31 mars 2011

Sarkozy fait le VRP du nucléaire en Asie.

Depuis mercredi, Nicolas Sarkozy est en déplacement en Chine. Il s'éloignait ainsi du tumulte franco-UMP. En France, la droite classique est en émoi. Le spectre d'une déroute annoncée en 2012 stresse les plus coriaces. A Pékin, le Monarque fut reçu par le président de la plus grande dictature du monde. Pas question de parler droits de l'homme. Mais la Chine ose désapprouver l'intervention occidentale en Libye. Pas rancunier, Sarkozy voulait surtout conforter le sort de la filière nucléaire française, à quelques heures d'une visite expresse ... au Japon voisin.

Le rebond ou le big bang
Le désaccord stratégique au sommet de l'UMP est donc majeur. Pour ou contre le débat sur l'Islam - pardon - la laïcité ? Surenchère sécuritaire ou agenda social et économique ? Rapprochement sémantique puis politique avec le FN ou rassemblement de la droite plurielle ? Les questions sont nombreuses, et clivent le camp présidentiel. Certains font semblant, aujourd'hui, de découvrir que nombre de digues ont sauté. La Sarkofrance ne s'est pas berlusconisée en quelques jours.  Mercredi, les représentants des 6 grandes religions de France, rassemblées au sein de la Conférence des responsables de culte en France (juif, musulman, catholique, protestant, bouddhiste et orthodoxes), ont désapprouvé, dans une tribune, l'organisation du débat sur la laïcité par l'UMP. Le coup est symbolique mais rude pour un Monarque qui ne cesse de faire ostensiblement le signe de croix quand il visite une église.

Il paraît que l'après-Sarkozy a commencé. C'est sans doute vrai. Les lionceaux quinquagénaires Copé et Fillon se disputent déjà le territoire du Monarque. Mais ce dernier bouge encore. Il lui reste treize mois de campagne. Depuis plus d'un an déjà, le candidat Sarkozy a dynamité son propre camp, rétréci l'UMP à une caricature bourgeoise et raciste. Olivier Ferrand, de Terra Nova, rappelait mercredi, comme d'autres, combien Nicolas Sarkozy a choisi de mettre « en œuvre une rupture anti-humaniste », par le biais de stigmatisations répétées.

Près de 10 ans après sa création, on s'interroge désormais sur les chances de survie politique de l'UMP. Cette évolution est d'autant plus étonnante que Nicolas Sarkozy, tout au long des 4 premières années de son mandat a pu tour à tour jouer de tous les registres : libéral en 2007, interventionniste en 2008, sécuritaire depuis 2009, monarchique tout le temps.

Il est pourtant fort probable que d'ici quelques mois, quand les principaux candidats de l'opposition seront connus (socialiste, écologiste, centriste, etc), le Monarque change de posture. Les candidatures écolo et socialiste, si elles apparaissent suffisamment centristes, bloqueront ou, à défaut, gêneront les velléités des Borloo, Bayrou, Villepin et autres Morin. Le Monarque aura alors le temps d'agréger d'autres arguments plus sociaux-centristes à son porte-feuille de promesses.

Libye contre droits de l'homme
Pour l'heure, il a filé en Chine. Et vendredi, il sera le premier chef d'Etat étranger à se rendre au Japon depuis le tremblement de terre du 11 mars dernier. Ce déplacement chinois était prévu de longue date, mais son agenda a été modifié par l'actualité.

On avait fini par oublier que le Monarque présidait l'organisation des G20 et G8 cette année. Depuis novembre dernier, les résultats ont été minces. Il reste à peine six semaines, avant la tenue du G8 français à Deauville, les 26 et 27 mai prochain. Pour cette visite, Sarkozy ouvrira, ce jeudi à Nankin, un séminaire des ministres des finances du G20 sur la réforme du système monétaire international, « autrement dit de l'ensemble des mécanismes et des institutions qui visent à organiser et à réguler les échanges monétaires internationaux, ainsi que l'organisation des régimes de change. » La veille, il rencontrait son homologue chinois Hu Jintao, accueilli en France en grandes pompes et multiples courbettes en novembre dernier. Ils ne parlèrent pas droits de l'homme ni démocratie. Hu Jintao avait parfaitement lu la grande et belle déclaration franco-britannique de lundi dernier, qui se concluait par cette maxime bien légitime de Tripoli à Pékin : « Comme tout autre peuple, il a le droit de choisir librement ceux qui le dirigeront. »

La Libye  s'est évidemment incrustée dans les débats. Au grand dam du président français, les médias officiels chinois relayèrent les critiques de leur autocrate local à l'encontre de l'intervention onusienne en Libye : « L'histoire a, à plusieurs reprises, prouvé que l'utilisation de la force n'était pas la solution appropriée pour résoudre les problèmes, et qu'elle les rendait même plus compliqués » a déclaré Hu Jintao. « Le dialogue et d'autres moyens pacifiques sont les solutions les plus adéquates pour résoudre les problèmes. (...) Si l'action militaire engendre des catastrophes pour les civils et provoque une crise humanitaire, alors elle va à l'encontre de l'objectif initial de la résolution des Nations unies. (...) Nous avons remarqué que certains pays et organisations régionales avaient donné des propositions et suggestions pour essayer de résoudre la crise en Libye, et ils ne manquent pas d'idées constructives.»

Aussitôt, l'entourage du président français minimisa le désaccord. Il n'y aurait qu'une « nuance » entre les positions françaises et chinoises.

Nucléaire à vendre
A Pékin, Sarkozy voulait surtout vendre, encore et toujours, un peu de nucléaire français. Il paraît même que la catastrophe nucléaire de Fukushima fut l'un des « sujets prioritaires » du tête-à-tête entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao, au Grand Palais du peuple mercredi soir. L'un des diplomates présents à ce dîner de travail confirme : « Les deux présidents ont convenu qu’il était très important de garder son sang froid, tout en prenant compte des difficultés de Fukushima.» A l'Elysée, on veut toujours croire au futur atomique : « Fukushima n'invalide pas la pertinence du nucléaire civil » avait confié un conseiller présidentiel au Figaro.

La Chine est un (futur) gros client pour la filière française : 27 réacteurs sont en chantier pour porter la flotte atomique chinoise à 66 réacteurs d'ici 2020. Deux EPR sont en construction. Qu'importe si, à quelques centaines de kilomètres de là, le Japon découvre jour après jour les affres d'une catastrophe nucléaire grandeur nature. Nathalie Kosciusko-Morizet, la silencieuse ministre de l'Ecologie s'est inscrutée à la dernière minute dans le voyage. Elle a annulé une rencontre, à Paris, avec son homologue suisse.

Vendre du nucléaire quelques semaines après une catastrophe atomique ? Tout est possible avec notre Monarque.


30 mars 2011

Sarkozy préfère un sommet de l'UMP au sommet de Londres

Nicolas Sarkozy a séché le sommet de Londres, organisé par David Cameron avec une quarantaine de chefs d'Etat ou leurs représentants, à propos de la situation en Libye. Pas question de quitter la Sarkofrance. Copé et Fillon s'écharpent. Une majorité de parlementaires doute de l'efficacité du Monarque. L'heure était grave. Surtout, Nicolas Sarkozy devait recevoir les ténors de l'UMP à l'Elysée pour une rencontre électorale plus importante que tout. Qui a dit que le printemps arabe était cet évènement incroyable qui méritait toutes les attentions, y compris un remaniement gouvernemental en février dernier ?

Absent du Sommet de Londres
Voici 10 jours, le premier ministre britannique avait pourtant assisté au sommet de Paris, qui déclencha l'intervention occidentale en Libye. Le président français avait donc décidé de ne pas lui retourner la politesse. Son absence est curieuse et troublante. Depuis 3 semaines, le Monarque s'est placé en première ligne sur l'affaire libyenne. il fut le premier à reconnaître le Conseil national de transition libyenne dès le 10 mars, suivant les conseils du philosophe Bernard-Henri Lévy. La France insista pour une intervention armée en Libye, a minima aérienne. Vendredi 18 mars, les médias (français) unanimes célébraient la force de persuasion d'Alain Juppé, qui avaient permis d'emporter la décision du Conseil de Sécurité la veille. Ce samedi 19 mars, Nicolas Sarkozy jouait enfin au chef de guerre.

Lundi 28, alors que l'UMP se déchirait sur la débâcle électorale cantonale, Nicolas Sarkozy co-signait une grande et étrange déclaration en préparation du sommet londonien. Le soir, on apprenait qu'il s'était entretenu en visio-conférence avec Obama, Cameron et Merkel. Mais motus et bouche cousue sur le contenu de cet échange. On eut droit à des photographies, publiées sur le site de l'Elysée. Il faut mettre en scène le Monarque quand il travaille...

Puis, ce mardi... rien. Sarkozy sèche. Il laisse Laurent Wauquiez, son jeune ministre des affaires européennes, et Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, se débrouiller tous seuls.

