lundi 7 juin 2010

Comportements à risque en Sarkofrance

Ce lundi, Nicolas Sarkozy se rend chez Angela Merkel, à Berlin. Ils parleront régulation de la finance et gouvernance mondiale. A force de se répéter, ces sujets épuisent les commentateurs. Les grands dirigeants de ce monde font du surplace. Et le couple franco-allemand apparaît plus désuni que jamais.

Taxe bancaire plantée
Samedi, les ministres des Finances du G20 se retrouvaient à nouveau. A en croire leur communiqué officiel, ils sont une nouvelle fois, une n-ième fois, à «parvenir rapidement à un accord» sur la réforme des règles financières. Autre sujet, la création d'une taxe bancaire internationale pour, notamment, abonder un fonds de stabilisation, n'a pas été retenue. Les Etats-Unis y sont favorables, comme certains autres membres du G20. Le Canada milite contre une telle mesure. Le premier ministre canadien Stephan Harper est venu, la semaine dernière, rencontre des dirigeants européens. Il a obtenu un résultat, bien oublié des communications élyséennes toujours volontaristes : le concept de taxe bancaire ne sera pas pas discuté lors du prochain G20 à Toronto fin juin. Vendredi dernier, François Fillon tenait une conférence de presse commune avec son homologue canadien. Il a reconnu la difficulté: «C’est un principe qui ne fait pas l’objet d’une unanimité au sein du G20 ; il n’est pas consensuel au plan international.» Et répéter les mêmes arguments ressassés depuis l'automne 2008 :
«L’objectif c’est limiter les comportements à risque des banques. C’est une question de confiance de nos concitoyens dans le secteur bancaire ; c’est une question de stabilité de nos économies et puis j’ai envie de dire c’est une question d’ordre démocratique, parce que nos opinions publiques ne comprendraient pas qu’après avoir été sauvés, les établissements financiers reviennent, comme si de rien était, aux mêmes pratiques qui nous ont conduits au bord du gouffre.» Ces belles déclarations ne changent rien. Depuis l'automne 2008, les dirigeants des pays riches comme des pays émergents ne sont pas parvenus à un consensus sur le sujet. Et aucun n'a pris le risque de vraies mesures contre ses propres banques. Un comble, quand on sait que ces dernières ont été partout (à quelques exceptions près) sauvé de la banqueroute par la grâce des Etats.

Sarkozy-Merkel, mésentente cordiale
Les sujets de friction entre la France et l'Allemagne sont nombreux. Et pour une fois, Nicolas Sarkozy n'est pas à l'initiative de ce nouveau coup de froid. La chancellière allemande est accusée d'avoir tardé à accepter un plan de sauvetage de la Grèce et de la zone euro. Contrairement à la vulgate sarkozyenne qui plaçait Sarkozy comme l'unique sauveur du système, Mme Merkel a finalement cédé grâce aux interventions répétées de Barack Obama en avril dernier. Elle a cependant pris des mesures plus drastiques qu'en France contre les spéculateurs. En mai dernier, elle a interdit les ventes à découvert à nu, qui consistent à acheter et revendre aussitôt des titres. Sur un plan plus personnel, les deux dirigeants s'agacent voire se méprisent cordialement. L'hebdomadaire économique Wirtschaftswoche rapportait ainsi récemment que la chancelière "fait rire ses amis en singeant le petit Français". "Il y a des tensions terribles. Merkel et Sarkozy s'agacent terriblement", a expliqué à TF1 Claire Demesmay, de la Société allemande de politique étrangère.

Avant la double entrevue de lundi (une réunion et un «dîner de travail», précise le communiqué officiel), un conseiller anonyme de Nicolas Sarkozy a livré les éléments de langage du moment: les deux chefs d'Etat parleront du gouvernement économique de l'Europe, promis au plus fort de la crise de l'euro. «S'il est souhaitable que les Vingt-Sept aient des politiques macro-économiques -notamment budgétaires- coordonnées, il est absolument indispensable de s'assurer qu'elles le soient entre les seize qui partagent la même monnaie.» Ces déclarations liminaires oublient que Sarkozy comme Merkel sont éminemment impopulaires dans leur pays respectif. Dimanche, Sarkozy a même touché un nouveau fond.

Gouvernement affaibli
Brice Hortefeux, lui, travaille bien avec l'Allemagne. Vendredi, il se félicitait de l'adoption d'un pacte européen de lutte contre la drogue, «préparé en commun par la France et l'Allemagne». Le ministère précise que le texte a été négocié pendant 5 mois. Que prévoit-il ? D'abord davantage d'interceptions en mer. Ensuite, l'introduction de la lutte contre les trafics de drogue comme un critère d'adhésion à l'Union européenne. Enfin, la mise en place de «bureaux de recouvrement des avoirs criminels» dans les Etats membres de l'union européenne avant la fin de l'année. On ne sait pas ce que pense le ministre de l'abandon des poursuites, décidée par le parquet, contre quelques chefs d'Etat africains pour détournement de fonds.

Le même jour, la justice a fait son travail. Le ministre de l'Intérieur a fait appel de sa condamnation pour injure raciste vendredi dernier. L'Elysée a mobilisé les ténors de Sarkofrance pour défendre l'ami de trente ans du Président. Les critiques fusent. Hortefeux aurait gagné un peu d'honneur en démissionnant. Il préfère s'enfoncer. Les dirigeants de l'UMP se sont disqualifiés en portant secours à leur collègue.

Plus grave, le ministère de la justice plancherait sur la suppression des jurys populaires dans les procès d'assises. Ces derniers sont assurés par des cours d'assises, juridictions départementales qui traitent des crimes, qui sont composées de trois magistrats professionnels et de neufs jurés civils tirés au sort parmi la population. Remplacer ces neuf jurés par deux magistrats professionnels permettrait de désengorger les tribunaux. « Pour l’instant, il ne s’agit que d’une piste de travail » explique le ministère... Une piste de travail...

Plus concret, un décret vient d'élargir le Fichier des Personnes Recherchées (FPR) aux sans-papiers. Créé en mai 1996, le FPR, qui recense l'état civil, le signalement physique, et les motifs de la recherche, a vu son périmètre s'agrandir dimanche 30 mai dernier.  Désormais, les autorités pourront «mettre en oeuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé "fichier des personnes recherchées" afin de faciliter les recherches et contrôles effectués par les services de la police nationale, les unités de la gendarmerie et les agents des douanes». Les personnes pouvant ainsi être fichées sont de nature très diverse : étrangers présentant «une menace pour l'ordre public» justifiant que l'accès au territoire français leur soit refusé, «mineurs ayant quitté leur domicile», «personnes signalées comme débiteurs de l'Etat» ou «redevables de pensions alimentaires», personnes disparues, recherchées sur demande de leur famille ou faisant l'objet d'un placement d'office en établissement psychiatrique, ou qui s'en sont évadées, ou «supporters objets d'une interdiction de stade», «étrangers faisant l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière pris depuis moins d'un an», et, enfin, ceux faisant l'objet d'un arrêté d'expulsion ou assignés à résidence.

