2 mai 2011

Sarkozy dans sa bulle

On a rapidement commenté, même à droite, l'esprit de cour qui règne à l'Elysée. A l'approche du scrutin, la multiplication des confidences d'anciens proches ou de proches témoins sur le comportement du Monarque accrédite l'hypothèse.

Nicolas Sarkozy a beau multiplier les déplacements de terrains depuis bientôt 18 mois, il reste dans sa bulle.

Dans sa bulle
Nous sommes à 355 jours du premier tour du scrutin présidentiel. La « chasse aux parrainages est ouverte », rappelait le Journal du Dimanche. Pour les petits candidats, cela devrait être assez facile. On imagine que le parti présidentiel donnera des consignes à ses élus (parlementaires, maires, conseillers généraux et régionaux, et députés européens) pour faciliter les candidatures à gauche. Et que le Parti socialiste fera de même pour favoriser l'éparpillement politique à droite. Un partout la balle au centre.

Les ouvrages politiques se succèdent, et se ressemblent. Après les « off » des deux patrons de l'hebdomadaire Marianne, les « in » d'un ancien ponte du Figaro récemment débarqué de France Télévision, voici quelques coulisses d'un ancien ministre. Hervé Morin, qui se croyait un destin à la Napoléon centriste après avoir quitté le gouvernement, s'est fait griller la politesse présidentielle par un Borloo. Le voici qui sort un livre. Déjà une confidence, un propos de François Fillon sur le Monarque : «Le Président a tellement perdu le sens des réalités qu’il en a oublié que ceux qui sont admis le long des barricades de l’avenue des Champs-Élysées ont été filtrés ».

De tous ces livres on ne retient qu'une chose : fidèles ou critiques, ces observateurs de l'intérieur nous dépeignent tous un Nicolas Sarkozy dans sa bulle. Le Président des Riches est ailleurs, hors de France, dans un cercle courtisan et déconnecté de la réalité de nos concitoyens.

On attend les réflexions de Michèle Alliot-Marie, débarquée de l'équipe Sarkozy en février dernier et surtout celle d'Eric Woerth. L'ancien ministre du Budget puis des Retraites, lâché en rase campagne en novembre 2010, aurait beaucoup à raconter. On imagine bien qu'il gardera le plus grave pour lui-même. Son procès, s'il a lieu, n'est pas encore calé.

Buter un dictateur
En Libye, samedi soir, une attaque aérienne de l'OTAN a tué le plus médiatique des fils Kadhafi, Saïf. Même si l'OTAN a nié avoir visé la famille Kadhafi, il semble bel et bien que l'élimination du dictateur soit devenue l'une des priorités du moment.

En représailles, l'armée libyenne a attaqué quelques ambassades étrangères à Tripoli. Rien que cela !

En France, aucune réaction. Il fallu attendre lundi, et la nouvelle de la mort d'Oussama Ben Laden, pour entendre Alain Juppé s'en tenir à la version de l'oTAN. On a tué par erreur. Evidemment.

Béat devant de le pape
Nicolas et Carla regardaient sans doute les cérémonies de béatification de Jean-Paul II à Rome. Le Monarque français avait d'ailleurs adressé un courrier à l'actuel pape, louant « le souvenir de cette personnalité hors du commun » qui « a non seulement marqué les esprits par l'intensité de sa foi, mais aussi par le rôle majeur qu'il aura joué dans l'histoire » et « a contribué à renverser le monde né de la guerre froide et à façonner le siècle qui est le nôtre ».  Il a même envoyé son premier ministre Fillon. On est surpris.

