17 mai 2011

Sarkozy sera-t-il toujours au second tour ?

Cette semaine, le programme présidentiel avait été soigné pour la campagne du candidat Sarkozy. Mais depuis les premières heures de dimanche dernier, l'affaire DSK domine l'actualité politique. A l'Elysée, on se tait, et on s'agace. Quelques conseillers ou proches maladroits avaient confié leur jubilation. Mais le clan sarkozyen est au contraire inquiet. Et ce n'était pas l'idée d'une taxe provisoire sur les très gros revenus qui allait changer la donne.

Sarkozy perd un adversaire...
Plus de 24 heures après l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn par la police de New-York, on s'interroge, au Château, sur l'impact de la disqualification probable du directeur général du FMI de la course à l'élection présidentielle.
Sur le coup, les conseillers du Monarque ont sabré le champagne. Même en pleine nuit, quelques (anciens) proches du chef de l'Etat ont fêté la nouvelle dans les obscures boîtes cannoises d'où ils ont appris la nouvelle. DSK était celui qui disqualifiait le plus sûrement leur mentor du premier tour présidentiel.

Quelques heures plus tard, les commentaires étaient plus prudents. La première gagnante de ce naufrage socialiste est certainement Marine Le Pen. La leader du Front National a gagné quelques points. Lundi, le Politburo du parti frontiste a validé à l'unanimité sa candidature à l'élection présidentielle.

Les tentations adultérines de DSK sont connues de longue date. A droite, la retenue est de mise, même si un député UMP, Bernard Debré, s'est lâché lundi, en accusant DSK d'être coutumier de ces pratiques à l'hôtel Sofitel de New-York. Nicolas Sarkozy a enjoint ses ministres à s'abstenir de commentaire. En fait, ce séisme politique n'est pas une bonne chose pour ses affaires.

1. Sarkozy perd un adversaire plus bling bling que lui. « A côté de lui, je passerai pour un pasteur méthodiste. Ma montre, à côté de la sienne, apparaîtra comme un vulgaire modèle » avait confié le Monarque à des parlementaires UMP en mai 2010. Un collaborateur élyséen anonyme se disait « consterné ». On s'inquiète de la candidature de François Hollande. Le site Electronlibre croyait savoir, lundi, que Martine Aubry renonçait à se présenter aux primaires socialistes.

2. Sarkozy grille une cartouche trop tôt. « Si on est cynique, ça arrive six mois trop tôt pour nous », a confié un ministre au Parisien. « Cela serait arrivé à quinze jours de la présidentielle, cela aurait été le coup de théâtre qui l’aurait empêché d’aller jusqu’au bout. Là, nous sommes dans une période trouble. Tout change, toutes les semaines, pas par petites touches, mais par cataclysme » a ajouté un conseiller du Monarque, rapporte Arnaud Leparmentier sur son blog.

3. La France perd sa place au FMI. Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'environnement, a déploré lundi matin : « il y a une victime avérée, la France, c’est désastreux! ». Et effectivement, la France est durablement disqualifiée de la direction générale du FMI, un poste qui lui était quasiment réservé depuis des décennies.

... et peine à occuper le terrain
Du coup, l'actualité sarkozyenne a disparu des radars médiatiques. Le candidat avait pourtant une semaine exemplaire : une rencontre avec le premier ministre du Conseil national de transition libyen Mahmoud Jibril (samedi) et son homologue tunisien (mercredi), histoire de redresser encore davantage son image diplomatique après les fiascos du printemps arabe ; un hommage aux policiers morts en service (lundi), pour le clin d'oeil sécuritaire ; les traditionnelles visites de terrain, mardi en Meurthe-et-Moselle, pour parler emploi des seniors, puis jeudi dans un lieu tenu secret. Et lundi, Carla Bruni-Sarkozy était l'invitée du JT de Jean-Pernaut sur TF1 pour parler de ... l'illettrisme. Le journaliste voulut la féliciter de sa grossesse, une jolie gaffe que la Première dame apprécia peu.

Sur le papier, tout était donc parfait. Terriblement parfait, mais finalement inefficace.

La semaine dernière, la Sarkofrance se remettait à peine de l'échauffement Wauquiez contre le RSA et « l'assistanat ». Les déclarations du centriste mais Umpiste Pierre Méhaignerie passèrent inaperçues. Il avait expliqué au quotidien Les Echos que Sarkozy avait donné son feu vert à un amendement à la prochaine réforme de l'ISF pour instaurer une « participation exceptionnelle aux très hauts revenus ». Le principe est retenu, le gouvernement ne s'opposera pas à une telle initiative parlementaire» exultait-il. François Baroin laissa ensuite entendre que seuls les très gros revenus (supérieurs à 2 ou 3 millions d'euros) seraient concernés. La taxe ne concernerait également que quelques professions (comme les traders).

