la fameuse prime de 500 euros pour les chômeurs : au lieu des 200 000 bénéficiaires attendus, à peine 3 283 ont pu la toucher leurs 500 euros. Pour éviter de parler chômage, on cause grippe A. On se dispute sur les chiffres : 6 000 cas supplémentaires par semaine d’après le gouvernement, 20 000 d’après un syndicat d'infirmiers.
Jeudi, Nicolas Sarkozy annonce enfin les modalités précises de la taxe carbone: 17 euros de taxe sur la tonne de CO2, avec de multiples exemptions et une compensation fiscale encore imprécise. La taxe carbone est carbonisée avant de naître. La video d'un échange public avec des militants UMP le week-end dernier lors de l'université d'été de son parti a frappé de stupeur tous les commentateurs. Hortefeux lâce une blague raciste. Le ministre se défend et crie à la cabale. Trop tard.
124ème semaine de Sarkofrance: le retour de l'omniprésident, et alors ?
Il est partout, intervient sur tous les sujets. Il parle santé, bonus, mesure du bonheur et réchauffement climatique. Il reçoit un premier ministre britannique, file à Bruxelles, visite un hôpital en banlieue parisienne, invite 500 parlementaires UMP à déjeuner à l'Elysée. Nicolas Sarkozy est partout, mais pour quel effet ? Les G20 se succèdent et la régulation n’avance pas. Toujours aucune mesure contre les bonus, et les paradis fiscaux ont simplement changé de nom. La Cour des Comptes fustige le déséquilibre des comptes de la Sécu, et recommande des hausses de cotisations. Mais Sarkozy préfère défendre son fidèle Besson, empêtré dans l'application des tests ADN votés en septembre 2007 pour filtrer un peu plus le regroupement familial.
Vendredi, Sarkozy visite un hôpital bouclé dans le Val-de-Marne : le cyclone présidentiel a causé des annulations de rendez-vous médicaux, des reports d'opérations, la mise en congés d'une partie du personnel, des restrictions d'accès même pour les patients les plus fragiles.
125ème semaine de Sarkofrance: une semaine américaine ratée
Les équipes élyséennes avaient tout préparé: un sommet sur le climat, deux discours à l'ONU, une intervention à la télévision française mercredi, un Conseil de Sécurité jeudi, puis une conférence de presse à Pittsburgh. Mais voilà, ces vacarmes n'ont pas fait recette. Son agenda est désespérément vide, ses deux interventions onusiennes sont limitées à 15 minutes. Mardi soir, une belle fête organisée par l'ambassade de France fait jaser: 400 000 euros aux frais du contribuable pour quelques 4 000 invités. De son interview télévisée enregistrée, on ne retient que son dérapage à propos de l’affaire Clearstream, où il déclare les prévenus "coupables". Vendredi, à Pittsburgh, Nicolas Sarkozy est incapable de convaincre ses interlocuteurs sur le micro-sujet des bonus de traders. Son trophée ? La tenue d’un G20 en France en 2011…
En France, Jean-François Copé lâche une petite bombe : il a convaincu le gouvernement de soumettre les indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale aux victimes d’accidents du travail à l’impôt sur le revenu. La veille, Eric Besson avait théâtralisé l'inutile destruction des campements sauvages de sans-papiers en bordure de Calais. Jeudi, de nouveaux mauvais chiffres du chômage sont tombés: 32 000 sans-emplois de plus.
126ème semaine de Sarkofrance : l'incompétence au pouvoir
Dans une ville de province bouclée par la police, Nicolas Sarkozy choisit de choyer la jeunesse, mais il rate son bac « jeune ». Les deux annonces phare sont anecdotiques : l'extension du RSA aux jeunes travailleurs de moins de 25 ans est restreinte à ceux qui auront travaillé 2 ans sur 3 ; et le versement d'une allocation d'autonomie directement aux jeunes n'est qu'un « test » sur 8 000 jeunes.
Le gouvernement remet son projet de budget 2010 au Parlement, avec un déficit présenté à116 milliards d'euros l'an prochain, pour 287 milliards de dépenses. En 2010, la France empruntera 150 milliards d'euros pour faire face à ses échéances, et sans compter le "Grand Emprunt", l'idée estivale d'un Monarque en panne de contre-feux médiatiques. A l’étranger, la diplomatie se couche. Il y a à peine dix jours, Nicolas Sarkozy s'affichait encore offensif contre la «main tendue » de Barack Obama à l'Iran. On apprend que la France soutenait depuis des semaines les négociations américaines avec l'Iran.
127ème semaine de Sarkofrance : le malaise moral de Nicolas Sarkozy
La déconfiture éthique paraît incroyable. Même certains mythes fiscaux s'effondrent: les prévisions de retour à l'équilibre budgétaire (dans 5 ou 10 ans !) reposent sur une hypothèse de croissance économique que la France a rarement connue depuis 10 ans. Les efforts de fiscalité verte se chiffrent à moins de 0,1% des recettes de l'Etat. En Lorraine, Sarkozy se cache pour éviter Gandrange. A Paris, l’affaire Polanski est chassée par une autre, celles des écrits passés de l'actuel ministre de la Culture témoignant d'une expérience personnelle de tourisme sexuel. Débordé, le ministre se justifie avec émotion et maladresse à la télévision. Eric Besson, lui, doit affronter son passé de mari volage. Son ancienne épouse confie 30 années de tromperies. En quelques jours, la stratégie d'ouverture de Nicolas Sarkozy a explosé en vol. Comment réagira l'électorat, à droite comme à gauche, quand viendra le moment du vote ?
On apprend la prochaine nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'Etablissement Public d'Aménagement de la Défense. Jean Sarkozy a 23 ans. Son seul diplôme est son patronyme. Sa seule expérience, le piston de son père.
128ème semaine de Sarkofrance : les fausses "surprises" du Président
Les affaires (Hortefeux, Polanski, Mitterand, Jean Sarkozy) se multiplient. Elles disqualifient le discours présidentiel. Mardi, il annonce sa réforme du lycée. Un rendez-vous pris de longue date. Il tombe mal. Tout le monde ne parle que du piston du fiston. Sarkozy est troublé. L’Affaire du fiston à l’EPAD a explosé sur le Web et dans les médias. Il fallait le regarder réciter son discours sur le lycée, le regard fuyant, la voix moins affirmée que d'habitude, quand il rappelait l'un des principes fondateurs du lycée sous Napoléon : «Cela voulait dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est d'avoir travaillé dur et d'avoir fait la preuve par ses études de sa valeur.»
Ensuite, il déboule dans un lycée de Seine-et-Marne, quelques heures après avoir annoncé de timides propositions pour réformer le lycée. Jeudi, il se rend à Gandrange, sans crier gare, pour répéter... des annonces passées de Luc Chatel il y a 8 mois. Sarkozy improvise aussi une interview "surprise" dans les colonnes du Figaro pour « siffler la fin de la récré».
129ème semaine de Sarkofrance : les vraies polémiques
Après une ultime réunion à l’Elysée, le fiston annonce jeudi soir sur France 2 qu'il abandonne la présidence de l'EPAD. Les supporteurs du Président lancent une charge facile contre les médias et le Net. Deux fichiers issus du controversé "Edvige" sont créés, dimanche, sans débat ni explication. L’expulsion, mardi à minuit, en catimini, de 3 Afghans clandestins vers leur pays en guerre fait scandale. Eric Besson n'a même pas pris la peine de lire les consignes du Quai d'Orsay qui déconseille aux touristes français de se rendre sur place. L’Assemblée examine le projet de redécoupage des circonscriptions électorales, concocté par Alain Marleix ; et Nicolas Sarkozy présente sa réforme des collectivités territoriales. Deux projets qui consolident le parti majoritaire. Le même jour, le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis contre Dominique de Villepin, pour "silence coupable" dans l’affaire Clearstream. L'affaire du Karachigate ne suscite bizarrement pas le même emballement médiatique.
130ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy ne maîtrise plus son agenda
Eric Besson annonce un "grand débat" en deux volets "identité nationale" et "apport de l'immigration à l'identité nationale", dès le 2 novembre et jusqu'en février 2010, dans les préfectures et sous-préfectures, avec les "forces vives" du pays. Personne n'est dupe de la manoeuvre électorale. Dans le Jura, sous prétexte de quelques annonces en faveur du monde agricole, Nicolas Sarkozy s'écrie: "Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française." En fait, des paragraphes entiers de son discours ont été copiés-collés, à la virgule près, sur un précédent discours vieux de 10 mois. Mardi, il y avait pourtant un vrai sujet : les chiffres du chômage sont tombés, avec 45 000 chômeurs de plus en septembre. Au total, on frôle les 5 millions d'exclus du travail.
Un rapport de la Cour des Comptes révèle l'ampleur des dépenses élyséennes pendant la présidence française de l'Union Européenne fin 2008 (1 million d'euros par jour pendant 6 mois, dont 16,6 millions d'euros pour 4 heures de sommet de l'Union pour la Méditerranée). La plainte d'une ONG contre des détournements de fonds publics par divers chefs d'Etat africains est jugée irrecevable. Charles Pasqua n’a pas cette chance. Dans l’Angolagate, il écope d’un an de prison ferme. Et un autre juge renvoie Jacques Chirac devant un tribunal correctionnel dans l’affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris.
131ème semaine de Sarkofrance : mi-mandat, plein échec.
