21 avril 2011

Sophia Aram, Laurent Joffrin et Philippe Cohen : faux procès et vraies réponses.

On écrira que je suis partial puisque Marianne2, dont Philippe Cohen est le rédacteur en chef, héberge également mon blog Sarkofrance. Qu'importe. Ces dernières semaines, une sale polémique s'est développée, née d'un conflit finalement commercial. Nouvel Obs contre Marianne, Philippe Cohen accusé de faire passerelle vers le Front national version bleu Marine.

J'ai proposé quelques questions à Philippe Cohen. Voici ses réponses, et l'interview d'un journaliste par un blogueur associé.

Simple blogueur associé à Marianne2, je ne partage pas tous les points de vue défendus par Philippe Cohen ci-après. Par exemple, je considère que le FN est un parti fasciste quasiment au sens historique du terme ; qu'il faut le stigmatiser ; que les dérapages de Robert Ménard ou d'Eric Zemmour ne méritent une quelconque attention. Je le rejoins sur le triste constat que près de 10 ans après le 21 avril 2002, le personnel politique, à gauche, n'est toujours pas au diapason de son électorat. Finalement, ces désaccords me paraissent mineurs en comparaison de l'opprobre politiquement correcte qu'une poignée de journalistes d'un magazine concurrent a tenté, en vain, de jeter sur Marianne2 et son rédacteur en chef.

Juan : « Partagez vous un quelconque point d'accord avec Marine Le Pen ? »

Philippe : « La question renvoie à une suspicion insupportable. Qui peut dire qu’il n’est d’accord
avec rien de ce que propose Marine Le Pen, laquelle ne sait même pas encore ce que sera son programme pour 2012 ? Faut-il, pour ne pas être considéré comme un fasciste, affirmer qu’on n’est d’accord en rien avec Marine Le Pen ? C’est considérer Marine Le Pen comme son père, comme le diable absolu. Or, cela n’existe pas.

Dans les Provinciales, Pascal avait évoqué ce qu’il appelait les « hérésies imaginaires » : ferraillant contre les jansénistes, les théologiens de la Sorbonne leur reprochaient des textes qu’ils n’avaient pas écrits et des paroles qu’ils n’avaient pas prononcées .  C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui : le Front National passe 10 à 20% des voix dans les sondages et dans les élections, son poids a plus que doublé dans les classes populaires : les études le créditent de près de 40% des voix parmi les ouvriers et les employés. C’est dire que sociologiquement, l’électorat lepéniste est aujourd'hui plus à gauche que celui du Parti socialiste !

Et au lieu de s’interroger sur sa propre responsabilité dans cette déroute, une partie de la gauche choisit des boucs-émissaires : c’est la faute à Eric Zemmour, à Robert Ménard, à Elisabeth Lévy, à Philippe Cohen, à Philippe Bilger, à Luc Ferry, à Emmanuel Todd, et j’en passe, la liste commence à être longue, tous accusés d’avoir plus ou moins diffusé des fragments de pensée crypto-lépénistes. Voilà les hérésies imaginaires, car toutes ces personnes ne sont d’accord ni entre elles ni avec le Front national. Tout cela est absurde et dangereux.

La vraie cause de la montée du Front national n’est pas si difficile à identifier : c’est la montée du chômage, le fait que 25% des salariés français gagnent moins de 750 € et l’incapacité des dirigeants de droite comme de gauche à offrir une alternative crédible à la déconfiture du capitalisme financier. C’est cela qu’il faut combattre et résoudre si l’on entend bloquer la montée du FN. D’autant que justement, Marine Le Pen n’est pas son père, qu’elle s’affiche comme réfractaire à tout racisme ou antisémitisme et qu’elle a donné une dimension économique et sociale au programme du FN : elle défend l’échelle mobile des salaires abandonnée par la gauche, les 35 heures, la retraite à 60 et surtout la sortie de l’euro. Seule la préférence nationale et le non-remboursement de l’avortement semblent la rattacher au FN de Jean-Marie Le Pen.»