Lors du sommet, tous les participants tombèrent d'accord pour exiger le départ de Kadhafi. Mais, a expliqué le conciliant ministre italien des affaires étrangères, « pour le reste, ça dépend du pays qui peut-être va proposer d'accueillir Kadhafi.» Ce serviteur de Berlusconi, autre vrai proche du colonel, ajouta : « Il doit être obligé à l'exil, ce n'est pas une concession qu'on va lui faire, c'est une obligation. Il doit comprendre à la fin que franchement, il n'a pas d'autres options, si on trouve un pays prêt à l'accepter

En Libye, le colonel sanguinaire a repris la main, après trois jours de repli face à une offensive des révolutionnaires libyens.  Ces derniers manquent d'armes. La résolution onusienne empêche tout soutien logistique aux insurgés. Sarkozy, en France, répète qu'il ne respectera les consignes onusiennes, toutes les consignes onusiennes, que les consignes onusiennes. En fait, il faudrait quand même se débarrasser du dictateur libyen, l'ancien ami de Sarkofrance, futur client de nos armements et centrales nucléaires. Juppé, à Londres, confirma que la Sarkofrance était prête à livrer des armes aux opposants anti-Kadhafi : « nous sommes prêts à en discuter avec nos partenaires. »

A Londres, les participants décidèrent de constituer un « Groupe de contact » politique sur la Libye, à présidence tournante. Il faut faire oublier que l'OTAN est désormais en charge des opérations militaires. Une prochaine réunion aura lieu au Qatar. Pourtant, l'Union africaine n'avait envoyé personne. Et la Ligue arabe, réticente dès les premières heures de l'intervention occidentale, n'avait envoyé qu'un simple ambassadeur.

Présent au Sommet de l'UMP
Les mauvaises langues diront que le Monarque avait fort à faire à Paris. L'UMP est en ébullition. Lundi soir, Jean-François Copé a accusé François Fillon de ne pas jouer suffisamment collectif. Bisbilles au sommet de l'Etat-UMP ! Le secrétaire général du Parti attaque le premier ministre ! Cette dispute de deux marionnettes sarkozystes prête à sourire. Les deux rivaux pensent à 2017.

Mardi matin, juste avant de recevoir les dirigeants de l'UMP, Nicolas Sarkozy avait convoqué Fillon et Copé dans son bureau, à 8 heures, pour une explication de texte. Un petit déjeuner à trois qui s'annonçait explosif. Une demi-heure plus tard, les trois retrouvaient quelques ténors de l'UMP. Le candidat Sarkozy confond l'Elysée avec un bureau de campagne. « Sarko a été impeccable. » a confié Copé en sortant. Pourtant, le cessez-le-feu semblait aussi fragile qu'à Benghazi. Le Monarque Nicolas avait à peine fini son introduction, que Copé répéta « ce qu’il avait dit la veille, maintenu ses critiques et assuré qu’il ne les redirait pas. » Fillon répliqua qu'il « n’est pas possible d’exposer ses différends avec le Premier ministre ainsi à la télévision.» 


Copé, si soupçonné d'espérer secrètement l'échec de la candidature Sarkozy en 2012 pour préserver ses propres chances en 2017, surjoue sa fidélité au Monarque. Fillon, potentiel recours si Sarkozy sombrait avant l'ouverture de la campagne officielle, a une identité à défendre, malmenée depuis 2007.

Ces péripéties de l'UMP sont sans conteste sans importance eu égard à l'actualité du monde « réel.» Même sur le terrain international, le Monarque élyséen, trop occupé à s'activer comme candidat à sa succession, en a oublié les autres troubles du monde. Ainsi en Côte d'Ivoire, le président contesté Gbagbo s'accroche à son poste, 4 mois après sa réélection dénoncée par la communauté internationale. Le pays a plongé depuis dans la guerre civile. En Sarkofrance, on s'en fiche.

Qui parlera donc des vrais sujets ? Du vrai bilan ? Même la gauche semble tétanisée et amusée par ses disputes d'appareils sarkozyens. Mardi, il fallait lire le compte-rendu enthousiaste du Figaro sur les « ruptures conventionnelles » de contrat de travail. A fin janvier 2011, le cap des 500.000 depuis l'entrée en vigueur du dispositif était quasiment franchi : « Après trente mois d'existence, le succès de ces séparations à l'amiable, introduites dans le Code du travail en août 2008 suite à un accord entre les partenaires sociaux (à l'exception de la CGT), ne se dément donc pas.» Xavier Bertrand, le ministre du Travail, est ravi. Ces séparations à l'amiable homologuées par l'administration représentent désormais 11 % des motifs de rupture de CDI.

Le nombre de ces divorces à l'amiable a-t-il baissé de 17% en janvier 2011 versus décembre 2010 ? Ne vous inquiétez pas ! « Il n'y a aucune raison de s'inquiéter », a confirmé un conseiller du ministre au Figaro. « On est toujours sur une montée en puissance du dispositif, selon une saisonnalité identique à celle des années précédentes.» Ouf ! On est rassuré ! En période de crise, la nouvelle est pourtant terrifiante. Et le Figaro reconnaît des abus : « les séparations à l'amiable semblent être utilisées par certaines entreprises comme un système de préretraite collectif financé par l'Unedic. » Pour preuve, un chômeur sur cinq qui entre à Pôle emploi suite à une rupture convention­nelle a plus de 50 ans, et surtout plus de 58 ans... Bref, le dispositif sert de pré-retraites déguisés...  Depuis 2003, le nombre de pré-retraites financées par l'Etat a fondu (30.000 en 2003, moins de 8.000 actuellement).

Autre thème du moment, l'avenir nucléaire du pays. Nicolas Sarkozy fera un crochet par le Japon, vendredi, lors de son périple en Chine. En France, sa ministre de l'Ecologie Kosciusko-Morizet ne fit que répéter qu'un « audit des installations nucléaires » aurait lieu ... d'ici la fin de l'année. Chaque jour, la catastrophe de Fukushima rappelle le caractère irrémédiable des dégâts atomiques.

Chômage, précarité, santé, environnement, les sujets ne manquent pourtant pas. Mais le candidat Sarkozy reste tout occupé à sa propre survie.

Ami sarkozyste, où es-tu ?





29 mars 2011

Libye ou cantonales : Sarkozy s'égare tout seul

Qui reste-t-il ? Un quarteron de fidèles logés dans le Palais, trop habitués aux sondages concordants, aux débats sans contradicteurs ni contradictions. Il y a aussi quelques soutiens réticents qui n'osent franchir le Rubicon de la défiance autrement que par petites phrases rapidement démenties. Au lendemain d'un scrutin une nouvelle fois désastreux, Nicolas Sarkozy tente d'affirmer son autorité. Sur le plan international, il co-signe une déclaration avec le Britannique Cameron incompréhensible et approximative.

Chef de guerre ?
Officiellement, Nicolas Sarkozy a des sujets plus sérieux à traiter que ce scrutin strictement « local ». Pensez-vous ! Il est le « président de la 5ème économie du monde » ! Tout le weekend, les médias français s'étonnaient et se félicitaient de la fulgurante progression des forces rebelles en Libye. Les bombardements occidentaux affaiblissent évidemment les forces libyennes, même si l'alliance occidentale déborde ainsi de son mandat onusien initial. Lundi, après le scrutin cantonal, on apprenait que l'avancée des révolutionnaires libyens était moins importante que prévue. Ce même lundi 28 mars, lendemain électoral, Nicolas Sarkozy et son collègue David Cameron publiaient un étrange communiqué commun, truffé d'approximations et de réécritures historiques. Dix jours après le début de l'offensive occidentale contre les forces de Kadhafi en Libye, et à la veille d'un sommet international à Londres, les deux compères encouragent les proches du dictateur libyen à changer de camp. Mais l'étrange est ailleurs.

Sarkozy et Cameron expliquent que leur intervention dès le 20 mars a sauvé « des centaines de milliers de personnes » « d'une catastrophe humanitaire annoncée.» On ne sait pas d'où ils sortent cette estimation ? Ils se réfugient derrière un mandat onusien qui n'autorise qu'une protection des civils (« Nos pays sont résolus à continuer à appliquer la résolution n°1973 du Conseil de sécurité afin de protéger le peuple libyen  »)  pour réclamer le départ de Kadhafi (« Kadhafi doit donc partir immédiatement »). Ils évoquent une initiative de la Ligue arabe à l'origine de la résolution du Conseil de Sécurité : « Suite à l'appel lancé par la Ligue arabe en faveur de la protection de la population libyenne, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté, le 17 mars, une résolution historique visant à protéger les civils de la violence qu'a déchaînée sur eux la machine de guerre de Kadhafi. » Sarkozy avait-il peur de paraître seul en première ligne ?

Pour conclure, les deux espèrent que « lors de la conférence de Londres, la communauté internationale tout entière aura l'occasion d'exprimer son soutien au peuple libyen dans sa lutte visant à faire tomber une dictature violente et à créer les conditions propices qui lui permettront de décider de son avenir.» On applaudit ! On espère que Nicolas Sarkozy affirmera le même préalable démocratique à l'encontre de son ami syrien Al Hassad : « Comme tout autre peuple, il a le droit de choisir librement ceux qui le dirigeront. » Fichtre ! Quelle déclaration ! Nicolas Sarkozy s'envole pour la Chine, ce mercredi. Gageons qu'il aura l'occasion de demander à son hôte, président de la plus grande dictature du globe, de laisser son peuple «  choisir librement ceux qui le dirigeront. »


Sarkozy et Cameron mesurent-ils la portée de leurs propos ? la démarche, non concertée évidemment, avait quelque chose de triste et pitoyable. La France aurait pu déclarer la guerre à la Libye pour des motifs humanitaires et démocratiques. C'eut été courageux, gonflé et dangereux.

Le Nouvel Obs avançait une explication pour cette déclaration franco-britannique inattendue. L'Allemagne et l'Italie envisageaient de proposer un cessez-le-feu immédiat en Libye lors de cette même réunion de Londres.

