19 mai 2011

Sarkozy : "Tu n'as pas changé"

DSK poursuit ses nuits et journées en prison, dans l'attente d'un jugement provisoire demain, vendredi 20 mai. En France, Nicolas Sarkozy a repris, ou fait semblant d'avoir repris une activité normale. Il continue ses visites symboliques et hors sols sur le terrain, et attend patiemment que la victoire occidentale soit totale en Libye.

En France toujours, le film sur sa conquête du pouvoir en 2007 est enfin sur les écrans. Il est suffisamment efficace pour nous montrer comment Sarkozy, humain, n'a jamais changé et ne changera jamais.

La Conquête, ou pas.
Ils sont allés voir le film, séparément. « La Conquête », ovni cinématographique de Xavier Durringer, est sorti mercredi, dans quelques centaines de salles. Brice Hortefeux s'est précipité au MK2 Odéon, à Paris. Il fut déçu. Son personnage d'ami de trente ans n'est même pas évoqué dans le film. Rama Yade l'a vu également. Tout comme Franck Louvrier, le conseiller en communication du Monarque, dépeint comme un toutou aux ordres et quasiment sans idée. Pierre Charon s'est vu en instable et rabatteur. Laurent Solly s'en sort à peine mieux, directeur de campagne aux ordres incapables de comprendre que son patron avait a tête ailleurs.

Pierre Giacometti, l'homme des sondages, futur consultant grassement rémunéré sur fonds publics par l'Elysée pour alimenter le Monarque en études sondagières pour caler le discours. Le film illustre le cynisme efficace en politique, la victoire d'un homme à la rage de vaincre inversement proportionnelle à la force de ses idées. 

Certaines critiques, stressées par l'hypothèse légitime d'une réélection du candidat du Fouquet's en 2012, ont accusé le film de rendre sympathique le Monarque en place. Il faudra pourtant revoir ce film l'an prochain quand Sarkozy, portraituré sentimental, compulsif, violent, narcissique et sans idée nous expliquera, en janvier 2012, qu'il a à nouveau « changé ».

La France, ou pas
Nicolas Sarkozy visitait, mardi 17 mai, l’entreprise Novacarb de Laneuveville-devant-Nancy, avant un long monologue de 56 minutes consacré au développement de l'emploi devant 1.200 invités et militants UMP, et une soixantaine de journalistes, dans un gymnase aménagé à Gentilly.

La visite fut discrète. Le Monarque entra par un passage dérobé à l’arrière du site de l'usine. Le spectacle fut « millimétré », s'agaça l'envoyé spécial d'un quotidien local : « quand il se lève pour traverser la salle comble qui applaudit poliment, on se surprendrait presque à chercher la télécommande pour éteindre la télé.» Sur le fond, il y avait peu à retenir de ce déplacement. Comme toujours depuis de nombreux mois, ces visites sont fatigantes à force de vie. Sarkozy livra quelques évidentes lapalissades :« J'estime que si les bénéfices de l'entreprise augmentent, c'est aussi grâce au travail des salariés et des ouvriers ».

Il joua à la fausse fermeté : « Je ne céderai pas plus que nous n'avons cédé sur la réforme des retraites ». Ou encore : « Je pense qu'ils ont grand tort de ne pas considérer que c'est un élément de compétitivité que d'avoir des salariés dans les entreprises qui se voient reconnus pour le travail qu'ils ont fait. C'est une question de justice : le jour où, dans notre pays, on aura compris que, quand tout le monde se sent respecté dans l'entreprise, l'entreprise va mieux, on aura fait un pas de géant dans la compétitivité de la France. »

Il répéta de vieilles promesses jamais satisfaites, comme ce fichu retour à la croissance (molle) : « On n'y est pas encore, le compte n'y est pas, mais les premiers résultats arrivent. Et c'est ça qu'il faut comprendre. Il n'y a pas de fatalité, on peut y arriver si on travaille, si on investit, si on améliore la formation de nos jeunes, si on permet à nos quinquas de rester dans l'entreprise, si on crée de la croissance, on va y arriver ! » Sarkozy, comme Villepin en 2005, veut croire qu'il a encore le temps de capitaliser sur une croissance qui tarde à décoller pour assurer sa réélection. Sur le terrain, le Monarque ressasse même ses anecdotes : « Depuis trente ans, on était habitué à dire aux gens : attendez 55 ans et au revoir. On n'est pas fichu, on est jeune quand on est quinqua.» Il a 56 ans.

Bizarrement, Sarkozy voyage toujours beaucoup (il repart jeudi), mais il traite rarement des sujets du moment.

L'international, avant tout
Depuis que son seul challenger, DSK, a été disqualifié de la compétition présidentielle, Nicolas Sarkozy veut plsu que jamais capitalisé sur la stature internationale. A 11 mois de l'élection, malgré le soutien de la quasi-totalité des médias français, il y a pourtant de gros efforts à faire.