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Crédit illustration FlickR CC

Malaise au CCAS: défaillance d'Etat ?

Les besoins augmentent, les moyens stagnent voire diminuent dans les centres d'action sociale.



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dimanche 6 juin 2010

Défenseur des Enfants, déni de démocratie

Le Sénat est rentré dans le rang. Nicolas Sarkozy a rappelé à l'ordre les sénateurs de l'UMP. Ces derniers avaient voté, avec leurs collègues de l'opposition, la sauvegarde du poste de Défenseur des Enfants. Un acharnement curieux, d'après Dominique Versini. Le Sénat est humilié.



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Les propos indécents de Nicolas Sarkozy aux gendarmes

Jeudi dernier, Nicolas Sarkozy s'est rendu dans des casernes de gendarmerie dans le Loire-et-Cher, à Lamotte-Beuvron, Salbris et Neung-sur-Beuvron. Un déplacement rapide en hélicoptère, bien encadré, avec davantage de forces de sécurité que de badauds. Sur place, il a discuté à bâtons rompus, paraît-il, avec les gendarmes présents. Ces propos furent incroyables. Face à des hommes de terrain, entrainés, qualifiés et expérimentés, Nicolas Sarkozy s'est permis de donner de leçons d'uniformes et des conseils de combat. Pour qui se prend-il ?

Le discours officiel...
Jeudi, Sarkozy a d'abord tenu un discours officiel devant l'habituelle caméra d'Elysée.fr. Onze minutes de déclarations, sans surprise. Il a défendu le rapprochement de la gendarmerie avec la police nationale. Ce rapprochement est une fusion qui ne dit pas son nom: un même patron, mais des statuts et des rémunérations différentes. Où est la logique ?

Le Monarque met en exergue la communauté des missions dans le cadre de la lutte contre la délinquance. Il avance aussi que la gendarmerie sera mieux traitée au sein du ministère de l'intérieur qu'au sein des Armées, où elle était, selon lui, le parent pauvre des dotations de moyens face à la «concurrence» de les armées de Terre, Mer et Air. Vraiment ? Les effectifs de gendarmerie baisseront, comme ailleurs dans la Fonction publique. Autre exemple, Nicolas Sarkozy cite sa récente nomination du général Jacques Mignaux à la tête de la gendarmerie, l'un de ses proches, ancien membre de son cabinet au ministère de l'Intérieur. . On oublierait presque la brutalité avec laquelle ce changement de patron s'est opéré en avril dernier.

«Les missions militaires, vous les garderez. » Nicolas Sarkozy n'est pas à l'abri d'une contradiction, citant les interventions au Kosovo ou en Afghanistan.  Pour ces missions, la gendarmerie retourne, dans la pratique, sous un commandement militaire.  Puis, il a embrayé sur l'uniforme :  «j'avais voulu le changement de la tenue, franchement, je ne regrette pas (...) Le matériel, les Taser, les véhicules, bref... moi, je souhaite une gendarmerie très bien équipée, parce que l'équipement, ça fait la sécurité de nos militaires. » ou encore : «On vous donnera les moyens nécessaires en équipements et en fichiers». Rien sur les effectif ? Sur place, Nicolas Sarkozy n'avait pas prévu de rencontrer le maire socialiste de la ville dont il visitait la caserne. Ce dernier lui a donc rappelé, par média interposé, l'impact des réductions d'effectifs: «A Lamotte Beuvron, il y a aujourd'hui encore vingt gendarmes. Avec le départ prochain de la garde motorisée pour Salbris, ils ne seront plus que douze, soit un gendarme pour 384 habitants.»

Sarkozy a aussi demandé aux gendarmes de «mettre le paquet» sur l'élucidation. Les moyens, techniques, seront là, promet-il. «La videosurveillance ? Je sais bien que certains ont un peu des vapeurs... euh... bon... ben écoutez on les soignera... On aura des sels... On essayera de les ranimer... ».

... à la conversation officieuse
Une fois son discours terminé, Sarkozy a dialogué avec les gendarmes présents dans l'assistance. les propos ne sont pas repris dans la communication officielle publiée sur le site de l'Elysée. Il faut lire les comptes-rendus de quelques journalistes témoins. On hallucine devant la prétention de notre Monarque.

Sur l'uniforme, Sarkozy a son idée: « Moi je vous dis une chose : on ne peut pas courir après des délinquants avec des chaussures basses. (...) Le pantalon à pli, c'est parfait, mais ce que vous avez est plus adapté au métier qui est le vôtre. (...) Le képi, je le respecte, mais c'est difficile d'avoir le képi tenu d'une main et de courir de l'autre. » Nicolas Sarkozy a sans doute une grande pratique de la course au brigands. La dernière fois qu'on l'a vu courir, il a été victime d'un accident cardio-vasculaire, en plein soleil vers 13 heures dans le parc du Château de Versailles. Un exemple !

Mais ce n'est pas tout. Le président français a aussi des idées très arrêtées sur les armes à disposition des gendarmes : «Je sais que vous êtes attachés au bâton télescopique. Mais le tonfa présente un avantage, c'est que c'est une arme de défense autant qu'une arme d'attaque. » Il s'est même livré à une démonstration du Taser : «Avec ça, on n'a pas besoin d'être dix pour arrêter quelqu'un, c'est mieux que les effectifs. On n'a pas assez d'armes non létales»

Le lendemain, on apprenait que pour la première fois sous la Vème République, le ministre de l'intérieur était condamné pour injures raciales. Brice Hortefeux ne démissionnera pas.



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samedi 5 juin 2010

161ème semaine de Sarkofrance : pourquoi Sarkozy est rétrograde

Il voudrait s'afficher comme moderne, actif et réformateur. Cette semaine écoulée a permis, une nouvelle fois, de dresser un portrait bien différent, plus inquiétant, trop persistant. Celui d'un président  facilement complaisant avec les régimes autoritaires, et éminemment rétrograde en matière sociale. Celui d'un homme dissimulateur de ses échecs, et opaque sur ses pratiques. 