Chef d'un clan !
Depuis son élection en mai 2007, Nicolas Sarkozy a perdu toutes les élections intermédiaires, sans exception : municipales au printemps 2008 (avant la crise); européennes un an plus tard; régionales en 2010, et cantonales de mars 2011. Un sans-faute qui, aggravé par des sondages de popularité calamiteux depuis l'automne 2007, a peu à peu miné l'autorité de l'omni-président. Au printemps 2010, il avait du concéder un mini-remaniement, secoué par une bronca antisarkozyste au coeur de ses groupes parlementaires.

Chaque lundi, Nicolas Sarkozy débute la semaine par une réunion avec quelques dirigeants de l'UMP. Il faut caler les messages, et tenir les troupes. Participent habituellement à ce premier rendez-vous, Jean-François Copé le secrétaire général de l'UMP ; Brice Hortefeux, futur conseiller politique et actuellement en charge des investitures à l'UMP; Franck Louvrier, le conseiller en communication; Patrick Buisson, le gourou des études; Pierre Giacometti, son autre conseiller ès sondages ; François Fillon, et, parfois, Henri Guaino.

Le mardi, les dirigeants de l'UMP avaient coutume de relayer la bonne parole présidentielle. Depuis quelques mois, il y a friture sur la ligne, parasite dans les rouages, dissidence dans les rangs. Le signe, évident, d'un affaiblissement de l'autorité de Nicolas Sarkozy.  Le 21 mars, lendemain du premier tour des élections cantonales, le Monarque avait réaffirmé ses consignes : ni Front national, ni Parti socialiste.  On se souvint du cafouillage cantonal le lendemain. Fillon contredit Sarkozy, avant de se rétracter quelques heures plus tard.

Toute la semaine, les supporteurs du Monarque répétèrent qu'il valait mieux l'abstention que le front républicain en cas de duel FN/gauche au second tour du scrutin. Dimanche soir, Jean-François Copé, le faux patron de l'UMP, sortait ses larmes de crocodiles pour regretter la fameuse abstention. Le ridicule n'a plus de limites. 

Ce 28 mars, Sarkozy s'énerva contre les velléités séparatistes des centristes et notamment de Jean-Louis Borloo : « Ceux qui mettent en cause la famille politique sont ceux qui ne se battent pas pour elle, et ceux qui voudraient mettre en cause l'unité de notre famille ne le feront pas avec notre complicité ». Ces propos ont « extrêmement peiné » l'ancien porte-parole de l'UMP Dominique Paillé. La débâcle au second tour des cantonales a ravivé les critiques contre la stratégie présidentielle et l'hôte de l'Elysée lui-même. Sarkozy insiste à nouveau pour que le débat sur l'Islam et la laïcité ait lieu, le 5 avril prochain, au sein de l'UMP.

La veille, le jeune Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement, s'inquiétait sur i-Télé qu'on ne parle que de ça. Quelques heures plus tard, François Baroin, pourtant porte-parole du gouvernement, contredit également son patron, en suggérant de « certainement mettre un terme à tous ces débats. » . « Je crois qu'il faut s'écarter de tout ce qui peut, de près ou de loin, donner l'impression de stigmatiser » a-t-il précisé. Comme à chaque couac intra-UMP, un responsable du clan précise rapidement que « François Baroin devrait rectifier ses propos dans la journée ». Le soir même sur CANAL+, le secrétaire Copé a même taclé son rival Fillon. Ce dernier apprécie peur qu'on agite les peurs pour faire le jeu, in fine, du Front National. Même Jean-Michel Apathie s'en agace.

Une fois par mois, Nicolas Sarkozy reçoit des sénateurs UMP (comme le 9 mars dernier) ou des députés UMP (le 16 février). Le Monarque a laissé fuiter qu'il régalerait tous les députés UMP à l'Elysée le 13 avril prochain. De temps à autre, le Monarque rencontre des « intellectuelsLe 23 mars dernier, entre les deux tours du scrutin - accrochez-vous - il a invité à déjeuner Denis Tillinac, l'ancien écrivain chiraquien, Eric Zemmour, le journaliste nouveau condamné, et Yann Moix, un temps cinéaste. Ce trio est exemplaire d'un troisième cercle des sarkozystes disparus : aux côtés des fidèles et des résignés, voici les illuminés de la dernière heure !

Dans son ancien fief des Hauts-de-Seine, le traumatisme est plus intime. Il y a quelques mois, quelques conseillers et proches sarkozystes avaient appelé un à un les représentants de l'UMP locale pour évincer Patrick Devedjian au profit de l'inexistant Guillet maire de Chaville. Sur toutes les ondes, le couple Balkany répétait combien Devedjian était usé et méritait une raclée. Or voici qu'au second tour de ces sinistres cantonales, Isabelle Balkany, la « marraine politique » du Prince Jean S., fut défaite à Levallois-Perret par un candidat « divers droite » choqué par le népotisme Bling-Bling du Monarque. La chasse au Sarkophile est-elle ouverte dans les Hauts-de-Seine ? Le 2 mars dernier, Patrick Devedjian confiait que « Les Hauts-de-Seine sont en France, ils subissent exactement le même climat que le reste du pays ». Fidèle à la tradition paternelle, le fils Jean déclara aussitôt sa flamme et son soutien à ... Patrick Devedjian, l'ancien ennemi.




28 mars 2011

Insécurité, chômage, élections : Sarkozy restera-t-il candidat ?

On se battait en Libye. Nicolas Sarkozy aurait aimé qu'on se félicite des progrès de la rébellion contre les forces du colonel Kadhafi. Mais ce weekend, il pensait à autre chose. On votait en Sarkofrance, pour un scrutin cantonal méprisé. Ce fut un mauvais résultat de plus pour le Monarque. Un sujet d'inquiétude pour le candidat. Coûte que coûte, il faut  faire oublier le bilan, surtout qu'il y avait des élections ce dimanche. A droite, on doute de lui. Dans le pays, on n'y croit plus depuis longtemps. Et ce ne sont pas les derniers bilans du chômage et de l'insécurité qui vont l'aider.

Elections
Toute la semaine, l'UMP a douté. Nicolas Sarkozy a tenté d'imposer le Ni FN/Ni PS. Sa stratégie de rapprochement sémantique et politique vers l'extrême droite a démobilisé une belle partie du camp sarkozyste.

Le résultat définitif des élections cantonales fut sans surprise : il n'est pas fameux pour la « majorité » présidentielle. L'UMP a totalisé 19% des suffrages. Avec ce score, quelques centaines de députés UMP perdront leur siège l'an prochain. Il faudrait y ajouter les « divers droites » pour parvenir à un petit 30% coalisé. La gauche, rassemblée ou divisée, a attiré quelques 46%. Le Front national de Marine Le Pen environ 10% nationalement, mais près de 40% dans les 400 cantons (sur 1.500) où il était au second tour. L'abstention fut également importante, si importante qu'il est improbable de tirer de quelconques conclusions politiques sauf une : Sarkozy a démobilisé son camp. Sur les 19,9 millions d'inscrits, seuls 46% se sont déplacés. Quelques défaites furent symboliques : Isabelle Balkany, la grande conseillère de l'ombre, avec son mari, du Monarque, fut battue dans les Hauts-de-Seine à Levallois-Perret. Marine Le Pen triomphait : « l'espoir aujourd'hui c'est le Front national ! (...) C'est une révolution bleu-marine ! »

Les commentaires officiels furent éparses. François Fillon ne réagit que par communiqué, vers 20h15. La désertion L'ineffable Jean-François avait du mal à cacher sa déception : « Dès demain, on repart à la conquête, ou à la reconquête, de celles et ceux qui ne sont pas allés voter ou sont sont allés voter pour le Front national.» et il ajoute, plus tard : « Nous avons reçu 5 sur 5 le message qu'ils nous ont adressé.» Son secrétaire adjoint Hervé Novelli concéda : « il y a une forte interrogation aujourd'hui.» Rachida Dati fut à son habitude, incompréhensible et mauvaise perdante : « Pour l'UMP, c'est pas une victoire. Mais le Parti socialiste, c'est pas mieux.» Nanananèère !

Au final, il n'est pas sûr, bien au contraire, que Nicolas Sarkozy changera de stratégie. Mais il paraît évident qu'une fraction plus importante du corps UMP s'interrogera sur sa compétence politique. « Ce serait une pure folie d'avoir un autre candidat que Nicolas Sarkozy ! » s'exclama François Baroin, l'ancien chiraquien et désormais porte-parole de la Sarkofrance vieillissante. L'inquiétude est donc là.

Il y avait d'autres bilans, moins glorieux et peu présents dans ce débat politique.

Insécurité
Depuis 10 jours, Claude Guéant ne s'est pas épargné sur le front électoral, de petites phrases en grosses provocations aux relents frontistes. Il collait à la culotte, et sur ordre, la présidente Marine. Pourtant, il avait fort à faire sur son périmètre ministériel. En matière de lutte contre la délinquance, le ministre Guéant s'est bien gardé de commenter le bilan du mois de février, publié ce mois-ci par l’Observatoire national de délinquance et des réponses pénales (ONDRP).