Ainsi, le Monarque surveille la situation libyenne comme le lait sur le feu. Le colonel Kadhafi serait en passe d'être renversé. Le patron de la compagnie pétrolière libyenne a démissionné. Il avait placé sa famille à l'abri. L'Otan continue ses bombardements, dans l'indifférence générale. Les tribus ne soutiennent plus le dictateur. Sarkozy attend son heure. Mais il oublie les victimes civiles.

C'était pourtant « au nom de la protection des civils » que la France, et plus généralement les forces mandatées par l'ONU, étaient intervenues. Depuis le début du conflit, quelque 790.000 personnes ont fui la Libye, provoquant nombre d'exodes vers l'Europe, notamment de la Tunisie voisine. A peine 3.450 d'entre elles ont demandé l'asile politique. Et le représentant à Paris du HCR dénonce la France qui refuse d'ouvrir ses portes à « ce nombre restreint de personnes en difficulté. »

Sarkozy s'en fiche. La Libye est une cause électorale mais chirurgicale. La solidarité à l'encontre de la Tunisie et la l'Egypte, qui ont déjà accueilli plus de 630.000 réfugiés en provenance de Libye, se fait rare. Les frontières françaises sont fermées. Pour faire bonne figure, le Monarque a reçu le premier ministre tunisien ce mercredi 18 mai. Il a promis que « la France sera l'avocate de la Tunisie. »

A distance.

Rien ne change.


9 commentaires:

  1. Bonjour

    Sarkozy n'a pas changé. Mais est ce que Juan de Sarkofrance peut changer?

    Et reconnaître son erreur de collaborer avec un journal capable de faire comme l'UMP: ratisser l'électorat d'extrême-droite.
    Car donner des leçons est toujours bien. Mais il faudrait que celui ou celle qui les donne, tente d'être irréprochable en faisant attention à la récupération de son précieux travail.
    http://www.acrimed.org/article3595.html

    Car si c'est pour lutter contre l'UMP mais donner des "billes" au FN, autant tout arrêter.

    Cordialement,
    Cpolitic

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  2. L'affaire DSK ne pénalise pas les candidats socialistes.

    Hollande et Aubry devancent largement Sarkozy au premier tour.

    Dans un scénario dans lequel François Hollande serait le candidat du Parti socialiste, il serait loin devant au premier tour à 29 %, alors que Nicolas Sarkozy serait à 19 % et Marine Le Pen à 17 %.

    Si Martine Aubry était candidate, elle devancerait également largement Nicolas Sarkozy , avec 27 % des voix au premier tour.
    Le chef de l'Etat serait à 21 % et la présidente du Front national resterait à 17 %.

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2011/05/19/l-affaire-dsk-ne-penalise-pas-les-candidats-socialistes_1524091_1471069.html

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  3. Entre les sondages et la réalité il y a une marge ... de plus des candidats tel que Hollande ou encore Aubry ne risquent pas d'inquiéter Mr Sarkozy ! Il sera réélu ce qui vaut mieux pour le bien de la France ! Je vois vraiment mal une femme comme Martine Aubry à la tête du gouvernement ...

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  4. @CPolitic, estimé confrère : tu es un peu sévère avec Marianne, mais je comprends l'interrogation. Je n'apprécie pas personnellement certaines unes du journal. Et j'ai conscience qu'a trop attaqué Sarkozy, on pourrait faire le jeu de Le Pen.

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  5. Aura t-on un film sur DSK qu'on pourrait intituler "La Quéquette"

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  6. A Samuel , belle argumentation, encore un qui a tous compris et qui ne doit pas lire souvent les billets excellentissimes de notre ami juan

    Ou alors c'est du 5ème degré, mais là j'avoue je suis dépassé

    sarko le sauveur de la France on croit réver

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  7. @Samuel
    "Il sera réélu ce qui vaut mieux pour le bien de la France !"

    Moi j'ai envie de te dire, tu pense à quoi comme bien pour la France ?

    moi je pense à ça :
    http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-voici-la-liste-des-20-mensonges-que-sarkozy-a-debite-durant-65-minutes-pour-tenter-d-anesthesier-les-citoyens-qui-tres-majoritairement-n-ont-pas-cru-ces-boniments-54004606.html

    Moi je dis faut voter encore pour un mec comme ça, la prochaine fois il va faire mieux (coluche).

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  8. Si Martine Aubry était candidate, elle devancerait également largement Nicolas Sarkozy , avec 27 % des voix au premier tour.

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  9. Ré-élire cet homme sans envergure, intéressé seulement par ses complexes de grandeur ?
    Le film en question est vraiment sans intérêt car le protagoniste est inintéressant et détesté par la majorité du peuple français.

    En quoi est-il bon pour la France ? Il la détruit et l'offense car veut la dénaturer de sa perception universelle et de l'esprit généreux qui la rend unique - il s'acharne à la fondre dans la masse des nations décadentes comme les états unis.

    Honte à tous ceux qui acceptent cette haute trahison et qui s'abstiendront de voter en 2012 ou qui voteront blanc.

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