Complaisant
Lundi, l'actualité était internationale en Sarkofrance. Nicolas Sarkozy accueillait une trentaine de chefs d'Etat africains à Nice, pour le 25ème sommet Afrique-France. En arrivant à Nice, le Monarque devait surtout commenter l'assaut meurtrier des forces israéliennes contre une flottille de bateaux humanitaires en route pour Gaza. La France a été l'un des derniers pays occidentaux à condamner l'attaque, et le communiqué officiel de l'Elysée fut étonnamment succinct : trois petites phrases pour s'émouvoir, condamner et demander à ce que la lumière soit faite. Pire, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a condamné les «provocations» pro-palestiniennes. Alain Juppé, maire de Bordeaux, avait des propos plus courageux et lucides que le gouvernement qu'il soutient à demi-mot. A Nice, Sarkozy a fait semblant de jouer la rupture. La Françafrique, c'est fini ! La preuve, Sarkozy n'organise plus de dîner restreint avec les quelques présidents africains proches la veille du sommet. Quel changement ! Ni Sarkozy, ni ses invités ne voulaient surtout parler des relations troubles mêlant influence économique et militaire contre ressources naturelles et rétro commissions, des droits de l'homme oubliés et de la démocratie bafouée qui marquent la Françafrique depuis 50 ans. En 2006 pourtant, le candidat Sarkozy promettait de cesser «d’aider les gouvernements corrompus.» Mais à l'époque, le président des Hauts-de-Seine Sarkozy s'appuyait déjà sur les réseaux occultes entretenus et développés dans son département avec ces dictatures africaines, avec Claude Guéant et l'avocat Robert Bourgui. A Nice, Sarkozy préféra défendre la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale, le développement et la croissance économique. Environ 150 entreprises africaines avaient fait le déplacement. En Afrique, la France a surtout la trouille de se voir détrônée par l'Inde ou surtout la Chine.

Rétrograde
Sur les retraites, le jeu du chat de la souris continue. Le gouvernement distille ses informations au compte-goûte, mais grâce à Laurence Parisot on comprend mieux vers où Nicolas Sarkozy nous emmène. Assurée d'être réélue à la tête du MEDEF, la patronne des patrons dit tout haut ce que Sarkozy pense tout bas. Elle a répété, cette semaine, les arguments habituels du patronat: il faudrait reculer à au moins 65 ans l'âge de départ à la retraite, allonger également la durée de cotisation, ne pas toucher aux prélèvements obligatoires (ni sur les entreprises, ni sur les hauts revenus et le capital), et ne prendre en compte la pénibilité que de manière dérogatoire et individuelle via une commission médicale installée dans chaque entreprise. Il est toujours frappant d'entendre ces grands patrons qui jonglent d'un conseil d'administration à un dîner au Fouquet's nous expliquer que le travail à la chaîne dans une usine automobile ou des heures devant une caisse de supermarché n'est pas si fatiguant que cela. Dans l'une de ses dernières livraisons, l'INSEE notait une aggravation du chômage des seniors. Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi, ne pouvait que reconnaître : «Il faut arrêter de se voiler la face, les entreprises n'embauchent pas les seniors car ils coûtent trop cher». Transformer les retraités en chômeurs de longue durée,  serait-ce le projet du gouvernement ? François Fillon, en déplacement à Epinal pour y inaugurer une rue Philippe Séguin, confirme le recul de l'âge de départ à la retraite (après Éric Woerth la semaine dernière), et, pour faire bonne figure, annonce un coup de rabot sur les niches fiscales : à peine 5 milliards d'euros de défiscalisations (et sur deux ans s'il vous plaît !) seront supprimés.

Opaque
Le Karachigate continue d'alimenter l'actualité douteuse de Sarkofrance.  Selon Mediapart, Nicolas Sarkozy est cité dans un rapport de la police judiciaire luxembourgeoise, daté du 19 janvier 2010. Cette dernière met directement en cause le président français. Elle accuse Sarkozy, alors ministre du budget, d'avoir supervisé la création d’une société offshore, baptisée Heine, pour y faire transiter les commissions et rétro commissions dans le cadre de contrats d'armements de la Direction des constructions navales (DCN), et notamment Agosta. Cette nouvelle est explosive. Depuis un an, l'Elysée déploie nombre d'efforts pour étouffer l'affaire. Le journaliste Fabrice Lhomme, coauteur d'un récent livre sur l'affaire, n'est même pas étonné du silence des médias français, qu'il juge blasés, fragiles et globalement dépendants du pouvoir politique. Le journaliste était un peu sévère, puisque France2, ARTE, Le Monde et même France24 (dans sa version anglaise) ont traité le sujet. Jeudi, Claude Guéant a qualifié ces soupçons de «montagnes imaginaires». Luc Chatel dénonce une «grande manipulation». Franck Louvrier parle d'«histoire ubuesque». Un an après que Sarkozy lui-même ait qualifié de fable les accusations du Karachigate, les proches du président usent de qualificatifs synonymes. La police luxembourgeoise a pourtant adressé ses «compliments à celui qui a mis ce système en place, il s'agit d'un travail méticuleux

Autre sujet, la réforme des collectivités territoriales est un autre exemple de l'affaiblissement démocratique du pays. Cette semaine, le gouvernement a dévoilé sa répartition géographique des 3471 futurs conseillers territoriaux qui remplaceront les actuels conseillers généraux et régionaux, dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales examinées à l'Assemblée nationale. Tollé dans les rangs, jusqu'à la droite. Les territoires classés à droite auront davantage de conseillers que ceux de gauche. Etes-vous surpris ? Les opposants dénoncent aussi la menace que fait peser sur la parité homme/femme le mode de scrutin retenu. A l'Assemblée, l'UMP a fini par concéder une avancée, pénaliser les listes électorales qui ne respecteront pas l'équilibre homme/femme dans leurs candidatures aux législatives.

Partial
Depuis 2007, Nicolas Sarkozy se comporte en chef de clan, et, surtout, en président de parti. Ses proches expliquent que tous les présidents sont restés attentifs à leur parti d'origine, que la seule différence avec Nicolas Sarkozy serait sa franchise. Il ne se cache pas. La vraie différence est ailleurs : Nicolas Sarkozy, à la différence de ses prédécesseurs, ne pense qu'à ça: pas une semaine ne s'écoule sans un meeting à huis clos avec des militants UMP invités sur carton personnalisé, ou sans une réunion d'échange avec les parlementaires de son camp.

Récemment, le Monarque a sonné la charge contre Martine Aubry. Convaincu qu'elle est la seule candidate dangereuse contre lui en 2012, il a a demandé à ses proches de la pilonner par tous les moyens. Quand la première secrétaire du Parti Socialiste l'a gentiment comparé à Madoff, l'hallali a été général. Mais quand Brice Hortefeux, son ministre de l'intérieur, est condamné à 750 euros d'amende pour injures raciales, les éminents membres de Sarkofrance défilent sur les ondes pour afficher leur solidarité avec l'ami de 30 ans du Président. L'honneur, c'est gênant.

Dissimulateur
A lire un bilan de la réforme du régime spécial des cheminots à la SNCF, on commence à douter des économies générées par la réforme. En 2009, à peine 40% des cheminots qui pouvaient partir à la retraite l'ont fait : 4 800 contre 7 200. Mais l'économie générée pour les caisses de retraites n'est que de 31 millions d'euros alors que le gouvernement promettait un gain 10 fois supérieur d'ici deux ans. En fait, les agents les plus âgés, donc les mieux rémunérés, restent dans l'entreprise et la SNCF doit supporter des mesures d'accompagnement accordées aux cheminots par le gouvernement pour faire passer sa réforme en 2007, un surcoût qui se chiffre déjà à 112 millions d'euros par an.

