Mardi, Nicolas Sarkozy s'était déplacé dans l'Essonne, pour parler "agriculture". Le secteur va très mal, et les agriculteurs ont déserté les rangs de l'électorat UMP au dernier scrutin régional. C'est dire s'il y a urgence. L'agriculture est aussi un sujet idéal pour éviter de parler déficits et fiscalité.
Au fait, combien d'agriculteurs bénéficient du bouclier fiscal ?
Les fausses menaces contre l'Europe
Dans sa courte allocution du 24 mars dernier, quelques heures après le séisme des élections régionales, Nicolas Sarkozy avait usé d'un ton martial et de propos provocateur pour afficher sa solidarité d'un jour avec le monde agricole : " je suis prêt à aller à une crise en Europe plutôt que d'accepter le démantèlement de la Politique agricole commune (PAC), plutôt que d'accepter que soit laissée à la spéculation le soin de fixer de façon erratique des prix agricoles qui ne permettraient plus à nos agriculteurs de vivre décemment du fruit de leur travail". Une fausse colère, comme l'avait noté Arnaud Le Parmentier dans les colonnes du Monde. Les décisions au Conseil Européen se font au consensus. Inutile de menacer de guerre, il suffit de voter contre.
Fin mars, la commission européenne a annoncé "un paquet de mesures en faveur du secteur laitier" pour la fin de l'année. Bruno Le Maire s'en est réjouit. Vendredi dernier, le ministre était au congrès de la FNSEA. Un exercice de communication politique qui révèle les intentions du gouvernement. L'agriculture est en crise, donc tout est possible :
1. Le ministre a d'abord critiqué les distorsions de concurrence en Europe, et notamment à cause des règles environnementales plus souples chez certains de nos voisins européens. Nicolas Sarkozy avait fait la même critique au Salon de l'Agriculture. Un jugement qui avait effrayé à juste titre les écologistes.
2. Le Maire a aussi fustigé les écarts de compétitivité: «Sur le coût des salariés saisonniers et permanents, la ferme France a un différentiel annuel avec son voisin allemand de près d'un milliard d'euros» Que souhaite-t-il ? Que les saisonniers précaires sont davantage précarisés ?
3. Enfin, le ministre a demandé à l'Europe qu'elle se dote "de nouveaux instruments contre la volatilité des prix". Baisser le coût du travail, alléger (provisoirement ?) les normes environnementales, et réguler les prix, voici un curieux cocktail au nom de l'identité agricole française.
Après la TVA sociale, la TVA agricole ?
Mardi, Nicolas Sarkozy a encore fait des promesses de soutien, fiscal cette fois-ci. Il s'est fait filmé en pleine réunion de travail dans une ferme céréalière à Buno-Bonnevaux, un village de l'Essonne. Le décor est presque champêtre. Sarkozy était filmé assis, avec derrière lui quelques accessoires de la ferme. On avait dressé une grande table de réunion carrée, drapée de vert, au beau milieu d'une étable. Avant Sarkozy avait touché de la terre, des grains, des bourgeons sur un arbre en fleur. Il avait aussi marché dans de la boue, dans la cour de l'exploitation agricole, regardé l'horizon avec un ton sérieux, une demi-douzaine de photographes sur son flanc pour immortaliser le moment. Mardi matin, le Monarque était ridicule de toutes ses précautions visuelles, mais il était sans doute le seul à ne pas le remarquer.
Parmi les promesses du jour, il a lancé l'idée de deux nouvelles taxes, qui s'apparentent à des formes dérivées de la TVA. Une position curieuse pour quelqu'un qui ne cesse de répéter que les impôts sont déjà trop élevés.
1. Taxer les distributeurs qui ne baissent pas leurs marges, voici la première proposition.
«Quand les prix baissent terriblement, le distributeur signe avec le producteur un accord de modération de marge, qui permet de rééquilibrer du côté du producteur sans pénaliser le consommateur (...). Je suis prêt à la création d'une taxe additionnelle à la taxe sur les surfaces commerciales lorsqu'une production agricole n'aura pas fait l'objet d'un accord sur les modérations de marge». Une telle taxe sera intégrée au projet de loi sur la modernisation agricole, examinée le mois prochain par le Sénat. Les sénateurs seront contents de savoir que sur ce sujet au moins, ils n'ont qu'à suivre et se taire : «La taxe sera créée et le ministre de l'Agriculture aura la possibilité, en fonction de l'existence d'accords de modération de marge ou pas, de l'enclencher» a promis Sarkozy. Quelle sera la réaction des distributeurs, si cette disposition est adoptée ? Augmenter les prix de vente aux consommateurs, en d'autre termes, les ménages paieront l'addition, sans différence de traitement en fonction de leurs revenus et de leurs situation.
2. Taxer les grandes surfaces pour éviter les baisses de prix, c'est la seconde idée. Sarkozy l'avance avec prudence. Il faut que l'Europe soit d'accord (cela peut s'apparenter à une forme de contrôle des prix), et Sarkozy ne l'envisage qu'à titre expérimental. Le président français avance le projet d'une taxe sur le prix de vente des produits agricoles qui viserait à compenser une chute trop brutale des prix, et dont le produit serait reversé à la filière agricole. Le Monarque n'est «pas contre», mais avec de nombreuses précautions : «est-ce qu'on peut faire peser sur le prix de vente une taxe qui compense la baisse des prix et le redonner à l'interprofession (agricole)? Je ne suis pas contre», mais il faut «être sûr que ça fonctionne. (...). Je suis prêt à expérimenter sur un ou deux produits, une ou deux productions, ce système (...) si le ministre me dit: ça passera en Europe».
3. Sarkozy assume aussi la réduction des aides européennes à la filière céréalière, au profit des éleveurs et des agriculteurs des zones de montagne. Un milliard d'euros d'aides sont ainsi redéployées. En 2009, les revenus des céréaliers français ont baissé de 51% à cause de la chute des cours des céréales (-24% versus 2007. Cette réallocation des aides, décidée au plus haut de l'inflation des prix de matières premières, était un mouvement indispensable, selon Sarkozy, «pour assurer la pérennité de la Pac en Europe et pour avoir un maximum de pays [européens] derrière nous».
Les participants de la filière sont ressortis déçus. Et ceux de la grande distribution, échaudés par ces deux nouvelles taxes à leur encontre.
La fiscalité s'est donc invitée jusque dans nos champs. A quelques kilomètres de là, les députés socialistes ont déposé mardi après-midi une proposition de loi demandant l'abrogation du bouclier fiscal. Ils veulent aussi interroger le nouveau ministre du Budget, François Baroin, sur l'efficacité de cette mesure symbolique de Sarkofrance. Ils auraient dû écouter Jean-François Copé, le président du groupe UMP, sur France Inter le matin même : Copé, qui revendique sa «franchise», a servi quasiment mot pour mot les éléments de langage de l'Elysée sur le sujet : on ne touche pas au bouclier fiscal.. sauf si de nouveaux efforts étaient demandés «à tout le monde», et on doit d'abord faire les «économies des dépenses inutiles». Puis Copé pointe du doigt les «gisements» d'économies : les dépenses de fonctionnement des collectivités locales et ... la sécurité sociale.
Reposons la question : combien d'agriculteurs bénéficient donc du bouclier fiscal ?
Crédit photo: Elysée.fr
mercredi 7 avril 2010
mardi 6 avril 2010
Sécurité et manipulations en Sarkofrance
En fin de semaine, Luc Chatel et Brice Hortefeux organisent les fameux «états généraux de la sécurité à l'école», une opération médiatique qui fait suite aux meurtres et autres violences qui ont frappé certains établissements scolaires en début d'année. On imagine le gouvernement plancher sur de nouvelles lois. Une de ses dernières productions, législative la loi sur les bandes violentes, est entrée en application il y a un peu plus d'un mois, et déjà une bavure.
Violence scolaire, ... ou économie de fonctionnaires ?
Le gouvernement n'échappe à la contradiction de sa politique éducative : d'un côté, il réduit les effetifs d'enseignants et d'encadrement (plus de 40 000 postes en 3 ans); de l'autre, il ne sait comment répondre aux dérapages de violence que subissent des établissements en zones difficiles. Pour ces états généraux, Luc Chatel a défini neuf thèmes de réflexion pour les ateliers : «Mesure de la violence», «L'élève : auteur, victime de la violence», «La prévention des discriminations», «L'enseignement, la classe et l'autorité», «La formation à la prévention de la violence», «La judiciarisation et les droits des victimes», «L'établissement face à la violence, les conditions de la mobilisation», «Les règles du vivre-ensemble» et enfin : «Quels partenariats locaux?». Le chercheur Eric Debarbieux, qui préside le conseil scientifique chargé de ces états généraux ne croit pas à une augmentation globale de la violence en milieu scolaire, mais plutôt à une concentration des difficultés dans «5 à 10% des établissements, situés dans des zones défavorisées». Dans une tribune publiée dans le Monde, Debarbieux souligne la dimension sociale du problème: « il reste vrai que la sociologie de la violence à l'école reste en partie une sociologie de l'exclusion sociale.»
Notre confrère Mathieu, prof et blogueur, précisait, en février dernier : « ces violences graves sont-elles fréquentes ? La réponse est non. Comme dans le reste de la société, elles surviennent de temps en temps, peut-être un peu plus dans les lycées parce que s'y concentrent des adolescents mal dans leurs peaux et qui ont une tendance à exprimer ce malaise par la violence, mais aussi par d'autres biais, comme la dépression, la drogue, le renfermement sur soi, mais aussi des moyens beaucoup plus légers heureusement.»
Depuis septembre, la police et la gendarmerie ont mis en place le programme de «Sanctuarisation globale de l'espace scolaire» (Sage). Il s'agissait d'afficher une présence de gendarmes dans 184 établissements en France (172 en zones de police, 12 en zone de gendarmerie), comme celui de Bischwiller, en Alsace : «des patrouilles conjointes de gendarmes et de policiers municipaux sont organisées quasiment tous les jours aux abords de cet établissement de 450 élèves qui, sans être classé sensible, bénéficie depuis 2008 d'un plan de prévention de la violence.» Les noms des établissements concernés n'ont pas été divulgués, afin de «ne pas les stigmatiser». Vu les violences constatées au début de l'année, le dispositif n'est globalement pas concluant. Le 11 mars, Brice Hortefeux avouait : «Il y a globalement une baisse d'un certain nombre de formes de délinquance, par exemple une baisse du racket, très sensible, une baisse des agressions à l'égard des personnels enseignants et administratifs, et puis une réalité, c'est une évolution réelle à la hausse des agressions entre élèves». Comment alors justifier la réduction de l'encadrement adulte ?
Bandes violentes ... ou simples manifestants ?
Autre sujet, la loi sur les bandes. L'un des derniers gadgets sarkozyens, la loi sur les bandes violentes, a été promulguée le 2 mars 2010. Grâce à elle, samedi dernier, la police a arrêté onze jeunes gens, interpellés dans le RER les menant au quartier de la Défense. Ils étaient armés de barres, de cutters et de béquilles. Selon la police, ils allaient en découdre avec une bande rivale. Ils ont tous été placés en garde à vue pour « participation à un groupement violent » Six d'entre eux ont été déférés au parquet de Versailles. On pourrait se réjouir. La semaine dernière, les attaques contre deux bus à Tremblay-en-France n'avaient pu être évitées, malgré la dite loi. Manqueraient-on de moyens de police ? De 2008 à 2012, Nicolas Sarkozy aura détruit autant de postes de policiers et gendarmes qu'il n'en aura créé de 2002 à 2007. Bravo !