Sur 12 mois glissants (i.e. de mars 2010 à février 2011), les résultats sont mauvais. Sarkozy est un incompétent sécuritaire :

- Le nombre de vols est globalement stable (1,807 millions), mais les cambriolages ont progressé de 3,6% (à 320.000 au total), dont 15.000 supplémentaires contre les résidences principales. Les vols avec violences ont même explosé (+7,9%, soit 9.000 de plus en un an), pour atteindre 121.000 actes sur un an. cette progression provient pour l'essentiel des « vols violents sans arme contre des femmes sur voie publique ou autre lieu public. »

- Les destructions et dégradations de biens ont fortement baissé (-34.000 actes en un an), ce qui permet d'afficher une légère baisse des atteintes aux biens, au global. 

- Les atteintes à l'intégrité physique poursuivent leur progression, ... comme depuis 2002. 15.000 agressions supplémentaires sur un an, soit 469.000 faits à fin février. Plus précisément, la plus forte hausse vient des violences crapuleuses (+8.000).

Dans son bilan, l'ONDPR s'essaye, comme à chaque fois, à mesurer les affrontements entre bandes. C'était le grand cheval de bataille de Nicolas Sarkozy au printemps 2009, puis à nouveau l'été dernier, une vraie diversion pour masquer l'échec plus global d'une politique : « la définition d’un « affrontement entre bandes » souffre de certaines imprécisions » rappelle l'ONDPR. Mais l'observatoire livre quelques chiffres : 33 affrontements relevés en février dernier, moins de 400 sur l'année. Le chiffre reste ridicule comparé au près de 500.000 violences physiques enregistrées chaque année.

Chômage
Côté chômage, d'autres chiffres furent publiés, mais il était impossible de s'en servir. Xavier Bertrand, resta modeste. Le chômage avait « encore » baissé, mais d'un minable 0,1% de sans-emploi en moins en février... En fait, le ministre du travail s'est caché. Pas de quoi pavoiser, même quelques jours avant une élection. Il n'est pas allé fanfaronner, la veille de l'annonce des résultats, comme il l'avait fait le mois dernier. On objectera que le mois de février est court, froid et peu comparable. Xavier Bertrand avait choisi d'attendre la publication des dernières statistiques du chômage pour les commenter. Il les trouva « encourageants » . Au total, Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi toutes catégories s’établissait à 4,9 millions à fin février 2011, dont 2,9 millions sans aucun emploi. Formidable ! Le nombre de seniors au chômage a explosé : +13% sur un an, dont encore 1,4% supplémentaires en février. Il faudrait faire le lien avec l'envolée des ruptures de contrats de travail à l'amiable, qui concerne nombre de plus de 50 ans.

Dimanche soir, Nicolas Sarkozy se fichait bien de tous ses chiffres. Il pense toujours à 2012. Sa nouvelle feuille de route, pour l'instant, est déjà écrite. Faire peur à l'électorat, agiter les clivages, déplacer l'agenda politique le plus loin possible de son échec social et économique.


27 mars 2011

Libye : quel bilan pour Sarkozy une semaine après ?

Une semaine après l'intervention française et les premiers raids occidentaux en Libye, quel bilan peut-on dresser ? La semaine dernière, le président français semblait le grand gagnant politique de cette opération. Huit jours plus tard, rien n'est moins sûr. Cette affaire libyenne donne la nausée.

1. Samedi 19 mars, les premiers raids français ont stoppé la progression de l'armée Kadhafi à Bengahzi. Il s'en est fallu de peu. Nicolas Sarkozy a tardé à changer de cap. Mais il fut quand même le premier. Les rebelles de Benghazi lui doivent la vie sauve. Passés cette brillante victoire, on s'interroge sur la suite. Les forces occidentales attaquent l'armée libyenne. Cette dernière est mieux équipée que les rebelles. La coalition franco-britannique et américaine fait-elle la guerre au service des révolutionnaires ? Nicolas Sarkozy s'en défend. Il joue avec les mots : « toute la résolution et rien que la résolution » a-t-il rappelé vendredi. La résolution prévoyait-elle d'engager de prendre partie ? Jeudi 24 mars, un Rafale français a détruit un avion libyen. C'est bon pour la pub du Rafale. On ne sait pas si l'aéronef kadhafien était un appareil français. La situation eut été cocasse. Mais au moins, cela ressemble au cadre de l'intervention onusienne. Mais Vendredi 25, d'autres raids ont détruit des unités blindées de Mouammar Kadhafi pour permettre aux rebelles de prendre le contrôle d'Ajdabiah, à l'Est du pays. Et le porte-parole des rebelles de Benghazi, Moustapha Gheriania, a confirmé : « Les frappes aériennes de la nuit dernière vont fragiliser les forces de Kadhafi et plus que tout leur moral. Nous nous sentons en sécurité sous leur protection.» La France est en guerre, ... sans que ces dirigeants le reconnaissent.

2. L'Amérique est restée plus prudente. Barack Obama, plus actif sur les révolutions tunisiennes et surtout égyptiennes, avait changé d'avis à la dernière minute, juste à temps pour emporter un vote positif au Conseil de Sécurité en faveur d'une intervention occidentale en Libye. Samedi 19 mars, il dépêcha sa Secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, pour le fameux sommet de Paris. L'Amérique a joué sa partition, mais Barack Obama veut rapidement sortir du terrain libyen. Il était prêt à sauver Benghazi d'un massacre annoncé. Mais il souhaite de quitter ce bourbier naissant au plus vite. Pas question de devenir partie prenante d'une guerre civile.

3. La France n'a pas réussi à convaincre les Etats arabes d'intervenir en Libye. Pour cette première semaine, la coalition est restée occidentale. Tout juste pouvait-on compter le Qatar (avec deux chasseurs et deux avions de transport de troupes) et les Emirats arabes unis (avec six F-16 et six Mirage). Sarkozy ressemblait, en miniature, au George W. Bush de 2003 et sa coalition de pacotille. Vendredi, l'Union africaine a à nouveau réclamé un cessez-le-feu immédiat, en début d'après-midi. Kadhafi l'a à nuveau accepté, sans le respecter. La coalition occidentale l'a ignoré.

4.  La situation militaire en Libye semble dans l'impasse. Les forces de Kadhafi n'ont cessé d'attaquer les révolutionnaires toute la semaine. Et ces derniers n'ont pas les ressources pour riposter. Le risque d'enlisement est réel. Vendredi, un porte-parole de l'OTAN prédisait que les opérations militaires pour faire respecter la zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen « pourraient durer trois mois.» Il fallut le soutien actif et militaire des occidentaux pour parvenir à libérer la voile d'Ajdabiya. Mais le ministre Longuet prévoyait, vendredi,  « une mission de longue haleine.»

5.  Après quelques jours d'hésitations, l'OTAN va donc assurer le pilotage opérationnel de toute l'intervention occidentale en Libye, sous la direction du général canadien Charles Bouchard. On est à peine surpris. Alain Juppé expliquait voici 15 jours que l'OTAN n'était pas le véhicule approprié pour attaquer un pays arabe. Depuis, on tente, en Sarkofrance, d'établir la subtile distinction entre pilotage politique et soutien opérationnel...

6. A l'étranger, la posture française finit par être raillée. Si l'on tente une comparaison, George W. Bush, en 2003, avait conservé un soutien national et international plus durable en faveur de son intervention irakienne que Nicolas Sarkozy et ses raids en Libye. Si la classe politique française, à l'exception des communistes et du Front national, a approuvé a posteriori l'opération, les doutes s'accumulent à l'étranger. Dès dimanche, la Ligue arabe puis la quasi-totalité des puissances dotes émergentes (Inde, Chine, Russie) ont protesté.

7. L'hypocrisie française était flagrante. Tandis que Nicolas Sarkozy se concentrait sur son ancien allié libyen, son ami syrien Bachar al Assad réprimait des manifestations à Damas depuis le 15 mars dernier. Vendredi, on parlait de dizaines de morts. L'administration américaine avait réagi dès le 16 mars: « Nous sommes préoccupés par les nouvelles faisant état de manifestants blessés et arrêtés en Syrie » avait déclaré le porte-parole du Département d'Etat. Dix jours plus tard, son collège de la Maison Blanche complète : « Nous condamnons fermement les tentatives du gouvernement syrien pour réprimer et intimider les manifestants.» Nicolas Sarkozy, vendredi, fut enfin contraint à l'indignation : il se déclara préoccupé. « Nous disons notre plus grande préoccupation sur la montée de la violence. Chaque dirigeant, et notamment (chaque) dirigeant arabe, doit comprendre que la réaction de la communauté internationale et de l'Europe sera désormais chaque fois la même. Dans toute démocratie il y a des manifestations et il peut y avoir des violences. Mais dans aucune démocratie on ne peut accepter que l'armée soit engagée à tirer à balles réelles sur des manifestants. Cette position ne variera pas quels que soient les pays concernés. » On attend avec impatience une résolution du Conseil de Sécurité.

7. Vendredi 25 mars, les dirigeants européens se sont encore écharpés sur la conduite des opérations militaires en Libye. L'Allemagne refuse de participer aux interventions militaires. A l'inverse de l'Italie berlusconienne, elle n'a pas d'intérêt économique majeur en Libye. C'est un point rarement relevé en Sarkofrance. Bien au contraire. Les ministres insistent pour enfoncer l'ancienne meilleure amie de Nicolas Sarkozy. La Sarkofrance découvre que l'Europe politique n'existe pas. Quelle surprise ! Depuis mai 2007, Nicolas Sarkozy a misé sur les relations bilatérales et les Etats aux détriments de l'union politique. Trop inquiet pour sa propre stature, il n'a jamais placé le collectif européen au-dessus des intérêts particuliers. Et voici qu'il fait semblant de regretter la dispersion actuelle. « C'est une vraie souffrance pour moi qui suis très européen, je me rends compte que l'Angleterre et la France ont la même vision assez responsable et parfois tragique du monde, les autres pays ont perdu l'idée d'être responsables du large environnement » a commenté Gérard Longuet ce vendredi. L'Europe ne sert à rien.