Autre bilan, bien caché celui-là, une étude de la DARES sur la défiscalisation des heures supplémeentaires en 2007/2008 et le rachat des congés a enfin été publié. La DARES avait mené une enquête auprès de 5 500 entreprises en octobre 2008 sur les premiers effets de la loi TEPA. La période est intéressante car la récession économique n'avait pas démarré. Le gouvernement l'a soigneusement masqué jusqu'au ... 21 mai dernier. Il faut avouer que les résultats sont défavorables aux thèses sarkoyennes : (1) 20% des entreprises interrogées seulement ont accru leur volume d'heures supplémentaires depuis TEPA ; (2) près de la moitié d'entre elles reconnaissent avoir ainsi évité des recrutements et le recours à l'intérim; (3) à peine 4% des salariés ont demandé des heures supplémentaires qui leur ont été refusées; (4) moins de 15% des salariés ont demandé à racheté leurs congés. Globalement, on ne travaille pas plus depuis l'entrée en vigueur de TEPA, crise ou pas. Pour un dispositif qui coûte quand même 3 milliards d'euros aux comptes publics, l'addition est salée.

Borné
Jeudi, Nicolas Sarkozy rencontrait quelques gendarmes dans le Loir-et-Cher. Ces derniers sont inquiets du maintien de leur statut militaire, un an et demi après le rapprochement avec la police nationale. A huit-clos, le Monarque a refusé d'accéder à certaines requêtes. Alors qu'il défend le rapprochement au nom de la similitude des missions dans la lutte contre l'insécurité, le Monarque refuse aux gendarmes le droit à l'expression syndicale. Il a aussi confirmé la baisse des effectifs des gendarmes, en application de la sacro-sainte règle du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Pour lui, le Taser, «c'est mieux que les effectifs.» La lutte contre l'insécurité n'a-t-elle pas besoin de plus de moyens ? N'est-elle pas une préoccupation majeure du gouvernement ? Il y a 15 jours, un François Fillon grandiloquent expliquait que la violence «prend sans cesse des formes nouvelles, qui exigent de la part de notre société une adaptation constante.». Quelle est donc cette obstination à vouloir réduire les effectifs des forces de l'ordre ? Sarkozy est tranquille. Ni les policiers ni les gendarmes ne feront grève.

La même règle a conduit Luc Chatel à des propositions effarantes. Un site a révélé le contenu des nouvelles instructions délivrées aux inspecteurs d'académie. Il faut trouver 16 000 postes supplémentaires à supprimer dans l'Education nationale en 2011. Pour ce, le ministre leur demande d'identifier des gisements d'économies : augmenter les effectifs des classes primaires et secondaires (alors que la France est déjà dans le haut de la fourchette des pays de l'OCDE en la matière), supprimer les RASED, transférer certaines formations sur le temps hors scolaire, réduction des décharges horaires, etc. La douzaine de pistes suggérées par le ministère, exemples chiffrés et méthodes d'évaluation à l'appui, a provoqué un tollé. Mercredi, Luc Chatel paraissait tout embarrassé par ces révélations, mais ne cède rien. Son document s'abrite derrière des études et l'expérience. Une étude, justement, réalisée par deux chercheurs en 2006 sur l'impact de la taille des classes sur les résultats scolaires dans les écoles, collèges et lycées, infirme les propos du ministre. Par exemple, l'écart de notes moyennes entre ZEP (Zones d'Education Prioritaire) et non-ZEP est réduit de 46% quand on réduit de 5 élèves la taille d'une classe de CE1.

La réduction des effectifs de la fonction publique est donc devenu le dernier marqueur d'un Nicolas Sarkozy en panne d'idées et inquiet de rassurer les marchés financiers. Victime de sa gabegie budgétaire, il est incapable de revenir sur ses tabous fiscaux et préfère s'attaquer aux symboles de la solidarité nationale. Profondément rétrograde, il tente de faire passer des raisonnements hérités du 19ème siècle pour un pragmatisme moderne.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


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vendredi 4 juin 2010

Retraite : la lutte des classes s'affirme un peu plus

La direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques publie une étude qui enterre l'un des derniers mythes sarkozyens : la défiscalisation des heures supplémentaires n'a servi à rien, sauf peut-être, à quelques entreprises qui ont pu s'exonérer de cotisations sociales. Sur les retraites, Laurence Parisot clarifie des positions que le gouvernement n'ose assumer d'un bloc.

C'est la lutte des classes, qui en douterait ?

Heures sup, la réforme inutile
Le 1er octobre 2007, l'une des mesures les plus emblématiques de la mandature Sarkozy entrait en vigueur : la défiscalisation (partielle) des heures supplémentaires. On allait enfin pouvoir travailler plus pour gagner plus. Sur le papier, le dispositif semblait imparable : l'absence de cotisations sociales était une aubaine pour les entreprises; la défiscalisation des revenus supplémentaires signifiait du pouvoir d'achat supplémentaire pour les salariés. Dès 2008, nous qualifions cette mesure de dangereuse,  coûteuse et anachronique. Dangereuse car elle découragerait l'embauche de nouveaux salariés; coûteuse car l'exonération de cotisations sociales représentait un manque à gagner de 3 milliards d'euros en 2008 (dont 700 millions d'euros au bénéfice des entreprises); anachronique avec la plongée en récession. De fait, l'emploi intérimaire s'est effondré dès avril 2008, des mois avant le déclenchement de la récession, et, en 2007 comme en 2008, la loi Tepa n'a eu aucun effet sur le temps de travail des Français.

En septembre 2008, la DARES avait réalisé un premier bilan. Le gouvernement l'a soigneusement caché pendant plus de 18 mois ! Le ministère du travail a fini par publier le dit rapport le 21 mai dernier, un vendredi précédant le long weekend de Pentecôte, le lendemain d'une conférence bien médiatisée sur les déficits publics. La publication de ce rapport pourtant ancien de la DARES devait passer inaperçue. Que dit la DARES ? Que cette grande mesure n'a servi à rien : une minorité d’entreprises ont effectivement augmenté leurs recours aux heures supplémentaires dans les premiers mois de la mise en œuvre de la loi Tepa. «En septembre 2008, 80% des salariés des secteurs concurrentiels étaient employés dans des entreprises déclarant ne pas avoir accru leur recours aux heures supplémentaires». Dans les 20% de salariés restants, l'augmentation du volume d'heures supplémentaires déclarées est dû d'abord à un surcroît d'activité (à 65%), ensuite à un effet d'aubaine (la loi Tepa les a rendu moins coûteuses), puis à des difficultés de recrutement. Le choix des salariés de recourir aux heures supplémentaires n'arrive qu'en quatrième motif.  Rappelez-vous le joli slogan: pourquoi empêcher des salariés de travailler plus pour gagner plus ? Et bien, le sondage de la DARES est éloquent : «Parmi les entreprises qui n’ont pas augmenté les heures supplémentaires, la proportion d’entre elles qui ont indiqué avoir résisté à une demande de leurs salariés de faire plus d’heures supplémentaires est marginale (4% des effectifs employés).» De plus, ce dispositif a bel et bien abîmé l'emploi : pour 44% des entreprises concernées par un surcroît d'heures supplémentaires depuis Tepa, les heures sup étaient une alternative aux recrutements en CDI ou en CDD. Pour 52%, les heures sup ont carrément remplacé l'intérim. Enfin, la DARES publie des statistiques surprenantes: le volume d'heures supplémentaires par salarié à temps complet dans l'industrie comme dans le secteur tertiaire marchand a même baissé depuis 2007: les entreprises ajustent leur volume d'heures sup en fonction de l'activité, et la loi Tepa n'a rien changé à cela. Le soit-disant «blocage du travail» par les 35 heures était un mythe que cette étude est venu enterrer.