Nicolas Sarkozy franchit sa mi-mandature. Mais le cœur n’est pas à la célébration: scandales à répétition, déficits publics abyssaux, une politique économique en question, le désarroi est, à droite, flagrant. La majorité UMP est chafouine. On se gifle, on se fâche, on se tance. Une vingtaine de sénateurs emmenés par Jean-Pierre Raffarin ont signé une tribune contre la réforme de la taxe professionnelle. Nadine Morano tance sa collègue Rama Yade, trop rebelle pour Sarko. Henri Guaino mobilise une soixantaine de députés en faveur d'un "grand Grand Emprunt" d'au moins 50 milliards d'euros, contre l'avis de Fillon. Un député socialiste a épluché les faramineuses factures de sondages réglées par l'Elysée en 2008 et 2009. Eric Besson lance son débat identitaire lundi, site Web "filtré" à l'appui. Pour le reste, l'opération a fait choux blanc. Les préfets et sous-préfets ont bien reçu leurs consignes, mais l'organisation des débats patine.
132ème semaine de Sarkofrance : les bouillons de la semaine
Nicolas Sarkozy voulait prendre de la hauteur, il prend le bouillon. Sarkozy aurait pu se contenter d'écrire qu'il était heureux de célébrer la Chute du Mur de Berlin. Non, il fallait qu'il "y soit". Dimanche, la veille de son départ pour Berlin, il confie sur sa page "Facebook" qu'il s'était rendu dès le 9 novembre 1989 à Berlin, avec Alain Juppé, décrocher un morceau de Mur au piolet. Le Net s'empare de l'affaire, et le mensonge est révélé. Les proches du président sont appelés à la rescousse, les uns après les autres, pour défendre la version officielle.
Les parlementaires s'inquiètent toujours de l'incohérence fiscale du budget 2010. Le socialiste Didier Migaud fustige "l'exonération des plus-values sur titres de participation" accordée aux entreprises depuis 2007 par un certain Nicolas Sarkozy, ministre des Finances. La facture, initialement chiffrée entre 1 et 2 milliards d’euros, est de ... 20 milliards d'euros en deux ans ! La Commission Européenne donne une année supplémentaire à la France, jusqu’en 2013, pour qu'elle réduise son déficit public sous la barre des 3% du PIB. Une mission impossible. La production industrielle a brutalement chuté en septembre, malgré un rebond en août. Carla défend son «mari» dans les colonnes de ELLE; Brice Hortefeux bafouille quand on lui demande pourquoi ses statistiques de délinquance d’octobre 2009 ne portent que sur 30 jours.
133ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, un boulet à l’Elysée
Sarkozy est mal entouré. Hortefeux, Wauquiez, Lagarde ou Bachelot, tour à tour, multiplient les bourdes. A l'étranger, Sarkozy plombe l'Europe. La misère institutionnelle de l’Europe s’est ainsi rappelée à chacun. L'Europe devait parler d'une seule voix grâce au Traité de Lisbonne. En fait, le Président de l’Union Européenne est choisi en catimini, entre chefs d’Etat, sans débat ni campagne publics. Sarkozy évite aussi l’assemblée des maires de France en s'enfuyant pour un "voyage semi-privé" en Arabie Saoudite. Il revient dès le lendemain soir, pour assister au match de l’Equipe de France de football contre l’Irlande au Stade de France, à Saint-Denis. Jeudi, Juppé et Rocard rendent leur copie sur le Grand Emprunt: 35 milliards d'euros, financés auprès des marchés et non des particuliers, pour sept priorités.
134ème semaine de Sarkofrance: la présidence anecdotique
Pour contrer les critiques et masquer la réalité, chacun en Sarkofrance se réfugie dans l'anecdote. Nicolas Sarkozy se déplace ainsi en banlieue parisienne. Après les bandes, les récidivistes, les mineurs délinquants, les enfants violents en maternelle, les racailles "cagoulées", les délinquants sexuels qu'il faudrait castrer, les fous qu'il faut enfermer, le couvre-feu pour les mineurs, Nicolas Sarkozy trouve une nouvelle anecdote pour servir son propos : les caïds qu'il attaquera par le fisc. Contesté comme jamais, Eric Besson se réfugie aussi dans l'anecdote polémique: les "mariages gris". Occupé à ses débats sur l’identité nationale, il cède partiellement à la pression de 5400 sans-papiers grévistes, et concède une promesse stupide car irréalisable: la fermeture des employeurs concernés. L’affaire de Tarnac rebondit, avec de nouvelles révélations sur des manipulations policières : un témoignage a été obtenu sous la contrainte, d’après l’intéressé, et puis antidaté. Autre scandale d’Etat, la commission des lois de l’Assemblée nationale refuse la tenue d’enquête parlementaire sur les sondages de l’Elysée.
135ème semaine de Sarkofrance : la République irresponsable ?
Nicolas Sarkozy lance le coup d'envoi de la campagne régionale de l'UMP, en clôturant son conseil national à Aubervilliers. Après l'immigration, l'insécurité, et la fiscalité, voici qu'il déclarait un nouveau thème de campagne, fort à propos : "l'écologie populaire". On pourrait être écolo et consommer comme avant. Il suffit juste de remplacer le pétrole par le nucléaire, et tout ira bien. Copenhague oblige, Sarkozy a doublement intérêt à surfer sur la vague verte., pour récupérer la frange centriste de l’électorat écolo, et pour affaiblir le Parti Socialiste. La machine UMP a des ratés: son clip de campagne « la France change » est un montage d’images de familles … américaines. Et Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, se voit contraint de commenter l’ampleur de sa rémunération.
Mardi près de Toulon, Nicolas Sarkozy s’auto-félicite de ses actions contre la crise financière et économique. Pourtant, en Allemagne le déficit budgétaire sera de 3% du PIB… contre 8% en France. Le chômage explose: 111 000 personnes supplémentaires se sont inscrites à pôle emploi en octobre. A ce rythme, on atteindra les 5 millions d'inscrits d'ici 4 mois. Eric Besson se félicite du «sublime» débat identitaire. Les dérapages se multiplient pourtant. La Suisse s’est invitée dans le débat franco-Français. La fachosphère se réjouit. La droite républicaine tousse.
136ème semaine de Sarkofrance: le malaise présidentiel
Lundi soir, Nicolas Sarkozy reçoit à dîner à l’hotel Bristol le « premier cercle » des donateurs de l’UMP, pour leur promettre, bien sûr, qu’il ne toucherait pas au bouclier fiscal. Mardi, il signe une tribune écrite par Henri Guaino sur l'identité nationale, dans les colonnes du Monde. Elle suscite peu de louanges, tant le parallèle avec les principaux arguments du Front National est flagrant. Hasard du calendrier, Luc Chatel présente son projet de supprimer l’enseignement obligatoire de l’histoire dans les classes terminales scientifiques... Jeudi, Sarkozy est pris de court par le premier ministre britannique qui annonce une taxation exceptionnelle des bonus bancaires. Depuis plus d’un an, Nicolas Sarkozy joue de sa grosse voix contre les banquiers et les traders. Vendredi, à Bruxelles, les 27 Etats membres de l'Union ont décidé de consacrer 7,2 milliards d'euros sur 3 ans à l’aide pays pauvres contre le réchauffement climatique, et de réduire de 30% leurs propres émissions de C02, sous réserve que les autres pays occidentaux fassent la même chose. Nicolas Sarkozy se félicite que l'Europe soit "en position de leadership pour Copenhague".
137ème semaine de Sarkofrance : ça sent le roussi en Sarkofrance
Lundi, Sarkozy tient une conférence de presse, sur son emprunt national “d'excellence", un artifice électoral qui ne fait guère illusion, vendu avec un vocabulaire pompier, mélange d'un héritage des années cinquante et du vulgate technocratique new age. Ce nouvel endettement sera ciblé sur 5 priorités : l'enseignement supérieur et formation, la recherche, les "aéronefs du futur" et les PME industrielles; le nucléaire "durable" et les énergies renouvelables; et la "numérisation de la société".
Le sommet de Copenhague sent déjà l'échec. Sarkozy fait faussement monter la pression d'un cran. Jeudi soir, un conclave d'un vingtaine de chefs d'Etat s'enferme des heures durant pour parvenir à un accord minimaliste et contesté. En France, on avait envie d'envoyer Frédéric Lefebvre à Kaboul, afin qu'il juge de l'état du pays. Une dizaine d'Afghans avaient été renvoyés, la veille et en catimini, dans leur pays par charter franco-britannique. Frédéric Lefebvre explique qu'il est du devoir de ces sans-papiers de retourner dans leur pays pour lutter contre les Talibans. Le Karachigate s'invite dans l'actualité. Les parties civiles ont déposé plainte contre les dirigeants français de l'époque (Edouard Balladur, Nicolas Bazire, Renaud Donnedieu de Vabres et ... Nicolas Sarkozy). L'UMP se ridiculise avec un clip raté de ses "Jeunes Pop", le fameux « lip dub ».
138ème semaine de Sarkofrance : Le Noël épineux de Sarkozy
Nicolas et Carla s'envolent pour Marrakech. Le sommet de Copenhague fut un fiasco personnel et collectif. A force de jouer sa carte personnelle, Sarkozy a contribué à faire échouer les démarches multilatérales. A Paris, Sarkozy tente de reprendre la main. Il promet un sommet sur les forêts. Il envoie François en Chine faire oublier les frictions passées, au prix d’un silence « business-friendly » sur les atteintes aux libertés publiques. Sarkozy veut aussi oublier l'incompétence d'Eric Besson, l'icône la plus détestée du régime. Son débat identitaire vire à la stigmatisation de l’Islam. Une polémique sur la Burqa ressurgit. Sarkozy assume son rôle de monarque "proche du peuple" jusqu'au bout de la semaine : un coup de fil à Clotilde Reiss, une visite, avec Carla, d'un hôpital d'enfants malades, des voeux sur Facebook, une décoration des 4 conducteurs du RER C qui dérailla dimanche soir, et une vaccination médiatisée contre la grippe A. Mardi, Sarkozy reçoit les têtes de liste de l'UMP à l'Elysée, pour un cocktail aux frais des contribuables. Certains candidats UMP aimeraient que le Monarque ne se mêle pas trop de leur campagne, inquiets du "mauvais buzz" du président.