Huit jours plus tard, Le JDD explique que « Nicolas Sarkozy a lancé cette semaine le projet d’une taxe exceptionnelle sur les très hauts revenus. Le chef de l’État a observé l’envolée des rémunérations au sommet de l’échelle et le ressentiment des classes moyennes. » Quel observateur, ce Monarque ! Mais les centristes, dont une partie vient de rejoindre le Parti Radical de Borloo, ne veulent plus de taxe exceptionnelle et ponctuelle. Ils réactivent l'idée d'une création d'une tranche supérieure supplémentaire à l'Impôt sur le Revenu. Mais pour Sarkozy, les circonstances ne sont qu'exceptionnelles, et ne méritent donc qu'une taxe... exceptionnelle sur les plus riches.

Notez l'équilibre : il faut réduire durablement les dépenses sociales (retraites, assurance maladie, etc) mais faire contribuer provisoirement les grandes fortunes.

Ce n'est  pas la première fois, ces dernières semaines, que Nicolas Sarkozy peine en campagne. Sa visite en terre agricole, jeudi 12 mai, a été à peine commentée, faute d'annonces et pour cause de répétition. Sarkozy s'essouffle-t-il ? Or l'affaire DSK risque d'occuper encore longtemps le devant de la scène médiatique française. Quel coup d'éclat les équipes de campagne du candidat Sarkozy vont-elles inventer ?

9 commentaires:

  1. La France n'a pas depuis des décennies la direction du FMI. Même si je te l'accorde, entre Camdessus et Dominique Strauss-Kahn, notre pays a plus que sa part.

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  2. Sondage : Strauss-Kahn hors jeu, Hollande monte.

    En décidant de garder en détention préventive Dominique Strauss-Kahn, les juges de New York le privent de toute chance de participer à la primaire socialiste.

    Du coup, le processus de désignation du champion du PS à la présidentielle de 2012 prend évidemment un tour différent.

    Dans cette nouvelle donne, le bénéficiaire — on n’ose dire le grand gagnant — est François Hollande, comme le montre notre sondage Harris Interactive.

    Avec 49 % des préférences exprimées par les sympathisants socialistes (37 % si l’on élargit à l’ensemble du peuple de gauche), Hollande devance de très loin Martine Aubry, qui plafonne à 23 % auprès des amis du PS (et 22 % chez les sympathisants de gauche).

    http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/sondage-strauss-kahn-hors-jeu-hollande-monte-17-05-2011-1453556.php

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  3. ON A COMPRIS REFAITE NOUS LE COUP DU GRAND GAGNANT DIT flamby Y A A MARRE DE VOS SONDAGES BIDONS ET TRICHERIES A TOUT VA

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  4. Avec un ami, nous tenions pour possible un second tour entre DSK et Marine Le Pen; mais maintenant que DSK est éliminé (sauf miracle), la balle revient dans le camp de Sarkozy... Quand même, ce qui arrive à son principal adversaire n'est pas sans rappeler ce qui arriva à celui de Georges Bush, naguère... (même si le procédé a fait des progrès)

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  5. Ne tenez pas compte de ces sondages manipulateurs!
    les plus perdus dans cette affaire sont les élites parisiennes qui avaient déjà fait de DSK le "futur président de la République française".
    Pour cette élite, les primaires socialistes et les élections ne sont plus nécessaires, le Mesie n'étant plus là.Ils ne se sont pas posés la question de savoir si Sarkozy sera seulement au second tour!

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  6. Je suis certain que si le président du FMI avait été chinois ou russe , le comportement de la police aurait été bien différent, au risque d'un incident diplomatique majeur associé à des mesures de rétorsion extrèmes .Poutine et Hu Jinytao ne sont pas des comiques troupiers .
    Nous , nous défendons les infirmières bulgare, une colombienne ....

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  7. Dans le cas de DSK, la responsabilité première incomben c'est surprenant mais factuel, à Monsieur Sarkosy : il a choisi de soutenir DSK à la tête du FMI (DSK était plus aussi important q'un chef d'état a t on écrit)et l'a laissé seul , sans protection juridique ni immunité diplomatique alors même qu'il avait connaissance de ce qui s'écrit partout (CF l'hypocrite député B Debré qui s'offusque à retardement) et qui était susceptible de nuire GRAVEMENT à la France (si chère à l'hypocrite Monsieur Debré), comme nous le constatons aujourd'hui. L'incompétence (volontaire ou calculée) de M Sarkosy jointe à l'absence de professionnalisme politique (ou dilettantisme) de DSK sont la cause de tout cela.

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  8. Mais sarkozy va-t-il vraiment se présenter tranquillement à la barbe des Chasseurs de Sarko ?
    http://www.youtube.com/watch?v=1MSbjwC6R0M

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  9. Ouallonsnous ?22 mai 2011 à 11:27

    "Quelques heures plus tard, les commentaires étaient plus prudents. La première gagnante de ce naufrage socialiste est certainement Marine Le Pen."

    Non, Juan, le naufrage est simulé et il ne concerne que l'UMPS et les européo-mondialistes anglo-USraéliens infiltrés en France. En réalité il leur dégage la route !

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