La DARES s'est également attardée sur une autre réforme, les mesures en faveur de la renonciation à des jours de congés et de la monétisation des droits à congés (articles 1 à 4 de la loi du 8 février
2008 «pour le pouvoir d’achat »). Ces dernières autorisaient, pour une période de deux ans, la possibilité de renoncer à certains temps de repos ou la possibilité de monétiser certains droits stockés sur un compte épargne-temps (CET). Là encore, le bilan est mauvais. La loi n'a pas eu les effets escomptés : la proportion d'entreprises ayant déclaré avoir reçu des demandes de rachat dans les 8 premiers mois suivant l'entrée en vigueur du dispositif est plus que modeste : «13% pour les rachats de jours de forfait, 15% pour ceux de jours de RTT et enfin 14% pour la monétisation des jours de congés» via les CET.

Retraites, la réforme du Medef
Mercredi dernier, Laurence Parisot livrait une interview au Figaro. Elle est assurée d'être réélue le 1er juillet prochain à la tête du patronat, faute de candidats concurrents contre elle. C'est donc une Laurence Parisot toute guillerette et sûre d'elle qui s'exprime. Sur les retraites, la présidente du Medef répète tout le bien qu'elle pense de la réforme orchestrée par Nicolas Sarkozy. Elle aimerait même qu'il aille plus loin. Parisot exprime en fait tout haut ce qu'Éric Woerth pense tout bas mais n'ose déclarer. L'ampleur de la régression sociale et de l'injustice de ses propositions ne semblent pas l'étonner. Laurence Parisot agit comme la voix des nouvelles 200 familles, celle d'une caste d'ultra-privilégiés que rien n'effraie. Ses idées sont simples et puissamment rétrogrades :
1. Repousser à 65 ans l'âge légal de départ («on comprend que la promesse de s'arrêter à 60 ans, ce n'était pas un acquis social mais au contraire une grande illusion ou un grand mensonge»),
2. Augmenter le durée de cotisations (qui impose déjà d'attendre 65 ans pour bénéficier d'une retraite complète pour la majorité de nos concitoyens),
3. Ne pas augmenter les cotisations ni les prélèvements au motif facile de la sacro-sainte compétitivité des entreprises: «taxer les hauts revenus et les revenus du capital, organiser un transfert des cotisations chômage vers les cotisations retraite, bref aller chercher de nouvelles recettes fiscales pour financer un régime de très long terme comme celui par répartition, tout cela marcherait peut-être deux ou trois ans puis nous entraînerait à nouveau dans un cercle vicieux d'appauvrissement encore plus rapide
4. N'envisager la pénibilité que comme une dérogation validée par une commission médicale : «je refuse de dire que travailler serait forcément pénible.» Qui a dit ça ?
5. Créer une nouvelle niche fiscale pour sécuriser la retraite par capitalisation.

Jeudi sur France Info, elle renchérit : «Aujourd'hui, pour une année de pension versée, savez-vous qu'un mois et demi est financé par l'endettement? C'est pour cela qu'il faut remettre l'âge légal de départ à 65 ans». Comme Sarkozy la semaine dernière, la voici qui attaque François Mitterrand: «Si nous en étions restés à 65 ans, comme c'était le cas avant 1983, nous n'aurions pas besoin de cette réforme et les caisses seraient aujourd'hui bénéficiaires. Le débat porterait sur l'augmentation des pensions ou sur la baisse des cotisations.» La patronne des patrons a le mérite de sa franchise. La lutte des classes est posée.

De fait, les déclarations de Parisot devancent habituellement de peu les annonces gouvernementales. De son côté, François Fillon, dans une interview à l'Est Républicain, manie la menace : «Ce serait un très mauvais service à rendre aux Français, notamment les plus modestes, que de faire preuve de démagogie sur cette question. S’il n’y a pas allongement de la durée d’activité, il y aura baisse des pensions.» Il était venu inauguré une rue Philippe Séguin à Epinal. Pour faire bonne figure, il confirme qu'il rabotera de 10% en deux ans, soit un effort de 5 milliards d'euros, les niches fiscales.

De son côté, ATTAC a mis en ligne un contre-site d'information sur les retraites. Une belle initiative où une citation du quotidien économique Les Echos du 13 avril dernier est mise en exergue : «Le chef de l’État entend montrer à ses partenaires européens et aux marchés financiers qu’il s’attaque au problème de la dette. Tant pis si les retraites ne constituent qu’un aspect partiel du problème : il faut donner un signal et ne surtout pas perdre la note AAA dont bénéficie encore la France sur les marchés



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jeudi 3 juin 2010

Education nationale : la droite rétrograde en action

Les ténors de l'UMP s'imaginent modernes. Ringardiser l'adversaire est chose habituelle en politique. Mais cette semaine, Luc Chatel vient de fournir un triste contre-exemple, l'illustration d'une politique rétrograde, idéologique et passéiste.

Luc Chatel réfléchit à une douzaine de pistes pour respecter l'engagement présidentiel du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Parmi elles, augmenter le nombre d'élèves par classe de primaire. 16 000 suppressions de postes ont été décidées pour 2011.

Le site Internet Le café pédagogique, relayé ensuite par la presse, révèle ainsi que le ministère a demandé aux recteurs de «quantifier, à partir de leviers d'efficience identifiés, les marges de manoeuvre par académie, notamment pour 2011 et 2012».

La démarche ministérielle est étonnante. L'argument sarkozyen en faveur de la réduction du nombre de fonctionnaires dans l'Education nationale était qu'il fallait adapter l'effectif enseignant et administratif à la population des élèves. A lire le compte rendu des sessions de travail au Ministère, on comprend qu'il ne s'agissait que d'une vaste fumisterie. La logique est inverse : le gouvernement veut supprimer des postes, et demande ensuite à ses recteurs et inspecteurs d'académie de «dégager les gisements d'emploi possibles». Il s'agit d'ajuster la qualité du service au dimensionnement des effectifs décidé à l'Elysée. Triste France, ambitions minables.