139ème semaine de Sarkofrance: les camouflets
Sarkozy à Marrakech subit deux camouflets, coup sur coup. Dimanche, la filière nucléaire française subit un sévère échec. Abou Dhabi lui préfère un consortium coréen pour un marché de 14 milliards d'euros. L'EPR est jugé trop cher. Mardi, le Conseil Constitutionnel annule la fameuse taxe carbone. Le mecano écolo du chef de l'Etat s'effondre à quelques heures de la Saint Sylvestre. Jeudi, une équipe de télévision française est kidnappée en Afghanistan. C'est un président fermé et contrarié qui présente ses voeux, le soir même, à la télévision : "Je ne suis pas un homme qui renonce à la première difficulté".
Ami Sarkozyste, es-tu vraiment encore là ?
Post-Scriptum : les semaines 87 à 104 de l'année ont déjà été commentées dans un précédent billet de Sarkofrance, publié le 6 mai 2009.
Pourtant, l'année 2009 fut bien celle de tous les renoncements: la pression, tantôt sociale, tantôt internationale, l'a fait dévier de sa trajectoire du "travailler plus". les couacs de sa majorité l'ont fait trébucher. Voici la rétrospective d'une année supplémentaire de Sarkofrance, une année de doutes, de dérapages, d'agenda incontrôlé, de revirements en tous genres. Sarkozy aborde 2010 affaibli comme jamais, aux prises avec ses démons personnels (narcissique, clivant et sûr de lui) et une "majorité" minoritaire qui commence à douter.
87ème semaine de Sarkofrance : les paris risqués de Sarkozy
Nicolas Sarkozy ne change pas. Ses vœux du 31 décembre supposés généreux, furent pollués de quelques 23 "je" : "J’ai promis", "Les initiatives que j’ai prises", "je vous ai toujours dit la vérité et j’ai agi", "Je suis plus décidé que jamais", "j’ai voulu", etc. Il veut réorganiser l'UMP et débute 2009 avec une relance jugée incertaine, des comptes plombés par son obstination sur ses nombreuses défiscalisations. Le slogan anachronique du "Travailler plus pour gagner plus" a un prix que nous payons aujourd'hui : la destruction de l'emploi intérimaire et des CDD, rendus inutiles par la loi TEPA. Les chômeurs s'ajoutent par paquets de cinquante mille aux statistiques du tout nouveau pôle emploi. Sarkozy n'a encore cédé aucune mesure d'accompagnement social.
88ème semaine de Sarkofrance : le retour du vacarme sarkozyen
Israël attaque et bombarde Gaza. Sarkozy file au Proche Orient, pour stigmatiser le Hamas au moment même où les chars israéliens entraient dans la bande de Gaza. L'opération "Plomb durci" durera une vingtaine de jours et 1400 morts. En France, Sarkozy désigne Xavier Bertrand à la tête de l'UMP, et promeut le félon Eric Besson à l'Identité Nationale, en remplacement de Brice Hortefeux qui accapare les Affaires Sociales. Il lâche aussi une annonce qui fait du "bruit", la suppression du juge d'instruction. Le ministre du Budget Woerth garantit que les dépenses sont parfaitement maîtrisées ... à 80 milliards d'euros près. La ministre Lagarde se réjouit de l'arrivée du froid pour stimuler les soldes de pulls et de manteaux. On a aussi appris que les postes ouverts au recrutement d'instituteurs/trices en 2009 seront réduit de 3 000 par rapport à 2008. Woerth avait certes expliqué qu' "il y a une fonction publique qui est trop nombreuse"...
89ème semaine de Sarkofrance : janvier, c'est le temps des cadeaux et des bilans
Nicolas Sarkozy termine sa tournée des vœux d'omni-président. De Paris à Saint-Lô, de Nîmes à Orléans ou Vesoul, l'ancien "député fainéant" s'est démultiplié sur les écrans des chaînes d'information pour distribuer cadeaux et remontrances. Lundi, il s'en prend au personnel enseignant, dont les syndicats avaient boudé sa cérémonie de vœux à Saint-Lô. Il faut dire qu'il n'a apprécié les manifestants bruyants qui l'attendaient. Le préfet et le chef de la police locales seront mutés. Jeudi, il tance les banquiers, qui ont intérêt à limiter leurs bonus et dividendes. Le plan de relance, à défaut de "relancer" l'économie, sert à quelque chose: distribuer des cadeaux inattendus, et le faire savoir aux clientèles concernées. Voici donc 100 millions d'euros pour le patrimoine culturel, 100 millions d’euros pour la police et la gendarmerie; et 80 millions pour la rénovation des prisons.
90ème semaine de Sarkofrance : notre président déboussolé face à Obama
Sarkozy est agacé. L'intronisation de Barack Obama mardi 20 janvier éclipse son actualité présidentielle en France l'espace d'une journée. jaloux, il lâche: "On a hâte qu'il se mette au travail et qu'on change le monde avec lui." L'exemple américain est pourtant édifiant: gel des salaires de son équipe, plan de relance, suppression de Guantanamo. Obama n'a pas attendu son entrée en fonction pour commencer à travailler. Sarkozy attend toujours pour décrocher quelques mesures sociales.
91ème semaine de Sarkofrance : la nouvelle imposture sociale de Sarkozy
Jeudi, plus de deux millions de personnes manifestent contre le cauchemar français. Le ras-le-bol social et politique est général. Le pouvoir en place a fait le dos rond. Nicolas Sarkozy est devenu le bouc-émissaire d'une France écœurée. On attendait l'abandon de réformes inutiles, contre-productives (la défiscalisation des heures supplémentaires) ou injustes (le bouclier fiscal à 50%), et un vrai plan de relance. Quand le Figaro dévoile la liste des fameux 1000 chantiers du plan, on tombe de sa chaise: Certains projets relèvent de la mise aux normes de sécurité de certains hôpitaux, des voies ferrées ou de certains équipements routiers, ou de la rénovation des tribunaux et des prisons! La crise a bon dos. le Grenelle de l'Environnement est bien loin. Les dépenses "vertes" ne pèsent rien dans le plan.
92ème semaine de Sarkofrance : Sarko reste hors sujet
Jeudi, Nicolas Sarkozy s'exprime à la télévision. Il "écoute", mais il ne répond pas à la contestation. Devant quelques journalistes choisis, il ouvre des pistes, et laisse "une place au dialogue" lors de sa prochaine réunion avec les partenaires sociaux le 18 février. Il enfume son assistance avec le soit-disant reversement des intérêts payés par les banques à l'Etat à la politique sociale, fâche les Anglais en critiquant Gordon Brown, et personne ne relève sa bourde sur la suppression de la taxe professionnelle (28 milliards d'euros par an, et non 8). Il soutient aussi Bernard Kouchner, mis en cause par une enquête de Pierre Péan.
93ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy doit solder ses frigidaires
Ségolène Royal a eu cette formule qui claque : "Nicolas Sarkozy vendrait des frigidaires aux esquimaux." Cette semaine, le chef de l'Etat préfère fuir à l'étranger et abandonner son gouvernement en rase campagne plutôt que d'affronter la grogne généralisée qui frappe la Sarkofrance. Il part au Proche Orient, histoire de prendre un peu de recul. Bachelot présente sa réforme de l'hôpital. Besson promet de récompenser les dénonciations de passeurs. Christine Lagarde avoue que la récession serait d'au moins 1% en 2009. Yves Jego a dû se réfugier en France, abandonnant la négociation en Outre-Mer à deux médiateurs imposés.
94ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy a mis un genou à terre
Retranché dans son palais, son avion ou des salles de province surprotégées, Nicolas Sarkozy a mis un genou à terre. Ses ministres cèdent: Pécresse a annoncé «un nouveau texte dans les semaines qui viennent» sur le statut des enseignants-chercheurs. Brice Hortefeux garantit au Planning Familial le maintien de ses crédits jusqu'en 2011. Le 18 février, Sarkozy lui-même lâche (enfin) 2,6 milliards d'euros de mesures sociales, une "micro-relance" : suppression des deux tiers restants de l'impôt sur le revenu restant à acquitter pour 4 millions de foyers, crédit d'impôt pour 2 millions d'autres, 300 millions d'euros de bons d'achats de services à domicile . Le lendemain, il promet des Etats Généraux de l'Outre Mer, pour calmer deux mois de grève générale en Guadeloupe puis en Martinique.
95ème semaine de Sarkofrance: qui va désactiver le président "pop up" ?
Comme ces petites "fenêtres surgissantes" du Web appelées pop-up, le chef de l'Etat s'agite pour divertir. Cette fois-ci, il laisse fuiter dans la presse son projet de réforme de l'organisation territoriale du pays. Les oppositions de tous bords se mobilisent, des sites fleurissent, des pétitions circulent. Jean-Louis Borloo lance un "Grenelle de la Mer". Sarkozy visite le Salon de l'Agriculture au pas de charge, et entouré de quelques milliers de policiers et gardes du corps. Il veut éviter tout dérapage. Puis il déjeune avec 11 enseignants triés sur le volet. La nomination de François Pérol, son conseiller économique, à la tête des banques populaires et des Caisses d'Epargne, fait débat: l'Elysée a menti. La Commission de déontologie n'a pas été consultée.