Cette loi sur les bandes a fait d'autres victimes, a priori innocentes celles-là. Grâce à elle, la police a en effet pu arrêter une centaine de manifestants dimanche 28 mars aux abords de la prison de la Santé, dans le XIVe arrondissement. Le site Arrêt sur Images, relayé par Rue89, a rapporté cette troublante affaire. La loi sur les bandes vise-t-elle aussi à restreindre le droit de manifester ?
Les 110 personnes interpellées participaient à une manifestation anti-carcérale, autorisée par la préfecture de police. Aucun heurts ni violences n'avaient été notés par les forces de police. La préfecture a par la suite précisé qu'une "une fusée de détresse marine a été tirée par un manifestant vers la vitre d'un appartement, et d'autres avaient enfilé des cagoules". D'après un manifestant, le tir n'était pas intentionnellement dirigé vers l'immeuble. La disproportion entre le prétexte retenu et l'ampleur des arrestations est manifeste. Selon des témoignages, l'interpellation massive semblait préméditée. Une soixantaine de personnes, sur la centaines, ont été ensuite placées en garde à vue pendant 24 heures, photographiées et interrogées. Un exercice de fichage collectif, rien de moins.
La loi autorise ces arrestations préventives: « Art. 222-14-2. - Le fait pour une personne de participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. »
Rumeurs... ou manipulations ?
L'implication des services de renseignements dans une affaire privée impliquant le président français tourne au ridicule, au règlement de compte au coeur de la Sarkofrance. La Société des journalistes du Journal du Dimanche n'a pas apprécié les propos menaçants du conseiller présidentiel Pierre Charon. Ce dernier justifiait le week-end dernier l'ampleur de la riposte élyséenne à la simple rumeur d'infidélités conjugales concernant Carla Bruni et Nicolas Sarkozy. Autre soupçon, le Canard Enchaîné faisait l'état de l'implication supposée de Rachida Dati dans la propagation, voire l'origine, des dites rumeurs. Et ce week-end, le JDD - toujours lui - en a rajouté une couche, en révélant que l'Elysée aurait demandé aux services de renseignements d'enquêter sur Mme Dati. On croit rêver... Lundi, un ancien ministre de Chirac est venu au secours de l'ex-Garde des Sceaux. Le président de SOS Racisme est aussi intervenu en soutien, voyant dans ces attaques contre Mme Dati une éventuelle manifestation de racisme.
Dimanche soir, Rachida Dati a nié toute implication: elle «proteste avec indignation contre les allégations de certains organes de presse lui prêtant une quelconque responsabilité dans la propagation de rumeurs absurdes et inadmissibles sur la vie privée du couple présidentiel». Au final, il semblerait que nous assistions, médusés ou amusés, à une nouvelle lutte de clans. La Firme, surnom donné au quarteron de proches de Nicolas Sarkozy revenu dans les coulisses de l'Elysée depuis le départ de Cécilia Sarkozy (Pierre Charon, Frédéric Lefebvre, Brice Hortefeux, Patrick Buisson), contre Rachida Dati.
La "firme" prépare l'élection de 2012, et certains gêneurs, qu'ils soient incompétents (Rachida Dati), inutiles (Catherine Pégard) ou impopulaires (Xavier Darcos) doivent être évacués.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
Sarkozy, hortefeux et la sécurité...
envoyé par politistution. - Regardez les dernières vidéos d'actu.
Violence scolaire, ... ou économie de fonctionnaires ?
Le gouvernement n'échappe à la contradiction de sa politique éducative : d'un côté, il réduit les effetifs d'enseignants et d'encadrement (plus de 40 000 postes en 3 ans); de l'autre, il ne sait comment répondre aux dérapages de violence que subissent des établissements en zones difficiles. Pour ces états généraux, Luc Chatel a défini neuf thèmes de réflexion pour les ateliers : «Mesure de la violence», «L'élève : auteur, victime de la violence», «La prévention des discriminations», «L'enseignement, la classe et l'autorité», «La formation à la prévention de la violence», «La judiciarisation et les droits des victimes», «L'établissement face à la violence, les conditions de la mobilisation», «Les règles du vivre-ensemble» et enfin : «Quels partenariats locaux?». Le chercheur Eric Debarbieux, qui préside le conseil scientifique chargé de ces états généraux ne croit pas à une augmentation globale de la violence en milieu scolaire, mais plutôt à une concentration des difficultés dans «5 à 10% des établissements, situés dans des zones défavorisées». Dans une tribune publiée dans le Monde, Debarbieux souligne la dimension sociale du problème: « il reste vrai que la sociologie de la violence à l'école reste en partie une sociologie de l'exclusion sociale.»
Notre confrère Mathieu, prof et blogueur, précisait, en février dernier : « ces violences graves sont-elles fréquentes ? La réponse est non. Comme dans le reste de la société, elles surviennent de temps en temps, peut-être un peu plus dans les lycées parce que s'y concentrent des adolescents mal dans leurs peaux et qui ont une tendance à exprimer ce malaise par la violence, mais aussi par d'autres biais, comme la dépression, la drogue, le renfermement sur soi, mais aussi des moyens beaucoup plus légers heureusement.»
Depuis septembre, la police et la gendarmerie ont mis en place le programme de «Sanctuarisation globale de l'espace scolaire» (Sage). Il s'agissait d'afficher une présence de gendarmes dans 184 établissements en France (172 en zones de police, 12 en zone de gendarmerie), comme celui de Bischwiller, en Alsace : «des patrouilles conjointes de gendarmes et de policiers municipaux sont organisées quasiment tous les jours aux abords de cet établissement de 450 élèves qui, sans être classé sensible, bénéficie depuis 2008 d'un plan de prévention de la violence.» Les noms des établissements concernés n'ont pas été divulgués, afin de «ne pas les stigmatiser». Vu les violences constatées au début de l'année, le dispositif n'est globalement pas concluant. Le 11 mars, Brice Hortefeux avouait : «Il y a globalement une baisse d'un certain nombre de formes de délinquance, par exemple une baisse du racket, très sensible, une baisse des agressions à l'égard des personnels enseignants et administratifs, et puis une réalité, c'est une évolution réelle à la hausse des agressions entre élèves». Comment alors justifier la réduction de l'encadrement adulte ?
Bandes violentes ... ou simples manifestants ?
Autre sujet, la loi sur les bandes. L'un des derniers gadgets sarkozyens, la loi sur les bandes violentes, a été promulguée le 2 mars 2010. Grâce à elle, samedi dernier, la police a arrêté onze jeunes gens, interpellés dans le RER les menant au quartier de la Défense. Ils étaient armés de barres, de cutters et de béquilles. Selon la police, ils allaient en découdre avec une bande rivale. Ils ont tous été placés en garde à vue pour « participation à un groupement violent » Six d'entre eux ont été déférés au parquet de Versailles. On pourrait se réjouir. La semaine dernière, les attaques contre deux bus à Tremblay-en-France n'avaient pu être évitées, malgré la dite loi. Manqueraient-on de moyens de police ? De 2008 à 2012, Nicolas Sarkozy aura détruit autant de postes de policiers et gendarmes qu'il n'en aura créé de 2002 à 2007. Bravo !
Cette loi sur les bandes a fait d'autres victimes, a priori innocentes celles-là. Grâce à elle, la police a en effet pu arrêter une centaine de manifestants dimanche 28 mars aux abords de la prison de la Santé, dans le XIVe arrondissement. Le site Arrêt sur Images, relayé par Rue89, a rapporté cette troublante affaire. La loi sur les bandes vise-t-elle aussi à restreindre le droit de manifester ?
Les 110 personnes interpellées participaient à une manifestation anti-carcérale, autorisée par la préfecture de police. Aucun heurts ni violences n'avaient été notés par les forces de police. La préfecture a par la suite précisé qu'une "une fusée de détresse marine a été tirée par un manifestant vers la vitre d'un appartement, et d'autres avaient enfilé des cagoules". D'après un manifestant, le tir n'était pas intentionnellement dirigé vers l'immeuble. La disproportion entre le prétexte retenu et l'ampleur des arrestations est manifeste. Selon des témoignages, l'interpellation massive semblait préméditée. Une soixantaine de personnes, sur la centaines, ont été ensuite placées en garde à vue pendant 24 heures, photographiées et interrogées. Un exercice de fichage collectif, rien de moins.
La loi autorise ces arrestations préventives: « Art. 222-14-2. - Le fait pour une personne de participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. »
Rumeurs... ou manipulations ?
L'implication des services de renseignements dans une affaire privée impliquant le président français tourne au ridicule, au règlement de compte au coeur de la Sarkofrance. La Société des journalistes du Journal du Dimanche n'a pas apprécié les propos menaçants du conseiller présidentiel Pierre Charon. Ce dernier justifiait le week-end dernier l'ampleur de la riposte élyséenne à la simple rumeur d'infidélités conjugales concernant Carla Bruni et Nicolas Sarkozy. Autre soupçon, le Canard Enchaîné faisait l'état de l'implication supposée de Rachida Dati dans la propagation, voire l'origine, des dites rumeurs. Et ce week-end, le JDD - toujours lui - en a rajouté une couche, en révélant que l'Elysée aurait demandé aux services de renseignements d'enquêter sur Mme Dati. On croit rêver... Lundi, un ancien ministre de Chirac est venu au secours de l'ex-Garde des Sceaux. Le président de SOS Racisme est aussi intervenu en soutien, voyant dans ces attaques contre Mme Dati une éventuelle manifestation de racisme.
Dimanche soir, Rachida Dati a nié toute implication: elle «proteste avec indignation contre les allégations de certains organes de presse lui prêtant une quelconque responsabilité dans la propagation de rumeurs absurdes et inadmissibles sur la vie privée du couple présidentiel». Au final, il semblerait que nous assistions, médusés ou amusés, à une nouvelle lutte de clans. La Firme, surnom donné au quarteron de proches de Nicolas Sarkozy revenu dans les coulisses de l'Elysée depuis le départ de Cécilia Sarkozy (Pierre Charon, Frédéric Lefebvre, Brice Hortefeux, Patrick Buisson), contre Rachida Dati.
La "firme" prépare l'élection de 2012, et certains gêneurs, qu'ils soient incompétents (Rachida Dati), inutiles (Catherine Pégard) ou impopulaires (Xavier Darcos) doivent être évacués.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
Sarkozy, hortefeux et la sécurité...
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lundi 5 avril 2010
Rachida Dati, le JDD, les blogs et le complot anti-sarkozyste
Rituellement, l'Elysée soupçonne, ou fait semblant de soupçonner, l'existence de complot contre la personne du président français. L'affaire Clearstream qui opposait Dominique de Villepin à Nicolas Sarkozy entre 2004 et 2007 s'est terminée dans les prétoires. Celle des rumeurs conjugales est la dernière en date. Elle promet d'être fameuse.
Pierre Charon débloque-t-il ?
Le Journal du Dimanche a récemment confirmé avoir porté plainte. L'un de ses collaborateurs, qui tenait un blog anonyme hébergé sur son site, avait relayé la polémique, lui donnant involontairement une fausse crédibilité journalistique pour les médias étrangers. Carla ne serait plus avec Nicolas, et ce dernier se serait rabattu sur Chantal. Bienvenue dans "Voici-land". Dans l'entourage du chef de l'Etat (UMP), on a attaqué les blogs, Twitter, et Internet.