Oubliant ses devoirs laïcs, le président français s'est emporté : « C'est en souvenir de ce lien étroit, presque privilégié, entre le pape Jean-Paul II et la France que je tenais, Très Saint-Père, à vous exprimer, en mon nom et en celui de mes compatriotes, l'attachement que nous lui portons au moment où l'Église catholique s'apprête à l'élever à l'honneur de ses autels. »

Recycler un bankster
En Europe, le président de la Banque Centrale va changer. Nicolas Sarkozy appuie la nomination de l'Italien Marco Draghi, un ancien cadre de ... Goldman Sachs. Souvenez-vous, en septembre 2008 puis au printemps 2010, cette banque d'affaire était accusée des pires maux. Contre Lehman Brothers, disparue le 15 septembre, Goldman Sachs a été suspectée d'avoir eu la peau de sa grande rivale grâce à des complicités haut placées dans l'administration américaine. Avec la Grèce, dont elle conseillait le placement de la dette, elle a travaillé à truquer les comptes publics, notamment d'endettement, du pays. A tel point que le pays a failli sombrer en avril 2010, et la zone euro avec lui, quand la supercherie fut dévoilé

Le sieur Draghi fut, entre 2002 et 2005, vice-président de la branche européenne de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs. C'est-à-dire au premier plan. Ce ne serait pas la première fois qu'un ancien bankster, complice des arnaques boursières de la dernière décennie, se recycle au sommet des autorités publiques. Aux Etats-Unis, les administrations Bush puis Obama ont montré une grave légèreté en la matière.

Depuis septembre 2008, Nicolas Sarkozy s'est pourtant fait le chantre de la moralisation du capitalisme. Combien de fois a-t-il attaqué ces banquiers-voyous ? Combien de fois est-il monté sur des tribunes internationales pour jouer au moralisateur gauchiste de bon aloi ? Le voir adouber et soutenir, quasiment avec gourmandise, la candidature de Marco Draghi à quelque chose d'indécent ou de cynique.

Au choix.



MAJ 2/5/11 : réaction d'Alain Juppé.

8 commentaires:

  1. Le tSarkozy perçoit la réalité comme on se fabrique son univers second Life : tout y est possible.

    L'ennui pour les autres peu ou moins soumis à ses décisions, c'est-à-dire toutes les personnes vivant sur le territoire français, c'est qu'à partir de cet imaginaire débridé de substitution à un réel défaillant, il possède dans le vrai monde le pouvoir d'agir que la constitution confère au statut présidentiel. Ca donne par exemple la décision de porter le fer en Libye !

    Un imposteur s'est glissé aux commandes du pays qui se retrouve gouverné par un voyou se prenant pour un personnage très puissant qui aurait la volonté et la faculté de dominer l'adversité en toutes circonstances. Et pour que le réel coincide avec ses fantasmes de toute-puissance, il s'est réfugié dans son univers psychologique second-life à partir duquel il pilote le pays réel !

    Le mélange de ces deux univers au rapport avec la réalité si différent forme un cocktail potentiellement explosif ! Jusqu'au cela ira-t-il en ces temps agités et troublés où les moyens de communication sont considérables et permettent d'enfumer et d'intoxiquer les populations ...

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  2. J'ajoute à la lecture du dernier paragraphe qui pointe la contradiction flagrante entre les proclamations généreuses de tSarkozy et ses décisions d'un cynisme au moins égal, que c'est tout le pays qui risque de ne plus très bien savoir où est le réel et d'y perdre ses repères !

    Le médiateurs a déjà pointé une sérieuse dégradation de l'état psychologique du pays ! Avec de telles distorsions entre le dire et le faire de la part d'un personnage qui vit à mi-chemin entre le réel et son univers second life, on va bientôt se retrouver avec un rapporteur faisant état de troubles psychiatriques de plus en plus graves au rythme où ça va ...

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  3. C'est saif al arab qui aurait été tué, et non saif al islam "le médiatique"