96ème semaine de Sarkofrance : la "positive attitude" de Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy s'agace du pessimisme ambiant. Il demande à ses ministres de "p-o-s-i-t-i-v-e-r". Il veut taire les voix discordantes au sein de son équipe gouvernementale, et que chacun multiplie sourires et bonnes nouvelles. Exercice difficile. Lundi, on est frappé par l'ampleur du déficit annoncé par Fillon: 104 milliards d'euros en 2009, c'est-à-dire une réévaluation à la hausse de plus de 50 milliards d'euros. Pourtant, où est la relance ? Dans quelques mois, on apprendra que le déficit était en fait de 140 milliards, record séculaire.
97ème semaine de Sarkofrance : la droite recomplexée
Où sont passés ceux qui nous assénaient qu'il fallait travailler plus, s'enrichir plus, expulser plus, punir plus ? La droite décomplexée chère à Sarkozy a disparu. Sarkozy le premier n'assume plus son "bling bling". En déplacement officiel au Mexique, il se fait invité trois jours avec Carla dans la villa de luxe d'un milliardaire suspecté de narco-trafic, trois jours qui ont coûté une quarantaine de smic mensuels. En France, les discours d'Eric Besson, empêtré dans une polémique sur le "délit de solidarité", popularisé par le film Welcome, sont contredits par les faits : décourager les témoins et les "aidants", traquer les clandestins, la politique d'immigration reste inchangée. Coté emploi, la crise s'aggrave. Mardi, l'UNEDIC a aggravé ses prévisions en réévaluant à 454 000 le nombre de demandeurs d'emplois (de catégorie 1) supplémentaires cette année.
98ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, le bouclier des riches
Chassant provisoirement la polémique sur l'insuffisance manifeste du plan de relance français, le sujet fiscal revient enfin au centre des débats. Quelques députés UMP ont cru bon de critiquer le bouclier fiscal. L'an dernier, 834 contribuables se sont partagés 307 millions d'euros, les deux tiers du coût du bouclier. Second débat, le gouvernement s'entête sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Des économistes critiquent cette mesure qui permet aux entreprises de faire travailler davantage les salariés survivant aux multiples réductions de personnel. Pour divertir l'attention, Sarkozy a sorti sa parade habituelle : la rengaine sécuritaire. Il annonce son projet d'interdire les "bandes". Les Français ne sont pas dupes. Le 19 mars, la contestation s'était déplacée dans les rues et les grèves. Trois millions de personnes à nouveau.
99ème semaine de Sarkofrance: "le mauvais gars, au mauvais endroit"
De mémoire de générations, la crise actuelle est "hors normes". On s'attend à 1 million de chômeurs supplémentaires cette année. Séquestrations de dirigeants, manifestations, chahut social, les tensions sont extrêmes. Les schémas du passé sont disqualifiés. Mais Sarkozy tient bon sur ses vieux slogans: moraliser le capitalisme et soutenir l'investissement. Bizarrement, le chantre de la rupture est incapable de penser au modèle de la France d'après. Le débat sur les inégalités n'aura pas lieu. PDG de l'entreprise France, Sarkozy n'est d'ailleurs pas le meilleur des modèles : salaire augmenté, nouvel avion, vacances à répétition, virées nocturnes.
100ème semaine de Sarkofrance : Sarko le caïd
Nicolas Sarkozy affiche son volontarisme à l'étranger. Au G20 à Londres, puis au sommet de l'OTAN à Strasbourg, il retrouvait enfin un rôle à sa mesure. Pourquoi faut-il qu'il caricature le débat, et exagère ses colères ? Sans doute pour cacher son désarroi. On veut nous faire croire que le G20 a mis un terme à l'évasion fiscale et a trouvé une réponse commune à la crise économique : c'est simplement faux. Il n'y a aucun plan coordonné, aucune mesure de rétorsion concertée contre la fraude fiscale, et la liste des paradis fiscaux est ridiculement étroite. En France, la justice refuse de poursuivre les dirigeants africains suspectés de détournements de fonds... Sarkozy, moralisateur de pacotille ?
101ème semaine de Sarkofrance : Président fatigué cherche repos
Le monarque se réfugie dans la résidence de sa belle, au Cap Nègre. Il ne revient que 36 heures, en milieu de semaine. Il laisse ses portes-flingues s'étrangler de rage contre Ségolène Royal. A Dakar, l'ex-candidate socialiste est allée demander pardon pour le discours colonialiste raté de Nicolas Sarkozy de juillet 2007. La Sarkofrance perd-elle pied ? Contre l'avis du gouvernement, le parlement a durci le "petit décret" contre les bonus des patrons des secteurs bancaires et automobile, en élargissant ces restrictions à tous les sous-traitants de l'automobile et aux entreprises aidées par le Fonds stratégique d'investissement. Coté immigration, Eric Besson s'enferme dans ses mensonges sur le délit de solidarité. A l'Assemblée, le projet Hadopi de lutte contre le téléchargement illégal échoue pour cause d'absentéisme des députés UMP...
102ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy pédale mais n'avance plus
C'est Pâques. Sarkozy est toujours en vacances. Il enguirlande quand même ses ministres qui s'épanchent d'ambitions personnelles dans les médias. Et provoque une belle polémique à l'étranger en prononçant des propos peu amènes contre Zapatero, Obama et Merkel. Alliot-Marie nous vend un décret anti-cagoule, et Bachelot prépare de nouvelles sanctions "planchers" contre les fraudeurs à la Sécu. En Sarkofrance, quand on n'a pas d'idée, on se moque et on réprime.
103ème semaine de Sarkofrance: Sarcoïdose
Sarkozy part à Nice, expliquer qu'il va faire la guerre aux "bandes" et aux "cagoules". Qui rappellera son échec contre la délinquance violente, en constante augmentation depuis 2002 ? Son fidèle Eric Besson s'en va à Calais. Trois jours avant, il annonce la réforme des naturalisations (il parait qu'il veut les accélérer...), puis cautionne une rafle de 200 sans-papier dans la "jungle" de Calais 48 heures avant sa visite (tous, sauf 9, sont relâchés le lendemain). Vendredi, Sarkozy "lâche" 1,3 milliards d'euros pour sauver 500 000 jeunes du chômage cette année en subventionner leurs embauches. Ces mesures ne corrigent pas leur précarité. Trimer pour bosser reste le meilleur moyen pour discipliner leur ardeur avant d'entrer dans la vie active.
104ème semaine de Sarkofrance: une France glamour, vulgaire et sourde
Nicolas et Carla partent en Espagne deux jours, entourés de journalistes "people" choisis par l'Elysée. Un bel exercice de glamour pour cacher les calomnies et les insultes. En près de 2 ans de présidence, Nicolas Sarkozy a popularisé la vulgarité aux sommets de l'Etat: ses proches usent de violence verbales inouïes; le président ne peut s'empêcher de se moquer, quand lui-même ne supporte pas la dérision à son encontre; ses ministres stigmatisent et caricaturent l'opposition. Eric Besson, lui, dévoile son jeu le gouvernement entend bien poursuivre, décourager et condamner les bénévoles d'organismes humanitaires.
105ème semaine de Sarkofrance : les beaux discours ne cachent pas un mauvais bilan
Qui a pu fêter les 2 ans à l'Elysée de Nicolas Sarkozy ? Certainement pas les Français interrogés dans les différents sondages de ces dernières semaines. Faute d'opposition unie, le chef de l'Etat serait réélu par défaut si une élection présidentielle se tenait ces jours-ci. Le 5 mai, Nicolas Sarkozy tient un meeting électoral devant 4 000 militants UMP, pour expliquer qu'il fallait attendre les 5 ans de mandat pour dresser le bilan de son action et s'auto-congratuler de ses deux premières années de présidence. Yazig Sabeg, son nouveau Haut Commissaire à la Diversité et l'Egalité des Chances, lui remet un rapport très attendu, avec une cinquantaine de recommandations, comme la refonte de la filière professionnelle, la spécialisation des collèges ou le développement de l'alternance. Vendredi, dans le Var, Nicolas Sarkozy célèbre le 8 mai 1945 et le sacrifice de "ses enfants morts pour racheter le déshonneur de la défaite, pour racheter la honte de la collaboration". Lundi, les gardiens de prison ont commencé un mouvement de protestation, blocages des établissement à l'appui. Eric Woerth confie qu'il aimerait réduire le nombre de fonctionnaires de 35 000 en 2010. Brice Hortefeux explique qu'un coup de pouce au SMIC était contreproductif.
106ème semaine de Sarkofrance: la carote et le bâton
La Sarkofrance manie la carotte et le bâton. Carotte présidentielle avec une modeste concession aux opposants à la réforme des hôpitaux, un effet d'annonce sur la lutte contre les discriminations, un rapport incomplet sur le partage de la valeur ajoutée. Anniversaire présidentiel oblige, Nicolas Sarkozy s'affiche serein, lors d'un déjeuner avec les dirigeants d'un hebdomadaire dit d'opposition, ou lorsqu'il proclame son admiration à Angela Merkel et à l'Allemagne toute entière lors d'un meeting électoral dimanche 10 mai. Conciliant, il accepte de revoir la gouvernance des CHU prévue dans la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires: "Le directeur ne doit pas devenir un despote absolu". Son ministre Hortefeux présente la mise en oeuvre des chèques "emploi service" de 200 € promis par le Monarque en février, sous la pression de la rue.
Mais Sarkozy s'est permis quelques coups de bâton sur les immigrés retenus, des journalistes sous contrôle, des contestataires universitaires, et un présumé terroriste. Sans attendre la décision de justice contre son appel d'offre contesté, Eric Besson signe les contrats d'assistance aux sans-papiers dans les centres de rétention. Julien Coupat, pseudo-leader de la "bande de Tarnac" reste en prison. Sa 4ème demande de mise en liberté a été rejetée. A Radio France, Jean-Luc Hees et Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, prennent leur marques de pistonnés du Président.