Le JDD a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux, sur un autre motif que la diffamation, car l'Elysée l'a convaincu de procéder ainsi. Pierre Charon, conseiller sans affectation de Nicolas Sarkozy, ne s'en cache pas. L'homme des réseaux médiatiques et culturels du Monarque a été interrogé par Rue89. Il a déclaré:
La semaine dernière, Nicolas Sarkozy s'est servi de son périple américain pour s'afficher tendrement avec son épouse Carla. Une opération de communication devant photographes et journalistes qui ne trompe personne. En coulisses, l'Elysée a mobilisé les moyens qu'il faut : «la police a utilisé ses hackers pour remonter la source des ragots qui, en pleine campagne des régionales, ont menacé de déstabiliser le couple présidentiel», rapporte Le Monde. Les moyens de la lutte anti-terroriste pour une affaire de petite rumeur conjugale... Le monarque doit être enragé pour déclencher de telles opérations.
Le rôle trouble de Dati
La semaine dernière l'histoire a rebondi, et notamment sur le JDD. Laurent Valdiguié, enquêteur au JDD (on se souvient de son ouvrage très documenté sur le Canard Enchainé, rédigé avec Karl Laske de Libération), signe un article inquiétant : «Rachida Dati en disgrâce». Le journaliste affirme : « selon plusieurs sources, l’ancienne porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy est soupçonnée par l’Elysée d’avoir alimenté et même cautionné certaines rumeurs entourant le couple présidentiel.» Il reprend une révélation de la semaine du Canard Enchaîné, relayé par le Monde : «C'est la reine de l'intrigue, elle paie l'addition» aurait déclaré une source gouvernementale, prudemment anonyme.
Mais Laurent Valdguié confirme aussi que l'Elysée a envoyé les services secrets sur le dos de Rachida Dati : «selon nos informations, une enquête des services de renseignement français, remise au chef de l’Etat durant le week-end précédant le premier tour des Régionales, ciblerait notamment Rachida Dati dans la diffusion d’informations jugées malveillantes à l’Elysée.» Pendant la soirée du premier tour des élections régionales, l'ancienne ministre de la Justice s'est vue retirée sa voiture mise à disposition par le gouvernement, tout comme sa protection. Sur le coup, on soupçonnait Sarkozy de s'être simplement énervé de la voir commenter maladroitement la défaite de l'UMP. Ce soir-là, Dati serait donc rentrée chez elle par ses propres moyens... Il lui restait encore deux abonnements téléphoniques mobiles, l'un payé par l'Etat, l'autre par l'UMP. Au ministère de l'Intérieur, on assurait qu'il ne s'agissait pas d'une sanction.
Cette attaque, occulte, contre Rachida Dati ressemble à une farce, un vacarme, une distraction. Si Sarkozy souhaitait se venger de son ex-Garde des Sceaux, il n'avait nul besoin de mobiliser les forces de l'Etat. Il lui suffisait de faire fuiter le nom du père de la petite Zora.
L'Etat transformé en officine ?
Si on résume l'essentiel, Sarkozy mobilise des moyens de l'Etat pour débusquer les auteurs d'une rumeur sans importance nationale ni politique, une simple histoire privée qui, au pire, attaque sa réputation en le faisant passer pour cocu. Dans quel pays vivons-nous ?
Depuis juillet 2008, la DST et les RG ont été fusionnés pour donner naissance à la fameuse DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur), désormais rattachée à la Présidence de la République. L'an dernier, trois affaires à fort soupçon de manipulation gouvernementale ont frappé quelques esprits : celle des sondages de l'Elysée, où l'on apprenait en juillet, grâce à la Cour des Comptes, que l'Elysée rémunérait de façon occulte et directement des sondages ensuite publiés par certains médias sur des thèmes et des questionnaires préparés en son sein; l'affaire Dray, opportunément déclenchée au plus fort des contestations lycéennes, a aussi suscité nombre de questions; enfin, le Karachigate se rappelle régulièrement au mauvais souvenir de Sarkozy.
Qui parle de complot en Sarkofrance ?
Nicolas et Rachida (La Chanson du Dimanche s02e10)
envoyé par lachansondudimanche. - Regardez plus de vidéos comiques.
Pierre Charon débloque-t-il ?
Le Journal du Dimanche a récemment confirmé avoir porté plainte. L'un de ses collaborateurs, qui tenait un blog anonyme hébergé sur son site, avait relayé la polémique, lui donnant involontairement une fausse crédibilité journalistique pour les médias étrangers. Carla ne serait plus avec Nicolas, et ce dernier se serait rabattu sur Chantal. Bienvenue dans "Voici-land". Dans l'entourage du chef de l'Etat (UMP), on a attaqué les blogs, Twitter, et Internet.
Le JDD a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux, sur un autre motif que la diffamation, car l'Elysée l'a convaincu de procéder ainsi. Pierre Charon, conseiller sans affectation de Nicolas Sarkozy, ne s'en cache pas. L'homme des réseaux médiatiques et culturels du Monarque a été interrogé par Rue89. Il a déclaré:
« Avec Me Herzog, je suis intervenu auprès de sites Internet étrangers, notamment en Hollande, qui avaient repris cette rumeur en utilisant un vocabulaire porno.Maître Herzog est l'avocat de Nicolas Sarkozy. Pierre Charon voit loin : « le fait que ces rumeurs aient été relayées dans la presse en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suisse peut faire penser à un complot, alors que la France s'apprête, en 2011, à prendre la présidence du G20. On va faire une enquête pour savoir d'où viennent ces rumeurs. » Fichtre ! Voici la thèse d'un complot international, ourdi par des ennemis de l'intérieur et des puissances étrangères, pour nuire à l'organisation du prochain G20 par la France l'an prochain !
Mais une enquête de police judiciaire est plus sérieuse qu'un coup de fil. Olivier Jay [directeur de la rédaction du JDD, ndlr] est quelqu'un de charmant, mais dans cette affaire, il a été un peu dépassé.
Pour que la peur change de camp, il fallait qu'il y ait une procédure judiciaire. Maintenant, on va voir s'il n'y a pas une espèce de complot organisé, avec des mouvements financiers, pourquoi pas. »
La semaine dernière, Nicolas Sarkozy s'est servi de son périple américain pour s'afficher tendrement avec son épouse Carla. Une opération de communication devant photographes et journalistes qui ne trompe personne. En coulisses, l'Elysée a mobilisé les moyens qu'il faut : «la police a utilisé ses hackers pour remonter la source des ragots qui, en pleine campagne des régionales, ont menacé de déstabiliser le couple présidentiel», rapporte Le Monde. Les moyens de la lutte anti-terroriste pour une affaire de petite rumeur conjugale... Le monarque doit être enragé pour déclencher de telles opérations.
Le rôle trouble de Dati
La semaine dernière l'histoire a rebondi, et notamment sur le JDD. Laurent Valdiguié, enquêteur au JDD (on se souvient de son ouvrage très documenté sur le Canard Enchainé, rédigé avec Karl Laske de Libération), signe un article inquiétant : «Rachida Dati en disgrâce». Le journaliste affirme : « selon plusieurs sources, l’ancienne porte-parole de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy est soupçonnée par l’Elysée d’avoir alimenté et même cautionné certaines rumeurs entourant le couple présidentiel.» Il reprend une révélation de la semaine du Canard Enchaîné, relayé par le Monde : «C'est la reine de l'intrigue, elle paie l'addition» aurait déclaré une source gouvernementale, prudemment anonyme.
Mais Laurent Valdguié confirme aussi que l'Elysée a envoyé les services secrets sur le dos de Rachida Dati : «selon nos informations, une enquête des services de renseignement français, remise au chef de l’Etat durant le week-end précédant le premier tour des Régionales, ciblerait notamment Rachida Dati dans la diffusion d’informations jugées malveillantes à l’Elysée.» Pendant la soirée du premier tour des élections régionales, l'ancienne ministre de la Justice s'est vue retirée sa voiture mise à disposition par le gouvernement, tout comme sa protection. Sur le coup, on soupçonnait Sarkozy de s'être simplement énervé de la voir commenter maladroitement la défaite de l'UMP. Ce soir-là, Dati serait donc rentrée chez elle par ses propres moyens... Il lui restait encore deux abonnements téléphoniques mobiles, l'un payé par l'Etat, l'autre par l'UMP. Au ministère de l'Intérieur, on assurait qu'il ne s'agissait pas d'une sanction.
Cette attaque, occulte, contre Rachida Dati ressemble à une farce, un vacarme, une distraction. Si Sarkozy souhaitait se venger de son ex-Garde des Sceaux, il n'avait nul besoin de mobiliser les forces de l'Etat. Il lui suffisait de faire fuiter le nom du père de la petite Zora.
L'Etat transformé en officine ?
Si on résume l'essentiel, Sarkozy mobilise des moyens de l'Etat pour débusquer les auteurs d'une rumeur sans importance nationale ni politique, une simple histoire privée qui, au pire, attaque sa réputation en le faisant passer pour cocu. Dans quel pays vivons-nous ?
Depuis juillet 2008, la DST et les RG ont été fusionnés pour donner naissance à la fameuse DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur), désormais rattachée à la Présidence de la République. L'an dernier, trois affaires à fort soupçon de manipulation gouvernementale ont frappé quelques esprits : celle des sondages de l'Elysée, où l'on apprenait en juillet, grâce à la Cour des Comptes, que l'Elysée rémunérait de façon occulte et directement des sondages ensuite publiés par certains médias sur des thèmes et des questionnaires préparés en son sein; l'affaire Dray, opportunément déclenchée au plus fort des contestations lycéennes, a aussi suscité nombre de questions; enfin, le Karachigate se rappelle régulièrement au mauvais souvenir de Sarkozy.
Qui parle de complot en Sarkofrance ?
Nicolas et Rachida (La Chanson du Dimanche s02e10)
envoyé par lachansondudimanche. - Regardez plus de vidéos comiques.
dimanche 4 avril 2010
La peur a changé de camp
C'est un constat évident, en Sarkofrance. Certains à droite craignent pour leurs postes, ou la défaite de leur camp en 2012. D'autres pensent que Sarkozy n'est simplement plus l'homme de la situation.
La sortie
Alain Lambert, éphémère ministre du budget sous Chirac, sénateur UMP, et blogueur récalcitrant, a écrit une tribune sur le site de Public Sénat que Nicolas Sarkozy n'était pas le bon candidat de la droite pour 2012. Les termes sont rudes et lucides. Le sénateur-blogueur rappelle qu'il fut l'un des premiers soutiens de Nicolas Sarkozy, en 1995, quand ce dernier entama sa traversée du désert après l'échec d'Edouard Balladur à l'élection présidentielle.
La rumeur
Autre terrain, privé celui-là, autre attaque, publique une nouvelle fois. Les stratèges de la présidence ont décidé de faire la peau (judiciaire) aux auteurs de la rumeur sur les infidélités conjugale du couple Sarkozy. "Nous voulons aller jusqu'au bout pour que cela ne se reproduise plus jamais. Comme on dit, la peur doit changer de camp" aurait expliqué Pierre Charon, conseiller du président. "Nous faisons de cette ignominie un casus belli".
Une plainte a donc été déposée par le Journal du Dimanche, selon le parquet de Paris, pour "introduction frauduleuse de données dans un système informatique". Il est amusant de voir Pierre Charon se poser ainsi en chantre de l'éthique en politique. "Sarkozy ne se trompe pas en disant « qu'il vaut mieux l'avoir près que loin de soi »" écrivait le Point il y a un an.