8. Sarkozy a conscience de l'impasse militaire. Ce même vendredi, il tenait une courte conférence de presse, après ses premières réunions du Conseil européen. « Vous savez bien que la défense européenne repose sur un couple, le couple franco-britannique.» Il nous promit une « initiative politique franco-britannique », qui serait détaillée mardi prochain. « Il y a des défections mais c'est tout le problème: dans le système Kadhafi, nous avons bien du mal à savoir ce qui se passe à l'intérieur.» Si Kadhafi s'entête, le cow-boy Sarkozy est prêt à déposer son colt, et à beaucoup de concessions, comme pardonner à Saïf al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi. Où se trouve la morale dans de telles déclarations ? 

9. Le Monarque Nicolas aimerait que le régime Kadhafi s'effondre. « Naturellement, nous lançons un appel à tous les Libyens de bonne volonté qui auraient compris que M. Kadhafi conduit la Libye à une impasse et à un drame. Et donc tous ceux qui veulent abandonner M. Kadhafi dans ses projets fous et meurtriers peuvent participer à la reconstruction d'une nouvelle Libye démocratique (...) Nous ne jetons aucune exclusive
10. Le passé rattrapera-t-il notre Monarque élyséen ?  Vendredi, Mediapart révélait la signature d'une formidable concession portuaire signée quelques semaines à peine avant le déclenchement des émeutes par ... le groupe Bolloré. Le même avait récupéré, début mars, la concession du port de Conakry, en Guinée, dont le président fut curieusement reçu en grandes pompes par Nicolas Sarkozy mercredi dernier. 


26 mars 2011

203ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy agite les peurs

Ce fut sa première semaine de guerre. Nicolas Sarkozy s'y croyait. Un pur bonheur. Le colonel Kadhafi, ancien hôte de l'Elysée, est un épouvantail facile et surtout utile. Après les révolutions tunisiennes et égyptiennes, la guerre en Libye excite les peurs migratoires, sert la cause droit-de-lhommiste oubliée depuis 2007, et divertit l'opinion publique française de sujets plus sérieux et moins glorieux comme la précarité des chômeurs en fin de droits, l'envolée des prix alimentaires ou l'inquiétude nucléaire.

Bref, cette semaine fut idéale pour le candidat Sarkozy.

Chef de guerre...
Jusqu'alors, Nicolas Sarkozy faisait la guerre à des ennemis invisibles, des concepts (l'insécurité, le chômage, la spéculation) contre lesquels il abusait d'un vocabulaire dur et combattant pour mieux masquer son inefficacité. Cette fois-ci, on tire à balles réelles sur les chars et les avions libyens. Officiellement, la France n'est pas en conflit. Elle protège, avec d'autres et sous mandat du Conseil de Sécurité, les populations civiles. Dans les faits, la frontière est mince, la distinction trop subtile. Samedi dernier, les premiers raids français ont certainement sauvé les rebelles de Benghazi d'un massacre annoncé. Mais la grosse centaine de missiles britanniques et américains qui ont suivi l'intervention française pour pilonner les installations pro-Kadhafi ont suscité le trouble.

Dès dimanche, le secrétaire général de la Ligue arabe s'est ému. Les puissances dites émergentes (Inde, Chine, Brésil), suivi de la Russie, puis l'Union africaine ont réclamé un cessez-le-feu immédiat. le colonel Kadhafi sembla comme revigoré par ces soutiens indirects. Sur le terrain, les rebelles peinent à reprendre la main. Peu à peu, la coalition occidentale sort de sa mission humanitaire. Elle se dispute aussi le pilotage politique de l'intervention. On comprend vite qu'il faudra réintégrer l'OTAN, seul commandement militaire à même gérer une telle opération. Mais ni la Turquie ni l'Allemagne, réticentes à l'offensive, ne souhaitaient être associées. Jeudi 24, le soutien opérationnel de l'OTAN est enfin accepté.  Barack Obama, qui n'a pas interrompu son périple sud-américain pour autant, souhaite que ses forces se retirent au plus vite. Il fallait sauver Benghazi et détruire les forces aériennes libyennes, ce fut chose faite dès les premiers jours.

Lundi, le porte-avion national Charles de Gaulle a quitté les côtes françaises pour rejoindre la Libye. Deux journalistes du Figaro Magazine « embarqués » témoignent des premiers raids français avec le même enthousiasme que les « embedded reporters » de la guerre du Golfe  : on s'y croirait. Pour contrer les critiques, la Sarkofrance a tenté d'associer des pays arabes. Elle n'a finalement débauché que le Qatar (avec deux chasseurs et deux avions de transport de troupes) et les Emirats arabes unis (avec six F-16 et six Mirage). En Syrie, la répression du dictateur Bachar al Assad a fait des centaines de morts depuis le 15 mars. L'administration Obama a réagi dès le 16. La France a attendu le 25. Al Hassad, invité d'honneur en juillet 2008, est un allié choyé par Sarkozy et Guéant depuis mai 2007.

Candidat des peurs
Cette guerre en Libye est politiquement bien utile au candidat Sarkozy. Dimanche dernier, elle lui a permis d'évacuer le désastreux résultat des élections cantonales de son propre agenda. Elle lui permet aussi de théâtraliser les dangers du monde, et en particulier migratoires. Sarkozy a compris qu'il ne serait pas réélu sur son propre bilan. Se poser en président protecteur s'est aussi révélé impossible. Il lui reste la peur. Marine Le Pen, en se rendant voici 10 jours, à Lampedusa en Italie, a parfaitement joué son rôle de supplétif à la cause sarkozyenne. Le ministre Guéant applique aussi consciencieusement les consignes présidentielles, tel un robot programmé à l'Elysée.

Surnommé « ministre FN » par quelques mauvaises langues centristes, Claude Guéant multiplie les provocations verbales aux relents xénophobes. Il fait semblant de s'adresser à l'électorat grandissant du Front national, quitte à légitimer les clichés les plus graves et les plus stupides. Il y a 10 jours, il critiquait « l'immigration incontrôlée ». Lundi, il se félicite de la « croisade » lancée par Nicolas Sarkozy en Libye. Mardi, voici qu'il lâche une belle grosse bêtise qui choque jusqu'à Jean-François Copé : « Les agents des services publics évidemment ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne doivent pas non plus.» Vendredi, il regrette la baisse des expulsions de clandestins en début d'année. Il promet d'utiliser « la biométrie afin de mieux lutter contre l'immigration irrégulière.» Bientôt, le retour des tests ADN ?

Convaincu par Patrick Buisson et ses nombreuses enquêtes d'opinion financées aux frais du contribuable, Nicolas Sarkozy veut droitiser la France pour exciter les peurs. Du «  Personne n’est obligé d’habiter en France »  du candidat Sarkozy en février 2007 au « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » de Brice Hortefeux en septembre 2009, on ne compte plus ces fausses gaffes et vraies approximations véhiculées par les responsables de la droite sarkozyenne qui légitiment ainsi les outrances de l'extrême droite. La sémantique frontiste a envahi les rangs et les esprits des caciques de l'UMP.

En fait, le candidat Sarkozy veut déplacer le débat politique le plus à droite possible. C'est tout le sens de ses instructions électorales pour le second tour cantonal (ni FN, ni PS). Les polémiques intra-UMP ont été mal comprises par les traditionnels éditorialistes professionnels. Plus le Front national est au centre de l'agenda politique, plus Sarkozy est satisfait. Il mise sur un second tour Sarkozy/Le Pen et un ralliement automatique d'une gauche désemparée et de centristes dociles à son profit. Cette tactique avait si bien fonctionné pour Jacques Chirac en 2002.

Il y a pourtant d'autres sujets qui font peur mais que la Sarkofrance rechigne à traiter, comme l'angoisse nucléaire, depuis la catastrophe japonaise, ou la situation économique et sociale du pays. Le pays n'est plus géré.

Silence atomique
Toute la semaine, la Sarkofrance a poursuivi son obstruction atomique. Au Japon, les autorités ont dû reconnaître en fin de semaine que le sort de la centrale de Fukushima était devenu « imprévisible ». Contamination des eaux jusqu'à Tokyo (à 300 kilomètres), irradiation des personnels de maintenance, boycott alimentaire, nuage radioactif, fuites souterraines, ... les mauvaises nouvelles ne cessent de s'accumuler.

Vendredi, Nicolas Sarkozy eut cette promesse étonnante : « Si une centrale, et je parle pour la France, ne passait pas ces tests, elle serait fermée ». Relisons : si des centrales sont défaillantes, on les fermera. Quelle exigence ! Quel sens des responsabilités ! Ce petit homme de l'Elysée se fiche de nous. Lundi dernier, il avait envoyé son ministre de l'énergie, Eric Besson, à une réunion ministérielle à Bruxelles. Nathalie Kosciusko-Morizet, pourtant ministre de l'Ecologie, n'était pas convié. Quand le nucléaire menace, on envoie le représentant de la filière... Besson refusa d'inclure  l'âge des centrales ou leur résistance aux chutes d'avion et actes terroristes dans l'évaluation de leur sécurité discutée au niveau européen. Il refusa aussi que les « stress tests » proposés soient obligatoires, comme le demandaient les Allemands ou les Autrichiens. Le lendemain, Europe1 révèle que le nombre d'incidents dans nos centrales gauloises a doublé en 10 ans. Et les opposants anti-nucléaires soupçonnent EDF d'avoir falsifié les résultats de sensibilité sismique concernant 32 réacteurs sur ... 58.  Le danger de tremblement de terre est moindre en France qu'au Japon. Mais la résistance des centrales est également moindre ici que là-bas. Et quelques références sismiques datent... du Moyen âge !