Juan : « Pourquoi Ariane Chemin vous a-t-elle assimilé à un "souverainiste" sensible à la vulgate sociale de Marine Le Pen ?»

Philippe : « Il faut le lui demander. Je ne me suis jamais revendiqué du souverainisme, même
si cette étiquette n’a rien, à mes yeux, d’infamant : parmi les premiers résistants, il y avait plus de royalistes – les souverainistes de l’époque - que de socialistes. Dans cette affaire, on confond deux choses très différentes : mon point de vue de citoyen (qui ne regarde que moi) et mon travail de journaliste. Il se trouve que, voici un an, pressentant la montée du Front national, j’ai décidé de suivre pour Marianne l’actualité de ce parti. 

Je crois avoir été l’un des premiers – les articles du Marianne 2 peuvent en témoigner – à identifier le rebond du FN et à analyser la nouvelle stratégie de Marine Le Pen, visant à ramasser certaines valeurs de la république  abandonnées par une grande partie de la gauche, notamment, la laïcité, la défense du service public et de l’état. Je l’ai fait justement pour mettre en garde la gauche et, au-delà, l’opposition républicaine à Sarkozy et on m’accuse d’être un fourrier du lepénisme sous prétexte que mes articles ne sont pas des tracts anti-fascistes ! 

Ca me rappelle la chanson de Guy Béart : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ! » Je n’ai jamais cru pour ma part que le Front national était un parti fasciste, et je n’ai jamais lu un historien sérieux qui ait qualifié ce parti de fasciste. Fasciste signifie  notamment que l’on entend prendre ou garder le pouvoir par la force. Rien ne permet de déceler un tel dessein dans les discours ou les actes des Le Pen, père ou fille !

Juan : « S'agit-il d'un règlement de comptes entre journalistes ? »

Philippe : « Il est possible qu’Ariane Chemin n’ait pas digéré certains chapitres de la Face cachée du Monde qui concernait la couverture journalistique de la Corse au moment de l’assassinat du préfet Erignac et de la cavale d’Yvan Colonna. Mais je crois que cette polémique renvoie à des questions qui se posent à toute la gauche et, au-delà à tous les républicains : pourquoi la gauche ne profite-t-elle pas vraiment de la plus grosse crise financière de puis 1929 ? Pourquoi l’affaiblissement de Nicolas Sarkozy profite-t-il davantage au Front national qu’à la gauche ou au centre ? Pourquoi les gens du peuple, et notamment les classes d’âge actives (les 24-49 ans) sont-ils si séduits par Marine Le Pen ? Nous ne pourrons éviter de répondre sérieusement à ces questions si nous ne voulons pas laisser un boulevard à quatre voix au Front national. 

Au lieu de répondre à ces questions, une partie de la gauche préfère stigmatiser ceux qui osent aborder les thématiques du FN. Ainsi, il ne faudrait parler ni de l’immigration, ni de l’insécurité grandissante, ni des excès de l’islamisme radical. Déjà stupide en soi, cette logique aboutit aujourd’hui à une impasse : puisque Marine Le Pen parle du chômage et de la crise de l’euro, il faudrait aussi éviter ces questions ? Il faut que les responsables de la gauche se réveillent ! »

Juan : « Connaissez-vous personnellement Laurent Joffrin, le patron du Nouvel Observateur, ou Ariane Chemin ? »

Philippe : « Non. Disons que je le connais surtout parce que je le lis depuis longtemps et que j’ai fréquenté pendant quelques années le Club Danton dans lequel il m’avait invité. Lors d’une réunion mensuelle, nous étions une quarantaine de hauts fonctionnaires, de jorunalistes, d’économistes et de chercheurs à échanger avec un homme politique ou un responsable économique.