La sortie
Alain Lambert, éphémère ministre du budget sous Chirac, sénateur UMP, et blogueur récalcitrant, a écrit une tribune sur le site de Public Sénat que Nicolas Sarkozy n'était pas le bon candidat de la droite pour 2012. Les termes sont rudes et lucides. Le sénateur-blogueur rappelle qu'il fut l'un des premiers soutiens de Nicolas Sarkozy, en 1995, quand ce dernier entama sa traversée du désert après l'échec d'Edouard Balladur à l'élection présidentielle.
Me voilà convoqué au tribunal médiatique pour antisarkozysme primaire ! A noter que l’expression est issue d’un tweet émanant d’un compte à la gloire de… Lionel Jospin ! L’auteur de ce tweet ne prétendrait pas lui-même être le mieux placé pour commenter ma relation avec le président de la République.On la cherche toujours la droite anti-sarkozyste. Mais ces dernières semaines, elle s'est quelque peu manifestée. Les langues se sont déliées. La peur a changé de camp. A droite, on se risque à penser que Sarkozy va faire perdre l'UMP en 2012. En fait, on pourrait croire que les "opposants de l'intérieur" se sont dévoilés trop tôt. Il n'a pas fallu attendre une semaine après les déclarations de candidature aux primaires de l'UMP d'Alain Juppé pour qu'un sondage (commandé par l'Elysée ?) torpille la popularité de l'imprudent.
Séduit par sa personnalité, et bien qu’à l’UDF et lui au RPR, je l’ai soutenu dès 1992 et surtout en 1995 lorsqu’il était très isolé. Bien avant l’immense majorité de la cour qui le flatte aujourd’hui et l’entretient dans une perception de la France qui n’est pas la mienne.
Durant toute la campagne régionale, je me suis tu, soucieux de ne pas pénaliser nos valeureux candidats déjà à l’épreuve sur le front des critiques. Me réservant d’attendre les résultats afin de les analyser lucidement.
Le temps est venu de le faire.
Qu’avons-nous entendu pendant la campagne : des électeurs déboussolés, se sentant méprisés, tenus pour quantité négligeable, priés d’applaudir à des décisions aussi discutables que des taxes nouvelles, l’ouverture à gauche débridée, des paroles aussi surprenantes que « le Parlement, je m’en moque, j’ai décidé ». Bref, un comportement désinvolte, irrespectueux de ceux qui avaient porté à la présidence de la France un homme dont le premier geste fut de se rendre au … Fouquet’s ! Quel symbole !
Pour ma part, j’ai toujours considéré qu’il était plus loyal d’exprimer franchement ma pensée. Même si ce n’est pas une pratique courante dans le milieu politique.
Si le président de la République n’est pas seul en cause dans l’échec des régionales, il l’est pour une partie non négligeable. Et il a eu le grand tort de ne pas le reconnaître avec humilité devant les Français.
Et quel ne fut pas mon émoi quand a commencé le concert des hypocrites, dès le lendemain du scrutin, pour dire qu’il restait notre sauveur à tous et qu’il fallait surtout nous rassembler tous derrière lui, l’irremplaçable candidat pour 2012. Mon avis est qu’aujourd’hui il n’est pas en situation de faire gagner nos idées en 2012.
Alors, à quoi sert-il de le lui faire croire ?
Sinon à le faire persister dans ses méthodes qu’il croit bonnes depuis 3 ans et qui nous entrainent tout droit dans l’abîme.
Je pense au contraire nécessaire que ceux qui sont capables d’assumer cette fonction se préparent à prendre la relève, s’il vient à dévisser complètement, ce qui n’est pas totalement à exclure à raison des désastreux sondages qui pleuvent chaque jour désormais.
Faisons simple, pourquoi les premiers ministres Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin et François Fillon ne se rencontreraient-ils pas pour envisager toutes les éventualités ? Il n’est pas impossible qu’ils aient une vision différente des choses, mais au moins une réflexion s’engagerait sans tabous et surtout dans l’exclusif intérêt supérieur du pays.
Sans doute suis-je naïf ? Non me soufflent certains, juste provocateur.
Mais je ne pense pas que dire sa propre vérité soit coupable en politique. Dès lors qu’il ne s’agit pas de vouloir l’imposer aux autres !
Pour moi, l’antisarkozysme, actuellement en germe, se nourrit surtout du soutien hypocritement inconditionnel qui sévit autour du Président.
La rumeur
Autre terrain, privé celui-là, autre attaque, publique une nouvelle fois. Les stratèges de la présidence ont décidé de faire la peau (judiciaire) aux auteurs de la rumeur sur les infidélités conjugale du couple Sarkozy. "Nous voulons aller jusqu'au bout pour que cela ne se reproduise plus jamais. Comme on dit, la peur doit changer de camp" aurait expliqué Pierre Charon, conseiller du président. "Nous faisons de cette ignominie un casus belli".
Une plainte a donc été déposée par le Journal du Dimanche, selon le parquet de Paris, pour "introduction frauduleuse de données dans un système informatique". Il est amusant de voir Pierre Charon se poser ainsi en chantre de l'éthique en politique. "Sarkozy ne se trompe pas en disant « qu'il vaut mieux l'avoir près que loin de soi »" écrivait le Point il y a un an.
samedi 3 avril 2010
152ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy va-t-il survivre au sarkozyme ?
La question est posée. Cette semaine, le Monarque s’est échappé aux Etats-Unis pour retrouver un peu de stature présidentielle auprès de son homologue américain. En France, le camp majoritaire s’est donné à cœur joie de casser un peu plus les dogmes sarkozyens. Après la lutte contre l’insécurité (son « ADN » électoral), la revalorisation du travail, la réforme pénale, la défense de l’environnement, voici le paquet fiscal qui a été sérieusement attaqué.
Voyage privé, bling bling à tous les étages
La mise en scène était énorme et rodée, la rencontre artificielle et inutile. Nicolas Sarkozy, tel «un petit garçon» comme l'avait qualifié Patrick Poivre d'Arvor un 14 juillet de 2007, avait insisté, tapé du pied pour avoir son dîner chez les Obama. Il l'a eu. Pour habiller l'évènement, il s'est rendu avec une trentaine d'heures d'avance à New York, pour flâner avec son épouse, l'embrasser devant les caméras, et discourir une vingtaine de minutes à l'université de Columbia comme s'il s'agissait de l'enceinte de l'ONU.de son côté, l'Elysée mettait en ligne, dès lundi, une nouvelle version toute moderne du site internet de la Présidence, un copié-collé efficace, narcissique et ridicule du site de la Maison Blanche.
Nicolas Sarkozy lundi représentait la France, et la presse américaine a retenu la machine à Nespresso qu'il exigea, le sac à main Dior de Carla Bruni, et la mauvaise boutade sur le retard américain à se doter d'une assurance maladie digne de ce nom. Le lendemain, Barack Obama, flegmatique, lui a tout donné: sourire, écoute, (fausse) convivialité. Le New York Times s'est ensuite demandé quelle facture Sarkozy allait devoir régler, maintenant qu'Obama avait tenté de redresser la stature présidentielle d'un Monarque français fatigué et déconsidéré dans son pays.
En France, son secrétaire d'Etat à la Coopération s'est fait épinglé pour un voyage en jet privé à 116 000 euros pour cause d'emploi du temps chargé. Un autre de ses collègue avait aussi préféré le confort d'un voyage luxueux à 138 000 euros pour rejoindre illico Paris depuis Washington, et assister à un cocktail à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy. En Sarkofrance, les efforts ne sont pas pour tout le monde.
Bouclier fiscal contre bouclier électoral
En France, les élus UMP ont peur, pour leur poste. Jean-Pierre Raffarin sénateur et ancien premier ministre, pourtant fidèle soutien du Monarque a qualifié d'impasse institutionnelle la situation de Sarkozy. Les sondages se suivent et se ressemblent: la popularité de Sarkozy est au plus bas. Le dernier le place à 28% d'opinions favorables. Quand il n'était qu'à 40%, les conseillers et proches du Monarque répétait que ce n'était pas si terrible que cela. Le Monarque touche le fond, mais ne le réalise pas. Son impopularité stimule les vocations. Alain Juppé se déclare candidat aux primaires, et affiche son doute quant au maintien du bouclier fiscal qui épargne les "très riches" en pleine crise. Copé reconnaît s'interroger, lui qui était ministre du Budget quand il fut créé sous Jacques Chirac. En 2009, le dit bouclier a coûté 585 millions d'euros pour 16 000 foyers, et 979 d'entre eux (6%) ont récupéré 63% des sommes. Pour 2010, François Baroin a laissé entendre sur Europe1 qu'il pourrait s'élever à « 650 à 700 millions d’euros » (soit 20% de plus qu'en 2009...)
Les inégalités de revenus se sont rappelées au (mauvais) souvenir de tout le monde en fin de semaine. L’INSEE a publié deux études, au pire moment pour Nicolas Sarkozy. L’une, sur les très hauts salaires du secteur privé, révèle qu’en 2007, 1% des salariés à temps complet les mieux rémunérés touchaient ainsi 7 fois plus que la moyenne, soit 215 600 euros bruts par an. Cet écart s’est aggravé depuis le début des années 1990, à cause de la mondialisation. Cette dernière pénalise le bas de l’échelle, concurrencée par les bas salaires des pays pauvres ou émergents. Le constat percute l’argument sarkozyen de la campagne électorale de 2007 selon lequel on ne pouvait pas s’enrichir en France à cause des multiples freins fiscaux et sociaux. Entre 2004 et 2007, le nombre de personnes dépassant les 100.000 euros de revenus annuels a crû de 28%, et celui dépassant les 500.000 euros de 70%. Qui dit mieux ? Un économiste de Natixis interrogé par l’Expansion a une formule fameuse : « les inégalités de revenus se situent au niveau d'avant la crise de 1929 ». La crise depuis 2008 n’a rien arrangé, bien au contraire.
L’autre étude, sur les revenus et patrimoine des ménages, est autrement plus dérangeantes. L’attaque contre le bouclier fiscal n’en est que plus sévère. Ce dernier amplifie ces inégalités. De surcroît, il se calcul sur le revenu net, c'est-à-dire après allègements divers et variés rendus possibles par toutes sortes de niches fiscales, un point relevé par Ségolène Royal cette semaine sur CANAL+.
Un programme attaqué de toutes parts
Une à une, les contreréformes sarkozyennes ont été ou sont mises à mal. Le paquet fiscal de l'été 2007 est attaqué de partout. Il ne représente pourtant que 7,2 milliards d'euros par, et non 13 à 15 milliards comme annoncé imprudemment en 2007. La défiscalisation des heures supplémentaires a été coûteuse, contre-productive et finalement anachronique. Quand nous l'écrivions en 2008, nous étions traités d'anti-sarkozystes primaires et frileux devant les réformes. Les heures supplémentaires, à 727 millions en 2008, représentaient l'équivalent de 466 000 emplois à temps complet. Leur défiscalisation partielle a coût 3 milliards d'euros au budget de l'Etat. Connaissez-vous une politique de soutien du travail aussi destructive d'emplois ? Cette semaine, l'exacte même critique est venue de Jean Arthuis, sénateur centriste : «l'exonération n'a eu aucun effet sur le volume d'heures supplémentaires. Cette mesure (...) est une usine à gaz pour contourner les 35 heures.»
Même la défiscalisation des intérêts d'emprunt immobilier a été un cadeau inutile : la pénurie de logements a bloqué les prix de l'immobilier à un niveau hors d'atteinte pour l'immense majorité des ménages: de janvier à juin 2008, les crédits immobiliers ont quand même chuté de 11%. La crise financière, en fragilisant les revenus et le crédit disponible, a achevé le dispositif. Gilles Carrez, rapporteur UMP du budget à l'Assemblée Nationale, en a fustigé le coût: 280 millions d'euros en 2008, un milliard en 2009, 1,5 milliard en 2010 et près de trois milliards en 2013. « Dans les circonstances actuelles, ce n'est pas très raisonnable» a-t-il commenté.