L'accident nucléaire de Fukushima aurait du favoriser un accord européen sur le contrôle de nos 143 réacteurs (dont 40% en France). Que nenni ! La France bloque. Partout on s'inquiète de sécurité, sauf en France où l'on préfère défendre les qualités de la filière nationale. Jeudi 24, Fillon a enfin transmis sa lettre de mission au président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire afin que ce dernier réalise l'audit promis la semaine dernière. Le même jour, le Monarque Nicolas rappelait aux ministres des Sciences des Etats-membres du G20 combien les choix nucléaires de la France ne sauraient être remis en cause. Pas question de débattre ! En Allemagne, Angela Merkel avait déjà confirmé qu'elle fermait 9 des centrales les plus anciennes. Vendredi 25 à Bruxelles, Nicolas Sarkozy joua la conciliation. Il promit d'appliquer les tests de résistance en cours de définition au niveau européen. Une réunion d'experts se tient lundi 28 mars.



Le 4 avril prochain, Areva a quand même prévu d'exporter du « mox » au Japon. Ce combustible nucléaire fabriqué à partir de plutonium et d'uranium appauvri alimente les centrales japonaises et notamment celle de Fukushima. Il est jugé instable. Pendant la crise, les affaires continuent.



Président distant
Ne répétez pas que la France est toujours en crise. La catastrophe japonaise et les tensions au Moyen-Orient risquent pourtant de planter une reprise déjà fragile. Cette semaine, les premières réestimations à la baisse de notre croissance économique sont tombées : 1,4% en 2011, contre une hypothèse optimiste de 2% retenue par le gouvernement. Christine Lagarde n'a pas commenté.

Jeudi 24, le chômage de février était publié. Xavier Bertrand jugea « encourageant » le recul affiché de... 0,1 %. Le ministre du Travail raconte n'importe quoi. Le chômage des femmes et des plus de 50 ans ne cessent de progresser. Le nombre d'offres d'emplois de moins d'un mois explose (+17% en février). On s'inquiète à nouveau du sort des fins de droits, estimé à un million en fin d'année. L'an dernier, le gouvernement avait attendu 6 mois pour donner, sous conditions, une maigrichonne allocation. On ne connaît d'ailleurs toujours le nombre de bénéficiaires. Le médiateur de Pôle emploi confirme le nombre de 20.000 (sur 325.000 bénéficiaires potentiels)... un chiffre ridicule.

A contre-courant, La ministre Bachelot s'est félicitée lundi de l'augmentation du nombre de bénéficiaires du RSA-Jeunes de 29% depuis novembre 2010... Quel succès ! 8.000 précaires de moins de 25 ans enfin indemnisés quand le Monarque Nicolas nous en promettait 160.000 en septembre 2009...

Vendredi 25 mars, syndicats et patronat sont parvenus à un accord sur l'indemnisation chômage. « On a évité le pire » a sobrement commenté un représentant de FO. On reste sur l'ancien dispositif, un jour d'indemnisation par journée cotisée, et ce pendant deux ans.

L'inflation repart. L'envolée des prix des matières premières et de l'énergie fait valser les étiquettes de nombreux produits alimentaires de base (farine, lait, beurre, pain, pâtes, etc). Le Figaro promet des « hausses spectaculaires ». Mardi, Eric Besson concède que les tarifs d'EDF vont « légèrement » augmenter cet été, de 5%... Rappelez-vous que les minima sociaux n'ont été revalorisés que de 1,5% en 2011.

Au final, le candidat des Riches, président des puissants, a passé une belle semaine. Les images de Rafales décollant du Charles de Gaulle ou de chars libyens calcinés par les attaques occidentales ont aisément diverti et stressé l'électorat.

Ami sarkozyste, où es-tu ?



25 mars 2011

Conseil européen : Sarkozy préfère la Libye à Fukushima

On aurait pu croire que l'accident nucléaire de Fukushima aurait a minima favorisé un accord européen sur le contrôle de nos propres installations atomiques. Pour l'instant, il n'en est rien. Les dirigeants européens, qui se retrouvent à Bruxelles pour un sommet dès jeudi soir, se disputent sur les éventuelles mesures de sécurité à prendre. L'agenda est aussi chargé par l'actualité libyenne, ou la probable faillite portugaise. Les prétextes de diversion ne manquent pas, surtout pour la Sarkofrance peu encline à discuter de ses 58 réacteurs.

Le danger nucléaire
Au Japon, la situation ne s'améliore pas. Mercredi, la consommation d'eau du robinet était prohibée pour les nourrissons de Tokyo. Uune nouvelle fumée noire s'était échappée du réacteur 3. Ce dernier avait déjà explosé et son coeur avait été exposé à l'air libre. Trois employés de la centrale ont été hospitalisés pour irradiation. Jeudi, un bateau russe revenant du Japon a été relevé avec 3 fois la radioactivité normale. A Hong Kong, on a même trouvé des traces de particules radioactives sur des légumes en provenance du Japon.

L'Union européenne compte 143 réacteurs, dont 40% en France. 30% de l'électricité européenne provient des centrales. La transition, si transition il y a, sera longue. Depuis l'accident de Fukushima, conséquence du tremblement de terre et du tsunami, les réactions européennes ont été quasiment unanimes, ... sauf en France. Partout on s'inquiète de sécurité, sauf en France où on l'on espère sauver ce qui peut être sauver de la filière nationale

Les autorités françaises doivent en effet lutter sur un double front, national et international. Nicolas Sarkozy n'a cessé de pratiqué une diplomatie atomique. Mais dans certains Etats, comme la Turquie, regrette désormais les projets de centrales, initiés en 2008.

La singularité française
Les enjeux du débat, provoqué par la catastrophe de Fukushima, sont aisément compréhensibles : (1) quel niveau de risque atomique accepte-t-on ? Quel est le niveau de risque  N'y-a-t-il pas des alternatives ?

La réaction des autorités françaises se singularisa, malheureusement. On tarda d'abord à reconnaître l'ampleur de la catastrophe japonaise, avant de louer coûte que coûte les avantages de la filière française. Sous la pression, François Fillon concéda, le 15 mars, un audit des installations, dont les premières conclusions ne seront livrées qu'en fin d'année. Jeudi 24 mars, il a enfin transmis sa lettre de mission au président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire : «  je vous demande de réaliser une étude de la sûreté des installations nucléaires, en priorité les centrales nucléaires, au regard de l’accident en cours dans la centrale de Fukushima. Cet audit portera sur cinq points: les risques d’inondation, de séisme, de perte des alimentations électriques et de perte du refroidissement ainsi que la gestion opérationnelle des situations accidentelles. Il est complémentaire aux démarches de sûreté mises en œuvre par les exploitants nucléaires sous votre contrôle. Je souhaite que vous examiniez, installation par installation, si des améliorations sont nécessaires à la lumière des enseignements qui seront tirés de l’accident de Fukushima 

Cet « audit » est une opération de communication. L'ASN et la filière dans son ensemble réévaluent en permanence les dispositifs de sécurité à l'aune des évènements récents. Dimanche dernier, Eric Besson rassurait : « ma conviction profonde c'est que nous allons à l'avenir (...) protéger davantage nos systèmes de secours.» Notez la précision. C'est sa conviction profonde, pas une décision officielle du gouvernement dont il est pourtant le ministre.

Depuis le 11 mars dernier, date du tsunami, Nicolas Sarkozy refusa également tout débat sur le nucléaire. Jeudi 24 mars, il a répété son crédo devant des représentants des Académies des sciences des pays des G8 et G20 qu'il recevait à l'Elysée. Il a ainsi « rappelé les choix faits par la France en faveur de l'énergie nucléaire, tant pour assurer son indépendance énergétique que pour participer à l'effort planétaire de lutte contre les émissions de gaz à effets de serre.»

Cette attitude caricaturale et irresponsable tranche avec celle de nos voisins. Angela Merkel a immédiatement décidé de geler pour trois mois le programme de rénovation de ces centrales. Elle a aussi ordonné la fermeture dans son pays de sept de ses plus vieilles centrales nucléaires. Ce jeudi, elle a considéré que l'accident nucléaire de Fukushima « est un événement qui bouleverse le monde et va le changer. Et c'est pourquoi je pense qu'il est juste d'observer une pause de réflexion. (...) Plus tôt on sortira de l'énergie nucléaire, mieux ce sera.» Les partisans du nucléaire précisent que la chancelière tente de redresser son image à quelques jours d'élections locales. Mais la chancelière a aussi taclé son grand ami Nicolas Sarkozy. « Discuter de façon rationnelle, cela signifie qu'il ne sert à rien de fermer des centrales nucléaires si c'est pour importer de l'énergie nucléaire de chez nos voisins.» Et paf ! Voici un débouché commercial qui se ferme à la filière française.