A vrai dire, je ne comprends pas bien ses motivations d’aujourd’hui pour me dénoncer par sous-entendu de surcroit, quand il évoque, dans un édito « tel Républicain national de Marianne (combattu par ses confrères) » . Il connaît mes analyses depuis des années et je n’ai pas beaucoup varié au cours de ces denrières années : dès 1997 et 1998, je m’étais, dans deux ouvrages (« le Bluff républicain » et « Protéger ou disparaître »), démarqué de l’anti-fascisme de la gauche qui m’a toujours paru infantile et surtout contre-productif.

Juan : « Pourquoi avez -vous critiqué, plutôt violemment, la chronique humoristique de Sophia Aram qui traitait les électeurs frontistes de "gros cons" ? »

Philippe : « Je n’ai jamais rien écrit sur Sophia Aram. Quand elle a traité les électeurs frontistes de « Gros cons », Marianne2 a publié deux blogs, l’un, hostile de Philippe Bilger, l’autre plutôt favorable du blogueur Variae, proche de Julien Dray. Ce qu’a écrit Sophia Aram dans le Monde (elle y évoque trois articles contre elle) est factuellement faux. Ceci étant, sur le fond, dans les années 1980, Bernard Tapie s’était comporté un peu comme Sophia Aram en traitant les électeurs lepénistes de salauds. On connaît l’inefficacité de ce genre d’invective qui soulage ses auteurs sans faire avancer d’un iota la cause qu’ils défendent.

Juan : « Pourquoi certains pensent-ils que Marianne n'est pas "suffisamment" critique contre le Front national ? Est-ce votre sentiment ? »

Philippe : « Certains, à gauche, pensent qu’il convient de maintenir le principe du cordon sanitaire vis à vis du Front national, et donc considérer que sa fille ne fait que poursuivre l’oeuvre de son père. Ce débat existe à Marianne aussi. Ariane Chemin nous a reproché de faire des unes plus dures contre Sarkozy que contre Marine Le Pen.

En réalité, nous avons cherché à la fois à expliquer la montée du Front national et à interpeller la gauche libérale et la droite sarkozyste sur leur responsabilité dans ce phénomène. Serait-il plus pertinent plus efficace de clamer F comme fasciste, N comme nazi, etc ? Je ne le crois pas. »

10 commentaires:

  1. Une partie de nos journalistes politiques est tentée d'être plus indulgente envers Mme Le Pen qu'elle ne le fut envers son père, parce que Mme Le Pen affirme n'avoir pas les mêmes ennemis que son père. Il n'y aura pas de "Durafour crématoire" dans la bouche de la fille. On peut le porter au crédit de Mme Le Pen, mais en fait, c'est un leurre. M. Le Pen détestait autant les juifs que les Arabes, sa fille fait croire qu'elle prend le parti des premiers contre les seconds.

    Or le parti de Mme Le Pen n'est sans doute pas fasciste en lui-même, mais il est ségrégationniste, discriminatoire et si on le portait au pouvoir, il n'aurait pas d'autre solution de gouvernement que celles de l'extrême droite traditionnelle.

    Enfin, si la doctrine frontiste n'apparaît pas fasciste, la ligne vertébrale du FN me semble ressembler trait pour trait à celle du fascisme italien. Faut-il oublier que, dans les années 1920, lorsque mourut le communard Sorel, Mussolini et Staline se disputèrent le droit de recueillir sa dépouille pour lui donner une sépulture d'honneur ?

    Ce mélange rouge-brun, Mme Le Pen ne l'a donc pas inventé, mais on sait où il conduit, ce qui ne signifie pas forcément que nos analystes et P Cohen aient tort dans la façon dont ils abordent le combat anti-FN, mais ils doivent avoir l'honnêteté de dire qu'ils savent ce qu'ils attaquent.

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  2. "sociologiquement, l’électorat lepéniste est aujourd'hui plus à gauche que celui du Parti socialiste" : hum, c'est un peu une pétition de principe, ça.