Nombre de cadeaux fiscaux sont enfin dans la ligne de mire des critiques, à droite comme à gauche : la baisse de la TVA pour la restauration (3 milliards d'euros par an, pour sauver 50 000 emplois, soit 60 000 euros par an et par emploi), l'imposition réduite des bons et contrats de capitalisation et d'assurance-vie (3 milliards d'euro), le crédit d'impôt recherche (4 milliards d'euros), le taux réduit de TVA à 5,5% pour les travaux dans les logements de plus de deux ans (15,5 milliards d'euros), etc.
Mercredi, le Monarque a reçu une grosse centaine de parlementaires de l'UMP: «Ne touchez pas au bouclier fiscal.» Sarko lâche quand même : «Si on y touchait, je choisirais moi-même le terrain, le moment et l’enjeu.» Il n'entend pas les critiques, et reste accroché à ses totems idéologiques. Il surprend Fillon et Copé en annonçant qu'il recevrait désormais ses parlementaires tous les mois pour «débriefer.» L'UMP est plus que jamais sous tutelle. Mais la bataille contre le bouclier fiscal ne fait que commencer.
Obstination migratoire
Mercredi, Eric Besson a présenté en Conseil des Ministres un projet de loi, le cinquième en 7 ans, renforçant les conditions de rétention et d’éloignement des sans-papier: les zones de détention sont étendues à n'importe quel lieu où sont arrêtés les sans papiers. L'administration validera en premier la légalité de l'expulsion éventuelle. Le juge des libertés et de la détention (JLD) ne pourra être saisi qu'après, dans un délai raccourci, pour se prononcer sur la poursuite ou non de la détention et la légalité de l'interpellation. On expulse d'abord, on juge ensuite. Bravo ! Le tribunal administratif pourra même prononcer « une interdiction de retour sur l'ensemble du territoire européen d'une durée maximale de cinq ans ». La durée maximale de rétention administrative sera portée de 32 à 45 jours. Besson s'abrite derrière les réglementations plus restrictives de certains de certains voisins européens.
Comme le notent Martine Billard, Noël Mamère, et Sandrine Mazetier, dans une tribune publiée par Le Monde mercredi 31 mars, la politique migratoire est l’un des rares terrains où aucun audit général de ses moyens, missions et réalisations n’a été effectué. L’environnement a eu son Grenelle, les retraites auront leur « débat », le Grand Emprunt ou la taxe carbone ont eu leurs commissions d’experts. On pourrait multiplier les exemples où la « concertation », « l’audit » et le « débat » ont été portés aux nues par Nicolas Sarkozy. L’immigration, comme la fiscalité, en sont restés curieusement exemptées, tels des totems idéologiques intouchables. Pourtant, les questions sont nombreuses, et certaines réponses ont été malgré tout obtenues quasi-clandestinement : l’expulsion des clandestins est-elle « rentable » (à près de 30 000 euros le sans-papier) ? Quelle est la contribution économique des travailleurs immigrés, avec ou sans papier, en termes de cotisations, d’impôts et de consommation ? Quel est leur impact réel sur l’emploi ? Décourager le regroupement familial est-il « rentable » ou pas ? Le ministre de l’identité nationale s’abrite tantôt derrière des cas parfois réels mais toujours anecdotiques et non chiffrés (cf les mariages gris), tantôt derrière des menaces fantasmées. Jamais il n'avance d’études précises.
Et le bouclier sécuritaire ?
Une opération coup de poing contre des trafics de drogue à Tremblay-en-France et un mauvais reportage de TF1 ont échauffé les esprits dans cette petite ville de Seine Saint Denis. Un bus est caillassé et un autre incendié à coups de cocktails Molotov. Brice Hortefeux contient sa rage. Il dénonce les petites crapules. Vendredi, Nicolas Sarkozy prévient qu'il veut «intensifier les opérations coups de poings dans les cités sensibles». La médiatisation des actions sécuritaires incite les criminels à médiatiser leurs méfaits. On se croirait dans un mauvais western. Sarkozy ferait mieux de doter la police de moyens. En trois ans, le gouvernement Sarkozy a supprimé plus de 9000 postes de policiers et gendarmes. Il en reste plus de 11 000 à supprimer entre 2009 et 2012 dans les plans gouvernementaux. Hortefeux promet aussi 25 000 caméras de plus dans les trains et les gares. La France compte déjà 400 000 caméras autorisées.
A quoi sert la video-surveillance si on n'a pas assez de personnel derrière les écrans ?
Fiscalité, sécurité, emploi, le programme sarkozyen de 2007 a échoué sur tous les plans. Le Monarque s'accroche encore, et a déplacé toute son action, toute son attention en direction de l'UMP. La campagne de 2012 a démarré, et la France n'a plus de président de la République... avec deux ans d'avance.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
Voyage privé, bling bling à tous les étages
La mise en scène était énorme et rodée, la rencontre artificielle et inutile. Nicolas Sarkozy, tel «un petit garçon» comme l'avait qualifié Patrick Poivre d'Arvor un 14 juillet de 2007, avait insisté, tapé du pied pour avoir son dîner chez les Obama. Il l'a eu. Pour habiller l'évènement, il s'est rendu avec une trentaine d'heures d'avance à New York, pour flâner avec son épouse, l'embrasser devant les caméras, et discourir une vingtaine de minutes à l'université de Columbia comme s'il s'agissait de l'enceinte de l'ONU.de son côté, l'Elysée mettait en ligne, dès lundi, une nouvelle version toute moderne du site internet de la Présidence, un copié-collé efficace, narcissique et ridicule du site de la Maison Blanche.
Nicolas Sarkozy lundi représentait la France, et la presse américaine a retenu la machine à Nespresso qu'il exigea, le sac à main Dior de Carla Bruni, et la mauvaise boutade sur le retard américain à se doter d'une assurance maladie digne de ce nom. Le lendemain, Barack Obama, flegmatique, lui a tout donné: sourire, écoute, (fausse) convivialité. Le New York Times s'est ensuite demandé quelle facture Sarkozy allait devoir régler, maintenant qu'Obama avait tenté de redresser la stature présidentielle d'un Monarque français fatigué et déconsidéré dans son pays.
En France, son secrétaire d'Etat à la Coopération s'est fait épinglé pour un voyage en jet privé à 116 000 euros pour cause d'emploi du temps chargé. Un autre de ses collègue avait aussi préféré le confort d'un voyage luxueux à 138 000 euros pour rejoindre illico Paris depuis Washington, et assister à un cocktail à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy. En Sarkofrance, les efforts ne sont pas pour tout le monde.
Bouclier fiscal contre bouclier électoral
En France, les élus UMP ont peur, pour leur poste. Jean-Pierre Raffarin sénateur et ancien premier ministre, pourtant fidèle soutien du Monarque a qualifié d'impasse institutionnelle la situation de Sarkozy. Les sondages se suivent et se ressemblent: la popularité de Sarkozy est au plus bas. Le dernier le place à 28% d'opinions favorables. Quand il n'était qu'à 40%, les conseillers et proches du Monarque répétait que ce n'était pas si terrible que cela. Le Monarque touche le fond, mais ne le réalise pas. Son impopularité stimule les vocations. Alain Juppé se déclare candidat aux primaires, et affiche son doute quant au maintien du bouclier fiscal qui épargne les "très riches" en pleine crise. Copé reconnaît s'interroger, lui qui était ministre du Budget quand il fut créé sous Jacques Chirac. En 2009, le dit bouclier a coûté 585 millions d'euros pour 16 000 foyers, et 979 d'entre eux (6%) ont récupéré 63% des sommes. Pour 2010, François Baroin a laissé entendre sur Europe1 qu'il pourrait s'élever à « 650 à 700 millions d’euros » (soit 20% de plus qu'en 2009...)
Les inégalités de revenus se sont rappelées au (mauvais) souvenir de tout le monde en fin de semaine. L’INSEE a publié deux études, au pire moment pour Nicolas Sarkozy. L’une, sur les très hauts salaires du secteur privé, révèle qu’en 2007, 1% des salariés à temps complet les mieux rémunérés touchaient ainsi 7 fois plus que la moyenne, soit 215 600 euros bruts par an. Cet écart s’est aggravé depuis le début des années 1990, à cause de la mondialisation. Cette dernière pénalise le bas de l’échelle, concurrencée par les bas salaires des pays pauvres ou émergents. Le constat percute l’argument sarkozyen de la campagne électorale de 2007 selon lequel on ne pouvait pas s’enrichir en France à cause des multiples freins fiscaux et sociaux. Entre 2004 et 2007, le nombre de personnes dépassant les 100.000 euros de revenus annuels a crû de 28%, et celui dépassant les 500.000 euros de 70%. Qui dit mieux ? Un économiste de Natixis interrogé par l’Expansion a une formule fameuse : « les inégalités de revenus se situent au niveau d'avant la crise de 1929 ». La crise depuis 2008 n’a rien arrangé, bien au contraire.
L’autre étude, sur les revenus et patrimoine des ménages, est autrement plus dérangeantes. L’attaque contre le bouclier fiscal n’en est que plus sévère. Ce dernier amplifie ces inégalités. De surcroît, il se calcul sur le revenu net, c'est-à-dire après allègements divers et variés rendus possibles par toutes sortes de niches fiscales, un point relevé par Ségolène Royal cette semaine sur CANAL+.
Un programme attaqué de toutes parts
Une à une, les contreréformes sarkozyennes ont été ou sont mises à mal. Le paquet fiscal de l'été 2007 est attaqué de partout. Il ne représente pourtant que 7,2 milliards d'euros par, et non 13 à 15 milliards comme annoncé imprudemment en 2007. La défiscalisation des heures supplémentaires a été coûteuse, contre-productive et finalement anachronique. Quand nous l'écrivions en 2008, nous étions traités d'anti-sarkozystes primaires et frileux devant les réformes. Les heures supplémentaires, à 727 millions en 2008, représentaient l'équivalent de 466 000 emplois à temps complet. Leur défiscalisation partielle a coût 3 milliards d'euros au budget de l'Etat. Connaissez-vous une politique de soutien du travail aussi destructive d'emplois ? Cette semaine, l'exacte même critique est venue de Jean Arthuis, sénateur centriste : «l'exonération n'a eu aucun effet sur le volume d'heures supplémentaires. Cette mesure (...) est une usine à gaz pour contourner les 35 heures.»
Même la défiscalisation des intérêts d'emprunt immobilier a été un cadeau inutile : la pénurie de logements a bloqué les prix de l'immobilier à un niveau hors d'atteinte pour l'immense majorité des ménages: de janvier à juin 2008, les crédits immobiliers ont quand même chuté de 11%. La crise financière, en fragilisant les revenus et le crédit disponible, a achevé le dispositif. Gilles Carrez, rapporteur UMP du budget à l'Assemblée Nationale, en a fustigé le coût: 280 millions d'euros en 2008, un milliard en 2009, 1,5 milliard en 2010 et près de trois milliards en 2013. « Dans les circonstances actuelles, ce n'est pas très raisonnable» a-t-il commenté.