Les inspecteurs d'académie doivent donc remonter des «fiches de suppression de postes». Les consignes gouvernementales sont claires. Les mesures d'économies à l'étude sont nombreuses. Les décisions sont attendues pour le 15 juin prochain.

Pour l'enseignement primaire :

1. Suppression des RASED.
Xavier Darcos avait déjà tenté, en 2008, de supprimer les RASED. Devant le tollé général, il avait partiellement reculé. Cette fois-ci, le gouvernement utilise les nouveaux horaires scolaires, réduit sur 4 jours. Il argumente que «la durée de l’enseignement scolaire dans le premier degré est désormais fixée à vingt-quatre heures hebdomadaires dispensées à tous les élèves auxquelles s’ajoutent deux heures d’aide personnalisée en très petits groupes pour les élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages.» Et il ajoute : « Cet effort représente l’équivalent de 16 000 postes d’enseignants entièrement dédiés à aider les élèves qui en ont le plus besoin.» Plus besoin des RASED, on donne déjà des cours de soutien ! Le gouvernement conclue : «Dans ce nouveau contexte, la contribution des enseignants spécialisés des RASED, qui s’ajoute à cet effort, doit évoluer». Pour y parvenir, Chatel propose d'évaluer 3 scenarii, par ordre croissant d'austérité : suppression des maîtres G, puis des maîtres E, et enfin des pyschologues scolaires. Les services de Luc Chatel préviennent toutefois des difficultés à réaliser ces «extinctions»: il faudra un «accompagnement politique important» !

2. Augmentation du nombre d'élèves par classe.
Le gouvernement avance, sans justifier, des résultats d'études et expériences pour expliquer que la mesure ne produira aucun effet négatif sur la qualité de l'enseignement. Où ? Quand ? Avec qui ? : «hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes». Chatel propose aux inspecteurs plusieurs leviers d'action: relèvement des seuils de création de classe, fusion d'écoles en milieu rural, «regroupements pédagogiques intercommunaux», modification des modalités d'affectation des élèves.Tout ça pour permettre «une répartition plus homogène et plus cohérente des effectifs tout en réduisant le nombre de classes nécessaires». En France, les classes en primaire comptent en moyenne 22 élèves. La moyenne des pays de l'OCDE est de 21. La France est 18ème .

3. Suppression de la scolarisation à l'âge de 2 ans. 
Le nombre d'enfants scolarisés entre 2 et 3 ans ne cessent de baisser depuis 2000. Encore une fois, le gouvernement se réfugie derrière des «études disponibles» qui «ne démontrent pas que la scolarisation à deux ans constitue un avantage évident dans toutes les situations par rapport à d’autres modes de garde alternatifs».

4. Réduction du besoin de remplacement.
Le gouvernement suggère que les formations hors temps scolaire soient encouragées, tout comme le recours à des non-titulaires.

Pour l'enseignement secondaire,


5. Augmentation du nombre d'élèves par classe dans les collèges.
Pour aider les inspecteurs d'académie dans leurs simulations de destructions d'emploi, la note gouvernementale précise même la méthode comptable (et connue) pour évaluer les gains d'effectifs en surchargeant un peu plus les classes, à l'aide d'un exemple bien théorique : «Exemple : Au sein d’un établissement, 240 élèves sont en 4ème dans 10 divisions soit un nombre d’élèves par division de 24,0. En augmentant le nombre d’élèves par division de 5 élèves on devrait obtenir : 240 / 29 = 8,3 divisions arrondi à 9 (gain d’une division). Soit un gain théorique en ETP (sur la base d’un coût théorique d’une division de 29 heures) de 1(division) x 29(heures) /18 = 1,6.»

6. Fusion des petits établissements
Le gouvernement aura besoin de l'appui des régions et des départements. Avec les mêmes arguments utilisés contre la justice de proximité pour justifier la coûteuse et dramatique réforme de carte judiciaire, il critique l'enseignement de proximité : «outre le coût de ces établissements pour les finances publiques (Etat et collectivités territoriales), cette situation peut nuire à la qualité de la formation dispensée : isolement des enseignants, multiplication des services partagés, difficulté à monter financièrement des projets pédagogiques, difficulté de faire intervenir des partenaires».

7. Rationalisation des lycées.
La réforme des lycées, adoptée l'an dernier, devrait porter ses «fruits» dès la rentrée scolaire de septembre 2011, à coups de «mise en réseau» d'établissements et de réduction d'horaires d'enseignements. Le ministère invite les inspecteurs à évaluer, pour chaque établissement, les gains d'effectifs en réduisant leur «dotation horaire globalisée» d'enseignement.

8. Fusion des enseignements professionnels à effectif réduit.
Le ministère prévient: «Le regroupement des divisions à effectifs réduits sera recherché ainsi qu’une augmentation de la taille des divisions. L’objectif est de rationaliser la carte des formations et de spécialiser les établissements afin d’optimiser la taille des structures».

9. Réduction des décharges horaires
Le ministère veut réduire ou supprimer les décharges horaires non statutaires (soutien scolaire, chorale, coordination disciplinaire, missions académiques, formation tice, utilisation tice).

10. Suppression des Initiatives de Découverte (IDD).
Les IDD s'adressent aux élèves des deux années du cycle central du collège, et permettent, à raison de 72 heures par an, d'accroître les horaires dédiées à certaines disciplines. Les voici jugées inutiles et donc à supprimer.

Mercredi, Luc Chatel s'exprimait sur ces annonces, dans le Talk Orange-Le Figaro. Porte-parole du gouvernement, il devait d'abord défendre sa collègue Fadela Amara: le Canard Enchaîné révélait le jour même que la ministre de la Ville, qui habite toujours chez elle, prête régulièrement son logement de fonction (120 mètres carrés place Fontenoy dans le 7ème arrondissement) à ses proches l'usage de . Il fallait donc écouter Chatel, bafouillant, défendre Amara : «elle a par ailleurs un logement - d'après ce que je comprends - qui est aménagé dans son bureau... euh... à proximité immédiate de son bureau et qui doit lui permettre aussi de se reposer.» Cette affaire n'a rien à voir avec l'Education nationale, mais elle est symbolique de la schizophrénie gouvernemental : la rigueur pour les uns, l'abondance pour les autres. Concernant la surcharge programmée des effectifs par classe, Chatel se défend : «le sujet à l'Education nationale n'est pas la question des moyens. (...) Le sujet c'est la bonne répartition de ces moyens sur l'ensemble du territoire. (...) L'Education nationale, premier budget de l'Etat, qui emploie la moitié des fonctionnaires, ne peut pas s'exonérer de la politique de maîtrise des dépenses publiques

Le ministre ment, clairement et sans complexe.

Le sujet, posé par ces instructions ministérielles, est la réduction des moyens sur l'ensemble du territoire.





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mercredi 2 juin 2010

Eric Besson est-il un mauvais ministre ?