107ème semaine de Sarkofrance : comment filtrer la démocratie
Depuis mai 2007, la trajectoire du président français est claire : satisfaire les plus fortunés, contrôler l'opinion, tout en plaçant ses proches pour consolider son avenir. Sarkozy ne s'occupe pas de sécurité, mais de surveillance. Le gouvernement prépare la loi LOPPSI 2, un arsenal complet de (cyber)surveillance: obligation faite aux FAI de bloquer l'accès aux sites interdits par les autorités, mise en oeuvre d'outils de géolocalisation des internautes, généralisation du fichier Périclès, autorisation des logiciels mouchards et clandestins. On se rappelle que, pour la première année de son mandat, Nicolas Sarkozy s'est exercé à mettre en œuvre son programme "de rupture", un joli terme pour désigner la destruction méthodique des filets sociaux du pays, puis, dès l'automne 2008, que la crise a contraint Nicolas Sarkozy a modérer ses velléités de casse sociale.
108ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, l'insécuritaire permanent
Le scrutin européen approche, les sondages ne sont pas trop mauvais. Il faut motiver l'électeur de droite déboussolé par 9 mois de vulgate sociale pour cause de crise. Nicolas Sarkozy ressort son joker favori, la lutte contre l'insécurité. Projet de loi LOPPSI 2, fouille des cartables à l'école, base navale face à l'Iran, gros mots contre la Corée du Nord, le président nous protège des vilains du monde et des voyous de l'intérieur. Qu'importe si nous fêtons sa 7ème année, quasiment sans interruption, à la tête des forces de l'ordre. Le président français est moins disert sur l'insécurité sociale. Il y avait pourtant de quoi dire: le chômage explose, le RSA entre en vigueur, le prêt de main d'oeuvre est assoupli, et l'ignoble Lefebvre propose d'autoriser le travail pendant les congés maladie et maternité.
109ème semaine de Sarkofrance : une France exaspérée mais un président serein
A l'approche des élections européennes, Sarkozy reste serein. La remise d'un rapport "consensuel" sur la réforme des lycées par Richard Descoing, une belle division de l'opposition, et une visite d'Obama sur les plages de Normandie pour booster sa stature de chef d'Etat européen la veille du scrutin lui donnent quelques motifs de satisfaction: le scrutin de dimanche a été "neutralisé" comme prévu. L'UMP a fait une campagne minimaliste. Sarkozy s'est bien gardé d'évoquer les sujets européens (crise écologique, protection sociale, investissements publics, défense européenne). Dimanche avec Angela Merkel, mercredi contre l'Iran, jeudi à Bordeaux, samedi avec Obama, Nicolas Sarkozy a préféré intervenir sur des sujets internationaux. Nicolas tenait à sa photo avec Barack. Devant la préfecture du Calvados, la foule applaudissante était composée de quelques 300 militants UMP triés sur le volet.
110ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, monocrate mais minoritaire.
Sarkozy aurait soit-disant gagné les élections européennes. Qu'importe si 6 millions de votes se sont évaporés depuis 2007. L'UMP reste en tête dans un paysage politique désolant et abstentionniste. Le monarque déplace en Savoie pour parler "énergies renouvelables": «La croissance durable, j’ai fait campagne sur ce thème avec Jean-Louis Borloo, nous avons inventé le Grenelle de l’environnement». On n'oublie pas la libéralisation de la production d'OGM, le rejet à l'Assemblée Nationale de deux projets de lois écolos, le compromis minimaliste sur l'engagement européen de réduction des émissions carbone à l'horizon 2020, ou le plan de relance minimaliste en matière d'environnement (600 millions d'euros sur 26 milliards). Les prix en France baissent en France, pour la première fois depuis 1957, et le déficit de la Sécu, lui, explose à plus de 20 milliards d'euros. Tout va bien.
111ème semaine de Sarkofrance : qui lèvera la burqa présidentielle en Sarkofrance ?
A Genève, capitale du secret bancaire, Nicolas Sarkozy prononce un discours social et écolo, taxe carbone européenne et appel à un nouveau modèle de développement à l'appui. Il faut faire oublier l'offre raisonnable d'emploi, le prêt de main d’œuvre, le transfert aux mutuelles et organismes privés l'assurance des maladies longues; et l'allongement de l'âge légal de départ à la retraite. En France, le gouvernement s'empresse de publier le texte d'application de la réforme constitutionnelle de juillet 2008 permettant l'intervention du Monarque au Congrès de Versailles. On attend toujours la mise en œuvre du nouveau droit au référendum d'initiative populaire. La réforme de l'hôpital est adoptée. L'hôpital sera une entreprise comme les autres. Les conditions de contrôle du RSA sont précisées : le bénéficiaire peut être fliqué à son insu comme jamais. Tout y passe. Enfin, le fameux décret "anti-cagoule" est publié au Journal Officiel.
112ème semaine de Sarkofrance : les affaires reprennent !
Le discours devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles a tourné court. Sarkozy livre une bouillie idéologique inédite, qui trouble jusque dans les rangs de l'UMP, en appelant de ses vœux la constitution d'un nouveau modèle français qui mêlerait productivisme, consommation, investissement et écologie. La seule nouvelle est l'annonce d'un emprunt national. Sarkozy emprunte aux ménages ce qu'il ne peut plus leur prendre en impôt. Un mini-remaniement gouvernemental fait entrer un Mitterrand auprès de Fillon. Le Monarque part ensuite aux Antilles, mais la mort de Michael Jackson éclipse "l'évènement".
Une autre affaire, plus sombre, plus dangereuse, refait surface. En septembre 1994, la France a vendu à perte trois sous-marins Agosta au Pakistan. Pourquoi "à perte" ? C'est curieux. Sarkozy était ministre du Budget, il a autorisé la défiscalisation des commissions versées à divers intermédiaires pakistanais ou autres. En 2002, un attentat ciblé coûte la vie à 11 ingénieurs français à Karachi. La DCN explique au juge Bruguière chargé alors de l'instruction qu'elle soupçonne des représailles pakistanaises et un financement politique illégal en faveur du camp balladurien. Il y a 10 jours, Sarkozy a déclaré que cette théorie était une "fable".
113ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, on t'a vu !
Dimanche, François Fillon réunit quelques ministres pour lancer ce "Grenelle de l'Emprunt", et annoncer son calendrier de mise en œuvre. Sarkozy reçoit les syndicats pour leur dire qu'ils seront associés à la démarche. Pour séduire les écologistes, il confie à Rocard le soin de réfléchir à la future taxe carbone. Mais l'Assemblée Nationale a adopté sa fameuse loi "anti-bandes", proposée par Christian Estrosi. Un dispositif inutile, basé sur le soupçon plutôt que le constat. L'UMP elle s'est fait prendre la main dans le sac : à peine la réduction de la TVA (de 19,6 à 5,5%) sur la restauration est-elle entrée en vigueur que le parti de Xavier Bertrand a envoyé aux quelques 120 000 restaurateurs un bulletin d'adhésion à l'UMP... Et comment a-t-elle obtenu leurs coordonnées ?
114ème semaine de Sarkofrance: la communication cache-misère du Président
Quand Nicolas Sarkozy parle du G8, il se veut pédagogue. Un exercice difficile puisque le sommet du G8 à l'Aquila en Italie fut, concrètement, un échec complet, un exercice de communication qui tourna à la farce. Sur le le climat, Sarkozy se félicite d'un "progrès considérable", la publication d'une "déclaration du G14" qui rappelle qu'il faut limiter le réchauffement climatique à ... 2 degrés parce que les "experts du monde entier" l'ont dit. Sarkozy nomme Rocard et Juppé pour réfléchir à son "Grand Emprunt", et s'obstine sur le travail dominical, le seul "marqueur" idéologique qui lui reste. Martin Hirsch publie ses 57 recommandations pour la jeunesse, aussitôt oubliées. Le RSA entre en vigueur. Frédéric Lefebvre cherche un job au gouvernement. Luc Chatel défend mal la suppression des postes de RASED.
115ème semaine de Sarkofrance : lèche-majesté contre lèse-majesté
Cette semaine de fête nationale a été l'occasion pour notre monarque élu de flatter nos armées et d'offrir un concert de Johnny (de quelques millions d'euros) à son bon peuple. L'occasion aussi pour certains médias de faire un peu de "lèche-majesté". Fête nationale oblige, l'über-président a droit aux faveurs des médias cette semaine (France 5, TF1, etc). Mercredi 15 juillet, la loi sur le travail dominical est adoptée par l'Assemblée Nationale dans l'après midi, malgré le refus de 68 récalcitrants de l'UMP et du Nouveau Centre. Les sénateurs votent les nouvelles dispositions sur le secret défense, qui garantissent une belle protection. La Cour des Comptes livre son premier rapport sur les dépenses du monarque: frais de voyages excessifs, absence d'appel d'offres, frais d'études inutiles, vols doublons pour les équipes de sécurité, et ... sondages en tous genres. L'affaire des sondages de l'Elysée ne fait que commencer.
116ème semaine de Sarkofrance : le culte du chef, le silence du peuple.