Nombre de cadeaux fiscaux sont enfin dans la ligne de mire des critiques, à droite comme à gauche : la baisse de la TVA pour la restauration (3 milliards d'euros par an, pour sauver 50 000 emplois, soit 60 000 euros par an et par emploi), l'imposition réduite des bons et contrats de capitalisation et d'assurance-vie (3 milliards d'euro), le crédit d'impôt recherche (4 milliards d'euros), le taux réduit de TVA à 5,5% pour les travaux dans les logements de plus de deux ans (15,5 milliards d'euros), etc.
Mercredi, le Monarque a reçu une grosse centaine de parlementaires de l'UMP: «Ne touchez pas au bouclier fiscal.» Sarko lâche quand même : «Si on y touchait, je choisirais moi-même le terrain, le moment et l’enjeu.» Il n'entend pas les critiques, et reste accroché à ses totems idéologiques. Il surprend Fillon et Copé en annonçant qu'il recevrait désormais ses parlementaires tous les mois pour «débriefer.» L'UMP est plus que jamais sous tutelle. Mais la bataille contre le bouclier fiscal ne fait que commencer.
Obstination migratoire
Mercredi, Eric Besson a présenté en Conseil des Ministres un projet de loi, le cinquième en 7 ans, renforçant les conditions de rétention et d’éloignement des sans-papier: les zones de détention sont étendues à n'importe quel lieu où sont arrêtés les sans papiers. L'administration validera en premier la légalité de l'expulsion éventuelle. Le juge des libertés et de la détention (JLD) ne pourra être saisi qu'après, dans un délai raccourci, pour se prononcer sur la poursuite ou non de la détention et la légalité de l'interpellation. On expulse d'abord, on juge ensuite. Bravo ! Le tribunal administratif pourra même prononcer « une interdiction de retour sur l'ensemble du territoire européen d'une durée maximale de cinq ans ». La durée maximale de rétention administrative sera portée de 32 à 45 jours. Besson s'abrite derrière les réglementations plus restrictives de certains de certains voisins européens.
Comme le notent Martine Billard, Noël Mamère, et Sandrine Mazetier, dans une tribune publiée par Le Monde mercredi 31 mars, la politique migratoire est l’un des rares terrains où aucun audit général de ses moyens, missions et réalisations n’a été effectué. L’environnement a eu son Grenelle, les retraites auront leur « débat », le Grand Emprunt ou la taxe carbone ont eu leurs commissions d’experts. On pourrait multiplier les exemples où la « concertation », « l’audit » et le « débat » ont été portés aux nues par Nicolas Sarkozy. L’immigration, comme la fiscalité, en sont restés curieusement exemptées, tels des totems idéologiques intouchables. Pourtant, les questions sont nombreuses, et certaines réponses ont été malgré tout obtenues quasi-clandestinement : l’expulsion des clandestins est-elle « rentable » (à près de 30 000 euros le sans-papier) ? Quelle est la contribution économique des travailleurs immigrés, avec ou sans papier, en termes de cotisations, d’impôts et de consommation ? Quel est leur impact réel sur l’emploi ? Décourager le regroupement familial est-il « rentable » ou pas ? Le ministre de l’identité nationale s’abrite tantôt derrière des cas parfois réels mais toujours anecdotiques et non chiffrés (cf les mariages gris), tantôt derrière des menaces fantasmées. Jamais il n'avance d’études précises.
Et le bouclier sécuritaire ?
Une opération coup de poing contre des trafics de drogue à Tremblay-en-France et un mauvais reportage de TF1 ont échauffé les esprits dans cette petite ville de Seine Saint Denis. Un bus est caillassé et un autre incendié à coups de cocktails Molotov. Brice Hortefeux contient sa rage. Il dénonce les petites crapules. Vendredi, Nicolas Sarkozy prévient qu'il veut «intensifier les opérations coups de poings dans les cités sensibles». La médiatisation des actions sécuritaires incite les criminels à médiatiser leurs méfaits. On se croirait dans un mauvais western. Sarkozy ferait mieux de doter la police de moyens. En trois ans, le gouvernement Sarkozy a supprimé plus de 9000 postes de policiers et gendarmes. Il en reste plus de 11 000 à supprimer entre 2009 et 2012 dans les plans gouvernementaux. Hortefeux promet aussi 25 000 caméras de plus dans les trains et les gares. La France compte déjà 400 000 caméras autorisées.
A quoi sert la video-surveillance si on n'a pas assez de personnel derrière les écrans ?
Fiscalité, sécurité, emploi, le programme sarkozyen de 2007 a échoué sur tous les plans. Le Monarque s'accroche encore, et a déplacé toute son action, toute son attention en direction de l'UMP. La campagne de 2012 a démarré, et la France n'a plus de président de la République... avec deux ans d'avance.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
Libellés :
chroniques,
Opinion,
sarkofrance,
Sarkozy
vendredi 2 avril 2010
Sarkozy, Besson, Hortefeux, Joyandet, les derniers autistes de Sarkofrance.
Curieuses journées en Sarkofrance. Un monarque, de retour d'une visite people aux Etats Unis, est secoué de retour en France mais reprend en main son camp. Un secrétaire d'Etat claque une centaine de SMIC pour un voyage en jet privé à cause d'un emploi du temps chargé; un mensonge de Brice Hortefeux sur les moyens de la police, alors que les bus crament à Tremblay-en-France; un ministre Besson sans humour et avec sa nouvelle loi.
Rien ne change en Sarkofrance.
L'UMP sous tutelle présidentielle
«Le bouclier fiscal gèle les hausses d'impôts» a expliqué Alain Madelin. Le libéral de l'UMP, politiquement silencieux depuis quelques lustres, a raison. C'est bien là le problème. Tout effort d'impôt ne sera supporté par les non-bénéficiaires du bouclier fiscal. En 2009, «Un peu moins de 1.000 ménages, qui possèdent les plus hauts patrimoines ont capté, à eux seuls, 63% du coût du dispositif (368 millions d’euros)» a expliqué le quotidien Les Echos. Nicolas Sarkozy n'entend pas les critiques, accroché qu'il est à l'un de ses derniers totems. Mercredi après-midi, il a oublié qu'il était président de la République. Chef de l'UMP, il a fait taire les récalcitrants. Quelques 150 parlementaires UMP avaient séché l'invitation présidentielle. Sarkozy a surpris Copé en annonçant qu'il recevrait désormais ses parlementaires tous les mois pour «débriefer.» L'UMP est plus que jamais sous tutelle. Copé apprécie peu.
Sarkozy était tel que lui-même. Il n'a pas changé. Recevant le lendemain les têtes de listes UMP défaites (sauf une) aux élections régionales, il a joué les bravaches : «En 1999, quand j'ai perdu les élections européennes, on m'appelait “Monsieur 12%”, et trois ans plus tard j'étais le ministre le plus populaire du gouvernement.» Sarkozy n'a rien compris, rien retenu. Mais il ne le sait pas. Il se croit toujours infaillible, the right man at the right place.
Rien ne change en Sarkofrance.
La facture afghane...
Les communicants de l'Elysée cacheront tant bien que mal cette analyse du New York Times après la la visite ultra-médiatisée de Nicolas chez Barack: «Nicolas Sarkozy a obtenu presque tout ce qu’il pouvait espérer de sa visite aux Etats-Unis, les 29 et 30 mars. Il devrait maintenant songer à rendre la politesse au président des Etats-Unis en renforçant la présence des troupes françaises en Afghanistan. Avec une cote de popularité au plus bas et après la déroute des élections régionales, le chef de l’Etat français avait besoin d’un coup de pouce.» Le constat est cruel. Obama a sauvé la mise (médiatique) d'un président politiquement vieillissant et hors jeu. On attend donc l'addition.
... ou la facture du gaz
Alors qu'on parle de sauvegarde des économies d'impôt d'une quinzaine de milliers de contribuables, des millions d'autres subissent une hausse de 10% des prix du gaz à compter du 1er avril, soit 12 euros par an en moyenne par foyer cuisinant au gaz; 25 euros pour ceux qui l'utilisent aussi pour l'eau chaude, et 85 euros pour ceux qui l'utilisent en chauffage complet. Cette décision a été avalisée par la Commission de régulation de l'Energie ... sur proposition de GDF Suez.
Jet privé ...
Alain Joyandet a dépensé 116 000 euros pour partir en jet privé assister à une conférence en Martinique sur HaïtI. On se souvient des 138 000 euros d'un autre voyage en jet privé pour ministre pressé. En 2008, Christian Estrosi avait ainsi préféré le confort du voyage luxueux et sur-mesure pour rejoindre illico Paris depuis Washington, et assister à un cocktail à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy. A l'époque, il n'était que secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer... comme Alain Joyandet. Un virus ?
Rien ne change en Sarkofrance.
... ou mensonge public
Lundi 29 mars, Brice Hortefeux a menti par omission. En visite dans un commissariat, il a promis le recrutement de 1500 adjoints de sécurité. On accuse depuis des mois le gouvernement Sarkozy de réduire les effectifs de la police nationale et de la gendarmerie. C'est tout simplement vrai. Même le Parti Socialiste s'en est rendu compte. Lundi dernier, le ministre de l'intérieur voulait faire impression et taire les critiques. Le Figaro a les mots doux pour célébrer la nouvelle, "acquise de haute lutte par le ministre de l'Intérieur à Matignon et à l'Élysée avec le soutien de Nicolas Sarkozy". Manque de chance ! C'est raté. Brice Hortefeux annonce les recrutements, mais oublie de parler des départs, et notamment le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. En trois ans, le gouvernement Sarkozy a supprimé plus de 9000 postes de policiers et gendarmes. Il en reste plus de 4000 à supprimer d'ici 2012 dans les plans gouvernementaux.
Jeudi, le ministre était contraint, à nouveau, de jouer les faux gros bras, à Tremblay-en-France. Le maire (communiste) réclame des moyens. La police venait d'intervenir contre des trafics de drogue. Une chaîne de télévision, la première, a diffusé un reportage alarmiste. Un bus a été cramé, un autre caillassé. Un fait divers pas si divers que cela qui met à mal le discours d'efficacité sécuritaire de Sarkofrance. «Ces petits voyous n'auront pas de territoires à eux» s'est énervé Brice Hortefeux sur place, avant de repartir. Le ministre joue les bravaches devant les caméras. Pourrait-il simplement donner des moyens à la police ?
Rien ne change en Sarkofrance.
Père sans-papier expulsé...
Mardi 30 mars, des parents d'élèves ont occupé l’école maternelle Gilbert-Dru, dans le 7ème arrondissement de Lyon. Ils entendaient soutenir Guilherme Hauka Anzaka, un père angolais menacé d’expulsion par les polices de Sarkofrance. Il a été interpelé il y a 10 jours, chez lui, et devrait être expulsé ce week-end. Il vit avec ses deux enfants nés en France, et les deux aînés de sa compagne, régularisée en 2005. Ces derniers resteront. Seuls.
Rien ne change. Eric Besson vient de présenter son mauvais projet en Conseil des Ministres, qui durcit les procédures d'éloignements. Personne en Sarkofrance n'a jamais dressé le bilan chiffré de cette politique. Besson était pourtant chargé de l'évaluation des politiques publiques, dans les premiers mois de sa présence au gouvernement.
... et homo exclus
Les sénateurs UMP ont refusé une proposition de loi socialiste visant à légaliser l'homo-adoption. Dix ans après l'hostilité de la droite de l'époque contre le PACS, rien n'a changé. En fait, l'hypocrisie UMPiste était manifeste : la proposition prévoyait la possibilité d'adopter par des Pacsés depuis 2 ans au moins. «Vous craignez que ce texte officialise indirectement l'homoparentalité», a critiqué le socialiste Richard Yung. «Pas du tout» a répliqué Marie-Hélène Des Esgaulx. Vraiment ?