L'impasse européenne ?
Lundi dernier, les ministres européens en charge de l'énergie s'étaient réunis pour discuter des « récentes évolutions internationales et leur impact sur les marchés mondiaux de l'énergie et sur l'UE ». Eric Besson, représentant la France, s'est pointé avec quelques certitudes : pas question de discuter de l'âge des centrales - la France serait mal placée -. Inutile également d'évaluer la résistance des centrales aux chutes d'avion et aux actes terroristes. Mieux vaut discuter de normes de sécurité « exigeantes », comme celles que respecteraient ces fameux EPR, hors de prix et pas encore en fonctionnement.  Pas sûr que ce débat soit si aisé : « en l’espace de dix ans, le nombre d'incidents mineurs et d'anomalies sur les installations nucléaires françaises a doublé » avait révélé Europe1 la semaine dernière.

Le ministre était confiant, ou têtu : « Nous sommes en pointe sur le nucléaire, en pointe en matière de transparence (...) et nous sommes en pointe en matière de sûreté.» Au final, Eric Besson a précisé que la France n'accepterait de « stress tests » que sur quatre critères : risque d'inondation, risque sismique, risque lié à la perte de refroidissement et mesures limitant les conséquences d'un accident.

Les ministres ont bien conclu qu'il faudrait garantir des normes européennes plus élevées en matière de sécurité nucléaire. On attendait le passage du nuage radioactif japonais cette semaine en Europe. Mais le commissaire européen à l'Énergie, Günther Öttinger, en est sorti pessimiste : « Il y a peu de questions en Europe sur lesquelles les gouvernements et les parlements nationaux ont une divergence de vues aussi importante que sur l'énergie nucléaire.» C'est encourageant ! Öttinger a été critiqué par les autorités françaises pour son « alarmisme.» Les Allemands voulaient des tests obligatoires. La France a refusé. La Lituanie a expliqué qu'il fallait associer les pays limitrophes de l'Europe, comme la Russie. Bref, l'impasse est totale.

En arrivant à Bruxelles, le Monarque Nicolas avait d'autres chats à fouetter que la crise nucléaire. Depuis presque 7 jours, il était chef de guerre et chef du monde. En Libye, ses Rafales venaient d'abattre un avion libyen. Et le Portugal vient de perdre son gouvernement. Le premier ministre Socrates a démissionné, et les spéculateurs ... spéculent contre la dette portugaise.

A Bruxelles, Sarkozy a bien d'autres sujets que le sort de quelques centrales nucléaires vieillissantes. Le sujet nucléaire, lui, engage pourtant des générations entières.


23 mars 2011

Y-a-t-il un pilote dans l'avion Sarkofrance ?

Qui gouverne en Sarkofrance ? Le Monarque semble tout affairé par la crise libyenne, et pourtant, on découvre qu'il y a un problème de pilotage politique de l'opération. En France, certains journalistes feignent de croire que l'actualité se résume au trouble frontiste qui agite l'UMP. Pourtant, le ministre Guéant commet bourde sur bourde, à croire qu'il les livre sur commandes. Et les nouvelles du front économique, si négligé en ces temps de crises internationales à répétition, sont à nouveau mauvaises.  Y-a-t-il un pilote dans l'avion Sarkofrance ?

Qui gouverne en France ?
La Sarkofrance a son nouveau gaffeur. Il s'appelle Claude Guéant. Le ministre de l'intérieur a pris le relais de Brice Hortefeux et ses déclarations sécuritaires et de Michèle Alliot-Marie et ses maladresses. En moins d'une semaine, il nous a gratifié d'une déclaration aux relents xénophobes (« les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux », jeudi 17 mars), d'une interprétation manipulatoire des résultats des élections cantonales (« on constate une bonne tenue de la majorité présidentielle, avec 32,5% des suffrages exprimés », dimanche 20 mars), et, ce lundi 21 mars, d'une provocation internationale à propos de l'intervention en Libye : « Le monde entier s'apprêtait à contempler à la télévision des massacres commis par le colonel Kadhafi, heureusement, le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de sécurité des Nations unies et puis la Ligue arabe et l'Union africaine

Le nouveau ministre ne pouvait ignorer, lui qui agissait comme émissaire de l'ombre de Nicolas Sarkozy auprès de nombre de dictatures africaines ou arabe quand il était secrétaire général de l'Elysée, qu'un soupçon colonialiste se développe à l'encontre de l'offensive aérienne de la coalition occidentale contre le régime Kadhafi. Le premier ministre russe Vladimir Poutine a justement utilisé le même terme de « croisade », lundi dernier, pour fustiger cette intervention armée.

Nicolas Sarkozy, lui, visitait une base militaire française, en Corse. Le chef de guerre n'ose pas utilisé le mot tabou. Il n'y a pas de guerre en Libye, a répété François Fillon, le jour même à l'Assemblée nationale. Fillon et Sarkozy se disputent par petites phrases interposées l'attitude à tenir devant le Front National pour le second tour des élections cantonales. Cela fait désordre en Sarkofrance. On croyait que Sarkozy tenait au moins son propre camp. Fillon s'est ouspillé par quelques députés UMP tentés par l'électorat frontiste ou trop vassaux du Monarque élyséen.

En France, il n'était pas question de faire valider l'escapade libyenne ou la poursuite des opérations par la représentation nationale. Les différents groupes parlementaires ont pu un à un déclarer leur soutien (avec quelques bémols à gauche) mais sans vote. Chez nos voisins, la démocratie est visiblement plus aboutie : David Cameron a obtenu un vote positif du Parlement britannique. En Espagne, le premier ministre Zapattero a attendu le soutien de ses députés pour officialiser la participation de son pays à l'intervention onusienne.

L'austère premier ministre Fillon fut presque lyrique pour défendre l'initiative française en Libye : « Le mur de la peur est tombé. Et en tombant, il démontre qu'il n'y a pas de fatalité pour les populations de cette région à être enfermés dans un choix binaire entre pouvoir autoritaire et régime islamiste. » Cette déclaration intervenait trop tard.

Qui pilote l'opération Harmattan ?
Le soufflé est presque retombé. Si Benghazi a été sauvée de la répression kadhafienne le weekend dernier, le monde s'interroge déjà sur la suite des opérations : les bombardements aériens français, américains et britanniques n'ont pas fait tomber le régime. Kadhafi poursuivait, mardi, son offensive vers les villes de Zentane et Misrata. Le même jour, le porte-parole de la Défense annonçait que les forces françaises n'avaient effectué aucun raid aérien en Libye. Le soir, de nouveaux missiles américains et britanniques frappaient Tripoli.

Après la Russie et la Ligue arabe, l'Algérie a critiqué l'intervention jugée disproportionnée et la Chine a dénoncé une « catastrophe humanitaire.» Autre divergence, le président roumain a refusé, le 17 mars dernier, de suivre Sarkozy et de reconnaître le Conseil national de transition comme autorité légitime en Libye. Motif ? Certains de ses membres ont été impliqués dans la détention des fameuses infirmières bulgares, libérées en juillet 2007 par ... Nicolas Sarkozy : « Agité et intempestif, Nicolas Sarkozy a essayé une fois de plus de mener son jeu personnel dans l'Union européenne, portant ainsi atteinte à la tentative de parvenir à une politique étrangère commune » commentait un journaliste roumain.

La question du pilotage politique de l'opération libyenne fait surtout débat, trois jours après le déclenchement des hostilités. Le sommet de Paris fut finalement une opération de communication protocolaire et symbolique pour bombarder rapidement. Lundi, les ministres des 28 Etats membres de l'OTAN se sont disputés sur le rôle à accorder à l'alliance atlantique. La plupart des alliés (Belgique, Danemark, Norvège,  Canada et Italie) qui se sont joints à l'intervention libyenne souhaitent que l'OTAN prenne le relais, par commodité logistique. Lundi, la Norvège a même suspendu sa participation. La France refuse, pour ne pas heurter le monde arabe. Tout juste Alain Juppé a-t-il concédé qu'elle pourrait intervenir d'ici quelques jours, et en support seulement. L'Allemagne et la Turquie refusent également toute implication de l'OTAN, mais pour d'autres raisons : elles ne veulent pas être mêlées, via l'oTAN, à cette opération. Vous suivez ?

Finalement, l'OTAN a confirmé qu'elle aiderait à faire respecter l'embargo sur les armes. Quelques heures plus tard, Laurent Wauquiez, le discret ministre des affaires européennes, s'étranglait toujours  : « Pour être légitime, on a besoin du soutien de la Ligue arabe. Qu'a dit la Ligue arabe ? Ne nous mettez pas l'Otan. Voilà, c'est tout. »

Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?

« It's the economy, stupid ! »
Ce slogan fut lancé contre Papa Bush en 1992 par les partisans du challenger Bill Clinton. George Bush senior croyait sa réélection assurée après sa brillante victoire contre Saddam Hussein. Mais l'économie allait si mal, qu'il fut allègrement défait quelques mois seulement après cette agitation patriotique sur les champs de pétrole koweïtiens.

En France, les nouvelles du front économiques sont mauvaises. Et le moral « économique » des Français s'est effondré. Début mars, la Commission européenne estimait à 1,7% la croissance du PIB français en 2011. Notre gouvernement national tablait sur 2%, une hypthèse optimiste qui sous-tendait les objectifs de réduction du déficit budgétaire. Mais la déstabilisation du monde arabe agite les cours du pétrole. Mardi, un assureur-crédit a réévalué à la baisse la prévision française : un maigre 1,4%... voilà ce qui nous attendrait pour cette année. Non seulement la reprise économique est bien lente, mais l'envolée des prix des matières premières et de l'énergie plombe la rentabilité chancelante des entreprises françaises.