Pour préparer le travail parlementaire sur la prochaine loi de finances 2011, le gouvernement a publié ses traditionnels rapports de performance. Leur lecture est instructive. Chaque rapport contient un rappel des objectifs chiffrés, des dépenses réalisés et des résultats atteints. Le rapport consacré aux missions du ministère de l'identité nationale d'Eric Besson est éloquent.

1. Besson n'a pas atteint ses objectifs d'immigration de travail. On se souvient que c'était l'une des grandes promesses du candidat Sarkozy : remplacer l'immigration familiale (jugée inutile) par une immigration choisie pour le travail dans des métiers pré-identifiés et quotaifiés. 3 ans ans plus tard, l'échec est là. Le pourcentage d'étrangers admis au titre de l'immigration de travail était fixé à 25% en 2009 et 50% pour 2012. Le taux effectivement atteint en 2009 ressort à ... 19%, inférieur de 2 points à celui de l'an passé. La Sarkofrance n'attire plus les talents.

2. L'objectif d'amélioration de la prise en charge sociale des demandeurs d'asile se décomposait en 59% d’hébergement en CADA des demandeurs d’asile en cours de procédure, remplissant les conditions d’accès à cet hébergement et 75% des demandeurs d’asile hébergés en CADA sur la totalité des personnes en cours de procédure hébergées dans un dispositif pour demandeurs d’asile financé par l’Etat. Les taux effectifs n'ont été respectivement de 37% et 67%. Le gouvernement argue que le nombre de places d'hébergement a plus fortement augmenté que le nombre de demandeurs d'asile. Une explication quelque peu partielle et partiale avec un autre constat, celui de l'allongement des délais de procédure. Effectivement, le nombre de dossiers d'asile examinés par l'OPFRA est passé de 37 500 en 2007 à 43000 en 2008 puis 46 000 en 2009. Le délai d'instruction des dossiers est monté de 100 jours en 2008 à 118 jours en 2009. Le coût d'une instruction est évaluée à 526 euros par dossier

3. Bizarrement, le document ne fournit aucune évaluation du coût complet des expulsions de sans-papier (amortissement des Centres de Rétention, voyages, forces de l'ordre mobilisées, etc). La seule évaluation concerne les frais de voyages (billets de train ou d'avion), soit 1 359 euros par expulsé en 2009, et le coût moyen des dépenses hôtelières (bagagerie, restauration, hébergement), soit 503 euros par expulsé. La durée moyenne de rétention était de 10 jours en métropole. Ces évaluations financières sont évidemment incomplètes. Un peu plus loin dans le document, on apprend, par exemple, que le démantèlement inutile de la Jungle de Calais a coûté 750 000 euros. Autre exemple, la reconstruction du CRA de Vincennes a coûté 3 millions d'euros.

4. Le nombre de reconduites à la frontière est quasiment conforme à l'objectif: 29 288 en 2009 (versus 30 000). Ce chiffre ne comprend pas les expulsions dans les DOM-TOM, mais il intègre les départs volontaires (8 268 en 2009).

5. Le nombre d'interpellations d'aidants est inférieur à l'objectif fixé pour 2009: 4 663 contre 5 000. Le gouvernement espère 5 500 arrestations en 2011.

6. Le nombre de personnes mises en cause pour infraction à la législation relative à l’entrée, au séjour ou à l’emploi des étrangers sans titre de travail  s'est établi à 96 109 en 2009 en métropole (contre 110 000 fixés comme objectif), et 35 088 dans les DOM et à Mayotte.

7. Le programme Immigration et Asile a coûté 512 millions d'euros, soit 75 millions d'euros de plus que prévu dans la loi de Finances 2009, pour l'essentiel à cause de l'asile. Sur ce montant global, quelques 75 millions d'euros ont été consacrés à la lutte contre l'immigration irrégulière. Encore une fois, cette évaluation est incomplète car elle n'intègre que les dépenses de fonctionnement des CRA (28 millions d'euros), les dépenses d'éloignements (35 millions), et les subventions accordées aux associations accompagnant les ans-papiers dans les CR et les zones d'attente (11 millions d'euros).

8. Le ministère a consacré 15 millions d'euros à l'accueil et l'intégration linguistique des étrangers réguliers. Mais le taux d'étrangers ayant bénéficié d'une formation linguistique reste très en-deça des objectifs : 55% en métropole (versus 64% annoncés); 23% dans les DOM (versus 73%).

9. Le ministère n'a assuré que 4 686 séances de formation civique en 2009 (contre 4 961 en 2008). Le coût de ces formations civiques et vivre en France a été de 5,87 M€, soit 0,1% du budget du ministère.

10. En 2007 et 2008, Brice Hortefeux se félicitait des contrats de partenariat qu'il signait avec divers pays d'émigration, notamment en Afrique. Ces accords prévoyaient notamment la mise en place de formations et de tests sur place, dans les pays même, auprès des candidats à l'émigration vers la France. Deux ans plus tard, on mesure combien ces mesures ne sont que symboliques : moins de 20 000 personnes en ont bénéficié en 2009, dans 6 pays (Maroc, Tunisie, Turquie, Mali, Sénégal, et Canada), pour un budget misérable de ... 1,4 millions d'euros.

11. En novembre dernier, Eric Besson lançait en grandes pompes l'allocation «parcours de réussite professionnelle»: «En donnant plus à ceux qui ont moins, en accordant une aide supplémentaire à ceux qui partent de plus loin, nous rétablissons la véritable égalité républicaine. Le meilleur moyen de lutte contre le communautarisme est de faire en sorte que la République tienne ses promessesdéclarait-il. Quel était donc le budget alloué à cette gigantesque opération de rétablissement de l'égalité républicaine ? Un million d'euros. Un petit million d'euros. Comme la décision intervint très tardivement - dans la précipitation du débat sur l'identité nationale - cette enveloppe n'a été consommée qu'à hauteur de 244 000 euros.

Au total, le bilan d'Eric Besson paraît médiocre, mal mesuré, mal jugé, mal évalué. L'immigration est présentée de façon comptable et parcellaire. Les retombées économiques des migrants, en France comme ailleurs, ne font l'objet d'aucune étude, d'aucune évaluation. Qu'importe ! Eric Besson s'en fiche. 



Petite enfance: non au décret Morano



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mardi 1 juin 2010

De Gaza en Françafrique, Sarkozy est si prévisible

Nicolas Sarkozy a fait un peu de diplomatie depuis la fin de semaine dernière. Une visite du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu jeudi à l'Elysée, puis un déplacement à Genève pour convaincre l'UEFA d'accorder à la France l'organisation de l'Euro 2016. Un vrai sujet d'importance... Mais lundi, on ne pensait qu'à l'attaque israélienne contre un convoi maritime humanitaire au large de Gaza, et à la célébration de la Françafrique.