Rien ne change en Sarkofrance.
Besson, pas drôle
Eric Besson a traité Stéphane Guillon de facho et raciste. Il l'a écrit, noir sur blanc, dans une tribune publié par Libération: «J’ai dénoncé, je persiste et signe, des méthodes et des propos de facho, mal déguisés sous un look bobo et une vulgate supposée gaucho». Sans humour ni recul, Eric Besson a pris la chronique de l'humoriste de France Inter, , il y a dix jours, au premier degré. Il s'est accroché comme une moule à son rocher au «yeux de fouine d'Eric Besson, et son menton fuyant» moqué par Guillon. Le président de Radio France s'est lui aussi saisi du Monde, pour justifier ses excuses publiques au ministre de l'identité nationale. Son texte est louable, bien mené, bien argumenté. On ne l'accusera pas d'être liberticide. Mais on reconnaîtra que lui aussi a du mal avec l'humour de Guillon. Ni Besson ni Hees ne sont sans doute aller voir le premier film où l'humoriste joue le rôle principal, "Le Temps de la Kermesse est terminé". Guillon y incarne un chauffeur raciste, dominateur et paumé. Pierre Desproges expliquait qu'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Stéphane Guillon devrait s'en souvenir. Eric Besson, et dans une moindre mesure Jean-Luc Hees, viennent de nous en fournir deux illustrations.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
Rien ne change en Sarkofrance.
L'UMP sous tutelle présidentielle
«Le bouclier fiscal gèle les hausses d'impôts» a expliqué Alain Madelin. Le libéral de l'UMP, politiquement silencieux depuis quelques lustres, a raison. C'est bien là le problème. Tout effort d'impôt ne sera supporté par les non-bénéficiaires du bouclier fiscal. En 2009, «Un peu moins de 1.000 ménages, qui possèdent les plus hauts patrimoines ont capté, à eux seuls, 63% du coût du dispositif (368 millions d’euros)» a expliqué le quotidien Les Echos. Nicolas Sarkozy n'entend pas les critiques, accroché qu'il est à l'un de ses derniers totems. Mercredi après-midi, il a oublié qu'il était président de la République. Chef de l'UMP, il a fait taire les récalcitrants. Quelques 150 parlementaires UMP avaient séché l'invitation présidentielle. Sarkozy a surpris Copé en annonçant qu'il recevrait désormais ses parlementaires tous les mois pour «débriefer.» L'UMP est plus que jamais sous tutelle. Copé apprécie peu.
Sarkozy était tel que lui-même. Il n'a pas changé. Recevant le lendemain les têtes de listes UMP défaites (sauf une) aux élections régionales, il a joué les bravaches : «En 1999, quand j'ai perdu les élections européennes, on m'appelait “Monsieur 12%”, et trois ans plus tard j'étais le ministre le plus populaire du gouvernement.» Sarkozy n'a rien compris, rien retenu. Mais il ne le sait pas. Il se croit toujours infaillible, the right man at the right place.
Rien ne change en Sarkofrance.
La facture afghane...
Les communicants de l'Elysée cacheront tant bien que mal cette analyse du New York Times après la la visite ultra-médiatisée de Nicolas chez Barack: «Nicolas Sarkozy a obtenu presque tout ce qu’il pouvait espérer de sa visite aux Etats-Unis, les 29 et 30 mars. Il devrait maintenant songer à rendre la politesse au président des Etats-Unis en renforçant la présence des troupes françaises en Afghanistan. Avec une cote de popularité au plus bas et après la déroute des élections régionales, le chef de l’Etat français avait besoin d’un coup de pouce.» Le constat est cruel. Obama a sauvé la mise (médiatique) d'un président politiquement vieillissant et hors jeu. On attend donc l'addition.
... ou la facture du gaz
Alors qu'on parle de sauvegarde des économies d'impôt d'une quinzaine de milliers de contribuables, des millions d'autres subissent une hausse de 10% des prix du gaz à compter du 1er avril, soit 12 euros par an en moyenne par foyer cuisinant au gaz; 25 euros pour ceux qui l'utilisent aussi pour l'eau chaude, et 85 euros pour ceux qui l'utilisent en chauffage complet. Cette décision a été avalisée par la Commission de régulation de l'Energie ... sur proposition de GDF Suez.
Jet privé ...
Alain Joyandet a dépensé 116 000 euros pour partir en jet privé assister à une conférence en Martinique sur HaïtI. On se souvient des 138 000 euros d'un autre voyage en jet privé pour ministre pressé. En 2008, Christian Estrosi avait ainsi préféré le confort du voyage luxueux et sur-mesure pour rejoindre illico Paris depuis Washington, et assister à un cocktail à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy. A l'époque, il n'était que secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer... comme Alain Joyandet. Un virus ?
Rien ne change en Sarkofrance.
... ou mensonge public
Lundi 29 mars, Brice Hortefeux a menti par omission. En visite dans un commissariat, il a promis le recrutement de 1500 adjoints de sécurité. On accuse depuis des mois le gouvernement Sarkozy de réduire les effectifs de la police nationale et de la gendarmerie. C'est tout simplement vrai. Même le Parti Socialiste s'en est rendu compte. Lundi dernier, le ministre de l'intérieur voulait faire impression et taire les critiques. Le Figaro a les mots doux pour célébrer la nouvelle, "acquise de haute lutte par le ministre de l'Intérieur à Matignon et à l'Élysée avec le soutien de Nicolas Sarkozy". Manque de chance ! C'est raté. Brice Hortefeux annonce les recrutements, mais oublie de parler des départs, et notamment le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. En trois ans, le gouvernement Sarkozy a supprimé plus de 9000 postes de policiers et gendarmes. Il en reste plus de 4000 à supprimer d'ici 2012 dans les plans gouvernementaux.
Jeudi, le ministre était contraint, à nouveau, de jouer les faux gros bras, à Tremblay-en-France. Le maire (communiste) réclame des moyens. La police venait d'intervenir contre des trafics de drogue. Une chaîne de télévision, la première, a diffusé un reportage alarmiste. Un bus a été cramé, un autre caillassé. Un fait divers pas si divers que cela qui met à mal le discours d'efficacité sécuritaire de Sarkofrance. «Ces petits voyous n'auront pas de territoires à eux» s'est énervé Brice Hortefeux sur place, avant de repartir. Le ministre joue les bravaches devant les caméras. Pourrait-il simplement donner des moyens à la police ?
Rien ne change en Sarkofrance.
Père sans-papier expulsé...
Mardi 30 mars, des parents d'élèves ont occupé l’école maternelle Gilbert-Dru, dans le 7ème arrondissement de Lyon. Ils entendaient soutenir Guilherme Hauka Anzaka, un père angolais menacé d’expulsion par les polices de Sarkofrance. Il a été interpelé il y a 10 jours, chez lui, et devrait être expulsé ce week-end. Il vit avec ses deux enfants nés en France, et les deux aînés de sa compagne, régularisée en 2005. Ces derniers resteront. Seuls.
Rien ne change. Eric Besson vient de présenter son mauvais projet en Conseil des Ministres, qui durcit les procédures d'éloignements. Personne en Sarkofrance n'a jamais dressé le bilan chiffré de cette politique. Besson était pourtant chargé de l'évaluation des politiques publiques, dans les premiers mois de sa présence au gouvernement.
... et homo exclus
Les sénateurs UMP ont refusé une proposition de loi socialiste visant à légaliser l'homo-adoption. Dix ans après l'hostilité de la droite de l'époque contre le PACS, rien n'a changé. En fait, l'hypocrisie UMPiste était manifeste : la proposition prévoyait la possibilité d'adopter par des Pacsés depuis 2 ans au moins. «Vous craignez que ce texte officialise indirectement l'homoparentalité», a critiqué le socialiste Richard Yung. «Pas du tout» a répliqué Marie-Hélène Des Esgaulx. Vraiment ?
Rien ne change en Sarkofrance.
Besson, pas drôle
Eric Besson a traité Stéphane Guillon de facho et raciste. Il l'a écrit, noir sur blanc, dans une tribune publié par Libération: «J’ai dénoncé, je persiste et signe, des méthodes et des propos de facho, mal déguisés sous un look bobo et une vulgate supposée gaucho». Sans humour ni recul, Eric Besson a pris la chronique de l'humoriste de France Inter, , il y a dix jours, au premier degré. Il s'est accroché comme une moule à son rocher au «yeux de fouine d'Eric Besson, et son menton fuyant» moqué par Guillon. Le président de Radio France s'est lui aussi saisi du Monde, pour justifier ses excuses publiques au ministre de l'identité nationale. Son texte est louable, bien mené, bien argumenté. On ne l'accusera pas d'être liberticide. Mais on reconnaîtra que lui aussi a du mal avec l'humour de Guillon. Ni Besson ni Hees ne sont sans doute aller voir le premier film où l'humoriste joue le rôle principal, "Le Temps de la Kermesse est terminé". Guillon y incarne un chauffeur raciste, dominateur et paumé. Pierre Desproges expliquait qu'on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Stéphane Guillon devrait s'en souvenir. Eric Besson, et dans une moindre mesure Jean-Luc Hees, viennent de nous en fournir deux illustrations.
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jeudi 1 avril 2010
Bouclier fiscal contre bouclier électoral
A Washington, Nicolas Sarkozy pouvait avoir le sourire. Son vrai-faux discours d’une vingtaine de minutes à l’Université de Columbia lui a permis de donner des leçons au grand frère américain. Et le lendemain, il a pu s’afficher avec Barack Obama. La presse américaine a à peine relevé la visite. Aux Etats Unis, Sarkozy était là pour son ego, et les Français. Mercredi, il était de retour à Paris.
En France, un dernier dogme sarkozyen est en passe de tomber. L’évènement est incroyable. Secoués par la débâcle électorale des régionales, flippés à la perspective de perdre leur poste de députés, inquiets de l’inaction présidentielle, les élus UMP sont en passe de détricoter la dernière mesure phare du quinquennat sarkozyen, le paquet fiscal de l’été 2007. Ce dernier comprenait quatre mesures principales: personne ne touche à l’exonération des droits de succession … pour le moment.
L’exonération (partielle) d’impôt et de cotisations sociales des heures supplémentaires, seconde mesure, a été vivement critiquée par Jean Arthuis, le sénateur centriste rallié à l’UMP : elles coûtent cher (3 milliards d’euros par an au budget de l’Etat), et ne servent à rien. Sur ce blog, et ailleurs, nous critiquions déjà l’inefficacité de la mesure à l’automne 2007. Cette défiscalisation a précipité les destructions d’emplois intérimaires et de CDD. La récession de 2008 venant, elle est devenue complètement anachronique et contre-productive.