La session parlementaire s'achève. Pour Nicolas Sarkozy, les congés démarrent mercredi. Il peut partir tranquille. Lors de cette courte session exceptionnelle, du 1er au 24 juillet, nombre de textes symboliques ou inutiles sont adoptés : les députés-godillots ont rendu les fonctionnaires plus "mobiles" et "licenciables" (après trois refus de propositions de reclassement). La gendarmerie est rattachée au ministère de l'Intérieur. La loi Grenelle 1 fait plaisir à tous: elle définit, en 57 articles épais, les priorités écologiques de la France, mais n'engage à rien. Un an d'attente pour ça... Grâce à la Cour des Comptes, on découvre combien Sarkozy aime les sondages : un conseiller occulte, rémunéré 1,5 millions euros par an, suggère les questions, l'Elysée paye l'enquête, OpinionWay la réalise, le Figaro la publie. Au total, le budget que l'Elysée dédie à son entreprise de communication est faramineux : 25 millions pour le SIG (dont 3 millions de sondages), 100 millions de publicités gouvernementales, 284 millions d'aides à la presse, 3 millions pour les Web TV.
117ème semaine de Sarkofrance : travailler trop pour se fatiguer plus
Nicolas Sarkozy découvre que le travail pouvait être mauvais pour la santé. Dimanche, la France s'arrête de respirer, l'espace de quelques heures. Le Monarque a flanché lors d'un jogging dans les bois du Chateau de Versailles. On nous explique qu'il était "surmené". Profitant de cette absence présidentielle inattendue, les ministres ne chôment pas. Christine Lagarde dresse un rapide bilan de sa Loi de Modernisation de l'Economie. A l'entendre, la France n'est plus en crise. La ministre commente également les fausses bonnes nouvelles du chômage : 33 000 chômeurs ne se sont pas réinscrits à pôle emploi. Le nombre total de demandeurs d’emploi progresse encore, pour atteindre 3.634.800 personnes (+18,7% sur un an). Christian Estrosi défend la réforme de la Poste, un changement de statut qui prépare l'ouverture du capital, et, sans doute, la privatisation à terme.
118ème semaine de Sarkofrance : pépins de vacances...
Nicolas Sarkozy se repose. Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, choque le monde en réclamant quelques 500 millions d'euros de subventions indûment versées entre 1992 et 2002. BNP-Paribas a provisionné un milliard d'euros pour les bonus de ses traders en 2009. Sa crise est passée, la nôtre démarre. Sarkozy s'énerve. Il convoque les représentants bancaires le 26 août. Christian Estrosi, le nouveau ministre de l'Industrie, ne s'épargne pas... devant les caméras. On le voit partout, au point d'agacer ses collègues. En Afghanistan, un 29ème soldat français est mort.
119ème semaine de Sarkofrance: au royaume des tarfuffes, Sarkozy reste Roi
C'est le 15 août, et Nicolas va chercher des pizzas à vélo au Lavandou près du Cap Nègre. Les Français sont en vacances, il faut les divertir et faire croire qu'on est sur le pont. Ses ministres interrompent leurs vacances: Eric Woerth explique que l'explosion des bonus bancaires n'est pas acceptable; Christine Lagarde se félicite d'un regain de croissance au second trimestre, oubliant que l'investissement, objet de toutes les attentions de la relance sarkozyenne, a encore reculé de 1%. Brice Hortefeux désavoue son administration policière qui, appliquant les consignes budgétaires du gouvernement, avait gelé tout recrutement de Cadets de la République, un projet de Nicolas.
La tartufferie diplomatique est aussi manifeste : l'Iran joue avec les nerfs de notre vacancier présidentiel, en exhibant Clotilde Reiss, jeune chercheuse française, et Nazak Afshar, une collaboratrice franco-iranienne du service culturel de l'Ambassade de France en procès à la télévision. La Sarkofrance paye-t-elle le prix de sa diplomatie brouillonne ? Contre la Birmanie qui sanctionne encore l'opposante Aung San Suu Kyi, Sarkozy omet d'appeler à la rescousse son ami chinois, premier partenaire commercial et industriel de la Birmanie.
120ème semaine de Sarkofrance: gouverner, c'est escamoter
Le pouvoir en France n'agit plus, il réagit. La libération conditionnelle et contrainte de Clotilde Reiss a escamoté quelques instants l'échec de la politique étrangère. L'Iran vient de rappeler son utilité à une France décrédibilisée. En Afghanistan, le scrutin présidentiel se tient jeudi comme prévu: un coût faramineux, des attentats, une participation médiocre, et pour finir, deux candidats qui se réclament victorieux dès le premier tour. Sarkozy est le seul à applaudir.
En France, les ministres se succèdent dans les médias, figés et maladroits dans des exercices de communication à répétition. Christine Lagarde reprend à son compte les timides recommandations de l'autorité de régulation britannique, la FSA, mais à condition que les autres places boursières emboitent le pas. Un nouveau suicide de détenu en prison pousse Michèle Alliot-Marie à sortir un rapport de son chapeau, réalisé 6 mois plus tôt, dont elle demande l'application "immédiate". Brice Hortefeux doit bafouiller des explications au sujet des nouvelles mauvaises statistiques de la délinquance en France. Et Luc Chatel commet la première bévue médiatique de la rentrée. Accompagné de nombreux journalistes, il visite un magasin Intermarché à Villeneuve-Le-Roi (Val-de-Marne), pour célébrer une opération de baisse des prix sur les fournitures scolaires. On découvre que les rares mères de familles présentes étaient des militantes UMP.
121ème semaine de Sarkofrance: Sarko n'a pas changé
Le président revient pour deux petits jours de travail et de discours. Il demande à ses ministres d'afficher leur détermination. Il tacle les banquiers. Sarkozy pompe ses idées sur les recommandations de l'autorité boursière britannique publiées voici 15 jours: les traders resteront motivés à prendre des risques de plus en plus grands pour assurer le versement complet du solde de bonus de l'année précédente. Eric Woerth surprend tout le monde par sa clémence, en menaçant 3000 contribuables exilés en Suisse de représailles s'ils ne régularisaient pas leur situation d'ici le 31 décembre.
Mercredi, Sarkozy installe la fameuse commission chargée de définir, en deux mois, aux priorités du futur "Grand Emprunt". Le chômage est reparti à la hausse en juillet, +25% sur un an. Laurent Wauquiez, son secrétaire d'Etat à l'Emploi, promet de relever à 1000 heures par an le plafond autorisé de chômage partiel dès septembre. Laisser l'inactivité dans les entreprises est la nouvelle recette du gouvernement.
Mercredi devant les ambassadeurs, Sarkozy fait un one-man-show où il a pu réécrire l'histoire, exagérer son importance, mettre en scène sa détermination. Qui a oublié l'attentisme français des premières semaines se septembre 2008 ?
122ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy, gaffeur ou incompétent ?
Nicolas Sarkozy a révélé tout son paradoxe: habile politique, il excelle à la manœuvre, mais son exécution gouvernementale se révèle terriblement inefficace. Ainsi, le débat sur la taxe carbone s’enflamme. Fillon précise les modalités du futur impôt: elle sera trop modeste pour efficace, trop élevée pour être indolore, mal compensée pour être juste. Brice Hortefeux avait soigné sa mise en scène et organisé trois journées de discussion, avec des toutes sortes de participants sur la sécurité. Sans prévenir, Sarkozy s'invite à la réunion. La campagne présidentielle de 2012 est lancée. On oublierait toujours qu’il est aux manettes depuis 2002. On s’inquiète aussi du lent démarrage du RSA, à peine 35% de demandes satisfaites deux mois après son entrée en vigueur. A Bruxelles, Christine Lagarde crie «haro sur les bonus». Encore ?
123ème semaine de Sarkofrance: le story-telling est-il en crise ?
Le story-telling présidentiel est à rude épreuve en Sarkofrance. Un journaliste de la RTBF dévoile les coulisses de l'une des innombrables "rencontres de terrain": les conseillers du président avaient choisi les salariés figurants entourant Sarkozy dans l'usine normande Faurecia en fonction de leur petite taille.
En visite chez Lula, Sarkozy annonce un peu vite avoir réussi à vendre 36 Rafales au Brésil. L'Etat major brésilien n’a pas pris sa décision. L'histoire d'un Superprésident-supervendeur n'était ... qu'une histoire.
Le même jour, un avocat lobbyiste historique de la Françafrique, Robert Bourgi, avoue que Jean-Marie Bockel, prédécesseur de Joyandet à la Coopération, a été viré de son poste sur un simple coup de fil d'Omar Bongo l'an passé. Quarante-huit heures plus tard, Joyandet se contorsionne encore davantage pour rassurer de la neutralité française en Afrique. On s’étonne aussi du flop intégral de l’une des mesures anti-crise, la fameuse prime de 500 euros pour les chômeurs : au lieu des 200 000 bénéficiaires attendus, à peine 3 283 ont pu la toucher leurs 500 euros. Pour éviter de parler chômage, on cause grippe A. On se dispute sur les chiffres : 6 000 cas supplémentaires par semaine d’après le gouvernement, 20 000 d’après un syndicat d'infirmiers.
Jeudi, Nicolas Sarkozy annonce enfin les modalités précises de la taxe carbone: 17 euros de taxe sur la tonne de CO2, avec de multiples exemptions et une compensation fiscale encore imprécise. La taxe carbone est carbonisée avant de naître. La video d'un échange public avec des militants UMP le week-end dernier lors de l'université d'été de son parti a frappé de stupeur tous les commentateurs. Hortefeux lâce une blague raciste. Le ministre se défend et crie à la cabale. Trop tard.
124ème semaine de Sarkofrance: le retour de l'omniprésident, et alors ?
Il est partout, intervient sur tous les sujets. Il parle santé, bonus, mesure du bonheur et réchauffement climatique. Il reçoit un premier ministre britannique, file à Bruxelles, visite un hôpital en banlieue parisienne, invite 500 parlementaires UMP à déjeuner à l'Elysée. Nicolas Sarkozy est partout, mais pour quel effet ? Les G20 se succèdent et la régulation n’avance pas. Toujours aucune mesure contre les bonus, et les paradis fiscaux ont simplement changé de nom. La Cour des Comptes fustige le déséquilibre des comptes de la Sécu, et recommande des hausses de cotisations. Mais Sarkozy préfère défendre son fidèle Besson, empêtré dans l'application des tests ADN votés en septembre 2007 pour filtrer un peu plus le regroupement familial.