Le sommet de la Françafrique
Lundi 31 mai et mardi 1er juin se tient à Nice le 25ème sommet "Afrique-France". La Françafrique est morte, paraît-il. Ce sommet change. L'ensemble de l'Afrique, y compris anglophone, est représentée. Des entreprises françaises et africaines ont été conviées. Sarkozy a promis: «la France veut être aux côtés de l'Afrique pour accompagner le décollage du secteur privé sur le continent». A Nice, le Monarque français a surtout répété un discours connu.  Il démarra par un : «Il n'est plus possible d'évoquer les grandes questions du monde sans la présence de l'Afrique.» Puis continua : «L'échec de l'Afrique serait le drame de l'Europe. L'Europe et la France, nous avons un intérêt majeur à la réussite de l'Afrique. Douze kilomètres séparent nos deux continents, il y a une communauté de destin, une communauté d'intérêts». Ou encore: «Longtemps en marge, le continent africain s'impose chaque jour davantage comme un acteur absolument majeur de la vie internationale.» Nicolas Sarkozy déroula ensuite les trois thèmes retenus pour ce sommet : premièrement, la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale. Sarkozy soutient la demande de plusieurs Etats africains que leur continent soit représenté au Conseil de Sécurité de l'ONU. Deuxièmement, la paix et la sécurité en Afrique. Sarkozy se permet de (se) rappeler que « les Droits de l'Homme (...) ne sont pas des valeurs occidentales, ce sont des valeurs universelles.» Troisièmement, climat et développement. Deux thèmes que l'on sait chers au président français : il espère toujours vendre des centrales nucléaires en Afrique. Sarkozy finit par conclure: «ensemble, nous pouvons construire la gouvernance mondiale du 21ème siècle.» Au mot près, c'est ce qu'il a également promis à la Chine, et au Brésil.

De la Françafrique, de ces relations troubles mêlant influence économique et militaire contre ressources naturelles et rétro commissions, il n'en fut pas question. Tout le monde en Sarkofrance fait semblant d'ignorer ces sujets. A Nice, un journal gratuit distribué dans les rues à l'occasion du sommet a pourtant clairement annoncé ce que signifierait la fin réelle fin de la Françafrique : obliger les entreprises françaises à «respecter les principes de responsabilité sociale, environnementale et fiscale» (on pense à Elf/Total ou au groupe Bolloré), suspendre les relations diplomatiques avec les régimes ne procédant pas à des élections démocratiques (Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, etc), ou fermer les bases militaires françaises sur place.

Quelle indépendance ?
Ce sommet franco-africain succédait à des journées de célébration. Depuis des semaines, quatorze États africains fêtent le 50ème anniversaire de leur indépendance. Les 13 et 14 juillet prochain, leurs présidents et chefs de gouvernements sont invités à Paris, avec défilé militaire sur les Champs-Elysées en prime. Bizarrement, aucun des chefs d'état interrogés ne semblent savoir ce qu'est la Françafrique, cette emprise néocolonialiste de la France sur ses anciennes colonies africaines, faite de soutiens militaire, économique et politique aux régimes en place en échange de faveurs notamment financières. Ni Ali Bongo, fils d'Omar Bongo du Gabon, ni Denis Sassou Nguesso n'en ont un quelconque souvenir. Le premier a sans doute les faits d'armes de son père Omar Bongo, soupçonné d'avoir financé presque toutes les campagnes françaises majeures et de s'être enrichi personnellement grâce son appui sans faille à l'installation économique des entreprises françaises. En 2008, Omar Bongo était même parvenu à faire virer Jean-Marie Bockel de son secrétariat à la Coopération. L'ex-socialiste avait cru pouvoir annoncer la fin de la Françafrique. Funeste erreur ! Ce fut la fin de Bockel. Depuis, son remplaçant n'a cessé de donner des gages à tous les dictateurs du coin: «le détournement d’argent public en Afrique ? Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de (...) notre expression» expliquait-il en juillet 2008. Il resta également bien silencieux devant les fraudes électorales au Gabon.

L'hypocrisie est également et surtout française. La rupture avec la Françafrique fut la première des promesses non tenues de Nicolas Sarkozy. A l'automne 2006, le futur président s'engageait : «Je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d’aider les gouvernements corrompus. (…) On ne fera pas bouger les choses par le seul tutoiement entre le chef de l’Etat français et ses homologues du continent, mais par la conscience collective d’un intérêt commun.» Mais déjà à l'époque, Sarkozy s'appuyait sur les réseaux occultes entretenus et développés dans les Hauts-de-Seine, avec Claude Guéant et l'avocat Robert Bourgui. Depuis 2007, le soutien et l'influence de l'administration sarkozyenne sur les anciennes colonies n'ont cessé de se démontrer. On se rappelle la libération exigée et obtenue des Français coupables d'avoir kidnappé des enfants tchadiens en août 2007. On se souvient comment le parquet a fait enterrer les plaintes pour détournements de fonds contre une poignée de dirigeants africains. Fâcheux symbole, Nicolas Sarkozy a choisi la date du 2 juin pour officialiser la nomination de Dov Zérah à la tête de l'Agence française de développement (AFD). Cet homme est le candidat parfait de la Françafrique. Conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine et proche de l'intriguant avocat Robert Bourgui, il a été directeur de cabinet au ministère de la Coopération sous Michel Roussin dans les années 1990, et connaît tous les réseaux. « Cette nomination est un très bon choix, c'est le choix du président de la République », a-t-on commenté à l'Elysée. « Ce n'est pas un signe de rupture avec la Françafrique, mais un vrai message de continuité adressé à certains chefs d'Etat pour qu'ils continuent à dormir tranquille », semblait répondre Bernard Pinaud, délégué général du Comité catholique contre la faim et pour le développement.

En Afrique, Nicolas Sarkozy n'est toujours pas entré dans l'histoire.

France, Israël, et la Palestine
La tenue du sommet a surtout été occultée par l'assaut de l'armée israélienne contre un convoi maritime humanitaire en route vers Gaza. Dix-neuf morts au compteur, et la classe politique française (comme ailleurs) s'indigne. Il y 4 jours, le premier ministre israélien était en visite à Paris chez Nicolas Sarkozy. Les deux hommes ont parlé de l'Iran et de la poursuite du processus de paix. Benjamin Netanyahu était tout heureux de célébrer l'admission d'Israël à l'OCDE. Ce lundi, la réaction de Nicolas Sarkozy fut étonnamment brève. Trois petites phrases dans un communiqué officiel pour déplorer l'incident la boucherie:
«Le Président de la République exprime sa profonde émotion devant les conséquences tragiques de l'opération militaire israélienne contre la "flottille de la liberté" à destination de Gaza.
Il condamne l'usage disproportionné de la force et adresse ses condoléances aux familles des victimes.
Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de cette tragédie, qui souligne l'urgence d'une relance du processus de paix.»

Le fidèle conseiller, et porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre a évoqué sur LCI des «provocations» de la part de «ceux qui se disent les amis des Palestiniens»: «A partir du moment où il y a des morts, on ne peut que le regretter, et puis il y a peut-être une surréaction d'Israël».

En Afrique comme à Gaza, la Sarkofrance sous-réagit.


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