Troisième mesure, le fameux bouclier fiscal, créé par Jacques Chirac et – rappelons-le – Dominique de Villepin. En 2007, Sarkozy en a abaissé le taux (de 60 à 50%). Pire, il en a élargi l’assiette en intégrant la CSG et la CRDS dans les impôts servant au calcul du remboursement fiscal (en plus de l’impôt sur le revenu, l’impôt de solidarité sur la fortune, et les taxes foncière et d'habitation), sans pour autant exclure les niches fiscales du calcul : en d’autres termes, les foyers bénéficiaires du bouclier fiscal peuvent minorer encore davantage leur impôt en jouant sur les niches. Arthuis explique : « Contrairement à ce que nous pensions au moment du vote, son application suscite injustices si choquantes qu'elles le condamnent ». Il a ajoute: «En effet, le revenu pris en considération est en fait un revenu net, c'est-à-dire le revenu fiscal brut dont sont déduits divers déficits et charges correspondant à des « niches fiscales ». C’est le cas d’une partie des déficits fonciers, des défiscalisations ultramarines, de dispositif « Malraux », de la location meublée, du régime des monuments historiques. Il faut y ajouter les versements dans l’épargne retraite, les abattements (40%) sur les dividendes, la part déductible de la C.S.G. ! »
L’attaque contre le bouclier fiscal, à droite, repose sur trois raisons, alternativement présentées : (1) à cause du bouclier fiscal, les inévitables futures hausses d’impôts pour rééquilibrer les comptes publics et sociaux ne concerneront pas les foyers les plus fortunées ; (2) « en période de crise, tout le monde doit faire un effort, même les plus riches », et (3) le bouclier est inefficace par rapport à ses objectifs affichés (rapatrier les grandes fortunes en France). En 2008, première année d’application pleine, le bouclier fiscal a concerné 18 800 contribuables et coûté 578 millions d’euros. En 2009, la facture s'est modestement aggravée, pour moins de bénéficiaires ! François Baroin a prévenu les parlementaires UMP qu'il avait grimpé à 585 millions d'euros pour 16 350 contribuables. Le prétexte avancé par Nicolas Sarkozy – un contribuable ne devrait pas payer plus de 50% des revenus fruits de son travail – est invalidé dans les faits. Le bouclier fiscal joue à plein pour ceux qui ont des impôts sur le patrimoine ou les revenus financiers élevés. 99,95% des foyers français ne sont pas concernés. Pire, toute éventuelle hausse d'impôt augmentera le coût du bouclier fiscal pour la collectivité. Le bouclier fiscal reporte la fiscalité des plus riches vers les moins riches. Son coût représente l'équivalent des nouvelles franchises médicals imposées en 2008, ou le double de la récente imposition décidée sur les indemnités journalières versées aux salariés en cas d'accident de travail.
Mercredi, treize députés UMP ont déposé une proposition de loi pour suspendre le politiquement funeste bouclier.
Quatrième mesure, la défiscalisation des intérêts d’emprunt immobilier pour soutenir et développer « l’accession populaire » à la propriété n’a jamais fonctionné à cause de la précarisation croissante des ménages français (pour emprunter, encore faut-il avoir des revenus suffisants !) et la pénurie de logements, et a été torpillée par la crise financière et le resserrement du crédit. Gilles Carrez, rapporteur UMP du budget, dénonçait il y a peu le coût surréaliste de cette mesure : 280 millions d'euros en 2008, un milliard en 2009, 1,5 milliard en 2010 et près de trois milliards en 2013. « Dans les circonstances actuelles, ce n'est pas très raisonnable» . Même Bercy envisage de revenir sur la mesure : elle a coûté 1,050 milliard d’euros en 2009 mais 3 à 4,5 milliards annuels en rythme de croisière, et 376 000 foyers bénéficiaires en 2009. Le secrétaire d'Etat au Logement a reconnu que «les outils existants sont peu lisibles, peu efficaces et très coûteux».
Les parlementaires UMP ont d’autres cibles fiscales. Dès juillet dernier, Jean Arthuis dénonçait l’abaissement du taux de TVA sur la restauration. Une opportune étude d’un cabinet privé est venu justifier hier que la mesure, qui coût 3 milliards d’euros par an, aurait permis de sauver 50 000 emplois dans le secteur. La belle affaire à 60 000 euros par an l’emploi sauvé ! Le quotidien Les Echos a récemment rappelé le coût des principales des 468 niches fiscales. Au total, les niches représentent 75 milliards d'euros par an. Sarkozy a promis à Bruxelles de les réduire de ... 6 milliards d'euros. Pas plus.
Devant quelques parlementaires, Nicolas Sarkozy s'est obstiné: «Ne touchez pas au bouclier fiscal !» a-t-il demandé. Il a également refusé de retirer du bénéfice du bouclier la CSG et la CRDS. «Nous ne changerons pas de politique économique». Tout au plus a-t-il concédé qu'«un petit effort va être demandé au moment de la réforme des retraites», d'après un député UMP présent à l'audience.
Sarkozy est dans une impasse. S'il abandonne ou suspend le bouclier fiscal, le désaveu est total. S'il le maintient, il s'accroche à un totem symbolique et impopulaire. Les élus UMP, eux, tentent de sauver les meubles.
Mercredi, l'INSEE révèle que la dette publique française a frôlé le cap symbolique de 1 500 milliards d'euros, soit 77,6% du PIB.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
En France, un dernier dogme sarkozyen est en passe de tomber. L’évènement est incroyable. Secoués par la débâcle électorale des régionales, flippés à la perspective de perdre leur poste de députés, inquiets de l’inaction présidentielle, les élus UMP sont en passe de détricoter la dernière mesure phare du quinquennat sarkozyen, le paquet fiscal de l’été 2007. Ce dernier comprenait quatre mesures principales: personne ne touche à l’exonération des droits de succession … pour le moment.
L’exonération (partielle) d’impôt et de cotisations sociales des heures supplémentaires, seconde mesure, a été vivement critiquée par Jean Arthuis, le sénateur centriste rallié à l’UMP : elles coûtent cher (3 milliards d’euros par an au budget de l’Etat), et ne servent à rien. Sur ce blog, et ailleurs, nous critiquions déjà l’inefficacité de la mesure à l’automne 2007. Cette défiscalisation a précipité les destructions d’emplois intérimaires et de CDD. La récession de 2008 venant, elle est devenue complètement anachronique et contre-productive.
Troisième mesure, le fameux bouclier fiscal, créé par Jacques Chirac et – rappelons-le – Dominique de Villepin. En 2007, Sarkozy en a abaissé le taux (de 60 à 50%). Pire, il en a élargi l’assiette en intégrant la CSG et la CRDS dans les impôts servant au calcul du remboursement fiscal (en plus de l’impôt sur le revenu, l’impôt de solidarité sur la fortune, et les taxes foncière et d'habitation), sans pour autant exclure les niches fiscales du calcul : en d’autres termes, les foyers bénéficiaires du bouclier fiscal peuvent minorer encore davantage leur impôt en jouant sur les niches. Arthuis explique : « Contrairement à ce que nous pensions au moment du vote, son application suscite injustices si choquantes qu'elles le condamnent ». Il a ajoute: «En effet, le revenu pris en considération est en fait un revenu net, c'est-à-dire le revenu fiscal brut dont sont déduits divers déficits et charges correspondant à des « niches fiscales ». C’est le cas d’une partie des déficits fonciers, des défiscalisations ultramarines, de dispositif « Malraux », de la location meublée, du régime des monuments historiques. Il faut y ajouter les versements dans l’épargne retraite, les abattements (40%) sur les dividendes, la part déductible de la C.S.G. ! »
L’attaque contre le bouclier fiscal, à droite, repose sur trois raisons, alternativement présentées : (1) à cause du bouclier fiscal, les inévitables futures hausses d’impôts pour rééquilibrer les comptes publics et sociaux ne concerneront pas les foyers les plus fortunées ; (2) « en période de crise, tout le monde doit faire un effort, même les plus riches », et (3) le bouclier est inefficace par rapport à ses objectifs affichés (rapatrier les grandes fortunes en France). En 2008, première année d’application pleine, le bouclier fiscal a concerné 18 800 contribuables et coûté 578 millions d’euros. En 2009, la facture s'est modestement aggravée, pour moins de bénéficiaires ! François Baroin a prévenu les parlementaires UMP qu'il avait grimpé à 585 millions d'euros pour 16 350 contribuables. Le prétexte avancé par Nicolas Sarkozy – un contribuable ne devrait pas payer plus de 50% des revenus fruits de son travail – est invalidé dans les faits. Le bouclier fiscal joue à plein pour ceux qui ont des impôts sur le patrimoine ou les revenus financiers élevés. 99,95% des foyers français ne sont pas concernés. Pire, toute éventuelle hausse d'impôt augmentera le coût du bouclier fiscal pour la collectivité. Le bouclier fiscal reporte la fiscalité des plus riches vers les moins riches. Son coût représente l'équivalent des nouvelles franchises médicals imposées en 2008, ou le double de la récente imposition décidée sur les indemnités journalières versées aux salariés en cas d'accident de travail.
Mercredi, treize députés UMP ont déposé une proposition de loi pour suspendre le politiquement funeste bouclier.
Quatrième mesure, la défiscalisation des intérêts d’emprunt immobilier pour soutenir et développer « l’accession populaire » à la propriété n’a jamais fonctionné à cause de la précarisation croissante des ménages français (pour emprunter, encore faut-il avoir des revenus suffisants !) et la pénurie de logements, et a été torpillée par la crise financière et le resserrement du crédit. Gilles Carrez, rapporteur UMP du budget, dénonçait il y a peu le coût surréaliste de cette mesure : 280 millions d'euros en 2008, un milliard en 2009, 1,5 milliard en 2010 et près de trois milliards en 2013. « Dans les circonstances actuelles, ce n'est pas très raisonnable» . Même Bercy envisage de revenir sur la mesure : elle a coûté 1,050 milliard d’euros en 2009 mais 3 à 4,5 milliards annuels en rythme de croisière, et 376 000 foyers bénéficiaires en 2009. Le secrétaire d'Etat au Logement a reconnu que «les outils existants sont peu lisibles, peu efficaces et très coûteux».
Les parlementaires UMP ont d’autres cibles fiscales. Dès juillet dernier, Jean Arthuis dénonçait l’abaissement du taux de TVA sur la restauration. Une opportune étude d’un cabinet privé est venu justifier hier que la mesure, qui coût 3 milliards d’euros par an, aurait permis de sauver 50 000 emplois dans le secteur. La belle affaire à 60 000 euros par an l’emploi sauvé ! Le quotidien Les Echos a récemment rappelé le coût des principales des 468 niches fiscales. Au total, les niches représentent 75 milliards d'euros par an. Sarkozy a promis à Bruxelles de les réduire de ... 6 milliards d'euros. Pas plus.
- La TVA à 5,5% pour les travaux dans les logements de plus de deux ans : 15,5 milliards d'euros
- Le crédit d'impôt recherche (qui réduit une partie des investissements d'une entreprise en recherche et développement de son impôt sur les sociétés): 4 milliards d'euros.
- La prime pour l'emploi, 3 milliards d'euros
- L'abaissement de la TVA sur la restauration de 19,6 à 5,5%: 3 milliards d'euros
- l'imposition réduite pour les bons et contrats de capitalisation et d'assurance-vie: 3 milliards d'euros
- le crédit d'impôt visant à améliorer la performance énergétique des logements, 2,6 milliards d'euros
Devant quelques parlementaires, Nicolas Sarkozy s'est obstiné: «Ne touchez pas au bouclier fiscal !» a-t-il demandé. Il a également refusé de retirer du bénéfice du bouclier la CSG et la CRDS. «Nous ne changerons pas de politique économique». Tout au plus a-t-il concédé qu'«un petit effort va être demandé au moment de la réforme des retraites», d'après un député UMP présent à l'audience.
Sarkozy est dans une impasse. S'il abandonne ou suspend le bouclier fiscal, le désaveu est total. S'il le maintient, il s'accroche à un totem symbolique et impopulaire. Les élus UMP, eux, tentent de sauver les meubles.
Mercredi, l'INSEE révèle que la dette publique française a frôlé le cap symbolique de 1 500 milliards d'euros, soit 77,6% du PIB.
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