On attendait les premiers commentaires rassurants de Christine Lagarde. Pour le moment, le gouvernement semble tétanisé. La ministre Bachelot, complètement à contre-courant, s'est félicitée lundi de l'augmentation du nombre de bénéficiaires du RSA-Jeunes de 29% depuis novembre 2010... Quelle satisfaction ! Et combien sont-ils, ces jeunes précaires enfin indemnisés ? 8.132... Pas un de plus. En septembre 2009, le Monarque Nicolas nous en promettait 120.000 ! Puis on découvrit qu'il entendait réserver cette extension du RSA aux seuls moins de 25 ans ayant au moins travaillé 2 ans sur les 3 dernières années ! On attend aussi près d'un million de chômeurs en fin de droits d'ici la fin de l'année. Là encore, silence gouvernemental !

La ministre de l'Economie a d'autres chats à fouetter : deux hommes-clés de la procédure d'arbitrage qui régla le litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais par un joli cadeau de quelque 390 millions d'euros au profit de l'ancien homme d'affaires ont été renvoyés devant la Cour de discipline budgétaire et financière par la Cour des Comptes. Cette dernière conteste la validité légale de l'accord. L'étau se resserre. La ministre Lagarde est clairement visée par cette procédure. Ces deux hommes ont agis sur ordre.

Son collègue Longuet, à la Défense, très concentré par l'opération militaire en Libye, a également son actualité judiciaire. L'ancienne commissaire aux Comptes de sa société de conseil Sokrates Group, vient de livrer une « révélation » de faits délictueux au parquet de Paris, au sujet des comptes de l'entreprise.

Un commandement militaire incertain, un gouvernement paralysé, des affaires qui reprennent ... y-a-t-il un pilote dans l'avion Sarkofrance ?




22 mars 2011

Comment Sarkozy a gagné les élections cantonales. Ou pas.

Le pari international de Nicolas Sarkozy - le candidat, pas le président - a réussi, provisoirement au moins. Depuis octobre dernier, l'homme tentait d'imposer un agenda international « extrêmement chargé » pour cause de G20, et de faire oublier son calamiteux bilan national. On connaît la suite : des fuites de Wikileaks aux révolutions tunisienne et égyptienne, des blocages au G8 à la persistance d'une crise européenne, le Monarque Nicolas fut incapable de prendre la main sur les sujets du globe, tandis que le candidat Sarkozy était rattrapé par une actualité nationale houleuse.

Le sauvetage libyen... de Sarkozy
La décision du Conseil de Sécurité, le sommet de Paris puis le sauvetage de Benghazi ont temporairement redressé la posture présidentielle du candidat... à l'étranger. Mais en France, le résultat, peu commenté à l'Elysée ou au gouvernement, du désastre des élections cantonales a rappelé dimanche soir combien la route serait longue d'ici avril 2012. A l'exception d'un clan sarkozyste rétréci à sa plus simple épure, les voix sont unanimes pour critiquer voire dénoncer la stratégie identitaire de Nicolas Sarkozy. Le Monarque et futur candidat croyait étouffer le Front national à force d'agitation et de débats-prétextes sur l'immigration, l'islam et les « racines chrétiennes de la France », l'affaire lui est revenue en pleine figure, comme un boomerang mal lancé. Au Front National, on se réjouit. Louis Alliot, le compagnon de Marine Le Pen et vice-président du parti, savourait lundi matin : «L'image de diablotins que nous avions est en train de changer et au fur et à mesure que la diabolisation tombe, le Front national progresse.»

Officiellement, Nicolas Sarkozy a d'autres chats à fouetter que de commenter les résultats d'une élection locale et pourtant nationale. D'ailleurs, il a suffisamment de perroquets, de Guéant à Copé, pour s'abstenir de tout commentaire. Depuis samedi, il « sauve le peuple libyen.» Après les premières critiques de la Ligue arabe contre les bombardements occidentaux, l'équipe élyséenne s'attache à arabiser le conflit.  Elle réalise aussi que si les troupes du colonel Kadhafi n'attaquent plus, il sera difficile de poursuivre les bombardements au risque de sortir du mandat onusien. Dans la nuit de dimanche à lundi, une seconde vague de frappes occidentales a eu lieu contre la chaîne logistique de l'armée officielle libyenne. Lundi, les critiques contre l'intervention onusienne en Libye ont pris quelque force. Vladimir Poutine, actuel premier ministre russe, a comparé les raids occidentaux à des « croisades ». Le grand ami de Nicolas, celui-même qui serrait dans ses bras le fils Louis un soir d'août 2008, a déclaré lundi : « Cela me fait penser à l'appel aux croisades à l'époque du Moyen-âge quand on appelait les gens à partir quelque part pour libérer cet endroit.»

Dimanche en France, l'abstention fut record, ce qui est compréhensible quand on se souvient que (1) les enjeux locaux et nationaux du scrutin furent étouffés, (2) l'opposition ne mobilise pas et (3) ces conseillers généraux disparaîtront dans 3 ans à peine avec l'entrée en vigueur de la réforme territoriale. Ceci étant rappelé, tous les commentaires, depuis dimanche, soulignèrent combien le désaveu pour le camp présidentiel était sévère : officiellement, l'UMP n'a recueilli que 17% des suffrages, talonnée par un Front National à 15%.

Guéant, expert ès manipulations
En fait, il faudrait ajouter au score de l'UMP une fraction des 15% obtenus par les candidats « divers droite » : nombre de ces candidats, comme par exemple le clan Estrosi à Nice, ont préféré avancer « masqués », c'est-à-dire sans afficher leur obédience UMP.  

Dans la soirée de dimanche, le ministre de l'intérieur Claude Guéant se livra d'ailleurs à une belle manipulation. Bien que ministre de la République depuis quelques semaines, l'homme se comporte toujours en conseiller politique de l'Elysée. L'annonce de résultats électoraux officiels par un ministre de l'intérieur est habituellement un exercice neutre en commentaires. Pas chez Claude Guéant ! Débutant par donner les chiffres, très faibles, de la participation (moins de 45%), Guéant en profita, « à la lumière de ces résultats », pour légitimer la réforme des collectivités territoriales, qui, selon lui, « prend tout son sens.»

Ensuite, il présenta les résultats des différents partis à l'aune des consignes présidentielles. Il fallait montrer que la tactique électorale de Nicolas Sarkozy était la bonne pour 2012. Et qu'importe si Jean-François Copé, quelques heures auparavant, avait été mal briefé. Lisez plutôt , in extenso, les propos du ministre de Sarkofrance : après avoir placé l'UMP à un tiers des voix (en agrégeant tous les divers droites !), il émietta une à une toutes les forces de l'opposition, pour terminer par le PS et le FN. La manipulation est si grossière qu'elle prête à sourire.
« La deuxième observation concerne les forces politiques. On constate une bonne tenue de la majorité présidentielle, avec 32,5% des suffrages exprimés. Les résultats des candidats écologistes progressent par rapport à 2004, et atteignent près de 8% des voix. Le Front de Gauche, avec les communistes, obtiendrait un peu moins de 9% des voix. Le Parti socialiste obtiendrait, pour sa part, plus de 25% des voix. Les divers gauche obtiendraient de l'ordre de 6% des voix. Quant au Front National, il serait aux alentours de 15%.»
Quoiqu'en pense Claude Guéant, la droite en France marche sur deux jambes, l'UMP et le FN, la copie et l'original, pour environ 35% des suffrages. Voici la seule et unique leçon de ce « printemps français.»

Crise frontiste à l'UMP
Sarkozy, évidemment, se garda bien de commenter le résultat cantonal. Il n'en demeure pas très actif. Lors de sa traditionnelle réunion de campagne à l'Elysée, avec les ténors de son camp (Fillon, Copé, Hortefeux, Buisson, etc), Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il refusait tout « front républicain ». Selon un témoin, il aurait expliqué qu'il « ne faut pas brouiller les messages et surtout ne pas donner l'impression que l'on tire un trait sur un électorat tenté par le FN.» Le Monarque joue sur les mots. Personne à gauche n'appelle à l'alliance politique contre le FN en cas de second tour sans candidat de la droite classique. Tout juste attendait-on un appel à voter contre le Front national. Pour Sarkozy, même cette consigne était impossible à donner. Vers 17h, Jean-François Copé pouvait répéter les éléments de langage concoctés à l'Elysée devant son bureau politique de l'UMP.

Mais lors de cette même réunion, le coup de théâtre vint de François Fillon. Une tempête dans un verre d'eau mais qui a le mérite de rehausser l'honneur politique de l'hôte de Matignon : « Nous devons appeler nos électeurs à faire le choix de la responsabilité dans la gestion des affaires locales. Et tout ceci conduit à voter contre le Front national. » Et d'ajouter : « aucune voix de la droite et du centre ne doit se porter sur l'extrême droite. Ce choix, nous l'avions annoncé dès le premier tour. Ca n'a pas été le cas du PS.» Voici une position totalement inverse à celle rappelée ce matin par Nicolas Sarkozy.

Le Front National a bel et bien clivé le camp présidentiel. Jean-François Copé minimisa. Xavier Bertrand appela à voter blanc. La débandade prend forme...

Mardi, Nicolas Sarkozy, le candidat et le Monarque, se rendra dans la base de Solenzara, en Haute-Corse, d'où décollent certains des avions de chasse français engagés en Libye. La guerre n'attend pas.