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  4. Je suis en retard, je le sais
    Mais je l’ai fait exprès
    Je n’en dirais pas plus
    Comme vous dîtes si bien
    Je n’ai pas besoin de me justifier
    Vous savez quoi ?
    Qu’est-ce que vous en savez ?
    Vous n’en savez rien.
    Même si je vous le dis, ça ne vous dira rien
    Votre rayon c’est l’analyse
    Pas la main mise
    C’est vous qui voyez… peut-être !
    Non, ce n’est pas la chose mais le regard qui compte
    Non… ni le votre, ni celui des autres… mais mon propre regard.
    Mon regard sur moi-même
    Est-ce que je me vois vraiment ?
    Non… pas vraiment.
    Je vois ce que je veux.
    Bla… bla… bla…
    What is mind? No matter. What is matter? Never mind.
    Ce n’est pas de l’introspection, c’est de la projection!
    Je me projette ! Je me projette !
    Je ne me réjouis pas en me regardant de l’extérieur
    Désolée, mais c’est à l’intérieur que ça se passe
    Ça vous rase peut-être… moi je me sens en phase !
    C’est trop compliqué, ce que vous me suggérez
    Être maitre de soi… qui c’est, celui-là ?
    Je le suis… self control, self gouvernement…
    Le self service quoi !
    Mais avec une petite limite à la mauvaise foi :
    Puisque qu’on ne choisit que dans ce qui existe déjà… oui…
    Moi ça me coupe l’appétit… le prêt à emporter !
    C’est comme le coït interruptus
    Au moment de prendre votre pied, l’autre fait semblant de croire que vous l’avez déjà pris…
    Dans ma bulle… je suis enfermée dans ma bulle ?
    Non, ce n’est pas une tour d’ivoire
    Puisqu’on n’y voit rien…
    Mais une tour de cristal
    Où l’on est le seul à ouvrir et fermer le bal
    Oui, professeur, il suffit d’y plonger votre regard pour vous en apercevoir…
    Tout est transparent mais rien ne transparaît.
    Ce n’est pas marrant… c’est… enivrant…
    Un son toujours décalé… Ça vous saoule, avouez-le.
    Quand ce n’est pas vous qui donnez la leçon
    Ego trip… C’est l’ego qui nous étripe… vous, moi…l’égo trip
    Oui, je le ressens dans les tripes
    Moi…moi…moi
    Y a que ça… vous… vous… vous… n’existez pas.
    Des larmes, de la sueur et du sang
    Ce n’est rien
    Si ce ne sont pas mes larmes, ma sueur et mon sang
    Oui je peux vous jouer la comédie qui prétend le contraire
    Mais tout nous indique le contraire du contraire…
    La vie est une tragédie, mon cher confrère !
    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/01/ego-trip/

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  5. Ce bilan, c'est vraiment l'apologie du vide. Réformes et autres petits gestes... J'ai quelques potes qui en parlent sur www.2012memepaspeur.net
    Bon, même si apparemment, le site n'est pas branché contestation systématique, il permet de s'exprimer et c'est déjà pas mal. J'ai même cru comprendre que l'asso (oui, c'est une asso étudiante qui en est l'auteur) compte présenter les contributions aux responsables politiques. A suivre, donc.

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  6. Bonjour,

    On ne dira jamais assez que tout le monde était prévenu sur la dangerosité ce minus planqué à l'Elysée. Et dire qu'il est capable d'y rester 5 ans de plus ! Quelle farce !

    A2N

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  7. il passera devant ses juges, les électeurs, et nous verrons bien si les mêmes qui le critiquent aujourd'hui ne le reconduiront pas dans ses fonctions, ceci afin de poursuivre leur carrière de cireurs de pompes
    c'est Luc Ferry alors ministre qui a si bien décrit l'obséquiosité permanente qui régnait à l'Elysée du temps de Chirac, c'est dire si avec Sarko le comportement de ces paillassons ne s'est certainement pas amélioré, tous et toutes lui doivent leur place, une fois dehors ils se répandent en vaines confessions, ils en ont tout bouffé, ne nous laissons pas avoir... Essayer un cheval de labour, on peut s'être trompé, le reconduire c'est la preuve d'une incompétence totale et définitive

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  8. C'est tant mieux ! Carla Bruni ne cherche surement pas à ce qu'on parle d'elle dans un moment si crucial pour le monde. Essayons plutôt d'analyser les effets de la mort de Ben Laden et la corrélation qu'elle peut avoir avec les actuels révolutions arabes.

    http://chronique-de-loic.over-blog.com/#

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