    Sinon d'accord avec Cohen que je soutiens évidemment, même si ça me fait un peu sourire d'être brandi comme caution "drayiste" de diversité idéologique :-)

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  3. A l'exception d'un twit se réjouissant de l'article de Didier Goux (on a les amis qu'on mérite), Philippe Cohen n'a rien écrit sur Sophia Aram. Il a juste publié sur son site, quatre articles : trois "à charge", le premier de Tefy Andriamanana, 2 articles de Philippe Bilger et un article à décharge, celui de Variae qui commence par expliquer qu'elle n'est pas drôle ! Il devrait avoir les moyens d'être factuel, il suffit de relire son propre site.

    Les trois fois où l'humoriste parle de l'extrême droite, Marianne 2 se déchaîne...
    Enfin, il reproche à Sophia Aram de faire le jeu du front national, tout en publiant les articles de Philippe Bilger et en faisant la promotion de Didier Goux.
    Pour affiner sa ligne éditoriale, je pense que Philippe Cohen pourrait publier des articles de Robert Menard, Yvan Rioufol ce sera certainement d'une efficacité redoutable contre le fn ! Comme le dit Plenel, vous porterez une responsabilité dans l'histoire qui est en train de s'écrire. Rappelons simplement que JF Kahn et Robert Badinter auront fait parti de ceux qui résistent.

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  4. Il y a un exercice simple à faire, en regardant les twits et les liens des sites fachos vers les articles de Marianne2 sur Sophia Aram ! ! ! On y retrouve français de souche, bloc identitaire, riposte laïque... De quoi se faire plein de nouveaux amis.

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  5. Anonyme : Didier Goux vous emmerde impérialement, comme il emmerde tous les anonymes.

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  6. @Didier Goux : Mais comment ça il y a des gens très bien chez anonymes, on ne peut pas emmerder tous les anonymes, c'est un peu comme traiter les braves électeurs du FN de gros cons. Il y a des anonymes qui souffrent...

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  7. Euh.... Quelqu'un a-t-il remarqué que Sophia Aram n'avait pas traité les électeurs du Front National de gros cons... Ou il n'y a que moi ?

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  8. Bonjour Juan,

    Tout d'abord, bravo pour cette initiative que celle de sonder Philippe Cohen.
    Ce qui est embêtant avec la mansuétude dont certains journalistes font preuve à l'égard de MLP, c'est que ces mêmes taclaient méchamment son père dont elle a hérité le parti, donc les idées. C'est pourquoi il convient de s'interroger sur ce deux poids, deux mesures dans la considération que les médias ont du FN version la fille de sson père. Or, il ne me semble pas qu'en héritant du fonds de commerce , qui embarrasse tant la classe politique, ce parti xénophobe et raciste, n'en déplaise à ceux qui ont la mémoire sélective, ait opéré une mue significative. Sauf à croire qu'il aurait suffit d'un changement à sa tête pour effacer le passif encombrant de ce parti. Dans ce cas là, ce serait la démonstration d'une véritable hypocrisie entretenue autour du cordon sanitaire que les "républicains" ont longtemps mis en avant pour maintenir le FN en dehors du réel champ politique, notamment au Parlement. Il ne resterait plus qu'à s'interroger sur les bénéficiaires de cette stratégie qui, bien qu'en tenant à l'écart Le Pen et ses copains, n'a pour autant pas tué les idées qui sont en passe de s'installer à l'Elysée en mai 2012. Faut-il en déduire que certains " spécialistes de la politique, dont Philippe Cohen et d'autres, anticipent déjà cette situation qui serait tout simplement " révolutionnaire" ? Les masques ne devraient plus tarder à tomber, sachant que la prestidigitatrice Marine Le Pen a décidé de s'inspirer de la campagne électorale 2007 de son principal adversaire, Nicolas Sarkozy, c'est à dire en pratiquant le racolage idéologique. Cela promet.

    A+ sur mon blog

    A2N

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  9. En 1981, le peuple de France qui en avait assez, portait au pouvoir Mitterrand.
    En 1995,le peuple de France qui en avait de nouveau assez, portait au pouvoir Chirac.
    En 2012, le peuple de France qui cette fois n'a plus confiance ni en ces partis dits "historiques", ni en cette illusion de démocratie qu'est l'alternance pourrait voter FN.
    Le peuple de France n'est ni aveugle ni timoré pas plus qu'il n'est raciste, le peuple de France sait qu'il n'y a rien à attendre du ps ou de l'ump.
    Quand à l'habituelle diatribe anti FN, ça ne prend plus.
    D'ailleurs, le front national n'est pas un parti fasciste, C'est Jospin lui même qui l'a dit.