Vendredi, Sarkozy visite un hôpital bouclé dans le Val-de-Marne : le cyclone présidentiel a causé des annulations de rendez-vous médicaux, des reports d'opérations, la mise en congés d'une partie du personnel, des restrictions d'accès même pour les patients les plus fragiles.
125ème semaine de Sarkofrance: une semaine américaine ratée
Les équipes élyséennes avaient tout préparé: un sommet sur le climat, deux discours à l'ONU, une intervention à la télévision française mercredi, un Conseil de Sécurité jeudi, puis une conférence de presse à Pittsburgh. Mais voilà, ces vacarmes n'ont pas fait recette. Son agenda est désespérément vide, ses deux interventions onusiennes sont limitées à 15 minutes. Mardi soir, une belle fête organisée par l'ambassade de France fait jaser: 400 000 euros aux frais du contribuable pour quelques 4 000 invités. De son interview télévisée enregistrée, on ne retient que son dérapage à propos de l’affaire Clearstream, où il déclare les prévenus "coupables". Vendredi, à Pittsburgh, Nicolas Sarkozy est incapable de convaincre ses interlocuteurs sur le micro-sujet des bonus de traders. Son trophée ? La tenue d’un G20 en France en 2011…
En France, Jean-François Copé lâche une petite bombe : il a convaincu le gouvernement de soumettre les indemnités journalières versées par la Sécurité Sociale aux victimes d’accidents du travail à l’impôt sur le revenu. La veille, Eric Besson avait théâtralisé l'inutile destruction des campements sauvages de sans-papiers en bordure de Calais. Jeudi, de nouveaux mauvais chiffres du chômage sont tombés: 32 000 sans-emplois de plus.
126ème semaine de Sarkofrance : l'incompétence au pouvoir
Dans une ville de province bouclée par la police, Nicolas Sarkozy choisit de choyer la jeunesse, mais il rate son bac « jeune ». Les deux annonces phare sont anecdotiques : l'extension du RSA aux jeunes travailleurs de moins de 25 ans est restreinte à ceux qui auront travaillé 2 ans sur 3 ; et le versement d'une allocation d'autonomie directement aux jeunes n'est qu'un « test » sur 8 000 jeunes.
Le gouvernement remet son projet de budget 2010 au Parlement, avec un déficit présenté à116 milliards d'euros l'an prochain, pour 287 milliards de dépenses. En 2010, la France empruntera 150 milliards d'euros pour faire face à ses échéances, et sans compter le "Grand Emprunt", l'idée estivale d'un Monarque en panne de contre-feux médiatiques. A l’étranger, la diplomatie se couche. Il y a à peine dix jours, Nicolas Sarkozy s'affichait encore offensif contre la «main tendue » de Barack Obama à l'Iran. On apprend que la France soutenait depuis des semaines les négociations américaines avec l'Iran.
127ème semaine de Sarkofrance : le malaise moral de Nicolas Sarkozy
La déconfiture éthique paraît incroyable. Même certains mythes fiscaux s'effondrent: les prévisions de retour à l'équilibre budgétaire (dans 5 ou 10 ans !) reposent sur une hypothèse de croissance économique que la France a rarement connue depuis 10 ans. Les efforts de fiscalité verte se chiffrent à moins de 0,1% des recettes de l'Etat. En Lorraine, Sarkozy se cache pour éviter Gandrange. A Paris, l’affaire Polanski est chassée par une autre, celles des écrits passés de l'actuel ministre de la Culture témoignant d'une expérience personnelle de tourisme sexuel. Débordé, le ministre se justifie avec émotion et maladresse à la télévision. Eric Besson, lui, doit affronter son passé de mari volage. Son ancienne épouse confie 30 années de tromperies. En quelques jours, la stratégie d'ouverture de Nicolas Sarkozy a explosé en vol. Comment réagira l'électorat, à droite comme à gauche, quand viendra le moment du vote ?
On apprend la prochaine nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'Etablissement Public d'Aménagement de la Défense. Jean Sarkozy a 23 ans. Son seul diplôme est son patronyme. Sa seule expérience, le piston de son père.
128ème semaine de Sarkofrance : les fausses "surprises" du Président
Les affaires (Hortefeux, Polanski, Mitterand, Jean Sarkozy) se multiplient. Elles disqualifient le discours présidentiel. Mardi, il annonce sa réforme du lycée. Un rendez-vous pris de longue date. Il tombe mal. Tout le monde ne parle que du piston du fiston. Sarkozy est troublé. L’Affaire du fiston à l’EPAD a explosé sur le Web et dans les médias. Il fallait le regarder réciter son discours sur le lycée, le regard fuyant, la voix moins affirmée que d'habitude, quand il rappelait l'un des principes fondateurs du lycée sous Napoléon : «Cela voulait dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est d'avoir travaillé dur et d'avoir fait la preuve par ses études de sa valeur.»
Ensuite, il déboule dans un lycée de Seine-et-Marne, quelques heures après avoir annoncé de timides propositions pour réformer le lycée. Jeudi, il se rend à Gandrange, sans crier gare, pour répéter... des annonces passées de Luc Chatel il y a 8 mois. Sarkozy improvise aussi une interview "surprise" dans les colonnes du Figaro pour « siffler la fin de la récré».
129ème semaine de Sarkofrance : les vraies polémiques
Après une ultime réunion à l’Elysée, le fiston annonce jeudi soir sur France 2 qu'il abandonne la présidence de l'EPAD. Les supporteurs du Président lancent une charge facile contre les médias et le Net. Deux fichiers issus du controversé "Edvige" sont créés, dimanche, sans débat ni explication. L’expulsion, mardi à minuit, en catimini, de 3 Afghans clandestins vers leur pays en guerre fait scandale. Eric Besson n'a même pas pris la peine de lire les consignes du Quai d'Orsay qui déconseille aux touristes français de se rendre sur place. L’Assemblée examine le projet de redécoupage des circonscriptions électorales, concocté par Alain Marleix ; et Nicolas Sarkozy présente sa réforme des collectivités territoriales. Deux projets qui consolident le parti majoritaire. Le même jour, le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis contre Dominique de Villepin, pour "silence coupable" dans l’affaire Clearstream. L'affaire du Karachigate ne suscite bizarrement pas le même emballement médiatique.
130ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy ne maîtrise plus son agenda
Eric Besson annonce un "grand débat" en deux volets "identité nationale" et "apport de l'immigration à l'identité nationale", dès le 2 novembre et jusqu'en février 2010, dans les préfectures et sous-préfectures, avec les "forces vives" du pays. Personne n'est dupe de la manoeuvre électorale. Dans le Jura, sous prétexte de quelques annonces en faveur du monde agricole, Nicolas Sarkozy s'écrie: "Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française." En fait, des paragraphes entiers de son discours ont été copiés-collés, à la virgule près, sur un précédent discours vieux de 10 mois. Mardi, il y avait pourtant un vrai sujet : les chiffres du chômage sont tombés, avec 45 000 chômeurs de plus en septembre. Au total, on frôle les 5 millions d'exclus du travail.
Un rapport de la Cour des Comptes révèle l'ampleur des dépenses élyséennes pendant la présidence française de l'Union Européenne fin 2008 (1 million d'euros par jour pendant 6 mois, dont 16,6 millions d'euros pour 4 heures de sommet de l'Union pour la Méditerranée). La plainte d'une ONG contre des détournements de fonds publics par divers chefs d'Etat africains est jugée irrecevable. Charles Pasqua n’a pas cette chance. Dans l’Angolagate, il écope d’un an de prison ferme. Et un autre juge renvoie Jacques Chirac devant un tribunal correctionnel dans l’affaire des emplois présumés fictifs de la ville de Paris.
131ème semaine de Sarkofrance : mi-mandat, plein échec.
Nicolas Sarkozy franchit sa mi-mandature. Mais le cœur n’est pas à la célébration: scandales à répétition, déficits publics abyssaux, une politique économique en question, le désarroi est, à droite, flagrant. La majorité UMP est chafouine. On se gifle, on se fâche, on se tance. Une vingtaine de sénateurs emmenés par Jean-Pierre Raffarin ont signé une tribune contre la réforme de la taxe professionnelle. Nadine Morano tance sa collègue Rama Yade, trop rebelle pour Sarko. Henri Guaino mobilise une soixantaine de députés en faveur d'un "grand Grand Emprunt" d'au moins 50 milliards d'euros, contre l'avis de Fillon. Un député socialiste a épluché les faramineuses factures de sondages réglées par l'Elysée en 2008 et 2009. Eric Besson lance son débat identitaire lundi, site Web "filtré" à l'appui. Pour le reste, l'opération a fait choux blanc. Les préfets et sous-préfets ont bien reçu leurs consignes, mais l'organisation des débats patine.
132ème semaine de Sarkofrance : les bouillons de la semaine
Nicolas Sarkozy voulait prendre de la hauteur, il prend le bouillon. Sarkozy aurait pu se contenter d'écrire qu'il était heureux de célébrer la Chute du Mur de Berlin. Non, il fallait qu'il "y soit". Dimanche, la veille de son départ pour Berlin, il confie sur sa page "Facebook" qu'il s'était rendu dès le 9 novembre 1989 à Berlin, avec Alain Juppé, décrocher un morceau de Mur au piolet. Le Net s'empare de l'affaire, et le mensonge est révélé. Les proches du président sont appelés à la rescousse, les uns après les autres, pour défendre la version officielle.