    Un gars du peuple de France.

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  10. Juan, je pense qu'on peut être en désaccord avec certains éléments fondamentaux de l'analyse de P.C.

    Il confond notamment, bien qu'il s'en défende, une présomption sociologique d'appartenance à la gauche et un positionnement politique à gauche en disant que, parti drainant le plus de votes d'ouvriers et d'employés, il serait "plus à gauche" que le PS. C'est faux à plusieurs égards : ce n'est pas parce qu'un parti tient un discours socialisant et très anti-capitaliste qu'il est pour autant "de gauche" (sans faire de réduction ad hitlerum, on voit ce qu'a donné le "socialisme" du père Musso, du gars Adolf, ou, et c'est plus honnête intellectuellement au regard de ce qu'est le FN, le populisme américain des années 30 à la Heuy Long). Par ailleurs, ce n'est pas parce qu'on est ouvrier ou employé qu'on est forcément "de gauche". Il y un socialisme des imbéciles, pour parler comme Jaurès, qui consiste à promouvoir chez les petits ouvriers qualifiés et les employés en voie de prolétarisation un double discours social fondé sur la suppression des parasites "d'en haut" (les gros, les bourgeois, les spéculateurs, les fonctionnaires...) et "d'en bas". Ce discours peut porter, d'autant plus qu'il existe historiquement un monde ouvrier de droite (gaulliste ou de droite "dure") très hostile aux partis de gauche, et que la crise systémique, à la fois sociale, politique et culturelle qui provoque en réalité l'éviction des classes populaires, lui donne une force importante. il n'en reste pas moins que c'est un discours fondamentalement de droite, inégalitaire et d'ailleurs démagogique, et que son électorat n'est pas de gauche : c'est, en termes marxistes, l'alliance des petits-bourgeois radicalisés et du lumpenprolétariat. La seule chose qui me ferait d'ailleurs bien rire en cas de passage du FN, ce serait la prolétarisation définitive de son électorat populaire, définitivement gaulé par la politique économique de la mère Marine et le retour en force des petits bourgeois poujados qui forment en réalité l'épine dorsale du parti. Quand la marée se sera retirée, d'ailleurs (et à quel prix...), je suis quasiment certain que les élites qui reviendront au pouvoir appliqueront à titre punitif une politique de destruction des avantages sociaux de la classe populaire et moyenne d'une ampleur jamais vue, sur le thème : "Maintenant, vous pouvez vous torcher pour que l'on vous paye vos allocs familiales et la sécurité sociale, bande de saligauds. Ca vous apprendra à voter Le Pen !". Enfin, un mot rapide : le PS n'a JAMAIS été un parti ouvrier. Le vrai problème, de ce point de vue, c'est que, si le PC avait su faire une mue à l'italienne ET rester un parti plébéien, c'est lui qui remplirait ce rôle.

    Où P.C. à tort également selon moi, c'est quand il croit que la gauche aurait dû profiter de la crise. Indépendamment du fait qu'il a, selon moi, raison en pointant la faiblesse théorique actuelle de la social-démocratie et son incapacité à penser au niveau européen une alternative démocratique à la forme néo-libérale de la mondialisation, il oublie qu'historiquement, c'est en période de croissance que la gauche est forte : en période de crise, il y a presque toujours droitisattion en Europe et montée des solutions autoritaires. Vous pouvez comparer la carte politique de l'Europe en 1929 et 1935, et ce sera vite vu ! A part en Tchécoslovaquie et en Finlande, passage à droite -et quelle droite- partout au-delà du Rhin et des Alpes. Le Front Populaire lui-même est intervenu dans un pays très divisé...

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