Les parlementaires s'inquiètent toujours de l'incohérence fiscale du budget 2010. Le socialiste Didier Migaud fustige "l'exonération des plus-values sur titres de participation" accordée aux entreprises depuis 2007 par un certain Nicolas Sarkozy, ministre des Finances. La facture, initialement chiffrée entre 1 et 2 milliards d’euros, est de ... 20 milliards d'euros en deux ans ! La Commission Européenne donne une année supplémentaire à la France, jusqu’en 2013, pour qu'elle réduise son déficit public sous la barre des 3% du PIB. Une mission impossible. La production industrielle a brutalement chuté en septembre, malgré un rebond en août. Carla défend son «mari» dans les colonnes de ELLE; Brice Hortefeux bafouille quand on lui demande pourquoi ses statistiques de délinquance d’octobre 2009 ne portent que sur 30 jours.
133ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, un boulet à l’Elysée
Sarkozy est mal entouré. Hortefeux, Wauquiez, Lagarde ou Bachelot, tour à tour, multiplient les bourdes. A l'étranger, Sarkozy plombe l'Europe. La misère institutionnelle de l’Europe s’est ainsi rappelée à chacun. L'Europe devait parler d'une seule voix grâce au Traité de Lisbonne. En fait, le Président de l’Union Européenne est choisi en catimini, entre chefs d’Etat, sans débat ni campagne publics. Sarkozy évite aussi l’assemblée des maires de France en s'enfuyant pour un "voyage semi-privé" en Arabie Saoudite. Il revient dès le lendemain soir, pour assister au match de l’Equipe de France de football contre l’Irlande au Stade de France, à Saint-Denis. Jeudi, Juppé et Rocard rendent leur copie sur le Grand Emprunt: 35 milliards d'euros, financés auprès des marchés et non des particuliers, pour sept priorités.
134ème semaine de Sarkofrance: la présidence anecdotique
Pour contrer les critiques et masquer la réalité, chacun en Sarkofrance se réfugie dans l'anecdote. Nicolas Sarkozy se déplace ainsi en banlieue parisienne. Après les bandes, les récidivistes, les mineurs délinquants, les enfants violents en maternelle, les racailles "cagoulées", les délinquants sexuels qu'il faudrait castrer, les fous qu'il faut enfermer, le couvre-feu pour les mineurs, Nicolas Sarkozy trouve une nouvelle anecdote pour servir son propos : les caïds qu'il attaquera par le fisc. Contesté comme jamais, Eric Besson se réfugie aussi dans l'anecdote polémique: les "mariages gris". Occupé à ses débats sur l’identité nationale, il cède partiellement à la pression de 5400 sans-papiers grévistes, et concède une promesse stupide car irréalisable: la fermeture des employeurs concernés. L’affaire de Tarnac rebondit, avec de nouvelles révélations sur des manipulations policières : un témoignage a été obtenu sous la contrainte, d’après l’intéressé, et puis antidaté. Autre scandale d’Etat, la commission des lois de l’Assemblée nationale refuse la tenue d’enquête parlementaire sur les sondages de l’Elysée.
135ème semaine de Sarkofrance : la République irresponsable ?
Nicolas Sarkozy lance le coup d'envoi de la campagne régionale de l'UMP, en clôturant son conseil national à Aubervilliers. Après l'immigration, l'insécurité, et la fiscalité, voici qu'il déclarait un nouveau thème de campagne, fort à propos : "l'écologie populaire". On pourrait être écolo et consommer comme avant. Il suffit juste de remplacer le pétrole par le nucléaire, et tout ira bien. Copenhague oblige, Sarkozy a doublement intérêt à surfer sur la vague verte., pour récupérer la frange centriste de l’électorat écolo, et pour affaiblir le Parti Socialiste. La machine UMP a des ratés: son clip de campagne « la France change » est un montage d’images de familles … américaines. Et Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, se voit contraint de commenter l’ampleur de sa rémunération.
Mardi près de Toulon, Nicolas Sarkozy s’auto-félicite de ses actions contre la crise financière et économique. Pourtant, en Allemagne le déficit budgétaire sera de 3% du PIB… contre 8% en France. Le chômage explose: 111 000 personnes supplémentaires se sont inscrites à pôle emploi en octobre. A ce rythme, on atteindra les 5 millions d'inscrits d'ici 4 mois. Eric Besson se félicite du «sublime» débat identitaire. Les dérapages se multiplient pourtant. La Suisse s’est invitée dans le débat franco-Français. La fachosphère se réjouit. La droite républicaine tousse.
136ème semaine de Sarkofrance: le malaise présidentiel
Lundi soir, Nicolas Sarkozy reçoit à dîner à l’hotel Bristol le « premier cercle » des donateurs de l’UMP, pour leur promettre, bien sûr, qu’il ne toucherait pas au bouclier fiscal. Mardi, il signe une tribune écrite par Henri Guaino sur l'identité nationale, dans les colonnes du Monde. Elle suscite peu de louanges, tant le parallèle avec les principaux arguments du Front National est flagrant. Hasard du calendrier, Luc Chatel présente son projet de supprimer l’enseignement obligatoire de l’histoire dans les classes terminales scientifiques... Jeudi, Sarkozy est pris de court par le premier ministre britannique qui annonce une taxation exceptionnelle des bonus bancaires. Depuis plus d’un an, Nicolas Sarkozy joue de sa grosse voix contre les banquiers et les traders. Vendredi, à Bruxelles, les 27 Etats membres de l'Union ont décidé de consacrer 7,2 milliards d'euros sur 3 ans à l’aide pays pauvres contre le réchauffement climatique, et de réduire de 30% leurs propres émissions de C02, sous réserve que les autres pays occidentaux fassent la même chose. Nicolas Sarkozy se félicite que l'Europe soit "en position de leadership pour Copenhague".
137ème semaine de Sarkofrance : ça sent le roussi en Sarkofrance
Lundi, Sarkozy tient une conférence de presse, sur son emprunt national “d'excellence", un artifice électoral qui ne fait guère illusion, vendu avec un vocabulaire pompier, mélange d'un héritage des années cinquante et du vulgate technocratique new age. Ce nouvel endettement sera ciblé sur 5 priorités : l'enseignement supérieur et formation, la recherche, les "aéronefs du futur" et les PME industrielles; le nucléaire "durable" et les énergies renouvelables; et la "numérisation de la société".
Le sommet de Copenhague sent déjà l'échec. Sarkozy fait faussement monter la pression d'un cran. Jeudi soir, un conclave d'un vingtaine de chefs d'Etat s'enferme des heures durant pour parvenir à un accord minimaliste et contesté. En France, on avait envie d'envoyer Frédéric Lefebvre à Kaboul, afin qu'il juge de l'état du pays. Une dizaine d'Afghans avaient été renvoyés, la veille et en catimini, dans leur pays par charter franco-britannique. Frédéric Lefebvre explique qu'il est du devoir de ces sans-papiers de retourner dans leur pays pour lutter contre les Talibans. Le Karachigate s'invite dans l'actualité. Les parties civiles ont déposé plainte contre les dirigeants français de l'époque (Edouard Balladur, Nicolas Bazire, Renaud Donnedieu de Vabres et ... Nicolas Sarkozy). L'UMP se ridiculise avec un clip raté de ses "Jeunes Pop", le fameux « lip dub ».
138ème semaine de Sarkofrance : Le Noël épineux de Sarkozy
Nicolas et Carla s'envolent pour Marrakech. Le sommet de Copenhague fut un fiasco personnel et collectif. A force de jouer sa carte personnelle, Sarkozy a contribué à faire échouer les démarches multilatérales. A Paris, Sarkozy tente de reprendre la main. Il promet un sommet sur les forêts. Il envoie François en Chine faire oublier les frictions passées, au prix d’un silence « business-friendly » sur les atteintes aux libertés publiques. Sarkozy veut aussi oublier l'incompétence d'Eric Besson, l'icône la plus détestée du régime. Son débat identitaire vire à la stigmatisation de l’Islam. Une polémique sur la Burqa ressurgit. Sarkozy assume son rôle de monarque "proche du peuple" jusqu'au bout de la semaine : un coup de fil à Clotilde Reiss, une visite, avec Carla, d'un hôpital d'enfants malades, des voeux sur Facebook, une décoration des 4 conducteurs du RER C qui dérailla dimanche soir, et une vaccination médiatisée contre la grippe A. Mardi, Sarkozy reçoit les têtes de liste de l'UMP à l'Elysée, pour un cocktail aux frais des contribuables. Certains candidats UMP aimeraient que le Monarque ne se mêle pas trop de leur campagne, inquiets du "mauvais buzz" du président.
139ème semaine de Sarkofrance: les camouflets
Sarkozy à Marrakech subit deux camouflets, coup sur coup. Dimanche, la filière nucléaire française subit un sévère échec. Abou Dhabi lui préfère un consortium coréen pour un marché de 14 milliards d'euros. L'EPR est jugé trop cher. Mardi, le Conseil Constitutionnel annule la fameuse taxe carbone. Le mecano écolo du chef de l'Etat s'effondre à quelques heures de la Saint Sylvestre. Jeudi, une équipe de télévision française est kidnappée en Afghanistan. C'est un président fermé et contrarié qui présente ses voeux, le soir même, à la télévision : "Je ne suis pas un homme qui renonce à la première difficulté".
Ami Sarkozyste, es-tu vraiment encore là ?
Post-Scriptum : les semaines 87 à 104 de l'année ont déjà été commentées dans un précédent billet de Sarkofrance, publié le 6 mai 2009.
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